30 septembre 2010

Les 5 incommodités du blogueur

26 commentaires
FalconHill m'a refilé la patate chaude et me demande de décrire quelles sont pour moi les 5 "incommodités" (au sens de  "état de gêne, de malaise physique ou moral, sentiment d'inconfort, causé par une chose incommode, pénible ou importune") du blogueur.  Je ne me lancerai pas dans une analyse théorique de l'incommodité bloguesque en général (mais vous savez que j'en serais hélas capable ...uf !) et me contenterai de répondre à la question : qu'est-ce qui m'incommode ou m'incommoderait en tant que blogueur, en cinq points. C'est parti !

1/ La panne d'inspiration
Elle est d'un classicisme navrant, désolé de commencer ainsi cette revue.
La panne d'inspiration peut être de plusieurs sortes. La plus commune c'est le trou, on ne sait pas quoi raconter, parce que notre quotidien semble aussi morne, insipide et plat qu'un morceau de David Guetta. L'angoisse monte au fur et à mesure que les jours passent et que l'on contemple passivement le blog sous alimenté se racornir par tous les bouts. Alors on cherche une idée, on se torture l'esprit parce que l'on veut écrire. Ecrire ? Mais écrire quoi ?
L'autre type de panne d'inspiration n'est pas tant que l'on ne sache pas quoi écrire mais plutôt qu'on ne trouve pas comment l'écrire. Et ça c'est terriblement incommodant que de sentir les idées se bousculer sans parvenir à y mettre de l'ordre et trouver les mots justes pour s'exprimer avec le ton adéquat. On commence à coucher des mots sur la page blanche, puis l'on s'arrête, on relit les quatre phrases posées, on trouve ça nul, ça ne sonne pas, c'est trop dans le pathos ou pas assez introverti, c'est minable. On efface. On recommence, on re-efface, on re-écrit, on re-re-efface... encore et encore. Mais ça ne va jamais. Alors on enregistre un brouillon de brouillon en espérant que le billet s'écrira tout seul, ce qui n'arrive jamais. Et puis un beau jour, on réouvre le résidu de machin et là, pof ! le billet est mûr, les mots jadis hésitants coulent tout seul, les phrases s'alignent, les idées se dévoilent, les doigts courent sur le clavier : le billet est là. On est heureux.

2/ Se faire piller
Sachez qu'il existe sur le net une race de "blogueurs" sans foi ni loi qui pillent les blogs des autres pour alimenter le leur à l'aide d'écrits dont ils sont incapables, et surtout sans citer leur source. Matoo s'en est récemment ému.
C'est une chose qui ne m'est encore jamais arrivée. Sûrement mon style inimitable ferait périr la supercherie en moins de temps qu'il n'a fallu au pirate pour me copier coller (hu hu hu, c'est bon de se la pêter parfois). N'empêche que ça me ferait bien chier de découvrir ailleurs des morceaux de mon chez moi, qu'un autre s'approprie indument une expression personnelle qui lui est totalement étrangère.

3/ Voir ses statistiques baisser
Même si l'on écrit avant tout pour soi même - c'est du moins ainsi que je conçois cette activité parfois envahissante à laquelle je m'adonne avec plaisir - le blog comporte une part narcissique : celle de se savoir lu, source d'ivresse infinie louée naguère par Corto.
Cela se traduit de différentes manières et en premier lieu par les commentaires sous les billets qui sont autant de témoignage que ce que l'on a écrit a été (plus ou moins) lu et a plu. Mais il y a aussi les redoutables statistiques, celles que tout blogueur (détrompez-moi si ce n'est pas le cas) consulte une à plusieurs fois par mois/semaine/jour/heure (rayez les mentions inutiles) pour voir la progression du nombre de pages consultées et l'évolution de la fréquentation de sa page. Il est plaisant de voir la courbe suivre une tendance ascensionnelle régulière, quelqu'en soit la pente. L'important c'est que ça grimpe, signe évident de la vitalité du blog. Mais lorsque tout d'un coup un petit trou un se forme, tel une blasphématoire trace de pneu sur l'épure rebondie d'un boxer de coton blanc, c'est l'inquiétude. Et lorsque le nid de poule devient gouffre abyssal, le drame devient apocalypse. En cet instant dramatique tout n'est plus que cris, pleurs, larmes, grincements de dents. Mais pourkwaaaa on me lit pluuuus ?
Ô rage ! ô désespoir ! ô statistiques ennemies !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect toute la blogosphère admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !


(d'à peu près Corneille)

4/ Les commentaires qui disparaissent
C'est pas franchement dramatique mais je trouve ça furieusement incommodant. Hélas ce sont des choses qui arrivent parfois sur les plateformes de blogs. Celui-ci n'a pas échappé à cette petite avarie dont furent victimes quelques jolis commentaires qui prolongeaient agréablement le billet par des réflexions personnelles et/ou poétiques de premier choix et qui par la magie noire de quelque poltergeist du net (encore eux !) se sont volatilisé dans l'éther cybernétique.

5/ Ne pas réussir à commenter chez les autres
Hé oui, pour moi cela fait partie intégrante de l'activité de blogueur. On écrit certes, mais on lit aussi ce que les autres écrivent. Billets légers ou billets engagés, souvent l'ailleurs nous fait réagir. L'envie de répondre est souvent là. Parfois j'aimerais bien m'exprimer mais les idées ne sont pas claires, les mots ne viennent pas alors que j'aimerais donner une répartie brillante, ou alors le billet provoque des réactions contradictoires dans mon esprit confus. Vous connaissez le refrain : "ce qui se conçoit clairement..." D'autres fois je tombe sur un billet magnifique qui me touche mais qui ne susciterait qu'un fade "très joli billet" un peu honteux, incapable de pouvoir en dire davantage ni expliquer en quoi ces mots m'ont touché plus que d'autres. Je trouve cela très frustrant.

Allez hop, on continue : Christophe, Gouli, Christophe, Ek91, Alban,

29 septembre 2010

La mémoire du net

19 commentaires
En me connectant sur MSN l'autre soir, j'ai reçu une bien étrange notification. Quelqu'un voulait m'ajouter à sa liste de contacts. Pas n'importe qui. C'était Lui, comme revenu d'outre tombe. Lui, dont je n'ai pas de nouvelle depuis deux ans et dont j'ignore désormais tout de son quotidien. 
Le premier choc fut de lire ce nom s'afficher sur mon écran. Son nom. Aussitôt mon coeur se contracta un peu plus fort tandis remontaient en moi des souvenirs enfouis sous des couches de sédiments, figés dans un passé qui ne reviendra plus. Je revis son beau visage, ses yeux, son sourire et repensais à ces bon moments que nous avions passé ensemble. Je sais maintenant qu'on a beau être guéri, les cicatrices restent pour toujours.
Ce qui m'a plus particulièrement surpris c'est l'adresse MSN employée pour me contacter. Ce n'était pas celle avec laquelle nous étions habituellement connectés. Mais une autre que je lui connaissais et dont la formulation (un jeu sur la consonance de son patronyme) ne laisse aucun doute quant à l'identité de son titulaire.

Pendant quelques secondes j'ai hésité : que faire ? Nous nous étions quittés en bon termes et j'ai compris aujourd'hui que rien n'est possible entre nous. Les risques étaient dont limités. Et d'ailleurs quels risques ? De raviver de vieilles blessures ? De toutes façons je suis un grand garçon maintenant et cela me ferait plaisir d'avoir de ses nouvelles. Alors j'acceptais. Mais personne au bout du fil. Rien, sinon le silence.

Je ne sais pas si cette invitation vient réellement de lui ou si elle est le fruit d'une des nombreuses interférences  malveillantes du net. Peut être s'agit-il du soubresaut fantôme d'une mémoire informatique dispersée quelque part sur le web. Comme si le web se souvenait pour moi, même si c'est hautement improbable.

Un instant cela m'a fait penser à Lain -  Serial Experiments, ce manga dans lequel une ado part sur le web à la recherche d'une copine de classe qui s'est suicidée et prétend vivre désormais dans l'internet. Une série d'animation à la Twin Peaks que j'avais trouvé fascinante à l'époque. 


Laissons là les fantômes. Il y a trop à faire parmi les vivants.

27 septembre 2010

Branlage neuronal

16 commentaires
En juillet dernier, lors de mon passage à Evian, nous sommes allés visiter avec Olivier l'exposition H²O - sur le thème de l'eau donc - au Palais de la Lumière. C'est ainsi que furent pompeusement rebaptisés les anciens thermes  aujourd'hui convertis en centre d'exposition. Y étaient exposées des oeuvres de la Collection Sandretto Re Rebaudengo qui, paraît-il, est "prestigieuse".

L'exposition en elle même ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. A vrai dire nous avons globalement été un petit peu déçus, même si certaines créations ne manquaient pas d'intérêt. En réalité, un dés éléments gênants dans cette histoire fut de bien souvent ne pas comprendre de premier abord l'angle de l'artiste. Nos trois regards convergents furent - neuf fois sur dix - incapables d'analyser les oeuvres dans le sens qu'avait voulu leur donner l'artiste, ou du moins celui que le commissaire de l'expo avait cru bon d'attribuer à l'artiste. Morceaux choisis !

Il y eut tout d'abord cette table en verre sur laquelle étaient placés des récipients transparents remplis de liquide noir, et reliés entre eux par un réseau de tubes transparents assurant le fonctionnement de ce jeu de vases communicants. Réfléchissons ensemble quelques secondes : une exposition sur l'eau, du liquide noir qui suppure dans des bocaux et qui se répand en sous-sol... Oui, c'est évident : il s'agit d'une vision allégorique de la pollution. On met un peu de mazout par ici (quelques centaines de millions de mètres cubes) et hop  ! Miracle de la physique, aussitôt ça dégueulasse toute la planète. Bien vu ! C'est joli, ludique, triste aussi.
Hein ? Comment ? C'est pas ça du tout ? Ha bon... mais cékoidonk alors qu'il a voulu dire l'artiste ? Vite, ouvrons le catalogue de l'exposition. Irène, Madame le Commissaire, va nous éclairer de toute sa science :
 "Tous les récipients contiennent un liquide noir qui, selon le principe des vases communicants, s'écoule osmotiquement d'un récipient à l'autre à travers une série de tubes.
Jusque là tout va bien, on n'est pas trop cons, on a bien vu la même chose. En revanche "osmotiquement" ça calme ! Ca c'est du mot qu'il est lourd. Tellement lourd qu'il ne veut rien dire. Vérifiez vous-même dans votre dico : ce mot est encore inconnu de la langue française. Mais bon, ne nous arrêtons pas à si peu  et poursuivons la lecture des explications :
L'oeuvre dans sa simplicité ne semble pas dangereuse, si ce n'est pour sa fragilité  ou pour la possibilité pour le spectateur de se tâcher d'encre noire.
Ha bé non, elle est pas dangereuse l'oeuvre, sinon on ne l'exposerait pas au public. Si ? Et puis depuis quand la fragilité est-elle dangereuse ? C'est intéressant comme concept ! Ha, c'est donc de l'encre de chine le liquide noir ? Mais on s'en fout un peu non ? Ca aurait pu être de l'encre de seiche, de la peinture noire, de l'huile de friture hyper sur-saturée ou tout autre liquide noir. Pourquoi de l'encre ? Tiens, lisons la suite, on aura certainement la réponse.
Mais c'est justement cette possibilité [de se tâcher, NdTM] qui suggère l'inévitabilité d'une "contamination", le coeur de ce travail, que l'artiste a représenté comme une réflexion sur la paranoïa culturelle de la contamination par le Sida."
Ha oui, vu comme ça c'est beaucoup plus clair. Le Sida... mwoui... si vous voulez. Mais pourquoi limiter l'interprétation au Sida en particulier ? Sans amoindrir les dégâts que cause ce virus, la grippe n'est-elle pas contagieuse elle aussi ? La contamination doit-elle avoir une lecture univoque ?  Et le concept de "paranoïa culturelle" me laisse on-ne-peut plus perplexe. De quelle culture s'agit-il ? Pourquoi pas une paranoïa sociale  ou collective ? Voire une paranoïa tout-court ? Hein ? C'est bien joli d'utiliser des expressions choc mais encore faut-il qu'elles le soient à bon escient et qu'elles aient un sens.  Ah oui, et tant qu'on en est à la table en verre, je ne trouve aucune explication sur le pourquoi du comment de l'encre de chine.  Si c'est bien du Sida qu'il s'agit, pourquoi n'avoir pas utilisé un liquide rouge à la place ? Du sang d boeuf, du sirop de grenadine, ou du jus de tomate par exemple. Ca tâche plutôt bien ça aussi. Car le Sida se transmet bien par le sang, et pas par contact avec de l'encre de chine, non ? Tiens, Irène n'a pas de néologisme de son cru pour nous expliquer tout cela...

Quelques pas plus loin nous voici devant un parterre ou sont disposées des dalles de linoleum découpées à la main formant un cheminement en "v". Au mur sont projetées des silhouettes, et un hautparleur diffuse des chuchotements indistincts. D'accord d'accord... Au secours, ouvrons vite le livret explicatif, Irène à la rescousse ! Accrochez-vous, c'est de la bonne :
"L'installation est une représentation populaire. Les trois éléments qui la composent -  le fleuve, le choeur et le son -  transforment le lieu en espace sacré. Le spectateur accepte la convention du rite et idéalement étend la dimension même du choeur.
L'universalité de la situation est simplifiée par la contemporanéité des matériaux, comme si nous réussissions à regarder le présent en réduisant le temps qu'il contient. Le brouhaha de fond des jeunes filles, visualisées par l'artiste dans le dessin mural réalisé devient le grondement du fleuve, transformant l'eau en son et le fleuve en être.
"
Reprenons pas à pas ce pamphlet d'ésotérisme pur qui confine au grandiose, reléguant le Manifeste du surréalisme au rang d'une mauvaise chronique people dans Closer.
L'installation est une représentation populaire. 
Je crois qu'il manque des mots dans cette phrase. Une représentation populaire vous avez dit ? Populaire dans quel sens ? Je pose la question parce que ce mot en a plusieurs qui ne recouvrent pas exactement la même chose. Populaire au sens de "qui appartient au peuple" au quel cas on devrait se reconnaitre dans la mise en scène ? Hum, non... pas vraiment. Le linoleum, désolé, c'est nase et moi pas plus que mes coreligionnaires ne nous sommes reconnus là dedans. Ou alors populaire au sens de "qui est accessible au peuple" ce qui n'est guère flatteur pour le peuple. Le peuple - que dis-je, la plèbe ! - serait-il à ce point indigent qu'il faille - par une simplification outrancière - se rabaisser à son tout petit niveau pour qu'il entre dans la compréhension d'une oeuvre que l'on estimera à sa portée ? Merci pour cet élan de considération qui nous ferait presque prendre des vessies pour des lanternes. Du coup l'explication commence par une phrase aussi impénétrable que l'oeuvre qu'elle est censée décortiquer pour nous. Je sais pas mais je le sens assez mal ce coup là. D'ailleurs la suite nous démontre qu'Irène était fort inspirée ce jour là.
Les trois éléments qui la composent -  le fleuve, le choeur et le son -  transforment le lieu en espace sacré.
Ha bon ? J'ai du manquer un paragraphe là... Attendez je relis. Bé non... j'ai rien manqué du tout. Alors là, faut qu'on m'explique un petit peu, j'ai franchement du mal à suivre. Pourtant j'y mets toute ma bonne volonté. Je ne comprends pas en quoi un fleuve (même stylisé par des morceaux de linoleum marronnasses),  un choeur (des silhouettes sur un mur) et du son mis ensemble auraient la vertu de se transsubstantier en espace sacré. Et d'ailleurs, que vient foutre le sacré ici ? Parce qu'à ce compte là, prenons l'exemple volontairement trivial des pissotières publiques : de l'eau qui coule, des gens qui pissent ensemble, et parfois quelques sifflotements joyeux qui viennent ponctuer cette belle cérémonie, tous les ingrédients sont réunis. En voilà une belle cathédrale !
Le spectateur accepte la convention du rite et idéalement étend la dimension même du choeur.
Ok pour la fin : en me plaçant comme spectateur, j'agrandis l'espace de l'oeuvre en m'intégrant - à l'insu de mon plein gré - dans ce choeur virtuel, et alors même que je reste silencieux. Mwoué, admettons.  C'est peut être la partie la moins capylotractée de tout le livret. Faisons preuve de magnanimité envers Irène pour cette fois. La pauvre avait dû fumer son montblanc.
En revanche, l'affirmation selon laquelle j'accepterais la "convention du rite" me laisse totalement circonspect.  En effet, sachez tout d'abord, chère Irène, que silence ne vaut pas acceptation. Le fait de me placer en observateur ne me conduit pas de facto à me positionner en acteur d'une situation bien particulière qu'est celle du rite. D'ailleurs je note l'expression "convention du rite". Mais de quelle convention parlons-nous ma chère Irène ? Et de quel rite ? Si j'en crois mon dictionnaire, le rite dans son sens le plus large, désigne un ensemble de pratiques réglées ayant un caractère sacré ou symbolique. Quelles sont alors les règles de ce rite ? Quel en est le rituel ? Se réunir autour de confettis en linoleum pour marmonner tous ensemble des borborygmes incompréhensibles ? Mais oui mais oui... et le raton laveur il met la tablette de chichon dans  le papier hallu !

Vous croyez avoir atteint le somment ? Que nenni. Un bon conseil : bouclez votre combinaison en néoprène, on va franchir le mur du çon.
L'universalité de la situation est simplifiée par la contemporanéité des matériaux, comme si nous réussissions à regarder le présent en réduisant le temps qu'il contient.
Oui, je vous avais prévenu... Ca grimpe très fort. J'ai mal à la tête. Vite un aspirine...

Alors le linoleum en termes de matériau contemporain, on repassera ! Ensuite le caractère universel de la situation, excusez moi mais je pige pas. Je sais pas vous mais personnellement me retrouver nez à nez avec un fleuve qui parle et du linoleum éparpillé, tout en ayant conscience de réduire le volume de temps contenu dans le présent, j'avoue que ce sont des expériences encore inédites...
En réalité, j'ai peur de comprendre tout à coup : Irène et des copines à elle se réunissent régulièrement dans un hangar agricole et là toute la nuit elles sniffent de la colle en mâchouillant des morceaux de linoleum, bercées par de la musique d'un autre monde tellement hardos que même au technival il n'en ont pas voulu. Et là, forcément, elles réussissent à "regarder le temps présent en réduisant le temps qu'il contient". Parfois elles s'amusent à démontrer le dernier théorème de Fermat en gobant des shots d'acétone et de ricoré. Une vraie junkie cette Irène...
Le brouhaha de fond des jeunes filles, visualisées par l'artiste dans le dessin mural réalisé devient le grondement du fleuve, transformant l'eau en son et le fleuve en être."
Voilà ce qu'il se passe quand on sniffe de la colle à linoleum : on voit des choses bizarres...  D'autres qui sniffaient du cactus hallucinogène voyaient des mouches bourdonnantes et des anneaux partout. Elle elle voit un mur qui parle et un fleuve vivant. Ben oui. Il paraît  que les plus grands artistes plongent dans la drogue, que ça stimule leur créativité. Regardez par exemple Jim Morisson, John Lennon, Kurt Cobain... dans la drogue. Regardez inversement Lara Fabian : elle ne se drogue pas !

Au final cette expo était davantage à visiter pour son livret que pour ses oeuvres, un peu décevantes comme je l'ai déjà expliqué car le lien avec l'eau nous est apparu très lointain. Surtout pour cette pauvre Irène qui - elle - n'a pas du en boire souvent, de l'eau !

24 septembre 2010

Grisaille

14 commentaires
Grisaille. Mon humeur de cette semaine est à l'image du temps de ce début de saison. Tantôt réjouie sous l'ondoyante lumière rieuse du couchant jouant avec la brique, sous les cieux indolents lustrés de nuages blancs. Tantôt versée à la mélancolie lorsque les superbes tourments joufflus tourbillonnent par dessus les toits et que volent les feuilles mortes emportées par Euros et Notos.

L'automne, cette saison que j'aime tant, cette saison qui me va si bien. Changeante, entre vie et déclin, entre lumière et ténèbres, capable de la plus grande douceur comme de la plus vive violence. Elle invite à l'introspection. Un peu comme cette musique de César Franck que j'écoute en boucle ces jours-ci.  Une petite phrase, toute simple, à peine deux mesures, des couleurs souplement déclamées dans un  lyrisme dénué de sentimentalisme embourbant, et c'est déjà tout un univers qui s'offre à nous.


César Franck, Petit Offertoire.

J'aime son apparente simplicité, la déclamation de la "petite phrase" du début qui, telle la Sonate de Vinteuil sur Swann, me plonge dans un intense état de rêverie. La volupté de ses épaisses harmonies tourmentées me transporte à chaque fois vers un indicible bonheur paradoxal, pétri de larmes et resplendissant tout à la fois.

Grisaille...

La semaine fut chargée entre les réunions pédagogiques, la reprise des cours à l'université, les plannings pas prêts, les services administratifs débordés, les ordres et contre-ordres, les incertitudes multiples, les coups de speed, le temps qui passe, ponctuée toutefois de quelques agréables éclaircies dont un sympathique repas en compagnie de Lo Grelh et de Fitz.

Heureusement le week-end s'annonce. Cela va me faire du bien. J'ai besoin de changer d'air.

21 septembre 2010

Mon premier billet

25 commentaires
Tomber sur un blog naissant - et que l'on sent prometteur - comme cela m'est arrivé à plusieurs reprises ces jours derniers, a quelque chose d'émouvant. Quelqu'un qui a des choses à dire commence à libérer sa plume et se construit un petit nid qui peut être deviendra grand. Tout commence par un premier billet, souvent hésitant. On ne sait pas trop comment s'y prendre. On a fortement envie, on s'impatiente, des phrases plein la tête. Et puis une fois le nez sur la page blanche, ben, on perd ses moyens. Les idées se bousculent, les mots sortent désordonnés. C'est un peu comme faire l'amour pour la première fois au fond... Au bout de quelques minutes, finalement, on l'a fait. Il est là, sous nos yeux. Le premier billet. Celui qu’on relit avec tendresse quand le blog s’est un peu construit et que, pris d’un élan de nostalgie, on regarde derrière soi. Celui à partir duquel tout a commencé. La première pierre. Pas forcément celui dans lequel on dit les choses les plus importantes, mais un billet qui compte, malgré tout. 

Je garde une infinie tendresse pour celui que j’ai publié au tout début, sur mon blog MSN, même si je le trouve réellement médiocre. C'était il y a trois ans. Déjà. 


Et c'est ainsi que tout a commencé...

17 septembre 2010

Ces choses que je déteste

24 commentaires
Je déteste le bruit de frappe que font les claviers d'ordinateur. Allez comprendre pourquoi, cela me stresse. Tout particulièrement quand la personne tape encore plus fort sur la touche "espace", comme si le fait d'exercer une pression de 10 tonnes allait la faire mieux fonctionner.

Je déteste les bruits de déglutition et de mastication. Cela me dégoûte. J'ai l'impression de voir ce qui se passe à l'intérieur de leur corps. Je me passerai bien de tant de détails de beauté intérieure.

Je déteste ces conversations insipides durant lesquelles les gens m'exposent leurs menus soucis d'argent alors qu'ils ont des revenus au moins égaux au double du mien. Par courtoisie je m'abstiens de leur éclabousser ma faible fortune à la gueule de peur que mon aversion passagère ne se trouve sublimée par une écoeurante prise en pitié.

Je déteste les piétons qui encombrent les pistes cyclables et font mine d'être courroucés parce qu'on les a menacés d'un inutile coup de sonnette.  Comment leur faire comprendre que le trottoir de 3 mètres de large situé à leur gauche leur était spécialement destiné ?

Je déteste les gens qui me prennent de haut alors qu'ils sont pieds et poings liés dans leur tort le plus absolu et qui tentent de renverser la situation au prix d'une insupportable commisération.

Je déteste les gens qui s'écoutent parler en prenant d'un ton sérieux les accents d'une hyperbolique érudition. L'abyssale fatuité de leurs propos me donne le vertige. Les effets de manches masquent souvent un manque évident de fond. Raconter n'importe au prétexte de flatter l'auditoire est un sport qui devrait être puni par le gibet.

Il y a bien d'autres choses encore que je déteste. Mais arrêtons là de noircir le tableau. Et rassurez-vous, il y a heureusement aussi beaucoup de chose que j'aime.

Et vous, quelles sont ces choses que vous détestez ?

15 septembre 2010

La photo du mois : Autour du livre

30 commentaires
Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci, c'est Véronique qui a choisi le thème : Autour du livre.

Explications:
"En bonne bibliothécaire que je suis (...) j'ai envie de voir ce que le livre et la lecture évoquent pour vous, que vous aimiez ou détestiez lire, d'ailleurs. Donc le thème du mois de septembre est "Autour du livre". (...) J'avais envie que les gens réfléchissent à ce que la lecture représente pour eux: un moment de détente, des souvenirs de lectures forcées dans leur enfance, les longues heures passées à étudier, les après-midi de vacances à l'ombre d'un arbre, etc.

Difficile d'appréhender sereinement un sujet certes très intéressant mais redoutablement vaste pour le bibliophile que je suis. Une photo n'y pourrait suffire ! Entre les centaines d'ouvrages universitaires que je consulte annuellement, les dizaines de romans que je dévore en tous lieux, les bandes dessinées, les livres de cuisines dont je m'abreuve, et les livres d'art dont je m'efforce de ne plus encombrer une bibliothèque à l'embonpoint préoccupant, le champ est vaste.

Livre est pour moi un objet rassurant, un objet d'évasion, une fenêtre ouverte sur l'inconnu, un monde en soi avec ses mers, ses océans, ses continents, son climat, ses habitants, ses us et coutumes, son rythme, sa musicalité. J'aime en relire certains, en prendre un au hasard dans les rayons, l'ouvrir en laissant les pages glisser entre mes doigts et m'immiscer en un point quelconque du récit, là où il en est, comme si par l'embrasure d'une porte mi close se révélait un segment de la vie de personnages inconnus mais familiers, inconscients de ma présence, incapables de me voir, que je laisserai se dérouler avant d'en figer le cours une fois le livre refermé. Parfois défilent sous mes yeux le fragment d'une toile dont j'ai oublié le nom, le visage d'une baigneuse étourdie de soleil, ou l'énoncé d'une savante alchimie gourmande couchée sur papier glacé : "Faites fondre le chocolat à feu doux puis incorporez-y l'appareil aux amandes". Une invitation à la luxure.

Après m'être un peu cassé la tête pour savoir comment appréhender ce thème et décidé à de pas prendre en photo les ouvrages qui garnissent ma bibliothèque personnelle - même s'il s'en trouve quelques exemplaires estimables -  c'est au livre objet que j'ai voulu consacrer la photo du mois. Aussi ai-je voulu travailler sur les métiers du livre.

A cette fin, je me suis rendu dans l'Atelier de reliure d'art Garric-Bouville à Toulouse qui m'a spontanément et sympathiquement ouvert ses portes alors que je passais sans prévenir.



La photo, prise dans l'instantanéité de l'instant, représente très exactement l'état de la salle de travail de l'Atelier. Donnant sur l'arrière cour d'un vaste bâtiment en briques, dans le recueillement du papier jaunis et de l'encre muette, de petites mains recousent, coupent, taillent, cisaillent, poinçonnent, redonnent une seconde vie aux ouvrages confiés. Le cuir s'exprime. L'or scintille. Voici un nouvel écrin que l'on aimera à saisir, à toucher, à ouvrir pour se laisser emporter encore, vers de nouvelles aventures.

Allez vite voir comment se passe la rentrée littéraire chez les autres blogueurs participants : Olivier, Anne, Véronique, Virginie, Shandara, Jo Ann, Sandrine, Fabienne, Damien, Marie, Nolwenn, Céline, Anne fra Sveits, Célia, Caro, Guillaume, Mandy, Titem, Cynthia, Caroline, Doremi, Sophie, Tambour Major, Nathalie, François, Mélanie, Célia, Chris, Godnat, Clara, Viviane, Sept Pour le Québec, Christophe, Chouchou, Thib, Genki, 100driiine, Gouli et Danièle.


Tous mes remerciements vont à l'Atelier Garric-Bouville pour sa gentillesse et son accueil.

Garric-Bouville Reliure d'Art
11 rue Fermat, 31000 Toulouse

http://www.reliure-bouville.fr/

13 septembre 2010

Parle à ma main !

32 commentaires
L'autre jour je suis tombé sur cette image qui m'a amusé :

(Fig. 1 : Le protocole expérimental)

Selon ce schéma (Fig.1), si votre index est plus court que votre annulaire, vous êtes un gros macho foufounôphage. Un hétéro quoi. Si en revanche votre index et votre annulaire sont de même taille, vous êtes probablement gay.  L'expérience donne des résultats inverses pour les nanas : si votre annulaire est plus court que votre index, vous êtes une suceuse de bites. Dans le cas inverse, une broute-minous.

L'info n'est pas toute neuve. Elle est par exemple relayée dans un  très long article du New York Magazine daté du 17 juin 2007, The Science of Gaydar, qui expose les résultats d'une enquête sur les rapports entre morphologie et sexualité. Ainsi peut-ont lire :
" The relative lengths of our fingers offer another hint: The index fingers of most straight men are shorter than their ring fingers, while for most women they are closer in length, or even reversed in ratio. But some researchers have noted that gay men are likely to have finger-length ratios more in line with those of straight women, and a study of self-described “butch” lesbians showed significantly masculinized ratios."

Je me suis bien entendu amusé à réaliser l'expérience sur mes paluches. Et là, ce fut le drame.
La démonstration en images.

I- Protocole expérimental

Soit un individu de sexe masculin ayant des affinités incontestables pour les compagnies viriles et les films de gladiateurs : moi. Pour notre expérience nous nous intéresserons seulement à un fragment de sa personne, dont la taille raisonnable permet une manipulation aisée : sa main droite.
Réalisons ensuite une photo de cette partie de l'anatomie du sujet et traçons  sur le cliché ainsi obtenu une  ligne droite, perpendiculaire au champ, qui servira à mesurer par comparaison la longueur relative des doigts. comme indiqué sur la Figure 1. Ce sera notre Figure 2. Regardez plutôt :

(Fig 2. La main droite de T.M. - Vue de dessus.)

Remets toi de tes émotions et ravale tes fantasmes les plus inavouables. Oui, tu as bien devant tes petits yeux émus la poigne virile de Tambour Major, celle dont chaque pore transpire la testostérone à l'état pur, celle qui astique avec véhémence dans les moindres recoins (je parle de récurer ma salle de bain, petit dégoutant !), celle qui cajole autant qu'elle punit... ( ahem, là oui, je dérive...).

Mais revenons à nous moutons et observons trois papillons ce qui doit ici retenir notre attention : la longueur relative de l'index et de l'annulaire. 

(Fig. 2bis)

Tu constates avec moi (cf. Fig.2 supra) que l'index est nettement plus long que l'annulaire.
Qu'en conclure ?

II- Tentative de démonstration

Reprenons désormais les axiomes exposés précédemment :

1/ Rectus masculis
  1. Le sujet masculin est un gros macho foufounôphage si l'index est plus court que l'annulaire. 
  2. Si ces deux doigts sont de longueur égale, alors sa propension à sucer des bites augmente exponentiellement. 
Or dans le cas présent, l'index est nettement plus long que l'annulaire. Ni l'une ni l'autre hypothèse n'est vérifiée, ce qui interdit de tirer la moindre conclusion à ce stade de l'expérience. Force est de constater qu'aucune interprétation n'est possible me concernant pour l'instant.

Mais cela devient plus intéressant lorsque l'on prend  en considération la réversibilité de la théorie, ce qui signifie que les résultats sont inversés chez les filles. On déduit par conséquent les deux axiomes suivant.

2/ Inversus feminis
  1. Si votre annulaire est plus court que votre index, vous êtes une suceuse de bites. 
  2. Si annulaire et index sont de même longueur vous êtes certainement une broute-minous. 
Les Fig.2 et Fig. 2bis  correspondent à la première de ces deux nouvelles hypothèses. Ce qui signifierait que je suis une suceuse. Certes, je ne nierai pas cet état de fait. Je me suis même laissé aller à quelques épanchements pédagogiques sur ce sujet. Sauf que... je ne suis pas une fille, et cela ne fait aucun doute (si si, je vous assure).

Alors que conclure de tout cela ?

III- Analyse critique

A l'évidence ces critères ne donnent aucun résultat probant sur moi. Suis-je donc à ce point hors-normes ? Oui, parce que c'est bien beau de rigoler mais enfin, j'aimerai bien savoir ce qu'il en est !

Comme je l'ai indiqué plus haut, l'article du NYM cité expose certaines des conclusions d'une enquête sur les relations entre morphologie, gendre et sexualité et qui tente de démontrer que ces trois éléments sont liés, qu'il est possible de déduire la sexualité d'une personne en fonction de critères physiologiques objectifs tels que le sens d'implantation des cheveux, la longueur relative des doigts, l'intonation de la voix, certains détails des empreintes digitales...
These are all part and parcel of the idea that being gay is different—that we are different animals to some extent,” says Simon LeVay, the British-born neuroscientist who has dedicated himself to studying these issues. “Hirschfeld was right. I support the idea that we’re a third sex—or a third sex and a fourth sex, gay men and lesbians. Today, there’s scientific documentation behind this.
continue l'article qui, au delà de ces caractéristiques apparentes, s'attaque au fond du problème : les causes. Et là c'est un frisson qui me parcourt le dos. Car, peut-on lire, il y aurait des causes biologiques à tout cela, les hormones en milieu intra-utérin joueraient un rôle, que l'homosexualité pourrait être la conséquence d'un développement "anormal" du foetus, que la génétique pourrait avoir un rôle dans la détermination de la sexualité... Tiens tiens, nous y voilà enfin.  Sous des odeurs inoffensives de barbe à papa, voici la puanteur d'une étude qui n'est pas sans rappeler certaines thèses eugénistes développées dans les heures les plus obscures de notre histoire contemporaine. Je ne vous fait pas un dessin.

IV- Tentative de conclusion

Tout d'un coup ce petit jeu m'a fait nettement moins rire. L'absence de pertinence des résultats obtenus dans le cadre de cette petite expérience  contribue à démontrer, s'il en était encore besoin, l'inanité de ces études dont on ne perçoit pas toujours très bien les tenants et aboutissants. Je ne suis pas le premier blogueur à écrire sur ce sujet, d'autres l'ont fait avant moi. Je ne serai pas le dernier non plus. Penser que l'homosexualité résulte d'une cause unique relève de la paresse intellectuelle tout autant qu'elle réduit l'homme à un amas de cellules. Quel manque de considération.

A vrai dire je pensais au départ faire un billet léger pour dire que comparer la longueur de ses doigts pour savoir si l'on est Gay ou Hétéro, c'est vraiment n'importe quoi, et en rire de bon coeur. M'être rendu compte que j'avais failli me faire avoir comme un con m'a beaucoup moins fait rigoler. Après hésitation, je reste sur ma première idée. En gardant à l'esprit que la chose la plus inoffensive peut servir les causes les plus méphistophéliques. Pressons-nous de rire de tout disait Beaumarchais, de peur d'être obligé d'en pleurer. D'un rire frivole et détaché.

(Fig 3. Sans légende...)

12 septembre 2010

Quand je suis contrarié, je compense !

10 commentaires
Ma journée d'hier a commencé par un drame. Un de ceux qui vous font perdre tous vos repères, qui vous remettent en question dans votre condition d'homme, qui vous font douter du sens de la vie. Je parle de ces drames existentiels qui nous donnent des occasions uniques de devenir un être nouveau chargé de rêves d'une société meilleure, de paix dans le monde, de colombes dans le ciel et de bombe de sexe dans mon lit. Bref, un événement dramatique : le décès aussi subit qu'inattendu de mon téléphone portable. Pouf ! Enfin, il n'est pas totalement mort. Disons que l'écran tactile refuse de m'obéir au doigt et à l'oeil, ce qui est très embêtant pour un téléphone dont l'écran tactile constitue la seule interface entre l'utilisateur - moi - et ses petites composants électroniques - accessible seulement si l'écran daigne réagir. Nous parlerons donc de comas : le cerveau est actif, mais le corps se dérobe aux sollicitations externes, les miennes en l'occurrence.

Je ne perds pas mon sang froid et transporte illico la presque épave à mon agence préférée située à quelque coups de pédales de chez moi. Et là le diagnostic est sans appel : la gentille vendeuse avec un piercing sur la langue m'annonce qu'il faut "réinitialiser le logiciel". Cela signifie qu'il va être remis à zéro. Entièrement. Répertoire compris.... Et c'est là qu'est le drame : je n'ai aucune sauvegarde de mon répertoire, nulle part, même pas sur carte SIM. Je ne détaillerai pas les raisons (flemme / logiciel nasissime / interface minable... liste non exhaustive) mais le résultat est là : je viens de perdre 250 contacts, famille, amis proches, plans cul, contacts professionnels. Comme ça. Hop. D'un coup, plus rien !! 


Bien entendu on m'a prêté un téléphone de dépannage. Oui, heureusement... Sans téléphone je meurs. 
Avant d'aller plus loin, il faut que vous sachiez que je bave sur un Iphone depuis quelques temps, lassé de mon Samsung un peu poussif acquis en décembre dernier. Ecran un peu petit, lenteur chronique pour surfer sur le net.... Bref, je veux que ça tourne plus vite, que ça envoie du pâté.  Huhuhu... Je vous le dis tout de suite, je n'ai pas eu d'Iphone4 (ou même 3) en dépannage, ni même un téléphone tactile.  Non. On m'a refourgué un téléphone "primitif", d'une épure technique qui force l'admiration, avec lequel on peut tout juste téléphoner (c'est déjà ça vous me direz). Je régreeeeeeeesse !


Moi quand je suis contrarié, faut que je compense. N'importe comment. Alors en sortant furax de la boutique (j'avais senti le truc foireux venir) je suis enquillé une heure et demi de sport, histoire de d'abord me passer les nerfs et d'expulser mon courroux par tous les pores. Une douche plus loin et après avoir mangé un bon sandwich à la mozzarella (soyons fou !), je me suis rendu dans un des temples de la beauté sur terre : une boutique L'Occit*ne (dont je suis secrètement familier) où je me suis  acheté de quoi me faire du bien : crème hydratante aux ribosome de raton-laveur, soins exfoliants pour le corps à la farine de sabot d'âne, huile de douche à l'extrait d'essence de glande sudoripare de castor... Que du bonheur ! Arrivé en caisse je me rends compte que je me suis vraiment lâché : m'en suis collé pour la bagatelle 95 Euros... En même temps l'addition monte assez vite au vu des prix pratiqués.  26 Euros par ici, 17 par là, on a vite fait d'atteindre des chiffres à la limite de l'effrayant. M'en fou... Je me suis fait du bien. Il suffit d'ouvrir un pot et de mettre son nez dessus pour se sentir beau. Une fois appliquée sur mon corps de rêve, voilà de quoi me transformer en couverture vivante de Têtu (oué bon, ça va, on peut rêver non ?)

Armé de mon kit bogossitude, les muscles saillants, je poursuis ma ronde folle à la quête de la beauté et du bien être en faisant halte chez mon coiffeur habituel qui en trois coups de ciseaux et quelques coups de rasoir redonne figure humaine à une chevelure qui tenait plus du chewbacca que du Tambour Major.  Rhââlalalal a que ça fait du bien de se sentir beau.

Rentré chez moi je me suis empressé de déballer mes achats dans la salle de bain et de me tartiner illico le visage de crème bienfaisante. Pfiou... oui, on se sent bien quand on se sent beau !

Comme le chantait Arielle : Quitte à mourrir, autant être belle...


Maintenant place au calvaire : reconstituer mon répertoire smileys Forum

8 septembre 2010

Lego Hello World

13 commentaires
Dans la série "Rien n'est plus absolument indispensable que le strictement inutile" voici une petite vidéo envoyée par l'ami Bruno et que je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir.

Attention, geekerie inside !


J'adore. Surtout que cela ne sert à rien. Ou peut être à faire peur au chat...


7 septembre 2010

Digressions vespérales

5 commentaires
Visiblement mon billet de ce matin vous a laissés perplexité la plus totale. Normal...
En me levant, après une mauvaise nuit, j'avais envie de décrire mon état d'esprit, perdu dans une brumeuse confusion. Singulièrement j'avais envie de dire des choses sans avoir à les nommer, de décrire l'opacité de mes sens sans recourir à d'innommables périphrases. Que les mots se fassent images, questions, couleurs, esquisses de réponse.

Alors il m'est souvenu cette oeuvre pour orgue de Louis Vierne, Fantômes. Une pièce de concert. Elle est  construite autour de la seule incantation de l'Evocateur : "Qui donc prépare l'avenir ?" à laquelle six personnages apportent leur réponse, subjective.
- Qui donc prépare l'avenir ?
  Le jeune esthète :  « C’est moi... je suis libre ! »
  Le vieux pédant :  « C’est moi... je garde la tradition ! »
  Le nègre : « L’avenir est au danseur. »
  Le singe :  « L’avenir est à la fantaisie... »
  Le mendiant : « Il est à la misère...’Solo Mio’ »
  Le destin : « Il est nulle part et partout. »
Qui sont ces Fantômes ? Une part de nous même sans doute, qui gesticule, qui s'essouffle dans une  laborieuse course  contre le néant. Fantômes de nos illusions perdues, chuchotements de nos espoirs défunts.
Ce matin j'ai voulu laisser la musique parler à ma place. La laisser traduire de sa façon inimitable des questions que je me pose, la laisser porter mes états d'âme, lui laisser dire tout ce que je ne sais pas dire et qu'elle suggère si bien, avec sa folie à elle. 

Le billet de ce matin n'était donc pas uniquement destiné à être lu, mais aussi - et surtout - entendu.
La musique par delà les mots. Les mots par delà la musique.


Digressions matinales

5 commentaires
L’évocateur : « Qui donc prépare l’avenir ?... »
Le jeune esthète :  « C’est moi... je suis libre ! »
Le vieux pédant :  « C’est moi... je garde la tradition ! »
Le nègre : « L’avenir est au danseur. »
Le singe :  « L’avenir est à la fantaisie... »
Le mendiant : « Il est à la misère...’Solo Mio’ »
Le destin : « Il est nulle part et partout. »
Louis Vierne, "Fantômes",  24 Pièces de Fantaisie - Troisième Suite op.54, 1927.


Interprétation : Ben Van Oosten, Orgue Cavaille-Coll de St Ouen de Rouen.

6 septembre 2010

Christophe voulait me dire

9 commentaires
Samedi j'avais rendez-vous à Carcassonne pour rencontrer un blogueur. Décidément la cité médiévale - et l'année 2010 ! - est propice aux rencontres : début Juin j'y avais déjà fait la connaissance de Maxivirus de passage dans la région. Cette fois c'est avec Christophe que j'avais rendez-vous, non pas à l'ombre des fortifications militaires mais en rase campagne, au milieu des chaumes malmenés par les bulldozers en train d'aménager une nouvelle zone industrielle non loin de son lieu de travail. 

Je suis un peu en retard. Normal : j'ai fait deux fois le tour de la ville avant de trouver le patelin. Oui, hormis l'hyper touristique cité, Carcassonne ça reste quand même profondément la cambrousse, avec toute l'avarice que l'on peut imaginer au niveau de la signalisation routière : ce n'est que très fortuitement que j'ai trouvé un panneau indiquant l'endroit où je me rendais. Non pas deux : un ! Peut être d'ailleurs le seul panneau de tout le département... Un coup du Destin, sûrement. Christophe m'attend, même pas étonné que je me sois perdu. C'est le bizutage habituel par ici m'explique-t-il : trouver son chemin. Les moins valeureux finissent dévorés par les loups...

Je déscends de voiture, on se fait la bise, on échange quelques mots, et vu qu'il n'y a rien (mais alors vraiment rien) à faire sur place, nous prenons tout de suite et sans tarder la direction de Carcassonne-City, loin des vieilles pierres auxquelles nous préférerons pour l'occasion la zone commerciale, ses constructions en tôle ondulée, ses néons colorés, ses enseignes chamarrées, son parking en plein air... Nous élirons domicile au Cap, où Christophe semble avoir ses habitudes,  pour prendre un verre et discuter  longuement de nous, de nos blogs, de nos vies, nos amours, nos emmerdes, nos amis. C'est un bavard le Christophe ! J'en suis un autre... J'en apprends un peu plus sur lui, sur le sens de certains de ces billets qui m'ont échappé, sur sa démarche, ses envies, et découvre progressivement un personnage aussi gentil qu'attachant.  

Entourés de ces temples de la consommation, et attirés par les sirènes des caisses enregistreuses, nous poursuivons notre palabre dans un magasin qui me donnera l'occasion de m'alléger d'une petite dizaine d'Euros. Hé oui, je n'ai pas pu résister à ces petits plats à gratin  individuels en faïence noire, idéaux pour des crumbles d'automne aux senteurs de pomme, de chocolat et de cannèle ! A moins qu'ils ne deviennent l'écrin de lasagnes  aux légumes maison qui feront un accompagnement idéal à une pièce de viande grillée... De quoi stimuler ma créativité !

Nous repartirons en revanche bredouilles du rayon jeans pourtant bien sympathique. Impossible de s'habiller ici à moins d'avoir des goûts de chiottes ou d'être anorexiques ! Voyez le point 1 de ma to-do-list... Christophe ne sera en revanche pas séduit du tout par cette splendide ceinture en moumoute rose fluo assortie à une magnifique paire de bottines en plastique  du même coloris, chic et décontracté... le paroxysme de la glamouritude au comble de l'intemporel.

Dix-neuf heures sonnent, les boutiques ferment (souvenez vous qu'on est à la campagne ici), nous devons exercer un replis stratégique vers le restaurant où nous  trinquerons d'abord à cette rencontre, un cocktail à la main. Christophe opte pour un plat de moules-frites qui a l'air tout à fait extra. Après hésitations, je choisis une entrecôte et ses petits légumes sautés ; un régal ! Un petit dessert pour finir en beauté ? Oui oui, bien entendu !

Un banana-split d'un côté (la banane, les boules de glace, des flots de crème chantilly... tout un symbole...smileys Forum), un fondant chocolat-caramel accompagné d'une boule de glace au yaourt de l'autre (laissez vos commentaires freudiens ici smileys Forum). On parle musique, remixes, Christophe Willem, Mylène Farmer (à ma grande surprise), musique classique, variété, des concerts auxquels on a assisté, de nos déceptions musicales. Après avoir réglé la note (rôôô... j'ai même été invité !) je raccompagne Christophe chez lui. Affalés sur le canapé, une tasse de café à la main, nous papotons toujours et encore jusqu'à des heures improbables tandis que Zack, le mistigri, chasse une mouche au prix d'invraisemblables acrobaties, infatigable.

Une critique classiquement adressée à l'Internet est d'éloigner les gens, de les rendre virtuels. L'expérience du blog ne cesse de me démontrer combien cette affirmation est fausse. Contribuer à mettre en relation des personnes qui ne se seraient certainement jamais rencontrées, c'est bien là l'un des aspects les plus excitants du net. Cette journée à Carcassonne en est une nouvelle preuve.

Mais déjà le soleil pointe le bout de son nez... il est temps de rentrer ! On se dit au revoir, on se fait la bise, on se dit à bientôt, peut être à Toulouse cette fois.

Je reprends la route en sens inverse, déserte. Une belle journée qui s'achève. Une autre qui commence... presque ordinaire.

2 septembre 2010

Trucs à faire

38 commentaires
La rentrée c'est un peu la période des bonnes résolutions pour l'année qui commence. Une promesse faite à un blogueur qui m'a suggéré de la noter sur ma to-do-list m'a donc donné l'idée (très peu originale je le reconnais) de constituer - pour de bon - une liste de trucs à faire pendant l'année 2010-2011.  Elle sera complétée au fur et à mesure.

Allez hop, c'est parti !


Ca c'est prévu :
  1. Perdre du poids
  2. Prendre soin de moi
  3. Aller voir Christophe à Carcassonne 
  4. Aller à Madrid en octobre
  5. Vister le musée du Prado
  6. Terminer ma thèse (Presque !)
  7. Regarder les saisons 2, 3, 4 et 5 de Dexter
  8. Continuer à bloguer
  9. Acquérir un Iphone (un Samsung Galaxy SII à la place)
  10. Racheter des huiles essentielles pour mon diffuseur
  11. Faire réparer la machine expresso
  12. Acheter une jolie poubelle pour la cuisine 
  13. Devenir papa d'un chaton crô crô mignon

Ce que je dois prévoir :
  1. Terminer de lire La recherche du temps perdu
  2. Finir la série des Astérix
  3. Rencontrer d'autres blogueurs
  4. Un voyage au Liban
  5. Aller à Paris pour Nawouel
  6. Dîner avec CDDB et Jonathan D
  7. Gagner plein d'argent
  8. Être heureux
  9. Faire des offrandes à Cupidon
  10. Organiser un brunch à la maison
  11. Déjeuner avec Christophe
  12. Acheter un nouvel ordinateur 

Et si j'ai le temps :
  1. Devenir le maitre du Monde
  2. Apprendre à me téléporter
  3. Développer une faculté d'ubiquité
  4. Acquérir des connaissances élémentaires de physique quantique

Liste non exhaustive... 

Dernière mise à jour : 27/01/2012