29 juin 2011

L'harmonie des sphères

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Bien que je ne sois pas à proprement parler un obsédé de l'ordre et du rangement, même s'il me plait à ce que mon intérieur soit dans un état inférieur au tout-juste présentable, j'aime quand les choses rentrent dans l'ordre, que le chaos s'organise et qu'en jaillisse le calme apaisant de la stabilité. Car si le désordre chez autrui m'indiffère, il est, lorsqu'il se produit chez moi, une source de stress et d'inconfort qui me perturbe, me fatigue imperceptiblement mais sûrement, de manière insidieuse, presque inconsciente. Par un étrange hasard, dont je ne sais plus s'il existe réellement, cette journée fut rétrospectivement le théâtre d'une lutte contre l'entropie, le puzzle du Grand Tout recouvrant à certains égards le semblant de quiétude qui devrait toujours être le sien.

Désordre de mon aquarium tout d'abord dont je m'étonnais que l'eau croupisse si vite. Rien de plus normal lorsque la pompe ne fonctionne plus... Ni une ni deux, un petit tour à l'animalerie la plus proche pour acquérir une nouvelle pompe légèrement plus puissante qui sera rapidement installée et le tour est joué. J'en profite pour nettoyer la filtration et renouveler quelques litres d'eau par de la propre et quelques heures plus tard le bassin est à nouveau en état. Les poissons frétillent de bonheur.

Désordre de mon bureau ensuite, que j'ai du mal à tenir dégagé car les bouquins et photocopies s'y entassent d'une manière préoccupante. Armé d'un lot de chemises en papier et d'un stylo, me voici en train de classer toute cette paperasse par type de document, d'agrafer, de numéroter, tromboniser... sous le papier la couleur du bois reparaît ! Un coup d'éponge et voici un bureau tout neuf, tout propre, aéré. Un bureau où il fait bon travailler.

Désordre de la vie des autres ensuite. Il y a quelques minutes j'ai reçu un texto de mon pote en galère. Il devait passer un entretien ce matin, il stressait un peu car sans travail il est difficile de se loger proprement. J'étais inquiet pour lui aussi car ce boulot serait vraiment le bienvenu pour lui permettre de mettre la tête hors de l'eau. Aussi quand j'ai vu son nom s'afficher sur l'écran de mon téléphone j'ai su que la nouvelle était bonne. Un court message : l'entretien s'est très bien passé, il commence mardi et me remercie chaleureusement pour l'aide que je lui ai apportée. Soulagement... Je suis vraiment content pour lui ; il va pouvoir respirer.

Pendant ce temps dans la pièce d'à coté le chat roupille lové dans une couverture. Dehors le ciel de juin se laisse envahir par une mer de nuages blancs. Un filet d'air frais se faufile par la fenêtre entrouverte et me caresse doucement le visage.

Tout est bien, dans l'harmonie des sphères retrouvée.


(J'avais juste envie d'écouter du Debussy. Ceci eut sans doute été plus approprié...)

25 juin 2011

La vie est dure

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La vie est très dure ce week-end à la maison Tambour Major. Avec le temps magnifique qu'il fait, l'appartement est rayonnant. Il fait vraiment bon se prélasser et profiter de la douceur du jour. Au dehors mes balcons deviennent des havres de paix absolument délicieux.

Les bacs se font tout-couleurs,


La passiflore n'a jamais été couverte d'autant de fleurs,


Le bananier étale son feuillage au soleil,


Mon plumbago me fait voir la vie en bleu,


Et le rosier se prend à fleurir pour la troisième fois de la saison.


Oui, la vie est dure...


Très dure...

23 juin 2011

Escapade Lyonnaise

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Le temps passe, le temps passe et je me rends compte que je n'ai toujours pas raconté mon expédition flash-éclair en 24 heures chrono à Lyon. Jugez plutôt : arrivé samedi 14h50, reparti le dimanche à 15h07 ! En réalité 15h17 à cause d'un léger retard. Allez hop, séquence flash-back !

Il y a quinze jours donc j'avais un peu le moral dans les chaussettes. Glimpse, le little-big-man du ouèbe organisait une soirée chez lui pour arroser un heureux événement. Au détour d'un commentaire l'Autre Fred me suggérait de les rejoindre à cette occasion, histoire de me changer les idées ce qui permettrait accessoirement de claquer la bise à quelques blogueurs que je ne connaissais jusqu'alors que par leur blog, voire pour les plus chanceux par téléphone interposé. Idée totalement déraisonnable mais qui me faisait très envie. Alors je me laissais tenter. Et ce d'autant plus facilement que Glimpse et l'Autre Fred eurent des arguments de poids en me faisant miroiter un voyage en TGV première classe redécoré par Philippe Stark pour l'occasion, wagon pour moi tout seul, champagne millésimé et macarons de chez Hermé servis par des bombasses en petite tenue totalement dévouées à me rendre le trajet agréable.. Bon ça c'était sur le papier... Car le voyage fut un tantinet différent. Il paraît que les promesses n'engagent que ceux qui les entendent.

Il n'est pas tout à fait 15H lorsque le train entre en gare, accueilli par un soleil du meilleur aloi. Normal : je suis là ! Avant de me lancer à corps perdu dans l'exploration de la capitale des Gaules, il me faut régler une situation d'urgence, un ami grave dans la merde qui m'appelle en pleurs, je suis moi même effondré quand il me raconte ce qu'il lui arrive. Tant pis pour la visite, il faut réagir vite. Je m'enfonce donc dans la ville le téléphone greffé à l'oreille, mettant en route toute ce que je possède comme relations pour trouver une issue. Autant dire que, l'esprit totalement envahi, je ne serai pas immédiatement réceptif aux charmes lyonnais. Qu'importe. De toutes façons Glimpse et MSH qui m'hébergent pour la nuit, ne me rejoignent qu'en fin d'après midi, j'ai donc deux heures devant moi que je mets à profit pour effectuer un petit pèlerinage organologique à St François de Salles qui s'avèrera extrêmement agréable, ayant pu entendre en avant-première, et des doigts même de son auteur, quelques pages d'une nouvelle transcription de Liszt encore inédite.

Il est déjà 17 heures et je retrouve Glimpse, avec qui j'avais déjà dîné à Toulouse l'hiver dernier, et MSH dont je fais l'agréable connaissance. Armé de mes deux encyclopédies parlantes nous partons aussitôt à l'assaut de la vieille ville et des traboules. Après avoir exploré un typique magasin de fringues, nous voici face à une vraie fausse fontaine renaissance par là, d'authentiques bas-reliefs néo-gothiques par ici, puis la saga des grandes familles lyonnaises et quelques notions d'histoire de l'urbanisme local ... ils sont (presque) incollables, c'est un plaisir de se balader avec eux, de pouvoir poser toutes les questions et d'avoir les explications qui vont bien. Mais le temps passe, il nous faut vite rentrer chez Buffy (le chat de ces messieurs !) pour la soirée où nous rejoindront l'Autre Fred, son chéri Sam et Le Docteur. On se pose, on s'affaire en cuisine, ding dong... on a sonné. Tout le monde est là, la soirée va pouvoir commencer !

Quoiqu'encore un peu troublé par l'épisode survenu dans l'après midi à mon ami, la soirée s'engage dans la joie et la bonne humeur autour d'un coktail maison. Même si, à l'exception de Glimpse, nous ne nous sommes jamais rencontrés, nous nous connaissons déjà, situation étonnante lorsque l'on y pense. Et toute la camaraderie que l'on éprouvait virtuellement se trouve soudain concrétisée de sorte que nous nous mettons à blaguer comme si nous nous étions quittés la veille. C'est bien connu, le Lyonnais a le coeur sur la main et tandis que Glimpse et MSH se voient offrir orchidée et tasses à café, je reçois une boite de LA spécialité lyonnaise que le monde entier s'arrache, celle qui fait la renommée de la citée par delà les rives de la Saône et du Rhône (c'est dire !) : le FAMEUX Coussin de Lyon que je ne vous fais pas l'affront de vous présenter. Ou alors dans un autre billet si vous êtes sages (si si, je vous assure que ça vaut la peine...). Ca fait plaisir cette petite attention ! (je me vengerai... gniark gniark gniark...).

Nos hôtes ont mis les petits plats dans les grands et une agréable odeur de foie gras poêlé embaume les narines tandis que les verres se remplissent de vins délicieux et de Restsina, étrangeté grecque aux brutales saveurs de sciure de sapin frais... Mais ça va très bien avec la salade de feta. Une très bonne moussaka et une crème au chocolat blanc plus loin, nous sommes repus ! La soirée se terminera fort tard après plusieurs parties de Time's Up endiablées absolument mémorables durant laquelle chacun a pu révéler ses talents de comédien, en particulier MSH (c'est une vraie pile électrique ce garçon !) dont je garde des souvenirs hilarants. Heureusement personne n'a pris de photo ni filmé, car il y aurait eu du dossier, c'est moi qui vous le dit !

Le lendemain réveil en douceur, petit déj' tranquilou, l'heure du départ approche mais nous prenons notre temps. Il fait très beau et le soleil nous accompagnera tout du long, profitant pour apercevoir quelques derniers jolis endroits de la ville. Un dernier au revoir et me voici sur le quai, prêt à affronter un trrrèèèèèèès long retour (6 heures !!) qui me reconduira en terres Cathares avec l'envie de remonter bien vite voir toute cette fine équipe. Car 24 heures, c'est court, vraiment trop court...

La version de l'Autre Fred.
Celle de Glimpse.

21 juin 2011

Les aventures de Jean-François : René

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Résumé des épisodes précédents : Jean-François a décidé de partir à la découverte du vaste monde... Aujourd'hui :
A suivre...

20 juin 2011

Quand se lève le voile de l'incertitude

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Il suffit parfois d'un petit rien pour dissiper un doute. Vous savez, ce genre de doute qui agit comme une épine d'oursin dans une plaie et qui vous lance des coups dans les membres à vous donner envie de vous frapper la tête contre les murs à se l'en faire péter.

Depuis une semaine mon moral oscillait de Charybde en Scylla, allant d'un simple "Je vais pas bien du tout" à un "Au secours je vais très mal". La raison en était toujours la même, de vieux souvenirs qui tournent en boucle, des idées que l'on ressasse, des amours perdues, des espoirs déçus, une espérance écorchée vive, des pansements qui suppurent, et Lui en toile de fond...

L'autre soir j'étais vraiment pas bien du tout, au bord du gouffre, me maintenant dans cet état précaire au prix d'une épuisante volonté de remonter la pente. Dans un ultime sursaut je m'étais flanqué un gros coup de pied au cul et avais envoyé un texto à S pour lui demander s'il voulait bien aller prendre un verre avec moi, histoire de me changer les idées. S fait partie de ma garde rapprochée, ce petit nombre de personnes à qui je sais pouvoir me confier sans crainte et sur qui je peux compter en tout temps, à toute heure. Il possède en outre cette intelligence aigüe de l'esprit humain dont il sait décrypter les soubresauts et les tumultes. Un mec à fleur de peau, même s'il n'en laisse le plus souvent rien paraître.

Quelques minutes plus tard nous voici place Arnaud-Bernard un verre à la main en train de discuter et moi plus particulièrement en train de vider la besace de mes tracas comme on déverserait une poubelle dans le gosier d'un camion-benne. Lui m'écoutait, parfaitement au courant de mes états d'armes tout autant que de mes états d'âme. Ce n'est pas souvent que je crie "à l'aide" pour que ce ne fut pas anodin. Je n'avais pas prêté une totale attention sur le moment à tout ce qu'il me disait mais chemin faisant c'est au moment où j'éteignais ma lampe de chevet que la lumière se fit. Une phrase échangée quelques minutes auparavant me revint avec fulgurance, la clé de l'énigme. S m'avait fait comprendre quelque chose que je n'avais pas su voir et qui, sans altérer en rien l'infinie tendresse que je porte à celui qui fut à l'origine de mon tourment, me permit de prendre un nécessaire recul, de reconsidérer les faits autrement et de les admettre sans rancœur aucune. Et soudain tout fut apaisé.

Dit ainsi, cela relève du happy-end hollywoodien à la con, du coup de baguette magique avec un déluge de paillettes. Et pourtant non, l'apaisement fut instantané et mon sommeil fut d'un calme presque inhabituel (enfin, c'était sans compter sur le chat qui fit preuve d'une exceptionnelle vivacité cette nuit là). Car c'est bien l'effet que cette petite phrase me procurât. Le même sentiment de délivrance qui survient lorsque après s'être acharné sur un casse-tête chinois dont on ne comprend pas le fonctionnement, une main bienveillante nous montre le mécanisme à déverrouiller pour que la boite magique s'ouvre. Et tout paraît tellement simple... Oui, cela me paraît simple maintenant et j'avais bien tort de me torturer ainsi cherchant de mauvaises réponses à de mauvaises questions.

Depuis ce jour je vais nettement mieux. Je vais même bien, je ne déprime plus, je n'appréhende plus ce moment de la journée où je dois rentrer chez moi et retrouver la solitude de mon foyer où personne ne m'attend si ce n'est une attendrissante boule de poils et deux poissons moches. Je ne me réveille plus la nuit avec l'envie de fondre en larmes à me demander "pourquoi ?" et à ne pas trouver de réponse. Je ne me lève plus le matin avec une boule dans la gorge en pensant déjà à Lui. Le démon de l’ambiguïté et du doute est mort, pourfendu, enterré, vaincu. Et je crois pour longtemps.

16 juin 2011

Papa-chat !

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Ayé, depuis hier soir je suis officiellement papa-chat d'un chaton crô-crô mignon !

Le voyage s'est bien passé même si elle n'a pas aimé ça du tout à en croire ses grognements. Arrivés à la maison elle n'a même pas miaulé. Je lui avais préparé des croquettes, de l'eau et une caisse pour ses besoins qu'elle a étrenné ce matin comme une grande. Elle s'est lancée à la découverte de son nouveau chez-elle, tranquilou, a déjà repéré le canapé en cuir avec plaids et coussins... Hier soir elle s'est endormie sur mes genoux, agrippée à mon bras pendant que je regardais un DVD. Visiblement elle se sent bien.

Je suis resté à l'appart ce matin pour qu'elle ne se sente pas toute perdue, car dès qu'on la laisse seule dans une pièce ça appelle à coup de miaou-miaou un peu perdus. Mais papa n'est jamais très loin. Pour l'instant il n'y a rien de bien palpitant à montrer ni à raconter, si ce n'est qu'elle a déjà compris comment escalader la bibliothèque pour trouver une niche à hauteur de son papa quand il travaille au bureau. Car après avoir fait la fiesta toute la nuit à jouer avec mes godasses, ben Mademoiselle dort comme un loir !
Ron zzzzzz


Bon, faut que je file. Je verrai bien dans quel état je trouve l'appartement ce soir en rentrant. smileys Forum

15 juin 2011

La Photo Du Mois : La clé

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Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Juin, c'est dont le jour de La photo du mois !

Chaque mois les blogueurs participant  publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (car il y a des blogueurs d'un peu partout dans le monde).

Ce mois-ci  c'est à moi qu'incombait la charge de choisir le thème à traiter. Après beaucoup d'hésitations j'ai finalement opté pour : " La Clé ".

Il fallut me rendre à l'évidence : c'est une chose de proposer un sujet de photo, mais c'est une toute autre paire de manches de réaliser une photo intéressante ! J'aurais bien voulu photographier une belle clé en fer forgé orné mais je n'en ai point trouvé. Et puis j'avais envie de me faire plaisir en travaillant sur l'image, les textures et les matières sans accorder trop d'importance à l'originalité du cliché, et m'exercer ainsi à pratiquer ce que j'admire chez les autres : faire ressortir les détails anodins. Simple à dire, surtout avec un appareil très limité tel que le mien car, quoique j'en rêve depuis un an, et contrairement à d'autres, je n'ai pas encore craqué sur un reflex numérique (bientôt bientôt !!) ...

Finalement le hasard de la traversée d'un atelier par une fin d'après midi ensoleillée et la lumière rasante sur le vieil établi m'ont offert un sujet idéal pour faire ma photo du mois.

Qu'a inspiré ce thème aux autres participants ? Allez vite le découvrir sur les blogs de : 100driiine, A&G, Alice, Anne, Astrid, blogoth67, Caro, Caro[line], Caroline, Cécy, Céliano, Céline, Céline in Paris, Cherrybee, Chouchou, Clara, Claude, Cynthia, Damien, Doremi, Doréus, Dorydee, Dr. CaSo, Eddy, Eff'Zee'Bee, Ennairam, Fabienne, François, Frankonorsk, Frédéric, Genki, Gilsoub, Godnat, Grignette, Guillaume, hibiscus, Isabelle, Jo Ann, Krn, La Madame, Laëtitia, Benjamin et Jérôme, L'azimutée, Les Caribous-bou-bou, M, Mandy, Marco, Marie, Marion, M'dame Jo, Nathalie, Nicopompus & SeriesEater, Noelia, Nolwenn, Olivier, Onee-Chan, 4 petits suisses dans un bol de riz, Sébastien, Shandara, Stéphane, Stephane08Tania, The Breathless Quills, The Parisienne, Thib, Titem, Un jour-Montreal, Véronique et Viviane.

Vous désirez participer à La Photo du Mois ? Rien de plus simple : connectez-vous sur Facebook et rejoignez le groupe. Vous n'avez pas de Facebook ? contactez Olivier.


14 juin 2011

Vide

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"Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude."
Guy de Maupassant - La Solitude

"Et si je suis soulagé quand je rentre à l’appartement, ce n’est pas de retrouver le confort qui me permettrait d’oublier la journée mais de savoir que je vais y rejoindre Chéri, que c’est là notre point de rendez-vous et qu’auprès de lui je suis chez moi."


Parfois j'ai l'amère impression qu'il y a comme un vide dans ma vie...

Chronique de l'homophobie ordinaire

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Avant de vous raconter l'escapade flash éclair qui m'a conduit en terres Lyonnaises l'espace de 24 heures montre en main et dont Glimpse et l'Autre Fred se font déjà l'écho, je tenais à hurler de toutes mes tripes contre un événement qui a touché un proche ces jour derniers.
Aucun exotisme particulier n'émaille les faits en question, ce qui les rend d'autant plus abjects. L'histoire d'un garçon formidable dont les parents puis les amis apprennent l'homosexualité. Rien d'exceptionnel me direz-vous. Sauf que la famille puis les amis de ce garçon et tout le voisinage ensuite vont aussitôt le rejeter en bloc, l'inonder d'insultes, le mettre plus bas que terre par réseaux sociaux interposés, lui faire craindre pour son intégrité physique, le contraignant à fuir, loin, laissant tout derrière lui. Je croyais l'hypothèse marginale. Elle ne l'est pas. J'en suis témoin. Entendre mon ami s'effondrer en pleurs au téléphone pour demander de l'aide fut une chose insoutenable. Lui, garçon pétillant à la gentillesse hors norme, ne méritait certainement pas cela. Ni lui ni personne. L'homophobie a ceci de révoltant qu'elle est tout aussi injustifiée qu'elle est injustifiable, indéfendable, et ses formes abominables tant elles nient l'humanité de celui qui en est victime, réduit à l'état de bête sauvage que l'on traque, que l'on maltraite par plaisir, réminiscence bestiale de nos instincts les plus bas que des millénaires d'évolution et de socialisation ont pourtant terré au plus profond de notre cerveau reptilien.

Aujourd'hui cet ami va mieux. Il est en sécurité. Par l'un de ces hasards dont la vie a le secret, le destin a placé sur ma route quelques personnes bien avisées capables de fournir une aide précieuse de sorte que nous lui avons rapidement remis le pied à l'étrier pour lui permettre de rebondir le plus vite possible. Tout n'est pas encore résolu, il lui faudra sûrement passer quelques semaines difficiles mais je le sais plein de volonté et doté d'une sacrée énergie qui feront qu'il s'en sortira. Tous n'ont pas cette chance...

Alors oui, samedi j'irai défiler à la Gaypride. Parce qu'il le faut. Parce qu'il n'est pas question de folklore, mais d'exorciser cette haine de la haine qui  détruit des vies en toute impunité et qui précipite de braves gens au fond de l'abîme. Mais aussi parce que face à l'urgence, on se rend compte de la faiblesse matérielle des moyens disponibles sur le territoire, que les foyers sont saturés et que les demandes ne cessent d'affluer. Des drames de la vie ordinaire...

11 juin 2011

Soyons déraisonnables

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Je passe souvent pour un garçon très raisonnable. Parce que longtemps on m'a dit que je l'étais, et que j'ai fini par le croire. Obéissant, bonne poire, je regardais passer envieux de belles occasions de m'amuser, les sachant destinées à d'autres. Mon quotidien laborieux ne cédait que peu la place à l'excentricité, en grande partie je crois par peur du regard des autres et de cette crainte lignifiante de décevoir, de ne pas être à la hauteur de l'image que l'on pouvait se faire de moi. Une image imposée et dont je me trouvais en quelque sorte esclave.

Je crois que j'ai commencé à prendre un peu de lest le jour où j'ai quitté papa et maman pour voler de mes propres ailes. Mon premier appartement (dont j'ai retrouvé le double du contrat de bail dans mes papiers !) mes premières soirées seul dans mon "chez moi" à moi, les premières entorses au règlement tacite qui consistait à ne pas sortir le soir mais à travailler et que je piétinais sagement en allant au cinéma le vendredi soir, d'abord une fois par mois, puis deux...
Apprendre à désapprendre une certaine forme de psychorigidité fut un long parcours dont la nécessité se faisait d'autant plus grande que je sentais monter en moi des désirs virils interdits dont l'intensité se faisait psychologiquement dévastatrice. Le jour où j'ai pleinement admis puis commencé à assumer ma "singularité" marqua le point de non retour, une secousse violente qui me fit chanceler pour mieux m'offrir la possibilité d'être pleinement qui je suis. C'est d'ailleurs à cette époque que j'ai commencé à bloguer et que j'ai rédigé mes premiers billets voici quatre ans.

Raisonnable j'étais, raisonnable je reste malgré tout à un autre degré. On ne se refait pas. J'ai pourtant beaucoup changé sans pour autant tout bouleverser. Disons plutôt que je me suis révélé, à moi d'abord, et aux autres ensuite. Et je ne suis pas mécontent du résultat. Ca en valait la peine. J'ai appris à être moins bloqué, moins timoré, un peu plus fonceur sans jouer la tête brûlée.

Alors quand, voyant que j'étais un peu à coté de mes pompes, Lui et Lui m'ont suggéré de les rejoindre à Lyon le temps d'une soirée notamment pour arroser un heureux événement en compagnie de leur chéri respectif, mon premier réflexe a été de songer la masse de travail en retard qui jonche mon bureau en piles vertigineuses doublé de l'étouffante culpabilité de partir au lieu de me tuer à la tâche. Mais l'envie était là qui me tenaillait. Alors j'ai dit oui.
Aussi à l'heure où vous lirez ce billet je serai en partance pour la capitale des Gaules, pour quelques brèves heures. Et au diable la paperasse, elle attendra un peu.

Car au fond il est sûrement déraisonnable d'être toujours raisonnable.
Soyons fous, vivons heureux !

8 juin 2011

Les aventures de Jean-François : A poil !

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A suivre...
Si vous avez manqué les épisodes précédents : ça se passe  par ici.

6 juin 2011

Reset

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Parfois ce serait tellement simple de pouvoir effacer les souvenirs qui font mal, d'un seul geste, rapide, définitif. Comme une injection de morphine qui soulagerait les tourments de l'esprit. Et ne plus souffrir lorsque se réveillent les fantômes du passé. Ne plus être anéanti par des souvenirs doux comme le miel, mais mortels comme la cigüe. Ne plus m'effondrer, comme ce fut le cas cet après midi, en croisant par le plus grand des hasards un article de presse consacré à Lui

Oui, ce serait tellement plus simple, si je pouvais l'oublier...




Oui, ce serait tellement simple de pouvoir. Je voudrais bien. Et même si cela était possible, serait-ce seulement souhaitable ? 
Car oublier ce qui me tourmente serait aussi oublier tous les bons moments passés ensemble, ceux qui valent la peine d'être vécus, le sel de la vie...
Alors... que faire ?

"Vouloir nous brûle et pouvoir nous détruit "
H. de Balzac, La Peau de chagrin


5 juin 2011

Ca se précise

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" Du point de vue d'un chaton, tout ce qui n'est pas cloué au sol, vissé au plafond ou collé au mur est un jouet potentiel "

Pam Johnson-Bennett, Comment penser chat, p. 62.


4 juin 2011

Chronophages

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Cela faisait un sacré bout de temps que je n'avais pas parlé de chronophages ici alors que j'en essaie régulièrement... Oubli réparé car voici pour vous quelques petites choses testées et approuvées par Tambour Major, idéal pour vous pourrir une journée de travail.

On commence avec Chat Noir. Le but du jeu est très simple : il faut enfermer le chat dans un périmètre délimité par des cercles foncés et éviter que le matou ne se fasse la malle. On joue chacun son tour. Ca a l'air super fastoche mais en fait... non ! Et c'est même souvent super énervant. Au bout de Cinq trois deux minutes on a envie de tout balancer par la fenêtre... Non non, ne me remerciez pas.
 
Cliquez sur l'image pour jouer

On continue avec un petit jeu très sympa et tout rigolo : Tasty Planet. Vous êtes une bactérie échappée d'un laboratoire. Vous devez la nourrir en un temps donné pour qu'elle grandisse, en lui faisant dévorer tout ce qui lui passe à portée de flagelle. Attention à ne pas se faire dévorer par plus gros que soi ! Il n'y a que 8 tableaux à passer, pas très difficiles, mais à chaque fois un passe à une échelle plus grande : d'abord on grignote d'autres bactéries, puis des globules rouges, puis des gros globules blancs, de la poussière, des petits insectes puis... à vous de le découvrir ! Les derniers niveaux sont plutôt jouissifs... Servi par une bande son sympatoche pleine d'entrain, Tasty Planet est l'archétype du chronophage, idéal pour une grosse pause café.

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Après les bactéries, place aux pingouins avec When Penguins Attack TD, l'un de mes grands grands préféré depuis un bon bout de temps. Le but est très simple : trucider toutes les vagues de pingouins qui vont traverser l'aire de jeu. A votre service des canons, des canons-glue, des lance-flammes, des tours électriques, des lance-missiles et autres engins de la mort en veux tu en voilà, sans oublier les indispensables up-grades qui transforment votre arsenal militaire en armes de pingouinicide massif à grand renfort d'hémoglobine. Massacrer ces bestioles est un pur bonheur ! Et finir le jeu en full-perfect aura de quoi vous occuper pendant quelques bonnes heures. Le dernier niveau (qu'il faut débloquer) est particulièrement ardu !

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On passe au tower defense pur jus avec Cursed Treasure -  Don't Touch My Gems qui, sans renouveler le genre, est très agréable à jouer. Comme son nom l'indique, vous devez protéger des gemmes contre des pillards au moyen de tours disposées le long du chemin. Rien de bien neuf sous les pixels. Passés les premiers niveaux qui servent de tutoriel, place aux choses sérieuses, et ça se corse pour de bon ! Au menu trois types de tours à construire chacune disposant de pouvoirs spécifiques aux conséquences plus ou moins ravageuses (les temples à leur niveau maximal sont dévastateurs !!), des up-grades, un peu de magie, des bonus d'expérience, des ennemis et des bosses. Servi par un game-play intuitif, une ambiance agréable, des ennemis variés et des bruitages réussis et une difficulté de jeu plutôt élevée, Cursed Treasure aura de quoi vous occuper une bonne plusieurs après-midis !

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Last but not least et pour finir dans un tout autre genre, l'un des jeux les plus psychédélique que j'aie jamais vu : Bullet Heaven. Il s'agit d'un shoot them up à scrolling vertical (l'image défile de haut en bas) sacrément difficile si vous compter le terminer en full-perfect et débloquer toutes les options et personnages cachés. Le graphisme est clairement orienté manga et l'ambiance rappelle ce qu'une Core GrafX a pu, en son temps, offrir de meilleur dans le genre. Chaque personnage est doté d'aptitudes propres, d'une arme principale, d'une arme secondaire et d'un pouvoir spécial qui détruit tout ou presque à l'écran. Selon le tableau il faudra choisir celui qui sera le plus efficace. Hélas ce n'est qu'après un échec cuisant que l'on réalise quel était le meilleur choix... Les bosses de fin sont déments, ça explose de couleurs à l'écran, on navigue entre les centaines de tirs ennemis à éviter, les pièces et les précieuses options (double tir, bouclier...) à récupérer absolument pour continuer à avancer... Certains niveaux sont d'une beauté et d'une ambiance exceptionnelle. A essayer absolument, sauf si vous devez préparer la réunion de dans 10 minutes !

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Arf, non c'est pas fini, je pouvais pas ne pas vous parler de Enough Plumber qui m'avait énormément plu il y a quelques temps. Au menu : un plombier, des plateformes, des tortues, des boules de feu et des pièces. Oui oui tout cela est très largement inspiré du plombier le plus célèbre de tous les temps. Le but du jeu est simple : atteindre le drapeau. Enfin, "simple" c'est vite dit, car il vous faudra résoudre tout un tas de casse-têtes tous plus tordus les uns que les autres pour y parvenir. De plus, chaque fois que vous ramassez des pièces, vous créez des clones qui se déplaceront tous en même temps, parfois à différents endroits du tableau. Un véritable bordel, parfois très utile pour déverrouiller cet interrupteur inaccessible tout la haut dans un coin. 
Des graphismes old-scool une musiquette entêtante font de Enough Plumber un excellent casse-tête qui vous donnera pas mal de fil à retordre.

Cliquez sur l'image pour jouer

Heureusement pour vous, il y a des ponts qui vous laisseront le temps de jouer à tout ça ! smileys Forum

1 juin 2011

Prends moi

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Voici quelques temps, sur un coup de folie, j'avais demandé à un pote s'il était partant pour m'aider dans une nouvelle expérience. Il avait immédiatement accepté. Nous nous connaissons depuis à peine plus d'un an, c'est d'ailleurs lui qui m'avait contacté le premier à l'époque. Ce jour là nous étions convenus de nous voir le matin. Parce que je suis rarement productif avant midi et que ça l'arrangeait aussi, ayant à faire l'après midi. Tout cela étant un peu nouveau pour moi je me sentais un peu nerveux.
Dix heures, un texto m'informe qu'il est arrivé, je lui ouvre, il entre. Ca y est, nous y sommes.

Nous nous installons dans le salon, là où trône l'immense canapé en cuir dans lequel on peut idéalement se vautrer dans à peu près toutes les positions. Je l'aime beaucoup ce canapé, je m'y sens bien. S'y installer pour tenter l'expérience me semblait une évidence, ce qui ne parut pas déplaire à mon invité. Un brin dévêtu me voici allongé sur un large plaid, la tête dans les coussins ; mon invité déballe son attirail et se met au travail. Il a l'habitude et je sais que je peux lui faire confiance, qu'il saura me donner ce que j'attends de lui et me dirige en conséquence : plus haut, plus bas, un peu plus à droite... Non, là  c'est moi qui ne suis pas à l'aise du tout. Les positions s'enchaînent afin de trouver celle qui me va le mieux. On tâtonne... normal : c'est ma première fois.

Me sentant crispé il tente de me détendre et de me faire rire en racontant une histoire drôle :
" Tu sais qui a tué Jésus ?  
- Non...
- C'est un chat !
- ....????
- Ben oui : Jésus est descendu parmi nous ! "
Je ris, et les effets en sont instantanés : je me décontracte un peu de sorte qu'il obtient enfin ce qu'il voulait. Ca y est, au bout de quelques ajustements nous trouvons la bonne position, celle qui me plait. Nous y voilà.
Tiens, et si l'on essayait sur un tabouret ? Oui, essayons... 

Quelques instants plus tard je me rhabille tandis qu'il range méticuleusement ses affaires. Nous discutons un peu devant l'écran de l'ordinateur. C'est bien. Je suis content du résultat. Un léger recadrage, une mise au format et ce sera bon. Ne restera plus qu'à faire un choix entre les deux photos qui ressortent du lot et d'envoyer ma contribution au calendrier des pédéblogueurs.

Cette année je suis Juin. Et ça se passe par ici.

Et merci à TarValanion pour son aide photographique.