27 juin 2012

Chronique de l'homophobie ordinaire (2)

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Dans ma vie au quotidien j'ai la chance de n'être que rarement confronté à l'homophobie, et encore très indirectement. Bon, il est vrai que je ne parle pas de mes préférences pour les garçons au boulot, à peine avec mes amis, même s'ils sont au courant. Et, réciproquement, mes amis m'épargnent la relation de toutes leurs coucheries tout autant que leur épargne les miennes. C'est une forme de contrat social implicite qui part du principe - peut-être excessivement naïf - que moi, pas plus que eux, ne nous réduisons à notre identité sexuelle.

Pourtant il y a certains comportements, certains propos qui me crèvent les tympans ou me pyrolysent la rétine aussi sûrement que si l'on m'y avait fiché un tisonnier porté au rouge.
Voici les deux derniers exemples en date qui m'ont particulièrement marqués.

Le premier remonte à quelques semaines. Une connaissance sur FaceBook (oui, vous savez, ce truc bizarre où l'on peut s'autobiographiser en plus de 140 caractères) qui écrivait sur son mur, je cite :
"Allez quoi, on va y arriver ! On n'est pas des pédés quoi !".
Vous admirerez le raffinement du verbe, l'élégance du propos, la subtilité des métaphores fleuries qui feraient presque passer l’œuvre d'un Du Bellay et d'un Ronsard pour des dépêches AFP...

Vous n'aurez pas manqué de remarquer non plus l'assertion selon laquelle "ne pas y arriver = on est des pédés" et, accessoirement, que les pédés ne sont pas de "vrais" hommes... L'un des canons habituels de l'homophobie.

Aussitôt vu, je m'empressais de saisir mon clavier et de commenter ce statut du plus haut intérêt. J'optais pour une riposte sobre, un zeste cinglante :
"J'adore ces envolées d'homophobie ordinaire..."
Quelques minutes plus tard, ne s'avouant pas vaincu, mais certainement un peu atteint (car je sais la personne un peu instable. Oui, je sais : c'est mal d'user de la faiblesse d'autrui... mais je m'en fous), l'assaillant tente une riposte sous forme d'auto-justification :
"Mais c'est de la ponctuation !"
J'imagine qu'il faisait ainsi référence au tout premier sketch de Patrick Bosso dans lequel l'humoriste (oui, avant d'être pathétique, il était drôle à l'époque) explique que se gratter les couilles implique une ponctuation sous-entendue... Cela étant, estimant que mon premier coup d'éperon était suffisamment vif, je laissais là courir l'affaire et le venin de ma flèche faire son effet.

Que n'avais-je raison ! Quelques jours plus tard, alors que je recherchais les traces de cette conversation en préparation d'un billet, j'eus la surprise de découvrir que tout cet échange avait été supprimé...

Le second exemple remonte à pas plus tard que samedi soir dernier. Des potes à moi et des potes à eux, un bar un peu roots quelque part autour de la place Arnaud Bernard à Toulouse. Je commande une bière, une Queue de Charrue, bien fraîche. Un des mecs du groupe avec qui je discute regarde mon verre et me demande d'un air un peu dubitatif  ce que je bois. Je lui réponds qu'il s'agit d'une Queue de Charrue. Le gars en question écarquille un peu les yeux, et me demande en retour de son air le plus narquois :
"J'imagine que c'est le mot Charrue qui t'a attiré ?"
Sous-entendant par-là, et par un raccourci d'idées dont je vous laisser retracer le pénétrant cheminement, que c'était plutôt l'autre mot qui était à l'origine de mon choix...

Dans un premier temps je répondis au jeune homme qu'il ne semblait pas connaître cette bière-là, pourtant fort goûteuse.
Malgré tout, j'étais relativement agacé de ne pas l'avoir délicatement remis en place :
" Mais... dis moi, c'était quoi le fond de ton idée là, avec la charrue ? Je suis pas sûr de bien comprendre"
Je ne dirais pas que le mec s'est chié dessus, loin s'en faut. Il a vaguement répondu quelque chose comme :
"heu... non non, je suis au bout de l'idée là..."
Néanmoins, ses explications vasouillardes et la disparition soudaine de son rictus dégoulinant de sarcasmes, me confortèrent dans l'idée que j'avais tapé juste...

23 juin 2012

Où il est question d'un plant de tomate sauvage...

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Dans l'un des bacs à fleurs de mon balcon, parmi la misère qui profite des beaux jours pour s'étaler en abondance, et le cep de vigne dont les sarments enlacent la treille dans une étreinte fusionnelle, a poussé un plant de tomate. Comme ça, spontanément, sans que je ne lui eusse rien demandé, par l'une de ces fantaisies cocasses dont Dame Nature a le secret.

Est-il le fait d'un oiseau ? Ou d'une graine par moi jetée avec des miettes de pain à destination de quelques urbains passereaux ? Donnera-t-il de petites tomates cerises qui éclatent en bouche ou gros de fruits rouges à la chair ferme que l'on a plaisir à mordre agrémentés une pincée de sel et d'un filet d'huile d'olive ?

C'est chouette les tomates. Elles annoncent l'été et les beaux jours, les barbe-queue sur la pelouse et le rosé frais à l'ombre des platanes. Jamais à bout de ressources, qu'elles soient crues en salades, avec un peu de basilic frais, ou concassées et revenues avec un peu d'ail et d'oignon pour accommoder des pâtes... Plus tard, lorsque sonne le glas de la belle saison, que la froideur d'octobre noircit les feuilles des marronniers et leur préserve un teint d'émeraude, elles deviennent confiture dans la bassine, merveille dans les pots, délices pour l'hiver...   

Et dire qu'il y a quelques années de cela, lorsque j'étais gamin, je n'aimais pas les tomates. Pas tellement à cause de leur goût, mais plutôt à cause de ce qu'elles représentaient alors pour moi : la corvée de l'arrosage...
Car, voyez-vous, lorsque l'on a entre dix et quinze ans et que papa et maman Tambour Major ont un (grand) jardin, l'un des moyens d'occuper le fiston pendant les longues journées de ses grandes vacances est de l'expédier arroser les tomates. Avec un arrosoir en plastique qui fuit, qui pèse des tonnes lorsqu'il est plein d'eau, qui cogne les chevilles, et qu'il faut remplir systématiquement après chaque pied dans la grande auge en ciment située à l'entrée du jardin.

Papa et maman Tambour Major adorent les tomates. Vraiment. Du coup, ils en plantaient des kilomètres linéaires ; l'arrosage rituel durait une éternité et demi. J'étais le Sisyphe des lieux... Chaque jour ou presque, je savais que m'attendait le long calvaire de l'arrosage des tomates. Si  possible tôt le matin, juste après le petit déjeuner, lorsque l'on a plutôt envie de jouer à la console ou de disséquer des mouches. Ou pire encore, en fin d'après midi, juste pendant que les meilleurs dessins animés passaient à la télé... Oui, les tomates m'ont valu une enfance difficile.

Mais voyez-vous je ne suis guère rancunier et la gourmandise l'emporte sur les affres estivaux de mon adolescence. Car, malgré toute la hargne je que pourrai légitimement lui vouer, j'ai laissé pousser le plant sauvage de mon balcon.

Non pas tellement pour les quelques tomates qu'il produira peut-être, j'aurai certainement beaucoup plus vite fait d'aller remplir mon frigo en allant faire le plein sur le marché des boulevards. Mais finalement, la force de l'âge aidant, j'aime bien les plants de tomate, leur port, le graphisme de leur feuillage dentelé, et l'odeur incroyable qui se dégage à la cueillette. A peine le pédoncule brisé, se propage une odeur verte, un peu acide, puissante, de chlorophylle et de je ne sais quoi d'autre. Une odeur tout aussi entêtante qu'elle est fugace car, sitôt le fruit séparé de l'arbrisseau, n'est-elle déjà plus qu'un souvenir dont on peine à se remémorer l'exact parfum.

Alors on revient le lendemain en espérant que le miracle se reproduise à nouveau.
Et le prodige recommence...

15 juin 2012

La Photo du Mois : Transparence

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Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Juin, jour de La photo du mois ! Comme chaque mois, un groupe de blogueurs réalise une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15, à midi, heure de Paris.

Ce mois-ci le thème nous est proposé par Stéphane. Il s'agit de " Transparence ".
 
Dur dur de photographier la transparence, précisément parceque, étymologiquement, la transparence est ce qui laisse trans-paraître, c'est à dire paraître à travers. La transparence tend donc à l'invisibilité... Quel paradoxe photographique !

Finalement, n'ayant pas tout le temps nécessaire pour me livrer à de savantes expérimentations, j'ai essayé de composer ma photo en jouant sur plusieurs degrés de transparences, d'ombres et de reflets, aidé en cela par quelques bonbonnières. 

Inutile de chercher les bonbons, je les ais tous mangés...

 
En attendant notre prochain rendez-vous le 15 juillet, allez faire un petit tour sur les autres blogs participants à la photo du mois : 
100driiine, A&G, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André(eric)Fernandes, Anita, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Arwen, Aude, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d'images, Caro, Carole In England, Cathy, Cécile, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, Dreamteam, E, Egedan, Elapstic, Emily58, Emma, Escapade en Tunisie, Filamots, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Hélène d'avril, Hibiscus, Isabelle, Isabelle et Gilles, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Karrijini, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laura, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L'Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Ludovic_P, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marion, M'dame Jo, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Minicecile, Mistinguett, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Nikit@, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Où trouver à Montréal ?, Ovan, Petite Marie, Pilisi, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, TamTerhi Schram, Testinaute, The Mouse, The Parisienne, Titem, Typh', Un jour une rencontre, Valoutyne, Vanilla, Véro Beramelo, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv', Zaromcha.

13 juin 2012

Garçons dans le métro

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Lorsque je suis monté dans le métro, il y avait, assis au fond de la rame, ce beau garçon brun qui regardait droit devant lui. Il porte un jean bleu clair et des converses en toile presque neuves, bleues elles aussi. Sa chevelure particulièrement abondante contraste avec la délicatesse presque juvénile de son visage. Immobile, un énorme casque fiché sur les oreilles, impassible à ce qui se passe autour de lui, il aurait tout aussi bien pu ne pas être là.  

Lorsque je suis monté dans le métro, il y avait cet autre garçon au crane rasé. Simplement adossé contre les portes coulissantes, vêtu d'un pantalon baggy gris joliment coupé et d'un gilet noir en laine un peu sale, la peau cuivrée. Les bras ballants le long du corps avec nonchalance, ses deux grands yeux marrons flottent négligemment à la dérive, sans but précis. Il est là parmi les siens, voyageurs sous-terrains, compagnons anonymes d'un instant. Force tranquille, il dégage une présence incroyable. Jamais il ne croisera le regard de celui qui, quelques pas sur sa droite, le dévisage avec envie.

Lorsque je suis monté dans le métro, il n'y avait pas encore ce gars tout habillé de noir qui s'est assis en face de moi. Non, lui est monté quelques stations plus loin. Les bras croisés, la tête baissée, il regarde ses pieds et se pince nerveusement la lèvre inférieure de la main droite. Mal à l'aise, il n'a visiblement pas envie d'être là. Il se cherche, mais ne se trouve pas. Il est trop près. Trop près de ces autres dont il ne veut pas.

Lorsque je suis descendu du métro est entré ce drôle de gars. Très grand, très blond. L'encolure de son t-shirt rose était déchirée, comme si l'on avait tenté de le lui arracher et que les coutures avaient cédé, laissant apparaître son épaule une partie de son torse. De son jean porté très bas, dépassait un boxer coloré aux motifs bariolés. Étrange figure, presque baroque au milieu d'une foule bien sage. Depuis le quai, je l'ai observé s'asseoir, indifférent, tandis que quelques regards accusateurs se portaient sur lui, et que mon imagination vagabonde dressait mille scénarios pour expliquer l'état peu commun de ses vêtements.

Le chuintement mécanique des portes qui se referment m'extirpe de ma fugace rêverie. Vomissant son flot de passagers par spasmes discontinus, l'escalator me ramène des entrailles de la ville vers la surface, où m'attend une vie presque ordinaire.


7 juin 2012

Un week-end à Bilbao

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Pour les Toulousains, aller en Espagne est l'enfance de l'art. Quelques petites heures d'autoroute suffisent à franchir les Pyrénées, quelques petites heures sur le chemin des vacances. Si Barcelone l'extravagante est, à juste titre, une destination privilégiée, je préfère le côté sauvage et encore relativement confidentiel du Pays Basque, San Sebastian, Bilbao et leurs environs.
 
Au début des années 1990, après avoir connu un âge d'or exceptionnel après la mort de Franco, Bilbao était sur le point de devenir un sinistre cloaque industriel agonisant dans les eaux saumâtres d'un Nervion croupissant. Un véritable désastre urbain. J'en ai de rares mais peu reluisants souvenirs de ma lointaine enfance et n'y suis pas revenu pendant des années. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise, à l’orée des années 2000, de découvrir une ville métamorphosée. Une totale résurrection qui a dû se payer au prix fort.

Depuis, je retourne assez régulièrement à Bilbao. C'était encore le cas il y a quelques semaines, à l'occasion d'un long week-end passé chez des amis.

Le beau temps n'était pas vraiment au rendez-vous. Le long du port, de la bruine, un épais brouillard qui écrase la ville, et le soleil qui n'est plus que l'ombre de lui même.


La ville elle même ne présente rien de bien extraordinaire. Bilbao est une belle métropole, dynamique, dans laquelle on se sent bien. Elle possède ce je-ne-sais-quoi, un brin de charme, qui la rend très agréable même sous la grisaille.


 L'architecture en est assez hétéroclite, qui alterne des bâtiments des années 1970, d'autres de style plus victorien en raison d'une influence anglaise dont je n'ai pas bien compris l'origine, et des constructions ultra modernes globalement très réussies.


Il n'y a pas de monument particulièrement notable, hormis peut-être la statue du Sacré Coeur, érigée par Franco. C'est à peine étonnant qu'un petit bonhomme colérique et teigneux ait fait construire un phallus géant. Certainement faut-il y voir une façon de compenser un léger complexe anatomique ?


Parmi les constructions contemporaines figure bien évidemment le Musée du Guggenheim, figure emblématique de Bilbao. J'aime beaucoup ce Musée. Dédié à l'art contemporain, il est une oeuvre d'art à lui tout seul. Depuis la rive opposée, on peut l'observer à loisir se refléter sur l'onde tranquille du Nervion.

 
Le Guggenheim est un de mes passages obligés à Bilbao. Depuis son ouverture, je crois qu'il ne s'est pas passé une fois sans que je n'aille y passer au moins une petite heure.

S'il y avait une seule chose à garder de ce musée, ce serait certainement la galerie qui abrite les œuvres monumentales de Richard Serra.

Déambuler lentement, se perdre, se laisser apprivoiser par les gigantesques parois métalliques de ces tores et ellipses qui distordent l'espace, est une expérience à la limite de la sensorialité. Le simple fait d'avancer de quelques pas à l'intérieur de ces œuvres me plonge immédiatement dans un état un peu second, à l'écart du temps et de l'espace. Se laisser faire, et perdre pied.


C'est assez étrange en réalité. J'en suis venu à la conclusion que nous ne sommes plus habitués à des espaces courbes. Nous ne supportons plus, ou difficilement, que notre horizon soit perturbé par une ligne qui casse le point de mire. L'espace courbe est "tendu". Cela pourrait même devenir oppressant si le lieu n'était pas habituellement baigné d'un calme un rien mystique. Souvent d'ailleurs j'abandonne subrepticement mes compagnons de voyage à l'entrée du musée pour m'offrir ce plaisir quelque peu solitaire.

Comme d'autres lieux, qui se prêtent à une contemplation quasi-méditative celui-ci devient particulièrement insupportable en présence de marmaille glapissante et agitée qui court dans tous les sens. Heureusement, ce jour là, il se trouvait un couple de parents exemplaires qui tenait sa progéniture d'une main de maître.

La seule chose qui manquât réellement fut le soleil. Et un peu de liberté aussi pour aller flâner de mon côté et courir dans les jupons des garçons sensibles dont le charme ibérique est sans égal...

Malgré tout, ce fut un joli week-end, reposant, à l'ombre des parapluies.

Et l'essentiel était bel et bien là.

5 juin 2012

A plume

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J'ai toujours écrit à la plume. Et à l'encre noire, tellement plus distinguée. 
J'aime la fluidité de la plume qui glisse sur un joli papier un peu épais, la sensualité des lignes et des courbes, la souplesse incomparable procurée à l'écriture, et le plaisir tout égoïste de tenir entre ses doigts un bel objet.

Cela faisait longtemps que j'en avais envie. Un beau stylo à plume. Simple et fonctionnel, dépourvu trop de fioritures et autres dorures par trop clinquantes, sans pour autant sacrifier à un minimum d'élégance.

Je crois avoir trouvé exactement ce qu'il me fallait.


 Ce n'est pas exactement un stylo "normal" ni totalement passe partout, mais je l'aime beaucoup.