30 avril 2010

Kick Ass

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Dave est un ado quelconque. Il n'a rien de spécial, rien d'extraordinaire. Sa vie ressemble à celle de n'importe quel adolescent, partagée entre les cours au lycée, les fantasmes érotiques sur la prof d'anglais, les rateaux récurrents avec les filles, sa bande de potes et les comics. Être un super héro. Voilà qui devrait être excitant. Sauver la veuve et l'orphelin, pourfendre du criminel, traquer l'injustice quotidienne... Mais comment être un super héro lorsque  l'on a aucun super pouvoir ni d'araignée radio-active à portée de la main ? Paré d'une combinaison verte achetée sur Internet, Dave prend le pari de devenir justicier masqué, part à l'assaut de la petite racaille et devient... Kick Ass. Mais il se rendra vite compte que ses épaules sont trop frêles pour le métier de super héro. Beaucoup trop. D'autant que sa route va croiser bientôt celle de Hit Gril et  Big Dady, nettement plus entraînés et surtout beaucoup plus déterminés que lui dans la lutte contre le crime.  Mais rapidement la mafia locale, qui apprécie assez peu que l'on vienne faire mumuse sur ses plates bandes, va les contraindre à unir leurs forces. 

Kick Ass fait assurément partie de la catégorie des OVNI cinématographiques prenant le contrepied des supers héros aux supers-pouvoirs super-tout-ce-que-vous-voulez, sur un ton déjanté, décalé, et particulièrement violent. Car attention, ça saigne à blanc, ça charcute sec, ça tranche dans le vif, parfois assez crument. Esprits sensibles s'abstenir : Kick Ass c'est pas un film de pédés ! (hu hu hu... lol mdr inside).

Décalé, le film l'est de bout en bout. Faisant fi des règles du politiquement correct, Matthew Vaughn (réalisateur) prend toutes les libertés possibles avec tout ce qu'il est permis, les codes de l'ultra-violence en particulier. L'on a ainsi droit à quelques scènes assez dures, faisant écho à une cruauté quotidienne, à l'injustice poussée à son paroxysme, doublées d'un regard satyrique froid sur notre société voyeuriste, médias comme spectateurs, procurant un fort sentiment de malaise, renvoyés que nous sommes face à nos propres turpitudes.

Heureusement, Kick Ass se démarque par une bouffée de second degré extrêmement décalé qui réussit à contrebalancer ces instants qui, s'ils avaient été seuls, eussent rendus le film insupportable. Car si j'ai trouvé que certaines scènes restaient très premier degrés, d'autres au contraire sont purement jubilatoires, de la surenchère sans limite, de l'hémoglobine par bidons entiers, sans tomber pour autant dans le gore vulgaire d'un mauvais film des années 80. Ca sent discrètement le Tarantino tout ça. Une scène (Hit Gril prise en cul de sac dans la cuisine) m'a même fait pensé au Nikita de Luc Besson (son seul bon film à mon avis mais c'est un autre débat). Kick Ass recèle certainement d'autres allusions qui m'ont échappées, mais la facture reste profondément originale.

L'humour de Kick Ass tient également beaucoup à ses personnages, à commencer Mindy,  ou comment  l'innocence d' une toute mignonne petite fille masque en réalité un hachoir à viande sur pattes,  une tueuse de sang froid qui ferait passer Jason Voorhees pour un bisounours, dotée qui plus est d'un vocabulaire ordurier à souhait. Big Dady (incarné par Nicolas Cage) vaut également - et pour d'autres raisons - son pesant de cacahuètes. Au fond, tous les personnages sont - à leur façon - décalés, du moindre garde du corps jusqu'au très très vilain Franck D'Amico, la tête pensante de la Mafia, que ce soit par leurs attitudes inadaptées ou franchement ridicules, ou encore certaines répliques particulièrement savoureuses gorgées d'ironie rafraichissante.

Drôle, violent, parfois tendre (heu... si si... il me semble), Kick Ass est aussi agréablement filmé. Rythme du montage, soutenu par une bande son parfaite, beauté graphique et esthétisme de certaines séquences acrobatiques ; on sent que Matthew Vaughn s'est fait plaisir et cela se voit à l'écran, pour notre plus grand bonheur.


Voir aussi : Will

29 avril 2010

Miroirs

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Je ne me suis jamais trouvé particulièrement beau. Malgré mes efforts et les années, je ne m'aime pas. Je me supporte, tout au plus. A une certaine époque je me trouvais même particulièrement laid. Hideux. Encore aujourd'hui, j'ai beau scruter dans le miroir, rien, je ne vois rien qui me satisfasse. Ce ventre trop gros, cette imperfection de la peau près de mon oeil droit, ces rides qui progressivement se creusent sur mon front et au coin de mes yeux, ces jambes difformes, ce profil disgracieux...

Si je pouvais me glisser dans la peau d'un autre, un beau gars grand et costaud, bien foutu, sans kilos superflus, sans bourrelets, un bel athlète au poitrail généreux, au visage rayonnant, pourvu de belles mains, à la voix assurée et à la démarche fière... Et oublier cette enveloppe dont je m'applique à construire une image dont je ne chercherais plus à éviter le reflet dans les miroirs. Une image dont je me dirais qu'elle peut être désirable. Une image dont je pourrais lire dans les regards s'attardant sur moi qu'elle inspire le désir. Me faire désirer et pouvoir narguer le monde du haut de mon assurance.

Peut être suis-je très pessimiste sur la condition humaine, et quoiqu'horrible soit cette conception des choses,  j'ai tendance à croire que la société contemporaine nous réduit à ce que les autres voient de nous : je suis ce que les autres voient de moi. Suis-je vraiment moi sans le regard que les autres me portent, sans la mémoire qui existe de nous en dehors de nous ? J'aurais beau être le plus grand salaud du monde, être habité d'idées perverses et abjectes, mais que je me comporte en parfait gentleman avec mes semblables, qui se souviendra du monstre intérieur qui me hantait ? Quelle mémoire sera perpétuée ? Suis-je ce que je suis par le fait même d'être, ou par l'unique intercession de ce que les autres perçoivent de moi et qu'ils me renvoient ?

J'avais entendu il y a longtemps une variante du mythe de Narcisse. Après que celui-ci se soit noyé, des naïades, passant près de la source, l'entendent se lamenter :
- "Pourquoi es-tu triste ? demandent les naïades à la source
- Je pleure la mort de Narcisse, sanglote la source.
- Narcisse s'est noyé en contemplant son reflet sur ta face.
- Oui. mais pendant qu'il se penchait sur moi, moi je pouvais m'admirer dans le reflet de ses yeux."
Peut être ce blog est-il, à sa manière, mon cours d'eau. On se soigne comme on peut !
Je vous dois combien ?

25 avril 2010

Anne-Charlotte, le drame !

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Mes lecteurs assidus se rappellent certainement de la magnifique Anne-Charlotte, présentée dans ces colones la semaine dernière. Vos nombreux commentaires attestaient que sa grande popularité n'était pas usurpée.

Et pourtant les larmes m'étreignent à l'instant où j'écris ces lignes. L'émotion est trop forte qui me submerge. Il me faut rassembler mes forces pour faire face à la puissance du drame dont je me fais le porte parole. Sois fort toi aussi. 

Hier soir, Anne-Charlotte a été l'innocente victime d'un monstre sanguinaire qui l'a mortellement agressée. Anne-Charlotte nous a quitté dans des circonstances déchirantes (enfin, surtout pour elle) laissant un grand vide autour d'elle. Nous savons tous qu'elle conservera toujours une place très spéciale dans le coeur de ceux et celles qui ont eu la chance de la connaître, elle qui était l'allégorie de la grâce et de la pureté, la quintessence du sublime confinant au comble de l'intemporel.

En exclusivité mondiale, les photos du drame. Attention, certaines images peuvent heurter les plus jeunes de nos lecteurs.



Des images terribles.

24 avril 2010

Eveil

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Le jour brumeux perce mollement à travers les persiennes
Dans la chambre endormie
Les ombres sont reines
Immobiles
Il fait bon parmi les draps
Et le silence

Le bruit sourd de mes pas sur le parquet
Froissement de papier
Volutes vaporeuses et senteurs sensuelles
Encore engourdi
Adossé à la fenêtre
Je contemple indolent
Les arbres qui dégueulent de bourgeons
Sur le gris du ciel

Dans la cuisine le café
Comme la vie
S'écoule

Prendre le temps
De ne rien faire
Savourer le néant
La futilité des choses
Dans la solitude égoïste
D'un matin presque ordinaire


23 avril 2010

Tetris... et autres prises de tête.

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Si les consoles de jeu ont fait des progrès fulgurants depuis les premières 8 bits, au profit d'une qualité graphique inimaginable à l'époque, c'est souvent au détriment du coté ludique. Je ne sais pas vous, mais si les premières épopées d'héroïc fantaisie m'ont réellement fait vibrer, leur développement en longueur me rebute aujourd'hui car il est fini le temps où quelques heures acharnées permettaient à un joueur averti de terminer d'un trait d'un seul son jeu favori dont il pouvait s'enorgueillir de connaître tous les recoins sur le bout des doigts. Désormais s'attaquer au moindre jeu d'aventure signifie rester coller devant son écran pendant des mois entiers avant de peut être en voir le bout... Temps dont je ne dispose plus. Ceci explique sûrement mon goût pour le rétro-gaming, retour aux petits jeux sympas d'antan, le confort moderne en plus (ou pas !).

Au rang des incontournables se hisse très loin en tête l'inoxydable Tetris qui connut ses heures de gloire populaire sur Nes puis Gameboy, avant de subir toutes les déclinaisons possibles et imaginables.

Histoire de bien vous pourrir le vendredi après midi et de vous occuper le week-end, je vous propose non pas une, ni deux, mais trois versions de Tetris que je trouve assez réussies, voire carrément loufoques.

Tout d'abord 99 Bricks, de chez Kongregate.
Dans 99 Bricks, on dispose de 99 pièces de Tetris pour construire l’ensemble le plus haut possible. Classique me direz-vous. Oui. Sauf que le jeu intégre un simulateur de gravité qui fait qu'au bout d'une certaine hauteur, l'édifice commence à ressembler à la tour de Pise ! Il faut donc essayer d’équilibrer et de consolider sa tour le plus possible.Certains réflexes, comme insérer une barre verticale pour combler un trou, deviennent rapidement suicidaires...

cliquez sur l'image pour jouer

Ensuite, Hell Tetris, toujours de chez Kongregate.
On est sur du Tetris classique, avec un générateur de gravité, et une petite difficulté supplémentaire tenant au fond subtilement arrondi... La partie ressemble très vite à un vaste bordel. Bonne chance ! Et restons calmes...

cliquez sur l'image pour jouer

Enfin, First Person Tetris, oeuvre d'un développeur indépendant inconnu.
Cette fois-ci, pas de gravité, pas de tour qui s'effondre, pas de fond concave. Non non... rien de tout ça. Du classique du sobre, du basique, du simple. Enfin presque. Car pour le coup ce ne sont pas les pièces qui tournent, mais bien tout l'écran de jeu ! On y perd rapidement son latin (ou son HTML) et le mal de mer n'est jamais très loin. Mais le concept est pour le moins original.

cliquez sur l'image pour jouer


Alors, prêts ? Feu... Jouez !

22 avril 2010

Dragons / L'Arnacoeur

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Cette semaine semble placée sous l'étendard du 7° art car ce sont pas moins de trois films que je vais aller voir. A mi-parcours (je sors de ma deuxième projection, la dernière sera pour dimanche) voici un petit bilan de mes séances. 

Numbeur wouane :
Dragons - How to Train Your Dragon dans le texte.

Les critiques étaient globalement bonnes pour cet animé signé Dreamworks. Aussi je me laissais embarquer sans réticence aucune. Effectivement Dragons est un bon animé. 

Harold est un viking. Un jeune et frêle viking un peu gauche, pas tout à fait la carrure de l'emploi. Le passe temps favori du viking est de chasser le dragon. Car ces sales bestioles ont la sale manie de venir piquer les moutons en pleine nuit, dévastant au passage la moitié du village. Sachez le, vikings et dragons sont aussi copains que la poule et le renard. Mais Harold ne se sent pas l'âme d'un viking. Il est... différent, risée des autres gamins du village, et désespoir de son colosse de père qui voit s'éteindre en sa progéniture la flamme des mercenaires des mers. Mais un événement invraisemblable va se produire : Harold va réussir à apprivoiser l'une de ces redoutables créatures. Pas n'importe laquelle qui plus est : la plus craintes de toutes, celle qui ferait trembler le plus aguerri des vikings. 

Malgré un scénario qui ne brille pas d'une originalité époustouflante Dragons évite l'écueil d'un manichéisme lourdingue. Une très jolie histoire, touchante et empreinte d'une jolie profondeur, des personnages attachants dotés d'une belle humanité, beaucoup d'humour et une morale fort sympathique sur l'ignorance de l'autre comme source d'intolérance et de conflits font de Dragons un excellent animé qui ravira petits et grands !

Graphiquement il n'y a rien à dire, c'est superbe de bout en bout, avec un soucis du détail poussé assez loin. Le recours à la 3D (étudié dès la conception du film semble-t-il) permet de somptueuses scènes aériennes (oui, depuis Avatar, voler à dos de dragon est une figure quasi imposée) et donne en plein ciel l'illusion d'une immensité assez bluffante. J'ai particulièrement apprécié tout l'univers construit autour de ces animaux mythologiques et la grande liberté prise avec l'imaginaire "dragonesque", créant une véritable culture dragon dans laquelle on le laisse volontiers immerger. J'accorde en outre une mention spéciale aux moutons qui ont l'air au moins aussi stupides que ce que je suggérais à un autre blogueur en d'autres lieux. En tout cas j'ai bien ri !

Seule petite ombre au tableau parce qu'il en faut une : le doublage français ne respecte pas l'accent si particulier que l'on peut entendre dans la bande annonce VO et qui confère un soupçon de pittoresque particulièrement savoureux à l'original. Bon, en même temps, comment restituer cela en français  sans tomber dans le grotesque ? Hum ? Allez, on leur pardonne. 

Voir aussi : Zerojanvier

Numbeur tou
L'Arnacoeur, de Pascal Chaumeil, avec Romain Duris et Vanessa Paradis.

La bande annonce assez accrocheuse m'avait donné bien envie d'aller voir L'Arnacoeur. Les bonnes critiques au sujet de ce film ont fini de me convaincre.

Dans la vie, il y a trois types de femmes : celles qui sont heureuses, celles qui sont malheureuses et qui assument, celles qui sont malheureuses et qui se le cachent. C'est pour cette dernière catégorie que Alex officie. Son métier ? Briseur de couples professionnel. Attention, toujours pour la bonne cause : ouvrir les yeux à celles qui en ont besoin pour sortir de leurs méandres amoureux. Sa méthode : les sentiments. Mais cette fois-ci, il faudra qu'Alex déploie tous ses talents de séducteur pour remplir son contrat ; la partie n'est pas gagnée d'avance.

Un scénario improbable mené tambour major battant, servi par des comédiens pétillants qui semblent prendre  un réel plaisir à donner vie à cette petite entreprise, il n'en fallait pas plus pour faire de L'Arnacoeur une comédie  tonique et rafraîchissante à souhait ! Vanessa Paradis est glamour tout comme il faut et Romain Duris confirme (malgré tout son talent d'acteur) que je déteste les mecs longilignes. Les seconds rôles assument, peut être avec un poil de caricature, leur mission de faire-valoir mais l'ensemble fonctionne plutôt bien. Quelques bons gags, d'autres plus faciles, ponctuent joyeusement l'ensemble. Et l'on ressort de là 1h45 plus tard, le sourire aux lèvres.

Ce n'est certes pas la comédie du siècle mais si vous cherchez un bon  film pour vous donner la patate,  ou tout simplement passer un très agréable moment, L'Arnacoeur est certainement le film qu'il vous faut. Sans plus de prétention. Mais ce n'est déjà pas si mal non ?

Voir aussi : PatrickAntoine
 
Et dimanche soir ce sera le tour de Kick-Ass dont on m'a déjà dit beaucoup de bien !

18 avril 2010

Anne-Charlotte

18 commentaires
Hier soir j'ai fait la connaissance de Anne-Charlotte. Je suis sûr que vous aussi vous allez beaucoup l'apprécier.


A part ça, tout va bien ... smileys Forum

14 avril 2010

Courrier du Coeur

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C'est aujourd'hui Mayya qui me déclare sa flamme dans une très touchante lettre - à la fraîcheur toute candide - envoyé cette nuit et qui m'a beaucoup ému ce matin en buvant mon thé :

Salut! Comment allez-vous


...
Salut. Mon nom Mayya!  J'ai un bon soin de la femme, et j'ai aime votre profil et je veux en savoir plus sur vous! d'un po 'di me: J'aime la vie, l'amour pour les enfants, veut connaitre l'amour, devouee, honnete homme, en vue de creer une famille. Je voudrais connaitre le veritable amour et son meilleur ami, l'ame s?ur et le deuxieme but, un homme qui partage mes interets. Je tiens a dedier leur vie pour en faire un homme heureux, pret a donner tout ce que peut donner une femme, d'epouse, meilleur ami. Besoin d'un solide, harmonieux mariage fonde sur l'amour, la confiance, le respect, la comprehension et la proximite spirituelle ... J'attends votre lettre
S'il vous plait repondez seulement a mes e-mail personnelle: mayya@xxxxx.xx

Ne pouvant rester insensible à cet appel du coeur, c'est tout naturellement que je réponds à la très charmante Mayya.

* * *
Salut!
Entrée en matière franche et directe, quoiqu'un peu triviale, voire franchement familière alors que nous ne nous connaissons pas encore. Nous mettrons ce manque de retenue sur un élan du coeur dont votre (lointain ?) pays doit être coutumier. Le choc des cultures que voulez vous. Ne soyons pas à une acculturation près. C'est donc à mon tour de vous adresser un vibrant "Bonjour" !

Comment allez-vous
Je vais très bien, et vous remercie de vous en soucier. Quoique couché un petit peu tard hier, le soleil matinal me réussit formidablement ! Il est vrai que l'hiver fut long et que l'arrivée du printemps s'avère fort vivifiante. Et vous, comment allez vous ?

Salut.
Bonjour, mais il me semble vous l'avoir déjà dit à l'instant très chère.

Mon nom Mayya!
Enchanté Mayya. C'est un très joli prénom dont je note l'exceptionnel redoublement de la lettre "y" qui trahit certainement une originelle voyelle "mouillée" caractéristique des langues slaves. Auriez-vous des origines russes ou polonaises ? Peut être confirmerez-vous cette intuition - accentuée par l'absence de verbe (être en l'occurrence) dans ce que j'ai peine à qualifier de phrase nominale eu égard à son manque évident d'orthodoxie sémiotique - dans votre réponse que j'espère prochaine.


J'ai un bon soin de la femme
Je ne comprends pas très bien ce que vous voulez dire... De quelle femme prenez vous soin ? De la souffrante madame votre mère ? A moins que vous ne me mettiez en garde contre une éventuelle misogynie qui serait chez moi un obstacle rédhibitoire à toute idylle entre nous ? Trêve de taquinerie, je devine à demi mot que vous faites en réalité allusion à votre penchant pour la coquetterie personnelle, ce en quoi je ne pourrai en rien vous blâmer. Il n'y a rien de pire qu'une femme qui n'ait aucun égard pour sa personne.

et j'ai aime votre profil et je veux en savoir plus sur vous!
Cela est d'autant plus touchant ma chère Mayya que je n'en ai pas... de profil ! Je crains que vous ne vous fourvoyez à mon sujet. Mais qu'importe, je suis toujours partant pour faire connaissance fut-ce avec de parfaits inconnus.

d'un po 'di me: 
Tiens vous parlez italien également ? Voilà qui est intéressant ! Parler des langues étrangères est tellement important de nos jours. Cela dit, dans un contexte de mondialisation, je ne suis pas certain que ce choix relève des plus pertinents, ce qui ne remet nullement en cause le charme intrinsèque des accents mélodiques du latium...

J'aime la vie

Vous m'en voyez ravi chère Mayya. Il y a tant de personnes mal dans leur peau, enclines à la noirceur d'idées suicidaires... D'ailleurs saviez-vous que nous habitons tous les deux des pays au très fort taux de suicide ? Incroyable non ?  Car, voyez-vous, en France en 2008, selon les sources, le taux de suicide est de 16,2 pour 100 000 habitants  ou bien exprimé de la façon suivante par l'OMS : 26,4 pour les hommes et 7,2 pour les femmes. Parmi les pays de l'OCDE, les taux de suicide sont les plus forts au Japon et en France (de 15 à 20 pour 100 000) et les plus faibles en Italie, Grande-Bretagne et aux États-Unis. Le Japon est le pays où le taux de suicide est le plus élevé chez les adolescents. Mais la moyenne d'âge des suicidés y reste élevée en raison de la proportion élevée de personnes âgées parmi les suicidés. En 2008, 32 000 Japonais environ se sont tués eux-mêmes selon la police (pour 33 100 cas en 2007). C'est la onzième année (consécutive) qu'il y a plus de 30 000 suicidés/an au Japon. Le Japon a commencé en 2009 à publier des statistiques mensuelles (ex. : 2 650 cas en janvier 2009 ; à comparer aux 2 300 cas recensés par le Ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être pour janvier 2007) .
Mais je m'égare... Ecoutons donc ensemble cette ode à la vie en imaginant que nous courons nus sur un lit de pétales de roses.


 Reprenons...
l'amour pour les enfants
Que voulez-vous dire exactement ? Que vous aimez les enfants ou bien que vous aimez l'amour que l'on porte aux enfants ? D'ailleurs, en voulez-vous avoir ? Et combien ? Car si votre voeux le plus cher est de mettre au monde une abondante descendance, je crains de n'être pas le partenaire adéquat pour réaliser votre rêve de maternité.

veut connaitre l'amour
Parlez-vous encore de votre personne ? Car la présente conjugaison du verbe vouloir me laisse perplexe.  Voyez-vous, la lettre "t" désigne la troisième personne du singulier ; il eut été grammaticalement plus correct d'écrire "veux". Mais il est vrai que les verbes du troisième groupe sont redoutables. Peut être par coquetterie féminine, dont je subodorais plus haut que vous fussiez coutumière, vous arrive-t-il d'employer la troisième personne du singulier en lieu et place de la première ? Je vous prie de bien vouloir m'éclairer sur ce point.
Ah... l'amour... c'est notre Graal à tous ! Trouver celui ou celle qui nous fera vibrer pour le restant de nos jours et dans les bras duquel s'écoulera la vie dans un douillet bonheur cotonneux...

devouee
Bon, cela fait déjà deux fois que vous omettez l'emploi d'un verbe. Cela commence à être lassant car j'ai peine à suivre votre discours. Vous m'en voyez marri !

honnete homme
KEUWA ? Par pitié faites des phrases structurée ma chère Mayya. C'est à n'y plus rien comprendre...  Qui est cet honnête homme ? Parlez-vous de vous même, ce dont je déduirais hasardeusement votre transsexualisme ? S'agit-il plus probablement de Monsieur votre père ? Ou auriez-vous l'outrecuidance de mettre en doute ma probité au seuil même de nos échanges épistolaires ? Procédé fort peu courtois s'il en est ! Tant de questions en suspens... J'espère que vous lèverez bien vite ces vilains doutes.

en vue de creer une famille
Fonder une famille semble constituer l'une de vos priorités cardinales ma chère Mayya.  Je n'ai rigoureusement rien contre cette idée, bien au contraire. L'impossibilité technique de fonder ma propre famille est d'ailleurs un sujet qui m'attriste parfois. Car, je dois dois vous mettre en garde, la gent féminine n'est pas vraiment celle qui a les faveurs de mes passions nocturnes et, fut-ce avec la meilleure volonté du monde, je serai bien en peine d'accomplir mon devoir conjugal à votre égard.

Je voudrais connaitre le veritable amour et son meilleur ami, l'ame s?ur et le deuxieme but, un homme qui partage mes interets.
Tout cela vous l'avez déjà dit ma chère Mayya, inutile de vous répéter. Cependant, je suis interpellé lorsque vous déclarez tout de go vouloir - je vous cite - "connaitre le veritable amour et son meilleur ami". Je ne suis pas certain que votre mari sera enclin à vous prêter à son meilleur ami... Car la polyandrie reste chose relativement rare de nos jours. Certes elle était courante autrefois chez les Guanches  aux îles Canaries. Elle est également attestée dans l'Antiquité à Sparte, ainsi qu'en témoignent Xénophon, Nicolas de Damas ou encore Plutarque. On la retrouve à la même époque chez les Scythes, peuple nomade originaire des steppes de l'Asie centrale. Plus récemment, elle était encore pratiquée au XXe siècle entre autres chez les Lélé du Kasai,chez les Abisis et d’autres tribus du centre du Nigéria, les Zo´es de la forêt amazonienne et les Guayaki du Paraguay. Elle est toujours légale, mais peu pratiquée, au royaume du Bhoutan.
Je crains que vous ne nourrissiez de faux espoirs et n'alliez au devant d'une profonde déception. Néanmoins, présentez-moi à l'occasion votre meilleur ami. Quelque chose me dit que je pourrai probablement davantage pour lui que je ne puis pour vous.

un homme qui partage mes interets. 
Mais quels sont-ils ma chère Mayya ? Car hormis votre ardent désir de rencontrer l'homme de votre vie qui vous gratifiera d'une foisonnante marmaille, vous restez relativement taisante sur vos goûts personnels. Peut être faites vous partie de ces femmes soumises dont les centres d'intérêts sont nécessairement les mêmes que ceux de son époux ? Auquel cas, j'ai le regret de vous prévenir qu'outre les indispositions physiologiques dont je faisais état plus haut, un tel manque de personnalité produit chez moi un dirimant effet répulsif. Car moi aussi, je suis en quête d'un homme qui partage mes intérêts...

Je tiens a dedier leur vie pour en faire un homme heureux, pret a donner tout ce que peut donner une femme, d'epouse, meilleur ami. 
Mayya, Mayya, Mayya... souvenez-vous que "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément". A qui voulez-vous dédier la vie des enfants que nous n'aurons pas ensemble ? Au gourou d'une secte ?  Non, vraiment l'obscurité hermétique de cette phrase me plonge dans une profonde perplexité, ce dont je n'ose espérer que cela fut votre dessein. Et puis cessez d'invoquer votre meilleur ami à tout bout de champ. Présentez le moi tantôt une bonne fois pour toutes afin que son irruption inopinée ne trouble plus notre intimité.

Besoin d'un solide, harmonieux mariage fonde sur l'amour, la confiance, le respect, la comprehension et la proximite spirituelle
Décidément ma chère Mayya, il vous faudra à l'avenir faire de sérieux efforts grammaticaux : par pitié mettez un verbe dans vos phrases.  Cela me rendra la lecture de vos billets doux hautement plus confortable sans  devoir me risquer à de fastidieuses interprétations dont je ne sais démêler le vrai du faux. Je vous en conjure, faites le au nom du respect auquel vous faites à l'instant allusion.
Déjà vous entrevoyez notre mariage ? N'est pas un peu hasardeux ? N'avez-vous point crainte- comme le disait Landru - de brûler les étapes ? Ne préférez-vous point laisser d'abord grandir la frêle pousse de vos sentiments naissants à mon égard, la voir s'épanouir en un bel arbrisseau dont nous donnerions ensuite seulement la pleine mesure à l'aune du sacrement matrimonial ?


J'attends votre lettre
S'il vous plait repondez seulement a mes e-mail personnelle: mayya@xxxxx.xx
Quoique je fonde de très faibles espoirs sur la pérennité de cette relation que je devine éphémère, je vous salue bien bas ma chère Mayya, en espèreant avoir promptement de vos nouvelles ainsi que l'ami qui vous est si cher et dont vous m'avez si longuement parlé. Je pense que lui et moi risquons d'avoir beaucoup à nous dire.
Votre dévoué, Tambour Major.

13 avril 2010

MangaLand

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Dimanche après midi je me suis laissé traîner aux confins de la 4° dimension : le salon de la culture japonaise, qui se tenait pendant deux jours à l'Innopole de Labège. 15h30 on décolle, un petit tour sur la rocade et quelques quinze minutes plus tard, arrivés à destination, on se gare. Devant l'entrée le ton est donné : Naruto et je ne sais quel personnage gothique crament une clope pendant qu'une créature rose bonbon fait des photos au téléobjectif. Tout va bien. Passage obligé par les caisses, 10 €uros l'entrée, et hop, munis du sésame magique nous entrons de plein pied dans ce temple de la culture japonaise.

L'ambiance est bon-enfant, bruyante, le public assez jeune, dans lequel se côtoient les geeks de trente piges en plein syndrome de Peter Pan, et une foule d'ados manga-ô-philes jusqu'au bout des ongles.

On se balade un peu dans ce vaste fourbi coloré, propulsés dans un autre univers ma foi plutôt agréable. Le premier hall est consacré aux jeux vidéos. Mes instincts de gamer se réveillent à la vison de rutilantes bornes d'arcades des années 90 : Puzzle Bobble, Street Fighters, et autres shoot them up qui ont fait notre bonheur avant que de puissantes consoles viennent s'installer à domicile... Séquence rétrogaming !! Bon, on n'a pas trop résisté et on a fini par s'asseoir pour quelques parties (gratuites , le pied !) de je ne sais plus quel jeu de baston plutôt sympa dont je ne me souvient plus le nom. Mwaaa ! Quel plaisir de retrouver des sensations oubliées ! Et tenir un vrai bon joystick en main n'a pas d'égal (non, il n'y a aucun sous entendu salace !). Un peu plus loin un stand karaoké se déchaîne sur le générique du dessin animé Denver le dinosaure... mais le ridicule est un concept tellement relatif ici !
Nous pénétrons dans le hall principal. On se croirait dans le supermarché du manga ! A perte de vue, des stands de marchandises diverses et variées : des mètres carrés de posters et affiches, des kilomètres de mangas, des montagnes de sacs, bracelets et autres colifichets de plus ou moins belle qualité à l'effigie des héros venus du japon. Les fans en ont pour leur compte ! Et à voir les poches pleines qui circulent il faut croire que les affaires ont été bonnes. Stef, que j'accompagnais, tombe en pâmoison devant une réplique du Death Note dont il finira par acheter un exemplaire. Quant à moi je craque sur une  très mimi Koopa Troopa avant de me résigner : elle n'est définitivement pas raccord avec mon intérieur. Tant pis ! Un peu plus loin on nous propose de refaire notre garde robe : robes gothiques, jolis petits bustiers, bas résilles venus d'une autre galaxie, il n'y a que l'embarras du choix !


Oué je sais que j'aurais eu l'air trop chou dans cet accoutrement mais il n'y avait pas ma taille. Et puis d'autres le portent tellement mieux que moi ! Il faut parfois savoir renoncer... smileys Forum

Le seul absent, ou sous-représenté, de ce salon : le japon traditionnel. Car si les phénomènes jeux vidéos et manga sont représentatifs d'une culture japonaise, celle-ci n'est pas réductible à cela. J'aurais aimé un espace davantage consacré au Japon ancestral, un peu plus zen quoi. Car du coup l'intitulé du salon s'avère un peu pédant. Mais bon, qu'à cela ne tienne j'y ai passé un agréable moment et je pense bien y revenir lors de sa prochaine édition.

Hier en rentrant chez moi, j'ai fait un détour par le Jardin Japonais de Compas Caffarelli. La lumière était douce et l'atmosphère très calme, apaisante. Je devrais y passer plus souvent.


So zen...

10 avril 2010

Regain

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Depuis quelques temps, un tapis de pâquerettes a envahi la pelouse.


Sous le  noyer, les tulipes s'éveillent après un long sommeil.



Une douce odeur feutrées flotte dans le jardin : c'est le vieux poirier qui est en fleurs. Il donnera cet été de toutes petites poires juteuses et parfumées à souhait.


Tiens, le cerisier sauvage s'y est mis aussi. De jolies tartes en perspectives. A moins que les pies ne les dévorent avant !


Les abeilles s'en donnent à coeur joie !



Et les blés ondoient dans un balancement gracile tandis que les irondelles jouent dans le ciel.


Ca y est, cette fois c'est sûr : le printemps est bien là. Enfin !

Maintenant en plein ciel, le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jallissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la pousse des herbes. De toutes parts, des graines se gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser.
E. Zola, Germinal.

8 avril 2010

Epopée Brésilienne - Episode 8 : Rio de Janeiro (partie 2)

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Cela fait bientôt deux semaines que nous sommes arrivés au Brésil, pays que nous arpentons au pas de charge tel un commando en mission. La fatigue commence à se faire sentir dans les troupes et l'heure du grand retour approche à grands pas. Heureusement il tourbillon de l'émerveillement nous maintient alertes, avides de faire le plein de nouveautés dont nous nous abreuvons quotidiennement.

Ce jour là nous prenons le large. Enfin, dans un premier temps nous nous efforçons de quitter Rio en proie à de terribles embouteillages. Normal pour ce jour férié durant lequel la vie de la ville s'arrête, donnant lieu à un exode massif de la population. Nous mettons presque deux heures à rejoindre, à l'Ouest de Rio, le petit port de  Itacuruça où nous attend notre goélette. Comme tous les jours ici, le traditionnel soleil de plomb couronne le bleu du ciel dans une chaleur enivrante, ponctuée en fin de journée par un violent orage tropical qui apporte une trêve de fraicheur. En attendant, il va falloir se tartiner de crème solaire pour ne pas finir encore plus cramoisis que nous ne le sommes déjà.  Je sens que la journée va être belle ; je n'imaginais pas à quel point mon pressentiment était en deçà de la réalité.

Nous embarquons à bord d'un joli petit navire qui avait déjà bien navigué (ohé ohé) et prenons aussitôt le large à la découverte d'un archipel de petites îles disséminées sur plusieurs baies.Voguant parmi les eaux tranquilles et profitant de l'open bar, je m'adosse au cordage et, sirotant une cahipirina aussi fraîche que copieusement dosée, me laisse bercer par le ronronnement sourd du moteur et le clapotement des vaguelettes contre la coque. Le décors est paradisiaque, l'instant savoureux. A perte de vue des îles à la verdoyance sauvage ponctuent, de leur immobilité rassurante, le calme étincelant des eaux. 


Au bout d'une grosse demi heure, nous faisons halte non loin d'une petite crique. Le capitaine arrime l'échelle par dessus bord et nous nous jetons à l'eau. Elle est chaude à souhait. En quelques minutes nous gagnons le rivage de sable blanc. Il fait si bon ici. Et dire que pendant ce temps, Toulouse est sous la neige ! (nous sommes fin janvier).

De retour à bord, toujours une cahipirina à la main, notre embarcation lève l'ancre et reprend son paisible cheminement. Bientôt nous accostons à un ponton au bout duquel nous attend un fragment de paradis où nous allons passer quelques heures éternelles. Tout d'abord le repas frugal de viandes grillées de toutes sortes et savoureux fruits exotiques mûrs à point pris à l'ombre d'immense terrasse couverte. Puis une inaccessible petite plage privée réservée à notre seul privilège nous offre ses charmes. A cet instant précis, tout est parfait : le calme de l'air, la chaleur de l'eau, la caresse d'une légère brise sur la peau, les chants des oiseaux...  Qu'il est bon de s'abandonner à la nonchalance de la torpeur estivale !


Ô temps! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
Les vers de Lamartine résonnent en moi tels une litanie païenne, vaine supplique, car déclinant du zénith vers le point d'horizon, le soleil marque l'heure du retour, mettant un terme à cette parenthèse aux saveurs d'Eden. il nous faut dire au revoir à ce havre de paix. L'heure du grand retour vers la France est proche...

Le lendemain matin, après une bonne nuit bercée de rêves idylliques, je me réveille aux aurores en pleine forme. J'en profite pour faire quelques derniers clichés et savourer égoïstement la beauté étourdissante du lever de soleil sur Copa Cabana. C'est vraiment magnifique. Et l'océan si calme. A ma droite un arc en ciel  s'élance vers l'infini. Je reste là, sur la terrasse de la chambre a contempler la beauté simple de la nature et savourant mon privilège d'être là où je suis en ce moment de l'année, avant de prendre la direction de la plage pour une ultime baignade.


Nous quittons définitivement notre hôtel cette fois ci, l'aéroport nous attends à quelques kilomètres de là. Mais avant de nous envoler nous refaisons un dernier tour de Rio et nous arrêtons dans un parc d'où l'on peut admirer avec le recul suffisant le Pain de Sucre gravi quelques jours plus tôt. Tandis que les autres font des photos de groupe, j'en profite pour m'échapper subrepticement et prendre en photo les fruits et fleurs d'un arbre indigène que l'on voit ici un peu partout comme à Toulouse les platanes :  l'abricot des singes. Il s'agit d'un énorme fruit dont les singes raffolent. La floraison est assez particulière, presque à même le tronc,  qui donne des fleurs plus grosses qu'une balle de tennis, mais sans odeur particulière.


Serrés pas le timing très chronométré, nous repartons tantôt avant de faire la toute dernière halte de ce séjour déjà riche en découvertes, pour ce qui devait être le clou du spectacle de cette dernière journée : le Temple absolu du sport national Brésilien. Non, pas la chirurgie esthétique... LE FOOT !! Hé oui, nous voici face au célébrississime stade Maracana que nous visitons dans la foulée, hop hop hop, on ne perd par de temps ! Je ne vous apprends rien en vous disant que le football est au Brésil érigé en quasi-religion. Tout espace public non destiné à la circulation devient d'autorité un terrain de foot. D'ailleurs, comme on peut le voir sur cette photo publiée dans le billet précédent, presque toutes les plages (Copa Cabana et Ipanema en l'occurence) sont équipées de dizaines de cages but fixes.
Bon, soyons honnêtes, cette visite m'a aussi ému qu'une chanson de Lââm... Le foot et moi ne sommes pas les meilleurs amis du monde, il s'en faut de beaucoup. Hé non, je n'aime pas le foot. Il fallait pourtant faire semblant de s'intéresser un minimum, ce qui m'a tout de même - il faut l'avouer - donné  un certain mal. 
Bah, Maracana, c'est un stade,  autrement dit des gradins qui entourent un rectangle de pelouse verte quoi... il y a des vestiaires, sans joueurs à moitié nus dedans, et des douches toutes aussi dénuées de sportifs en tenue d'Adam... bref, pas l'once du moindre soupçon d'intérêt. Tandis que mes coreligionnaires s'extasient sur les empreintes de pieds laissées par les vedettes du ballon rond dont j'ignorais globalement jusqu'à l'existence, j'erre dans ce twilight-zone imperméable à mes sens me laissant aller à quelques clichés dont j'ignore la valeur.


Avant de gagner définitivement l'aéroport, nous faisons un ultime détour par le lieu où se déroule le non moins fameux carnaval de Rio dont les préparatifs battaient leur plein. Car il ne faut pas s'y tromper, le carnaval multicolore de Rio que l'on voit à la télévision n'a pas lieu dans les rues de Rio mais dans un quartier spécialement aménagé, une immense rue d'un kilomètre de long bordée de gradins dans lesquels les spectateurs prennent place.


Le carnaval lui même est l'oeuvre des différentes écoles de samba, dont la terre d'élection n'est autre que les favelas connues chez nous surtout pour leur délinquance exorbitante. Image fausse selon notre guide qui nous a dépeint les favelas sous un tout autre jour, balayant l'image de bidonville que l'on pouvait en avoir. Il s'agit de véritables villages, voire de villes dans la ville (l'une des plus grosses favelas de Rio compte 80.000 habitants) doté de ses propres réseaux de transport, d'hôpitaux, d'écoles et de commerces. Mais des villes hors la loi car construites sans aucune autorisation, sans permis de construire, et raccordées illégalement au gaz, à l'eau ou à l'électricité, ce qui constitue pour leurs habitants un avantage substantiel ! Une phrase m'a marqué que nous a dite notre guide : "Dans les favelas on est souvent pauvres, mais pas miséreux". En effet, certaines favelas sont habitées par une population de classe moyenne qui travaille et gagne correctement sa vie. Les favelas commencent par la construction d'un rez-de-chaussée comportant une ou deux pièces. Puis lorsque l'argent est suffisant, un étage fait son apparition, agencé au gré du volume d'espace disponible entre les immeubles voisins. Le phénomène est tellement ancien et ancré dans la culture brésilienne que même lorsque l'on reloge des habitants de favelas dans des lotissements neufs, l'on voit rapidement apparaître des extensions anarchiques déformant le rectiligne plan initial, ainsi que l'on a pu le constater in situ alors que nous approchions de l'aéroport.

Bientôt nous parvenons au terminus, tout le monde descend. Dans quelques heures nous atterrirons à Lisbonne. L'heure du retour est arrivée.
Nous quittons ce pays la tête pleine d'images (sans compter les presque 8Go de photos) et de souvenirs inoubliables. Je ne sais pas si l'occasion me sera donnée de revenir au Brésil. Mais une chose est sûre : plus que jamais j'ai envie de découvrir le monde et ses richesses. Et les projets ne manquent pas.

FIN