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  • 18 juin 2013

    A l'ombre du magnolia en fleurs

    13 commentaires
    Lorsque mon frère et moi-même étions gamins, l'un de nos terrains de jeux préférés était sans conteste les placards de cuisine de ma grand-mère. Un buffet tout ce qu'il y a de plus quelconque en réalité, vu par un adulte, mais qui constituait un terrain d'exploration fascinant pour les petits aventuriers que nous étions alors. Notre caverne d'Ali Baba.

    Je m'en souviens comme d'une chose immense, de couleur blanche avec des poignées métalliques anguleuses. Les quatre portes du  bas s'ouvraient sur un véritable bric-à-brac d'objets dont nous ignorions le nom tout autant que la fonction et parmi lesquels nous furetions dans un joyeux tintamarre métallique de casseroles que nous prenions garde de faire s'entrechoquer dans la plus grande discrétion...

    La partie supérieure nous était un peu plus inaccessible sans le recours à une chaise. Au centre, une redoutable porte basculante abritait nappes, serviettes et torchons de couleurs. Je n'ai aucun souvenir de ce qui pouvait se tapir derrière la porte de droite. En revanche, ma mémoire est intacte s'agissant du placard de gauche : le placard à pharmacie. Ma grand-mère n'aimait pas que nous y mettions le nez et pourtant c'était là l'un des spectacles les plus fascinants qu'il m'ait été donné de voir. Sous nos yeux, des étages entiers de boites de pilules, de bouteilles flacons et fioles en verres de toutes sortes et formes contenant des potions extraordinaires.

    Parmi toutes ces potions, il y en a une qu'utilisait souvent ma grand-mère : un bocal transparent contenant une fleur de magnolia conservée dans de l'alcool à 90. Cela sentait vraiment très fort. Elle s'en servait contre les contusions pour la bobologie du quotidien. Un coup de marteau sur le pouce, un léger mal de tête, un peu de fièvre ? Pas de soucis : il suffisait d'imbiber un mouchoir de quelques gouttes de cet onguent puis de l'appliquer sur la zone endolorie pour que tout rentre dans l'ordre. Une potion magique dont ma grand-mère détenait seule le secret...  

    C'est sûrement pour cela qu'aujourd'hui encore ma grand-mère paternelle reste associée à la fleur du magnolia. Cette fleur étrange, si belle, perchée dans les hauteurs afin certainement de mieux préserver ses innombrables mystères. Parfois ma grand-mère en coupait une pour la disposer dans une coupelle d'eau dans la cuisine. C'était alors toute la maison qui se trouvait embaumée par cette odeur fraîche, citronnée, puissante et fragile comme un fil de soie, douce et entêtante à la fois, insaisissable, mais reconnaissable entre toutes.

    Ce même arbre du jardin qui, lorsque sa parure toujours verte s'était ornée de blanc, embaumait l'air de sa fragrance si particulière les soirs d'été, la rosée tombante vaporisant dans l'air les parfums de la campagne assommée de soleil. Ces soirées passées autour d'une grande table, jusque tard dans la nuit, à refaire le monde à la lueur d'une lampe électrique accrochée sous le toit de la maison et qui en éclairait la cour, soutenue par quelques bougies dont la flamme vacillante conférait à l'instant une ambiance de bienveillante éternité.

    Il est toujours là, cet arbre, fidèle au poste. Mais depuis quelques années maintenant, plus personne ne vient s'abriter sous sa ramure le temps d'une sieste. Les feuilles tombées au sol ne crépitent plus sous le pas des enfants d'antan dont les rires clairs s'éparpillaient dans l'air en tourbillonnant. Pourtant chaque été, dans le secret de cette alcôve de verdure aujourd'hui délaissée, se déploient inlassablement les exhalaisons nacrées du magnolia qui, jadis, ont ponctué mon enfance de souvenirs merveilleux.

    Et à chaque fois qu'au gré de mon chemin je croise ce parfum si particulier, aussitôt rejaillissent en ma mémoire ces tendres images d'enfance, d'après-midi dans l'herbe et de farniente lascif sur le grand plaid bleu de ma grand-mère, à l'ombre du magnolia en fleurs. 

    15 juin 2013

    La Photo du Mois : Le Feu

    20 commentaires
    Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Juin, c'est donc le jour de La Photo du Mois !

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le thème a été choisi par Messine. Il s'agit de : " Le Feu ".

    Fastoche ? Tu parles... J'ai un peu galéré pour cette photo. Prendre un briquet en photo ? Mwouais... Organiser un grand bûcher sur la place du Capitole et faire cramer un ou deux hérétiques ? Pourquoi pas, mais je doute que cela soit bien légal (oui, je sais, je pinaille).

    Je me trouvais donc bien dépourvu lorsque le 13 Juin fut venu et que point de photo du mois à publier n'avais-je.

    Et puis... 

    Et puis, l'idée m'est venue au moment où je l'attendais le moins alors même que j'avais le sujet sous les yeux depuis le début !


    Vous aurez certainement reconnu un foyer de vitrocéramique. Un feu moderne, un feu électrique. 

    Attention, malgré sa simplicité apparente, j'ai eu tous les maux du monde à prendre une photo correcte. Ceci pour la simple et bonne raison que la lumière émise par un foyer vitro est saturée d'infrarouges. Or le capteur d'un appareil photo numérique n'aime pas ça du tout, les infrarouges... Du coup j'ai été obligé de pas mal retoucher l'image pour lui rendre un contraste acceptable. Sinon le résultat donne un cliché intégralement rose bonbon passablement flou. 

    Pour en revenir au thème du mois, cette photo se situe dans la droite filiation de celle d'août 2011 "Soleil" et l'inspiration a suivi le même processus intellectuel. 

    Car, voyez-vous, il n'y a pas si longtemps que cela, le feu était un élément vital, presque sacré. Allumer le feu dès le lever, avant même que ne blanchisse la campagne, ou veiller avec mille précautions à ce qu'il ne meure pas pendant la nuit en l'alimentant avec une grosse bûche qui le maintiendrait en vie jusqu'à l'aurore, était un acte vital. Le feu, symbole de la vie d'une maison, par opposition au froid de la mort à tel point que le feu se confondait avec elle. Ne parle-t-on pas encore aujourd'hui de foyer ? 

    Aujourd'hui le feu-flamme a perdu de sa sacralité. Il est devenu quelque chose de banal, vidé de ses significations essentielles. Peu à peu, la vie moderne a chassé le feu hors de nos maisons.

    Pourtant, malgré ses transformations, ses nombreux avatars artificiels nous entourent, que ce soit une plaque vitrocéramique, la résistance d'un four sous laquelle dorent viandes et tartes aux pommes, ou encore celle d'un radiateur électrique contre lequel nous aimons nous blottir en hiver.

    Et je trouve ça fascinant à vrai dire. D'une pression du doigt, la vitre noire rougit en émettant un petit sifflement, et d'un coup d'un seul un jet de chaleur surgit du néant, comme par magie. Ça chauffe, ça brûle, ça éclaire, comme du feu. Mais ce n'est pas du feu.

    Ce n'est plus du feu crépitant et dansant.

    Pourrions-nous revenir en arrière si l'avenir nous y contraignait ?

    Je me permets de remettre ici le texte de Barjavel que j'avais déjà utilisé en illustration de la photo du mois d'août 2011. Il convient tout autant à celle-ci. Je trouve qu'il interroge cette nouvelle photo d'une manière tout aussi intéressante.
    « Une odeur remplaça toutes les autres et persista. Cela sentait le mur de vieilles pierres ensoleillé, où poussent la giroflée et l’œillet du poète. (...)
    Et d'un seul coup, comme une pierre, le noir tomba. Le poste, les lumières du plafond, tout, à la fois, s'éteignit.
    - Zut, mon disjoncteur a sauté, c'est bien le moment ! jura Legrand.
    Il se leva. Il se dirigeait à tâtons, se cognait contre les meubles.
    - Tais toi ! dit François. Écoute...
    Il y avait quelque chose d'anormal dans l'air. Il semblait que la lumière avait emporté, en disparaissant, tout le monde extérieur. François et son hôte se sentaient comme isolés au sommet de quelque montagne, dans l'immense silence vide du ciel.
    - La rue..., souffla François.
    Il parvint à la fenêtre, tira les rideau, ouvrit la croisée, se pencha, bientôt rejoint par Legrand. L'obscurité noyait la ville. Et tout le bruit était mort.
    (...)
    La panique, peu à peu, gagnait tout le monde. Hommes, femmes se mirent à courir dans tous les sens, et chacun murmurait ou criait sans espoir de réponse la question posée quelques instants plus tôt par Legrand :
    - Que se passe-t-il ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui nous arrive ?
    Les esprits ne pouvaient par comprendre encore, ni même imaginer quel bouleversant changement venait de se produire au sein de la nature, et formulaient en eux-mêmes une réponse rassurante, la seule qui leur semblât logique :
    - De toute façon, ça ne peut pas durer. Tout va recommencer comme avant, dans quelques instants, tout de suite...

    Mais les instants passaient, et la lumière ne revenait pas.»

    [ R. Barjavel, Ravage - La chute des villes ]

    Chaud devant ! La Photo du Mois continue sur les autres blogs participants :

    A bowl of oranges, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Anne Laure T, Arwen, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carnet d'escapades, Carnets d'images, Caro from London , Caro JulesetMoa, Caterine, Cath la Cigale, Cathy, Cekoline, Céline in Paris, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christelle, Christophe, Cindy Chou, Claire's Blog, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, Dr. CaSo, E, El Padawan, Elodie, Eurydice, Fanfan Raccoon, Filamots, flechebleu, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, Hypeandcie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Krn, La Fille de l'Air, La Messine, La Nantaise, La Papotte, La voyageuse comtoise, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mathilde, Meyilo, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, N, Nicky, Nie, Ori, Photo Tuto, Pilisi, Renepaulhenry, scarolles-and-coSephiraphSinuaisons, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Parisienne, Thib, Tuxana, Un jour, une vie, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

    5 juin 2013

    L'ombre d'un doute

    25 commentaires
    A quelques jours près, cela faisait exactement un an que je n'avais pas revu Lionel*. Lui et moi nous sommes rencontrés voici six ou sept ans, à la salle de sport. Pas très grand, athlétique tout ce qu'il faut, solidement et bien bâti, le geste vif, un humour décapant, nous avons très vite sympathisé. 

    A l'époque il s'entraînait presque tous les jours. Le sport était une sorte de refuge qui, j'imagine, lui permettait de ne pas trop se focaliser sur ses problèmes. Et le sport le lui rendait très bien.

    Lionel était ce que l'on peut qualifier de personnage tourmenté, vaguement fuyant, certainement par pudeur. Mais je l'aimais bien. Certainement parce que, d'un certain côté, cela me rassurait de voir d'autres que moi galérer dans le bourbier de l'existence. 

    Nous discutions beaucoup, de tout, de rien, de sa copine qui le faisait chier, de bouffe, de religion, d'art, de films gores, de sport. Un bon pote quoi. Un pote un peu torturé, préoccupé par des questions existentielles auxquelles il cherchait en vain des réponses qui pussent le satisfaire. Je l'ai toujours connu en train de se débattre dans un certain état de souffrance personnelle, empêtré dans une problématique complexe mêlant à la fois une histoire familiale dont je n'ai jamais su exactement les tenants et aboutissants, une relation relativement conflictuelle avec son frère aîné auquel il portait cependant une certaine forme de respect révérencieux, et une spirale de l'échec qui le conduisait à détruire d'un revers de la main ce en quoi il avait pourtant investi beaucoup d'énergie. 

    Comme cela arrive parfois, nous avons commencé à nous perdre de vue. Cela s'est fait progressivement, de façon quasi indolore. J'avais néanmoins des nouvelles par quelques amis communs mais nous sommes restés presque deux ans sans nous revoir, jusqu'à l'an dernier. 

    Il avait un peu changé. Non pas physiquement. Il restait ce très beau garçon qu'il avait toujours été. Le changement était d'un autre ordre. Au fil de la discussion il me faisait part de sa nouvelle vie spirituelle, de ses frères d'esprit et de tout un tas d'autres choses qui me faisaient comprendre que sa détresse avait trouvé une forme d'apaisement dans des bras paternels qui font leurs choux gras des âmes errantes... Cela étant, malgré son discours prosélyte un poil agaçant, je le trouvais plus posé, comme s'il avait enfin trouvé un point d'équilibre salutaire dans la tempête qu'était sa vie. 

    Je me souviens l'avoir quitté en me demandant si j'avais envie de le revoir. Et de toute façon, quelques semaines plus tard je devais m'envoler pour l'Argentine où je devais rester six mois, ce qui allait me donner le temps de réfléchir et de remettre à beaucoup plus tard d'avoir à répondre à cette question. 
    Aussi, lorsqu'il y a quelques semaines Lionel me proposait que nous déjeunions ensemble, j'avoue avoir un peu hésité, car je n'avais pas forcément envie de subir à nouveau ce discours moralisateur de la fois dernière auquel j'avais moyennement goûté. Malgré tout, j'acceptais l'invitation. 

    Nous nous sommes donc revus à midi, dans un petit restaurant du centre-ville. Contrairement à mes craintes, j'ai retrouvé le Lionel que je connaissais, tourmenté, un peu fou, à nouveau en plein questionnement, bouillonnant, avec ce grand sourire et son regard clair. La raison en était simple m’expliquât-il : il avait tout plaqué et tout envoyé chier. Il était donc revenu dans les rangs de son athéisme originaire et avait renvoyé les moralisateurs et leurs grimoires divins à aller se faire voir à Mykonos. 

    Bien évidemment, depuis l'an dernier son discours avait changé, dans un sens qui m'a paru plus sain. Il avait tiré beaucoup de leçons de sa récente expérience. Et cela m'a fait vraiment plaisir de retrouver celui que j'avais connu avant, un peu mûri par ses dernières péripéties. 
    Du coup, nous avons beaucoup parlé, de lui, de sa vie, de ses attentes, de ses espoirs déçus, de sa vie sentimentale. Il m'a dit ne plus chercher le grand amour, faire une pause avec les nanas et vouloir vivre au jour le jour sans manichéisme, que le bonheur n'est pas au bout d'une quête éperdue mais sous nos pieds, dans notre quotidien, avec les uns et les autres. 

    Comme la dernière fois, on a reparlé de mon homosexualité, de mes attentes avec les garçons, de ce que j'attendais d'une vie de couple, de la sexualité entre hommes, tordant ici et là quelques idées reçues sur le milieu Gay. Cela m'a un peu surpris qu'il pose autant de questions sur un sujet qui a priori ne l'intéresse pas directement. Le temps passant à vive allure, nous dûmes nous séparer en pleine conversation alors que je lui parlais de ce garçon que j'avais connu à Buenos Aires.

    Juste avant que nous nous quittions, il m'a fait une confidence qui devait durablement me troubler au point que j'éprouve le besoin d'écrire sur ce sujet. En effet, Lionel me confiait avoir eu, étant adolescent, une expérience homosexuelle avec son meilleur ami. Une fois, une seule. Et qu'à l'occasion, il n'excluait pas de recommencer, peut-être, pourquoi pas... 

    Cette dernière phrase dite sur le seuil de la porte m'a un peu désarçonné. Parce que c'est la première fois qu'un de mes amis hétéros ose me confier une telle chose, et que je n'ai pas très bien compris comment l'interpréter : vraie confidence ? proposition déguisée ? un peu des deux ? 

    Mais, surtout, je suppose que la raison profonde de ce trouble vient de ce que, au fond de moi et sans avoir jamais osé me l'avouer franchement, j'ai toujours un peu fantasmé sur lui... 

    * Le nom a été changé.

    2 juin 2013

    Clavardage dominical d'un blogueur en panne d'inspiration

    25 commentaires
    Voici treize jours que je n'ai rien publié ici. Qui, hormis mon petit ego, s'en souciera vraiment ? A qui ce silence aura-t-il fait l'effet d'un manque insoutenable ? Soyons honnêtes trois secondes : personne, à part moi, car je n'aime pas voir ce petit bout de toile s’effilocher par non-usage. Depuis six ans - déjà ! - que je blogue, j'ai toujours mis un point d'honneur à ne pas laisser dépérir ce calepin virtuel dont je demeure, ne vous en déplaise, le premier lecteur.

    Treize jours donc que je n'ai pas alimenté ce blog. Faute de temps, un peu. Faute d'envie, aussi. Faute d'inspiration, principalement. Faute de sujet suffisamment mûr, par dessus tout.

    Oui, avoir quelque chose à dire est une chose. Savoir comment l'écrire en est une autre. Et de manière générale je n'aime pas écrire à la va-vite. Au contraire, l'écriture est pour moi un moment de plaisir. Le choix des mots, la construction du récit, le balancement des idées, l'articulation du texte. J'aime ce travail qui me pousse parfois à réécrire plusieurs fois une même phrase pour la simple raison que sa sonorité ne me convient pas...

    Bref, je ne vais pas faire semblant de n'avoir rien à dire pour prétexter un billet vide. Car en réalité il ne m'est pas arrivé grand chose de particulièrement exaltant depuis le 20 mai dernier. 

    Si, tout de même, il y eut cette jolie rencontre d'un joyeux twitter lyonnais qui a la particularité de mesurer plus de un mètre cinquante sept, ce qui en soi est suffisamment rare pour mériter d'être signalé. Un soir de pluie, place du Capitole, dans l'un des beaux cafés abrités par les arcades. Quoique nous ne nous connaissions pas depuis très longtemps, le contact fut immédiat, comme à chaque fois que le monde virtuel prend chair autour d'un verre ou d'une tablée. Preuve indéniable que les échanges par réseaux sociaux ne sont pas que pure artificialité. La soirée passait en un éclair et la conversation filait encore bon train lorsque nous dûmes nous séparer entre deux averses. Il faudra que je m'organise une virée à Lyon pour revoir tout ce petit monde (sans mauvais jeu de mots).

    Quelques jours plus tard j'eu l'immense plaisir de faire la rencontre de Loup, venu de son Grand Nord en terres méridionales à la quête d'un soleil qu'il ne trouva pas. Loup, je suis son blog depuis assez longtemps, pratiquement ses premiers pas. C'est quelqu'un que j'aime lire et avec qui j'aime discuter sur twitter. Mais comme tout un chacun sait, le loup observe beaucoup plus qu'il ne se montre. Aussi, lorsque je reçus un mail  dans lequel il me demandait s'il était possible que nous nous rencontrions, ma réponse fut instantanée.
    "Tu verras, m'avait-on prévenu, il est très timide et plutôt réservé". Là encore le contact fut immédiat. En lieu et place d'un Loup apeuré, j'ai j'ai eu un immense plaisir à découvrir une véritable pipelette, drôle, fin et spirituel, exactement à l'image que je me faisais de lui à la lecture de son blog et de nos échanges sur twitter.  Encore quelqu'un que j'aurais grand plaisir à revoir, avec un peu plus de soleil peut-être. Ce fut une belle rencontre, comme beaucoup de celles que j'ai faites depuis mes débuts de blogueur.

    A propos de tout autre chose, j'ai été fortement ému par les images du mariage de Montpellier. Peut-être pour la première fois, et vivant l'événement en direct sur mon écran d'ordinateur, je me suis senti concerné, vraiment. Oui, un jour moi aussi je pourrai le dire ce "Oui" qui engagent deux personnes dans les liens du mariage. Moi aussi un jour je pourrai donner un cadre légal solide à la vie que j'aurai décidé de partager et construire avec un autre garçon que j'aimerai. Mais je n'en suis pas encore là...

    Voilà... Comme vous vous en rendez-compte, ce billet est un peu décousu. Mais rassurez-vous. Je me rends compte que le nombre de mes billets augmente sensiblement lorsque mon esprit travaille trop en raison de soucis qui me préoccupent.

    Voyez en mon silence relatif le signe que je vais plutôt bien.