22 mars 2012

J'ai la gerbe

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En l'espace de quelques jours, Toulouse endeuillée est devenue le centre du monde. Ou plutôt devrais-je dire le centre d'un monde : celui des caméras de télévision dans l'expectative, celui des micros en alerte, celui des envoyés spéciaux n'ayant rien à dire et des commentateurs sans information vérifiée ni vraiment vérifiable, celui des dépêches contradictoires et des annonces racoleuses pour attirer le chaland...

L'espace de quelques jours, les médias ont entretenu un suspens cynique autour d'un fait divers sordide. Ce matin encore au boulot, tout ce que la salle de réunion comptait de smartphone vibrait et bruissait au rythme de l'évolution des événements, avant de ne s'apaiser qu'à l'annonce de l'issue fatale, en fin de matinée. 

L'espace de quelques heures, j'ai cru que Toulouse était le nouveau Loft Story. En mieux : que du réel, pas de comédiens, pas de tricherie, du suspens à l'état brut, en direct live, grandeur nature. Du grand spectacle !

Et comme si cela ne suffisait pas, en ouvrant à l'instant la page du Monde et de Libé, je découvre le tsunami de joyeuses polémiques à travers lesquelles s'écharpent les candidats à la présidentielle, chacun essayant de ramener à lui une couverture pourrie, puante et mitée. Rien de tel qu'un gros nonosse juteux pour ameuter les chiens... Tout cela est tellement indigne !

Putain, j'ai la gerbe.

20 mars 2012

Tonton

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Ca y est, c'est officiel, toute la famille Tambour Major est en émois depuis quelques semaines : mes parents vont être grand parents, et moi, accessoirement, je vais être tonton. Depuis le temps qu'ils sont ensemble, le frangin et la belle sœur ont planté la petite graine qui devrait donner un chou ou une rose l'été prochain. Pour l'instant on ne connaît pas le pédigrée de l'alien. Mes parents sont en joie, évidemment, et ma mère euphorique.

Pour ma part, je ne peux pas dire que je ne suis pas heureux pour eux, car c'est une jolie nouvelle. Je dis "jolie" et pas "bonne". Avoir des enfants, voir la famille s'agrandir, construire un avenir, oui, c'est une jolie nouvelle. Pourtant, apprendre que mon frère allait être papa et moi tonton ne m'a pas ipso facto transporté dans des élans de joie invraisemblables. En fait j'ai du mal à comprendre ce que cela peut représenter dans un couple, d'avoir des enfants.

Et chaque fois que j'y pense, rejaillit en moi le même malaise nauséeux..
Un bon gros décalage dans ma gueule.
Suis-je un monstre ? 

15 mars 2012

La photo du mois : "Glace"

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Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Mars, jour de La photo du mois !
Comme chaque mois, un groupe de blogueurs réalise une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci le thème choisi est : " Glace ".

Par le plus pur des hasards, quelques jours avant de connaître le thème(c'est à dire à la mi-février), j'avais fait la photo suivante. Une forme de prémonition peut-être. Pour mémoire, il faisait alors particulièrement froid à Toulouse et Dame Nature, s'amusant avec les éléments, donnait au mobilier urbain des allures inédites.


Mettez vos gants et allez donc découvrir les réalisations sur papier glacé des autres blogueurs participant à la photo du mois :
100driiine, A&G, Agartha, Agnès, Alexanne, Alexinparis, Anaou, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Carnets d'images, Caro, Carole In England, Caroline, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, CHIFFONS and Co, Chris et Nanou, Clara, Clem et Cha, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, DNA, Doreus, Dorydee, Dr CaSo, E, École autour du monde, Eff'Zee'Bee, Egedan, Emi London, Emily58, Emma, Aurélie, Chris, Etienne, Fanny et Vincent, Florian, florianL, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, Guillaume, Hélène d'avril, hibiscus, Hugo, Isa ToutSimplement, Isabelle, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Juju au Japon, Julien, Karrijini, Kia909, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, L'atelier azimute, Laura, Laure, Lauriane, L'Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, LeeLoo, Les Maudits Expats, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Loutron glouton, Lucile et Rod, Ludovic_P, Lyonelk, M, M.C.O, Ma, Madame zaza of mars, magda627, Maman Crotte, Mamysoren, Mandy, Manola, Manuelle, Marion, M'dame Jo, Mgie les bons tuyaux, Muni57, Nataru, Nathalie, Nicky, Nomade57, Noon, Nora, Nous4auQuébec, Olivier, Ori, Où trouver à Montréal ?, Petite Marie, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Shandara, Sinuaisons, Soiz, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, TamThe Parisienne, Thib, Titem, Une niçoise, Urbamedia, Vanilla, Vinie, Violette, Vital, Viviane, Voyagesetc, Xavier Mohr, Zaromcha.

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11 mars 2012

Ca s'en va, et ça revient...

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Ce qu'il y a de franchement agaçant avec l'écriture d'un blog, ce sont les hauts et les bas qui rythment l'inspiration de son auteur. Hé non, un blog ne s'écrit pas tout seul. D'ailleurs heureusement, c'est tout ce qui en fait l'intérêt.  

Des pannes d'inspiration, j'en ai connues plusieurs. Enfin, lorsque je parle d'inspiration, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse vraiment de cela. Il doit falloir y ajouter un peu de motivation, un nuage d'envie et peut-être un soupçon de je-ne-sais-quoi qui fait monter la sauce. Toujours est-il que ne pas savoir quoi écrire sur ce blog, alors que par ailleurs j'écris beaucoup (encore hier après midi, à propos de tout autre chose), m'est insupportable, comme j'avais déjà pu m'en émouvoir

Ce qui m'énerve encore plus, c'est d'avoir l'impression de faire ma drama-queen en hurlant au désespoir à vous en fendre le cœur que je suis en panne d'inspiration et provoquer des vagues de suicides collectifs (ben quoi, vous ne lisez pas les journaux ?) puis, trois jours après, au détour de l'installation d'une machine à laver dans ma salle de bain, avoir une super idée de billet et se dire qu'on a crié au loup trop vite. Car oui, l'autre jour, alors que je me débattais avec une machine à laver toute neuve, une petite ampoule à économie d'énergie que je croyais en panne, s'est allumée au dessus de ma tête : Bingo ! J'en tiens un !  Il ne me reste plus qu'à l'écrire. Rhôôô tiens, et si je parlais de ça aussi ? Ha bé oui en fait : j'ai de quoi m'amuser à écrire !

En rédigeant ce court billet, j'ai fait quelques recherches de citations intéressantes sur l'inspiration. Je vous donne les trois qui ont retenu mon attention. Ce sera mon cadeau du week-end.

« On ne peut pas attendre que l’inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. »  (Jack London)

« L'inspiration, ce n'est peut-être que la joie d'écrire : elle ne la précède pas. » (Jules Renard)

« Quand on veut être artiste, c’est dans la vie qu’on doit chercher son inspiration. » (Madonna)

7 mars 2012

Wait and see

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Lorsque j'ai ouvert mon blog il y a un peu moins de cinq ans et écrit mon premier billet, je dois reconnaître que tout n'allait pas très bien dans ma vie. En apparence pourtant rien ne semblait démontrer un quelconque tourment. Et pourtant dans ma tête c'était un vaste bordel. Un bordel que j'ai soigné à coup de mots. Des mots contre les maux. Des maux d'homo. Un parmi tant d'autres, anonymes.

D'éclat de rires en écrits plus intimes, dans la peau d'un Tambour Major qui n'est en réalité que l'une de mes facettes, j'ai découvert ce moi que je croyais être un autre et commencé à comprendre ce moi que j'avais coutume de haïr. Rien ne fut sans peine. Mais les fruits en sont immenses. Si je ne suis pas réductible à Tambour Major, Tambour Major n'est pas très éloigné de celui que je suis. Et aujourd'hui je vais plutôt très bien.

Car depuis quelques semaines maintenant, je suis à nouveau un homme libre confronté à une vie sociale foisonnante qui me donne toute satisfaction. J'ai entrepris de nouvelles choses, me suis constitué de nouveaux cercles d'amis, je sors, fais la fête, et j'ai des projets plein la tête. La vraie vie quoi. Une vie avec de vrais gens que j'ai plaisir à retrouver pour certains, que j'aime à détester pour d'autres. Des gens que je suis heureux de connaître, et d'autres dont je sais qu'ils ne sont que de passage. Cela me change d'une forme de vie par procuration : celle de facebook, twitter et les blogs. Je trouve la vie "réelle" tellement plus exaltante ! Preuve en est la diminution exponentielle de ma fréquentation des blogs, dont certains me sont pourtant incontournables. Attention, je ne crache pas dans la soupe. Rien de cela.

Car il y en aurait des choses à dire et des questionnements existentiels à partager ! Mais je n'ai pas envie de tout raconter ni de dévoiler mon quotidien présent, dont bien peu de mes amis savent le contenu. N'y voyez aucune mesquinerie ni roublardise. J'ai juste envie de garder ça pour moi, mon petit jardin secret, et de savourer cette joie de vivre librement. En outre, il est certaines questions pour lesquelles je me sens aujourd'hui assez fort et assez grand d'affronter tout seul, comme un homme. Et cela même s'il ne fait aucun doute que des blessures seront à la clé de certaines de mes décisions. Mais aujourd'hui je me sens capable de voler de mes propres ailes et de me prendre des gnons sans trop broncher ni avoir besoin de tout déballer.

Du coup, le blog n'a plus la même fonction, celle d'un exutoire puissant qui me permettait d'ouvrir la soupape de sécurité et de relâcher la pression. Ma vie évolue et les outils qui l'entourent doivent évoluer avec elle. Aujourd'hui, je n'ai juste plus de temps à consacrer aux réseaux sociaux ni vraiment l'envie d'écrire. Le nombre de billets publiés ces derniers mois est à cet égard éloquent.

Pour l'instant je ne sais pas à quoi me sert ce blog. Je sais seulement que, à défaut de savoir quoi y écrire, je ne veux pas le fermer. Pas encore. Je n'ai pas encore dit mon dernier mot.

Alors attendons, et voyons.

1 mars 2012

Le frigo et le néant

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Selon mes derniers calculs, il existe dans la vie d'un homme environ 791.125.325.014.784,3 raisons de se réjouir : arracher les ailes d'une mouche, manger du Nutella® dans le pot, jouer avec le chat, boire du champagne, se gratter les couilles, faire un croche patte à une vioque qui s'incruste dans la file d'attente, écouter l'intégrale de Lorie en se frottant les yeux avec du verre pilé... Je vous laisse compléter la liste. 791.125.325.014.784,3 et pas une de plus. Mes équations sont ab-so-lu-ment formelles. C'est assez peu à l'échelle de l'univers. Mais c'est déjà beaucoup trop à l'échelle de l'humanité. Et ne discutez pas je vous prie. Tout ça pour dire qu'il y a une foultitude de petits bonheurs dont on serait bien bécasse de se priver ou de ne pas apprécier à leur juste valeur. Parmi mes dernières trouvailles, il en est une toute simple : remplir mon frigo.

Déjà, à la base, un frigo même vide, c'est fichtrement intéressant aussi. D'un point de vue conceptuel je veux dire. Par exemple, je suis à peu près certain que c'est en contemplant son frigo que Pascal a eu l'idée de son fameux Traité du vide. Et puis, c'est presque beau un frigo vide. Une beauté quasi surnaturelle ; presque inquiétante. Ici une bouteille de lait UHT parée de son incontournable bouchon bleu, indiquant la teneur semi-écrémée de son contenu. Là un pot de moutarde, tout aussi vide, laissé à son futile désœuvrement. Un peu plus haut, une clayette en verre tente d'exister dans toute sa transparence, perdue entre un citron rance et une demi tomate même pas mûre. Hé non, un frigo vide n'est jamais totalement vide. C'est une sorte de figure Sartrienne hyperbolique de la vacuité de nos contemporains doublée d'une allégorie cinglante d'un ostracisme paranoïaque refoulé. C'est beau...

Ce matin donc, je contemplais le vide intersidéral de mon frigo et m'extasiais sur ce petit univers grelottant lorsque, soudain, je songeai aux invités qu'il allait me falloir régaler tantôt. Hé oui car, vois-tu, je reçois bientôt à table l'ami Brol qui doit me parler de son projet d'OPA sauvage sur la branche "croquettes pour chat" de la société Friskies ou quelque chose dans ce genre là, et qui me demande audience. Si je n'ai pas tout compris à sa question (j'y connais pas grand chose en OPA sur les croquettes pour chat), je sais en revanche que : 1/ je vais devoir le nourrir et que 2/ l'état de désertification de mon réfrigérateur s'y oppose. Face à cet abîme culinaire, une idée d'une transcendance inouïe s'est faite jour : et si j'allais faire des courses ? Ho oui tiens !

Hop hop hop, quelques minutes plus tard et quelques dizaines d'Euros en moins, on revient les bras chargés de mille et une choses dont on n'avait pas forcément besoin mais dont les sirènes du marketing on su habilement nous convaincre du contraire. On tri, on déballe, on range et, miracle : mon frigo naguère vide est désormais grouillant de victuailles. Là où régnait la triste monochromie d'une blancheur immaculée se trouve désormais une symphonie de couleurs chatoyantes : du vert, du rouge, du jaune. Ha que tout cela est excitant. On croirait revivre, à l'échelle d'une cuisine d'appartement, les grandes heures du Big Bang et de la génération spontanée. Quand je pense que certains passent leur temps à scruter l'infini à la recherche d'informations cruciales sur l'origine de l'univers, alors qu'il leur suffirait tout simplement de mettre le nez là, juste devant eux : dans leur frigo... Que c'est beau, un frigo plein !