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  • 9 mai 2008

    Tambourinade sans nom

    Hier soir je discutais sur MSN avec un ami et nous évoquions avec passion les titres de quelques chansons qui nous faisaient vibrer l’un et l’autre lorsque le consensus se fit autour du mythique "Horse with no name".
    Ceux qui ignorent tout de cette chanson peuvent l’écouter en cliquant sur ce lien.

    On a tous notre ou nos chansons favorites, qui, connues ou inconnues, nous transportent loin loin loin, et qui, pour une raison ou une autre, soit nous arrachent les larmes des yeux, soit vous redonnent un moral en acier trempé. "Horse with no name" fait indiscutablement partie de mon panthéon à moi, quelque part entre "Mon légionnaire" de Gainsbourg, "Billy Jean" de Mickaël Jackson, quelques mélodies de Fauré, et j’en passe.

    M’étant vanté, peut être un peu rapidement, de connaître quasi par cœur le texte de cette chanson, et m’apercevant que la réalité est un peu moins flatteuse lorsque je ne chante pas sur la musique, je me mis à la recherche des paroles sur le Net. Non pas qu’elles fussent d’une particulière complexité, mais j’avais ça et là quelques hésitations sur le texte. J’entrai donc "Horse with no name paroles" dans mon moteur de recherche favori et obtenais en quelques secondes la réponse à ma requête.
    Voici d’ailleurs les paroles de ce tube planétaire :


    Horse with no name
    On the first part of the journey
    I was looking at all the life
    There were plants and birds and rocks and things
    There was sand and hills and rings
    The first thing I met was a fly with a buzz
    And the sky with no clouds
    The heat was hot and the ground was dry
    But the air was full of sound

    Ive been through the desert on a horse with no name
    It felt good to be out of the rain
    In the desert you can remember your name
    cause there aint no one for to give you no pain
    La, la ...

    After two days in the desert sun
    My skin began to turn red
    After three days in the desert fun
    I was looking at a river bed
    And the story it told of a river that flowed
    Made me sad to think it was dead

    You see Ive been through the desert on a horse with no name
    It felt good to be out of the rain
    In the desert you can remember your name
    cause there aint no one for to give you no pain
    La, la ...

    After nine days I let the horse run free
    cause the desert had turned to sea
    There were plants and birds and rocks and things
    There was sand and hills and rings
    The ocean is a desert with its life underground
    And a perfect disguise above
    Under the cities lies a heart made of ground
    But the humans will give no love

    You see Ive been through the desert on a horse with no name
    It felt good to be out of the rain
    In the desert you can remember your name
    cause there aint no one for to give you no pain
    La, la ...

    Soudain, j’eus l’idée loufoque de chercher à comprendre l’exact sens de ces paroles. Oui, j’ai des idées étranges parfois, il serait temps que vous vous en rendiez compte… Je me lançai par conséquent avec délices dans un petit travail de version et d’exégèse.

    Voici donc la traduction suivie des commentaires qu’elle m’a inspirés.

    Dans la première partie du voyage
    Je regardais toute la vie
    Il y avait des plantes et des oiseaux et des rochers et des choses
    Il y avait du sable et des collines et des anneaux

    Mwé mwé mwé… Du sable et des collines, je veux bien. Mais des anneaux ? Même en anticipant un tout petit peu sur le texte en vous disant que l’histoire est censée se dérouler dans le désert (ouep, le mec il est allé dans le désert avec un cheval sans nom), je crois que le soleil a dû frapper très très fort. Faut toujours mettre un chapeau quand on s’expose au soleil, ma maman me l’a toujours dit. Et il faut boire aussi… de l’eau ! La suite n'es pas piquée des vers non plus...

    La première chose que j'ai rencontré était une mouche bourdonnante 

    Carrément ! Une mouche bourdonnante ! Dans le désert on est pourtant nettement plus enclin à croiser des dromadaires, des chameaux, des serpents ou des scorpions qu’une mouche bourdonnante. M’enfin…admettons…


    Et le ciel sans nuages
    La chaleur était chaude et le sol était asséché. 

    Quand le sublime confine au grandiose. Vous remarquerez la splendide figure de style : « la chaleur était chaude ». Ce n’est pas sans rappeler un sommet de la musique française du début des années 2000 « le feu ça brûle et l’eau ça mouille ». En plus il y a plein de façons de caractériser la chaleur : étouffante, assommante, terrible, mortelle, supportable… je ne vais pas tous les passer en revue. Un surréaliste aurait pu écrire que la chaleur était glaciale et que le sol était plein de nuages, mais il faut croire que l’audace n’était pas de mise ce jour là.

    Mais l'air était plein de bruit.

    Encore une rave-party !  Ou alors des essaims de mouches bourdonnantes...?


    J'ai traversé le désert sur un cheval sans nom

    Un cheval sans nom ? C’est tout ce qu’il a trouvé pour singulariser son canasson ? Nan passke déjà,un cheval sans nom ça n’existe pas ! Demandez à Homar Shariff pour voir… La suite du texte laisse poindre une autre explication. Rendez-vous quelques lignes plus bas.

    Ca faisait du bien de sortir de la pluie 

    Alors, sortir de la pluie, je veux bien. Personne n'aime ça, la pluie. Ca fout le moral à zéro. C'est tout pourri. En revanche, la suite ne lasse pas de me surprendre...

    Dans le désert tu peux te souvenir de ton nom
    Parce qu'il n'y a personne pour te faire souffrir.

    Parce que lui quand on lui dit « Bouh t’es qu’un rô vilain » il oublie son nom ? faut pas être si émotif mon gars ! La vie elle est dure hein ! Non, mais je vous le demande : où a-t-on vu que la souffrance faisait oublier son nom ? Je ne parle pas de torture, de gégène ou de tabassage entrecoupé d’apnée forcée dans une baignoire, ce qui peut effectivement faire perdre la mémoire, dans le meilleur des cas… Ou bien alors, on pourrait émettre une hypothèse alternative : s’il se rappelle son nom passke y’a personne qui fait son vilain avec lui, en revanche il en a oublié le nom du cheval ! Et là-dessus, il nous sort l’argument à la con que le cheval n’avait pas de nom. Faudrait arrêter de nous prendre pour des débiles mentaux ! On a compris le shtib !!

    Après deux jours dans le soleil du désert 
    Ma peau a commencé à virer au rouge

    Nous ne saurions que vivement recommander à nos lecteurs de ne pas suivre l’exemple inconsidéré de cet individu qui s’expose au soleil en plein désert sans utiliser de crème solaire. Pensez à votre capital soleil et aux mélanomes de la peau qui n’attendent que de se faire titiller par les UV pour vous pourrir la vie. Sortez couverts ! En plein désert en plus, il suffit de quelques secondes pour être cramé et se transformer en homard écarlate.

    Après trois jours dans les distractions du désert
    Je regardais le lit d'une rivière
    Et l'histoire parle d'une rivière qui coulait 
    Ca m'a rendu triste de penser qu'elle était morte. 

    Des distractions hein ? Oué, j’ai bien compris : il s’est shooté comme une brute avec des cactus hallucinogènes. Et de quelle histoire parle-t-il ensuite ? Hein ? Faut arrêter la fumette ! Vous noterez encore une fois l’extrême émotivité de type qui pleure comme une madeleine à cause d’une rivière asséchée qu’il n’a jamais connue. Vous allez voir un tout petit peu plus bas que le fumage inconsidéré de cactus peut nuire gravement à la santé.

    Tu vois j'ai traversé le désert sur un cheval sans nom 
    Ca faisait du bien de sortir de la pluie 
    Dans le soleil du désert tu peux te souvenir de ton nom
    Parce qu'il n'y a personne pour te faire souffrir 


    Après neuf jours j'ai laissé le cheval s'enfuir 

    Ca c’est pas malin du tout ! Non seulement tu es à pied et donc tu te fatigues encore plus, mais en plus ton canasson il va crever tout seul dans le désert… Mais que fait Brigitte Bardot ?

    Parce que le désert était devenu une mer 

    Quand je vous parlais des méfaits des cactus hallucinogènes, nous y voici en plein…

    Il y avait des plantes et des oiseaux et des rochers et des choses 
    Il y avait du sable et des collines et des anneaux 
    Et un déguisement parfait dessus 
    Sous les villes repose un coeur fait de terre 
    Mais les humains ne donneront pas d’amour. 

    Je ne m’aventurerai pas à commenter ces quelques phrases dont la portée philosophique m’échappe sûrement. L’image océan/désert n’est pas très audacieuse mais elle est jolie, quoiqu’éculée. Quant au reste... je vous laisse tirer vous mêmes les conclusions que vous voudrez !

    Après en avoir ainsi piétiné allégrement les paroles, vous serez certainement amenés à croire que je déteste cette chanson finalement bien ridicule. Hé bien détrompez vous...Que nenni !

    Au risque de vous décevoir, elle fait toujours partie de mes tubes préférés, envers et contre tout.  A n'en pas douter la musique, l'arrangement, y est pour beaucoup, et la musicalité des paroles également. Ce que je lui trouve ? Ben, je ne sais pas trop… Elle me plait et c’est tout. Dès les premières mesures je suis tout frissonnant...

    Le cœur a ses raisons que la raison n’a pas !

    Laaaaaaaaa laaaaaaaaaaaaaa...

    1 commentaire:

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