24 septembre 2012

Quelques réflexions sur l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, vu depuis l'Argentine

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L'Argentine est, dans sa configuration actuelle, un pays relativement jeune qui s'est forgé au rythme de coups d'État militaires plus ou moins sanglants. Quoique cette partie du globe fut peuplée de longue lune et si son histoire avec le vieux continent commence lors de l'arrivée des Espagnols au XVème siècle, l'idée d'une Nation Argentine n'apparaît véritablement qu'au XIXème siècle avec José San Martin, héros de la nation qui conduisit le pays et le sud du continent vers l'indépendance.

Pays à l'histoire mouvementée fortement marquée par l'instabilité politique, Nation fraîchement constituée autour d'un sentiment d'appartenance nationale relativement neuf (ce qui n'en amoindrit pas pour autant l'intensité) l'Argentine est également un pays dont les institutions furent créées de toutes pièces, s'inspirant pour cela tant des modèles européens que de celui des États Unis. Ainsi le droit Argentin est profondément marqué par le droit Français, le Code Civil de 1804 et ses illustres commentateurs, par la Constitution des États Unis, mais également par les élements de droit Italien et les théories juridiques Allemandes que tout juriste digne de ce nom connaît ici sur le bout des doigts. Doté d'une doctrine extrêmement attentive au fonctionnement des divers systèmes juridiques de par le monde, les études de droit comparé y sont légion, de sorte que, tel un caméléon, le droit Argentin prend la forme d'une mosaïque, d'un agrégat pourrait-on même dire, de ce qu'il se fait un peu partout sur la planète, copiant et intégrant dans ses textes normatifs tout ce que bon lui semble.

Peut-on alors dire du droit Argentin qu'il est un droit moderne ?
Par certains aspects, il l'est assurément ; à d'autres égards il peut, au contraire, paraître étonnamment rétrograde.

Modernité tout d'abord, car l'Argentine est l'un des rares pays du monde à avoir une femme comme chef d'État (le phénomène Peron n'y est certes pas insensible), ce qui est suffisamment rare pour que cela mérite d'être souligné. Modernité ensuite par l'ouverture, récente, du mariage à tous les couples, quelque soit leur sexualité (art. 165 et ss. CCNA). Ainsi le Code civil Argentin ne parle-t-il plus du « mari » et de « l'épouse » mais, de façon totalement neutre, des « conjoints ». De même, ni l'adoption ni les techniques d'assistance médicalisée à la procréation ne sont l'apanage des seuls couples hétérosexuels : tous les couples sans exception y ont accès et de façon absolument égale. Cela résulte des textes même du Code civil (art. 311 et ss. CCNA) soutenus par les garanties constitutionnelles de non-discrimination solidement réaffirmés par la Cour Suprême de la Nation. Les textes ne font donc plus référence au « père » ou à la « mère » (sauf cas particulier) mais, de manière générale et générique aux « parents ». Encore plus récemment, l'Argentine fut l'un des premiers pays du monde à prendre position et à légiférer sur le « genre » et à reconnaître dans ses textes qu'une personne puisse se ressentir d'un autre sexe que celui dont il ou elle a l'apparence. Loi d'avant-garde s'il en est ! Il en va de même du contrat de gestation pour autrui qui est ici est une réalité.

Rétrograde par d'autres aspects car, de façon totalement surprenante, le droit Argentin ne prévoit pas la possibilité d'avorter. Au contraire l'avortement est totalement écarté, voire expressément refusé par le Code civil qui protège la vie dès la conception et, dèslors qu'il nait vivant, érige rétroactivement l'ambryon au rang de personne (art. 70 - 78 CCNA) 
De même, si aujourd'hui les époux sont sur un pied d'égalité, il convient de souligner qu'avant une très récente réforme du Code civil, l'épouse était soumise au régime dotal et placée sous l'autorité de son mari. C'est ce système qui régissait le mariage en France jusqu'à la grande réforme du droit de la famille menée par Carbonnier dans les annés 1970.

Le droit Argentin fait figure d'exemple en bien des domaines. Pour autant, la situation n'est pas aussi idyllique qu'il n'y paraît. Elle est au contraire constellée de contradictions qu'il serait long et fastidieux de relater ici (sans compter que ce serait un travail titanesque).

Pour en revenir à mon sujet, le mariage pour tous, en Argentine les textes sont là et bien là. Des couples composés de personnes de même sexe se marient, adoptent, procréent, sans que la décadence civilisationnelle promise par les objecteurs de conscience ne soit au rendez-vous. Faut-il en déduire que tout est bien dans le meilleur des mondes ? Ce serait aller bien vite en besogne.

Comme je l'ai rapidement exposé plus haut, l'Argentine est un pays jeune, contrairement aux pays de la vieille Europe pour lesquels le présent est le résultat d'une longue, très longue et lente évolution. Pour donner la mesure des choses, les Argentins sont fascinés de voyager en Europe et de pouvoir en un coup d'oeil contempler 4000 ans d'histoire.  N'oublions pas cela : les mentalités, l'état d'esprit et les institutions des pays Européens en géneral et de la France en particulier, se sont forgés au cours des siècles. Tout changement, toute nouvelle orientation a toujours soulevé et soulève encore un profond débat qui déchaîne les passions et exacerbe les lignes de partage entre progressistes et conservateurs. Hier c'était le droit de vote pour les femmes, puis le droit d'avorter, le PACS... Aujourd'hui c'est de l'ouverture du mariage à tous les couples dont il s'agit. 

En Argentine les choses se sont passées en douceur, presque sans douleur. Un projet de loi a été déposé puis annoncé dans la presse et à la télevision, quelques groupes religieux se sont opposés, on a manifesté un peu, et une fois la loi votée tout s'est arrêté, d'un seul coup. Plus rien, oubliée la querelle.

Est-ce pour autant que tout est joué ? Certainement pas.

Car malgré les textes et la réalité des droits maintenant accessibles à tous les couples, le débat n'a pas vraiment eu lieu. Les Argentins n'ont pas compris quelle révolution était en train de se passer chez eux. Ils n'ont pas intégré ce que la loi nouvelle signifiait : que, oui, ça y est, désormais deux hommes ou deux femmes peuvent se marier ensemble ou encore que des femmes allaient pouvoir, moyennant finances, porter l'enfant d'un autre couple. Les Argentins savent mais ils n'ont pas compris. Au fond, la loi existe, mais elle ne s'est pas accompagnée de la nécessaire prise de conscience et de la nécessaire adhésion, par acceptation ou rejet, du peuple à ses institutions.
Du coup, si le droit pour les couples de même sexe a changé, l'attitude à l'égard de l'homosexualité, elle, n'a pas véritablement changé. Être homosexuel en Argentine – je mets de côté Buenos Aires, n'est pas aussi simple que l'on veut bien le croire (j'écrirai prochainement un article à ce sujet). La société reste profondément hétéronormée et machiste.

Alors, et c'est là où je voulais en venir après ce très long prolégomène : n'ayons pas peur du débat qui anime la France en ce moment. N'ayons pas peur des ces menaces proférées de fin du monde ni de ces visions apocalyptiques d'une société au bord d'une irréversible décadence. N'ayons pas peur de ces faux prophètes qui nous promettent le bruxisme et la géhenne.

Au contraire, malgré tout le mal et toutes les horreurs dont ils sont capables, remercions les pour une chose : de permettre ce travail indispensable de prise de conscience de tous nos concitoyens, travail d'implication sans lequel les lois et institutions sont vaines. Oui, dans quelques mois tous les couples pourront nous marier. Et de cela, tout le peuple Français en aura pleinement conscience, que cela plaise ou non.

21 septembre 2012

Made in Argentina

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Lorsque l'on part vivre six mois à l'étranger, on prévoit un certain budget dédié notamment à se loger, se nourrir, se déplacer, assurer de menues dépenses quotidiennes destinées à améliorer l'ordinaire et faire un minimum de tourisme, parce que bon, hein... on va pas se priver non plus au prétexte que tout ceci ne serait que strictement professionnel. Et puis quoi encore ? 

Mais surtout, on prévoit un petit bas de laine, une poire pour la soif, okazou... Et sur ce coup là, j'ai plutôt été bien inspiré. Car voila-t-y pas qu'au bout d'à peine quinze jours sur le territoire Argentin, mon ordinateur portable a décidé, certainement pour mettre un peu de piment dans le maté, de décéder, tout simplement. Hop, kapout, anapu... Je vous passe les différentes étapes de cette laborieuse agonie pour vous livrer le résultat final : j'ai du en racheter un autre, ne serait-ce que pour conserver un lien avec le reste du monde, et accessoirement pour pouvoir travailler (un peu, aussi).

Acheter du matériel informatique en Argentine ce n'est pas aussi simple que l'on pourrait se l'imaginer de premier abord. Non pas pour des raisons bancaires : voyez-vous lorsqu'il s´agit de faire entrer du fric, les Etats savent toujours rendre les choses assez simples. Le problème est ailleurs.

Peut-être savez-vous que depuis maintenant une vingtaine d'années, l'Argentine connaît une grave et profonde crise économique qui a provoqué une dévaluation vertigineuse du Pesos ainsi qu'une inflation étourdissante (voir aussi ce dossier fort intéressant). Des gens m'ont raconté qu'une année l'inflation était tellement délirante que les prix dans les magasins étaient actualisés heure par heure à coup de messages par micro. Je ne vous raconte pas la panique à bord : d'une minute à l'autre le prix de tout ou partie des marchandises pouvait augmenter de 10 ou 20 pourcent ! Si aujourd´hui la situation n'est plus aussi sombre, le pays est encore loin d'être sorti d'affaire. Et il s'en faut de beaucoup.

L'une des solutions pour sortir l'Argentine du gouffre économique abyssal dans lequel elle se trouve, fut de favoriser la production locale afin de renforcer l'industrie et ainsi de créer de l'emploi (tiens tiens, cela me fait penser à des idées de certains de nos candidats à la présidentielle). Concrêtement, pour mettre en oeuvre cette première mesure, le gouvernement a décidé de limiter, voire d'interdire, l'importation de certains produits, notamment technologiques, et de les faire produire en Argentine. Pour vendre en Argentine, il faut produire en Argentine, en Terre de Feu pour être exact. A priori le concept est simple, logique et efficace.

En conséquence de ceci, on trouve en Argentine tout un tas d'ordinateurs et de téléviseurs de marques totalement inconnues dans le reste du monde, et pour cause : elles n'existent que ici ! Le revers de la médaille est qu'il est extrêmement difficile de trouver des marques un tant soi peu connues et fiables dans le commerce. Ainsi un vendeur bavard (et potentiellement très sensible) me confiait ne pas avoir eu d'ordinateur - d'une marque asiatique bien connue - en stock depuis environ un an et demi ! Idem, la marque à la pomme qui prend ses clients pour des poires est interdite de séjour pour avoir refusé de produire sur le sol Argentin.

Autre élément à prendre en compte : le coût de production, qui est nettement plus élevé, et qui se répercute nécessairement sur les prix. Une machine ici coûte facilement 15% plus cher qu'en Europe. Et les modèles ne sont pas de dernière génération : impossible de mettre la main sur un processeur plus avancé qu'un Core i3. Bon, à vrai dire je m'en moque un peu, je n'ai pas besoin d'une machine surpuissante pour bloguer et consulter ma messagerie. Mais du coup, pour trouver de bons produits, les Argentins font leurs courses à l'étranger lorsqu'ils partent en vacances, soit au Brésil, soit en Floride.

Et c'est là que tout se gâte ! Car pour limiter les achats extérieurs et renforcer l'industrie nationale, le gouvernement Kirchner est en train d'étudier la mise en place d'une nouvelle taxe douanière applicable à tous les achats réalisés par les Argentins revenant d'un pays étranger. Passé un certain montant global, hop, on taxe. Ceci n'est encore qu'à l'état de projet mais les débats son assez virulents entre les pour et les opposants.

Voilà qui donne de quoi réfléchir à ce que l'on veut faire chez nous...

Très égoïstement, outre ces inconvénients, je me retrouve avec un ordinateur, certes flambant neuf et revêtu du sémillant petit logo que vous pouvez admirer sur la photo d'illustration de ce billet, mais surtout muni d'un clavier espagnol sur lequel je n'ai plus du tout mes repères. Et ça, c'est vraiment pénible !

15 septembre 2012

La Photo du Mois : "Jeux de mains"

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Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 septembre, et nous avons rendez-vous avec La photo du mois.
Le principe est simple : chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance.

Ce mois-ci, Titem nous a proposé de plancher sur un très joli sujet qui se prête à de nombreuses interprétations : "Jeux de mains".

Une visite de Lausanne, avec Olivier en août dernier alors que je me trouvais sur la route des vacances, m'a donné l'occasion de prendre la photo que voici.

Jeux de mains... jeux de vilains ?
Assurément, il faut croire que cette fontaine turgescente a été particulièrement vilaine pour se retrouver ainsi menottée... 

Et si on allait voir les photos des autres participants à la photo du mois ? 

Ça se passe chez : 100driiine, A&G, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André(eric)Fernandes, Anita, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, AnneSoPhotos, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Berliniquais, Bestofava, Blogoth67, Café créole, Cara, Carnet d’une Réunionnaise, Carnets d'images, Caro, Carole In England, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Cindy Chou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, Dan, David et Mélanie, DelphineF, Dorydee, Dr CaSo, Dreamteam, E, El Padawan, Elapstic, Emma, Escapade en Tunisie, Fanfan Raccoon, Filamots, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Hibiscus, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaFamilleD , LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lisa adore, Lo, Lost in London, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marianne, Marmotte, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Mistinguett, Mon p'tit boudoir, N, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Olivier, Ori, Oryann, Où trouver à Montréal ?, Pat Québec, Pilisi, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Sophie Rififi, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Testinaute, The Mouse, Titem, Tsuki, Un été Sans Fin , Un jour une rencontre, Une niçoise, Vanilla, Véro Beramelo, Vickie in the sky, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv'.

10 septembre 2012

Il est beau le bidet !

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S'il y a bien une chose qui m'avait marquée lors de mon voyage au Mexique, et que j'avais retrouvée au Brésil, c'est la poubelle placée à côté de la cuvette des WC. Pas une petite poubelle de salle de bain ordinaire pour jeter un bout de coton usé, une lame de rasoir émoussée ou un flacon de gouttes vide. Non, je veux parler d'une poubelle plus importante au contenu plutôt surprenant puisqu'il s'agissait, ni plus ni moins, de papier hygiénique sale... Plutôt que de jeter le papier tartiné de moussaka dans la cuvette, on le met à la poubelle. Voilà voilà. Bonjour les odeurs en plein été...
Ce n'est pas une règle absolue, j'ai observé de nombreuses exceptions, notamment dans les hôtels, mais je crois pouvoir dire sans trop me tromper que la règle reste assez générale. L'Argentine n'échappe pas à cette observation. 

J'en suis donc venu à me poser une question dont la pertinence vous assommera certainement : Mais z'enfin, pourquoi donc ?

Il y aurait sûrement de quoi écrire tout un bouquin sur l'histoire de l'hygiène intime en général et de l'usage du "PQ" en particulier. Je m'étais déjà à ce propos fendu d'un petit billet sur l'évolution de la perception du papier WC en France par le prisme de deux publicités. 
N'oublions pas qu'en France, l'usage du papier WC est assez récent. Si j'en crois mes sources
"Le papier toilette a été introduit en France au début du XXe siècle. Longtemps considéré comme un produit de luxe, son utilisation ne s'est vraiment répandue que dans les années 1960". 
Avant, on faisait avec les moyens du bord : du papier journal, du tissu, des végétaux, de l'eau, rien du tout... 

De l'eau ? Voilà qui est intéressant. C'est d'ailleurs encore de cette façon que l'on se nettoie le postérieur dans de nombreuses régions du globe. On le faisait encore naguère en France avec un bidet.

En faisant quelques recherches, comparer l'évolution chronologique de l'implantation du papier WC et la disparition proportionnelle du bidet de nos foyers est particulièrement intéressante. Si en France l'implantation des bidets chute brutalement dans les années 70 (dans la foulée de l'adoption du papier hygiénique donc), elle reste encore massive en Amérique du Sud, et particulièrement en Argentine où 90% des foyers en seraient équipés (sources). La forte présence des bidets en Argentine et en Amérique du Sud pourrait - vu de loin - s'expliquer assez logiquement par une trop récente systématisation de l'usage de papier toilette.

Sans faire ni refaire une histoire du papier cul (et pourtant ce serait fichtrement intéressant), je dois avouer que les Argentins ont trouvé une solution ma foi plutôt intéressante permettant se dispenser - en tout ou partie - de rouleau de cellulose ouatée.

Un indice en image :


Vous avez vu ?
Non ?
Mais siiiiiiii ... Regardez bien : Là !


J'en ai même vu un autre modèle monté directement sur la cuvette des WC. Admirez un peu l'outil.
Vous noterez que le bidule est rétractable pour éviter certains désagréments liés à l'inexorable loi de la gravité qui sévit en ce bas monde.


Vous l'aurez compris, il s'agit d'un jet d'eau destiné à vous karcheriser la rondelle en douceur et éliminer tout ce qui doit l'être en cette zone de notre anatomie. C'est extrêmement fréquent : presque tous les bidets que j'ai pu croiser en sont équipés. Le montage sur cuvette est plus rare. 
On peut bien évidemment régler la puissance et la température du jet, comme sur une douche normale. Prendre soin de son hygiène intime n'a jamais été aussi agréable.

Du coup, l'usage de papier devient superfétatoire. Et pour cause : à quoi bon s'irriter la rondelle avec du papier alors qu'il y a déjà tout ce qu'il faut pour faire place nette, avec dans le même temps une séance de guili-guili qui font du bien partout ? Halalalala, ils savent ce qui est bon les Argentins !

Et pour ceux qui se demandent si j'ai essayé, je me draperai princièrement dans une dentelle de pudeur et laisserai virevolter votre imagination ...

8 septembre 2012

La valse des saisons

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Depuis une semaine que je suis en Argentine, on ne peut pas dire que j'aie été particulièrement gâté par la météo. Hormis le dimanche de mon arrivée où il a fait une superbe journée avec 27°C au thermomètre et soleil magnifique, le ciel est, depuis, désespérément gris, il fait plutôt froid, et les journées sont tristement courtes. Voir les premiers lampadaires s'allumer à 17 heures et la nuit tomber dans la foulée est assez déprimant. Normal, nous sommes en hiver ici...

Pourtant, il suffit d'observer la nature pour se rendre compte qu'un profond changement est en marche et que les beaux jours sont pour bientôt.


7 septembre 2012

Empanadas pas fadasses

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Bien manger à Buenos Aires, c'est assez simple, surtout lorsque l'on est un carnivore invétéré non repenti tel que moi. Oui, il est une Vérité aussi absolue que celle de l'existence de la gravitation universelle, la joie de gifler des orphelines avec un gaufrier, ou que celle du 4e lifting de Line Renaud en 1924 : la viande bovine est ici la meilleure qui se puisse concevoir dans la galaxie toute entière, voire au-delà. Testée, approuvé et définitivement adoptée !

Quand on a mangé pour assez cher pendant 3 jours à Buenos Aires et que l'on compte un peu ses sous, on a vite envie de trouver les bons plans en embuscade un peu partout dans la ville et qui ne demandent qu'à être découverts, pour peu que l'on sache à peu près où aller... Et puis ce soir là je m'étais lancé un défi : manger pour moins de 50 pesos. Oui, manger, pas "bien" manger. Ayons des ambitions raisonnables et réalisables. Je m'apprêtais donc à me rendre dans une petite surface que l'on trouve environ tous les 200 mètres pour m'acheter quelque mauvais sandwich qui m'aurait rassasié le temps de jetter l'emballage vide à la poubelle...
Alors que j'errais en rentrant chez moi le ventre vide, en quête de ma pitance, je suis passé par hasard devant une vitrine qui annonçait un peu pompeusement "El palacio de la pizza" (le palais de la pizza). En France, et certainement en Europe, un tel nom aurait tout pour me faire fuir tellement ça sent l'attrappe touristes à plein naseaux. Après un premier geste de recul, je me suis approché malgré tout. 

L'endroit était à peu près vide en dépit des 23 heures sonnantes, le décors aussi vieillot que le patron moustachu derrière son comptoir, la propreté globale approximative, malencontreusement servie par un éclairage jaunasse du meilleur rendu... Voir un cafard galoper entre deux tasses sales, toutes antennes dehors, eut été à peine surprenant. En somme, une ambiance qui n'était pas sans me rappeler ces bars typiquement défraîchis en Espagne dont le look semble tout soigneusement travaillé afin de faire fuir le chaland non initié, et conserver la clientèle de petits papis qui viennent discuter football en buvant de la bière tout en tapant le carton sur un coin de table. Plutôt bon signe malgré les apparences...
La carte affiche des tarifs assez bas et surtout propose toute une ribambelle d'empanadas et autres tortas que je n'avais pas encore eu le loisir de goûter. Allez, soyons fous, me voici en train de pousser la porte vitrée, de saluer la salle quasiment vide et de m'assoir sur une banquette. Au pire, pensais-je, sera-ce un excellent moyen de mettre mon estomac et ma flore intestinale à l'épreuve... 

Un serveur affable m'apporte la carte. Les prix sont ridiculement bas. Je commande un peu au hasard sans trop savoir de quoi exactement sera composée mon assiette. Après quelques secondes d'hésitation, il est décidé que mon menu se composera d'un empanadas de carne, d'un empanadas de choclo et d'une part de torta pasqualina.  Ha, et un porón de Quilmes, pour pousser le tout. Voyons ce que l'on aura pour si peu.

Quelques minutes plus tard me voici avec un copieux festin sous les yeux. L'empanadas de carne - composé de viande - est bon. Très bon. Tellement bon que je l'ai dévoré avant même d'avoir eu le temps de degaîner mon appareil photo... 
L'empanadas de choclo, alors là les enfants, c'est une sacrée découverte. Il s'agit d'un empanadas au maïs doux, avec des grains de maïs dedans donc, mélangés à une sorte de béchamel très fluide, le tout enrobé dans un chausson de pâte feuilletée un peu grasse mais délicieuse. C'est tout simplement super bon !! Là, j'ai pris tout mon temps pour en savourer chaque bouchée... A essayer absolument. 


Enfin la torta de pasqualina consiste en un gros un énorme une giganteque part de tourte aux épinard et aux oeufs durs. Sur le moment je n'en ai pas cru mes yeux. Non pas seulement du fait du volume (impressionnant) de l'engin, mais surtout par la présence inattendue de... légumes !! Hé oui, je n'avais pas vu la couleur de la chlorophile dans mon assiette depuis mon départ. Car ici, la patate est reine, sous toutes ses formes. Alors des épinards, wow ! quelle fête ! Là encore c'est bon, ça passe tout seul, mon corps me dit merci de penser à lui en le gratifiant de quelques fibres, depuis 3 jours que je l'assomais à coups de bife de lomo à en tomber à la renverse (hein que vous me plaignez ? ).

Au final j'ai plutôt bien mangé. Certes ce n'est pas de la grande gastronomie, mais c'était bon, j'ai l'estomac calé pour la nuit (très important) et, cerise sur l'empanadas le gâteau, la note est ahurissante tellement elle est dérisoire : 44 pesos soit moins de 8 Euros ! Moi qui m'était fixé un maximum à 50 pesos, voilà qui est carrément dément. Je ne pensais pas pouvoir réaliser cet exploit à cet endroit de la ville.

Comme je suis sympa je vous donne même l'adresse (oui, ça va hein, j'en entends là bas au fond qui se plaignent passke c'est loin) :

Quant à moi, c'est sûr : j'y reviendrai. Non seulement pour les empanadas, mais aussi pour les pizzas que j'ai pu observer au loin : elles avaient l'air fameuses, il faut que je sache si le plumage se rapporte au ramage...

5 septembre 2012

Jean Pierre, coiffeur...

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Hier je vous parlais de Jean Pierre, le coiffeur. Une grande découverte télévisuelle. Vous ne le connaissez pas encore, vous devez mourir d'impatience de découvrir qui est ce personnage. Je suis à peu près sûr que vous allez l'aimer. Le voici dans ses œuvres...



So cliché, mais quand même, cette pub m'a fait mourir de rire. Le matin au réveil, ça fait du bien.

Et vous, c'est quoi la dernière pub qui passe chez vous qui vous a fait rire ?

4 septembre 2012

Premières impressions

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Reposé de mes péripéties aéroportuaires, je prends peu à peu mes marques dans cette grande ville de Buenos Aires. Et je me sens d'autant mieux que j'ai récupéré ma valise ! (Ouiiiiiii !!) Lorsque je l'ai vue posée à côté du lit dans ma chambre, j'ai poussé un énorme "ouf" de soulagement, je ne vous raconte pas ! Je me voyais déjà obligé de tout racheter, de A à Z, ce qui n'était pas du tout prévu dans le budget ! Tout est bien qui finit bien : je peux enfin changer de teeshirt lorsque je rentre le soir après avoir pris ma douche, sans avoir à faire une lessive que l'on espèrera sèche pour le lendemain matin. Koh Lanta ce n'est pas pour moi.


La ville est plutôt jolie, Certaines rues commences à m'être familières comme la Calle Florida dans laquelle je me retrouve régulièrement.  En tout cas je prends mon temps, je ne suis pas pressé, je me promène en ville, je visite et m'imprègne des lieux. La ville est chouette, dynamique, très grande, qui mêle vieux immeubles et réalisations modernes sans ménagement. A certains égards elle me faut penser à d'autres villes que j'ai pu visiter en amérique latine, comme Mexico, Rio ou Salvador, et je me sens plutôt bien.
Bon, tout n'est pas encore au point. Par exemple, hier en voulant me rendre au cimetière de la Recoleta, le Père Lachaise local, je me suis retrouvé dans le quartier de San Telmo, qui se trouve à l'exact opposé. Voilà voilà...


Je remarque une foultitude de petits détails qui font que ici ce n'est pas comme là bas. Par exemple, les feux rouges qui se trouvent de l'autre côté du carrefour, et non pas à l'endroit précis où les voitures doivent s'arrêter. Ou encore les bus, verts pour certains, rouges pour d'autres, qui passent en émettant des grincements pneumatiques semblables à des cris hirondelle (je vous assure qu'au début c'est un peu surprenant), sans compter les oiseaux aux cris encore tout exotiques pour moi.


La télévision argentine est aussi un peu surprenante. Les chaines d'info aiment bien le sensationnel, de façon nettement plus ostentatoire et décomplexée qu'en France. Pour vous donner un exemple, l'autre jour un barman a repoussé trois mecs armés venus lui piquer la caisse. Tout a été filmé par les caméras de vidéosurveillance du bar. Hé bien, on a eu droit aux images en boucle toutes les heures, avec tous les ralentis et zooms possibles, des commentaires à n'en plus finir, l'interview du barman en question (avec un énorme synthé indiquant "Le Héros") et même ce matin l'interview de la mère du barman... Le journal de TF1 à côté c'est une annonce du Pèlerin Magazine !


Une autre chose qui m'a bien amusé, ce sont les très bavardes émissions de cuisine, où l'animateur commente tout, tout, absolument tout, - ou encore cette autre animée par une bonne sœur qui fait des gâteaux ultra-kitsh mais qui me rappellent un peu ceux que faisait ma grand mère... Ha, il y a aussi les émissions sur le... tricot ! Si si si ! Je ne sais pas si c'est une activité à la mode en Argentine, mais maintenant je sais comment tricoter un magnifique poulpe en laine avec ses huit papates - que l'on peut fire de couleurs différentes pour un effet rigolo (intéressant hein ?). 

Haaaaaa, j'allais oublier Jean Pierre, le coiffeur ! Mais lui, je vous en parlerai bientôt (z'avez vu un peu le teasing ?).

2 septembre 2012

Que l'aventure commence !

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Ca y est, j'y suis ! En Argentine... Voilà, c'est fait. Et ce ne fut pas sans mal. Houlàlà quelle histoire... 
Déjà 13 heures de vol depuis Madrid, c'est long. Très long. Surtout les 5 dernières qui paraissent interminables mais qui font également jaillir l'excitation de l'arrivée qui se fait chaque minute plus proche. La sensation de longueur (et de démesure) est accentuée par les écrans de contrôle qui annoncent  régulièrement la distance parcourue, celle restant à parcourir et la durée approximative de vol avant d'arriver. On a beau voyager à plus de 850 Km/h, il faut quand même du temps pour avaler les quelques 10.000 Km qui me séparaient de ma destination.
Mais le plus rude ne fut pas tellement ce long courrier. Non. Le plus dur fut d'attraper la correspondance à temps. Vous qui avez rêvé de vivre Pekin Express mais qui n'avez jamais étés sélectionnés, voici la marche à suivre...

Reprenons depuis le début. Partant de Toulouse, j'avais une seule correspondance à Madrid et pour cela une heure vingt à ma disposition. L'aéroport de Madrid a beau être immense (un métro interne relie les deux parties de l'aéroport), une heure vingt est plus que suffisant pour sortir de l'avion, faire une pause pipi, prendre un petit café, traverser les kilomètres de couloir et trouver sa porte d'embarquement. Normal, c'est prévu pour. Voilà, ça c'est pour la théorie.

En pratique, faire la même chose alors que le vol a une heure de retard, c'est nettement plus musclé car il ne vous reste plus que 20 petites minutes pour faire votre correspondance. Chaud devant ! Voilà le timing : sorti de l'avion à Madrid à 12h05, mon vol pour Buenos Aires décollait à 12H30, clôture de l'embarquement à 12h15. Naïvement je me dis que ça me laisse 25 minutes maxi pour arriver à la porte d'embarquement, que je vais certainement courir un peu, que la compagnie aérienne est au courant du retard, qu'il vont nous attendre quelques minutes et que, quand même, en courant un quart d'heure je devrais bien y arriver. Naïf, c'est bien le mot... Car immense est un faible mot pour décrire l'aéroport de Madrid.
Je tiens à préciser que je n'ai certainement pas été le seul à vivre ce drame car presque tous les passagers du premier vol avaient une correspondance imminente pour l'autre bout du monde. L'horreur était collective.

Me voilà donc en train de dévaler les escaliers quatre à quatre et de traverser le premier bâtiment de l'aéroport comme une flèche, suivant les panneaux qui m'indiquaient le secteur "U" où je devais de rendre. On pousse un peu, on crie en anglais "Please, sorry, excuse me..." pour se frayer un chemin entre les gens qui prennent tout le temps que je n'ai pas. On y croit on y croit, le bout du bâtiment est proche. Et c'est alors que survint le drame. Des panneaux, trois, qui indiquent des directions, dont celle du bâtiment U, ainsi que des temps. Et là, frayeur absolue : le panneau m'annonce qu'à partir de ce point il me faut 25 minutes pour arriver au bâtiment U !! 25 minutes ??? Mais il m'en reste 10 avant que l'avion ne décolle !! C'est un véritable cauchemar. Je n'y arriverai jamais. Ou alors j'arriverai juste à temps pour voir mon avion prendre son envol sur le tarmac. Nooon, putain, pas ça ! Surtout que le prochain vol ne part que dans 12 heures au plus tôt... Des visions d'horreur me traversent l'esprit. Une seule solution : courir, vite, très vite. Je DOIS monter dans cet avion.
J'ai pris mes jambes à mon coup comme jamais dans ma vie, j'ai couru comme un malade, en transpirant à grosses gouttes, soufflant comme un bœuf, les yeux en alerte pour repérer ma porte d'embarquement, située comme par hasard tout au fond du fameux bâtiment U... A coup de "please" et de "sorry" je trace comme une fusée. Mais je n'ai pas le choix, il me faut continuer coûte que coûte jusqu'à la porte 65 de ce putain de bâtiment U de race de merde. Le sentiment de faire tout cela pour rien s'accroit lorsque je découvre le fameux métro dont j'ignorais l'existence. Par chance, une rame arrive exactement au même moment que moi sur le quai. Je monte et descends quelques minutes plus tard. Et la course folle reprend. Putain de bordel de merde mais pourquoi faut-il que ça m'arrive à moi ?? J'ai la gorge sèche, j'ai les jambes qui me font mal, je suis totalement épuisé (d'autant plus que je n'ai dormi que quatre heures la nuit précédente). Je souffre vraiment... 

Soudain je vois un panneau qui m'indique la porte 65. C'est la mienne ! Miracle, je vois au loin qu'il y a encore 3 personnes de l'équipage à la porte. Tout en continuant de courir, je leur fais de grands signe de la main pour attirer leur attention. A travers les baies vitrées, je vois que l'avion est toujours là. Je m'approche essoufflé, je leur montre mon passeport et ma carte d'embarquement. Le gros monsieur grommèle quelque chose d’incompréhensible à son écran d'ordinateur, puis une hôtesse déchire le talon de mon billet et me le rend en me souhaitant un agréable voyage. Ouf... je me détend un peu. Il est à peine plus de 12h33. 

L'avion est plein, je suis le dernier passager à monter. L'hôtesse me dit de choisir la place que je veux. Ca tombe bien, il y un siège libre à côté de deux garçons très graou tout à fait à mon goût. Mais dans un élan de pudeur je me dis que l'excessive virilité de mes effluves sudoripares pourrait être de nature à les incommoder. Finalement je m'assieds quelques sièges plus loin et passerai les treize heures suivantes à dormir ainsi qu'à discuter avec mes voisins voisines Argentins, tous soucieux de me prodiguer les meilleurs conseils.

Beaucoup plus tard, on se pose à Buenos Aires. Tout va bien. Je passe les formalités d'immigration et douanières avec succès, découvre que ma valise est restée à Madrid (normal, j'ai failli y rester moi aussi). Peu importe, j'ai dans mon bagage à main de quoi me changer. J'appelle un taxi et pour la première fois, je respire le grand air de Buenos Aires. La nuit est claire et douce. Nous roulons toutes vitres ouvertes vers le centre ville où m'attend ma chambre d'hôtel. 
Je souris. Je suis heureux.

Que l'aventure commence !

1 septembre 2012

Hasta luego !

17 commentaires
L'appartement est fermé, le chat s'est refait un royaume chez sa marraine, le courant est coupé, les volets baissés... Voilà, nous y sommes.

A l'heure où vous lirez ces lignes je serai quelque part dans le ciel en direction de l'Argentine.
Le grand saut vers l'inconnu, c'est maintenant...



"J’ai toujours, devant les yeux, l’image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les lumières éparses dans la plaine.

Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d’une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l’espace, on s’usait en calculs sur la nébuleuse d’ Andromède. Là on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu’aux plus discrets, celui du poète, de l’instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d’étoiles éteintes, combien d’hommes endormis…

I
l faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne."

[Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes, Folio, p. 9]

Et comme par un étrange hasard, le bracelet qu'une bahiannaise m'avait noué autour du poignet en janvier 2010 s'est brisé hier... Je veux croire que c'est un heureux présage.

Hasta luego !