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  • 7 février 2014

    Petit lexique Franco-Québécois à l'usage des débutants - Chapitre 1

    14 commentaires
    Arriver dans un nouveau pays signifie corrélativement devoir s'adapter aux lois, coutumes et traditions de celui-ci. Parmi les multiples vecteurs d'adaptation, la langue est certainement l'un des plus importants.

    Croire qu'arriver au Québec c'est débarquer dans un pays où tout le monde parle le français de chez nous est une grave erreur. Au Québec on parle certes le français, mais l'on parle avant tout le québécois. La différence est la même qu'entre l'anglais d'Angleterre et l'anglais US ou encore entre l'espagnol d'Espagne et l'espagnol d'Amérique Latine.

    Cette différence s'exprime tout d'abord par son accent que certains trouveront charmant alors que d'autres le trouveront ridicule. Tous les goûts sont dans la nature.

    Toutefois la manifestation la plus sensible de cette différence se trouve certainement au niveau du vocabulaire. Certaines tournures de phrases peuvent prêter à confusion, voire susciter l'incompréhension.

    Ainsi on m'a dévisagé avec des yeux de merlan fri lorsque, me proposant de mettre la table, j'ai demandé où étaient rangés les couverts. Les couverts ? Kôliss c'est quoi c't'afaire ? Ici on ne dit pas couvert mais... ustensiles.

    Il faut aussi prendre garde aux faux-amis. Messieurs, ne vous offusquez pas si l'on vous propose ou si l'on vous demande si vous avez bien mis des bas chauds. Les Québécois n'ont pas pour habitude de porter les vêtements de leur mère ni de se déguiser en créature hybride le soir venu pour aller déambuler dans le Village. Non. Des bas ce sont des chaussettes, quelle qu'en soit la longueur.

    Toujours en ce qui concerne les pieds, les chaussures seront avantageusement remplacées par des souliers, et les tennis par des espadrilles. Ne soyez donc pas vexé si l'on complimente votre nouvelle paire de chaussures de sport à 200 dollars en les traitant d'espadrilles...

    Sachez aussi que lorsqu'une chaussure dépasse la hauteur stricte du bas de la cheville, alors la chaussure devient une botte. Oubliez les bottines, ce mot est inusité ici.

    Dans un autre registre, un toutou désigne non pas un toutou, mais une peluche. Si vous caressez le caniche de la voisine, c'est alors un pitou
    Un pitou en toutou désigne donc, pour nous autres, un toutou en peluche. Vous suivez toujours ?

    Et si vous sortez dehors par un grand froid, ne mettez pas votre écharpe mais votre foulard. Laissez vos mouffles dans le tiroir mais prenez vos mitaines. Et bien sûr vous troquerez votre bon vieux bonnet contre une tuque ou, mieux un "cass de pwouêl" (phonétiquement) qui désigne un chapeau de fourrure avec des rabats pour couvrir les oreilles.

    Parmi les expressions qui ont retenu mon attention, "Bibitte à patate" tient certainement la palme.
    Alors, une bibitte à patate n'est pas un pénis lubrique s'ébrouant sauvagement dans un panier de pommes de terre... Ce n'est pas non plus une MST bizarre. 

    Bibitte, c'est pour bébête. Et patate désigne les... patates. 

    Une bibitte à patate désigne donc un insecte muni de plusieurs paires de pattes, qui vit sur les patates : le doryphore ! Ok, doryphore n'est pas le mot plus facile à placer dans une conversation, je vous l'accordre. En revanche une fois l'hiver passé, des bibittes il y en a partout... 

    "Conduire dans Paris, c'est une question de vocabulaire", écrivait Audiard. Savoir se comporter en société à Montréal aussi...