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  • 31 décembre 2010

    Trois jours et demi

    21 commentaires
    Décidément je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à raconter mes quelques jours à Paris. J'ai beau essayer et m'y être repris plusieurs fois, rien ne me satisfait. Au bout de quelques lignes mon récit devient lourd, épais, d'une fastidieuse linéarité et surtout d'une longueur décourageante. Je ne suis pas doué pour coucher en quelques mots par écrit le récit de mon voyage.

    Comment d'ailleurs reconstituer l'enchaînement de toutes les rencontres, la multitude des lieux que j'ai vus, la variété des conversations que j'ai pu avoir parfois jusqu'à des heures quasi-matinales, la richesse d'instants rares et précieux en un seul billet ? Chacun de ces instants mériterait à lui seul un billet entier, il en faudrait donc beaucoup. Et à la précision d'une cartographie précise je préfère les grandes fresques impressionnistes qui en quelques traits savent retranscrire toute l'émotion d'une scène qu'un seul regard circulaire peut embrasser totalement.

    Tout a débuté lundi après midi avec Jonathan D., tout aussi charmant que son blog le laisse transparaître. Nous n'avions pas de programme bien établi, aussi en quelques pas nous gagnons l'exposition Andrée Putman dont j'ignorais tout autant l'oeuvre que l'existence. Au bout de quelques petites minutes d'attente en plein blizzard nous nous réfugions au chaud à la découverte de cette "impératrice du style à la française". Quelques éléments biographiques nous apprennent tout du pedigree de la dame, génétiquement et socialement programmée pour réussir (être la pote à Lagerfeld, Klein, Giacometti et consorts n'est pas donné à tout le monde...). On s'extasie sur du très beau mobillier, on bave ici sur un fort beau piano Pleyel "Voie lactée" designé pour les 200 ans de la manufacture, on hallucine un peu plus loin sur les plans de la nouvelle résidence construite au Maroc.

    Un petit tour par la librairie histoire de me procurer le catalogue de l'exposition et il est bientôt quatre heures lorsqu'un petit creux s'invite dans nos estomacs. Un snack salé pour Jonathan qui n'avait pas déjeuné, un irish-coffee pour moi et nous voici chez Pierre Hermé : un "deux-mille feuilles", un "plaisir sucré" et quelques macarons (à 2 Euros la pièce, on choisit méticuleusement les parfums !) seront notre festin de gourmets, festin or-gas-mi-que englouti - excusez du peu - sur le parvis de Saint Sulpice (oui, il y a un coté un peu sacrilège là dedans).

    Les papilles encore engourdies par tant de bonheur, nous arpentons une dernière galerie d'art avant de nous rendre au Bon Marché où nous nous extasions sur des pots de Nutella de 5Kg ainsi que de superbes livres. Dur dur de ne pas céder à la tentation et de ne rien acheter ! Voici que 19h30 sonnent : il est déjà l'heure pour moi de me rendre chez Fabisounours et Will qui m'avaient invité à dîner chez eux.

    Je les avais croisé en juin dernier mais nous n'avions pas vraiment eu l'occasion de bavarder. Accueilli par les glapissements de Coupine qui deviendra très vite ma meilleure amie, la conversation va bon train tandis que dans l'air flottent les odeurs alléchantes du repas que Will nous a concocté. La soirée passera en un éclair, le plus joyeusement du monde, dans une bonne humeur typiquement Fabisounoursienne et il est plus de deux heures du matin lorsque j'enfourche mon vélib pour regagner mes pénates.


    Le lendemain une longue journée m'attend que je dois passer avec Olivier qui m'attend sous un énorme sapin de noël face à Notre Dame. Un solide repas et un ptit dessert dans l'estomac, nous décidons d'aller visiter le Musée du Quai Branly.

    Comme nous sommes de grands gaillards nous nous y rendons à pied, profitant du trajet pour papoter comme si l'on s'était quittés la veille ainsi que pour faire quelques photos  avec le nouvel appareil que le papa nawouel lui avait apporté. On attend un peu avant de pouvoir entrer et nous voici bientôt dans les lieux. Ce fut à vrai dire assez déstabilisant car l'histoire des peuplades d'Afrique Noire, d'Océanie ou d'Asie me sont aussi peu familières que les notions élémentaires de thermodynamique...

    L'organisation interne est assez joliment faite, un peu sombre peut être (par souci de protection des oeuvres je suppose) et l'on navigue d'une région à l'autre du globe, admirant tantôt un masque de guerre giganteste, tantôt des tambours verticaux réellement major (oui à partir de 3 mètres de haut, ça en jette tout de même !). Une véritable plongée dans l'inconnu !

    En sortant nous passons par la librairie où je me chargerai de quelques kilos de livres et d'un joli petit éléphant en pierre savon du Kenya qui veillera sur mon bureau. Il fait déjà nuit lorsque nous sortons ; quelle déprime ! Et en plus il tombe quelques gouttes... Nous grimpons au sommet du Trocadéro d'où nous admirerons la dame de fer illuminée avant de filer dîner dans un resto chinois. Mine de rien, ça creuse la culture ! Nous nous séparons encore une fois des souvenirs et des projets plein la tête.



    Le lendemain je m'éveille un peu plus tôt que prévu et termine ma nuit devant Avatar bien au chaud blotti dans une couverture, une tasse de café velouté à la main. Au loin un étrange gadget geekissime dénommé Nabaztag prophétise seul dans son coin, agitant des oreilles comme une girouette. S'il se met à cracher de la bouillie verte je l'inonde d'ail et de fines herbes !

    Une fois bien éveillé je file en ville rejoindre Bashô, visiblement très stressé, qui me propose d'aller visiter le Musée du Judaïsme ainsi que l'exposition Felix Nussbaum. Très bonne idée, je suis nul en Judaïsme et ne connais pas davantage Felix Nussbaum que je ne connaissais Andrée Putman ou les civilisations Guinéennes ! Décidément cela aura été un séjour riche en découvertes ! D'ailleurs l'expo Nussbaum est vraiment intéressante, si vous avez le temps allez y faire un tour elle en vaut le coup.

    Les même causes produisant souvent les mêmes effets, après nous être sustenté de nourritures spirituelles nous nous rendons à la Maison de Thé Mariage Fères où nous papotons un bon moment en savourant de fort bonnes pâtisseries agréablement accompagnées d'une tasse de thé bien chaud. Mon guide m'emmène ensuite de l'autre coté de la rive à la découverte de quelques coins agréables et de l'insolite Shakespeare and Company, sorte de paradis du livre anglophone dont l'organisation intérieure ne laisse aucun doute sur l'anglicitude du maître des lieux ! Et déjà vingt heures sonnent à Notre Dame. Il est temps pour moi de continuer ma route et de rejoindre non loin de là Waquete déguisé en mammouth laineux pour l'occasion (je cherche encore ^^).  

    S'agissant de Waquete, j'ai beau croire qu'il s'agisse d'un animal aquatique nocture - qui évolue aussi très bien dans le vin blanc soit dit en passant - je ne m'explique toujours pas le vortex spatio-temporel qui nous a fait passer de huit heures du soir à presque quatre heures du matin en l'espace de quelques minutes. La facilité la plus triviale inviterait à rechercher une tentative d'explication dans la personne de mon interlocuteur et l'heureuse rencontre de deux personnes sur la même longueur d'ondes mais... non il doit y avoir autre chose.

    Le Waquete doit disposer de pouvoir psychiques exceptionnels, ceux-là même qui font encore aujourd'hui l'objet de recherches par des laboratoires secrets dont même les gouvernements ignorent l'existence... Car oui, le temps a - de mon coté du moins - filé avec une vitesse qui défie l'entendement et c'est presque à l'aube que je me suis endormi dans mon lit coiffé d'un épais édredon.


    Oui, le temps s'est écoulé avec une célérité déconcertante. Hier encore je me trouvais au coeur de la Capitale, partageant mes dernières heures de vacances avec Jonathan D. et Cédric Darval de Bayen pour un repas fort sympathique chez Prosper (Youp la boum ! voilà, ça c'est fait) autour d'un excellent tartare et de desserts qui ne le furent pas moins (le tiramisu au Nutella est démoniaque !).

    Remontant le Boulevard de Menilmatoo Menilmontant le nez au vent, préparant déjà le rétro-planning du retour je me disais que vraiment j'avais passé des journées géniales ici et commençais mentalement à préparer l'esquisse de ce qui pourrait être un billet.
     
    Ce matin après m'être installé devant mon écran d'ordinateur et mis un disque interprété à Saint Etienne du Mont par les doigts virtuoses des Duruflé, je dus me rendre à l'évidence : jamais je ne pourrai transcrire tout cela fidèlement sans recourir à des ellipses fulgurantes.

    Il est 16h20 à l'instant où je couche cette phrase. Cela fait plus de cinq heures que je m'évertue à pondre ce billet qui ne veut pas s'écrire tant les images fusent dans ma tête et les souvenirs abondent. Lorsque j'ouvrai mon premier blog je n'imaginais pas qu'écrire me permettrait bien plus que de noircir des pixels, mais aussi de faire de très belles rencontres. Ce fut le cas de ce dernier passage à Paris, trois jours et demi qui ont magistralement clôturé une année 2010 déjà bien riche.

    Et j'ose croire que 2011 qui approche maintenant à grands pas, le sera au moins tout autant ! 

    24 décembre 2010

    Le bruit et la fureur

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    Ca y est, la grande horloge du Temps indique de ses grandes aiguilles métalliques que dans quelques heures aura lieu un peu partout sur la planète le réveillon de Noël. Dans quelques heures des sapins multicolores crépiteront du papier cadeau que de petites mains déchireront à leur pieds, les enfants auront des étoiles plein les yeux, les plus grands s'encanailleront de bulles festives, on rira, on chantera peut être, une félicité sirupeuse tapissera chaque recoin de nos maisons emplies d'une étourdissante effervescence. D'autres hélas ne connaitront pas cette joie et se sentiront bien seuls dans leur thébaïde, contrainte ou choisie.

    Avant hier j'ai passé la journée en ville avec le frangin pour faire les achats de noël. Une affaire rondement menée avec promptitude et efficacité, clôturée par une solide repas en tête à tête aux accents Teutons. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas déjeuné ensemble, rien que tous les deux. Le soir même je regagnais la maison de papa et maman Tambour Major où je coule désormais des heures d'une nonchalance qui en d'autres périodes de l'année passeraient pour coupables. Ici je reprends des forces, au coin du feu, devant la télévision, à me gaver de kakis, une bouteille de très bon whisky délicieusement tourbé à portée de main, tandis qu'en ville bus et métros vomissent des clients transformant les rues en une coulée humaine bruyante et désordonnée. Je suis heureux de me trouver loin de tout ça, dans mon refuge au milieu de nulle part, pour mieux repartir ensuite et affronter à nouveau l'immensité foisonnante des passants anonymes.

    Il ne reste plus que quelques heures maintenant. Plus que quelques heures, avant que ne se déchainent le bruit et la fureur.

    Joyeux Noël à tous !

    20 décembre 2010

    Treevenge

    19 commentaires
    Ca y est, vous avez fait votre sapin ? Il est là dans le salon, apportant un peu de verdoyance à votre intérieur ? Et en ce moment même vous êtes en train de l'admirer béatement, contemplant avec une satisfaction non feinte la superbe décoration toute en boules et guirlandes qui lui confèrent son incomparable air de fête.
    Oui ?

    Alors... FUYEZ !!

    Enfin, c'est ce que vous ferez après avoir Treevenge, un petit chef d'oeuvre réalisé en 2008 par Jason Eisener à qui l'on doit le prochain sanglantissime Hobo With a Shotgun (sortie annoncée pour 2011), dans la droite lignée d'un Machete et plus largement de Grindhouse des compères Tarantino - Rodriguez.

    Treevenge c'est 16 minutes de pur bonheur jouissif, et tout de même assez gore...

    18 décembre 2010

    Tarte fine aux foies de taupe meringuée

    27 commentaires
    Aujourd'hui nous avons le plaisir de vous présenter une recette facile et légère qui saura égayer vos tables de fêtes et ravir vos invités.

    Tarte fine aux foies de taupe meringuée
    (pour 6-8 personnes)


    Difficulté : ***          Prix : **********           Temps de préparation : ****


    Profondément originale, cette tarte servie indifféremment en entrée sur un verre de porto blanc, en plat principal accompagnée d'une salade de roquette au vinaigre balsamique millésimé, ou en dessert assortie d'un sorbet au kiwi, vous offrira l'occasion de découvrir des saveurs incomparables.
    Le parfum délicat des foies de taupes, qui n'est pas sans évoquer le hareng-saur rance,  se trouve superbement mis en valeur par la crème délicatement ourlée d'exquises senteurs citronnées. La texture subtilement granuleuse tout autant qu'astringente des foies de taupe contrastera admirablement avec celle moelleuse et suave du foie gras. Une alliance de Maître Queux !

    Ingrédients :

        - 500g de pâte feuilletée (à commander chez Pillon ou Faucher)
        - 24 taupes adultes en bonne santé élevées au grain
        - 200g de crème fraiche d'isigny entière (mais sans la vache)
        - 10 dl d'armagnac VSOP
        - 2 dl de curaçao bleu
        - 1kg de foie gras premier choix
        - 2 oeufs d'autruche (en importation d'Australie)
        - 200g de raisins de corinthe de qualité supérieure importés par avion
        - 1 bon verre de sirop de canne extra vierge
        - 500g de sucre blanc
        - 400g de beurre de Normandie fermier extra fin
        - 200g de farine
        - 5 citrons non traités du Chili
        - 20 cl d'eau de vie de poire
        - Sel de Guérande
        - Poivre noir du Guatémala

    Préparation

    1/ Dans une jatte, mettez les raisins de corinthe à macérer dans 1/3 de l'armagnac.

    2/ Assommez les taupes à l'aide d'un maillet en bois d'olivier et les dépecer soigneusement. Extraire délicatement le foie en prenant garde à ne pas percer la vésicule. Cette première étape nécessite organisation et rigueur, en particulier afin d'éviter que les petits mammifères ne courent partout dans votre cuisine et ne filent à l'anglaise ! 
    On veillera en outre à utiliser un petit couteau au tranchant précis, voire un scalpel. Vous éviterez d'exploser les taupes à l'aide d'un fusil de chasse : si la méthode est certes plus rapide, l'éparpillement inévitable de l'animal sur votre plan de travail ne pourrait guère convenir qu'à un hachi parmentier.

    Le truc du chef : Nous vous recommandons de choisir les taupes bien grasses, au poil vif et luisant. Certains éleveurs jugent bon de leur sectionner les 4 pattes afin qu'elles engraissent plus vite. Nous ne saurions que trop mettre en garde notre aimable lectorat contre une pratique barbare d'un autre temps que nous condamnons sans retenue !

    3/ Faites chauffer une sauteuse en cuivre et faites fondre un généreux morceau de beurre fermier frais. Dès qu'il dégage une douce odeur de noisette, faire poëler les 24 foies de taupes encore frétillants. Saler et poivrer. Ils sont à point encore rosés et que le sang perle lorsqu'on les pique avec une aiguille. Flambez au curaçao. Réserver.

    4/ Découpez le foie d'oie en escalopes d'un bon centimère d'épaisseur et faites les saisir à feu très vif sans ajouter de matière grasse. Assaisonnez. Ce mets de première noblesse n'a pas peur du poivre dont vous saurez copieusement le gratifier. Lorsque vos escalopes sont bien dorées ajoutez les raisins avec le jus de macération. Flambez. Réservez.

    5/ Mettez le four à chauffer thermostat 7 ( 210 °C). Pendant que le four monte en température étalez la pâte feuilletée de sorte à obtenir une alloge d'un demi centimètre d'épaisseur. Fariner un moule à tartes de 30 cm de diamètre et y disposer l'allonge. Faire un bord et piquer le fond de la pate avec une fourchette.
    Faire cuire ce fond de pâte à blanc pendant 30 minutes. Ne pas démouler en fin de cuisson.

    6/ Prenez les 2 oeufs. Séparez les blancs des jaunes. Réservez

    7/ Dans une casserole en cuivre, faites fondre 200g de beurre. Faites un roux avec 200g de farine. Ajoutez les 2 jaunes et battez vivement avec une spatule en maintenant un feu très doux. Allongez avec le reste d'armagnac. Sucrez à l'aide d'un bon verre de sucre de canne. Parfumez avec le zeste et le jus et le zeste de 5 citrons non traités.

    8/ Montez la crème fraiche en chantilly très épaisse et incorporez là à la préparation précédente en soulevant délicatement la masse pour ne pas la faire retomber.

    9/ Disposez uniformément les escalopes de foie, les raisins et les foies de taupe dans le fond de tarte précuit. Verser la préparation citronée sur le fond de tarte. Placer au frais pendant 3 heures minimum.

    10/ Préparez une meringue italienne. Faites dissoudre 500g de sucre dans 150g d'eau tiède et faites un sirop. Mettez le à cuire à feu doux dans une casserole jusqu'au petit bouler (120°C). Pendant ce temps montez les 2 blancs d'oeuf en neige très ferme. La préparation doit collez au saladier sans tomber lorsque vous le renversez. Versez le sirop bouillant en fin filet sur les blancs sans cesser de fouetter à grande vitesse. Battre jusqu'à refroidissement. Réservez.

    11/ Allumez le four en mode grill. Disposez harmonieusement la meringue sur la tarte à l'aide d'une poche à douille. Utilisez une douille cannelée de 12 ou, mieux, une douille à meringuer.

    12/ Faites dorer la meringue sous le grill pendant 2 minutes. Pendant ce temps, faites boullir 20 cl d'eau de vie de poire dans une petite casserole. Sortir la tarte du four et flamber avec l'eau de vie de poire. Servir aussitôt.

    Le conseil du sommelier :

    - Un porto blanc grande réserve
    -Un double Alcasetzer bien frappé  smileys Forum

    Et bon appétit bien sûr !

    15 décembre 2010

    La photo du mois : Coloré(e)(s)

    36 commentaires
    Chaque mois, les blogueurs qui participent à La Photo du Mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, le thème retenue est : Coloré(e)(s)

    En me promenant sur le marché de Noël place du Capitole, je savais que j'allais trouver l'inspiration : ces matriochkas toutes rondelettes, découvertes au détour d'un chalet étincelant, n'attendaient que ma venue !


    "La couleur est par excellence la partie de l'art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s'adressent d'abord à la pensée, la couleur n'a aucun sens pour l'intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité."

    Eugène Delacroix, Journal

    13 décembre 2010

    Changement de décors !

    29 commentaires
    Ce blog n'avait pas connu de lifting depuis un bon bout de temps : voilà qui est fait. Ho ce n'est pas grand chose, seules les couleurs changent : un peu de blanc rehaussé d'un peu de rouge, une photo dans l'air du temps, rien d'extraordinaire en somme. Trois fois rien, mais cela change tout ! Il n'y a donc pas que mon appartement qui prenne des allures festives.

    Du coup je trouve que ma bannière est un peu trop pétaradante sur cette neige toute en pixels. Tant pis, j'ai la flemme de la modifier. Mais quand même, ça frise la faute de goût...

    ***


    Edit du 14 décembre à 11h30 : Allez hop, la bannière passe en sépia avec un liseré vert. Ca piquera moins les yeux même si ce n'est toujours pas dans le thème...

    ***

    Edit du 16 décembre à 18h30 : Allez hop, finalement ma nouvelle déco ne me plait pas, ni l'image de fond, ni la bannière que l'on dirait fanée. Alors je change tout (ou presque) ! Et pour le coup je suis nettement plus satisfait du résultat.

    12 décembre 2010

    Comme un air de fête

    20 commentaires
    Aujourd'hui j'ai mis des couleurs à mon appartement. Dans le salon trône un sapin de bois sur lequel veille un étrange renne, chimère mi animale mi fée clochette. A ses pieds, des pommes de pin ramassées dans le jardin étalent leur dorure. Un peu plus loin une crèche en terre cuite ramenée du Brésil rappelle le coté religieux de la chose. Et mes invités sont désormais accueillis par une jolie couronne accrochée à  la porte d'entrée.

    Des petits riens qui donnent un peu de relief à l'ordinaire du quotidien.
    Trois fois rien, juste comme un air de fête.





    7 décembre 2010

    Les deux tasses

    27 commentaires
    Cet après midi je me suis rendu au Salon des Artisans d'Art qui se tient jusqu'à dimanche prochain. De proportions modestes ce salon offre pourtant de nombreuses occasions de faire chauffer la carte bleue. La mienne n'a pas fait exception. En bon garçon sensible qui se respecte j'aime bien tout ce qui touche à la déco, les beaux objets, les belles choses, et en toute saison avoir les yeux qui brillent comme un gamin dans un magasin de jouets. Je me laissais rapidement tenter par de très belles tasses en grès émaillé aux courbes généreuses rehaussées d'un brin de contemporanéité leur conférant un charme auquel  je ne sus rester insensible très longtemps. C'est ainsi qu'au bout de deux heures je ressortais les bras chargés de paquets, le compte en banque soulagé de quelques dizaines d'euros surnuméraires.

    Le problème lorsque l'on aime la jolie vaisselle c'est que l'on a la fâcheuse tendance d'en acheter un peu, régulièrement, de sorte que les placards en sont saturés jusqu'à l'explosion. Je savais en  achetant  mes deux tasses que je n'avais pas de place pour les ranger. Ce ne fut donc pas une surprise lorsqu'à l'issue d'un inextricable Tetris perdu d'avance je me résolu à abandonner l'étourdissant jeu des tasses musicales. Les lois de la physique avaient de toutes façons gagné la bataille. Pourtant à bien y regarder, une solution existait, toute simple en définitive : faire du vide.

    Ceux qui aiment les objets savent à quel point il est difficile de s'en séparer, et pire encore de les jeter, quand bien même ils seraient totalement inutiles. J'avais (notez déjà l'imparfait) dans mes placards un lot de six tasses avec leur sous-tasse offert par des copains à la fac à l'occasion je crois de mes 25 ans. Des tasses à café blanches avec un dessin marron imprimé sur toute leur surface, sobres et tristounettes au possible. Je ne les ai jamais aimées ces tasses. Je me souviens d'ailleurs que lorsque je les ai vues pour la première fois elle ne m'avaient pas plu du tout. Qui plus est, leur taille bâtarde les rendait assez incommodes à l'usage : beaucoup trop grandes pour un expresso, trop petites pour un café standard, elles eussent davantage convenu pour servir le thé mais le motif marron à l'éffigie du nectar noir interdisait cet usage contre nature. Bref... un échec total ! C'est alors qu'une idée lumineuse traversa mon esprit : et si je me débarrassais de ces vilaines choses ?

    Oui au fond, ça peut être si simple... Qu'est-ce qui m'empêche de les foutre en l'air ? Je n'ai plus aucun contact avec les personnes qui me les ont offertes, ni n'ai plus aucun souvenir particulier dont je voudrais faire perdurer la mémoire à travers elles. Ces objets ne représentent plus rien pour moi en définitive. Ils sont vides de sens tout autant qu'ils sont dénués d'utilité. Réalisant soudain que rien ne justifiait l'encombrante présence de ces indésirables, je les entassai dans un carton dont je refermai le couvercle avant de le descendre dans cette antichambre de l'oubli qu'est le cellier, libérant du même coup un volume plus que confortable pour accueillir mes deux nouvelles compagnes.

    C'est fou ce qu'on peut parfois se laisser envahir par les autres, à quelque niveau que ce soit, et combien il peut être difficile de dire "non" ou de casser le confort des habitudes pour tourner une page qu'on ne lit plus et sur laquelle il n'y a de toutes façons plus rien à écrire. Car c'est bien de cela qu'il s'agit au fond : à bien y regarder notre quotidien est pollué par les désirs que les autres nous imposent et auxquels on ne sait pas dire "non" lorsque l'on en aurait véritablement envie. Par peur de quoi ? De blesser l'autre, de lui faire de la peine, de le décevoir ? Peut être. Mais il ne faut pas s'étonner si, à force d'entasser les affaires des autres dans ses placards on n'a même plus la place d'y ranger deux pauvres tasses qui, elles, nous plaisent vraiment et que l'on désire avoir avec soi.

    4 décembre 2010

    Black Sands

    12 commentaires
    Bonobo fait partie de ces musiciens qui mènent une brillante carrière internationale, remplissant sans mal les salles les plus prestigieuses d'Europe et du monde mais qui par un fait que je ne m'explique pas restent relativement confidentiels en France. Peut être la trop grande qualité de sa production pourrait-elle nuire au dessein de lobotomisation fomenté par d'obscurs lobbies hexagonaux ?

    Pourtant, quoique vous n'ayez peut-être jamais entendu parler de lui, vous avez nécessairement entendu sa musique, régulièrement utilisée en publicité. Je l'avais pour ma part découvert grâce à un ami breakdanceur qui m'avait fait écouter quelques uns de ces morceaux les plus emblématiques, bien connus dans le milieu hip-hop justement en raison de ses solides assises rythmiques, assez caractéristique du style Down Tempo dont il est l'une des figure de proue.

    Mais réduire Bonobo à cela relèverait de l'hérésie autant que de la forfaiture. Chaque album de Bonobo est en effet une invitation au voyage dans un univers habilement construit et pensé, tantôt souple, tantôt anguleux, suffisamment confortable pour qu'on reste à l'écoute jusqu'au bout, juste assez dérangeant pour qu'on ne se laisse pas mollement engloutir.

    Alors lorsqu'en surfant sur Deezer j'ai découvert que Bonobo avait sorti un nouvel album Black Sands en mars dernier, mon sang n'a fait qu'un tour et je me suis naturellement précipité pour l'écouter.
    Dès l'ouverture (Prélude) les portes de l'onirisme s'ouvrent en grand, en très grand même, et nous conduisent dans un univers très châtié prolongé magnifiquement par le très réussi Kiara qui fait la part belle à des accents un peu plus électro sans toutefois tomber dans la vulgarité. Kong et El Toro renouent avec des choses plus habituelles : un entrelacement rythmique solide, des orchestrations de cordes soyeuses ce qu'il faut,  doucement âpres sur les bords, des mélodies simples mais entêtantes, il n'y a qu'à se laisser faire. Même chose pour 1009, délicieusement trip-hop et qui donne inévitablement envie de bouger sur sa chaise.  The Keepers offre une très agréable occasion de découvrir la voix d'Andreya Triana qui apporte - à trois reprises dans l'album - un peu de fragilité sensuelle dans cet univers subtilement masculin.

    Au final j'ai beaucoup aimé cet album, foutrement bien réalisé. Malgré un univers musical parfaitement identifiable l'artiste sait se renouveler et prolonger les recherches dont il nous avait livré les fruits lors de ses albums précédents (on ne peut que regretter l'amenuisement soudain de l'offre sous Deezer : où sont donc passés les albums One Off Remixes and B-sides et Days to Come précédemment disponibles ?). Les arrangements soignés, la variété musicale des morceaux, les enchainements parfois audacieux font de Black Sands une véritable réussite.  Un fait habituel chez Bonobo...

    Son Myspace 

    3 décembre 2010

    Les joies du blog

    22 commentaires
    Les joies du blog ne se limitent pas à raconter quelques bêtises ou à faire sa psychothérapie devant tout le monde. Qu'on le veuille ou non, on ne blogue jamais seul : si le blog est l'oeuvre de celui qui en tient les rennes, il est aussi quelque part à l'image de ceux qui y laissent leur empreinte par leurs commentaires ou, par un effet de miroir déformant, de ce que l'on a pu lire chez eu sur leur propre blog et dont le contenu peut nous amener à réagir. Créer des liens, faire se rencontrer des personnes qui autrement ne se seraient jamais croisées, se faire de nouveaux amis, voilà l'une des grandes forces du net.

    Il y a quelques temps de cela j'avais reçu un mail de Glimpse qui m'informait de son prochain passage éclair dans la Ville Rose et proposait que l'on se rencontre à cette occasion. Quelle bonne idée ! Quelques échanges plus loin et le rendez-vous est fixé place du Capitole où nous nous retrouvons en début de soirée. Il en sait autant sur moi que moi sur lui : je devrai courber le dos pour lui faire la bise et lui se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre ma joue. Je sais aussi qu'il est brun et porte une barbe de 3 jours d'après ce que j'avais pu lire ou entr'apercevoir chez lui. C'est somme toute bien peu de choses, vous en conviendrez.

    Comme convenu j'arrive pour 20 heures de la façon la plus mal polie qui soit : le téléphone collé à l'oreille. A ma décharge c'était mon conseiller référendaire en restauration auprès duquel je m'enquerrais d'une bonne table pour passer la soirée, celle que j'avais d'abord choisie étant - par l'un des innombrables effets de la Loi de Murphy - fermée ce soir là. Comme à chaque fois que je rencontre quelqu'un pour la première fois, je suis un peu nerveux. En réalité nous ne nous connaissons que très peu... Raccrochant bien vite j'accueille Mister Glimpse et nous échangeons quelques premiers mots de vive voix cette fois-ci.  D’emblée je me sens à l’aise et je sens - en tous cas, j’ai l’impression - que nous le sommes tous les deux, ce qui est un bon début. La conversation vient tout à fait naturellement, ce qui augure de la suite de la soirée. J'embarque alors mon invité en direction d'un lieu moins frigorifique où nous pourrons continuer papoter à loisir tout en remplissant nos estomacs affamés.

    Après quelques hésitations (mon conseiller référendaire en restauration s'étant un peu trompé sur la situation exacte du restaurant ), et après que la carte ait reçu notre assentiment collégial, nous mettons les pieds sous la table. Choix des plats, choix du vin avec l’avis pertinent - mais pas envahissant - du très sympathique serveur et la soirée peut vraiment commencer. Pour tout dire, je n’ai pas vu le temps passer. La conversation va du coq à l’âne en sautant parfois sur le cochon pour revenir au premier dans une succession de sujets parfois très personnels, presque intimes. Monsieur Glimpse s'est même laissé aller à quelques confidences que je dois être le premier être vivant à entendre… Je suis toujours impressionné de la facilité que l’on a à partager des choses très intimes avec des presque inconnus. Chacun aborde des pans de sa vie, rebondissant sur les propos de l’autre. J’ai parfois eu l’impression de parler un peu trop mais si c’est le cas - je m’en excuse - Mister Glimpse a eu la délicatesse de ne pas me le faire ressentir.

    Ces instants rares où la discussion entre deux personnes que rien ne destinait à se rencontrer se tisse d'elle même, ces soirées où tout se passe comme si de rien n'était, où l'on se comprend avec évidence comme si l'on s'était connu depuis toujours, ont le don de m'émerveiller. Lundi soir fut l'un de ces instants, hors du temps, en la compagnie d'un garçon charmant, vif d'esprit, drôle, touchant, fin gourmet qui plus est... 

    Soudain un petit coup de barre se fait ressentir, confirmé par un rapide coup d'oeil à la montre : il est déjà très tard, les heures ont filé avec une vitesse déconcertante, il nous faut rentrer chacun chez soi. Revêtant mon écharpe et mon épais manteau, je raccompagne Mister Glimpse non-loin de son hôtel, poursuivant  de nos derniers pas une conversation que nous dûmes hélas nous résoudre à laisser inachevée. Car nous aurions sûrement eu encore beaucoup de choses à nous dire. Cela sera pour une autre fois, sans aucun doute. 


    NB  : Les passages en italique de ce billet sont des emprunts directs ou des adaptations du billet de  Glimpse, avec son aimable autorisation.

    30 novembre 2010

    Une seule fois suffit

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    Demain 1er décembre, c'est la journée mondiale de prévention contre le Sida.

    J'emprunte à GayCulte cette vidéo publiée chez lui voici quelques temps déjà et que j'avais trouvé très belle même si un peu dure.

    Un rappel à la prudence : il ne suffit que d'une fois pour que la vie bascule...


    Prenez soin de vous.

    27 novembre 2010

    Les amants du métro

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    Ils firent irruption dans la rame comme deux voleurs en fuite, la police à leur trousse, le souffle court. Ils riaient, beaux dans leur exubérante jeunesse. S'adossant contre la paroi jaune du wagon ils ne se rendirent même pas compte que le métro avait repris sa course folle à travers les galeries perforant les entrailles de la ville.

    Plus rien n'existe autour d'eux. Ils sont seuls au monde parmi la multitude vespérale des derniers voyageurs. Les yeux dans les yeux, son bassin fermement arrimé au sien, il caresse ses longs cheveux châtains aux reflets d'argent ondoyant en mèches souples. Ses yeux de lionne pétillent de désir. Il est fougueux dans son jean. Ses mains vont et viennent sur ses hanches. Elle feint de se débattre. "Arrête" dit-elle dans un soupir tandis que leurs lèvres s'entremêlent d'abord timidement puis qu'elle en redemande encore et encore.  Et lui de succomber sans opposer résistance. Ils rient emportés par l'ivresse fauve de l'instant, intouchables.

    Mais soudain les wagons s'arrêtent, les portes s'ouvrent dans un bruissement mécanique. On se frôle, on se bouscule, il doit partir. Un dernier baiser longuement appuyé jusqu'à l'ultime seconde et déjà les portes se referment. Un tremblement agite la rame. Un dernier regard en direction du quai. Il n'est plus là.

    Seule, son regard plonge dans le vide, sa tête contre la vitre, l'esprit encore vagabond. Passant sa main dans ses cheveux elle tente de se redonner une contenance. Elle sait désormais qu'on la regarde. Dans un sursaut de pudeur elle se renferme et fait mine de rien, la figure faussement altière, les joues encore rosies.

    La voix robotique des hautparleurs annonce la fin de mon bref voyage. Je me lève. Elle n'est plus là elle non plus. Je ne l'ai  même pas vu descendre à la station précédente, moi aussi emporté par mes pensées solitaires.

    25 novembre 2010

    La douceur des jours

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    Dix jours que je vis au ralenti, dix jours que je laisse les choses aller leur train sans manifester véritablement aucun goût à rien. Et je n'aime pas ça. Je m'efforce d'aller de l'avant, de planifier des choses, de me projeter dans l'avenir, un avenir proche pour commencer mais surtout de ne plus stagner dans les sables mouvants qui me happent au risque de m'ensevelir. C'est dur.

    Heureusement il y a le boulot qui me permet de garder un pied dans le réel, les cours à assurer, les copies à corriger, des dossiers à traiter. A trop me laisser submerger par mon chagrin et la peine de mes amis, je risque comme cette petite abeille se reposant à l'abri d'une népenthès de glisser tout au fond avant que d'y être dissoute et digérée inexorablement. "Tu t'occupes beaucoup des autres, mais est-ce que tu t'occupes de toi ?" me demandait une amie l'autre soir... M'occuper de moi ? Voilà sûrement l'une des choses pour lesquelles je suis le moins doué, si tant est que je sois doué pour quoique ce soit.

    J'ai donc saisi ma carte bleue et réservé des billets pour faire une excursion à Paris entre Nahel et Nouvel An, revoir des amis et en rencontrer de nouveaux. Demain soir je vais à l'opéra assister au spectacle que j'avais sciemment séché la semaine passée, préférant de très loin rester au chevet de mon ami. Viendra ensuite samedi et le Toulouse Game Show où je dois me rendre avec quelques blogueurs avant de participer à un concert  l'après midi puis de finir la journée les pieds sous la table. Essayer de remettre en route cette grosse machine qu'est mon existence.

    Avant hier j'ai reçu un mail de Lui. J'ai eu du mal à le croire. Il voulait des nouvelles de moi et me donnait des siennes, après deux ans et demi d'épais silence. Je lui ai répondu. C'est bien lui qui m'avait invité sur MSN la fois précédente. Il ne s'agissait pas d'un phénomène mémoriel paranormal. Cela m'a fait vraiment plaisir de le lire. Il semble avoir fait pas mal de chemin depuis la dernière fois, de savoir où il en est, de savoir ce qu'il veut, de s'être trouvé. Avoir quitté le cocon familial semble avoir été une excellente décision. J'ai retrouvé à travers ses quelques lignes toute la fraîcheur que je lui connaissais. C'est drôle la vie parfois. Et je m'aperçois combien je lui conserve encore une tendresse infinie.

    Tout à l'heure j'ai mis son compte passé un agréable moment avec un très beau garçon que je n'avais pas revu depuis plusieurs mois. En revenant je me suis fait une grande tasse de café que je bois par petites gorgées en dégustant de délicieux gâteaux marocains rapportés par une amie. Dehors le ciel gris et froid incite à la nonchalance alors que mon corps à envie de sueur et de fonte, et mon âme de pleurer. Aujourd'hui j'avais prévu de faire plein de choses. Le bilan sera très médiocre comme c'est de coutume en ce moment. Trop de questions, d'inconnues, de doutes, de peurs...

    La semaine prochaine laisse se profiler des instants agréables dont j'ai pleinement envie de profiter, en particulier la visite d'un blogueur que j'apprécie, et cela va me faire beaucoup de bien.  Il me tarde de pouvoir à nouveau goûter avec insouciance à la douceur des jours, à leurs délices sucrés, à leurs joies colorées et à leur entêtante saveur de miel. Comme ces petits gâteaux, dont je me régale en ce moment avec mon café.

    22 novembre 2010

    En réponse à vos messages

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    Au départ je voulais répondre à vos messages de soutien par un commentaire mais vu la longueur que ce dernier prenait et le coté anecdotique d'un commentaire, il m'a semblé plus judicieux d'en faire un billet à part entière.
    Pour commencer donc, je tenais à vous remercier pour vos témoignages amicaux sous toutes leurs formes. Alors en un mot comme en cent, je voulais tout simplement vous dire : merci !

    Dans un des commentaires Anthonygay posait la question :
    Comment avez-vous été surs que vos sentiments ne devenaient pas amoureux si vous étiez célibataires tous les deux ? en tous les cas c'est une belle amitié.

    Effectivement lorsque nous nous sommes connus, nous étions tous deux célibataires. Mais à vrai dire la question ne s'est jamais posée. Les choses se sont faites d'elles mêmes, on n'a rien calculé, l'idée ne m'a même jamais traversé la tête. Faut-il mentionner que très basiquement je ne suis pas son genre tout autant qu'il n'est pas le mien, ceci explique peut être cela. Mais plus sérieusement je crois que notre amitié à été une évidence, voilà tout. Montaigne s'en  était déjà expliqué en son temps à propos de La Boétie. Je ne ferai que reprendre ses mots :

     Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant: «Parce que c’était lui, parce que c’était moi.»

     Depuis une semaine j'ai le moral en dents de scie, oscillant entre journées insipides et dépression. Même si Lapaing est sorti d'affaire et que le pronostic vital n'est plus engagé, s'il récupère peu à peu ses facultés  avec une volonté incroyable, beaucoup de questions restent en suspens et ça n'est pas facile à gérer. Faire face, ne pas craquer devant lui, soutenir ses amis, soutenir son copain (aussi un ami) qui fait preuve d'une énergie qui force l'admiration, ne rien laisser paraître au boulot (je déteste l'apitoiement venant des collègues) et surtout ne pas craquer devant mes étudiants même s'il s'en est fallu de très peu la semaine passée, les nuits d'angoisses... Voilà mon quotidien. Je m'occupe l'esprit au maximum pour ne pas penser et mange du chocolat en quantité inquiétante...

    Hier je suis retourné le voir. J'avais envie de lui dire tout un tas de choses auxquelles j'avais réfléchi. Lui dire combien il était important pour moi, que j'avais besoin de lui, qu'il pouvait compter sur moi. Mais le moment venu il me fut impossible de dire quoi que ce soit sans sentir monter en moi un tsunami de larmes et exploser en sanglots. Je m'en suis tenu à quelques phrases accouchées au forceps d'un effort de contenance.  En outre la douleur physique ne le rendait pas très réceptif, ce n'était pas le moment.

    Malgré tout je lui ai demandé s'il voulait me faire un câlin. En dépit des fils et des perfusions il a écarté les bras, je me suis lové contre son épaule et il m'a serré contre lui. Je l'ai embrassé dans le cou en écoutant son coeur battre. Cela m'a fait un bien fou.

    20 novembre 2010

    (Billet sans titre)

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    J'ai rencontré celui que je considère comme mon meilleur ami il y a à peine plus de trois ans. Par hasard, lors d'une sortie avec un pote qui se proposait de m'initier à l'arc en ciel des nuits toulousaines à l'époque encore récente où je me découvrais.

    Je me souviens très exactement de cet instant, de la toute première fois : lui accoudé au bar, une bière à la main, tout à fait à l'aise dans sa veste treillis couleur kaki, moi un peu gauche dans cet univers inconnu où je n'avais pas mes repères. On a tout de suite accroché, le courant est immédiatement passé, à tel point que quatre mois plus tard nous sommes partis au Mexique ensemble.  De la folie crieront certains.

    Depuis ce premier jour, nous ne nous sommes jamais quittés. Il me raconte presque tout, je ne lui cache  presque rien. J'ai beaucoup grandi en sa compagnie et ai vécu des moments inoubliables. Il a su être présent lorsque ça n'allait pas pour moi, il a su me remonter le moral le soir où je me suis fait plaquer par mon premier mec, il a été un guide précieux et reste un complice formidable avec qui un simple regard, un simple sourire esquissé suffit pour deviner ce que pense l'autre. Mon "lapaing" (à prononcer avec un fort accent toulousain) comme j'ai coutume de le surnommer. Il faut dire que c'est un bonhomme pas tout à fait comme les autres. Un mec hors norme, aussi brillant intellectuellement que fidèle en amitié, et qui aime ses amis autant que ses amis l'aiment. Par son intermédiaire j'ai fait la rencontre de personnes qui font désormais partie de mon cercle intime, une équipe de trentenaires un peu bras-cassés à notre façon qui se soutient mutuellement, en dépit des apparences dont nous savons habilement nous jouer.

    L'autre jour alors que je faisais quelque emplette dans une jardinerie, j'ai pensé à lui et à cette tristesse que j'avais lue dans ses yeux quelques jours auparavant. Je me disais que cela faisait très longtemps qu'on ne s'était pas fait un gros câlin comme il nous arrivait de nous en faire de temps en temps, quoique n'étant ni l'un ni l'autre très à l'aise avec cette sorte de manifestation sentimentale.  "Prends soin de toi" lui ai-je écrit par texto peu de temps après.

    Cette pensée m'a à nouveau submergé lorsque, après six jours interminables durant lesquels ma vie s'est arrêtée, j'ai enfin réussi à le voir hier pour la première fois sur son lit d'hôpital, mal en point mais vivant, et de me rendre compte à quel point il peut être difficile de dire à ses amis combien on les aime et combien leur absence peut être insupportable.




    Il y a des amis qui mènent à la ruine, il y en a qui sont plus chers qu'un frère.
    (Proverbes 18, 24)

    15 novembre 2010

    La photo du mois : Nostalgie

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    Chaque mois, les blogueurs qui participent à La Photo du Mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, le thème retenue est : Nostalgie.

    La nostalgie, ce petit pincement au coeur que l'on ressent en présence de certains objets qui nous replongent dans un passé révolu dont on aimerait bien goûter une dernière fois les saveurs exquises. La nostalgie, ce "désir d'on ne sait quoi" pour reprendre les mots de Saint-Exupéry. Des souvenirs que l'on met dans une petite boite en fer que l'on finit par oublier et qui ressortent au moment où l'on s'y attendait le moins. En l'ouvrant rejaillissent mille choses enfouies dans notre mémoire, refaisant soudain surface dans un claquement de vent tempétueux et caressant. Notre histoire qui tient dans une petite boite rouillée. Une oeillade en arrière, des souvenirs passés, des joies perdues qui ne reviendront plus.

    " - Te souvient-il de notre extase ancienne ? (...) Ah ! les beaux jours de bonheur indicible où nous joignons nos bouches ! (...)  Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
    - L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir
    ."

    Paul Verlaine, Colloque sentimental, Fêtes galantes



    Je ne suis pas un grand nostalgique. Comme l'écrivait Gaston Deferre "la nostalgie ne sert à rien. L'important est de bien utiliser le temps dont on ne peut arrêter l'écoulement". Je ne regrette pas le passé ni n'éprouve l'envie de revivre telle ou telle période de mon enfance. A trente deux ans je crois que j'ai rarement été aussi bien dans ma peau, malgré certains coups de yoyo, et quelques passes où je m'abandonne à l'ivresse indicible d'une douce mélancolie, ma fidèle compagne. Alors tel le Capitaine d'un navire, je regarde droit devant, défiant l'horizon. L'avenir nous appartient...

    Pourtant il n'empêche que certaines fois des événements tragiques font s'écrouler le bel édifice. Rien ne sera plus comme avant. L'on aura beau faire semblant, on aura beau tenter d'oublier, certaines cicatrices seront toujours là pour nous rappeler cet âge bientôt ancien, figé dans le marbre des souvenirs à jamais. Les souvenirs sont  parfois cruels.




    Allez vite voir le coup de nostalgie des autres participants à La Photo du Mois  : Olivier, Anne, Véronique, Virginie, Shandara, Jo Ann, Sandrine, Fabienne, Damien, Marie, Nolwenn, Céline in Paris, Anne fra Sveits, Célia, Caro, Guillaume, Mandy, Titem, Cynthia, Caroline, Doremi, Sophie, Tambour Major, Nathalie, François, Mélanie, Célia, Chris, Godnat, Clara, Viviane, Tania, Christophe, Chouchou, Thib, Genki, 100driiine, Gouli, Danièle, Ludo, Carole, Alice, Céline, Carolette, Claude, Marion, Pépinette, Sébastien, Yadie, Dorydee, L'azimutée, Marion, blogoth67, DelphineEtJulie et Cynthia.

    13 novembre 2010

    Lectures du week-end

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    Le 13 novembre c'est la journée de la gentillesse : il faut donc être gentil aujourd'hui nous rappelle FalconHill. Fred nous donne d'ailleurs quelques pistes pour être très très très gentil (@ christophe : quand tu veux tu me portes le petit déj' au lit ! smileys Forum) .  Alors, comme je sais aussi être très très gentil, voici quelques billets lus ces jours derniers sur la toile que j'ai trouvé fort intéressants et que je vous invite à aller lire.

    Journée de la gentillesse donc. Savez-vous que des journées à la con comme ça il en existe au moins une par date calendaire ? C'est incroyable ! Heureusement David Desgouilles répond pour nous avec beaucoup d'humour à la question cruciale : comment célébrer les journées dédiées ?
    De son coté Ek91 pose une question qui intéressera les pédéblogueurs : " L'héterosexualité n'est visiblement pas un sujet de blog en soi. Du coup, je m'interroge : l'homosexualité est-elle, elle, un sujet de blog ?". C'est à lire ici.

    Dans un tout autre genre, Tarvalanion s'interroge lui aussi mais sur Twitter et la notion d'intérêt. Je twitte donc je suis ? Toujours dans la technologie de pointe : un smartphone qui détecte les MST, vous y croyez ? C'est chez Corto que cela se passe.
    On change de ton mais pas de sujet avec l'Odieux Connard (c'est son nom) qui nous pond un drôlissime billet sur la géolocalisation des mioches. Profitez-en pour lire son billet sur Resident Evil qui m'a fait pisser de rire ! Et puis lisez aussi tout le reste ça vaut son pesant de bananes ! Un blog découvert récemment dont j'apprécie particulièrement le ton, piquant juste ce qu'il faut. Attention vitriol inside ! Un de mes coups de coeur du moment.

    Pendant ce temps et de façon plus légère, Virgile s'adonne au Gagaïsme le plus total, PascalR est toujours aussi gaga de son chaton crô mignon (lisez aussi les commentaires...), Anthonygay tombe gaga de son collègue de travail (cupidon n'est pas au chômage pour tout le monde !), Jérômeuh déménage et les  Indégivrables se fendent toujours autant la banquise. Et moi je me fends la poire !



    Journée de la gentillesse oblige, je ne pouvais pas vous quitter sans ça :


    Non, ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi...
    Bon week-end !

    12 novembre 2010

    Love...

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    J'en conviens, c'est aussi peu rigoureux que scientifique, au risque d'en contrarier certains ou d'autres...

    10 novembre 2010

    Dérapage

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    J'apprends en lisant ma page d'accueil Yahoo que le Grand Gourou de la liberté de penser aurait "dérapé". Non, il ne s'agit pas de ski alpin ou de course automobile mais d'un dérapage verbal. Notre exilé des pampas aurait en effet déclaré à l'antenne d'une radio :
    "Et puis, c'est vrai qu'à un moment, ton môme rentre à la maison et se met à parler rebeu . Tu lui dis que ce n'est pas possible. Verlan encore tout va bien mais là, il n'y a pas de raison.
    Cette petite phrase a déclenché aussitôt les foudres du Conseil Représentatif des Associations Noires de France et d'autres associations luttant contre le racisme qui se sont déclarées choquées par ces déclarations scandaleuses, lesquelles ne sont pas sans rappeler les propos non moins tolérables de l'homme à l'oeil de verre le plus célèbre de l'hexagone.

    Ce qui m'interpelle ce n'est pas tant la puissante pensée de notre ménestrel mais plutôt que l'on ait aussitôt qualifié ces propos de "dérapage" et au fond chercher à savoir ce qu'est un dérapage. N'oublions pas que nous sommes des Monsieur Jourdain en puissance et que si certains font de la prose sans vouloir d'autres dérapent sans le savoir.

    En recherchant rapidement sur quelque fiable dictionnaire en ligne on trouve de "dérapage" les éléments de définition suivants :

    1. MAR. [Correspond à déraper A 1] , Action de déraper (Ac. 1932). Mouvement d'une ancre qui est détachée ou se détache du fond
    (...)
    2. Usuel. [En parlant d'un véhicule : bicyclette, automobile] Glissement latéral spontané ou dû à un coup de frein, ou à un mouvement du guidon ou du volant, sur route mouillée, verglacée, enneigée, etc.
    Le dérapage est donc lié à une perte de contrôle de la situation qui nous entraîne hors de la piste normalement prévue et fait perdre sa stabilité à un navire emporté par la houle ou au véhicule qui finit planté dans le décors.
    Appliqué à notre Caruso des temps modernes, le dérapage qui lui est imputé signifie que ses propos sont déplacés et l'ont conduit en dehors des rails d'une certaine normalité. Mais de quelle normalité ? Celle qui est de ne dire du mal de personne ni de laisser sous-entendre que l'on puisse ne pas apprécier telle ou telle catégorie de la population, au risque de raccourcis abracadabrantesques ? Ainsi, dire que l'on ne veut pas que ses enfants parlent "rebeu" signifierait non seulement que l'on n'apprécie pas une certaine façon de parler mais  surtout que l'on n'apprécie pas les personnes qui emploient cette forme de langage. Ce sont il me semble deux poids deux mesures qui conduisent à une fâcheuse confusion.

    La comparaison avec le bull-dogue d'extrême droite peut paraître logique alors que l'évidence n'est pas celle que l'on croit. Le leader historique du parti nationaliste non-fleurdelisé est coutumier des petites piques jetées en pâtures tant à ses électeurs qu'à ses détracteurs. Il ne s'agit même plus de dérapage : c'est au contraire une ligne de conduite, un art de vivre, au point que c'en est devenu sa raison d'être. Comparaison n'est pas raison...

    Je passerai sur les commentaires haineux que j'ai pu lire ici ou là, tant contre notre people en perte d'adhérence qu'à l'encontre de ceux qui parlent rebeu, wesh, chtimi ou que sais-je encore. On regrettera que ni Jean Claude Van Dame ni Steevy Boulay ne se soient  exprimés sur le sujet. Non, je déconne. Pour être sérieux, je remarque seulement que cette histoire de dérapage  - qui plus est monté en épingle par des médias en mal d'onanisme (avec ou sans boudin blanc) - me paraît symptomatique d'un profond malaise Français ravivé tout récemment par un fameux débat sur l'identité nationale qui a remué plus de vase putride qu'un troupeau d'éléphants apeurés dans une marre aux canards fétidique. Ce même malaise qui conduit à tout taire et à ne rien dire qui puisse choquer, offusquer ou friser une oreille. Une saine et confortable bien-pensance qui telle une couche de crépis sur un mur pourri, en cache les vices mais n'en guérit pas les maux...

    Plus dure sera la chute des masques !

    7 novembre 2010

    Dans les vestiaires

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    Hier je suis retourné m'inscrire à la salle d'haltérophilie où je pratique depuis quelques années. Je n'y étais pas retourné depuis cet été, notamment en raison de son déménagement vers d'autres lieux, et aussi parce que je me demandais si cela était réellement utile non pas de maintenir une masse musculaire importante mais surtout de poursuivre un entraînement conduisant toujours plus loin, en force, en puissance, en souffrances aussi, et dans quel but ? Parallèlement j'étais inscrit dans une autre salle faisant partie d'une chaine où je fais du cardio quelques heures par semaine et pensais m'en tenir à cette seule dernière : transpirer, souffler, faire tourner la machine et perdre quelques kilos pour être bien dans ses baskets, au fond n'est-ce pas ce que je recherche ?

    Mais depuis trois mois sans effort musculaire intense, un manque s'est installé. Le manque de cette sensation de plénitude, de bienêtre incomparable que l'on ressent lorsque, après l'effort, le sang gorgé d'endorphines, les muscles saturés manifestent leur existence. La sensation d'être "plein", d'être vivant. Je ne sais pas bien comment la décrire mais je sais qu'elle me plait.

    Alors hier j'ai pris mon sac et me suis rendu à la nouvelle adresse du club, faisant du même coup connaissance avec les nouveaux locaux. C'est joli, c'est tout propre, c'est tout neuf. J'ai retrouvé l'ambiance hyper-testostéronée décontractée qui conférait au club son charme si particulier. J'ai retrouvé quelques habitués, des copains pour certains, notamment P, un petit ourson tout gentil que je ne me suis jamais lassé de mater regarder en plein effort les années précédentes. J'ai fait connaissance avec quelques nouvelles têtes, très agréables pour certaines. La population ici est bien particulières : pas de cocotte à l'eau de rose qui  prend garde à ne pas trop transpirer pour pas esquinter son auto-bronzant, qui se rase le torse et s'inonde de Jean Paul Gaultier. Non, ici c'est du mâle, du vrai, du tigre de combat ou de jeunes lionceaux voulant se construire une crinière à la force du biceps, avec du poil et de la sueur. J'ai ri intérieurement en repensant à certaines billets que Fred a pu écrire sur le sujet.

    Et surtout j'ai découvert les nouveaux vestiaires qui ne sentent pas encore le renard, et dotés de douches toutes propres. Là j'ai tiqué l'espace d'une demi seconde.  En effet changement radical par rapport aux précédentes :  finies les cabines individuelles, les douches sont désormais collectives. Me retrouver nu au milieu de mecs en tenue d'Adam, abandonnant leur corps à la volupté du gel douche... Moi qui suis si pudique. J'ai eu raison de revenir.

    4 novembre 2010

    La confusion des sentiments

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    Aussi loin que je me souvienne, la dernière fois où j'ai réellement commencé à ressentir quelque chose pour quelqu'un remonte à février dernier. Ho, comme à chaque fois ce fut pathétique et il fallut moins d'une semaine pour que l'idylle s'effiloche comme une vieille chaussette mal reprisée. Quelques semaines auparavant j'avais déjà subi un échec, hautement prévisible, mais qui ne tente rien n'a rien parait-il. Deux claques consécutives qui, faisant suite à une rupture - de mon fait cette fois - après une relation de quatre mois (mon plus gros score), n'ont fait que m'endurcir, à épaissir ma carapace, cette fameuse carapace dont j'ai déjà parlé.

    La semaine dernière j'ai commencé à discuter avec un charmant garçon  dont certaines photos pourraient parfaitement figurer chez Loup ou Fred, arborant sur son profil un rayonnant visage que de grands yeux noirs pétillants viennent ponctuer avec élégance, et dont le décolleté invite le regard à plonger vers une  étourdissante garrigue sauvage (oui oui les garçons, vous pouvez baver de jalousie). Cela faisait à vrai dire plusieurs semaines que l'on se tournait autour, que je voyais les traces son passage sur mes plates-bandes, qu'il pouvait constater mes empreintes sur les siennes et qu'il me glissait de temps à autre des invitations à entrer en contact, invitations auxquelles je n'osais trop répondre. Et puis un beau soir j'ai ouvert le feu. "Advienne que pourra" me suis-je dit. La conversation s'est engagée, simplement.

    Nous avons commencé à papoter à la faveur d'un feeling plutôt bon, nous découvrant  au gré de nos entrevues numériques quelques points communs et des différences plutôt sympathiques laissant entrevoir une jolie complémentarité. Les jours passant arrivent les premières vannes, comme des chatons  foufous on sort un peu chacun ses griffes pour voir jusqu'où l'on peut aller, on se chambre, on se mordille, on rigole, signe que l'on s'apprivoise peu à peu, et que  chacun prend ses repères. Visiblement on se plait. Pour moi, au vu des éléments que je recueille et de ce que je  ressens alors par l'intermédiaire de nos messages, il pourrait tout à fait correspondre au profil de mec capable de me faire décoller.

    Nous en venons progressivement à nous croiser à peu près tous les jours, à échanger très régulièrement, répondant presque du tac au tac, et moi à attendre avec anxiété au petit matin la réponse au message que j'avais pu lui laisser la veille au soir avant d'aller me coucher. Et puis vint le jour où, submergé par une intense fatigue, la machine à fantasmes s'est mise en route. La fatigue a le don d'exacerber les choses, c'est bien connu. Commençait ainsi à s'immiscer en moi un étrange malaise que je n'avais pas ressenti depuis de longs mois,  le genre de distorsion que l'on ressent lorsque l'on se pose trop de questions qui restent sans réponses, que l'on se torture l'esprit, et cela malgré tous mes efforts pour ne pas m'emballer. Le malaise était d'autant plus grand que nous étions dans l'impossibilité de nous voir, chacun ayant migré vers le foyer parental à l'occasion du week-end de la Toussaint, et que je sais combien la réalité peut s'avérer cruelle lorsqu'il s'agit de déception. Je me suis mis à penser à lui, à imaginer des choses...   Et s'il y avait une infime probabilité que ce soit le bon ?

    Alors pour rêvasser un peu je me mis à ré-éplucher ses profils sur les deux sites où nous nous croisions. L'un d'eux précisait explicitement qu'il était maqué. La force du déni est extraordinaire... Sur l'autre, l'information figurait également, en filigrane cette fois ; j'avais du le voir, sans que je le comprenne sur le coup. J'avais tous les éléments sous mes yeux depuis le début : il n'est pas célibataire, il n'est pas disponible pour une romance. Il est donc inutile de fonder le quelconque espoir de nouer quoi que ce soit avec lui, ce qui aurait-du m'attrister un tant soit peu. Un rêve qui se brise, encore. Telle ne fut pourtant pas ma réaction.

    Car en effet ce fut une puissante vague d'apaisement qui déferla en moi, emportant avec elle toutes mes angoisses, dissipant mes doutes, abrogeant toute velléité d'incertitude. Ce fut un soulagement formidable. Mais troublant aussi : cela signifierait-il que je n'aie point envie de tomber amoureux ?
    Non, ce n'est pas cela du tout. Le soulagement est de savoir que je n'avais pas à me prendre la tête pour ce garçon, à torturer mon esprit déjà en proie à des Hydres personnelles dont je m'emploie à être l'Hercule. Je n'ai pas envie de ce malaise que j'ai parfois connu lors de premiers émois avec un garçon et que peu à peu se tresse de fil d'ariane de nos sentiments, même éphémères.

    Néanmoins, le fait que je me sois posé tant de questions, que je me sois laissé emporter par mon imaginaire et me sois plu à envisager la possibilité d'un début de romance témoigne que  l'envie  n'est pas morte et que sous la cendre somnolent des braises qu'un souffle assez puissant pourra raviver toute l'ardeur. C'est plutôt rassurant de savoir que je puisse le moment venu succomber à des sentiments, malgré moi.

    Comme j'imagine que vous vous posez la question, depuis j'ai rediscuté avec ce beau garçon. Libéré de mes doutes, la conversation a un peu évolué.  Lui et son copain ayant  une vie ouvertement libertine, il m'a proposé que l'on s'exerce à faire des bébés. J'ai dit oui, évidemment.

    Fait rarissime, j'ai englouti une tablette de chocolat aux noisettes le week-end dernier. Il paraît que les envies de chocolat trahissent un besoin de tendresse.

    Tout est bien qui ne va pas si mal, en définitive...

    31 octobre 2010

    L'épaisseur du jour

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    La nuit silencieuse règne encore sur la ville morte. Nul vent pour faire frissonner les dernières feuilles meurtries dans leur lente et irrémédiable agonie. De leurs bras décharnés, les arbres tentent de s'agripper aux cieux scintillants tandis que derrière eux se dessine la stature bienveillante de quelques immeubles par dessus la rue déserte. A leur pied, des réverbères ivres de tristesse vomissent leur laideur à la face du bitume inerte. Un oiseau perdu traverse l'horizon en un éclair noir, sans bruit. Il n'est déjà plus là.

    Le front appuyé sur la vitre froide, je contemple la beauté du néant. Moi le garçon qui hier encore se délectait de l'insouciance des jours du haut de ses vingt ans, et qui aujourd'hui au seuil de sa vie d'adulte, se demande qui il est vraiment. Par inadvertance mon regard croise mon reflet sur le verre. Et ce que j'y vois me dégoute. La nuit est si belle...

    Mais voici que le ciel constellé d'étoiles blanchit peu à peu tandis que sous lui s'éveille l'astre du jour dans sa pâleur diaphane, transperçant d'abord avec mollesse l'écharpe de brume enveloppant l'horizon. Le voici, il est là le soleil rougeoyant, ce coloriste prodigieux qui, dans un éclat insoutenable, éclabousse soudain l'univers de pourpre, de violine et de magenta. Sous les coups de ses pinceaux les ténèbres se replient. Dans une lutte sans merci l'obscurité se débat en un tumulte extraordinaire dissimulé par la sublimité étourdissante la scène. Les ombres foudroyées s'évanouissent, se dissolvent, englouties par un irrésistible déluge de lumière. Progressivement le paysage se dévoile, la vie reprend son cours.

    Le combat n'aura duré qu'un instant. Ce court instant ou transparait dans toute sa splendeur la sublime épaisseur du jour et le vide de l'existence.

    C'est une nouvelle journée qui commence.
    Une journée presque ordinaire.

    30 octobre 2010

    Mon Prince

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    Ce matin en me levant j'ai eu la surprise de découvrir le vide intersidéral qui hante mes placards. Ha bé non, y'a plus rien à manger du tout à part des champignons chinois séchés et du maïs à pop-corn. Rageant... Mais pas assez pour déstabiliser un Tambour Major encore en mode [plantigrade affamé]. En plus j'avais envie de manger quelque chose de bien régressif, avec du chocolat, du sucre à gogo et des trucs qui croquent sous la dent en lieu et place des tartines de miel (de bruyère en ce moment) sur pain complet dont le grizzly qui sommeille en moi se délecte quotidiennement.

    Je lance une cafetière qui embaume aussitôt l'appartement de senteurs exquises et enfile sans prendre la peine de me doucher un jean et un pull qui trainent au pied du lit. Hop, direction la superette du coin de la rue en quête de victuailles. Mon choix est vite fait. Mon instinct est mon guide, je ne commande plus rien, abandonnant ma raison à l'empire de mes sens, et surtout de ma gourmandise.

    Cinq minutes plus tard me voici de retour chez moi. Un énorme mug rempli de café, quelques carrés de chocolat aux noisettes et des Princes au chocolat, tel sera mon festin. Sacrilège suprême : tremper les gâteaux dans le café au lait, ce qui ramollit le biscuit, mais fait aussi fondre le fourrage au chocolat qui dégouline... Difficile de manger tout à fait proprement. Je m'en fous : c'est régressif à souhait, ça fait du bien partout et c'est exactement ce dont j'avais besoin pour mon bonheur. Ca peut être si simple la vie parfois.

    27 octobre 2010

    Confidence pour confidence

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    Hier soir en sortant du boulot je suis passé voir un ami chez lui. Un pote très branché "milieu" et qu'il écumait régulièrement jusqu'à tout récemment : Cupidon a frappé à sa porte... Je devais lui apporter des documents et il en a profité pour me montrer les photos d'une soirée précédente. On a bu un café en se remémorant quelques bons moments tout en pouffant comme deux idiots. Il était de bonne humeur et pour une fois les pieds bien posés sur terre.

    La conversation s'est installée d'elle même, naturellement et de fil en aiguille il en est venu à  me parler de son copain, de leur relation, de ses doutes, de certaines petites choses qui commencent à l'énerver ou qui l'exaspèrent franchement et des prises de bec qui commencent à pointer le bout de leur nez dans leur couple naissant.

    On a discuté un petit moment et j'ai été surpris qu'il se confie à moi de la sorte et lève (enfin) le voile sur cette partie de lui qu'il tient à l'abri des regards, celle de l'écorché vif qui déchaîne sa hargne et sa colère dans une sexualité débridée, mais en qui subsiste le petit garçon apeuré qu'il a pu être par le passé,  un grand coeur engoncé dans une armure d'effronterie qu'il s'efforce de rendre impénétrable. Depuis un an que nous nous connaissons, alors même que nous avons souvent bavardé de tout et de rien, jamais il ne s'était livré aussi entièrement.  Je ne sais pas s'il s'en est rendu compte, cela m'a touché.

    Hier soir cet ami m'a appris malgré lui qu'être une  figure emblématique du "milieu" n'empêche pas d'être fondamentalement un mec bien. C'est idiot, mais il m'a fallu du temps pour le réaliser.

    24 octobre 2010

    Sortir ?

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    L'autre soir j'étais à l'anniversaire de D qui se déroulait au beau milieu d'un appartement dévasté par un chantier qui n'en finit plus de se terminer. Ca faisait un petit moment que je n'étais pas passé chez lui. Un mec adorable avais-je déjà eu l'occasion d'écrire, mais à petite dose pour moi, ce qui ne lui enlève rien de ses qualité humaines. Parmi les convives, quelques piliers du milieu Toulousain qui s'étonnaient de ne pas me voir sortir davantage dans le endroits idoines. Ceci ajouté à quelques tentatives lourdingues de me tâter la croupe me donnait l'occasion de leur dire tout le mal que je pensais du milieu Toulousain et par extension le peu d'intérêt que je porte au milieu en général. A mon grand étonnement ils acquiescèrent globalement à ma diatribe, clôturant eux-même l'anathème par cette remarque "c'est vrai que ça manque d'humanité". Je fus satisfait de me rendre compte que finalement mon opinion n'était pas si hérétique que cela mais paradoxalement déçu que l'on n'essaie pas de me faire changer d'avis en me retournant d'autres arguments cette fois-ci in favorem. J'étais presque peiné.

    Au milieu des invités se trouvait M, le copain de D. Un mec super sympa. Je l'avais déjà croisé sur les pixels froids de mon écran sans que jamais nous n'engagions la conversation, un je-ne-sais-quoi transparaissant de son profil me laissant penser qu'un élément dissonait entre nos personnalités respectives. La rencontre in vivo fut très agréable. On a beaucoup ri, un peu papoté, beaucoup bu, échangé quelques regards dépourvus de toute équivoque, tout en sachant que pris dans les griffes de D il est désormais inaccessible. Une jolie rencontre. La dissonance perçue trouva sa confirmation : si M et moi pouvons devenir potes, je sais que ce n'est pas un mec pour moi ni moi un mec pour lui. Vivre avec D suppose une structuration mentale trop peu cartésienne, incompatible avec ma façon de vivre, finalement très quelconque. Mais sait-on jamais ce que les Parques nous réservent ? C'est con mais je m'entends toujours très bien avec les mecs des autres. Parfois je me dis "merde, si j'avais su..." Car au fond si les sites permettent de brasser pas mal de monde, cela ne reste jamais que des potentialités virtuelles figées dans quelques photos souvent vieillottes et l'impersonnalité de quelques mots maladroits. La vrai vie est ailleurs. Alors, dois-je me résoudre à remettre les pieds dans le milieu pour faire des rencontres intéressantes qui mènent un peu plus loin qu'une session de rô câlins coquins ?

    21 octobre 2010

    Madrid

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    Me revoilou ! Ce week-end à vivoter au rythme de la ville et à baver sur les espagnols  fut formidable ! Oui, ce n'est pas tellement un secret : les grands bruns au regard d'ébène, lorsqu'ils ne sont pas trop gros ou trop maigres - c'est à dire parfois - incarnent à mes yeux cette sorte de perfection formelle capable de me faire perdre tous mes moyens. Ayant logé en plein coeur de Chuica, je peux vous assurer que j'ai pu en admirer un certain nombre smileys Forum. En revanche le fait d'avoir été en famille m'a conduit à un peu brider mes (h)ardeurs. Qu'à cela ne tienne, ce n'était pas le principal but de mon voyage. Alors point de visite au pas de charge. Nous avons simplement vécu comme de simples citadins, pour prendre le pouls de la ville, quitte à laisser certaines choses de coté. Car après tout ce n'est pas très grave étant donné que j'ai tout loisir d'y revenir à ma guise.

    Une chose est sûre : Madrid est une très belle ville, vivante autant le jour que la nuit (une pâtisserie ouverte à 1heure du matin et bondée de monde, vous y croyez vous ?), agréable, accueillante et plutôt tolérante : je n'ai jamais vu autant de (bô) mecs se balader main dans la main, même dans le Marais !
    En plus, une fois mon vocabulaire dérouillé, j'ai retrouvé mes marques en un clin d'oeil, l'absence de barrière linguistique et une certaine pratique de l'Espagne en général me permettant de me sentir totalement chez moi. Et ça, j'avoue que c'est un confort que je goûte tout particulièrement.

    Plutôt que de longs discours et comme je n'avais pas envie de pondre un billet fastidieux pour raconter mon week-end  Madrilène, je vous ai concocté une petite vidéo plutôt tonique avec plein de jolies photos dedans : des façades, des graffitis, des tapas, la statue de Garia Lorca, des endroits sympas, des bars over-trendy, des clams qui font la course, un parc, de l'eau, de l'alcool, des jolies choses, des machins et des bidules, un peu de soleil et beaucoup de bonne humeur.

    ¡ Que aproveche !


    Musique : Delafé Y Las Flores Azules - Rio Por No Llorar