31 décembre 2010

Trois jours et demi

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Décidément je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à raconter mes quelques jours à Paris. J'ai beau essayer et m'y être repris plusieurs fois, rien ne me satisfait. Au bout de quelques lignes mon récit devient lourd, épais, d'une fastidieuse linéarité et surtout d'une longueur décourageante. Je ne suis pas doué pour coucher en quelques mots par écrit le récit de mon voyage. Comment d'ailleurs reconstituer l'enchaînement de toutes les rencontres, la multitude des lieux que j'ai vus, la variété des conversations que j'ai pu avoir parfois jusqu'à des heures quasi-matinales, la richesse d'instants rares et précieux en un seul billet ? Chacun de ces instants mériterait à lui seul un billet entier, il en faudrait donc beaucoup. Et à la précision d'une cartographie précise je préfère les grandes fresques impressionnistes qui en quelques traits savent retranscrire toute l'émotion d'une scène qu'un seul regard circulaire peut embrasser totalement.

Tout a débuté lundi après midi avec Jonathan D., tout aussi charmant que son blog le laisse transparaître. Nous n'avions pas de programme bien établi, aussi en quelques pas nous gagnons l'exposition Andrée Putman dont j'ignorais tout autant l'oeuvre que l'existence. Au bout de quelques petites minutes d'attente en plein blizzard nous nous réfugions au chaud à la découverte de cette "impératrice du style à la française". Quelques éléments biographiques nous apprennent tout du pedigree de la dame, génétiquement et socialement programmée pour réussir (être la pote à Lagerfeld, Klein, Giacometti et consorts n'est pas donné à tout le monde...). On s'extasie sur du très beau mobillier, on bave ici sur un fort beau piano Pleyel "Voie lactée" designé pour les 200 ans de la manufacture, on hallucine un peu plus loin sur les plans de la nouvelle résidence construite au Maroc.  Un petit tour par la librairie histoire de me procurer le catalogue de l'exposition et il est bientôt quatre heures lorsqu'un petit creux s'invite dans nos estomacs. Un snack salé pour Jonathan qui n'avait pas déjeuné, un irish-coffee pour moi et nous voici chez Pierre Hermé : un "deux-mille feuilles", un "plaisir sucré" et quelques macarons (à 2 Euros la pièce, on choisit méticuleusement les parfums !) seront notre festin de gourmets, festin or-gas-mi-que englouti - excusez du peu - sur le parvis de Saint Sulpice (oui, il y a un coté un peu sacrilège là dedans). Les papilles encore engourdies par tant de bonheur, nous arpentons une dernière galerie d'art avant de nous rendre au Bon Marché où nous nous extasions sur des pots de Nutella de 5Kg ainsi que de superbes livres. Dur dur de ne pas céder à la tentation et de ne rien acheter ! Voici que 19h30 sonnent : il est déjà l'heure pour moi de me rendre chez Fabisounours et Will qui m'avaient invité à dîner chez eux. Je les avais croisé en juin dernier mais nous n'avions pas vraiment eu l'occasion de bavarder. Accueilli par les glapissements de Coupine qui deviendra très vite ma meilleure amie, la conversation va bon train tandis que dans l'air flottent les odeurs alléchantes du repas que Will nous a concocté. La soirée passera en un éclair, le plus joyeusement du monde, dans une bonne humeur typiquement Fabisounoursienne et il est plus de deux heures du matin lorsque j'enfourche mon vélib pour regagner mes pénates.


Le lendemain une longue journée m'attend que je dois passer avec Olivier qui m'attend sous un énorme sapin de noël face à Notre Dame. Un solide repas et un ptit dessert dans l'estomac, nous décidons d'aller visiter le Musée du Quai Branly. Comme nous sommes de grands gaillards nous nous y rendons à pied, profitant du trajet pour papoter comme si l'on s'était quittés la veille ainsi que pour faire quelques photos  avec le nouvel appareil que le papa nawouel lui avait apporté. On attend un peu avant de pouvoir entrer et nous voici bientôt dans les lieux. Ce fut à vrai dire assez déstabilisant car l'histoire des peuplades d'Afrique Noire, d'Océanie ou d'Asie me sont aussi peu familières que les notions élémentaires de thermodynamique... L'organisation interne est assez joliment faite, un peu sombre peut être (par souci de protection des oeuvres je suppose) et l'on navigue d'une région à l'autre du globe, admirant tantôt un masque de guerre giganteste, tantôt des tambours verticaux réellement major (oui à partir de 3 mètres de haut, ça en jette tout de même !). Une véritable plongée dans l'inconnu ! En sortant nous passons par la librairie où je me chargerai de quelques kilos de livres et d'un joli petit éléphant en pierre savon du Kenya qui veillera sur mon bureau. Il fait déjà nuit lorsque nous sortons ; quelle déprime ! Et en plus il tombe quelques gouttes... Nous grimpons au sommet du Trocadéro d'où nous admirerons la dame de fer illuminée avant de filer dîner dans un resto chinois. Mine de rien, ça creuse la culture ! Nous nous séparons encore une fois des souvenirs et des projets plein la tête.



Le lendemain je m'éveille un peu plus tôt que prévu et termine ma nuit devant Avatar bien au chaud blotti dans une couverture, une tasse de café velouté à la main. Au loin un étrange gadget geekissime dénommé Nabaztag prophétise seul dans son coin, agitant des oreilles comme une girouette. S'il se met à cracher de la bouillie verte je l'inonde d'ail et de fines herbes ! Une fois bien éveillé je file en ville rejoindre Bashô, visiblement très stressé, qui me propose d'aller visiter le Musée du Judaïsme ainsi que l'exposition Felix Nussbaum. Très bonne idée, je suis nul en Judaïsme et ne connais pas davantage Felix Nussbaum que je ne connaissais Andrée Putman ou les civilisations Guinéennes ! Décidément cela aura été un séjour riche en découvertes ! D'ailleurs l'expo Nussbaum est vraiment intéressante, si vous avez le temps allez y faire un tour elle en vaut le coup. Les même causes produisant souvent les mêmes effets, après nous être sustenté de nourritures spirituelles nous nous rendons à la Maison de Thé Mariage Fères où nous papotons un bon moment en savourant de fort bonnes pâtisseries agréablement accompagnées d'une tasse de thé bien chaud. Mon guide m'emmène ensuite de l'autre coté de la rive à la découverte de quelques coins agréables et de l'insolite Shakespeare and Company, sorte de paradis du livre anglophone dont l'organisation intérieure ne laisse aucun doute sur l'anglicitude du maître des lieux ! Et déjà vingt heures sonnent à Notre Dame. Il est temps pour moi de continuer ma route et de rejoindre non loin de là Waquete déguisé en mammouth laineux pour l'occasion (je cherche encore ^^).  

S'agissant de Waquete, j'ai beau croire qu'il s'agisse d'un animal aquatique nocture - qui évolue aussi très bien dans le vin blanc soit dit en passant - je ne m'explique toujours pas le vortex spatio-temporel qui nous a fait passer de huit heures du soir à presque quatre heures du matin en l'espace de quelques minutes. La facilité la plus triviale inviterait à rechercher une tentative d'explication dans la personne de mon interlocuteur et l'heureuse rencontre de deux personnes sur la même longueur d'ondes mais... non il doit y avoir autre chose. Le Waquete doit disposer de pouvoir psychiques exceptionnels, ceux-là même qui font encore aujourd'hui l'objet de recherches par des laboratoires secrets dont même les gouvernements ignorent l'existence... Car oui, le temps a - de mon coté du moins - filé avec une vitesse qui défie l'entendement et c'est presque à l'aube que je me suis endormi dans mon lit coiffé d'un épais édredon.


Oui, le temps s'est écoulé avec une célérité déconcertante. Hier encore je me trouvais au coeur de la Capitale, partageant mes dernières heures de vacances avec Jonathan D. et Cédric Darval de Bayen pour un repas fort sympathique chez Prosper (Youp la boum ! voilà, ça c'est fait) autour d'un excellent tartare et de desserts qui ne le furent pas moins (le tiramisu au Nutella est démoniaque !). Remontant le Boulevard de Menilmatoo Menilmontant le nez au vent, préparant déjà le rétro-planning du retour je me disais que vraiment j'avais passé des journées géniales ici et commençais mentalement à préparer l'esquisse de ce qui pourrait être un billet.
 
Ce matin après m'être installé devant mon écran d'ordinateur et mis un disque interprété à Saint Etienne du Mont par les doigts virtuoses des Duruflé, je dus me rendre à l'évidence : jamais je ne pourrai transcrire tout cela fidèlement sans recourir à des ellipses fulgurantes.
Il est 16h20 à l'instant où je couche cette phrase. Cela fait plus de cinq heures que je m'évertue à pondre ce billet qui ne veut pas s'écrire tant les images fusent dans ma tête et les souvenirs abondent. Lorsque j'ouvrai mon premier blog je n'imaginais pas qu'écrire me permettrait bien plus que de noircir des pixels, mais aussi de faire de très belles rencontres. Ce fut le cas de ce dernier passage à Paris, trois jours et demi qui ont magistralement clôturé une année 2010 déjà bien riche. Et j'ose croire que 2011 qui approche maintenant à grands pas, le sera au moins tout autant ! 

24 décembre 2010

Le bruit et la fureur

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Ca y est, la grande horloge du Temps indique de ses grandes aiguilles métalliques que dans quelques heures aura lieu un peu partout sur la planète le réveillon de Noël. Dans quelques heures des sapins multicolores crépiteront du papier cadeau que de petites mains déchireront à leur pieds, les enfants auront des étoiles plein les yeux, les plus grands s'encanailleront de bulles festives, on rira, on chantera peut être, une félicité sirupeuse tapissera chaque recoin de nos maisons emplies d'une étourdissante effervescence. D'autres hélas ne connaitront pas cette joie et se sentiront bien seuls dans leur thébaïde, contrainte ou choisie.

Avant hier j'ai passé la journée en ville avec le frangin pour faire les achats de noël. Une affaire rondement menée avec promptitude et efficacité, clôturée par une solide repas en tête à tête aux accents Teutons. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas déjeuné ensemble, rien que tous les deux. Le soir même je regagnais la maison de papa et maman Tambour Major où je coule désormais des heures d'une nonchalance qui en d'autres périodes de l'année passeraient pour coupables. Ici je reprends des forces, au coin du feu, devant la télévision, à me gaver de kakis, une bouteille de très bon whisky délicieusement tourbé à portée de main, tandis qu'en ville bus et métros vomissent des clients transformant les rues en une coulée humaine bruyante et désordonnée. Je suis heureux de me trouver loin de tout ça, dans mon refuge au milieu de nulle part, pour mieux repartir ensuite et affronter à nouveau l'immensité foisonnante des passants anonymes.

Il ne reste plus que quelques heures maintenant. Plus que quelques heures, avant que ne se déchainent le bruit et la fureur.

Joyeux Noël à tous !

20 décembre 2010

Treevenge

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Ca y est, vous avez fait votre sapin ? Il est là dans le salon, apportant un peu de verdoyance à votre intérieur ? Et en ce moment même vous êtes en train de l'admirer béatement, contemplant avec une satisfaction non feinte la superbe décoration toute en boules et guirlandes qui lui confèrent son incomparable air de fête.
Oui ?

Alors... FUYEZ !!

Enfin, c'est ce que vous ferez après avoir Treevenge, un petit chef d'oeuvre réalisé en 2008 par Jason Eisener à qui l'on doit le prochain sanglantissime Hobo With a Shotgun (sortie annoncée pour 2011), dans la droite lignée d'un Machete et plus largement de Grindhouse des compères Tarantino - Rodriguez.

Treevenge c'est 16 minutes de pur bonheur jouissif, et tout de même assez gore...



18 décembre 2010

Tarte fine aux foies de taupe meringuée

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Aujourd'hui nous avons le plaisir de vous présenter une recette facile et légère qui saura égayer vos tables de fêtes et ravir vos invités.

Tarte fine aux foies de taupe meringuée
(pour 6-8 personnes)


Difficulté : ***          Prix : **********           Temps de préparation : ****


Profondément originale, cette tarte servie indifféremment en entrée sur un verre de porto blanc, en plat principal accompagnée d'une salade de roquette au vinaigre balsamique millésimé, ou en dessert assortie d'un sorbet au kiwi, vous offrira l'occasion de découvrir des saveurs incomparables.
Le parfum délicat des foies de taupes, qui n'est pas sans évoquer le hareng-saur rance,  se trouve superbement mis en valeur par la crème délicatement ourlée d'exquises senteurs citronnées. La texture subtilement granuleuse tout autant qu'astringente des foies de taupe contrastera admirablement avec celle moelleuse et suave du foie gras. Une alliance de Maître Queux !

Ingrédients :

    - 500g de pâte feuilletée (à commander chez Pillon ou Faucher)
    - 24 taupes adultes en bonne santé élevées au grain
    - 200g de crème fraiche d'isigny entière (mais sans la vache)
    - 10 dl d'armagnac VSOP
    - 2 dl de curaçao bleu
    - 1kg de foie gras premier choix
    - 2 oeufs d'autruche (en importation d'Australie)
    - 200g de raisins de corinthe de qualité supérieure importés par avion
    - 1 bon verre de sirop de canne extra vierge
    - 500g de sucre blanc
    - 400g de beurre de Normandie fermier extra fin
    - 200g de farine
    - 5 citrons non traités du Chili
    - 20 cl d'eau de vie de poire
    - Sel de Guérande
    - Poivre noir du Guatémala

Préparation

1/ Dans une jatte, mettez les raisins de corinthe à macérer dans 1/3 de l'armagnac.

2/ Assommez les taupes à l'aide d'un maillet en bois d'olivier et les dépecer soigneusement. Extraire délicatement le foie en prenant garde à ne pas percer la vésicule. Cette première étape nécessite organisation et rigueur, en particulier afin d'éviter que les petits mammifères ne courent partout dans votre cuisine et ne filent à l'anglaise ! 
On veillera en outre à utiliser un petit couteau au tranchant précis, voire un scalpel. Vous éviterez d'exploser les taupes à l'aide d'un fusil de chasse : si la méthode est certes plus rapide, l'éparpillement inévitable de l'animal sur votre plan de travail ne pourrait guère convenir qu'à un hachi parmentier.

Le truc du chef : Nous vous recommandons de choisir les taupes bien grasses, au poil vif et luisant. Certains éleveurs jugent bon de leur sectionner les 4 pattes afin qu'elles engraissent plus vite. Nous ne saurions que trop mettre en garde notre aimable lectorat contre une pratique barbare d'un autre temps que nous condamnons sans retenue !

3/ Faites chauffer une sauteuse en cuivre et faites fondre un généreux morceau de beurre fermier frais. Dès qu'il dégage une douce odeur de noisette, faire poëler les 24 foies de taupes encore frétillants. Saler et poivrer. Ils sont à point encore rosés et que le sang perle lorsqu'on les pique avec une aiguille. Flambez au curaçao. Réserver.

4/ Découpez le foie d'oie en escalopes d'un bon centimère d'épaisseur et faites les saisir à feu très vif sans ajouter de matière grasse. Assaisonnez. Ce mets de première noblesse n'a pas peur du poivre dont vous saurez copieusement le gratifier. Lorsque vos escalopes sont bien dorées ajoutez les raisins avec le jus de macération. Flambez. Réservez.

5/ Mettez le four à chauffer thermostat 7 ( 210 °C). Pendant que le four monte en température étalez la pâte feuilletée de sorte à obtenir une alloge d'un demi centimètre d'épaisseur. Fariner un moule à tartes de 30 cm de diamètre et y disposer l'allonge. Faire un bord et piquer le fond de la pate avec une fourchette.
Faire cuire ce fond de pâte à blanc pendant 30 minutes. Ne pas démouler en fin de cuisson.

6/ Prenez les 2 oeufs. Séparez les blancs des jaunes. Réservez

7/ Dans une casserole en cuivre, faites fondre 200g de beurre. Faites un roux avec 200g de farine. Ajoutez les 2 jaunes et battez vivement avec une spatule en maintenant un feu très doux. Allongez avec le reste d'armagnac. Sucrez à l'aide d'un bon verre de sucre de canne. Parfumez avec le zeste et le jus et le zeste de 5 citrons non traités.

8/ Montez la crème fraiche en chantilly très épaisse et incorporez là à la préparation précédente en soulevant délicatement la masse pour ne pas la faire retomber.

9/ Disposez uniformément les escalopes de foie, les raisins et les foies de taupe dans le fond de tarte précuit. Verser la préparation citronée sur le fond de tarte. Placer au frais pendant 3 heures minimum.

10/ Préparez une meringue italienne. Faites dissoudre 500g de sucre dans 150g d'eau tiède et faites un sirop. Mettez le à cuire à feu doux dans une casserole jusqu'au petit bouler (120°C). Pendant ce temps montez les 2 blancs d'oeuf en neige très ferme. La préparation doit collez au saladier sans tomber lorsque vous le renversez. Versez le sirop bouillant en fin filet sur les blancs sans cesser de fouetter à grande vitesse. Battre jusqu'à refroidissement. Réservez.

11/ Allumez le four en mode grill. Disposez harmonieusement la meringue sur la tarte à l'aide d'une poche à douille. Utilisez une douille cannelée de 12 ou, mieux, une douille à meringuer.

12/ Faites dorer la meringue sous le grill pendant 2 minutes. Pendant ce temps, faites boullir 20 cl d'eau de vie de poire dans une petite casserole. Sortir la tarte du four et flamber avec l'eau de vie de poire. Servir aussitôt.

Le conseil du sommelier :

- Un porto blanc grande réserve
-Un double Alcasetzer bien frappé  smileys Forum

Et bon appétit bien sûr !

15 décembre 2010

La photo du mois : Coloré(e)(s)

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Chaque mois, les blogueurs qui participent à La Photo du Mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci, le thème retenue est : Coloré(e)(s)

En me promenant sur le marché de Noël place du Capitole, je savais que j'allais trouver l'inspiration : ces matriochkas toutes rondelettes, découvertes au détour d'un chalet étincelant, n'attendaient que ma venue !


"La couleur est par excellence la partie de l'art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s'adressent d'abord à la pensée, la couleur n'a aucun sens pour l'intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité."

Eugène Delacroix, Journal

13 décembre 2010

Changement de décors !

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Ce blog n'avait pas connu de lifting depuis un bon bout de temps : voilà qui est fait. Ho ce n'est pas grand chose, seules les couleurs changent : un peu de blanc rehaussé d'un peu de rouge, une photo dans l'air du temps, rien d'extraordinaire en somme. Trois fois rien, mais cela change tout ! Il n'y a donc pas que mon appartement qui prenne des allures festives.

Du coup je trouve que ma bannière est un peu trop pétaradante sur cette neige toute en pixels. Tant pis, j'ai la flemme de la modifier. Mais quand même, ça frise la faute de goût...

***


Edit du 14 décembre à 11h30 : Allez hop, la bannière passe en sépia avec un liseré vert. Ca piquera moins les yeux même si ce n'est toujours pas dans le thème...

***

Edit du 16 décembre à 18h30 : Allez hop, finalement ma nouvelle déco ne me plait pas, ni l'image de fond, ni la bannière que l'on dirait fanée. Alors je change tout (ou presque) ! Et pour le coup je suis nettement plus satisfait du résultat.

12 décembre 2010

Comme un air de fête

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Aujourd'hui j'ai mis des couleurs à mon appartement. Dans le salon trône un sapin de bois sur lequel veille un étrange renne, chimère mi animale mi fée clochette. A ses pieds, des pommes de pin ramassées dans le jardin étalent leur dorure. Un peu plus loin une crèche en terre cuite ramenée du Brésil rappelle le coté religieux de la chose. Et mes invités sont désormais accueillis par une jolie couronne accrochée à  la porte d'entrée.

Des petits riens qui donnent un peu de relief à l'ordinaire du quotidien.
Trois fois rien, juste comme un air de fête.





7 décembre 2010

Les deux tasses

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Cet après midi je me suis rendu au Salon des Artisans d'Art qui se tient jusqu'à dimanche prochain. De proportions modestes ce salon offre pourtant de nombreuses occasions de faire chauffer la carte bleue. La mienne n'a pas fait exception. En bon garçon sensible qui se respecte j'aime bien tout ce qui touche à la déco, les beaux objets, les belles choses, et en toute saison avoir les yeux qui brillent comme un gamin dans un magasin de jouets. Je me laissais rapidement tenter par de très belles tasses en grès émaillé aux courbes généreuses rehaussées d'un brin de contemporanéité leur conférant un charme auquel  je ne sus rester insensible très longtemps. C'est ainsi qu'au bout de deux heures je ressortais les bras chargés de paquets, le compte en banque soulagé de quelques dizaines d'euros surnuméraires.

Le problème lorsque l'on aime la jolie vaisselle c'est que l'on a la fâcheuse tendance d'en acheter un peu, régulièrement, de sorte que les placards en sont saturés jusqu'à l'explosion. Je savais en  achetant  mes deux tasses que je n'avais pas de place pour les ranger. Ce ne fut donc pas une surprise lorsqu'à l'issue d'un inextricable Tetris perdu d'avance je me résolu à abandonner l'étourdissant jeu des tasses musicales. Les lois de la physique avaient de toutes façons gagné la bataille. Pourtant à bien y regarder, une solution existait, toute simple en définitive : faire du vide.

Ceux qui aiment les objets savent à quel point il est difficile de s'en séparer, et pire encore de les jeter, quand bien même ils seraient totalement inutiles. J'avais (notez déjà l'imparfait) dans mes placards un lot de six tasses avec leur sous-tasse offert par des copains à la fac à l'occasion je crois de mes 25 ans. Des tasses à café blanches avec un dessin marron imprimé sur toute leur surface, sobres et tristounettes au possible. Je ne les ai jamais aimées ces tasses. Je me souviens d'ailleurs que lorsque je les ai vues pour la première fois elle ne m'avaient pas plu du tout. Qui plus est, leur taille bâtarde les rendait assez incommodes à l'usage : beaucoup trop grandes pour un expresso, trop petites pour un café standard, elles eussent davantage convenu pour servir le thé mais le motif marron à l'éffigie du nectar noir interdisait cet usage contre nature. Bref... un échec total ! C'est alors qu'une idée lumineuse traversa mon esprit : et si je me débarrassais de ces vilaines choses ?

Oui au fond, ça peut être si simple... Qu'est-ce qui m'empêche de les foutre en l'air ? Je n'ai plus aucun contact avec les personnes qui me les ont offertes, ni n'ai plus aucun souvenir particulier dont je voudrais faire perdurer la mémoire à travers elles. Ces objets ne représentent plus rien pour moi en définitive. Ils sont vides de sens tout autant qu'ils sont dénués d'utilité. Réalisant soudain que rien ne justifiait l'encombrante présence de ces indésirables, je les entassai dans un carton dont je refermai le couvercle avant de le descendre dans cette antichambre de l'oubli qu'est le cellier, libérant du même coup un volume plus que confortable pour accueillir mes deux nouvelles compagnes.

C'est fou ce qu'on peut parfois se laisser envahir par les autres, à quelque niveau que ce soit, et combien il peut être difficile de dire "non" ou de casser le confort des habitudes pour tourner une page qu'on ne lit plus et sur laquelle il n'y a de toutes façons plus rien à écrire. Car c'est bien de cela qu'il s'agit au fond : à bien y regarder notre quotidien est pollué par les désirs que les autres nous imposent et auxquels on ne sait pas dire "non" lorsque l'on en aurait véritablement envie. Par peur de quoi ? De blesser l'autre, de lui faire de la peine, de le décevoir ? Peut être. Mais il ne faut pas s'étonner si, à force d'entasser les affaires des autres dans ses placards on n'a même plus la place d'y ranger deux pauvres tasses qui, elles, nous plaisent vraiment et que l'on désire avoir avec soi.

4 décembre 2010

Black Sands

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Bonobo fait partie de ces musiciens qui mènent une brillante carrière internationale, remplissant sans mal les salles les plus prestigieuses d'Europe et du monde mais qui par un fait que je ne m'explique pas restent relativement confidentiels en France. Peut être la trop grande qualité de sa production pourrait-elle nuire au dessein de lobotomisation fomenté par d'obscurs lobbies hexagonaux ?

Pourtant, quoique vous n'ayez peut-être jamais entendu parler de lui, vous avez nécessairement entendu sa musique, régulièrement utilisée en publicité. Je l'avais pour ma part découvert grâce à un ami breakdanceur qui m'avait fait écouter quelques uns de ces morceaux les plus emblématiques, bien connus dans le milieu hip-hop justement en raison de ses solides assises rythmiques, assez caractéristique du style Down Tempo dont il est l'une des figure de proue.

Mais réduire Bonobo à cela relèverait de l'hérésie autant que de la forfaiture. Chaque album de Bonobo est en effet une invitation au voyage dans un univers habilement construit et pensé, tantôt souple, tantôt anguleux, suffisamment confortable pour qu'on reste à l'écoute jusqu'au bout, juste assez dérangeant pour qu'on ne se laisse pas mollement engloutir.

Alors lorsqu'en surfant sur Deezer j'ai découvert que Bonobo avait sorti un nouvel album Black Sands en mars dernier, mon sang n'a fait qu'un tour et je me suis naturellement précipité pour l'écouter.
Dès l'ouverture (Prélude) les portes de l'onirisme s'ouvrent en grand, en très grand même, et nous conduisent dans un univers très châtié prolongé magnifiquement par le très réussi Kiara qui fait la part belle à des accents un peu plus électro sans toutefois tomber dans la vulgarité. Kong et El Toro renouent avec des choses plus habituelles : un entrelacement rythmique solide, des orchestrations de cordes soyeuses ce qu'il faut,  doucement âpres sur les bords, des mélodies simples mais entêtantes, il n'y a qu'à se laisser faire. Même chose pour 1009, délicieusement trip-hop et qui donne inévitablement envie de bouger sur sa chaise.  The Keepers offre une très agréable occasion de découvrir la voix d'Andreya Triana qui apporte - à trois reprises dans l'album - un peu de fragilité sensuelle dans cet univers subtilement masculin.

Au final j'ai beaucoup aimé cet album, foutrement bien réalisé. Malgré un univers musical parfaitement identifiable l'artiste sait se renouveler et prolonger les recherches dont il nous avait livré les fruits lors de ses albums précédents (on ne peut que regretter l'amenuisement soudain de l'offre sous Deezer : où sont donc passés les albums One Off Remixes and B-sides et Days to Come précédemment disponibles ?). Les arrangements soignés, la variété musicale des morceaux, les enchainements parfois audacieux font de Black Sands une véritable réussite.  Un fait habituel chez Bonobo...

Son Myspace 

3 décembre 2010

Les joies du blog

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Les joies du blog ne se limitent pas à raconter quelques bêtises ou à faire sa psychothérapie devant tout le monde. Qu'on le veuille ou non, on ne blogue jamais seul : si le blog est l'oeuvre de celui qui en tient les rennes, il est aussi quelque part à l'image de ceux qui y laissent leur empreinte par leurs commentaires ou, par un effet de miroir déformant, de ce que l'on a pu lire chez eu sur leur propre blog et dont le contenu peut nous amener à réagir. Créer des liens, faire se rencontrer des personnes qui autrement ne se seraient jamais croisées, se faire de nouveaux amis, voilà l'une des grandes forces du net.

Il y a quelques temps de cela j'avais reçu un mail de Glimpse qui m'informait de son prochain passage éclair dans la Ville Rose et proposait que l'on se rencontre à cette occasion. Quelle bonne idée ! Quelques échanges plus loin et le rendez-vous est fixé place du Capitole où nous nous retrouvons en début de soirée. Il en sait autant sur moi que moi sur lui : je devrai courber le dos pour lui faire la bise et lui se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre ma joue. Je sais aussi qu'il est brun et porte une barbe de 3 jours d'après ce que j'avais pu lire ou entr'apercevoir chez lui. C'est somme toute bien peu de choses, vous en conviendrez.

Comme convenu j'arrive pour 20 heures de la façon la plus mal polie qui soit : le téléphone collé à l'oreille. A ma décharge c'était mon conseiller référendaire en restauration auprès duquel je m'enquerrais d'une bonne table pour passer la soirée, celle que j'avais d'abord choisie étant - par l'un des innombrables effets de la Loi de Murphy - fermée ce soir là. Comme à chaque fois que je rencontre quelqu'un pour la première fois, je suis un peu nerveux. En réalité nous ne nous connaissons que très peu... Raccrochant bien vite j'accueille Mister Glimpse et nous échangeons quelques premiers mots de vive voix cette fois-ci.  D’emblée je me sens à l’aise et je sens - en tous cas, j’ai l’impression - que nous le sommes tous les deux, ce qui est un bon début. La conversation vient tout à fait naturellement, ce qui augure de la suite de la soirée. J'embarque alors mon invité en direction d'un lieu moins frigorifique où nous pourrons continuer papoter à loisir tout en remplissant nos estomacs affamés.

Après quelques hésitations (mon conseiller référendaire en restauration s'étant un peu trompé sur la situation exacte du restaurant ), et après que la carte ait reçu notre assentiment collégial, nous mettons les pieds sous la table. Choix des plats, choix du vin avec l’avis pertinent - mais pas envahissant - du très sympathique serveur et la soirée peut vraiment commencer. Pour tout dire, je n’ai pas vu le temps passer. La conversation va du coq à l’âne en sautant parfois sur le cochon pour revenir au premier dans une succession de sujets parfois très personnels, presque intimes. Monsieur Glimpse s'est même laissé aller à quelques confidences que je dois être le premier être vivant à entendre… Je suis toujours impressionné de la facilité que l’on a à partager des choses très intimes avec des presque inconnus. Chacun aborde des pans de sa vie, rebondissant sur les propos de l’autre. J’ai parfois eu l’impression de parler un peu trop mais si c’est le cas - je m’en excuse - Mister Glimpse a eu la délicatesse de ne pas me le faire ressentir.

Ces instants rares où la discussion entre deux personnes que rien ne destinait à se rencontrer se tisse d'elle même, ces soirées où tout se passe comme si de rien n'était, où l'on se comprend avec évidence comme si l'on s'était connu depuis toujours, ont le don de m'émerveiller. Lundi soir fut l'un de ces instants, hors du temps, en la compagnie d'un garçon charmant, vif d'esprit, drôle, touchant, fin gourmet qui plus est... 

Soudain un petit coup de barre se fait ressentir, confirmé par un rapide coup d'oeil à la montre : il est déjà très tard, les heures ont filé avec une vitesse déconcertante, il nous faut rentrer chacun chez soi. Revêtant mon écharpe et mon épais manteau, je raccompagne Mister Glimpse non-loin de son hôtel, poursuivant  de nos derniers pas une conversation que nous dûmes hélas nous résoudre à laisser inachevée. Car nous aurions sûrement eu encore beaucoup de choses à nous dire. Cela sera pour une autre fois, sans aucun doute. 


NB  : Les passages en italique de ce billet sont des emprunts directs ou des adaptations du billet de  Glimpse, avec son aimable autorisation.