27 avril 2011

Source Code

16 commentaires

Une technologie révolutionnaire, le Source Code, permet de projeter virtuellement quelqu'un dans la mémoire des huit dernières minutes d'un événement afin d'en extraire des informations et reconstituer le puzzle des faits. Un attentat meurtrier a eu lieu à Chicago, les autorités craignent qu'il ne s'agisse que d'un coup de semonce avant le grand feu d'artifice. La menace plane sur la ville. Il faut donc retrouver la trace du poseur de bombe et déjouer ses plans avant le désastre. Huit minutes seulement. Pas plus. Mais huit minutes qui peuvent recommencer indéfiniment.... Et cela change tout.

Un militaire la veille encore en Afghanistan qui fait des va et vient entre le présent et cet univers parallèle. Des souvenirs, des interrogations : que fait-il là ? Pourquoi lui ? Depuis combien de temps est-il enfermé dans cette capsule ? Avez-vous trouvé le poseur de bombe Capitaine ?  Ne peut-on vraiment pas sauver tous ces gens morts dans l'attentat ? Le passé est donc définitivement écrit... Beaucoup de questions dont les réponses seront soutirées par fragments dans cet interminable jeu de Sisyphe où le temps ne s'écoule pas plus de huit minutes. D'autres nous sont posées indirectement qui ne sont pas moins percutantes. Science sans conscience est ruine de l'âme. Mais pour le salut de l'humanité ?

Servi par des acteurs magnifiques (Jake Gyllenhaal hyper choupi, Michelle Monaghan aux faux airs de Björk,  Vera Farmiga et son regard de velour), Source Code aurait pu n'être qu'un film de plus aux doux accents de Matrix Inception et un zeste d'Armée des Douze Singes, productions dont il se distingue pourtant assez nettement. Car, tout au long de la finalement assez brève heure trente que dure le film, l'intrigue finement écrite est très bien développée, jusqu'à cette fin absolument extraordinaire qui hisse Source Code en bonne place dans le panthéon des films de science fiction.

Une heure trente trois minutes à peine qui prouvent, paradoxalement, qu'un bon réalisateur (Duncan Jones) n'a pas besoin de beaucoup de temps.




Voir aussi la critique de Nicolinux

25 avril 2011

L'attaque de l'omelette géante

28 commentaires
Chaque lundi de Pâques la bourgade de Bessières en Haute Garonne, située à une trentaine de kilomètres à l'Est de Toulouse, se transforme en capitale mondiale de l'omelette. Et pas n'importe quelle omelette : l'une des plus grandes omelettes du monde. Préparée en plein air sur la place du village par la Confrérie de l'Omelette de Bessières, elle est ensuite distribuée gratuitement au public ébahi. La recette en est fort simple.

Pour une belle grosse omelette géante capable de rassasier 2000 personnes


Difficulté : ****** - Cout : ************ - Temps de préparation : ***

1 - Cassez environ 6000 oeufs frais dans autant de bassines que nécessaire. Battez-les délicatement avec un mixer ultra-puissant.

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

2 - Munissez-vous d'une poêle de 4 mètres de diamètre (400 Kg la bestiole !). A l'aide d'un trans-palette disposez-là sur une feu de bois très vif.

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

3 - Laissez la poêle chauffer. Versez environ 10 litres d'huile de tournesol et répartissez-la uniformément sur toute la surface. Pendant ce temps ajoutez quelques poignées de sel, autant de poivre et 5 kilos d'herbes fraîches finement ciselées aux œufs battus.
(cliquez sur les photos pour les agrandir)

4 - Lorsque l'huile est chaude versez la préparation d’œufs et touillez doucement avec une spatule en bois de 3 mètres. Attention à ne pas laisser le fond s'attacher !

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

5 - La cuisson avance, il faut songer à préparer le service. Prenez deux belles baguettes préparée avec amour par votre boulanger et débitez-les en gros morceaux.

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

6 - L'omelette prend forme, elle est encore légèrement baveuse : nickel, elle est à point ! Sortez sans plus tarder la poêle du feu à l'aide du trans-palette puis répartissez l'omelette dans des assiettes. Distribuez à la foule en délire.

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Le conseil du sommelier : un petit Gaillac rosé bien frais.

Et bon appétit bien sûr !

21 avril 2011

C'était une belle journée

21 commentaires
FalconHill répond à une question posée par SarkoFrance :  

Que faisiez vous le 21 Avril 2002 ?

C'était donc il y a neuf ans. Que le temps passe vite ! Je m'en souviens comme si c'était hier de cette journée du 21 avril. Elle avait tout pour être belle. Un très joli dimanche, plein de soleil, de ciel bleu et de musique. Je n'ai que de vagues images de la matinée, outre la certitude d'avoir été voter dès l'ouverture des bureaux de vote et d'avoir déjeuné chez mes parents une fois mon devoir électoral accompli, ce qui me fera d'ailleurs pester contre les appels à manifester émanant des abstentionnistes du premier tour.

C'était une belle journée donc. A l'époque je chantais dans un choeur Toulousain et cet après midi là nous donnions le Requiem de Maurice Duruflé dans sa version pour orgue seul. Le travail d'une année passée à surmonter les difficultés techniques et autres passages rythmiquement semés d'embûches qui parsèment ces pages magnifiques. J'ai vraiment aimé chanter cette oeuvre dont je connais encore intimement chaque note, chaque modulation, chaque inflexion. L'un de mes grands chocs esthétiques. L'une des quelques partitions à m'émouvoir aux larmes.

Le concert eut un succès formidable et je crois que nous prîmes tous un pied monstrueux à prêter notre voix à si belles harmonies. Le public venu nombreux notamment au sortir des urnes toutes proches, en redemandait et je crois que nous donnâmes en bis l'Introït ainsi que le Kyrie. Pour clôturer la journée le chef de choeur avait convié quelques choristes amis dont j'étais à un apéro grillades chez lui. Une petite maison dans un joli quartier de Toulouse, un bout de jardin à l'ombre d'un bel arbre, un barbecue qui crépite, des odeurs alléchantes plein les narines, on se détend, des visages radieux ; on souffle enfin après la tempête. Oui, vraiment, c'était une belle journée de printemps.

La soirée allait bon train. Il devait être dix neuf heures lorsque quelqu'un eut l'idée d'allumer la télévision, histoire de savoir quelle était la tendance des élections et de se reconnecter avec les réalités du monde. Inquiétude. Il y a un truc qui cloche. Les annonces font planer un ombre réfrigérante. Peu a peu nous nous sommes rassemblés devant l'écran, massés sur ce que la pièce comptait de fauteuils et de canapé. Les minutes parurent longues jusqu'à vingt heures ne sachant pas trop ce qu'il allait se passer. Un peu inquiets dans notre euphorie chancelante, les discussions continuèrent à demi-voix. On annonçait un coup de tonnerre.

Lorsque vint l'annonce des résultats les rires se turent définitivement, les sourires s'estompèrent, les visages se firent graves et les mines dépitées. Abasourdis nous écoutions les premiers commentaires, osant à peine croire ce que nous voyions... l'impensable était arrivé.

Je sais que je me moquais un peu de mes parents quand ils me disaient se souvenir très exactement de ce qu'ils faisaient au moment où ils ont appris la mort de De Gaulle ou de Claude François. La gravité ou le drame véhiculé par certains événements gravent en nos mémoire tout un cortège de souvenirs qui nous marquent certainement à vie. Le 21 avril 2002 est le premier de ma liste et le restera vraisemblablement longtemps.

Et vous, vous faisiez quoi, le 21 avril 2002 ?

19 avril 2011

Ready ? Fight !

24 commentaires
Où va se nicher la fourberie ? Hé bien : partout ! Même dans la photo d'un chaton crô crô mignon en train de faire mumuse avec maman.

La preuve :


Voui, c'est vraiment crô mignon tout ça. On lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Et pourtant... Vous n'avez rien remarqué d'inquiétant ?

Non...?

Attendez, regardez à nouveau. Vous voyez mieux  là ?



Quelques semaines à peine et mon matou est déjà un warrior. Z'avez vous ces griffes qu'il a ?  Acérées, tranchantes comme des lames de rasoir, prêtes à fondre sur leur proie pour la réduire en carpaccio... De la graine de terreur ! Croyez moi, mon ficus en tremble déjà de toutes ses feuilles et a menacé de se transformer en roncier s'il devait lui arriver la moindre escarmouche.

D'ailleurs, à bien y regarder, cette papatte tendue vers maman (totalement immunisée contre les coups de griffes pitichatonnesques) me fait étrangement penser à quelque chose... Mais si... !

A ça :


Ca fait froid dans le dos.
Notes pour plus tard : mettre mon vaccin anti-tétanique à jour, protéger tous les meubles avec des plaques d'acier, acheter un plaid en cote de mailles pour le canapé en cuir et électrifier mes plantes vertes.

Ca va être rudement sympa la déco chez moi...

Jeune homme bien sous tous rapports
cherche dresseur de bêtes sauvages
mention grands fauves des steppes
pour pitichat de combat.
Contacter la rédaction qui transmettra.

17 avril 2011

Ces soirées là

27 commentaires
Hier soir j'étais invité à la soirée de S qui arrosait ses trois fois dix printemps. L'idée d'aller à cette soirée me procurait un sentiment mitigé entre d'une part l'envie de me brûler quelques neurones, car S et son copain savent faire la fête, et une certaine forme d'appréhension, pour avoir déjà fait une soirée chez eux d'où j'étais ressorti mi-figue mi-raisin. Alors que je chevauchais mon vélo pour rentrer chez moi et que la fraîcheur de la nuit me faisait recouvrer un semblant de lucidité, je me disais que non, les raisons qui m'avaient sur le coup fait apprécier cette soirée n'étaient pas bonnes,et que le bilan était bien plus mitigé.

Ma rencontre avec S remonte à il y a un peu plus d'un an, sur un site dédié aux grands garçons. Nous nous sommes vus quelques fois. S est un garçon gentil quoiqu'il ne veuille pas l'admettre et camoufle sa timidité et son mal être certain derrière une arrogance acide confortée par sa robuste constitution. S est donc un garçon gentil mais qui ne veut pas le montrer. Mes rencontres avec lui vont en s'espaçant chaque fois d'avantage au point que je ne me souviens pas de combien de temps s'est écoulé depuis notre dernière. Hier soir donc il fêtait son anniversaire, soirée à laquelle j'avais accepté d'aller, plus pour lui faire réellement plaisir que par pure conviction. Là est mon premier tort.

Les soirées futiles ont du bon. On boit, on fume, on s'explose la tête avec des pétards, on dit des bêtises, on se confond en futilités, on fait un peu sa connasse et sa crâneuse. C'est plutôt agréable. Surtout lorsque l'on retrouve des personnes que l'on a déjà croisées par le passé au même endroit et avec lesquelles on rigole comme des pouffiasses, d'ailleurs ça n'a pas manqué : je ne crois pas avoir autant fait ma connasse que depuis des lustres. Et pourtant je ne suis pas sûr d'avoir aimé cette soirée.

Une soirée ou la majorité des gens se connaissent parce qu'ils ont déjà couché ensemble. Une soirée où l'on a l'impression de surfer sur un site de rencontres au détail près que l'on a les gens en face de soi qui ne peuvent plus se cacher derrière leur écran. Ca a un coté cocasse dans le fond. Une soirée où l'on parle de tout mais surtout de rien. Une soirée où l'on ne rencontre véritablement personne, ou l'on n'apprend rien. Enfin, si : j'ai découvert l'étymologie du mot "cannibale" ce qui est déjà quelque chose, sans que cela représente réellement beaucoup. Une soirée où l'on se vide la tête et où l'on se remplit l'estomac d'alcool.

Le comble de l'absence de rencontre est toutefois atteint lorsque l'un des invités joue à l'ingénue et feint de ne connaître presque personne, alors que nous nous sommes pourtant déjà rencontrés dans une promiscuité sans équivoque et nous sommes fait bien plus qu'une simple bise sur la joue. Lorsque autrui n'est rien d'autre qu'un objet sexuel interchangeable, sans consistance, sans âme, sans humanité. Une chose. Même si en réalité je m'en fous, ça m'a profondément vexé de ne même pas avoir droit à un simple bonjour ni même à un simple regard, fut-il placide et bovin, de la part de ce grand garçon qui parle beaucoup et fort en vomissant partout sa suffisance presque hautaine si elle avait été profondément sincère. La courtoisie connait un service minimal il me semble.

Ce soir j'ai réalisé que le monde de S ne me plaisait pas, qu'il représente en grande partie tout ce que je n'aime pas : l'individualisme, les faux-semblants, l'artificialité, la fausse convivialité. Une bonne soirée pour de mauvaises raisons. Car demain il n'en restera rien, pas même le prénom de quelqu'un que j'aurais envie de revoir, ne serait-ce que pour bavarder autour d'un café. Une soirée mi-figue mi-raisin. Je ne suis certainement pas meilleur qu'eux. Ni pire. Ce n'est d'ailleurs pas forcément une question de personnes, mais plutôt de contexte.

En partant j'ai dit "au revoir" à S. Je l'ignorais mais je crois que c'était la dernière fois.

15 avril 2011

La Photo Du Mois : Dans mon frigo

44 commentaires
Bonjour tout le monde ! Nous sommes vendredi 15 Avril c'est dont le jour de la La photo du mois ! Comme vous commencez à le savoir, chaque mois les blogueurs participant  publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (car il y a des blogueurs d'un peu partout dans le monde).
Ce mois-ci c'est Caroline qui a proposé le thème : "Dans mon frigo". Simple en apparence, mais pas si simple en pratique. Au départ je voulais faire une photo de l'intérieur de mon frigo - ce qui m'a donné l'occasion d'y faire un sérieux coup de ménage. Puis une idée a germé, un trait de folie s'en est suivi, et puis... Et puis voilà ce que ce thème m'a inspiré :
Si vous êtes sages vous aurez des nouvelles régulières de Jean-François.
Vous désirez participer à La Photo du Mois ? Rien de plus simple : contactez Olivier.

14 avril 2011

Chaton cro cro mignon

21 commentaires
Une dernière photo que je viens de recevoir.... Il est trop bôôô !! smileys Forum


Promis, demain j'arrête.

Si j'veux.

Gniarf gniarf gniarf....

Chaton cro mignon

7 commentaires
Mercredi soir je suis allé rendre ma première visite à la maman-chat qui joue à la nourrice en attendant que les chatons soient en âge d'être adoptés. En fait ce n'est pas tant elle que j'allais voir mais plutôt les pitichats, et tout particulièrement l'un d'eux dont je serai bientôt le papa-chat. Oui, je deviens déjà gaga. Le pire est à craindre...

En ce moment ils logent avec leur maman (la vraie cette fois !) au rez-de-chaussée d'une étagère au bout d'un couloir. Autant vous dire qu'il faut pas mal se contorsionner pour les approcher. Et faire des photos propres dans ces conditions relève tout autant de l'exploit.

Au bout de 3 semaines ils ont bien poussé et sont bien éveillés : ça miaule (un peu), ça sautille, ça viens voir, ça fighte sec aussi devant maman qui feint la patience. La synchronisation des quatre pattes motrices n'est pas encore tout à fait au point mais on sent que c'est en bonne voie. J'ai pu prendre le mien dans mes mains. Le pauvre a du être terrorisé au début face à une si grosse bête. Mais on s'est bien entendus tous les deux. On a même essayé de jouer à papatte. Et puis quand c'est fatigué - c'est à dire assez vite - hop ça file maladroitement se blottir contre maman pour une bonne tétée et roupiller un coup, bercé par les puissants ronrons de maman.

Y'a pas à dire : un pitichat c'est vraiment cro cro mignon !

13 avril 2011

Tu ne souris pas assez

9 commentaires
Alors que je raccompagnais un très gentil garçon à sa voiture, il revenait sur une question que je lui avais posée la veille, à savoir si ses photos étaient récentes. Je me méfie des photos sur les sites de rencontres. En ces lieux le marketing fait rage et si certains n'hésitent pas à mentir sur leur âge comme l'évoquait récemment Fred, d'autres poussent la fourberie jusqu'à publier des portraits remontant à leurs vingt ans aujourd'hui deux fois révolus.

Je trouve ça totalement ridicule de mentir sur son image car in fine cela se voit, occasionnant par là même le ravage bilatéral d'une frustration symétrique. Parceque moi, si le garçon ne me plait pas, inutile d'envisager autre chose que de discuter autour d'un verre rempli d'alcool très fort si nécessaire pour faire passer la pilule de la déception. Et ne comptez pas sur l'alcool pour me faire changer d'avis, ma libido étant incompatible avec l'éthanol à haute dose, mais c'est un autre sujet.

Lui me disait renouveler régulièrement ses photos, qu'il s'assumait totalement physiquement, avec ses ridules et quelques kilos en trop, et se montrait tel quel. Ce qui est vrai : aucune mauvaise surprise, et c'est très agréable. Inversement, il m'avouait avoir été agréablement surpris. Déjà par la taille. Oui, sur une photo on ne se rend pas compte que je mesure vraiment mon mètre quatre vingt dix assorti d'une carrure d'armoire normande. Quand on m'a en face c'est une autre histoire.  "Tu es beaucoup mieux en vrai que sur tes photos" me dit-il ensuite, ce qui ne manquât pas de me faire rougir et lui de le faire rire. Je ne suis pas un très bon photographe, malgré quelques essais plus ou moins réussis pour la photo du mois, et ne suis pas fan de mon image. Dur de faire aimer ce que l'on n'aime pas vraiment.

Je lui demandais alors ce qui n'allait pas sur mes photos, ce que à son avis je pourrais faire pour les rendre plus fidèles. "Tu es beaucoup plus souriant en vrai. Tu ne souris pas assez sur tes photos". C'est vrai. Je ne souris pas, ou peu, sur mes photos. Poursuivant notre conversation sur des sujets voisins puis reprenant le fil conducteur de notre conversation il ajouta : "Sûrement parce que tu n'as pas encore tout réglé avec toi même". Très juste...

Même si je me sens plutôt bien dans mes baskets et relativement à l'aise avec ma sexualité dont je parviens à parler plutôt librement, je sais qu'il reste encore des zones d'aspérités qui résistent. J'en devine quelques unes et crois en avoir identifié d'autres. Comparativement à ce que j'étais il y a trois ou cinq ans, m'assumer fut l'occasion d'une véritable renaissance et ne suis en rien nostalgique de ces années révolues de malêtre et de déprime, que j'avais pu évoquer il y a quelques temps déjà. Quoiqu'ayant bien avancé, la route continue, encore semée d'embûches, de quêtes de soi. A la découverte du Tambour Major qui sommeille.

Et j'avance.
En souriant.

11 avril 2011

Fruité c'est plus musclé

19 commentaires
Avec le retour des beaux jours, du soleil et des beaux garçons dans les rues de la nature en pleine explosion de verdure, reviennent les envies de manger équilibré, léger et de se goinfrer de trucs qui font du bien à l'organisme. Le déclic s'est produit vendredi midi alors que je déjeunais au resto avec des amis. Pour le dessert j'avais choisi des fruits frais. Le moment venu je vois arriver une assiette contenant des fraises presque mûres, des tranches d'ananas absolument succulent et des quartiers d'orange. Et là, ce fut la révélation : comment avais-je pu oublier que c'était si bon ?

C'est une habitude alimentaire que j'avais perdue, manger des fruits frais régulièrement. Croquer dans une poire fondante au goût subtilement poivré, mordre à pleines dents dans la chair juteuse d'une orange charnue et sucrée à souhait, rhâââ c'est trop bon. Hormis des bananes avant ma séance de sport, j'avoue que mon alimentation n'est pas très portée sur les fruits alors pourtant qu'à une époque je terminais systématiquement mon repas du midi par une orange...

Alors aujourd'hui justement en sortant de la salle d'haltéro je me suis arrêté à la supérette du coin et j'ai fait le plein : pommes, poires, bananes, oranges, laissant de coté l'ananas tout vert et les mangues à peine moins mûres. Arrivé chez moi j'ai ressorti mon plat à fruits qui désormais croule sous la masse. Ca m'a coûté un bras parceque mine de rien ce n'est pas encore tout à fait la saison, mais tant pis. Bientôt je complèterai avec des fraises, des cerises... Je vous préviens : ça va être une orgie.

Je ne sais pas encore exactement comment je vais entreprendre ma cure de vitamines. Je me tâte pour me lancer dans l'opération des smoothies qui sont une façon originale de consommer des fruits. Il faudrait d'abord que je fasse l'acquisition d'un blender pour cela. Ho, puis après tout la façon traditionnelle reste la plus simple et la plus économique. Manger un fruit n'importe quand, n'importe où, éplucher une belle banane ou croquer la pomme... quoi de meilleur ?
smileys Forum

8 avril 2011

Pitichat !

34 commentaires
Ca y est, je suis papa d'un pitichat ! Il est né il y a 15 jours avec deux autres copains qui ont eux aussi trouvé une famille d'accueil. Le mien c'est le petit tigré avec le bout du museau tout blanc au milieu. C'est le plus beau (beaucoup plus qu'un certain autre).
En 2011 c'est l'année du "G". Il a donc fallu choisir un prénom qui commence par cette lettre. Moi je l'aurais appelé Pédro, mâle ou femelle. Je trouve ça rigolo Pédro pour un chat. Mais ça ne commence pas par un G. Alors finalement, pour me rallier à l'académisme j'ai opté pour Gaudi. Comme l'architecte catalan. C'est pas plus ridicule que Elwë.
En attendant il prend des forces pour pousser un peu. Il me rejoindra d'ici 2 à 3 mois seulement.
Forcément pour l'instant il est encore calme et ne fait pas de bêtises. Et même s'il en faisait, ce serait chez maman-chat qui le garde en pépinière. Dans quelques temps je subirai certainement les affres de l'adolescence comme Flavien avec Chatounette en ce moment. Chat-que chose en son temps.
C'est-y pas cro cro mignon ?
smileys Forum

5 avril 2011

J'avais tout prévu....

29 commentaires
Hier ma mère devait passer chez moi prendre un café avant de nous rendre ensemble à une expo en centre ville. Connaissant ma mère comme si je l'avais faite, je me doutais qu'elle allait explorer chaque recoin de ma maison-sucrée-maison aussi finement qu'un agent de la police scientifique, même si elle m'assurait que ce n'était pas grave si le ménage n'était pas fait. Et sur ce point elle avait raison : le ménage n'était pas fait... Mais là n'était pas le centre de mes inquiétudes. Malgré tout je m'étais activé une bonne demi heure avant son arrivée afin de redonner forme humaine à ma cuisine : on vide le lave-vaisselle rempli de vaisselle propre et on le rempli illico de tout celle qui encombre l'évier, un coup d'éponge et le cif sur les plaques vitro, on rince l'évier pour lui procurer cette odeur inimitable du javel propre qui fait chantonner les oiseaux dans les pubs, et passer un rapide coup dans la salle de bain. Pas la grande propreté immaculée mais du plus-que-convenable néanmoins.

Surtout j'avais soigneusement dégagé tout ce qui pourrait outrancièrement attirer l'oeil : virer des toilettes le dernier numéro de Lom récupéré au Grand Cirque l'autre soir [check], expurger la pile de magazines déco qui trône sur la table basse du salon de tous les Prends-Moi et autres périodiques pour garçons sensibles [check], vérifier qu'il ne reste aucun emballage suspect coincé sous le canapé ou entre deux coussins [check]. Ha oui, un coup d'oeil à la salle de bain aussi : hop hop on range les capotes dans l'armoire à l'abri des regards [check]. Parfait, je suis fin prêt.

A l'heure prévue maman Tambour Major débarque, s'installe sur le canapé, part immédiatement se soulager la vessie (un truc de gonzesse que je pigerai jamais : pourquoi dès qu'une fille arrive quelque part doit elle aller pisser ? Hein ?), revient, jette un coup d'oeil à la cuisine (presque) étincelante, revient (presque) satisfaite s'assoir sur le canapé et feuillette quelques jolies revues sur papier glacé tout en savourant le délicieux café que la machine avait fait pour nous... Mwouahaha... ce que tu peux être naïve ! Je savourais mon triomphe tandis que raisonnait en moi l'écho d'un rire méphistophélique. J'avais tout prévu. Je suis génial. Ou presque...

Oui, "presque". Car c'est au moment de plier boutique, alors que le match est "presque" entièrement joué, que survint le grand moment de solitude. Le genre se séquence que la moindre émission de télé réalité  filme sous huit ou neuf angles à la fois pour faire un montage choc assorti d'une musique dramatique genre 'Tataaaaaam !" (c'est bon, tu es bien en condition ?). Au moment donc de partir, ma mère se lève et avant de se diriger vers la porte d'entrée passe machinalement une tête à travers la porte largement entrebâillée d'une pièce qui est sûrement la plus innocente de tout mon appartement : le bureau.

Et là, je faillis être foudroyé d'effroi. Car au beau milieu du bureau, bien en vue parmi les codes, bouquins ouverts et autres documents encore en vrac trônait l'objet le plus incongru qu'il soit en ce lieu, aussi improbable qu'un poney cul-de-jatte au milieu d'un troupeau de licornes. Oblong, noir satiné, biffé d'une inscription rouge et soigneusement refermé : un tube de gel... Je ne comprends toujours pas comment il est arrivé là, ou plutôt comment j'ai pu laisser trainer ça là. Je ne sais pas non plus si la présence irrévérencieuse de l'objet lui a fait le même effet de giclée de citron dans l'oeil qu'à moi, mêlé de l'envie instantanée de se volatiliser sur une lointaine galaxie. Mais toujours est-il qu'aucun signe extérieur n'a trahi la moindre émotion de  malaise de sa part. Elle a simplement quitté la pièce en enfilant son manteau, assénant pour seul commentaire : "c'est joli chez toi". J'ose croire qu'elle n'a rien vu.

Hein maman, t'as rien vu ?

3 avril 2011

Au bord du canal

16 commentaires
J'ai toujours vécu au bord d'un canal. Je dis bien un canal et non pas le canal car contrairement à ce que l'on croit souvent, Toulouse compte trois canaux. Il y a bien évidemment le plus connu d'entre tous, le Canal du Midi qui relie Toulouse à la Méditerranée, celui qui passe sous mes fenêtres que je contemple à loisir le matin en partant travailler. Il y a aussi le Canal de Brienne construit pour contourner un portion non navigable de la Garonne et permettre aux bateaux d'accéder aux quais du centre ville. Mon premier appartement lui faisait face. Je l'aimais beaucoup cet appartement. Mon premier logement seul. Il n'était pas immense, mais bien situé, en rez de chaussée, pourvu de larges fenêtres qui le rendaient très lumineux. Et il y avait cette vue sur les arbres et le canal, si apaisante. Il y a enfin le Canal Latéral à la Garonne qui relie Toulouse à Langon et qui forme, avec le Canal du Midi, le Canal des deux Mers.

C'est au bord de ce dernier que j'ai passé toute mon enfance, la maison familiale étant située à quelques centaines de mètres. Nous y venions un peu en toute saison, car il fait toujours bon au bord du canal. Mais tout particulièrement en été où je venais parcourir le chemin de hallage bercé par le chant des grillons qui stridulent, à l'ombre vaporeuse des argousiers. La saison du printemps y est tout aussi agréable à cause des grands acacias que l'on trouve encore parfois, et du puissant parfum de leurs fleurs dont je me repaissais jusqu'à l’enivrement. Plus jeune je m'y rendais souvent avec mon père, au bord du canal, faire des balades à vélo le dimanche après midi. C'était notre petit rituel à nous cette balade dominicale, notre moment à tous les deux. Rien ne pouvait nous l'enlever, pas même la menace d'un gros orage. Et d'ailleurs qu'à cela ne tienne, nous étions toujours à temps de rebrousser chemin lorsque la pluie battante nous contraignait au replis et que la terre déjà cahoteuse se transformait en boue épaisse et visqueuse. Nous ne nous disions pas grand chose. Mon père n'a jamais été un grand bavard. Mais nous étions ensemble à partager le plaisir simple d'une libellule jouant parmi les roseaux, la brise agitant les feuilles, ou à surprendre l'envol d'une poule d'eau. Il est comme ça mon papa, assez peu loquace, un petit rien suffit à son bonheur. Des petits bonheurs. Je crois que je tiens ça de lui.

Car où que l'on se trouve, aller marcher au bord du canal c'est pénétrer imperceptiblement en un lieu en soi, un univers autonome, intimiste, doté de ses propres codes, ouvert sur le monde et tout à la fois replié sur lui même. Aperçu de loin, on croit le connaître, masse d'eau trainant placidement ses reflets de ciel parmi la campagne et les villes. Il faut pourtant s'en approcher de tout près pour découvrir les faces de ce singulier personnage. Il se mérite, impose son rythme, invite au calme, transfigure l'ordinaire. Les arbres ailleurs si laids se parent d'une grâce sans pareille confondus par l'échine délicate de ce damoiseau ondoyant. Sur sa face dansent les nuages. Les platanes s'inclinent sur son passage en hommage à ce prince qui rampe à leurs pieds. Et les herbes folles courant sur ses berges lui font une couronne bruissante au vent léger.

Soudain une cataracte de briques agite des eaux jusqu'alors si calmes d'un fracas terrifiant. Piégé entre de lourdes portes de métal, révélant ses instincts de fauve endormis, il se débat terrifié dans une lutte perdue d'avance. Il gronde de toutes ses forces en des spasmes telluriques, crache, feule, éructe de rage. Mais les flots bouillonnants s'apaisent. Les portes de l'écluse s'entrouvrent libérant leur étreinte. Voguant au doux soleil du midi, un bateau poursuit sa route indolente, laissant dans son sillage des rides sur lesquelles dansent les gérridés. Au loin sonne la cloche de l'église. Il est cinq heures.