26 janvier 2012

Poursuivre ou ne pas poursuivre ?

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A l'issue d'une épopée universitaire clôturée cette semaine par ce qui devait en être l'apothéose, je m'interroge.

Cette semaine a vu en effet le couronnement de longues années d'études et l'obtention d'un respectable grade universitaire qui me faisait rêver alors que j'usais mes jeans sur les bancs des amphithéâtres. Il y eut ce jour là des instants magnifiques, des témoignages amicaux sous toutes les formes possibles, certains m'ont particulièrement touchés et j'en suis très heureux. D'autres ont brillé par leur absence et je leur en veux cruellement. Je ne m’appesantirais pas non plus sur la fierté incommensurable que j'ai pu lire dans le regard de mes parents. Oui, pour une fois dans ma vie, je les ai vus et sus fiers de moi, même s'ils ne l'ont pas dit textuellement et que mon père est bien trop mal à l'aise avec ses propres sentiments pour m'en avoir soufflé le moindre mot. Il est des signes qui ne trompent pas...

Pourtant, alors que je suis parvenu au bout de ce long labeur avec les honneurs académiques et la gloire d'une journée qui se devait d'être la mienne, je n'éprouve rien. Ni joie, ni réelle satisfaction, ni soulagement, ni quoi que ce soit qui me rende ces heures réellement inoubliables. Au contraire. D'un point de vue strictement personnel et professionnel, ne reste qu'une sensation de demi-teinte, pleine de grisaille et d'un puissant sentiment d'inachevé, un jour médiocre, un jour que j'oublierai, certainement.

L'université est une machine à broyer les hommes. Je croyais l'avoir vaincue, elle m'a décoché une flèche empoisonnée dans le dos, d'autant plus insidieuse qu'elle est invisible à ceux qui n'en sont pas victimes. A mon égard elle est la pire qui soit : me donner l'impression que je suis nul...

Aujourd'hui la "logique des choses" voudrait que je remette sur le métier mon ouvrage afin de le préparer à affronter un nouveau minotaure dans quelques mois, puis éventuellement un second par la suite. Mère ingrate, Chronos des temps modernes, insatisfaite de dévorer ses enfants, l'université jette les survivants en pâtures à d'autres sirènes dont le chant est séduisant mais les dont les récifs sont mortels. C'est un rituel immuable chaque année : l'aléa des qualifications au CNU en février, puis la roulette truquée des recrutements en juin. Renoncer à se lancer dans cette course en terrain miné paraîtrait incompréhensible au yeux de tous.

Déjà hier, mais aujourd'hui plus que jamais, je m'interroge. Où est ma route ? De quoi ai-je envie ? Est-ce une connerie de renoncer sans même essayer ? Pourquoi ai-je la nausée en revoyant certains "collègues" ? La question est d'autant plus prégnante que, à coté de cela, j'ai entrepris une formation professionnelle dans laquelle je m'éclate et me sens bien, vraiment bien, même si ce n'est que le début. Alors ...?

Je crois qu'il va me falloir un peu de temps pour faire le point.



22 janvier 2012

La première fois que (A lire chez Tto)

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Tto me fait l'honneur d'un billet relatant notre rencontre en décembre dernier, dans une jolie adresse du XVII° arrondissement. Il exagère un poil la réalité en ce qui me concerne (voyez mon commentaire chez lui) mais je m'associe à ce qui y est dit pour le reste. 

C'est ça aussi la magie des blogs. Pour faire écho au billet de Flavien, bloguer permet de découvrir des personnalités qui suscitent l'intérêt, des émotions. De billets en commentaires on se découvre quelques pixels crochus, une conversation s'amorce, prolongée par quelques vannes qui donnent du liant à la sauce. Parfois, lorsque l'occasion se présente, on rencontre celui (ou celle) qui est à l'autre bout du clavier, et cela fait de jolis moments. 

J'avais pris le parti de ne pas raconter mon séjour parisien. Je m'en tiendrai à ma décision initiale.
Tto relate cette très chouette soirée qui en appelle sûrement d'autres. Il le fait très bien. Et c'est à lire chez lui.

15 janvier 2012

La photo du mois : Bulles

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Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Janvier, jour de La photo du mois.  Depuis le temps que ce rendez-vous existe vous commencez à en connaître le principe : chaque mois un groupe de blogueurs réalise une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci le thème a été choisi par Thib qui nous propose de plancher sur : " Bulles ".

J'ai pas mal ramé sur ce sujet. Entre les idées irréalisables, celles compromises par une météo pourrie aux mauvais moments, et un emploi du temps de ministre (d'où une petite pause du blog ces derniers jours), je programme mon billet quelques heures seulement avant midi ! La photo a été réalisée vendredi dernier à l'occasion de la réunion mensuelle du Toulouse Carnet, tandis que nos estomacs attendaient leur pitance.

Il ne s'agit pas de bulles de champagne, même si j'adore ça, mais de bière - de la Leffe en l’occurrence, l'une de mes bières préférées, breuvage à la convivialité inégalable. (Je crois que certains tels que lui, lui ou lui, ne me contrediront pas sur ce point).
Alors, à la bonne votre ! Et un grand merci à Enflammée qui a pris la photo pour moi  smileys Forum .

Quelles pétillantes idées ont eu les autres blogueurs de la photo du mois ? Allez vite le découvrir chez eux :
100driiine , 4 petits suisses dans un bol de riz , A&G , A&Y , Agnès , Akaieric , Alex , Alexanne , Alice , Anaou , Anne , Anne Laure T , Aparça , Aude , Ava , Babou , Bao , Bestofava , Blogoth67 , Boopalicious , Carnets d'images , Caro , Carole In England , Caroline , Cathy , Cekoline , Céliano , Céline in Paris , Champagne , Cherrybee , Chris et Nanou , Cindy Chou , Clara , Claude , Clem et Cha , Coco , Cynthia , David et Patrice , DNA , Doremi , Dorydee , Dr CaSo , E , Edegan , Eff'Zee'Bee , El , El in Oz , Emi London , Emily58 , Emma , Fabienne , Fanny et Vincent , Filamots , Florian , florianL , François , Frankonorsk , Frédéric , Galinette , Gilsoub , Gizeh , Glose , Grignette , Guillaume , hibiscus , Hugo , Isabelle , Jean Wilmotte , jen et dam , Jo Ann , Karrijini , Krn , Kyn , Kyoko , La Fille de l'Air , La Flaneuse , La Madame , La Nantaise , La Papote , La Parigina , LaGodiche , L'atelier azimute , Laure , Lauriane , L'Azimutée , Le Mag à lire , LEBOABLEU , Le-Chroniqueur , Les Maudits Expats , Les voyages de Seth et Lise , lesegarten , Leviacarmina , Lhise , Lili , Loutron glouton , Lucile et Rod , M , M.C.O , Ma , Madame zaza of mars , magda627 , Mamysoren , Mandy , Manola , Margote05 , Margouia , Marion , M'dame Jo , Meyilo , Muni57 , Narayan , Nataru , Nathalie , Niwatori , Nomade57 , Noon , Nora , Nous4auQuébec , Olivier , Ori , Où trouver à Montréal ? , PascalR , Pavot de Lune , Petit Hobbit , Renepaulhenry , Sébastien , Sephiraph , Shandara , Sinuaisons , Sprout©h , Stephane08 , Stéphie&lesCacahuètes , Surfanna , Suzie , Tam, The Mouse , The Parisienne , Thib , Titem , Ty , Une niçoise , Urbaine , Urbamedia , Vanilla , Viviane , Xavier Mohr , Zaromcha.

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6 janvier 2012

Envies

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   Envies de loin
                                                                                                                                       De lumières irisées
                                                          De vent tiède sur mon visage
                                                                                                     
   De rivages lointains

                                                                                                                                D'ailleurs
                                           De couleurs franches

De sons moelleux
D'odeurs épicées

          De découvertes
                                                 De rencontres
                                                                                                                            D'amitiés

                                  
  Envie de me perdre un peu                                           
Pour mieux me trouver.


3 janvier 2012

Le bonhomme qui avait des bras lui sortant de la tête

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Si de mes années d'enfance je n'ai gardé qu'un très petit nombre d'amis, j'en conserve en revanche une quantité de souvenirs assez précis. Peu sont franchement malheureux, un certain nombre en sont joyeux, la grande majorité est en demi-teinte, quelques uns ont une saveur aigre-douce. Parmi toute cette masse d'images, de sons et de couleurs, il y a Jérôme. Sûrement aidé par les vieilles photos de classe que mes parents conservent dans un gros album rangé dans le salon, je me souviens parfaitement de celui qui fut, quelques brèves années, l'un de mes camarades de classe.

Tout cela remonte au début des années 80, alors que j'étais en moyenne ou grande section, en tout cas avant d'entrer au CP. Hors des rares instants où il était relativement calme, personne ne comprenait vraiment Jérôme. Il était différent. Jérôme ne suscitait guère de compassion tant tout était étrange chez lui, à commencer par son comportement. D'un tempérament plutôt caractériel, il suffisait d'un rien pour que coups de pieds et de poings pleuvent en volée sur quiconque osait le contrarier, ce qui arrivait en réalité très fréquemment. Je me rappelle parfaitement m'être battu plusieurs fois avec lui, et notamment de cette fois où, après qu'il m'a arraché une poignée de cheveux, sa technique de combat favorite, je lui avais assené un retentissant coup de pied dans les couilles. Gentil mais lunatique, agité et bagarreur, il était une victime idéale tant le provoquer et le pousser à la faute étaient choses faciles. Cela étant il y parvenait très bien tout seul et  il ne se passait pas un jour sans qu'il se fit gronder par la maitresse de classe. Victime facile et coupable désigné, il prenait souvent les punitions à la place des autres. L'enfance est parfois cruelle.

Parmi les étrangetés qui ne manquaient pas d'alimenter nos clabauderies enfantines, il y avait cette méchante dame qui venait le chercher tous les soirs à la sortie de l'école et qu'il s'obstinait à appeler non pas "maman" mais "tatie", alors même qu'elle n'était pas sa tante. Ce n'est que bien des années plus tard que je compris qui était cette "tatie" si peu aimante et si peu maternelle, levant une partie du voile sur l'histoire de Jérôme.  "Tatie", c'est ainsi que les enfants confiés à l'Aide Sociale à l'Enfance appellent leur tutrice.

Un autre souvenir est particulièrement vivace dont j'aurais pu ne pas me rappeler. Je l'avais d'ailleurs totalement oublié. Il m'est revenu sans crier gare alors que je lisais un article sur les différentes phases de l'enfance. Au milieu se trouvait une série de croquis tirés de cas concrets. L'un d'eux représentant en particulier un bonhomme avec les bras lui sortant de la tête. Ce dessin me fit l'effet étrange d'un coup de canon qui me replongeât aussitôt vingt-cinq ans en arrière.

Nous devions, ce jour là, chacun dessiner un bonhomme. Toute la classe armée de ses crayons de couleurs avait donc dessiné son bonhomme avec une tête, un corps, des bras et des jambes. Certains avaient ajouté un grand "V" figurant un oiseau en train de voler, d'autres un soleil, une fleur, une maison. Toute la classe, ou presque. Le malheureux Jérôme avait en effet commis la forfaiture de représenter son personnage sous la forme, un peu trop stylisée pour l'institutrice, d'une patate dotée de quatre membres. Ayant affiché nos œuvres au mur afin de les commenter, la maitresse avait vivement sermonné le pauvre diable et son mauvais dessin sur lequel s'abattait, à cet instant, la désapprobation la plus générale. Ben oui, c'était vraiment n'importe quoi ce dessin tout de même !
Ce qui me glaça les sangs aussi brutalement qu'un coup de blizzard, fut de comprendre que le "mauvais" dessin de Jérôme l'insoumis était en réalité, non pas la manifestation d'une quelconque indiscipline ou paresse, mais celle objective d'un retard mental certain. Rétrospectivement, j'en ai voulu à l'institutrice pour sa méchanceté gratuite à l'égard d'une faute qui n'en était pas une. A vrai dire, en redécouvrant la réalité de l'instant, j'ai eu mal pour lui.

Depuis que des pièces du puzzle se sont rassemblées d'elles-mêmes, j'ignore réellement pourquoi, mais je me demande parfois ce qu'il a pu devenir, s'il est enfin heureux, s'il est marié, s'il a des enfants, un boulot, une vie "normale". Ou s'il est devenu totalement cinglé, reclus dans un établissement spécialisé dans lequel il passe ses journées à se taper la tête contre les murs et à crier en silence un désespoir que personne n'entend.

Je n'ai aucune idée précise de quand Jérôme a quitté notre petite école de village. Je ne sais même pas si je m'en étais alors rendu compte, peut être en raison d'un écart de niveau croissant entre sa classe et la mienne. Toujours est-il que, un beau jour, il n'était plus là. Dans la cour de récré, l'ombre des marronniers n'abritait plus ni ses pleurs ni nos castagnes, mais raisonnaient les rires de gamins insouciants.

1 janvier 2012

Welcome 2012

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Il y a un an j'avais décidé de faire de 2011 l'année de lutte contre l'inertie. Et je dois dire avoir tenu mon pari. Cela fut douloureux, mais les forces occultes de l'immobilisme sont vaincues. S'ouvrent désormais à moi les portes de tous les possibles.

Contrairement à certaines prophéties cinématographiquement relayées je crois que 2012 sera l'année de l'accomplissement et des moissons. Des projets plein la tête, de nouveaux horizons professionnels, des voyages en perspective, des amis à revoir, d'autres à rencontrer, des kilos à perdre, et l'envie de bloguer qui est toujours là : 2012 sera à n'en pas douter une année trépidante et riche, durant laquelle il y aura beaucoup à faire. Cela tombe bien : elle compte un jour de plus que la précédente.

Très bonne année à tous !