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  • 25 avril 2009

    The Chaser

    J'ai déjà eu l'occasion de vous dire à quel point j'étais nul en cinéma... Un nouvel exemple hier soir puisque je me suis littéralement planté dans le titre de celui que nous allions voir en demandant un ticket à l'hôtesse pour un film qui n'était pas diffusé. Petit moment de solitude.
    Encore une fois je me suis laissé trainer de mon plein gré dans une salle obscure pour voir un film dont, comme de coutume, j'ignorais tout. En principe le risque est assez limité étant donné que Steph, en grand passionné, épluche consciencieusement le moindre papelard ayant un rapport même ténu avec le 7° art.
    C'est donc The Chaser, film Coréen sorti cette semaine, qui avait été choisi par notre Monsieur Cinéma.

    The Chaser, c'est l'histoire de Joong-ho, un ancien flic, passablement bad-boy sur les bords, devenu proxénète, qui distribue ses filles aux quatre coins de la ville, secondé par un gaillard une peu neuneu qu'il insulte à tout bout de champs par le recours à un vocabulaire hautement fleuri. Mais des filles de Joong-ho disparaissent sans laisser de traces et la récente agression puis disparition de Mi-jin le décide de lever le voile sur cette affaire en démasquant celui ou ceux qui - suppose-t-il - ont revendu les prostituées en question. Seul point de départ de l'enquête : les quatre derniers chiffres d'un numéro de téléphone...

    En dire plus sur The Chaser reviendrai à en déflorer tout le suspens subtilement distillé. Car si le sénario n'a rien de bien exceptionnel, la progression de l'intrigue qui avance pas à pas, avec une belle souplesse mais surtout de façon totalement imprévisibile, en fait un film à part. A la différence d'une grosse machinerie américaine dans laquelle les ficelles ont la taille de cable d'ascenceur et où l'intrigue avance à force de coups de théatre, le réalisateur Na Hong-Jin fait tranquillement progresser le scenario, avec ryhtme tout en prenant le temps de se poser. Aussi chaque nouvelle séquence s'épanouit comme une fleur de cerisier : on n'en connait véritablement la couleur qu'une fois pleinement épanouie. Cela m'a fait lointainement penser au film Hana-bi de Takeshi Kitano justement pour cette fausse apparence de vide et le vague sentiment d'impalpable qui plonge le spectateur dans un doux flottement. J'avoue que c'est un peu déroutant au début car au bout de 20 minutes je me suis posé la question : " bon et maintenant, qu'est-ce qu'il va bien pouvoir dire pour que le film ne se termine pas ? " et d'avoir toujours été surpris par le second, puis troisième souffle de The Chaser, véritable course de fond au coté d'un ex-flic ripou à la recherche d'un serial-killer dont la fragilité apparente cache un monstre sans ressentiment ni pitié, qui tue de sang froid et considère autant d'attention à ses victimes qu'une machine qui égorge du bétail dans un abattoir. Cruel.

    Cruel comme les supplices innomables qu'il inflige à ces pauvres filles. Ce n'est pas l'objet du flm et si les première minutes laissent entrevoir les réminiscence d'un Hostel de par son atmosphère psychologiquement asphyxiante, on s'en éloigne rapidement pour revenir au sujet : la traque.
    Encore une fois, mon laconisme n'est pas la marque d'un manque d'inspiration mais plutôt la volonté de ne pas en dire trop sur cette plongée dans l'inconnu à laquelle ce film nous convie.

    Si certains scènes du film sont un peu "choc" (l'interdiction aux moins de 12 ans n'est pas innoscente) d'autres sont assez drôle sans pour autant conduire à l'hilarité, et le réalisateur se permet une satire de la police Coréenne plutôt piquante qui allie l'incompétence à une apathie institutionnalisée. Le portrait quoique tendre n'en est pas moins savoureusement acidulé : entre ceux qui passent leur temps à buller dans leur voiture, et laissent du coup se produire des événements qui les mettront littéralement dans la merde (ceux qui ont vu le film comprendront) et ceux pour lesquels le crêpage de chignon est une activité à plein temps, la police Coréenne prend souvent des allures de vaste bordel corrompu où tout le monde gesticule bruyamment, un peu à l'image de certaines séquences du "Collège fou fou fou" (oui, j'ai osé la comparaison), telle une fourmilière sous ecstazy.

    Enfin, le film se dote d'une réelle profondeur grâce au personnage assez bien dessiné de Joong-ho. Cette espèce de gros salopard rustre et cupide aurait pu en rester au rang de caricature si l'intrigue n'avait pas mis dans ses pattes une fillette (en est-il le père ?) qui va le conduire à révéler peu à peu son humanité. Petite chose fragile au milieu de cet univers sordide de meurtres, de prostitution et de flics ripoux, sa présence va fendiller la carapace de Joong-ho qui se révèle finalement - mais fugacement - comme un homme sensible.
    The Chaser évite en outre l'écueil d'une certaine forme de manichéisme primaire qui tendrait à opposer un vrai méchant (malgré sa gueule d'ange) à un vrai gentil. Car si le méchant est un vrai méchant sans la moindre aspérité qui prêterait le jour au moindre faisceau de sollicitude, Joong-ho n'est pas un vrai gentil : après tout il est proxénète, et c'est lui qui a envoyé la jolie Mi-jin dans les griffes du meurtrier, alors qu'elle était convalescente. Et s'il cherche à la retrouver vivante, est-ce en raison d'une quelconque considération pour elle, pour son intérêt personnel, ou juste pour mettre en déroute ce salaud qui l'a privé de sa plus belle fille de luxe ?

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