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  • 12 janvier 2015

    Et maintenant ?

    La France vient assurément de vivre une page importante de son histoire contemporaine, le 11 septembre que nous n'aurions jamais imaginé connaítre et dont aucun de nous n'aurait souhaité être le témoin. Des jours d'horreur, de peur, de terreur. Des jours où la folie humaine mêlée au fanatisme religieux conduit l'humanité aux tréfonds de ce dont elle est capable.

    La traque, par les forces du GIGN et de Gendarmeirie, des trois criminels puis leur décès, a mis fin à soixante douze très longues heures. Outre la sauvagerie barbare des assaillants, le bilan humain est celui que l'on sait. 17 victimes, de toutes les confessions, froidement abattues entre Paris, Montrouge et Porte de Vincennes :
    • Frédéric Boisseau, agent de maintenance de la société Sodexo ; 
    • Philippe Braham, cadre commercial dans une société de conseil en informatique ; 
    • Franck Brinsolaro, policier chargé de la protection de Charb ;
    • Jean Cabu, dit Cabu, dessinateur, pilier de Charlie Hebdo ;
    • Elsa Cayat, psychiatre et psychanalyste, chroniqueuse pour Charlie Hebdo ; 
    • Stéphane Charbonnier, dit Charb, dessinateur notamment chez Charlie Hebdo, Fluide Glacial, l'Écho des Savanes, Télérama et L'Humanité ;
    • Yohan Cohen, employé du supermarché Hyper Casher : 
    • Yoav Hattab, étudiant ; 
    • Philippe Honoré, dit Honoré, dessinateur chez Charlie Hedbo ;
    • Clarissa Jean-Philippe Policier municipal à Montrouge ;
    • Bernard Maris, journaliste et économiste, publiant notamment chez Charlie Hebdo ;
    • Ahmed Merabet, policier au commissariat du XIe arrondissement de Paris ;
    • Mustapha Ourrad, correcteur chez Charlie hebdo ;
    • François-Michel Saada, cadre supérieur à la retraite ;
    • Michel Renaud, ancien journaliste, fondateur du festival Rendez-vous du Carnet de Voyage ; 
    • Bernard Verlhac, dit Tignous, dessinateur, collaborateur régulier chez Charlie Hebdo ;
    • Georges Wolinski, dessinateur, pilier de la bande de Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo ;
    L'immense mouvement populaire auquel nous avons assisté et, pour un très grand nombre d'entre nous, participé, témoigne d'une part de l'émotion suscitée à l'échelle internationale, et de l'attachement viscéral de nos concitoyens aux valeurs essentielles de notre République.

    Sur invitation du Président Francois Hollande, ce sont plus de 3,5 millions de personnes qui sont descendues battre le pavé en silence, entre samedi et dimanche. Encore, faudrait-il certainement revoir ce chiffre à la hausse si l'on comptabilisait les manifestations pacifiques qui ont eu lieu un peu partout dans le monde, de Madrid à Buenos Aires, en passant par Sydney, Londres ou Boston.

    A ce cortège silencieux, de nombreux chefs d'État et de Gouvernements étrangers se sont joints pour affirmer leur solidarité avec la France et, dépassant le cadre de la polémique pourtant légitime, dire non à la barbarie terroriste.

    Historique.

    Seulement, une fois passée l'émotion intense, et probablement très sincère, quoique l'on la puisse concevoir plus ou moins entretenue par des médias fortement anxiogènes, maintenant, que va-t-il se passer ? 

    Les manifestations ne sont en aucun cas suffisantes pour faire évoluer quoi que ce soit. Si elles sont le signe irréfutable d'un aspiration commune des français, elles ne sauraient constituer une fin en soi. L'on se rappellera, non sans amertume, les manifestations qui eurent lieu suite aux résultats des élections de 2002 voyant le Front National arriver au second tour et, depuis lors, le score de ce même parti politique ne cesser de croître scrutin après scrutin. Chien qui aboit ne mord pas.

    Non pas que la manifestation soir inutile. Bien au contraire, elle a sans aucun doute permis un instant de communion républicaine mettant tout le pays à l'unisson face aux abominations perpétrées par des fous de dieu. Le Premier Ministre David Cameron lui-même déclarait, avec une certaine admiration, avoir vu "une démocratie incroyablement fière de sa liberté d'expression". La puissance du message envoyé est incontestable et replace la France sur le piedestal qui a longtemps été le sien en termes de libertés fondamentales : la France porte-étendard des Droits de l'Homme

    Oui, mais voilà... cela ne doit être qu'un début. Car maintenant, tout, après ce cataclysme, est à faire

    Il ne s'agit pas de prendre des décisions à l'emporte-pièce et de légiférer à tort et à travers dans le feu de l'émotion, comme cela est, hélas, trop souvent le cas. À présent beaucoup de questions, menant à un lourd diagnostic, devront être posées, afin de comprendre en profondeur ce qu'il s'est passé et d'y apporter des réponses de fond. 
    "Nous avons besoin de politiques d’intégration plus solides, notamment dans l’enseignement de la langue. Nous devons investir dans ceux qui arrivent dans nos sociétés. Nous devons mettre de l’avant une véritable égalité citoyenne pour tous, peu importe le statut de quelqu'un
    écrit M. François Crépeau, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme des migrants et professeur de droit à l’Université McGill de Montréal.

    Instruire, éduquer, répondre, dialoguer, encadrer... C'est à un douloureux état des lieux qu'il nous faut nous livrer, tous ensemble, profitant en cela du début de solidarité que l'on a vu naître entre les différentes communautés ces derniers jours.

    "Il y aura un avant et un après ce qu'il s'est passé" déclarait Manuel Valls vendredi soir.
    Cet après, il commence dès aujourd'hui.
      

    ___
    Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance, 
    et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté,
    si elle n'est pas éclairée.
    [Albert Camu, La peste, p.124, Folio n°42]

    2 commentaires:

    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    2. Tout a fait, Tambour! Je vais même tenter une pointe d'optimisme débridé dont je suis peu coutumier : je veux croire que la prise de conscience a été suffisamment déstabilisante pour que la remise en question, the real one, se fasse vraiment. Le changement de paradigme post crise nécessaire dont on nous rebat les oreilles et qui ne vient pas pourrait enfin avoir lieu.
      Mais c'est avant tout la politique qui doit changer. Entre autre la politique de la ville, comme on l'appelle. J'aimerais croire que la politique qui va suivre le choc va s'interesser à ce pourquoi elle est faite au départ : ce qu'on appelle le "vivre ensemble" (moi j'appelle ça la fraternité, certains disent la cohésion sociale). Et non : la politique n'est pas faite (que) pour créer de la richesse : elle doit d'abord veiller à ce que tous aient une place, un sens, une envie dans notre République ; elle doit combattre les à a priori, les quant à soi, les extrêmes, les inégalités.
      Régis Debré ne dit d'ailleurs pas que des conneries à ce sujet.
      Mon optimisme est un poil plus tempéré quant à la réalité de l'entreprise, surtout quand je lis les réseaux sociaux et les réactions à mes rares post Facebook sur le sujet.

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