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  • 29 décembre 2009

    Le Faune de la nuit

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    Lorsque la ville revêt son manteau d'obscurité, et que les bruits noctambules habitent les rues, il sort. Dans la nuit.

    Il marche à grandes enjambées alternées petits pas serrés, vivement marqués au sol d'un claquement sonore. Clac, cloc, clac, cloc....
    Les mains rivées au fond des poches, il traverse dédaigneux les places encombrées de foules braillardes. Ses doigts s'amusent à parcourir les sinuosités de chacune des clés de son trousseau et jouent à les reconnaitre l'une après l'autre.
    Son coeur palpitant se serre un peu lorsqu'il aperçoit au loin les néons bleus et rouges qui reflètent leur clignotement maladif sur la chaussée ruisselante. Baissant vaguement la tête, il passe le porche tandis qu'un oeil de verre le regarde froidement. Il sonne. Bzzzzz
    Derrière la porte le videur prend connaissance de l'identité du nouvel hôte à qui il ouvre aussitôt. C'est un habitué.

    Musique étouffée
    Clameur lointaine
    Ambiance festive
    Il avance
    Montée d'adrénaline 
    Lorsque le bruit le submerge.

    Il y a du monde ce soir.

    Des paires d'yeux se retournent, pesants, et le déshabillent, le dévisagent, le convoitent déjà. Ôtant ostensiblement sa veste, il a l'impression d'exister dans le désir des autres. Son visage arbore la figure altière des conquérants.
    Des regards qui se croisent, des sourires esquissés, des mains qui se posent  avec fausse pudeur sur les hanches pour se frayer un passage jusqu'au bar. Un demi donnera un semblant de contenance.
    Les yeux s'expriment, l'intensité des regards insistants n'ont aucun secret pour lui. Pierre, Mathieu, Paul ou Christophe, qu'importe son prénom. Anonyme, il est ici chez lui. Faune parmi les Aegipans.

    S'accoudant à une table il aborde ce beau petit blond qui a déjà enlevé son T-shirt. Quelques mots échangés. A travers l'ambre de son verre il repère les va et vient d'une pièce l'autre, d'un lieu  de perdition à l'autre. Les visages satisfaits de ceux qui viennent de tirer leur coup, ceux gorgés d'envie qui sont sur le point de se livrer à des jeux interdits, et ceux prêts à se donner en pâture pour quelques instants de jouissance.
    Verre après verre, l'ivresse le gagne, desinhibante, libératrice.

    On s'approche... Qui va là ? Quelques mots susurrés à l'oreille et l'on rit d'un grand sourire, les yeux malicieux, pétillants. A ce petit jeu de la séduction il est sans rival dans cette cour des fantasmes.
    On le prend par la main, ivre d'envie. Des lèvres inconnues se collent aux siennes. Une main court le long de son épaule. Un grand frisson lui fend le dos. Il bande. Une nouvelle gorgée de bière, pétillante, amère et fraîche, le fait redescendre quelques secondes, le temps d'acquiescer à l'invitation provoquée de celui qui depuis un moment déjà lui titille les tétons, une paume discrètement lovée dans la poche arrière de son jean. 

    Obscurité
                           Frôlements
                                                     Désir 
                                                                        Murmures
    Extase

    Un dernier verre avant de partir. On se perd de vue...

    Il est bientôt six heures du matin.
    Les lumières jaunes de la rue lui font froncer les yeux tandis qu'une fine pluie d'hiver lui pique doucement le visage. Le cliquetis d'un rapide coup de la main atteste que les clés sont toujours présentes dans sa poche droite. Le nez dans ses souliers il rentre chez lui, satisfait, son forfait accompli. Son torse exhale le foutre. Dans sa tête l'ivresse des sens et la chaleur d'un corps au sien abandonné.

    Incognito
    Sa silhouette s'évanouit
    Dans la nuit mourante.

    27 décembre 2009

    Même les chiens...

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    A table le 25 décembre, mon frère raconte que sa chienne a trucidé une poule :

    " Et en plus elle l'a même pas bouffée. Juste pour s'amuser ! L'autre jour je l'ai même vue faire un bisou à la chèvre. S'il faut elle est gouine ?  Hé bé... même les chiens maintenant...! "
    [Silence]



    24 décembre 2009

    Dans le métro qui me ramène chez moi...

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    Un 23 décembre, vers 22h, dans le métro Toulousain

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce garçon assis sur la banquette. La brillance de son blouson à la mode trahit une matière d'une noblesse qui n'est pas celle du cuir. Abrité sous sa Kangol il lit, les jambes croisées, la quatrième de couverture d'un bouquin qu'il vient d'acheter chez Virgin et dont il tient la poche rouge et blanche en précaire équilibre sur ses genoux, soumise au balancement chaotique de la rame qui s'élance dans la nuit. Une paire de lunettes rectangulaire dessine son regard que je croise alors que la voix métallique annonce la prochaine station : "Juanno d'Arc". Nous nous surprenons mutuellement en train d'articuler le texte en même temps que cette voix anonyme et pourtant familière. Nous nous détournons aussitôt. Intérieurement je souris.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce rebeu appuyé contre la paroi selon un déhanché négligé qui met en relief son petit cul bien rond. A ses vêtements, je devine qu'il s'apprête  à sortir rejoindre sa petite amie pour une soirée romantique au restaurant, quelque chose dans ce genre. C'est marrant comme les rebeux peuvent avoir un beau cul...

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a cette fille à la crinière de lionne. Au milieu de cette jongle étroitement bouclée se love un visage à l'ovale superbe. Sa peau ambrée est d'un grain parfait. Deux grands yeux noirs scrutent les réactions de sa voisine à qui elle doit raconter une anecdote arrivée durant la journée. Sa voix comme sa présence, ne sont que douceur rassurante.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce mec aux Doc Marteens et au jean dont la coupe semble venir d'un autre temps. Ancrée sur sa tête, il semble vouloir disparaître derrière la visière d'une imposante casquette noire, forteresse impénétrable au regard. Pourtant, de profil, je peux voir le globe luisant de ses yeux qui regardent fixement dans le vide. Il n'a pas l'air très vieux, la trentaine tout au plus. Pourtant de toutes parts de son couvre-chef dépasse une chevelure déjà poivre et sel qui, rehaussée d'une timide barbe ébène du jour, lui confère un certain charme. J'aime ses cheveux, leur texture qui a l'air agréable. Le genre de cheveux que l'on a envie de toucher, de caresser, de laisser glisser entre les doigts qui savent si bien en faire des tortillons.

    Dans le métro qui me ramène chez moi il y a aussi ce drôle de type à la bouille rondelette et au teint rougeot. Vêtu d'un anorak kaki sale, ses yeux tournent dans leur orbite tel ceux d'un caméléon. L'air un peu fou, il ne sait pas quelle attitude avoir au milieu de ces étrangers dont la présence silencieuse semble l'indisposer dans l'agitation désordonnée de ses idées. Un pas en avant, un pas en arrière, les mains nouées sur le ventre. Il attend que ça se termine, mal à l'aise et impatient.

    Dans le métro qui me ramène chez moi il y a ces deux messieurs très bien habillés qui échangent quelques mots à demi murmurés. Scrutant inlassablement le plafond, ils pensent que demain c'est le réveillon  de noël et que les cadeaux sont fins prêts. Ils savent qu'en rentrant chez eux le sapin sera allumé dans le salon, que la maison sera emplie de rires d'enfants et qu'une boite de chocolats entamée trainera sur la table de la cuisine. Ils se demandent si les Lefebvre seront à l'heure pour le dîner demain soir et si la voiture sera prête pour aller voir les grands parents dimanche à Albi ou Cahors. Leur seule inquiétude est de savoir s'il reste assez de Veuve Cliquot à la cave pour le 25, ou s'ils devront aller chez Nicolas en urgence comme la dernière fois... Ils pensent que cette semaine de vacances leur feront du bien et se réjouissent déjà des quelques jours au ski qu'ils s'apprêtent à passer en famille.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, retentit à nouveau la voix métalique qui m'anonce que je suis arrivé.

    D'un pas assuré je quitte ce métro qui me ramène chez moi
    Et poursuis ailleurs ma vie presque ordinaire.

    22 décembre 2009

    Avatar

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    Celui-là, j'ai hésité à aller le voir tant le matracage commercial dont on nous assome depuis des mois commençait à me taper sur le système. Etant un poil têtu de nature et n'aimant pas crier avec les loups, je m'étais laissé dire que je n'irais pas, ou pas tout de suite. Et puis finalement, je me suis laissé convaincre... Il n'y a que les imbéciles qui...

    Alors, par où commencer ? Pandora est une lointaine planète sur laquelle se trouve un minerais capable de résoudre la crise énergétique sur Terre. Les compagnies d'exploitation déjà sur place sont toutefois contrariées dans leur tâche non seulement par l'atmosphère irrespirable de cette foutue planète, mais surtout par la présence de créatures autochtones, les Na'vi. Ces derniers, qui vivent en parfaite harmonie avec leur environnement, voient d'un très mauvais oeil  l'arrivée  de bulldozers géants venus décaper la surface de leur planète, et ont eu qui plus est l'outrecuidance d'installer  jadis l'un de leurs plus anciens  lieux sacrés pile-poil sur le gisement le plus important du minerais tant convoité. Y'a des baffes qui se perdent, c'est moi qui vous le dit. Alors, afin de dégager ces empêcheurs de creuser en rond, des scientifiques ont imaginé le projet Avatar qui permet à des "pilotes" humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans l'atmosphère létale de Pandora. C'est à ce moment qu'intervient Jake Sully un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant - incarné par le très bô Sam Worthington - chargé d'incarner l'un de ces avatars pour étudier les Na'vi de plus près et les convaincre qu'une solution diplomatique leur sera plus profitable qu'un génocide. Et ce qui devait arriver arriva, le syndrome de Stockholm va frapper le pauvre Jacke de toutes ses forces...

    Le scénario de Avatar ne brille pas par son originalité. L'histoire a un goût de déjà vu et mêle des ingrédients épars puisés dans Star Wars pour certains, dans la mythologie Japonaise pour d'autres, tels l'arbre géant symbole de sagesse que l'on trouve déjà dans Totoro ; enfin un  gros soupçon de new-age et d'animisme  mijoté à la sauce écolo pour le cas où ça ne suffirait pas. Les personnages ne vont pas non plus renouveler le genre : des gentils que l'on a plaisir à aimer, des méchants que l'on  se complait à détester. Malgré tout, Avatar évite l'éccueil du cul-cul-la-praline et du sentimentalisme à la guimauve rapidement nauséeux. De même les dialogues sont bien taillés, sans longueur,  fadeur ni foutaises.

    Avatar ne se prive pas non plus de nous ouvrir les yeux  sur quelques questions aujourd'hui aussi brûlantes que la protection de l'environnement (au lendemain de l'échec de Copenhague... ) et les horreurs de la colonisation lorsque les intérêts financiers priment sur le respect qui devrait pourtant être élémentaire, de la vie, quelqu'en soit la forme. C'est étrange mais c'est la première fois que je ressens aussi violemment la sensation de déracinement et de perte de soi dans un film. D'autres avaient pourtant déjà abordé ce thème là, mais il prend ici un éclat et une puissance assez bouleversante dont je m'étonne d'avoir été aussi marqué. Le film évite par ailleurs le piège grossier des méditations métaphysiques insipides et lourdingues. On perçoit ainsi, dans l'oeil d'un Jack invalide, l'écartèlement cornélien entre son existence d'avatar, sous les traits duquel il incarne un chef de guerre agile et séduisant, et celle de sa condition humaine, l'ex marine  juché sur sa chaise de souffrance, réduit à pas grand chose... Les questions sont posées, mais laissées ouvertes.

    C'est déjà pas mal,  et tout cela aurait déjà fait de Avatar un film riche et intéressant. Un scénario classique mais solide, des personnages attachants, un joli panel d'acteurs (j'ai retrouvé avec grand plasir Sigourney Waver), un peu de profondeur...  Mais là n'est pas l'essentiel.

    Car la vraie richesse de Avatar est sans nul doute possible son univers visuel absolument hors du commun, d'une finesse, d'une richesse et d'un aboutissement inégalés à ce jour. Avatar nous invite à une véritable plongée en plein coeur d'un écosystème entièrement neuf, où vivent des créatures naturellement inconnues de nos contrées mais dont  l'existence ne nous paraît au fond pas si improbable que cela. Tout y est beau, coloré, intelligemment pensé... J'avoue avoir été bluffé par toutes les trouvaillles exo-biologiques en toutes sortes, témoins d'une imagination exceptionnelle, dont chaque centimètre caré de la toile est dotée.  Avec Avatar la preuve est désormais faite que le cinéma ne connait plus aucune limite graphique... J'avais peur que le numérique ne soit trop envahissant au détriment des acteurs réels mais James Cameron parvient à un équilibre saisissant au point qu'il réussit à nous faire oublier toute la supercherie des images de synthèse d'une beauté époustouflante. J'avoue toutefois que j'aurais nettement préféré voir le vrai Sam Worthington (rhââââ lovely...smileys Amoureux) se trimballer les fesses à l'air pendant 2h40... mais bon, on lui pardonnera.

    Elément rigoureusement fondamental dans les effets visuels et qui participe pleinement  du rendu spectaculaire : la 3D.  La version 2D  proposée confine à mon avis au contre-sens absolu. C'est  en effet la première fois qu'un film est directement pensé en 3D et que le rendu 3D fait partie intégrante du travail de l'image. Ici point de facilités, pas d'objets qui semblent foncer droit vers soi et qui s'éparpillent dans toutes les directions (la pub Haribo est là pour cela au tout début). Le travail porte ici sur le relief de l'image, la subtilité des textures, le réalisme en somme et apporte un véritable supplément de profondeur dans les perspectives. C'est là toute la magie du film : tromper nos sens au point de nous faire oublier que tout cela n'existe pas, comme des enfants qui croient mordicus que le loup est bel et bien dans le lit de mère-grand. Et encore le tour de force ne serait que purement technique si ne se dégageait pas de cette immense fresque écologique une poésie qui confine à l'envoûtement.

    Plus qu'un film, Avatar est résolument une expérience cinématographique assez extraordinaire que je ne peux que vous inviter à découvrir.

    20 décembre 2009

    Ravages nawouéliques

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    Voilà, ça y est... pour le cas où cela vous aurait échappé, ce dont je doute fort, l'affligeante saison des over-doses culinaires est de retour. C'est un peu comme la lune : Seper crescis aut decrescis... 

    Les premiers signes sont mesurables à partir de mi-décembre, d'abord insignifiants : une boite de chocolats par-ci, une autre de petits gâteaux par-là... rien de très extraordinaire. Mais tout de même, on fait mine de rien quelques petits extras. On se dit que ce n'est pas très grave, que le froid pousse à manger plus et que notre corps en a besoin pour résister, que ce n'est qu'une fois par an, et que l'on se mettra au régime sitôt après...

    S'ensuit une phase de croissance exponentielle qui s'étale sur quelques jours seulement et qui se polarise autour des redoutables 24, 25, voire 26 Décembre, ces deux ou trois jours cumulant à eux seuls plus de Kilocalories par assiette que le Sahel n'en absorbe en un an. Un véritable massacre pour les artères, le tour de taille et... votre garde robe ! On mange bien quelques clémentines, parceque c'est la saison, que ça sent bon, que c'est plein de vitamine C pour lutter contre la grippe, et que ça ne fait pas grossir. Bon d'accord on les fait passer avec un ou deux Léonidas...  Mais cette "économie" fait pâle figure confrontée aux orgies de cholestérol hyper-glycémique dans lesquelles on s'est vautrés les deux pieds dedans.

    Puis, au rythme immuable d'un cycle inéluctable, elle décroît progressivement, en freinant des quatre fers... Lassés du foie gras on mange charcuteries et  rillettes ; dinde aux marrons et magrets aux cèpes cèdent le pas devant le potage - dans lequel macère peut être une carcasse de canard gras afin de donner un peu de corps au fond de sauce, le bouillon  commence à refaire une timide apparition entre deux indigestions.

    Enfin, le retour à la normale dès les premiers jours de Janvier, à l'exception notable du 31 Décembre et de son lendemain qui laissent s'échapper les derniers soubressauts de la bête agonisante, histoire de s'en remettre une couche, de se faire culpabiliser un bon coup, notre mauvaise conscience étant garante de nos bonnes résolutions : faire du sport, manger équilibré, remettre son petit 36, perdre 7 Kg d'ici avril...  Si ça peut vous faire plaisir de croire que vous tiendrez le challenge. L'enfer est pavé de bonnes intentions.

    Si vous tenez à éviter les invitations, relisez donc ces quelques consignes élémentaires... On n'est jamais trop prudents.

    Mais bon, après tout... c'est bon la honte !

    14 décembre 2009

    Bienvenue à Zombieland

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    Attention, je vous préviens tout de suite, ce film est un OVNI a intercepter absolument !! Bienvenue à Zombieland, ça déchire sa race à coups de pioche ! Cela faisait bien longtemps que je m'étais pas autant éclaté devant un film de zombies  totalement déjanté.

    Dans un futur proche, le monde est infesté de zombies carnivores qui terrorisent les rares survivants. Tout d'abord voici Columbus, la gentille mauviette qui a failli se faire dévorer tout cru par sa voisine de chambre alors qu'il pouvait espérer y perdre son pucelage... ce sera notre Rantamplan. Voici ensuite, en guise de Lucky Lucke, Tallahassee la brute qui aime autant les zombies qu'un chien aime les chats. Armé d'un fusil d'assaut il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Notre duo, aussi harmonieux qu'un cheval estropié, ne va pas tarder à croiser le chemin de deux pestes aussi redoutables que belles, Wichita et Little Rock, qui vont leur mener la vie dure. Très dure.

    Dès les premières secondes du film, le ton est donné : l'humour loufoque va régner en maître pendant 1h20 presque sans discontinuer. Après une introduction vigoureuse qui plante efficacement le décors, et annonce clairement la couleur, vient un générique que j'ai trouvé particulièrement soigné et très réussi, qualités rares sur ce genre de produit qui habituellement ne consacre - à tort - que peu d'intérêt au packaging.  Puis le film s'ouvre sur la rencontre des deux premiers personnages, et le délire commence. Pari gagné !

    Je ne sais pas trop ce qui fait que le film tient debout car au fond le scénario est assez maigre. Mais ça marche. Le rythme est soutenu de bout en bout, les personnages sont et deviennent attachants tout ce qu'il faut, les effets spéciaux sont de bon aloi, du suspens, une touche d'amûûûr... et surtout des séquences hallucinantes de portnawak purement jouissif. Pour ceux qui ont déjà la reférence de Shaun Of The Dead  en mémoire, Zombieland, dans un style il est vrai différent, passe nettement la vitesse supérieure au point de que SOTD me paraît maintenant fadasse ! Surtout, j'ai trouvé le personnage de Tallahassee littéralement hallucinant. Un mélange improbable quelque part entre Terminator et un Bisounours... oui, ça a l'air inconciliable comme ça, mais pourtant... Je ne me souviens pas avoir vu un personnage aussi fou depuis bien longtemps. Rafraichissant !

    Nan, vraiment, si vous avez besoin de vous changer les idées, plutôt que de frapper le chat, allez donc voir un bon ptit film tonique qui décolle bien les neurones et décrispe les zygomatiques. Quel film ? Mais Zombieland bien sûr !

    10 décembre 2009

    Confidences de Star !

    18 commentaires

    Tambour Major nous reçoit aujourd'hui dans sa somptueuse demeure où il nous a donné rendez-vous afin de nous accorder une entrevue. C'est avec cordialité et amabilité qu'il répond pour vous à toutes nos questions. Exclusivité !

    Tambour Major bonjour, et merci de nous recevoir chez vous. Première question pour nos lecteurs : comment allez-vous ?
    Ho  mais de rien, c'est un plaisir que de vous recevoir. Je vais bien même si un méchant rhume m'astreint à rester chez moi depuis quelques jours. Ce ne devrait bientôt plus être qu'un mauvais souvenir. 

    La grippe A ? 
    Non, non, ce n'est pas la grippe A ; mais c'est toujours embêtant d'être malade. Par contre on va laisser tomber le vous d'accord ?

    D'accord. Comme tu veux. Venons-en à ce qui m'amène aujourd'hui : qu'est-ce qui t'a motivé à ouvrir ton premier blog en août 2007 ?
    J'ai toujours aimé lire et écrire. Lorsque j'étais en 6°, ma prof de français me poussait beaucoup à lire et voulait que je fasse des études littéraires. Je me souviens qu'en plus des bouquins que nous avions à étudier en classe, elle me laissait tout un tas de trucs supplémentaires chaque vendredi dans son casier et que je dévorais dans la semaine. C'est elle qui m'a fait découvrir Stephen King ! Finalement j'ai fait des études juridiques, ce qui n'est pas très loin des lettres en définitive car le juriste aime les mots, ce sont ses outils de travail. Pendant mes études j'ai continué à lire régulièrement, et pas que des Dalloz ! Je me souviens avoir commencé l'écriture d'une nouvelle fantastique qui se déroulait chez ma grand mère, une sorte de pastiche d'un peu tout ce que j'avais pu lire jusqu'alors. Des brouillons doivent d'ailleurs encore traîner au fond d'un carton quelque part.
    J'ai ouvert mon premier blog en juillet 2007. A l'époque je faisais mes premiers pas dans le milieu, avais un ami qui bloggait pas mal et suivais ses péripéties par pixels interposés. J'ai compris que cela pourrait être un moyen d'assouvir mon envie d'écrire, de prendre la parole de façon anonyme, d'ouvrir une brèche timide sur ma vie privée et d'extérioriser certaines choses.

    Tu te revendiques clairement comme un "pédéblogueur". Mais ce n'était pas le cas de ton premier blog. Pourquoi ce parti pris ?
    Effectivement, lorsque j'ai ouvert mon premier blog, je n'assumais pas encore tout à fait ce que je suis. Il m'a fallu du temps, même si en relisant certains billets on s'aperçoit que de petits cailloux blancs jonchent les pages, pour qui sait les reconnaître. J'aime bien brouiller les pistes. Puis un beau jour j'ai écrit un billet assez explicite qui m'a valu de très beaux témoignages de la part de mes amis. Lorsqu'en février 2009 j'ai migré sous Blogger, je me sentais déjà assez affirmé, de mieux en mieux dans mes basquets. En fait, la bannière que j'ai réalisée pour ce blog est elle même multicolore : j'ai voulu qu'elle soit un clin d'oeil subliminal au rainbow-flag... Mais la prise de position claire parmi les pédéblogueurs n'a pas été évidente et j'ai longuement hésité à intégrer le "logo" après l'avoir vu chez Matoo. J'avais peur que cela soit réducteur car, comme vous le faisiez remarquer tout à l'heure, mon blog ne parle pas que d'homosexualité. Finalement ce ne fut qu'une étape de plus dans mon cheminement personnel, un acte qui peut paraître anodin de l'extérieur mais qui en réalité fut très fort pour moi. S'il m'a un peu effrayé au départ, aujourd'hui je l'assume pleinement. Toutefois, seul mon blog se revendique ainsi. Dans ma vie je ne suis pas notoire : si je ne fais pas grand chose pour me cacher - je n'ai d'ailleurs pas grand chose à faire pour cela - je n'en parle ouvertement que rarement.

    Comme tu viens de le dire à l'instant, ton blog est plutôt un fourre tout. Pourquoi ne pas avoir choisi une ligne éditoriale claire ?
    Tout simplement parce que ce n'est pas un blog thématique. C'est une sorte de journal de bord tenu régulièrement où je m'autorise à parler de tout ce qui m'intéresse, me fait rire ou pleurer. Ce blog est un peu le reflet de mon quotidien : bariolé, éclectique, un peu foufou parfois.

    Certains de tes billets ne manquent pas d'humour en effet !
    Oui c'est vrai. Le rire est une arme puissante qui permet de mettre un couvercle sur pas mal de choses moins reluisantes.

    Comme quoi ?
    Boarf... des angoisses personnelles qui font que je suis ce que je suis. Nous avons tous les nôtres, et devons apprendre à vivre avec.

    Comme ton homosexualité par exemple ? Tu es sorti du placard assez tardivement...
    Oui, c'est vrai, j'ai eu ma première expérience avec un garçon à 29 ans. Jusqu'à mes 25 ans j'étais "embrigadé" dans des groupes de jeunes Cathos et enlisé dans des convictions religieuses qui diabolisent l'homosexualité. Or lorsque l'on est Chrétien on vous enseigne que l'homosexualité est une grave perversion, que c'est le mal absolu et l'on vous promet la damnation éternelle et tout un tas de réjouissances infernales. Ce fut un très gros obstacle qui m'a fait refouler pendant de longues années, mais terriblement déprimer aussi.

    Et comment as-tu fait ? Tu t'es fâché avec la religion ?
    Non, pas du tout. Je conserve de fortes convictions religieuses que je ne renie pas. Elles font indéfectiblement partie de moi, de mon identité, même si cela paraît contradictoire de premier abord. Il m'a fallu le temps de prendre du recul et de réaliser le décalage qu'il existe entre le discours tenu par l'Eglise et ceux qui le tiennent : je ne suis pas pire que certains prêtres pédophiles, trucideurs de scouts, ou tripoteurs d'enfants de choeur. Pour avoir accès à pas mal de coulisses, je puis vous assurer que tout n'est pas reluisant. De plus je ne pense pas vivre comme un salopard qui répend le malheur et la haine autour de lui, pour qui l'autre est un objet dénué de sens. Ce n'est pas un secret qu'il y a des prêtres homosexuels. Et alors ? Je vaux moins qu'eux ? Paradoxalement, ce sont des témoignages de Musulmans Gays qui m'ont beaucoup aidé dans ma réflexion. L'un d'eux avait écrit que s'il était Gay, c'est parce que Dieu l'avait voulu, qu'il l'aimait ainsi et voulait, comme pour tout être humain, qu'il soit heureux. Cela m'a paru tout à fait pertinent. La religion peut être un outil d'asservissement extraordinaire...

    Tu continues à aller à l'église ?
    Oui oui. Régulièrement.

    Tu viens de nous expliquer comment la religion a pu être un handicap dans ton acceptation, mais comment as-tu découvert ton homosexualité ?
    Rétrospectivement, je crois que je l'ai su assez tôt. C'est assez compliqué et très simple à la fois. Cela passe par exemple, étant ado, par plein de petits signes que l'on a d'abord du mal à interpréter mais dont on ignore le sens parce que je n'en parlais pas avec mes copains. Un élément de déclic important a été un soir que nous regardions un film porno sur Canal+ : mes potes étaient à fond sur les nanas, moi pas. Puis au lycée dans les vestiaires, voir quelques beaux garçons se dénuder pour se changer vous donne des frissons mais vous n'osez pas admettre que cela puisse être à cause de votre attirance pour eux. Et ainsi de suite jusqu'au moment où cela devient on ne peut plus clair dans votre tête...

    Je vois. Et pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour mettre les choses au point ? Ca n'aurait pas été plus facile de t'y prendre plus tôt ?
    Soyons clair : je n'ai pas attendu. Il m'a fallu du temps, en raison notamment de mes convictions religieuses. On ne remet pas fondamentalement en cause toutes ses convictions en un week-end et on ne construit pas une nouvelle façon de vivre en quelques heures... C'est stupide, mais je me disais que c'était impossible que je sois Gay, que c'était comme de dire à un oiseau qu'il est un poisson et qu'au lieu de voleter de branche en branche il devrait désormais apprendre à nager. Je me disais aussi très connement que tant que je passais pas à l'acte, je n'en étais pas... Alors, pendant des années j'ai joué à l'hétéro. Jusqu'au jour où la coupe a été pleine. Mais le temps pris était nécessaire... Comme dit la chanson : chacun sa route, chacun son chemin. L'essentiel est d'arriver au bout, quelque soit la distance parcourue.

    Et pendant ce temps tu as eu des relations avec des filles ?
    A la fac je suis sorti quelques temps avec une nana. On était super complices et on sortait régulièrement ensemble. C'était purement platonique et voué à l'échec car, pour être un peu cru, les nanas ne m'ont jamais fait bander. Je vous fais pas un dessin... Mais au moins pendant ce temps les apparences étaient sauves et on ne me posait pas de question embarrassante. 

    Qu'est-ce qui t'a finalement poussé à faire ton Comming Out ? C'est un moment particulier pour les Gays en général...
    Oui, c'est un moment très spécial. Je me souviens très bien de ce moment là. Cela remonte à juin 2007. J'ai toujours eu des amis homos. Lors d'un week-end entre potes, mi juin,  je les voyais heureux, bien dans leur peau, tout et tout. Et moi au bord du gouffre. Je me suis demandé pourquoi eux étaient heureux et pas moi. L'évidence m'a sauté aux yeux. Je suis rentré chez moi effondré. Le lendemain matin je croise un de mes potes Gays sur MSN. On commence à papoter et me demande comment je vais. Je lui réponds "pas très bien". Il me demande de quoi il s'agit, et lui réponds que ce ne sont pas des choses dont j'ai envie de parler comme ça sur MSN. Il m'invite alors à passer chez lui le soir même pour en discuter parcequ'il n'aime pas voir ses amis déprimer. J'ai cru que mon coeur allait s'arrêter. L'opportunité de crever l'abscès était devant moi. Tandis que je réfléchisais, je me revois taper "d'accord" puis presser la touche "Enter" de mon clavier, et le texte s'afficher à l'écran, un "d'accord" qui ne m'appartient plus... c'était parti, je ne pouvais plus faire marche arrière.
    Le soir, il est 20 heures lorsque je prends ma voiture, et roule en m'efforçant de ne penser à rien. Je me retrouve chez lui, le coeur battant à 100 à l'heure, un piège à loup me nouant la gorge. J'entre. Il m'accueille tout sourire et enjoué comme à son habitude. Il ne me demande rien et m'offre une bière ainsi que quelques sucreries apéritives. On parle musique, boulot... Puis sur le coup de 1 heure du matin, je finis par cracher le morceau. Il ne s'y attendait pas mais sa réaction fut formidable. Tout d'un coup j'ai senti un poids colossal s'évanouir. On a discuté à bâtons rompus jusque tard dans la nuit ; il m'a beaucoup rassuré. Je lui en serai éternellement reconnaissant.

    Et ta première fois ?
    Hum, c'est indiscret comme question ça ! Oui, il y a bien eu une première fois... et une deuxième, une troisième, une quatrième. Au bout d'un moment j'ai cessé de compter ! (rires)

    Si tu avais à choisir entre être homo ou hétéro, que ferais-tu ?
    La question ne se pose pas. Contrairement à ce que le laissent entendre certains mouvements religieux aux Etats-Unis, on ne choisi pas son identité, pas plus qu'on ne peut en changer. Je ne regrette pas ce que je suis, il n'y a rien à regretter. Je suis ce que je suis, et être Gay est une part de moi au même titre que d'aimer la musique classique, les films d'horreur, les jeux vidéos et la bonne bouffe. C'est une erreur insupportable que de réduire les gens à leur seule orientation sexuelle. Alors,  pour en revenir à ta question, je trouve qu'ill y a déjà fort à faire avec ce que l'on est pour perdre son temps à réfléchir à ce qu'on n'est pas et qu'on ne sera jamais.

    Si l'on ne doit pas perdre son temps à réfléchir à ce qu'on n'est pas, on peut peut-être songer à ce que l'on est... Alors, ma dernière question : qu'est-ce que tu es ? Qui est Tambour Major ?
    Ha ha ! Vaste sujet ! (enfoiré) (rires) Je peux essayer de vous décrire ce que j'étais hier, : un mec coincé, mal dans sa peau, déprimé, qui attendait qu'on lui sorte la tête de l'eau. J'ai une petite idée de ce que je suis aujourd'hui : un Tambour Major épanoui, de mieux en mieux dans sa tête et dans sa peau, même s'il je suis bardé de complexes quant à mon physique. Je prends chaque jour plus  d'assurance et j'ai plein d'ambitions dans la vie. Maintenant, ce que je serai demain, je suis bien incapable de le savoir ! L'identité se construit chaque jour, c'est un édifice complexe dont la dernière pierre ne sera posé qu'à la dernière heure. Qui sait quelle allure il aura à ce moment là ?

    Merci Tambour Major et à bientôt sur votre blog.
    J'espère bien ! A bientôt.


    * * *




    Pour poursuivre :
    Allez donc lire l'album de Ralf König Et en plus il est gaucher dont est extrait le dessin d'illustration.
    Pour des récits de première fois, allez faire un tour en bas de la colonne de droite, ou allez voir par ici.

    8 décembre 2009

    Dialogues des Carmélites

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    Je me faisais une joie particulière d'aller assister à une représentation des Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc donnés ces dernières semaines par l'opéra de Toulouse à l'ombre de à la Halle aux Grains.

    Ma première rencontre avec ce compositeur remonte quelques années en arrière.  Je ne sais plus exactement s'il s'agissait lorsque je collaborais, en qualité de petites mains, à un programme de musique pour orgue et orchestre de chambre durant lequel fut interprété notamment le Concerto pour Orgue en Sol mineur ou lorsque le chœur, dont je faisais alors partie, avait pris le pari, sous l'impulsion d'un jeune chef de chœur à la carrière déjà prometteuse, de s'attaquer aux redoutables Sécheresses dont je m'amusais encore vendredi à égrenner les paroles sur Facebook conjointement avec Méchant Chimiste.

    Quoiqu'ayant alors entendu de loin en loin parler de ce compositeur, la première audition de l'une de ces œuvres fut l'occasion d'un véritable choc esthétique aussi brutal qu'irréversible, au moins aussi fort que le fut la découverte bouleversante de l'architecture de Gaudi lors d'un voyage scolaire à Barcelone à la fin de mes années collège.

    Je fus particulièrement envoûté par ses harmonies  tantôt transparentes comme un éclat de givre frappé par un trait de lumière hivernale, rayonnant en éclats d'une beauté indicible ; tantôt brutes,  granitiques, puissamment masculines, dotées d'une tension à la limite de l'explosion, toujours sur le seuil de la rupture.  Mais à chaque fois une douceur sensuelle, une chaleur étourdissante, une émotion  irrésistible qui poignardait chaque parcelle de mon être. Autant vous dire que je buvais littéralement ces accords dont j'espérais de chacun qu'il ne fut pas le dernier.

    Par la suite, je dévorais à peu près tout ce que ce compositeur avait pu écrire et tombais forcément nez à nez avec les Dialogues des Carmélites, oeuvre majeure dans le catalogue du maître.

    Lorsque je vis que les Dialogues figuraient au programme de la saison 2009-2010, mon sang ne fit qu'un tour et ma carte bleue également !

    Sur un texte d'une rare richesse de Georges Bernanos, les Dialogues nous replongent en 1794, pendant la Terreur, sur les pas des Carmélites de Compiègne qui furent guillotinées après avoir fait vœu de martyre, montant à l'échafaud en chantant le Salve Regina.

    J'attendais beaucoup de cette représentation qui me laisse en définitive un sentiment vaguement mitigé.

    Le décor unique d'une ingénieuse simplicité permet, par le truchement d'un jeu d'éclairages habile et d'un placement rigoureux des acteurs de suggérer les différents lieux et espaces où se déroule l'action, ou plutôt devrais-je dire les actions.

    Le découpage de l'opéra n'est en effet pas conventionnel : il s'agit d'une suite de tableaux s’enchaînant l'un l'autre parfois sans transition, comme une grande fresque dont on n'aurait exhumé les fragments les plus représentatifs et dont l'unité serait conférée par l'unité stylistique. Point de fioritures : la richesse harmonique et la beauté du texte se suffisent à eux même sans qu'il soit besoin d'artifices. Un austérité de rigueur pour un couvent me direz-vous !

    Servantes de Dieu, les Carmélites sont femmes avant tout, et c'est là l'une des grandes forces du texte de Bernanos, superbement mis en musique, que de nous livrer des Carmélites vacillantes lorsque plane l'ombre de la guillotine, et de la mort en général. La peur, dans toutes ses dimensions, est en effet un élément moteur de toute l'oeuvre.

    Confrontées à la peur de la mort, d'abord par celle de leur Prieure, Madame de Croissy, qui aura des paroles extrêmement dures avant de rendre son dernier souffle : " J'ai médité sur la mort chaque heure de ma vie, mais aujourd'hui cela ne me sert à rien ! ". Quel sublime aveu de faiblesse venant d'une femme à la foi inébranlable. Voilà qui laisse à réfléchir : si les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, peut être ne sont-ils réellement égaux que face à la mort...

    La mort, et la peur qu'elle suscite, nos pauvres nones y seront confrontées plus cruellement encore puisque menée jusqu'à l'échafaud et... couic !

    La dernière scène m'a un peu déçu... là où j'attendais un paroxysme émotionnel et une déferlante de larmes bouillonnantes, ben j'avoue que le rendez-vous fut manqué.

    Les premières notes remuèrent en moi quelques fragments de sentiments encore un peu vifs, dont l'effet lacrymogène s'estompait bien rapidement. Peu d'émotion, pas de magie, des acteurs trop dans la précision métronomique de leur déplacement pour que cela paraisse naturel... déçu !

    A titre d'exemple, ce que l'on peut faire de mieux, avec une économie de moyen exemplaire :


    Le sentiment mitigé de cette représentation n'est d'ailleurs que très partiellement imputable aux solistes. Nous avons eu droit à une Sylvie Brunet dans le rôle de Mme De Croissy au sommet de son art. On ne pouvait en revanche pas en dire autant de l'orchestre... décalé dès les premières minutes, on a pu voir un chef tenter frénétiquement de ramener le bétail à l'étable en bon ordre sans trop emboutir la musicalité de l'ensemble.  Cela n'aurait été qu'un moindre mal si la justesse de l'ensemble avait été irréprochable... si vous voyez ce que je veux dire.

    Bref un texte formidable, une musique sublime, une scénographie globalement réussie, mais un orchestre pas à la hauteur.

    Un ami m'a laissé entendre que dans une interview, le chef disait que Poulenc avait écrit l'oeuvre au piano puis l'avait transcrite pour orchestre en gonflant tout, avec des redoublements d'octaves, et que son rôle consistait à "dégraisser la musique"... le guillotinage des nonnes n'étant pour lui que "anecdotique"... Curieuse lecture de l'oeuvre qui ne convainc pas !

    J'aurai au moins la chance de pouvoir dire que j'ai vu une fois dans ma vie l'une des œuvres que j'apprécie le plus, tout en gardant l'espoir de la revoir dans une meilleure version !

    Méchant Chimiste y était aussi.

    4 décembre 2009

    Single

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    I called you from the hotel phone
    I haven't dialled this code before
    I'm sleeping later and waking later
    I'm eating less and thinking more
    And how am I without you ?
    Am I more myself or less myself ?
    I feel younger, louder
    Like I don't always connect
    Like I don't ever connect

    And do you like being single ?
    Do you want me back ?
    Do you want me back ?
    And do I like being single ?
    Am I coming back ?
    Am I coming back ?

    I'll put my suitcase here for now
    I'll turn the TV to the bed
    But if no one calls and I don't speak all day
    Do I disappear ?
    And look at me without you
    I'm quite proud of myself
    I feel reckless, clumsy
    Like I'm making a mistake
    A really big mistake

    And do you like being single ?
    Do you want me back ?
    Do you want me back ?
    And do I like being single ?
    Am I coming back ?
    Am I coming back ?
    Do you want me back ?

    And now I know
    Each time I go
    I don't really know
    What I'm thinking
    And now I know
    Each time I go
    I don't really know
    What I'm thinking of

    Do you want me back ?


    3 décembre 2009

    Ready to go !

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    C'était écrit pourtant écrit dans le dépliant : la mise en service de la nouvelle ligne ADLS souscrite chez "Pamplemousse" peut prendre jusqu'à 10 jours. J'avais beau être patient et booter tous les soirs ma Box espérant voir enfin s'allumer la petite lampe verte et s'éteindre le clignottement de la rouge, mes efforts n'étaient jamais récompensés. L'ingratitude des machines me laissera toujours perplexe.  Je commençais déjà à me dire qu'avec ma chance légendaire j'étais tombé sur la seul box deffectueuse de toute la boutique, que ma ligne avait été piratée, et que des hackers s'étaient fait un plaisir de saborder la moitier des systèmes informatiques de la planète en utilisant ma ligne. Au bout d'une semaine de non-fonctionnement chronique - argh, c'est long ! - je me décidai donc à contacter les services techniques de chez Pamplemousse dont l'efficacité alléguée fut le moteur de mon départ de chez la blondasse "Wouhoooou".

    Quarante minutes plus tard, ma Box est enfin opérationnelle !!  C'est donc vrai : pamplemousse  possède un VRAI service technique COMPETENT et EFFICACE !!! Incroyable non ?
    Fort de ce miracle de technologie, je remerciais chaleureusement  mon interlocuteur puis versai une larme de bonheur tandis que s'affichait sur mon écran, pour la première fois depuis longtemps, mes pages favorites.

    Hahahahaaaaaaa ! A moi les joies du net !!

    2 décembre 2009

    Prostatinator

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    S'il y a une chose que j'aime bien à la salle de sport, hormis mater les gros balèzes le sport en lui même, c'est de feuilleter les magazines dédiés à la forme et au fitness qui trainent dans un vieux placard. Outre des articles de fond à la rigueur scientifiquement aussi éprouvée qu'un épisode de NCIS, ce qui en fait  au demeurant un excellent divertissement, on y trouve quelques perles assez croustillantes.

    En témoigne ce petit article publicitaire vu dans le testotéronné magazine Muscle & Fitness (page 30) de novembre 2008...




     Moi ce que j'en dis...  smileys Anges

    1 décembre 2009

    Les mots pour le dire

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    Vu sur Yagg

    Journée mondiale contre le sida oblige, le site Yagg propose, dans sa série "la drague en langue des signes", une petite vidéo pour apprendre à dire : "je veux mettre une capote et du gel".

    Si la partie lubrification ne suscitera peut être qu'assez peu d'engouement auprès de certains incurables, la question protection en revanche nous concerne tous. Un peu d'eocuménisme ne fait pas de mal...

    Alors on regarde, on apprend, et surtout on met en pratique !!


    30 novembre 2009

    Différence

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    DIFFERENCE Subst. fém.
    Caractère ou ensemble de caractères qui dans une comparaison, un ordre, distinguent un être ou une chose d'un autre être, d'une autre chose. Anton. analogie, rapprochement, similitude. La différence entre les choses mêmes et l'idée qu'on s'en faisait (Amiel, Journal, 1866, p. 163). La différence des conformations, la variété des sexes (Huysmans, En route, t. 2, 1895, p. 178). L'esprit vit de différences, l'écart l'excite (Valéry, Tel quel II, 1943, p. 148) :
    • L'amour, c'est, d'abord, respecter la différence, permettre la liberté; puis prouver, en se donnant, s'assimilant, que la différence est extérieure, qu'elle n'est qu'apparence, qu'il n'y a pas de différence, ou du moins qu'il n'y en a plus.
    • Michelet, Journal, 1849, p. 9.

    Différence...
    Serait-elle le secret d'une relation intéressante entre deux êtres que presque tout oppose, le balancement de l'un donnant du relief à celui de l'autre ? Le jour  sans la nuit serait-il  encore le jour ? La caresse du vent chaud serait-elle la même sans la morsure du froid ?
    Au fond, peut être... je n'avais jamais imaginé les choses de la sorte, du moins pas aussi franchement.

    Depuis deux jours je ne sais plus trop où j'en suis. Laissons le temps aux choses... il n'est que trop tôt.

    Michelet pourrait-il avoir raison ?

    29 novembre 2009

    2012

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    Nom : 2012

    Genre : Film catastrophe

    Catégorie : Paraphrase néo-platonicienne d'une approche Sartrienne de l'être.

    Pitch : Un scientifique abonné à "Neutrinos Magazine" apprend que la Terre va bientôt exploser. Il tente alors de prévenir le gouvernement Américain. Face à l'incurie des grands de ce monde et à l'urgence de la situation il décide de traverser le monde en avion bimoteur et d'aller cueillir des renoncules jaunes pour échapper à la mort. Pendant ce temps, Rio ne répond plus...

    Extraits :
    - John viiiiiiiiite
    - On va tous mouriiiiiir !
    - Haaaaaa va tous mourirrrrr
    - C'est la fin du mooOOOoonde !!
    (boum) (badaboum) (crash !)
    - Vous allez tous mouriiiir mwouahahahaha ...
    - Tu sais piloter cet avion ?
    (vraaaaouuuuuuum)
    - Ho mon dieu, que d'eau !
    - Quelqu'un a vu ma clé de 12 ?
    - C'est vrai qu'on va tous mourir ?

    L'avis de la rédaction : 2012 est assurément le blockbuster phare de cette fin d'année. Servi par un scénario de premier choix dont on sent une longue maturation, qui n'est pas sans rappeler la profondeur de certains développements de "L'origine du totalitarisme" de Hannah Arendt, 2012 revisite les poncifs du genre en offrant une critique acerbe du post-modernisme recontextualisé dans  sa dimension hédoniste auto-centrée. L'audace touche même au comble de l'ironie lorsque point, au détour d'une contrepongée sidérante dans les entrailles d'un Los Angeles en ruines,  la suggestion d'une analyse méta-éthique de l'aporétique monade humaine face à la puissance des forces de la nature... Une vision de l'incompréhension de l'homme mis face à face avec sa  propre finitude.

    Pour conclure, nous ne pouvons que citer Anna Arendt dont les paroles prophétiques viennent rétrospectivement à l'esprit dès les premières seconde générique de fin : "Aucune philosophie, aucune analyse, aucun aphorisme, aussi profonds qu'ils soient ne peuvent se comparer en intensité, en plénitude de sens, avec une histoire bien racontée".


    Oué bon, ça va, ça va... je suis allé voir 2012... ET ALORS ???

    smileys Panneaux

    Voir aussi Lo Grelh

    28 novembre 2009

    Les doigts ou la queue ?

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    Sur la chaine nationale Chinoise, des petits malins s'amusent avec les traductions dans les émissions francophones... Jugez par vous même :



    27 novembre 2009

    Bien / Pas bien

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    Bien : Assister à une belle soutenance de thèse.
    Pas bien : Se dire que jamais je n'arriverai à terminer la mienne aussi brillamment, et que, neeeeeenhhh,  c'est trop dur.

    Bien : Être rapidement plus captivé par un charmant garçon assis 2 rangs devant moi que par ce dont discute l'impétrant au grade de Docteur.
    Pas bien : Cela m'oblige à regarder non pas comme tout le monde, légèrement vers la droite, où est assis le bientôt Docteur, mais franchement vers ma gauche, victime d'une polarisation oculaire que je ne parviens pas à trouver incommodante. Pas très discret tout de même !! Mais je m'en fous ... !

    Bien : Passer 1 heure à examiner l'assez bô gosse point par point, autant qu'une vue de 3/4 le permette :  cheveux bruns, courts, jolies mains ponctuées d'une agréable pilosité, barbe de 3 jours d'où émergent des lèvres pulpeuses, dos vaste solidement bâti.. Appétissant tout cela. A croire que je flashe toujours sur les mêmes !
    Pas bien : Je vais finir me faire flag'... recentrons nous quelques instants sur ce qui accapare le reste de la salle...

    Bien : Sentir poindre l'envie de faire de cet inconnu mon quatre heures si jamais l'occasion se présente.
    Pas bien : Aaaargh, s'il le faut il va se barrer sans venir au cocktail !

    Bien : Après avoir l'envisagé puis détaillé en station debout lors du cocktail (il est venu !), l'analyse du sujet sous de nouveaux aspects désormais possibles confirme ma première impression : miam ! Amorcer une phase d'approche et parvenir à nouer la conversation.
    Pas bien : il est accaparé par un couple qui pourrait être ses parents, et semble peu enclin à converser.

    Bien : Je réussis à le coincer - par le plus grand des hasards - entre deux coupes de champagne, tandis qu'une dame avec laquelle il bavardais jusqu'alors me sert à boire tout en me posant 10.000 questions. La conversation s'engage, j'en apprends un peu sur lui.
    Pas bien : Il est atteint d'une perversion sexuelle gravissime hélas fort répandue, communément appelée "hétérosexualité". Le diagnostic reste extrêmement réservé quand à une hypothétique conversion.

    Re-Bien : Phase sympathisation réussie !
    Pas bien : C'est le cousin à une copine... Va falloir jouer serré. Et si jamais je me le tape, ma vie secrète risque d'en prendre un sérieux coup !

    Presque-bien : Boarf, qui vivra verra. Il est majeur et fait ce qu'il veut après tout... sans avoir besoin d'en rendre compte à toute la planète, ni nécessairement à sa cousine.

    Bien : Parvenir à le convaincre de poursuivre la soirée avec nous dans un bar-tapas agréable et cosi tout ce qu'il faut. L'espoir - d'une potentielle quoique miraculeuse guérison - faisant vivre, ferrer un peu le poisson, à la jovialité fort urbaine. Il proposera en fin de soirée qu'on se revoie lorsqu'il repassera sur Toulouse.
    Pas bien : La perversion sexuelle gravissime hélas fort répandue, communément appelée "hétérosexualité" dont il est victime, n'a montré aucun signe de faiblesse en dépit des quantités d'alcool ingurgitées.

    Bien : Rentrer chez soi après une bonne journée.
    Pas bien : Mais bredouille et la gibecière - vide - en bandoulière.


    Pas bien : Oui, j'ai l'art de me compliquer la vie
    Bien : mais c'est tellement plus funky !

    25 novembre 2009

    Le (presque) retour du ouebe !

    2 commentaires
    Hey vous savez quoi, vous savez quoi ?? Non, hein !! Hé bien, grande nouvelle pour Tambour Major : depuis cet après midi 14h trône enfin sur le piano la toute nouvelle Box qui permet de me connecter au monde moderne ! Je suis z'ému...

    Car voyez-vous cela fait maintenant plus de 2 mois  (ouiiiiiiii, 2 looongs mois) que je souffre d'une souffritude mortifiante qui relègue toutes les souffrances de la Terre au rang d'une vulgaire et inoffensive piqûre de moustique, deux longs mois (ouiiiiiiii, 2 loooooongs moiiiiiiis) je n'ai plus d'accès internet à la maison, ni de fait la possibilité d'accéder à mes sites de c... drague préférés, filtrés par le firewall de la Fac de surfer librement chez moi.

    Mes essais de joindre utilement la hot-line de mon ancien fournisseur d'accès pour résoudre le problème furent vain je vous rassure, leur incompétence notoire n'a pas failli à sa lamentable réputation. Par conséquent je décidais finalement de rompre purement et simplement toute relation commerciale avec eux, après tout de même deux ans de bons (globalement oui, du moins tant que tout fonctionnait, après ce fut une autre paire de manches...) et loyaux services.
    Ha oui, détail amusant : il est indiqué partout que la communication est gratuite lorsque l'on appelle le service clients. J'en prends bonne note. Sauf que... si le service est interrompu pour une raison X ou Y, le téléphone ne marche pas non plus, ce qui veut dire qu'on va être obligé d'y passer une part subtantielle (voire l'intégralité) de son forfait. Kof kof kof...

    J'appréhendais un peu la phase résiliation tant la lecture des forums d'aide et de discussions sur le sujet fourmillent de lamentations fielleuses et alarmantes face aux allégations de malhonnêteté, de surdité sélective des services clients et à leur lenteur pathologique. Je sacrifiai donc rituellement un labrador un soir de pleine lune avant d'utiliser son sang pour tracer un pentacle au milieu du salon, ses pattes faisant office de pinceaux. C'est ensuite d'une main tremblante que, installé au milieu d'un cercle de bougies noires, j'emballai puis expédiai ma Box sous colis recommandé dans l'attente d'un prochain séisme juridique que j'imaginais inévitable. Mais, aussi étrange que cela puisse paraître et à mon grand étonnement, tout s'est parfaitement bien passé : les courriers sont arrivés, la ligne a été coupée, les prélèvements ont cessé. Magique ! Il est vrai que j'avais tout de même suivi quelques conseils glanés ici ou sur la procédure à suivre et pris quelques précautions avant de retourner le matériel. Utiles ou pas, je n'en saurai jamais rien, mais toujours est-il que le résultat est là.

    Bye bye la blondasse "wouhooooo", bonjour l'opérateur historique certes un peu plus cher, mais avec des  points de vente un peu partout et des vrais gens vivants dedans (il en reste encore) qu'on peut taper dessus quand on n'est pas content... Pouvoir se passer les nerfs sans griller son forfait de téléphone mobile n'a pas de prix.

    Ne me reste plus que quelques jours à attendre pour que ma connection soit activée et retrouver enfin le plaisir de draguer comme un salopard surfer sur le ouèbe depuis mon canapé, les pieds en éventail.

    Elle est pô belle la vie ?

    20 novembre 2009

    Gazon Maudit

    7 commentaires
    Je voulais écrire d'une plume cinglante
    Empruntée à Du Bellay, Hugo ou Verlaine,
    Quelques vers choisis d'une verve triomphante,
    Déclamer brillamment le propos de ma haine,

    Brandir très haut l'étendard de ma révolte
    Par dessus les têtes nues de ces voix éteintes.
    Voici le fruit mûr, voici venue la récolte
    Je vous livre abrupte ma colère non feinte.

    Comédie bouffonne gangrenée par le fric
    Où parade la gaudriole des starlettes
    Inspirées de Rome, ses gladiateurs, son cirque

    Mon aversion fielleuse n’a que trop duré !
    Tête haute, les deux mains dressées vers le ciel 
    Monte, clameur vengeresse : Foot je te hais !

    17 novembre 2009

    Digressions métaphysiques

    6 commentaires
    Il y a un peu plus d'un an, je discutais avec un ami hétéro peu conscient de ce qu'implique l'homosexualité et la vie qui marche de pair avec elle.
    Au détour d'une phrase de notre conversation qui tournait autour du fait que je sois gay - l'ayant appris peu de temps auparavant, il avait quelque difficulté à l’admettre - j'eus la stupéfaction de l'entendre me demander, incrédule :
    - Mais...? Pour toi, c'est définitif ?
    - Hein ?
    - T'auras jamais de petite amie ?  T'auras jamais d'enfant alors ?
     Autant vous dire que ces deux questions assénées coup sur coup furent en moi comme deux coups de fusil, dont les détonations cinglantes m'éclaboussaient le visage d'une âpre et cruelle réalité dont je m'efforce encore aujourd'hui de m'abstraire.
    L'évidence est pourtant sous mes yeux.
    Non, jamais je ne me marierai avec une fille bien au teint de lait et dont l'opulente chevelure brune dévalera les épaules en cascades sauvages.
    Non, jamais je ne verrai grandir des enfants dont je serai fier, qui me causeraient tout autant de tracas qu'ils me procureraient de bonheurs indicibles.
    Jamais je ne comprendrai les affres de l'enfance dont la plupart de mes amis éprouvent en ce moment les joies. Jamais je ne me réveillerai la nuit en pleine angoisse par ce qu'il m'a semblé entendre des pleurs dans la chambre d'à coté. Jamais je n'aurai droit à un vilain cendrier en pâte à sel pour la fête des pères, ni ne mentirai sur l'existence du père noël, ni ne me réjouirait de les voir grandir tandis qu’ils observeraient mon visage se strier des rides ingrates du temps qui passe.
    Alors que beaucoup de mes amis sont engagés dans la construction d'une vie familiale qui les détache de certaines contingences désormais obsolètes, je reste à quai, dans l'immobilité et la stagnation d'une existence monocorde. Ce sont aujourd’hui des petits rien qui imperceptiblement pourtant nous séparent progressivement, nous éloignent, insensiblement, mais sûrement.
    Ma vie ne sera jamais comme la leur. Jamais.

    Tout au plus connaîtrai-je un charmant garçon et que nous ferons un bout de chemin ensemble, construisant notre vie autour de projets communs à défaut de famille à choyer. Nous resterons ensemble le temps nécessaire à ce que nous nous lassions l’un de l’autre ou que l’un d’entre nous commette une erreur fatidique à la survie de notre couple. Combien de temps cet Âge d’Or durera-t-il ? Six mois ? Un an ? Deux ? Douze ? Le chaotisme des couples Gays, dont je ne m'exclue pas, ne me donne guère envie de m'engager dans quoi que ce soit pour le moment ; la peur de la désillusion est trop prégnante. Les soubresauts du Destin l’ont encore prouvé récemment avec éclat.
    Tout plus suis-je enclin à profiter de la vie et de tout ce qu’elle offre en beautés, plaisirs et jouissances, de vivre chaque instant, entouré de mes amis dont certains me sont plus que chers. Faire des projets, rêver, me fixer des objectifs, donner un sens à ma vie.
    Vivre heureux.
    Mais immodérément seul.

    Car quoi que l’on fasse, on est toujours seul. On a beau être entouré de très bons amis que l’on aime intensément, dont on éprouve le besoin vital de voir régulièrement, avec qui l’on s’enivre, avec qui l’on ri, avec qui l’on pleure, avec qui l’on traverse la moitié du monde... rien n’y fait, rien n’y changera jamais. On est toujours ontologiquement seul.
    On aura beau s’extasier par la contemplation d’un beau paysage nous procurant milles émotions bouleversantes, jamais deux personnes côte à côte ne ressentiront exactement la même chose. Parce que chacun est unique, de par son passé, de par son histoire, par le fait que les souvenirs particuliers que le bruissement du vent dans les feuilles ramène à notre conscience nous sont propres, parce que les larmes intérieures que suscite une phrase musicale d’une beauté déchirante chez l’un, entraînera un autre sur des sentiers différents.
    Il paraît que rien ne dure, que c’est le propre de la Vie, l'éphémère.

    Plutôt que d’en pleurer et de m’apitoyer, je prends le parti d’Epicure : profiter, de tout, éventuellement jusqu’à l’ivresse, pour que, à l’heure où les Vestales décideront arbitrairement de couper le fil de mon existence, je puisse me retourner et contempler le vaniteux monticule de mes souvenirs, dont bientôt il ne restera rien.
    Ne rien laisser derrière soi… disparaître dans l’oubli et l’indifférence.

    Et n’être plus rien.
    Pour personne.


    The show must go on...
    Inside my heart is breaking !
    My make-up may be flaking...
    But my smile, still, stays on ! 


    Accessoirement, ce billet est le 100ème publié sur ce blog.
    J'eus préféré que le ton en fût plus léger. Mais la vie est ainsi faite.

    14 novembre 2009

    Le joli petit serveur de midi

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    Un vendredi ordinaire de novembre,
    Gris et froid sur la Ville Rose.
    Une idée de restaurant sympathique en charmante compagnie.

    Un joli petit serveur qui passe et repasse,
    Poli et courtois,
    Aussi alléchant que le menu du jour.
    Doté de belles mains charnues et cuivrées,
    Il a fière allure dans son pantalon noir à pinces,
    Et son impeccable chemise aux manches soigneusement retroussées,
    Laissant transparaitre à l'oeil averti les prémices d'une carrure honorablement charpentée.
    Envie de consommer sans modération
    Tandis qu'il débarrasse les vestiges de notre repas.
    J'aime à croiser son regard,
    Son visage,
    Cherchant dans ses yeux une expression qui n'y figure pas.

    Un peu de retenue tout de même : on nous regarde.

    14 heures,
    Nous partons.
    "Au revoir" nous lance la patronne.
    "Au revoir"...

    Au revoir...

    Nous marchons dans l'air frais.
    Dans ma tête bouillonante,
    Des réminiscences de pantalon à pinces
    Et de chemise blanche aux manches retroussées

    Joli petit serveur de midi,
    Si un soir de perdition
    Dans les entrailles des nuits Toulousaines
    Je te croise,
    Je t'attrape,
    Et te mords.

    Et personne alors pour me retenir...

    Si un soir je te croise
    "Si" ...

    Une journée (presque) ordinaire,
    Rêveries pathétiques d'un mec (presque) quelconque.

    Voir aussi : ce billet, et celui là.

    13 novembre 2009

    Le bon goût des choses vraies

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    Parfois on se demande ce que les responsables marketing ont en tête lorsqu’ils décident de commercialiser un nouveau produit. Certaines nouveautés amusantes laissent tout de même perplexes, même après y avoir goûté.

    Tentative de reconstitution :

    Nous sommes un mercredi après midi, dans un petit bureau cossu au milieu d’une grande tour de verre. Une demi-douzaine de personnes, les cheveux hirsutes et mâchant frénétiquement la version beta du prochain chewing-gum rillettes/pamplemousse qu’ils vont lancer sur le marché allemand dans trois mois. Quelques gobelets de plastique, une cafetière fumante, un grand tableau blanc barbouillé de graffitis divers.

    - ... et à la fin le gros ours prend le petit lapin et il l'encule !

    - Mwouahahahaahaha, trop drôle !! (éclat de rire général)

    - Bon, les gars, un peu de sérieux là... je vous rappelle que le client nous a chargé de dépoussiérer l’image de produit chocolat blanc. Paul, une idée ?

    - Et si on renouvelait la gamme en proposant un nouveau parfum ?

    - Ouééééé trop bien !! Mais, heu... quoi ?

    - Si on parfumait du chocolat au lait avec du cacao ?

    - Non, trop audacieux Christian… le consommateur n’est pas encore prêt… faut pas bouleverser ses habitudes aussi brutalement.

    - Et avec des anchois ?

    - Oui ! Kristina a raison : le sucré-salé c'est tendance. Anchois ou ventrèche fumée ? La ventrèche c’est plus terroir…

    - Hé bien, d’après nos études l’anchois n’a plus la cote sur le public cible. On note une baisse des marges indiciaires de 19% pondérés. Quant à la ventrèche on a déjà proposé un yaourt mûres sauvages / ventrèche qui nous a été refusé… c’est un peu out of mode comme produit.

    - Il faut trouver autre chose !!

    - Oui, je suis d’accord avec Brice-Marie…il faut trouver autre chose.

    - Et si on lançait un chocolat blanc avec des morceaux de Malabar dedans ?

    - Hannnnnn…. Du chocolat blanc au Malabar....Comme elle est trop géniale ton idée Martine ! J’over adhère.

    - Ha oué, ça envoie du slip ça !

    - Excellent Martine ! Je contacte tout de suite le labo pour la phase tests.

    - Oué, Paul a raison. On y va ! Ca va être un carnage !

    - Ha ha, sacré Martine, c'est vraiment la meilleure !

    - Tiens, tu connais celle du poulet à 3 pattes ... ?

    Imaginez un peu : le subtil parfum (?) de la vanille de synthèse au glucose du chocolat blanc d’un coté, le délicat goût de la fraise tagada à la saccharose enrichie de l’autre… Hé bien mélangez les deux…Laissez le secteur recherche-développement agir et quelques semaines plus tard dans vos rayons, vous découvrez...  

    CA :


    Que vous en ayez rêvé ou pas, ils l'ont fait : la série limitée chocolat blanc Poulain, aux éclats de Malabar. Sucré à souhait (525 Kcal / 100g), au goût si subtilement chimique qu’on se demande comment c'est possible...

    Et en plus c’est même pas bon ...

    Merci à Nadia pour cette découverte aux frontières du réel.

    12 novembre 2009

    In nomine patris…

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    En septembre dernier j’avais entrepris un chantier Herculéen : réaménager mon bureau. Bien que doté d’une confortable surface de 10 m², le volume disponible est partiellement hypothéqué par un gros biniou électronique à deux claviers et pédalier sur lequel il m’arrive régulièrement de faire mumuse. En outre, une vaste fenêtre et une porte fenêtre donnant sur un balcon réduisent encore l’espace disponible aux murs de sorte que l’agencement rationnel des bibliothèques confine à la prise de tête. Initialement j’avais tout simplement aligné les étagères en blocs monolithiques, pratiques mais inesthétiques et surtout qui donnaient l’impression désagréable d’être écrasé par des colonnes de bouquins. Après avoir passé plusieurs heures à tout déménager, déplacer, re-déplacer, re-bouger et tournicoté les meubles dans tous les sens, j’optais pour une configuration dissymétrique jouant sur les différences de hauteurs, plus harmonieuse. Ne restait plus alors qu’à conférer à ce lieu de travail (sight) une ambiance propice à la concentration. Ce qui fut fait en installant par-ci par-là quelques plantes vertes.

    C’est important les plantes vertes. Outre leur aspect strictement décoratif, elles apportent une note de gaieté bienvenue, purifient l’air en absorbant les émanations électro-choses pas bonnes à la santé qui se baladent jusque dans nos poumons et diffusent des trucs vachement bien pour notre équilibre, à ce qu’il paraît. Avec tout ce petit monde qui a envahi mon bureau règne désormais une saine atmosphère empreinte de zénitude, de calmisme, propice à la sérénitude, baigné dans une douce lumière captée par les deux larges fenêtres très sales teintées naturellement et par lesquelles je peux observer l’affreux immeuble voisin les cieux Toulousains. Il va sans dire que le choix – stratégique – de mes six compagnons s’est fait en fonction de critères scientifiques éprouvés par les plus hautes instances du monde moderne : l’indiscutable «  j’aime / j’aime pas ».

    Petit délire Tambour Majoresque de la semaine : baptiser mes plantes vertes… Ne me demandez pas pourquoi, toute explication rationnelle serait purement déplacée. Je ne sais pas s’il faut y voir un déviance sexuelle particulière (je vous rassure toute de suite : aucune plante n’a été maltraitée pendant les opérations de baptisation), ou une forme de paternité refoulée sur de modestes végétaux, voire un relent de catholicité mal contenu (non plus : l’eau d’arrosage n’est pas bénite), ou simplement un signe aigu de folie consommée (assez probable). Toujours est-il que ça me fait marrer (c’est grave docteur ?) et que c’est bien là le principal.

    Après avoir encore une fois longuement cogité au petit nom qu’aurait chacun de mes résidents et désigné à la lumière de la Science Moderne ­– en gros « j’aime / j’aime pas » – au sein l’éventail pléthorique de possibilités les prénoms dignes de mes nouveaux amis chlorophyllés, laissez moi vous présenter Hysophore le caoutchouc, Eugène le tradescantia, Claudomire le lierre, Elésiphore la plante grasse (erf, je sais plus ce que c’est comme bidule, mais c'est joli et je crois que ça fleurit même...), Cégismond la bouture moribonde en voie de résurrection (il a subi une transplantation sauvage dont il se remet péniblement) et, pour finir, Adaltrude la liane et sa chevelure ondoyante.

    Tadaaaaaaam !

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    Oui, je sais, ma vie est trépidante…

    9 novembre 2009

    The Box

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    Encore une fois je me suis docilement (mais j'étais consentant) laissé traîner au cinéma pour aller voir un film dont j'ignorais (presque) tout si ce n'est que son réalisateur n'était autre que celui à qui l'on doit le désormais culte Donnie Darko - que je n'ai toujours pas vu, mais dont le résumé ainsi que surtout une photo où l'on aperçoit un type en compagnie d'une sorte de lapin géant dans une salle de cinéma, avait interpelé ma curiosité. Les seuls éléments en ma possession concernant The Box m'avaient été donnés par Stéph dans le courant de l'après midi alors que nous synchronisions nos montres :
    1/ C'est l'histoire d'un couple qui reçoit une boite avec un gros bouton dessus. S'ils appuient, quelqu'un mourra et ils recevront en contrepartie la somme de 1 million de Dollars.
    2/ Le réalisateur teinte régulièrement son propos de surnaturel.

    Quoique cela fut un peu maigre pour se forger une opinion raisonnable, nous étions installés dans nos fauteuils (sans porte-gobelet... la loose) pour assister à la séance de 20h20 à l'UGC Wilson, seule salle du centre-ville à diffuser la dernière oeuvre de Richard Kelly.

    L'ignorance est souvent coupable ; elle peut néanmoins parfois s'avérer salutaire. En effet, à la sortie (attention, ellipse) j'ai appris que la bande annonce suggérait que le film aurait la trame d'un polar rythmé, bourré d'action, sur un fond de musique haletante. Si telle est l'idée que vous vous faites de The Box, permettez moi de vous détromper tout de suite, car il n'en est strictement rien ! Vous risquez, comme je le suppose une bonne partie de la salle hier soir, d'essuyer une déception mémorable.

    The Box est en effet l'histoire d'un couple américain au milieu des années 1970. Arthur Lewis, bosse sur des programmes spaciaux et conçoit des caméras d'observation satellite. La NASA effectue en effet des recherches sur la planète Mars qu'elle vient de cartographier. Son épouse, Norma Lewis, est prof dans un lycée où elle enseigne Sartres à ses élèves. La trentaine passée, bien sous tous rapports, ils habitent une très jolie maison devant laquelle tous les matins s'arrête le bus qui emmène leur fiston au collège. Une petite famille tranquille à qui tout semble réussir. Mais pas tant que cela en fait. Les soucis financiers s'accumulent et l'avenir qu'ils espéraient radieux se voit peu à peu recouvert d'épaisses volutes de nuages noirs.

    Un beau matin, alors que la maisonnée est encore profondément endormie, un colis est déposé devant leur porte. A l'intérieur, une énigmatique boite cubique en bois, munie en son sommet d'une cloche en verre fermée par une clé, protégeant un énorme bouton poussoir rouge. Une carte l’accompagne, leur annonçant la visite d’un certain Steward pour 17h. Le soir venu, alors que l'épouse est seule, un homme élégamment vêtu d'un complet noir mais dont le visage est défiguré par une horrible et profonde balafre, lui proposera un bien étrange marché : résoudre à tout jamais leurs problèmes financiers en appuyant sur le bouton. Sauf que prendre une telle décision implique deux conséquences  qui méritent réflexion : tout d'abord, quelqu'un qu'ils ne connaissent pas mourra, quelque part dans le monde ; d'autre part,  ils toucheront la somme de 1 million de Dollars. L'offre n'est valable que 24 heures et ne doit être révélée à quiconque, hormis son mari avec qui la décision doit être prise... d'ici là, il faudra faire un choix. Et attention à toute tentative de faux pas, les conséquences pourraient en être désastreuses. Voici comment la famille Lewis se trouve prise en tenaille dans un dilemme cornélien : refuser une somme d'argent qui changera le reste de leur existence mais accepter la misère à laquelle ils s'exposent, ou accepter cette chance unique en portant toute leur vie le fardeau de la culpabilité d'avoir tué un innocent.

    Je ne vous raconterai pas la suite du film, autant parce que je n'en ai pas envie que parce que c'est littéralement impossible !

    Sachez seulement qu'il ne s'agit pas d'un film d'action. On se croirait davantage dans un épisode de Twilight Zone, avec quelques accents de Tween Peaks, voire - peut être lointainement - de quelques uns des meilleurs épisodes de X-Files, et si j'osais la comparaison sans confiner au sacrilège, quelques éléments d'ambiances dignes d'un Kubric (je pense à 2001 et Eyes wide shut). Très vite il faut accepter de lâcher prise et renoncer à comprendre ce qu'il se passe au fur et à mesure des événements car les éléments dont nous avons besoin ne nous seront pas donnés dans l'ordre, voire pas du tout. Sans compter que le surnaturel – ce n’est pas une surprise – fait progressivement et subtilement son apparition, contribuant ainsi à fausser encore davantage des cartes déjà inégalement distribuée.

    The Box est un film étrange mais réellement envoûtant, au charme bien particulier.

    Esthétiquement, c'est plutôt une réussite. On est bel et bien au coeur des années 70 (1976 précisément), avec ses papiers peints psychédéliques et ses tenues vestimentaire encore extraordinairement modernes. Le traitement de l'image par un grain discret mais présent donne l'impression que le film été tourné à la même époque, ajoutant une imperceptible couche de crédibilité naturelle supplémentaire au rendu général. La situation temporelle du récit induit tout un tas de conséquences qui servent habilement le récit. Ainsi l'absence de téléphone portable prive les personnes de pouvoir communiquer à tout moment et rend certaines répliques troublantes. De même l'absence d'internet contraint les personnages à se rendre dans des lieux précis pour récolter des informations que l'on glanerait aujourd'hui en quelques clics sans avoir à sortir de chez soi. Il est vrai que l’action aurait parfaitement pu être transposée à nos jours, la conquête de mars se muant en la conquête d'une exoplanète quelconque, scénaristiquement cela ne posait aucun problème particulier, cela a déjà été fait. Néanmoins une telle décision aurait eu pour conséquence de se priver d’une atmosphère à la singularité exquise.

    Car ce qui fait la grande force de ce film c'est sans nul doute l'ambiance bien particulière qui y règne. Ainsi, dès les premières secondes un sentiment frustrant nous envahit que beaucoup de choses nous échappent ou nous sont données à comprendre. Dés lors on suppose, on devine, on essaie de recoller des morceaux dont on ne sait pas s'ils vont réellement ensemble. Mais est-on bien sûr de comprendre ce qu'il faut ? soit que les conclusions auxquelles nous sommes conduits soient fantasques, soit qu’elles soient terrifiantes. La concomitance de certains faits laisse entendre l’existence un lien de causalité ténu entre l'un et l'autre, mais est-ce vraiment la bonne explication ? Parfois oui, parfois non... d’autres fois encore on ne le sait pas, quoiqu'on puisse le supposer, sans qu'aucun démenti formel ne vienne étayer ou démolir nos hypothèses. Quelque chose de plus grand se trame en arrière plan. Mais quoi ? Qui est vraiment Steward ? Qui sont ses "employeurs" ? En quoi consistent exactement les "tests" qu'ils mènent par son entremise ? Comment fonctionne la boite ? Quelle est l'implication de la NASA qui lui prête des locaux ? Quel rapport avec Mars ? Y aurait-il un lien avec les mystérieux " maîtres de la foudre " ? Car il doit bien y avoir bien un rapport... non ?

    Lorsque sortant de l'obscurité les premiers visages ont émergé, si j'ai bien senti une certaine déception de la part de ceux venus pour le film d'action du dimanche soir, j'ai également pu lire sur le visage de quelques uns la satisfaction de s'être fait mener par le bout du nez et le plaisir de rentrer chez soi la tête pleine de questions auxquelles il n'y a sûrement pas de réponse.

    En définitive, The Box est à l’image d’un bon livre que, sitôt la dernière page terminée, l’on s’empresse de relire du début et dont on attend la lumière, tout en sachant secrètement avec délice que cette seconde lecture ne nous apportera guère plus de certitudes.

    D'ailleurs, juste entre nous... vous auriez fait quoi vous ? Appuyer ou ne pas appuyer ...?

    6 novembre 2009

    Vertes et pas mûres

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    Le retour des mauvais jours, la grisaille, le froid et la pluie d'automne sont autant d'occasions de rester bien blottis dans sa "maison, sucrée maison" pour de délicieuses séances de galipettes procrastination  dans les bras d'un inconnu devant un bon film, accompagné de quelques douceurs faites maison. Que ce soit Virgile et ses gâteaux italiens, Chondre et son Tiramisù, d'aimables odeurs de caramel et de pain chaud emplissent les blogs ces temps ci.

    Pour ma part, la vision de plants de tomates mourants dans le jardin de mes parents  le week-end dernier m'a aussitôt fait songer à la confiture de tomates vertes que préparait ma grand-mère et dont, étant gamins, nous tartinions copieusement de larges tranches de pain pour notre quatre heure au retour de l'école mon frère et moi.

    La méthode est des plus classique : des tomates vertes coupées en morceaux, un poids égal de sucre, et un citron (ou une orange) également dépecé par kilo de fruit.

    On met le tout à macérer pendant 24 heures puis on cuit gentiment dans la traditionnelle bassine en cuivre pendant.. heu... ben pendant le temps qu'il faut (disons entre 30 et 45 minutes, le temps que le jus de cuisson nappe) en écumant régulièrement.


    La petite astuce de Tambour Major : je cuis en 2 fois. Je donne un premier bouillon que j'interromps dès les premières bulles (le matin avant de partir au boulot) puis je fait réellement cuire le soir pendant le temps nécessaire à l'obtention d'une belle nappe. Ce procédé a l'avantage de permettre un bonne pénétration du sucre au coeur des morceaux (surtout si vous les laissez assez gros) et préserve un peu mieux la couleur verte (à moins que ce soit une illusion d'optique ?).

    Passez le tout au mixer si vous la voulez sans morceaux (mais avec des morceaux c'est tellement meilleur) et hop, on verse dans des pots tant que c'est encore bien chaud ! Sans oublier une étiquette pour se rappeler ce qu'il y a à l'intérieur...

    A savourer directement dans le pot, ou plus sobrement sur des gaufres ou des crêpes.

    On peut aussi s'amuser à jouer quelques variantes : ajouter à la macération quelques lamelles de piment d'espelette pour donner un peu de relief, faire marcer un petit  bouquet de menthe fraîche en toute fin de cuisson pour des saveurs mentholées originales, ajouter un baton de canelle dans le pot... Il n'y a d'autres limites que celles de son imagination.


    Ha, si, tout de même : évitez les rondelles de chorizo...