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  • 8 janvier 2014

    L'angoisse de la première brasse

    Depuis quelques jours, je trouve mes parents différents. Leur comportement à mon égard a changé. Un peu. Je les trouve plus attentionnés que de coutume, un rien plus avenants, vaguement plus causants. Rien de bien ostentatoire ni de franchement démonstratif mais pourtant c'est nettement perceptible. 

    L'exemple le plus flagrant c'est certainement mon père qui, hier soir, m'a lui-même apporté mon café vesperal au salon pendant que je regardais la télévision, alors que d'habitude je me joins à eux pour le boire à la cuisine et grappiller au passage un petit gâteau sec dans la boîte en métal rituellement ouverte sur la table. Mon père, m'apporter ma tasse de café au salon ? J'ai cru rêver. 

    Je ne crois pas que leur prochain voyage sous des latitudes tropicales soit à l'origine de tout cela. Non. Même si je les sais heureux de partir en vacances dans un pays magnifique, je sais aussi qu'ils sont tristes, chacun à sa façon, de me savoir en partance pour une durée indéterminée.

    Je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Pour moi, partir n'est aucunement synonyme de séparation, d'éloignement ou de tristesse. C'est, au contraire, un événement fortement positif, une sorte de big big-bang personnel vers une expansion dont j'ignore encore quel univers il en résultera ni quelles en seront les lois internes. Un saut vertigineux dans l'inconnu, ponctué toutefois de quelques jalons administratifs qui donneront une certaine et salutaire direction aux premières semaines, histoire de mettre un minimum le train sur des rails. Ces points de repère revêtent d'ailleurs une importance capitale à mes yeux en ce qu'ils permettent de me projeter et de me hisser vers ce futur comme le naufragé à la corde d'un navire venu le chercher en pleine houle.

    Peut-être ma démarche est-elle trop égoïste par certains aspects : oui, j'ai surtout pensé à moi dans cette histoire. En suis-je blâmable ?

    Plus la date de mon départ approche, plus je me rends compte de la tristesse causée à ceux que je quitte. Et par effet boomerang, cette prise de conscience, parfois violente, me rend à mon tour triste de partir même si, dans mon esprit, le voyage que j'entreprendrai dans maintenant quelques jours n'est pas un aller simple définitif mais un premier bond, crucial, une première tête dans l'océan suivie d'une courte brasse jusqu'à la grande bouée avant de revenir sur la plage et dire à ceux qui y sont restés sur leur serviette à m'observer au loin : 
    "Hey ! Vous avez vu ? Elle est vachement bonne ! J'y retourne"...

    6 commentaires:

    1. Un départ n'est pas évident, surtout que tu traverses l'Atlantique. Ce n'est jamais évident de s'éloigner de ceux qu'on aime lorsqu'on a pris l'habitude de vivre pas trop loin et de se voir facilement. Et pourtant... c'est juste une nouvelle façon de se voir, de communiquer, de nouvelles habitudes à mettre en place!

      La France est un petit pays, on a pas forcément l'habitude de longue distances. Mais il est de plus en plus facile de prendre un billet d'avion, et à n'en pas douter, avec le temps les tarifs baisseront toujours plus.

      Alros non, je ne crois pas que ce soit égoïste, c'est juste un GROS changement, mais c'est ce dont tu as envie et qui te rendra heureux. Bien sûr au début ce sera dur (et il y aura toujours une tristesse) mais vous trouverez de nouveaux moyens de communiquer, et vos moments ensembles n'en seront que plus forts! Alors ne te fais pas trop de soucis, vas là où ton coeur te dit d'aller ;-) (et tu oublies pas de m'envoyer une carte postale!

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    2. Tiens, mon com a disparu !!! Pourtant il était trop beau !
      Je disais que je n'étais pas triste mais que ça fait quelque chose quand même !
      Pas n'importe qui s'en va très loin, là bas !
      ;-))

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    3. Rien d'égoïste : quitter le nid est dans l'ordre des choses. La peine des parents est aussi naturelle qu'un (re) départ, il y aura un petit deuil, c'est inévitable. Et puis surtout, il est chou ton papa, tu as de la chance :-)

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    4. Bon moi je suis restée en France, mais j'ai mis 1000km entre ceux que j'aimais (et que j'aime encore hein) et moi. Oui c'était égoïste, oui c'était triste pour eux et pour moi, oui cela a été un déchirement, mais il y a des choix comme cela qui ne regardent que toi, et qui ne remettent aucunement les sentiments que tu as pour ceux qui restent.
      Si ton cœur te dit qu'il faut que tu ailles là bas, que tu sais que tu seras heureux comme cela, et bien vas-y. Tu reviendras en France, ils viendront te voir là bas.

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    5. Mes parents ont aussi eu de fortes appréhensions lors de mon départ au Canada. Le peur que j'y reste, la peur que je ne revienne pas assez souvent les voir, la peur de l'éloignement, je suppose. Puis quand je suis parti vivre à Praque, un an après mon retour en France, même topo. Pourtant Prague c'est moins loin. Et je reviens toujours régulièrement. C'est ça les parents... Je prends ça comme une preuve d'amour.

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    6. Coucou ti'Tambour.
      Te revoilou ici !! ;-)

      Pour commenter ton post. Je dirais que c'est normal que tes parents réagissent comme ça. Je ne sais pas s'ils sont inquiets de ton avenir (y'a pas de raison)... mais ils sont naturellement tristes. Il y aura moins de contacts physiques qu'auparavant, moins de contacts réels. Ce n'est pas comme passer un "coup de fil" ou parler via Skype ou un blog... tout ça c'est un peu "virtuel". Ce qui va leur manquer c'est de te serrer dans tes bras, te toucher, voir tes yeux en vrais, entendre ta voix non déformée par un appareil électronique, te voir marcher, prendre un objet, te sentir, te toucher.
      Tu vas en quelque sorte passer du réel au virtuel pour eux même si tu reviendras à la maison (ou eux venir je ne sais pas). Et facile pour personne.
      C'est un sentiment naturel et humain qui se déroule devant toi.
      Bisous !!

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