28 février 2013

Notre dernière fois

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Il est venu passer la soirée de lundi à la maison. J'avais préparé le repas, comme à chaque fois. Des pâtes au saumon fumé. Pour satisfaire à notre petit rituel, il avait acheté de la glace pour le dessert. Des parfums que j'aime. Nous le savions tous deux, cette nuit serait la dernière avant la fin de l'implacable compte à rebours. Inconsciemment, je savais qu'il n'y en aurait pas d'autre. Ce serait notre dernière fois. 

En arrivant il m'a donné un petit paquet joliment emballé. "Pour que tu aies un souvenir" m'a-t-il dit. Déchirant le papier cadeaux apparurent deux albums de Mafalda, la vedette nationale. Dire que j'ai été super touché par son geste serait un fade euphémisme. Bien entendu je ne lui ai pas dit que, quelques semaines auparavant, je m'étais acheté l'intégrale... Le prenant dans mes bras pour le remercier, j'ai failli exploser en larmes mais je ne voulais pas de ça devant lui. Good boys don't cry... 

La soirée n'eut en soi rien d'extraordinaire. Juste nous deux. Même si nous avons fait mine que tout allait bien, je nous sentais mal à l'aise l'un comme l'autre. Ce n'était pas "comme il faut" ou comme j'aurais aimé que ce fut : non pas une soirée parfaite, mais à tout le moins une soirée qui eût un peu plus de tenue.

Le lendemain lui et moi devions nous lever tôt, ayant chacun une journée fort chargée. Nous n'eûmes même pas le temps de prendre le temps de nous dire confortablement au revoir. Malgré tout, nos embrassades furent interminables. Et la séparation qui s'en suivit fut horriblement amère. Le lourd silence de la porte qui se referme et le vertige abyssal de la vérité nue : c'était notre dernière fois et il n'y en aurait jamais d'autre. Jamais.

Depuis cet instant je n'ai de cesse d'avoir envie de chialer, ce que je fais d'ailleurs en écrivant ce billet. Car, je ne me suis pas laissé le temps d'amorcer un quelconque deuil de cette courte mais intense relation. Je fais le bulldozer, j'avance tout droit sans me poser de question, on ravale ses larmes comme un homme et on fait semblant que tout va bien. Mais non. Good boys sometimes cry...

Comme me l'a dit une oreille charitable, j'ai besoin de donner à la fin de cette histoire toute l'importance qu'elle mérite. Puisse ce billet en être un nouveau témoignage.

Et le témoin de notre dernière fois.
Notre dernière fois...


26 février 2013

Le Presse-purée de la mort

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Faisant suite au tag que je lui ai refilé vendredi, et après l'Épisode II - La Revanche du doryphore-garou - paru hier en réponse à un nouveau tag de FalconHill, c'est à présent au grand Tto de me faire l'honneur de me taguer en retour avec un jeu de onze questions. Certaines vengeances sont mesquines mais, que voulez-vous, je suis joueur.

Jamais deux sans trois, voici donc le troisième (et dernier) volet de cette saga patatoïde. 

Place à l'action !

Épisode III : Le presse-purée de la mort - sur un scénario original de Tto

1. Au point où nous en sommes, la seule solution n'est-elle pas le retour de Dare Dare motus, la souris aérodynamique ?
L'inquiétude est légitime et cette question est fille des angoisses existentielles de ce monde qui chaque jour tombe plus bas. Alors, du fond de l'engloutissement, l'humanité lève les yeux au ciel en implorant le Destin de leur envoyer un Sauveur. Mais qui ? Goldorak a pris sa retraite, Bioman s'est biodégradé, X-Or est devenu fleuriste à Tokyo, les Chevaliers du Zodiaque sont en procès avec Élisabeth Tessier, et Sangoku essaye de ressusciter ses amis pour la deux-cent unième fois... Alors, qui reste-il ? Les Snorkies peut-être ?

2. Puisque Twitter est devenu un truc genre msn/caramail où on croise plus de "slt", "bonjour" et autres trucs du genre, où est-ce qu'on va aller maintenant ?
On pourrait troller les Skyblogs, non ?

3/ "Pingouin dans les champs, hiver méchant", tu es d'accord ? Pourquoi ?
Je m'en rapporterai aux propos de Hume qui, dans son  Enquête sur l'entendement humain écrivait :
"Si nous prenons en main un volume quelconque, de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il des raisonnements abstraits sur la quantité ou le nombre ? Non. Contient-il des raisonnements expérimentaux sur des questions de fait et d'existence ? Non. Alors, mettez-le au feu, car il ne contient que sophismes et illusions". 
Alors voilà, le pingouin n'étant que sophismes et illusions, brûlons tous les pingouins, pour le plus grand bien de l'humanité.

4. François HOLLANDE doit-il décider de taxer à 135% le patrimoine de tout participant à "Taxi 6", "Camping 4" ou "La Vérité si je mens 7" ?
D'un point de vue strictement fiscal, je doute que cette mesure trouve sa pleine efficacité. Certes, dans cette hypothèse précise il est beaucoup plus dissuasif de taxer le capital que l'intelligence - quoique l'on en ait trouvé une trace dans la flore intestinale d'un assistant plateau.

5. Qui te manque le plus : Tina Arena, Sandy Valentino ou Larusso ?
Ce qui est fantastique avec la mémoire, c'est l'aptitude à l'oubli. Et si j'ai totalement oublié les deux premières, figure-toi qu'il y a quinze jours je me suis surpris à réécouter "Tu m'oublieras" de Larusso. Je ne crois pas au hasard.

6. C'est vrai ce qu'on m'a dit à ton sujet (non parce que je ne l'ai pas cru mais si tu confirmes, alors là ...) ?
Je démens totalement. C'est largement en dessous de la vérité... tu le sais parfaitement.

7. On a tous des trucs honteux à confesser. Mais dans ta discothèque, qu'est ce qui justifierait que tu sois lapidé immédiatement et sans autre forme de procès ?
Mes enfers discothécophiles comportent deux oeuvres magistrales. La première est l'immonde disque d'une non moins immonde contralto qui, le plus sérieusement du monde, massacre le Répertoire au point de le rendre méconnaissable même par des oreilles très averties. Même le chat a eu peur. Le second est l'album "Glamour à mort" de Arielle Dombasle...


8. Y a-t-il une pire insulte que "tu fais ta Nadine Morano là" ? Si oui, laquelle ?
Dire à quelqu'un qu'il / elle a joué dans "Taxi 6", "Camping 4" ou "La Vérité si je mens 7"...  

9. On parle peu du drame des autruches hermaphrodites albinos ... et pourtant, tu ne penses pas qu'on devrait faire quelque chose ?
Leur offrir des chaussures en pastèque. Je ne vois rien de plus urgent.

10. En dehors de toi et de moi (parce qu'on ne peut être juge et partie), quel twitto devrait coucher avec quel autre ? Pourquoi ?
Je suis pas du genre mère maquerelle dont je laisse à d'autres le soin de se mêler de ce genre de chose. Par contre si un tweetos veut coucher avec moi, qu'il m'envoie sa candidature et son pedigree par DM et j'examinerai personnellement son dossier.

11. Tu en fais quoi quand tu as joui ? (oui oui, c'est exprès que je n'ai pas précisé alors réponds plutôt que de tergiverser)
Je laisse mon partenaire du moment s'en charger, selon son enthousiasme, ses fantasme, et nos envies. Et toi ?

Voilà, ici s'achève cette trilogie. Oui je sais, tu es triste. À moins qu'il ne se trouve des personnes assez aventurières pour braver l'une, l'autre ou la totalité de ces onze questions. Après tout, l'essentiel est peut-être dans l'inutile.

***
Conformément à l'article 719 quarter-bis 1/ de la Convention Internationale des Droits des Presse-Purée et des Épluche-Légumes, aucun presse-purée n'a été blessé ou maltraité pendant la rédaction de ce billet. 

25 février 2013

La Revanche du doryphore-garou

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Non content de m'avoir tagué vendredi dernier, cet insolent de FalconHill (mais qui est-il vraiment ? quels sont ses réseaux ?) me tague à nouveau pour - bis repetita - 11 nouvelles et palpitantes questions piochées chez Romain.

Prêts pour une nouvelle indigestion ? Non ? C'est pas grave.
Attention ça va saigner !

Épisode IILa revanche du doryphore-garou 
(Sur un scénario original de FalconHill)

1. Pourquoi le ciel est-il bleu ?
Si le ciel est si bleu en Argentine c'est pour que les Argentins aient au moins une raison de se réjouir en se levant le matin.

2. Quel est le motif de rupture que tu as le plus souvent donné ?
Des motifs de rupture je n'en ai jamais donné beaucoup, faute d'avoir eu une vie sentimentale suffisamment remplie pour avoir à le faire plus de fois qu'il n'y a de doigts sur une seule main. Disons que, pour les peu de fois où j'ai rompu, le motif se résume à "entre toi et moi c'est pas possible". Terriblement banal.

3. Dans la vie idéale, quel serait ton métier ?
Cette question c'est le drame de ma vie. Quel métier je voudrais faire ? Je n'en ai jamais rien su et je n'en sais toujours rien. Un "métier"... quel drôle d'idée ! Toutefois, pour répondre à la question, je verrais un métier qui implique une relation avec des gens, c'est à dire un métier qui ne s'exerce pas au fond d'un placard, un métier intellectuellement stimulant, qui fasse appel à une certaine créativité, un métier dans lequel on ne s'ennuie pas car il n'y aurait pas de routine, un métier qui soit valorisant, qui me laisse une grande marge d'autonomie dans l'organisation de mon travail et qui me permette de vivre confortablement. Celui que je tends à exercer en ce moment semble réunir pas mal de ces critères. On verra s'il est pour moi le métier idéal, à défaut d'avoir une vie idéale.

4. Si tu avais le choix entre stopper les guerres dans le monde ou devenir très riche, de quelle couleur serait ta limousine ?
J'aurais préféré que tu me proposes de jolies photos pour choisir mon chauffeur... Bon ben disons gris souris, avec un volant en ivoire (ou en argent ?) et des sièges en cuir pleine fleur couleur caramel.

5. Aurais-tu aimé vivre dans les seventies?
Dans quel siècle ? Même si j'aurais beaucoup aimé connaître le XIX° siècle, les années 1870 ne m'attirent pas trop, à cause de la guerre de 1874 toussa. Les années 1970, ben je suis né avant qu'elles n'agonisent, donc d'une certaine manière je les ai traversées sans véritablement les avoir connues. Et rétrospectivement je reste assez circonspect sur cette période-là. Donc tout est bien ainsi.

6. Qu’est-ce qui t’intéresse dans la politique ?
Lorsque j'étais ado je ne m'intéressais pas, mais alors pas du tout à la politique. Je me rappelle avoir déclaré une fois à table que jamais je ne m'y intéresserai. Et puis j'ai entrepris des études qui m'ont conduit, malgré moi, à m'intéresser au sujet. Lorsque l'on fait du droit son métier, il est impossible de passer à côté de la case politique. Et lorsque l'on met le doigt dans l'engrenage, c'est fini. Je ne me considère pas comme un fin connaisseur de la chose, loin de là. Je suis les débats, les idées, mais je suis incapable d'argumenter sur des sujets strictement politiques. J'adore écouter les autres en parler en revanche, surtout lorsque leurs propos sont teinté d'un soupçon de mauvaise foi.

7. Pourquoi les otaries sont-elles insupportables ?
Les otaries ont un sens de l'humour absolument déplorable. Pire que les plus mauvaises blagues de Jean Roucas. Je préfère encore mâchouiller du verre pilé en écoutant Afida Turner slamer de la poésie Vogon !

8. Que penses-tu de Gérard Collomb, le Maire de Lyon ?
Qu'il est maire d'un très jolie ville. (Tu la sens passer la réponse à la question 6 ?)

9. Quel est ta musique/ton groupe/chanteur/chanteuse préférée?
Très dur de répondre. J'ai en la matière des goûts plutôt éclectiques. Disons pour poser des bases que j'aime beaucoup la musique dite "classique" avec une grosse addiction à la grande école Française : Koechlin, Ravel, Schmitt, Franck, Debussy, les romantiques Allemands comme Reger ou Wagner, la musique un peu plus "contemporaine" comme celle de Messiaen ou d'un Schöenberg, sans oublier Bach (ach !) et Chopin (longtemps mon préféré).
Sinon j'écoute aussi du Björk, du Gainsbourg (dont j'aime vraiment beaucoup la première période), un peu de variétoche vachement sympa que nous fait régulièrement découvrir l'ami Gildan sur son blog très riche, et je me délecte de l'émission Addictions sur France Inter (une véritable mine).
Bon tout cela ne répond pas à la question. Donc, si je devais donner ma chanteuse préférée ce serait sans la moindre hésitation Tracey Thorn, anciennement Everything But The Girl, qui mène maintenant une carrière solo (toujours accompagnée aux instru par son Ben Watt de mari) et qui chaque année nous pond des albums aux petits oignons (j'avais fait un court billet sur Love And Its Opposite). Elle ne renouvelle pas forcément beaucoup son style d'album en album mais elle fait ça avec un tel talent qu'on ne lui en veut vraiment, mais vraiment pas.

10. Peux-tu nous expliquer en détail la situation géopolitique au Nigéria ?
Alors... tout d'abord il y a des gentils. Ensuite, il y a des un peu moins gentils. Et puis des méchants et des très méchants. Les très méchants veulent péter la gueule des un peu moins gentils avec l'aide des gentils. Sauf que les gentils sont copains avec des gros vilains qui n'aiment pas du tout les très méchants. Alors les très méchants ont commencé à casser la figure des un peu moins gentils, et des gentils aussi, parce que c'est pas toujours facile de les reconnaître entre eux. Les gentils ne se sont pas laissé faire et ont aussi tapé sur les très méchants en représailles, attisant le courroux des gros vilains qui ont pété la gueule à tout le monde parce que bon, hein, faut pas pousser non plus.
En gros quoi...

11. Crois-tu en Dieu ?
Je crois en oui. Dieu, ou disons plutôt une transcendance, quelque soit le nom qu'on lui donne. Plus jeune j'étais nettement plus convaincu en engagé dans la foi chrétienne, ce qui n'a pas été sans créer un violent conflit identitaire lorsqu'il a fallu que j'assume mon homosexualité (je m'en étais déjà expliqué ici). Je reste toutefois attaché à ces valeurs que mes parents m'ont transmises, qui sont totalement miennes et que je ne saurais renier sans me renier moi-même.

Et maintenant, à qui le tour ?

Tiens, pour cette chaîne-ci, je refile la patate chaude à François, Anouchka, Méchant Chimiste, Charly, brol, Seb, l'Azimutée et Lui (dont je sais déjà tout le bonheur que cette nouvelle lui apportera), qui devront répondre aux 11 mêmes questions. Bien entendu, et pour parer à toutes représailles mesquines, ces éminents blogueurs n'ont certainement pas le droit de me re-retaguer...

Et que ça saute !
(boum)

***
Aucun doryphore n'a été blessé ou mal-traité pendant la rédaction de ce billet.

24 février 2013

Éloignement

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Je le sens s'éloigner... C'est imperceptible, des détails qui ne trompent pas. Quelque chose a changé, en lui, ou en moi, ou en nous deux.

Nous ne nous sommes rien promis du tout, nous ne nous sommes engagés à rien l'un envers l'autre, si ce n'est de passer du bon temps ensemble tant que je serai en Argentine. Nous ne voulions rien de "sérieux", c'était clair depuis le début.

Aussi nous nous permettons tous deux de vivre tout à fait librement, ce dont je ne me prive pas et ce dont il ne se prive pas non plus, je ne suis pas dupe. Mais je sais que dans une autre perspective, une telle situation ne me conviendrait absolument pas. 

J'aime beaucoup ce garçon et je sais qu'il m'aime beaucoup aussi. Peut-être moi un peu plus que lui... 

23 février 2013

11 Questions pour une patate

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Ho ! Une chaîne ! Cela faisait très longtemps que je n'en avais pas été victime. Cette fois c'est FalconHill qui me refile la chtouille et ses onze questions. Et ça me fait bien plaisir, merci à lui .

Alors, on ne perd pas de temps, place à l'action !

1. Le changement, c’est pour maintenant ou pour demain ?
Le changement c'est comme le fût du canon : ça met un certain temps.

2. Qui gagnera la Ligue des Champions cette année ?
Madonna ou Britney Spears. À mon avis, avec ses 20 kilos en trop, Lady Gaga est out pour la saison. 
Oué je suis une bouse en foot...

3. Qu’as-tu vécu quand tu avais 20 ans ?
La coupe du monde de 98 ! Et cela n'a rien changé au résultat de la question précédente...

4. Peut-on vraiment rester fidèle ?
Si je dis oui je mens, si je dis non je suis un salaud....

5. Bon… Les panneaux de radar, on fait quoi ? On les laisse, on les enlève, on les remet ? 
On les laisse putain de bordel de merde. Ou alors on les remplace par des panneaux de rappel de limitation de vitesse. Qui ne s'est jamais retrouvé sur un route sans savoir exactement quelle était la vitesse maximale autorisée ?

6. Le syndicalisme peut-il et doit-il être responsable ?
L'histoire du syndicalisme en France démontre hélas que syndicalisme et responsabilité sont incompatibles...

7. Pourquoi a-t-on régulièrement des spams à la con de voyants à deux balles qui « adorent ce que vous faites, merci de continuer je vous aime » ?
Mais parce que c'est vrai voyons ! Nos blogs sont magnifiques, tout le monde nous aime et des nuées de licornes répandent bonheur et harmonie sur la Terre. Ou alors c'est un coup de Fantomas...

8. Pourquoi ces chaînes obligent à avoir 11 questions, quand on commence à bloquer dès la deuxième ?
Question de pure arithmétique très cher.
Si tu prends 2, que tu multiplies par le coefficient de croissance de ton blog pondéré par la consommation annuelle de bière de Jegoun et la facture EDF des six derniers mois de Gildan, que tu appliques ensuite une simple dérivée de f(x)=[(1/cosƱ)+y^sin(4/x)+ un cheval] et que tu divises le résultat par µ, tu obtiens, Ô miracle devant tes yeux ébahis,  le chiffre tout rond de 11. 
C'est pourtant simple, mais il fallait y penser.

9. Est-ce grave, quand on est footballeur, de rêver amoureusement à l’élite des buteurs ?
Absolument pas... Et puis qui est-on pour juger ? On n’est jamais très fort pour ce calcul.
Quelqu'un a vu ma savonette ?

10. Quelqu’un a des nouvelles de Nicolas Dupont-Aignan ?
Aux dernières nouvelles il a fondé un Boys Band néo-gothique en Tanzanie transalpine.

11.  Un Front Républicain contre l’extrême droite et l’extrême gauche, c’est possible ? 
Au pays des bisounours, oui. Tiens faudrait en parler à Bayrou. Elles donnent swoaf tes questions... On boit un coup ?

Et comme la purée avec du beurre frais c'est bon, voici mes 11 questions à moi. Attention, il y a des spéciales dédicaces astucieusement cachées, sauras-tu les reconnaître ?
1/ Où étais-tu et que faisais-tu lorsque tu as pris connaissance de cette chaîne ?
2/ Le déclin de l'industrie ferroviaire en Litunanie est-il imputable à la disparition du Benco ?
3/ Un sujet qui fâche : faut-il mettre du beurre dans les sandwiches au camembert ?
4/ Les accords de BerLatran, t'en penses quoi ?
5/ C'est quoi ta vanne préférée sur le scandale Findus ?
6/ On boit un coup ?
7/ Que penses-tu de la probable suppression de la lutte des disciplines inscrites aux prochains JO ?
8/ Selon toi qui va gagner MasterChef cette année et pourquoi ?
9/ Dexter, gentil ou méchant ?
10/ Et sinon, pour parler un peu musique, crois-tu que prochain album annoncé de Afida Turner va relancer l'industrie ferroviaire en Lituanie ?
11/ La remarque la plus stupide que tu te sois faite cette semaine, c'était quoi ?
Les nominés au patate award questionary sont : Chris (pendant qu'il se fera lifter les fesses), Boutfil (qui dit que des gros mots dans son dernier billet), Nekkonezumi (pour quand elle aura le temps entre deux quintes), Glimpse (une bonne occasion de râler tiens !), Deef (qui m'avait refilé mes derniers morpions ma dernière chaîne), Loup (qui aura l'occasion de bloguer un peu...), Olivier (entre deux balades avec son toutou) et Tto (dont je sais déjà que la vengeance sera terrible).

Non ne me remerciez pas, c'est un plaisir...  

18 février 2013

Un mot de lui et je suis joie

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Encore un journée passée ensemble. Une journée simple, dans le canapé, à regarder la télévision, manger de la glace et à raconter des bêtises. C'est notre petit rituel, manger de la glace. A chaque fois qu'il vient il en apporte, dans des petits pots en polystyrène de deux-cent cinquante grammes, chacun contenant trois parfums. La fois dernière, mardi, il m'avait pris de la glace rhum-kumquat, un de mes parfums préférés. Cette fois il avait notamment choisi du chocolat amer, parfum que j'avais découvert et beaucoup aimé la fois dernière aussi. Au début il me demandait ce que j'aimais. Maintenant il ne pose même plus la question. Il connaît mes goûts, et j'ai presque honte de ne pas connaître les siens..

Initialement nous avions prévu d'aller au cinéma, voir Les Misérables. Puis, cloués sur le canapé par une épuisante inertie, et refroidis par des critiques assassines, nous sommes finalement restés chez moi. Je lui ai fait découvrir Donnie Darko, qu'il n'avait jamais vu, et que par chance j'ai trouvé en version espagnole sur internet. Ça m'a fait une drôle de sensation de voir ce film avec lui, principalement à cause de la thématique de la mémoire et des sentiments, sources de souffrances. Je ne me rappelais pas du film selon cet angle-là et pourtant ce soir je n'ai vu que cela. La mémoire, l'oubli, l'après. À n'en pas douter, le fruit de mes propres angoisses...

Cela pourra vous paraître bien niais tout ce que je raconte, mais je vis avec lui des moments rares et surtout j'apprends beaucoup sur ce que je peux attendre d'une relation amoureuse. En réalité je n'attends rien de bien extraordinaire sinon de la simplicité, de la complicité et beaucoup de tendresse. Oui, être avec quelqu'un ne signifie pas - contrairement à ce que j'avais fini par croire erronément - être à tout prix en quête de quelque chose à faire, d'un endroit où aller, d'un concert à écouter, d'un bar sympa à découvrir. Certes cela fait partie du tout, mais ce n'est pas l'essentiel, ce n'est peut-être pas par là qu'il faut commencer. Être bien l'un avec l'autre à ne rien faire du tout me semble aujourd'hui la base la plus simple et la plus saine qui se puisse concevoir. Et le reste ne viendra qu'en bonus, je crois.

Cela fait à peine une heure qu'il est parti que déjà ses bras me manquent. Terriblement.

15 février 2013

La Photo du Mois : "Bleu"

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Bonjour bonjour, nous sommes le 15 Février 2013, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois".

Accessoirement ceci est mon 666ème billet ! (hu hu hu)

Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Pour cette deuxième édition de l'année,Hibiscus  nous propose Bleu.

Du bleu, en Argentine, il y en a partout, à commencer par le drapeau national qui est composé aux deux-tiers d'un bleu-ciel si caractéristique. Il ya aussi tout un tas de maisons colorées dans le très fameux quartier de La Boca, dont une qui aurait particulièrement bien cadré avec le thème et dont j'avais déjà publié la photo sur mon Tumblr. C'est d'ailleurs cette photo que j'avais tout d'abord choisie comme photo du mois.

Mais en faisant du tri dans mes fichiers, je suis tombé sur une photo tout aussi récente, prise il y a trois semaines dans le jardin botanique de Buenos Aires et dont j'ai préféré l'originalité : une jolie libellule aux yeux bleus, posée sur un bouton de nénuphar.

J'aime beaucoup les libellules, et cela depuis ma tendre enfance. Pensez-vous : un insecte qui ne pique pas, qui ne mord pas et qui en plus est joli ne peut qu'attirer la sympathie d'un bambin. Lorsque j'étais gamin, il y en avait de toutes les couleurs qui jouaient au bord du canal chez mes parents. A tel point qu'une promenade sans avoir vu de libellule était une promenade tronquée de l'une de ses attractions les plus merveilleuses : le bal gracieux des libellules parmi les folles avoines.

Alors, où que je sois, voir une libellule virevolter me donne immédiatement le sourire car elle réveille en moi cette part d'enfance, jamais très lointaine, qui sait s'émerveiller pour un petit rien... 

La vie en bleu continue chez les autres participants à La Photo du Mois :
100driiine, A bowl of oranges, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Anne Laure T, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Caprices de filles, Cara, Carnets d'images, Caro, Caro from London , Carole In Australia, Caterine, Cath la Cigale, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Chris et Nanou, Christeav, Cindy Chou, Coco, Cocosophie, Cook9addict, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr. CaSo, E, El Padawan, Eloclemence, Elodie, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Fesse fouille, Filamots, flechebleu, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, impolitique, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Juriste-in-the-city , Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Parigina, La voyageuse comtoise, LaGodiche, Lau* des montagnes, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Lo, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Mimipetitesouris, Mistinguett, Nadezda, Nataru, Nicky, Nie, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Photo Tuto, Pilisi, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Tuxana, Un jour une rencontre, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

14 février 2013

Le plaisir simple de sucer...

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L'autre jour, en me promenant sur l'avenue Santa Fé, je me suis acheté des cuillères en céramique blanche. Douze. J'aurais pu en prendre trente-sept ou huit cent vingt-quatre, ou juste une seule. Mais douze m'a paru le meilleur compte. Oui, douze, c'est un bon nombre pour la vaisselle. Certes chez moi on est rarement douze à table, mais plus souvent six, ce qui fait alors deux chacun. Et si l'on est quatre, cela peut faire trois. Et puis avec douze, si l'on en casse une, il en reste toujours assez pour faire deux fois cinq. Alors qu'avec dix, si on en casse une, ben on l'a dans l'os. C'est ce que m'a appris ma mère. Elle a toute une théorie sur le sujet.

Rien ne me prédisposait à les acquérir ces douze cuillères. Je n'étais pas parti en ville la Master Gold en bandoulière avec pour seul objectif en tête de dépenser l'argent que je n'ai pas. Non ce genre de loisir ne fait pas partie de mes occupations favorites. En revanche, lorsque l'occasion se présente, je m'octroie des petits plaisirs. Et s'il y a une chose pour laquelle je pourrais me ruiner, c'est bien pour tout ce qui touche à la cuisine et aux arts de la table. De belles assiettes, de jolis verres, un moule à tarte original, des outils divers et variés, emmenez-moi dans un magasin de vaisselle ou d'articles de cuisine et vous ferez mon bonheur autant qu'à un gamin que vous traîneriez dans la maison du Père Noël.

Lorsque je les ai vues amoncelées en une immaculée marée orgiaque, elles m'ont tout de suite plu. J'en ai pris douze - à moins de trois pesos l'unité tu penses ! - sans trop savoir à quoi précisément je les destinais, si ce n'est procurer du plaisir au palais de mes futurs partenaires de table. Ce ne sont pas de ces cuillères spéciales pour y disposer des bouchées. Non, de celles-là j'en ai déjà de toutes les formes et de toutes les couleurs dans mon placard. Je m'en sers assez régulièrement d'ailleurs. Celles-ci sont différentes, ce qui en constitue le principal intérêt. Elles ne sont pas très grandes, je ne crois pas que l'on puisse mettre grand chose dedans. On dirait plutôt des cuillères à dessert, à peine plus petites. 

En les voyant, j'ai pensé à les transformer en sucettes, pour le café. En enduire l'extrémité d'un peu de chocolat noir puis les parsemer de pistaches grillées par exemple. Ou bien les tremper dans un caramel doux à l'écorce d'orange que l'on laisserait ensuite fondre tout doucement sur la langue, comme jadis les roudoudous de notre enfance. À moins qu'un peu de ganache au chocolat blanc parfumée à la bergamote ne leur compose un meilleur atour... J'imagine qu'il doit y avoir des choses à faire du côté du salé mais, que voulez-vous, ce sont les idées sucrées qui me sont venues les premières à l'esprit. D'ailleurs, si vous avez des suggestions gourmandes, n'hésitez pas à mes les faire partager...

Voilà, seulement le plaisir léger, sensuel et régressif de sucer un bonbon sucré à souhait, de laisser sa langue jouer à loisir avec les rondeurs de l'objet. Une idée toute simple pour agrémenter le cérémonial du café et prolonger ainsi la volupté du dessert. Trois fois rien.


Comment-ça le titre de ce billet est outrancièrement racoleur ?

11 février 2013

Toda Mafalda, ou le monde désenchanté de Quino

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Je connaissais Mafalda depuis un certain nombre d'années sans jamais l'avoir vraiment lue. Pour tout dire, ce drôle de petit personnage a croisé ma route à plusieurs reprises sur les livres d'espagnol lorsque j'étais au collège puis au lycée. Trois fois rien, et pourtant je me souviens exactement du contenu de l'une de ces "historiettes" en trois cases : Mafalda et son père sont sur le point de brancher la guirlande électrique du sapin de noël. Le père demande "Tu sais ce que les Rois Mages ont apporté au petit Jésus ?". La case suivante la maison est plongée dans le noir à cause d'un court-circuit. Et Mafalda de répondre "Oui. Des fusibles !". Simple, cinglant. Je n'en savais guère plus sur les aventures de Mafalda jusqu'à ce que j'arrive en Argentine.

Ici Mafalda est une vedette, que dis-je, une icône, une fierté nationale qui possède depuis 2009 son effigie au beau milieu du très touristique quartier de San Telmo. Car Mafalda est Argentine. Son papa, Quino, est né à Mendoza avant de venir vire à Buenos Aires. Et ici tout le monde connaît Mafalda, cette fillette qui, malgré ses presque cinquante ans, n'en finit plus d'avoir sept ans. C'est en effet en 1964 que Mafalda a vu le jour, sévissant pendant neuf ans dans les colonnes de divers journaux argentins au rythme d'une popularité qui ne s'est jamais démentie.

Statue de Mafalda, dans le quartier de San Telmo, où vécut Quino.

Alors, lorsque j'ai découvert dans la vitrine de la première librairie cet épais et consistant ouvrage sobrement intitulé "Toda Mafalda", regroupant l'intégrale des planches publiées par Quino consacrées à son personnage fétiche, l'évidence qu'il me le fallait s'est imposée d'elle même.

C'est toutefois avec un brin d'appréhension que je me lançais dans cette lecture. Car, ne nous y trompons pas, Mafalda n'est pas un comic strip tout à fait ordinaire. La très documentée et très instructive préface le rappelle excellemment : Mafalda est avant-tout le reflet de son époque et de son pays, et se pose des questions, souvent hautement métaphysiques, nourries par les inquiétudes de son temps, celles des années 60-70 : la guerre froide, le rideau de fer, le communisme, Cuba, la bombe atomique, la Chine, mais aussi par ses espoirs et ses rêves tels que le furent alors l'épopée fantastique de la conquête spatiale, l'apparition de la télévision ou le souffle nouveau des Beatles sur les ondes radio. 

D'où mon interrogation : quelle actualité pouvait bien conserver Mafalda en 2013 ? N'allais-je pas me confronter à un ensemble d'archives au contenu plus ou moins strictement historique ?
1/ - Maman, à partir de quel âge on est vieille ? 2/ - Ça dépend Mafalda. En réalité ce n'est pas une question d'âge mais plutôt de garder l'esprit jeune. 3/ - ... 4/ - Bon d'accord, mais l'esprit... à quel âge il commence à avoir besoin de maquillage ?

La lecture des premiers strips ma apporté une réponse claire et nette : malgré les années, les remarques acerbes de la fillette que tout le monde rêverait de connaître mais dont personne ne souhaiterait être les parents n'ont pas pris une ride. C'est simple, j'ai dévoré les 150 premières pages sans m'en rendre compte.

Mafalda n'est pas une petite fille tout à fait ordinaire. Certes comme tous les enfants de son âge, elle partage sa vie entre ses amis et ses parents qu'elle assaille de redoutables questions intemporelles. La vie, la mort, la vieillesse, l'amitié, l'argent, la guerre, la condition humaine et toutes ses bassesses... Des thèmes éternels qui, mis en scène par la fine plume et l'esprit acéré de Quino, font mouche à tous les coups. On pourrait presque comparer chaque saynète à une fable, acide, dont la morale serait laissée à l'appréciation de chacun, toujours drôle, mais souvent pour nous faire rire jaune.
Mafalda n'est pas seulement un personnage de BD, elle est un miroir sans foi ni loi qui fait rejaillir, l'air de rien, toutes nos inquiétudes les plus profondément enfouies.
1/ - Quel bonheur que Mafalda commence à aller à l'école ! 2/ - Oui, c'est merveilleux : nous avons une fille qui va déjà à l'école. 3/ - ... 4/ - On a une fille qui va déjà à l'école ! 5/ - ...


1/ - Tu crois à l'égalité des Hommes, Manolito ? - Bien sûr que NON ! 2/ - Cette idée que les Hommes sont tous égaux est stupide. 3/ - Il n'y a pas deux personnes égales, ni personne qui soit égal à personne. Qui t'a parlé de cette idiotie d'égalité ? - Mon papa. 4/ Ça alors ! Ces parents, c'est bien tous les mêmes !

L'autre facette de Mafalda relève du pamphlétaire. Malgré ses airs innocents, Mafalda est en effet un puissant outil de critique sociale et politique qui passe au scalpel de son esprit faussement naïf les moindres contradictions de ce monde qui va si mal et qu'elle désespère de voir aller mieux un jour. Bien sûr, il faut y voir le reflet des angoisses d'une époque qui était alors riche en préoccupations internationales. Cinquante ans plus tard les polarités mondiales et tensions politiques ont (un peu) changé, mais les peurs de naguère n'ont pas disparu pour autant et des questions telles que la paix dans le monde demeurent d'une actualité tristement moderne.
1/ - "En ce moment même se réunit à Genève la Commission qui devra aboutir à un accord de désarmement nucléaire" 2/ - Genève c'est la capitale de la Suisse ?. 3/ - Non. C'est la capitale de l'échec.


1/ - " Réponde simplement et clairement aux question des enfants accroît la communication de ces derniers avec ses parents"  2/ - Simplement et clairement ! À partir de maintenant c'est comme ça que je répondrai aux questions de Mafalda ! 3/ - Papa, tu pourrais m'expliquer pourquoi l'humanité va si mal ? 4/ - Il s'est endormi ?

Enfin, personnage né en Argentine d'un auteur lui même Argentin, Mafalda est aussi un redoutable critique de la société argentine, de ses dirigeants corrompus, de ses citoyens résignés, d'un pays en déclin qui n'a plus foi en son avenir ni ne semble retirer de gloire de son passé. Et le plus frappant dans cette histoire est de constater au fil des pages combien, Ô combien, rien n'a changé depuis. C'en est même inquiétant... Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis demandé si vraiment tout cela avait été dessiné cinquante ans en arrière ou s'il ne s'agissait pas plutôt d'un coup de griffe paru la semaine passée.   
1/ - Tu es encore allongé là comme la dernière fois, sans rien faire à attendre quelque chose de la vie, Miguelito ? 2/ Non, Mafalda. Cette fois j'ai pensé à toute les industries, aux champs semés, au digues, aux magasin, aux chemins,... 3/ ... aux hôpitaux, aux bibliothèques, aux musées, aux laboratoires, aux bureaux,aux théâtres, ... - ET ? 4/ Et j'en suis arrivé à la conclusion que, pour le moment tout a été fait et que je peux me reposer. 

Se plonger dans la lecture Mafalda est donc bien plus que lire de la bande dessinée humoristique certainement la plus connue de toute l'Amérique Latine. Lire Mafalda c'est aussi replonger dans une période fascinante de notre histoire moderne, celle-là même dont on commence seulement à prendre le recul suffisant à sa pleine compréhension. Mais c'est aussi une clé de lecture absolument formidable, ludique et indispensable à quiconque désire comprendre l'Argentine telle qu'elle était hier et telle qu'elle est, hélas, demeurée quasi-inchangée jusqu'à aujourd'hui.

1/ - Papa, ils vivent où les gens qui ne sont pas encore nés ? 2/ - Ce sont des gens qui n'existent pas Mafalda. Ils ne vivent nulle part. Pourquoi ? - Aaah... Non, pour rien. 3/ ... 4/... 5/ "Avant de venir, Réfléchissez !"

Le monde de Mafalda, en dépit du jeune âge dont elle a pour toujours l'apparence, n'est donc pas un monde merveilleux où tout n'est que rires et chants, non. C'est un monde angoissé, cru et désanchanté, un cri de détresse entre rires et larmes. 

10 février 2013

Nouvel An Chinois à Buenos Aires

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Ce week-end on fête un peu partout dans le monde le Nouvel An Chinois et le début de l'année du Serpent. Capitale cosmopolite s'il en est, Buenos Aires possède son quartier chinois, à Belgrano, qui accueille pour l'occasion des milliers de visiteurs.


L'unique rue, qui constitue la partie "visible" du quartier, se transforme en un gigantesque fleuve humain à travers lequel il est parfois difficile de se frayer un passage. Les boutiques, bondées de chalands, ont fait le plein de colifichets et autres chat porte-bonheur. La tentation est omniprésente. Pour être franc, je n'ai pas pu résister...


Entre deux étals de bouffe qui emplissent l'air d'odeurs toutes plus alléchantes les unes que les autres - je vous passe le détail des beignets de crevette, pains de viande frits à la sauce piquante ou encore ce rafraîchissant thé glacé hyper-sucré dont la moindre gorgée rendrait diabétique un troupeau éléphants, parmi bien d'autres hérésies diététiques - des stands proposent de faire découvrir la culture chinoise, en particulier la calligraphie. 


Bien sûr, le clou du spectacle reste le grand Dragon qui, après être passé de maison en maison pour apporter fortune et prospérité, danse au milieu de la foule dans la liesse générale. Bon, j'avoue avoir été un poil déçu car je m'attendais à voir un énorme dragon vert et rouge comme on peut en voir ailleurs en Chine. Et surtout la chorégraphie ne semblait pas super au point car, visiblement l'animation de l'animal manquait parfois de synchronisation. Mais bon, le spectacle restait tout de même fort plaisant.


Un peu en dehors du quartier, juste à l'entrée de celui-ci, se déroule une immense foire artisanale essentiellement dédiée à la bouffe. Là encore on se presse on se bouscule au milieu d'odeurs de friture et d'un joyeux chahut populaire bon-enfant. Sur une grande et belle scène se déroulent des démonstrations d'arts martiaux ainsi que de danses populaires. Le soir tombe, il fait très bon, les gens assis dans l'herbe partagent un maté, des couples s'embrassent, des enfants rient...

Étrange et amusant choc des cultures, à quelques dizaines de mètres de là, sous une grande  gloriette, des danseurs de tango aux cheveux argentés essaient impassiblement d'exister malgré le flot de décibels aux accents si peu porteños ...


Bonne Année du Serpent à tous !

8 février 2013

L'inflation, un peu, beaucoup, à la folie...

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L'économie argentine n'en finit pas de dégringoler. En octobre dernier je vous avais fait part des difficultés que connaissait le pays et des mensonges du gouvernement sur la réalité de la situation. Hé bien depuis cela ne s'est pas amélioré. Au contraire, cela a même fortement empiré.

Je serais bien incapable de vous dire de quel niveau est l'inflation de ces derniers mois. Je puis en revanche vous affirmer qu'elle se fait sentir, un peu, beaucoup, à la folie.

En décembre tout d'abord, le gouvernement a décidé soudainement d'augmenter le tarifs des transports collectifs dans la capitale. Pas une petite augmentation hein. Non, là c'est du gros, du lourd, avec du poil : jusqu'à 75% de hausse. Bim ! Hé oué les mecs, au pays des gauchos, on ne fait pas dans le détail. Alors certes les prix restent dérisoires, mais c'est à replacer dans le contexte d'un pays où le salaire minimum mensuel est de 2875 Pesos, ce qui, au taux de change officiel, ne représente même pas 490 Euros... Et en proportion la hausse est colossale. Ainsi, le billet de base pour un trajet court est passé de 1,10 à 1,50 Pesos (36% d'augmentation). Paradoxalement c'est le billet "social" qui emporte la hausse la plus spectaculaire puisqu'il passe de 1,10 à 1,95 Pesos, soit 75% d'augmentation... (source)

Les transports privés - qui coûtent largement plus cher que les transports publics - ont suivi le rythme de l'inflation et brusquement augmenté leurs prix de 25 % du jour au lendemain. Par exemple, il y a un mois, le trajet pour me rendre de Buenos Aires à Lomas de Zamora (à une vingtaine de kilomètres d'ici) valait 20 Pesos. Aujourd'hui le prix et de 25 Pesos !

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé lundi dernier (c'est vraiment tout frais) un gel des prix dans les supermarchés pour une durée de deux mois. Oui, vous avez bien lu ! Évidemment les supermarchés sont furax et ont d'ores et déjà annoncé qu'ils diminueraient le nombre et le montant des rabais et autres promotions habituellement pratiqués. A la guerre comme à la guerre.

Pourquoi toutes ces augmentations des prix ? Tout simplement pour compenser l'inflation qui ne cesse de progresser de façon alarmante. En ce moment c'est véritablement l'angoisse. En quelques semaines le Pesos argentin s'est dévalué de façon vertigineuse et le taux de change au marché noir de l'Euro et du Dollar a explosé.
Si en octobre on donnait 1 Dollar pour 6,33 Pesos, aujourd'hui on en donne entre 7 et 7,70 ! Et pour l'Euro c'est encore pire puisque désormais on donne 1 Euro pour 9 à 10 Pesos, contre environ 7 il y a seulement 3 mois ! C'est à peine croyable. Bien entendu, sur le marché officiel, rien ne bouge et l'on vous donnera toujours vos 5,88 Pesos par Euro versé. Hallucinant...

Il faut souhaiter que la dernière visite du FMI - qui n'est certainement pas étrangère à l'évolution brutale de ces derniers jours - permettra une accalmie. En effet, depuis plusieurs années le gouvernement publie des statistiques annuelles largement en dessous de la réalité : alors que selon des instituts privés l'inflation serait entre 23 et 25 %, le gouvernement annonce régulièrement un taux de 9%. Le FMI s'en est vivement ému et, après une visite toute ´recente, le FMI a menacé l'Argentine de sanctions. ce qui est tout à fait rarissime. Pour mémoire, seule la Tchécoslovaquie avait été forcée de se retirer du Fond Monétaire International en 1954, avant d'y revenir en 1990 !

Pour calmer le jeu, et pris la main dans le pot de dulce de leche, le gouvernement a accepté de se soumettre aux injonctions du FMI en revoyant (supposons-le à la hausse) son calcul du taux d'inflation. Attendons de voir les résultats avant de nous réjouir trop vite. Économiquement dans la mouise depuis de très longues années, il en faudra beaucoup avant que l'Argentine ne puisse stabiliser la situation,et bien plus encore pour qu'elle puisse mettre la tête hors de l'eau.

Juste pour souligner l'ironie de la situation, pendant que le pays s'enlise un peu plus, les Députés et les Sénateurs ont décidé d'augmenter leur solde de 21,8%... On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

6 février 2013

Retour à Iguazu

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Les spectaculaires chutes d'Iguazú sont certainement l'un des endroits les plus beaux du monde. Je me souviens encore de l'émotion incroyable et de cette impression fantastique de puissance bestiale qui m'avaient alors envahi jusqu'à l'étourdissement lorsque je les avais découvertes, littéralement fasciné, en janvier 2010 lors d'un voyage au Brésil. Une chose était sûre : un jour je reviendrai en ces lieux, comme en une sorte de pélérinage. Comment aurais-je pu imaginer que j'y retournerais seulement trois ans plus tard ?

Profitant d'un week-end prolongé, je suis retourné dans la Province de Misiones, au nord-est de l'Argentine, en pleine forêt sub-tropicale, pour admirer encore ce prodige de la nature partagé entre les deux rives du Rio Uguazú, de part et d'ature de l'Argentine et du Brésil. Et trois ans après, l'émotion est intacte.


Sous un soleil de plomb et dans un vacarme infernal que tempère le chant des cigales, des milions de litres d'eau déferlent sur des centaines de mètres. L'émerveillement est de chaque instant. C'est prodigieux.


Les animaux ne sont pas en reste, même si l'affluence des touristes les repousse dans la forêt préservée dans son état sauvage. On peut pourtant admirer à loisir papillons multicolores... 


des oiseaux, comme cet échassier chassant dans les marécages...


...ou cet hurluberlu qui s'amusait à nous faire "coucou" de son gros oeil jaune à travers les branches d'un grand arbre.


Mais le plus spectaculaire reste le décors des chutes d'eau, démonstration des prodigieuses forces de la nature, et qui nous font sentir tout petit. Oui, j'aime véritablement ce lieu, et peut-être particulièrement le côté brésilien qui est certes moins démonstratif mais tellement plus contemplatif. C'est drôle, il y a trois ans j'avais préféré le côté Argentin, pour les raisons exactement inverses. Comme quoi, on trouve à Iguazú tout ce que notre humeur du moment nous dicte.



Iguazú, l'un de mes paradis personnels. J'y reviendrai encore, c'est certain... Dans trois ans peut-être ?