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  • 20 mai 2013

    Cet autre moi

    16 commentaires
    Il m'en faut beaucoup pour me mettre en colère. Vraiment. Un nounours. C'est souvent comme cela qu'on me qualifie. Un nounours. Une bonne pâte. Un gentil garçon. C'est vrai. Je suis un gentil garçon, ou du moins j'essaie de l'être. Être un mec cool, tranquille et souriant, qui n'aime ni le conflit ni le stress et préfère la conciliation intelligente à des prises de becs stupides et improductives.

    Attention, je ne suis pas pour autant dépourvu de quelques belles aspérités rugueuses qui, doublées d'une ou deux fêlures existentielles profondes, me confèrent un caractère assez trempé. En tout cas je ne suis pas ce que l'on pourrait appeler un méchant. Ça non.

    En revanche je suis un peu comme une cocotte minute : quand ça explose, ça explose. Et gare à qui sera là pour subir le cataclysme. Aussi je fuis littéralement les situations de conflit. Là où le dialogue est impossible, là où l'intelligence a cédé le pas à l'aveuglement décérébré, je ne vais pas ou ne me lance pas dans la discussion. Pas la peine. Ça va m'énerver pour rien et mettre des heures avant que je ne reprenne mon calme.

    Car tout au fond de moi dort une créature dont je redoute le réveil.  Je le sens en chacune de mes cellules. Il est là présent, tapi juste sous ma peau. Il voit par mes yeux, sent par mes narines, entend tout ce que j'entends, lit dans mes pensées et me souffle les siennes à l'oreille. Il me nargue, ombre noire sur mon chemin. Patiemment, il attend. Il attend son heure, épie la moindre de mes failles dans laquelle il pourrait s'engouffrer pour prendre possession de moi. Un monstre haineux, cupide, destructeur, vicieux, cruel, possessif, jaloux, doté d'une capacité de violence dont je crains de ne pas mesurer les limites. 

    Décuplée par des années de pratique sportive dans laquelle nous trouvons lui et moi pleine satisfaction - lui grandit en s'exprimant dans la froideur de la fonte, moi je l'enserre par une étreinte fusionnelle de maîtrise accrue - sa force actuelle m'est inconnue. Dans un accès de fureur, passé le seuil de la perte totale de contrôle, je crois bien qu'il pourrait tuer de mes propres mains et y prendre un plaisir inouï. Ho oui...  Une toute puissance physique relevant de l'orgasme. La destruction faite jouissance.

    J'ai toujours su qu'il était là, cet autre moi, depuis tout petit. Une bonne éducation et les nécessités du jeu social m'ont sûrement appris à le canaliser et à le maintenir, autant que possible, enchaîné tout au fond de mon être. 

    Pour j'espère ne l'en jamais laisser totalement sortir. 

    15 mai 2013

    La Photo du Mois : " Eau "

    50 commentaires
    Nous sommes le 15 Mai, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois !

    Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance.

    Pour cette cinquième édition de l'année, le thème choisi par Magda627 est : « Eau ».

    Thème facile pour un Toulousain car, dans la Ville Rose, de l'eau, il y en a partout. Entre la Garonne, le Canal du Midi, le Canal de Brienne, le Canal latéral à la Garonne, et les diverses fontaines qui ornent les rues, ce n'est pas le choix qui manque.

    Pourtant, c'est de l'autre côté de l'océan et dans l'autre hémisphère que je suis allé chercher ma photo du mois.


    Cette grosse bouilloire en fer blanc, lourde, un peu cabossée, au look délicieusement rétro, c'est celle de l'insupportable auberge de jeunesse dans laquelle j'avais passé mon premier mois en Argentine.

    Mais c'est aussi la première bouilloire qui m'a servi à préparer le maté.

    L'eau du maté...

    Un rituel simple. Bien plus qu'une boisson, un art de vivre.
    Et cela me manque un petit peu depuis mon retour. D'ailleurs l'autre soir, je me suis arrêté et suis entré dans une boutique bio qui vendait des tisanes, pour voir si, par hasard, ils avaient de la yerba maté.

    Avant que je ne pose la question à la vieille vendeuse affairée à servir un autre client, mon attention fut tout de suite happée par une grosse boite en fer de couleur, avec une étiquette en papier collée dessus et cette inscription au feutre noir qui m'a ramené de l'autre côté de l'océan : Maté. 

    J'en ai acheté un petit paquet, pour raviver chez moi ce rituel que je me suis un peu approprié et remettre en service mon maté et ma bombilla qui, pour l'instant, somnolent dans un placard de la cuisine.

    Et même si je n'ai pas de belle bouilloire telle que celle que l'on voit sur cette photo, ce n'est pas grave, tant que s'élèvera chez moi cette odeur si particulière lorsque l'eau frémissante versée lentement se mêlant à l'herbe, révèle des arômes nacrés de souvenirs....

    ***
    Allez donc voir les contributions des 130 autres participants à la Photo du Mois. Ca se passe par ici : A bowl of oranges, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Arwen, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carnet d'escapades, Carnets d'images, Caro from London , Caro JulesetMoa, Carole In Australia, Caroline, Caterine, Cath la Cigale, Cathy, Cekoline, Céline in Paris, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christeav, Christelle, Christophe, Claire's Blog, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, Dr. CaSo, E, El Padawan, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Ferdy Pain D'épice , Filamots, flechebleu, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, Hypeandcie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Karoll art, Karrijini, Kob, Krn, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papotte, La Parigina, La voyageuse comtoise, Lau* des montagnes, Laulinea, Laure, Laurent Nicolas, Lavandine, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Meyilo, Mimireliton, Morgane Byloos Photography, N, Nicky, Nie, Ori, Petite Cuillère Charentaises, Photo Tuto, Pilisi, Raphaël, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sephiraph, Sinuaisons, Solveig, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Thib, Tuxana, Un jour, une vie, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

    12 mai 2013

    Frères ennemis

    20 commentaires
    Aussi loin que je me souvienne, on nous a toujours opposés. Moi l'intello, lui le manuel ; moi le gros toujours au régime, lui le sportif qui mangeait tout ce qu'il voulait ; moi le garçon d'intérieur qui passait ses journées à étudier, lui l'homme des bois toujours à l'extérieur avec ses copains ou à faire du sport. J'écoutais du Bach et du Chopin ? Lui inondait la maison de Nirvana et de Metallica. Je lisais, il détestait ça. J'avais de bonnes notes, il redoublait. Je faisais de grandes études, il partait en voie professionnelle. Il ressemblait au père, moi à la mère. J'étudiais la musique avec des professeurs,  il la travaillait à l'oreille...

    Lui et moi, moi et lui. Mon frère et moi... Frères ennemis.

    A vrai dire nous ne nous entendions pas vraiment. Je crois que chacun cherchait sa place l'un par rapport à l'autre, à l'affut d'une estime venant des adultes afin de nous légitimer dans notre rôle. Un rôle que nous nous écrivions au jour le jour et sur mesure, dans la discorde et la chamaillerie. Nos disputes étaient fréquentes et parfois violentes. Il faut dire que nous avons chacun un tempérament assez affirmé que nous mettions un point d'honneur à exacerber jusqu'à l'outrance.

    Plus je contemple notre enfance commune et plus s'accroit ma conviction que nous nous construisions selon un subtil jeu de contrastes et d'oppositions, davantage par désir de se différencier et d'exister par soi-même, que par un choix parfaitement délibéré. La construction de soi trouve ses limites dès le commencement. Nos orientations sont le reflet d'éléments extérieurs que nous ne maîtrisons pas. Je ne sais si c'est bien ou mal, mais c'est ainsi.

    Notre relation a commencé à se stabiliser un peu et à s'améliorer le jour où nous avons tous les deux quitté le cocon familial. Moi pour gagner la grande ville et entrer à l'université, lui pour un internat dans un lycée pro d'où il revenait chaque fin de semaine. Oui, je crois que c'est à partir de ce moment que nous nous sommes rapprochés, parce que nous nous voyons moins et que, malgré tout, nous avions des choses à nous dire.

    A partir de cette année là, ce doit être en 1997 ou 1998, nous nous sommes un peu rapprochés et avons commencé à devenir davantage complices. Une complicité qui n'a depuis lors cessé de croître et dont je me surprends encore aujourd'hui à découvrir le potentiel inexploité.
     
    Car, quoi que nos proches aient pu en dire, je ne suis pas certain que nous soyons en réalité tellement différents. Physiquement tout d'abord, nous sommes tous deux de grands gaillards taillés dans le granit, plus rugbymen que danseurs étoiles. Au-delà de ce premier aspect, nous partageons ce même sens de l'humour aigu penchant tout particulièrement vers l'humour (très) noir, ou encore l'attrait pour les bon mots qui nous vient de notre père. Lui comme moi aimons particulièrement la campagne, où nous avons grandi, et goûtons jusqu'à l'ivresse les plaisirs simples des petites choses qu'offre le quotidien dans un esprit grand gamin, tellement éloigné du sérieux qui nous habite professionnellement.

    Enfin, même si nous ne partageons pas exactement le même univers, nous sommes tous les deux musiciens et la musique occupe dans nos vies une place vitale. Moi plutôt "classique", lui dans un tout autre genre. Il fait même partie d'un groupe formé avec ses potes d'enfance auxquels il est resté fidèle et qui le lui rendent bien.

    Non, au fond nous ne somme pas si différents. Deux cœurs sensibles enracinés dans des valeurs communes déployées dans un imaginaire et un quotidien propres. Là réside notre identité.

    Je me souviens, lorsqu'il est entré dans la vie active, ma mère était inquiète. Serait-il à la hauteur ? Serait-il suffisamment responsable et tenace ?  Quand j'y repense, et quand je vois ce qu'il est devenu aujourd'hui : un chef d'entreprise respecté et reconnu pour son travail, qui ne compte pas ses heures et se bat contre vents et marée avec une pugnacité incroyable. 

    Oui, il a bien changé le frangin d'il y a vingt ans. 

    En fait, non, il n'a pas changé, il est bien toujours le même, pour qui sait le regarder. Il a toujours ce caractère de cochon, têtu comme une mule, parfois soupe au lait, qui le rend parfois insupportable, y compris pour mes parents qui ne savent par quel bout le prendre. Il a fondé une jolie petite famille et m'a fait tonton du même coup, pour le plus grand bonheur de nos parents. Et il fait un papa formidable.

    Il y a quelques semaines je suis allé le voir lors d'un concert Un petit groupe qui fait son chemin et qui a trouvé son public dans un microcosme qui m'est bien exotique. Ce n'était pas la première fois que je le voyais sur sur scène, j'avais déjà eu l'occasion voici quelques années d'assister à un autre concert, à leurs débuts. Cinq garçons de trente ans, bien dans leurs basquets, les pieds sur terre, la tête un peu dans les étoiles. Ils étaient tous là, et lui parmi eux, bien à sa place, donnant le change, dans un déluge de décibels exutoires.

    Et ce soir-là, en pensant à tout le chemin qu'il avait parcouru depuis nos chamailleries d'antan, peut-être pour la première fois de ma vie, je me suis vraiment senti fier de lui.  

    1 mai 2013

    Joli joli mois de mai...

    23 commentaires
    J'ai toujours aimé le mois de mai. Ce mois qui - en principe - coïncide avec le retour des beaux jours et sait rendre si doux les après-midi de sieste dans l'herbe parsemée de pâquerettes, ce cinquième mois de l'année chargé de promesses et qui, tel le vent dans les jupes des filles - ou les gambettes affolantes de certains garçons - laisse entrevoir le désirable et donne un avant goût de ce que seront les ardeurs d'un été que l'on espère radieusement solaire.

    Ha.... L'été ! Une saison bien particulière pour moi tant elle est riche en souvenirs olfactifs, en émotions terriennes. Il faudra que je prenne le temps d'écrire sur ce sujet un jour. Mais l'été venu porte déjà en germe, dans son silence noyé de lumière, les stigmates chamarrés du flétrissement de l'automne, inexorable cycle des saisons, avant que tout ne recommence...

    Oui, plus que le retour du printemps, ce sont les prémices de l'été qui constituent ma saison préférée. Plus encore que le Floréal républicain, encore trop frileux à mon goût, le Prairial, nettement plus affirmé. Car de la blancheur diaphane de l'aube rayonnante jusqu'aux derniers rougeoiements vespéraux, la nature enfin réveillée exulte, se répand en fleurs, en odeurs sucrées, en chants d'oiseaux. "La terre bienheureuse s’ouvre et s’épanouit ; Tout aime, tout jouit", pour citer Théophile Gautier.

    Voici donc venu le joli mois de mai. Et ça me file carrément la banane...
    Et vous ?