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  • 17 janvier 2009

    Slumdog Millionaire

    Nous avions décidé – enfin, il avait été décidé sans moi – d’aller au cinoche hier soir, la fine équipe des quatre, alias Lolo, Seph, Nadia et myself pour aller voir un film dont j’avais compris au départ qu’il s’agissait de “la fin d’un millénaire” - bah oui entre la mauvaise qualité du son de mon portable, le bruit de la foule et l’ivresse d’un repas en terrasse pour profiter du moindre rayon de soleil dont la ville était baignée hier – et Nadia, dubitative, de mettre fin à mes doutes en m’expliquant qu’il s’agissait sûrement du fameux film de l’Indien qui devient millionaire. En effet, c’est bien de ce film là dont il s’agissait, preuve supplémentaire s’il en était encore besoin de mon inculture cinématographique.
    Nous voici dont à 22Hh15 et des brouettes devant l’entrée du Gaumont a faire la queue. Normal c’est vendredi, il fait assez bon, les cours à la fac reprennent lundi prochain : la faune estudiantine est de retour.
    Dernier film de Danny Boyle, Slumdog Millionaire commence très très fort. Dans une geôle insalubre, un jeune homme totalement hagard se fait passer à tabac sans ménagement  par deux grosses brutes qui tentent de lui faire avouer des faits qu’il n’a sûrement pas commis. Son forfait : avoir gagné 10 millions de Roupies au jeu télévisé “Who wants to be a millionaire” et être sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies, alors qu’il n’est qu’un pauvre va-nu-pieds inculte venant des bidonvilles de Bombay, employé dans une agence de phoning pour servir le thé… Il a triché, c’est sûr. Pourtant, après quelques heures de délicates attentions, le doute semble s’immiscer chez ses tortionnaires : et s’il n’avait pas triché ? Et s’il connaissait vraiment les réponses ? Mais alors, par quel miracle ? C’est là que commence l’histoire fantastique de Jamal Malik quelques dix années auparavant, alors qu’il n’était qu’un gamin haut comme trois pommes faisant les quatre-cent coups, prêt à toutes les péripéties, de son histoire peu ordinaire dans les rues mal famées de Bombay, entre les gangs qui exploitent la misère des uns pour construire leur propre richesse, les mafias, les larcins en tous genres, comment il sera guide touristique du Taj Mahal, son improbable rencontre avec le Stallone Indien qui lui signera un autographe…
    La première chose qui frappe dans ce film, ce sont les couleurs : chaudes, puissantes, lumineuses, contrastée. L’ambiance visuelle est fabuleuse : chaque centimètre carré de la toile est un enchantement d’ocre, de rouge, de bleu, d’or. Les ambiances de pénombre sont de premier choix… Le travail photographique est réellement remarquable. Cela pourrait déjà justifier d’aller voir ce film.
    Le second élément marquant c’est le rythme soutenu de bout en bout. Rythme des images tout d’abord, de par les courses poursuites dans les dédales boueux du bidonville dont l’immensité (hélas authentique) est totalement ahurissante. La caméra bouge pas mal mais sans excès (on n’est pas dans le Dogme…), les plans s’enchainent avec fluidité, certaines prises sont audacieusement cadrées donnant à l’image un aspect faussement déglingué au service du discours. Rythme du récit ensuite qui ne laisse jamais le spectateur au repos : on veut toujours savoir ce qu’il s’est passé ensuite, le pourquoi de tel détail, le comment, et, récompense on-ne-peut-plus appréciable : on nous raconte vraiment tout (ou presque) ! On est toujours en haleine devant l’enchaînement des diverses péripéties du narrateur, soit que l’on veuille connaitre la suite, soit que l’on ait besoin de se remettre de ses émotions ou de son fou-rire.
    Car on rit pas mal tout au long du film. La vie des gamins est en perpétuel balancement entre le drame le plus noir et la fougue impétueuse d’une jeunesse qui ne pense qu’à s’amuser, malgré une réalité sociale bien peu reluisante : la guerre des gangs fait rage, le film ira crescendo sur cet aspect là, et on a vite fait de passer du rire aux larmes ou du moins à une émotion poignante rendu assez cruement. La violence fait partie intégrante du décors : violence des sentiments, violence des actes, violence du souvenir, jamais impudique. Du rire au larmes, des larmes au rire, en passant par toute la palette chromatique des sentiments : haine, dégout, compassion, pitié… Je ne me suis jamais senti ménagé.
    Même s’il est construit sur le canevas du conte moderne (oui, il faut bien l’avouer, la vie de Jamal coincide extraordinairement avec les questions qui lui seront posées sur le plateau télévision) le film échappe au danger du manichéisme primaire : personne n’est ni vraiment gentil ni vraiment méchant et le retournements de situation (en tout ou partie) sont fréquents. De complicité en trahison, les personnages évoluent dans un milieu où l’argent, le sexe et les armes font loi, tour de force du réalisateur qui réussit presque à nous faire oublier que ce n’est pas là le coeur du sujet. L’amour n’est pas absent non plus, il est d’ailleurs la colonne vertébrale d’une bonne partie du film, qui éclora en apothéose à la toute fin. Je n’en dis pas plus au risque de déflorer le suspens.

    Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce film. Slumdog Millionaire est sans discussion possible un film incontournable de ce début d’année.
    En guise de conclusion - et en écho à certains événements funestes de ces derniers jours qui ont frappé la famille d’un ami - on sort de ce film avec une furieuse envie de vivre, de profiter de chaque instant qui nous est offert, parce qu’il est des choses de grande valeur qui n’ont pas de prix, qu’il est des occasions qui ne se présentent qu’une fois et qu’il faut savoir saisir à temps.

    4 commentaires:

    1. En tout cas, une chose est sûre, c\'est que pendant ton année sabatique, tu pourras toujours faire de la critique!Merci, j\'ai très envie d\'aller le voir!Je vais de ce pas voir s\'il passe dans mon coin...

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    2. Bouhouhouoouh!!!! Snirf... (en français dans le texte)Comme de juste, il ne passe pas chez moi!

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    3. Merci pour cette belle critique !J\'ai bcp aimé aussi et justement cet après midi mes parents me disaient que sur F.Inter, ils ont descendu en flèche ce film... Du coup je vais me permettre de faire un copier coller de ton beau texte, bien mieux que F inter le Tambour!!!! Bises tout plein. Lili

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    4. @ Lilimage : no problemo, mais n\'oublie pas de citer tes sources ;pQuant aux autres, filez vite voir ce superbe film !!

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