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  • 6 janvier 2015

    Peut-on encore bloguer anonymement en 2015 ?

    Lorsque j'ai commencé à prendre mon clavier en juin 2007 pour y raconter ma vie (presque ordinaire), la question de protéger mon identité ne se posait pas. Ou peu. S'agissant d'un blog ouvert à l'aide de mon compte MSN, essentiellement pour quelques amis, je ne me suis pas tout de suite posé la question de l'exposition de mes écrits et de mes photos - car à l'époque il y en avait quelques unes.

    Ce n'est qu'après m'être fait prendre les doigts dans la porte par un employeur que je me suis soudainement rendu compte du danger que pouvait représenter la publication d'écrits libres et personnels sur internet.

    Ce soir là, voyant qu'un ordinateur portant la signature IP du boulot était en train d'éplucher mon blog - je m'en souviens comme si c'était hier, je fus pris d'un accès de panique, mettais le blog en mode privé et supprimais dans la foulée toutes mes photos et tout ce qui, d'une façon ou d'une autre, pouvait m'identifier. A cela j'ajoutais une légère retouche des textes afin de définitivement dissimuler toute indication de lieux ou de personnes trop précise. 

    L'avantage des écrits est leur durabilité. Inscrits dans le temps, on peut donc les lire, les relire et les décrypter à l'envie. Mais l'avantage des écrits, dont la photo fait partie, est aussi leur principal défaut : ils restent... 

    Depuis lors, je me suis copieusement abstenu de toute imagerie personnelle, arborant pour seule identité une bannière multicolore, ma signature depuis des années, et deux lettres de l'alphabet sur fond orange. Certes je me suis permis des apparitions dans un calendrier à plusieurs reprises, mais toujours à visage couvert. 

    Et au fond cette situation était pendant longtemps parfaite. Le blog constituait un déversoir efficace, un exutoire parfait. Ecrire, pour raconter n'importe quoi - comme cette recette de Tarte fine aux foies de taupe meringuée, monument de nawakisme, dont on me reparle encore aujourd'hui ! - faire mon auto-analyse, exorciser mes démons, ou coucher quelques jolis moments afin de les relire plus tard... Nous y revoilà : écrire dans la durée, ce qui me convient parfaitement. 

    Voici deux ou trois ans, je lisais des blogs, plus d'une centaine, qui publiaient plusieurs fois par semaine. Une fenêtre sur des vies, des blessures ou des joies. Parfois trois fois rien. Juste un sourire esquissé. Les commentaires allaient bon train qui alimentaient la discussion et ouvraient la porte à davantage.

    La lecture des autres m'a fait découvrir des personnalités attachantes, drôles, parfois troubles. Car, avec ou sans photo, l’accumulation des billets dessinait, en filigrane, le portrait de son auteur. Et c'est justement cette part de mystère, nimbée de connivence, qui motivait les rencontres entre blogueurs. J'en ai pour ma part rencontré beaucoup. Certains sont devenus des amis que j'ai plaisir à revoir régulièrement. 

    Et puis les choses ont évolué. 

    L'explosion du phénomène Twitter en particulier a changé la donne. Fini le billet, place à 140 signes. Au lieu d'un billet réfléchi, construit aux phrases tournées, on lâche quelques tweets en pâture, sans effort syntaxique particulier, si ce n'est la recherche effrénée du bon mot. Et puis c'est tout. L'anecdote qui naguère pouvait donner lieu à une petite page et être lue tranquillement en quelques minutes, se trouve passée à la moulinette de l'instantané. Symptôme des temps. Il faut aller vite. Lire vite. Connaître vite. On passe, on zappe, tu plais, tu plais pas, next

    Dans ce contexte, l'image prend un sens accru. Qui n'a jamais followé quelqu'un pour l'unique motif qu'il/elle a l'air mignon/ne sur sa photo, indépendamment du contenu ? Réciproquement, qui ne s'est jamais étouffé en voyant le nombre de 'like' sous une une photo Instagram d'un joli garçon dévêtu alors que le cliché de votre thuya nain de micronésie pris lors de vos dernières vacances, ne récolte que de maigres éloges ?

    L'image, en ce qu'elle sollicite notre cerveau reptilien, participe de ce travail de l'instantané. Encore récemment, un twitteux me confiait ne jamais suivre des twittos sans photo, variante du "No pic no dial" de mise en d'autres lieux. Et j'avoue que cette remarque m'a beaucoup donné à réfléchir. D'autant que, dans la foulée, certains s'étonnaient de me voir apparaître le visage flouté lors d'une rencontre impromptue entre twittos à Lyon. Choix assumé, qui peut paraître débile. Je ne le trouve pas.

    Pour les raisons que j'ai évoquées plus haut, je ne tiens pas à m'afficher ouvertement, même si je me livre énormément dans ces pages. C'est le but, c'est un choix : que ma petite prose, désincarnée, soit lue par des yeux anonymes. Et je constate autour de moi que je ne suis pas un cas isolé.

    Twitter est surtout un outil de discussion, accessoire et simple prolongement du blog. Ce n'est pas sans conséquence. Le blog reste un vecteur privilégié d'expression, même si twitter est nettement plus facile. S'exhiber sans se montrer totalement, suggérer par couches successives, même si l'objectif premier n'est pas là. Je me considère donc comme un blogueur qui twitte.

    L'anonymat est aussi le gage de ma totale liberté. Et la liberté n'a pas de prix. Alors, pour longtemps encore, l'image passera par les mots.

    Il suffit d'ouvrir les yeux...

    12 commentaires:

    1. Je suis pour l'anonymat mais des fois, on aimerait mettre un vrai visage sur un vrai blogue histoire de voir si on peut se fier à nos ressentiments et à nos yeux. Quant à twitter... Ca ne remplacera jamais un blogue. C'est trop superficiel. Sans réel saveur. Mais effectivement, ça peut complèter un peu, comme fb. Mais c'est tout.
      Pis spacelive c'était bien.

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    2. Sur les "bo mec" et leur Like, je te conseille de faire un petit calcul , quand ils ont 4000 amis et seulement 150 like quand ils montrent leur cul/teton ou autres , ça fait un faible taux de "Like" non ? il faut parfois comparer les choses , je l'avais conseillé au gentil twittos Seb de Strasbourg avec des exemples précis montrant que son taux de like était en fait supérieur à celui d'un twittos montrant facilement son cul. Ses amis ont donc plus de "valeur" :)

      Et tu as raison : le blog c'est du temps long, Twitter c'est de l'éjaculation précoce : faut que ça gicle tout de suite . un twitteux me confiait ne jamais suivre des twittos sans photo mais c'est parfois plus sournois : ils ne répondent qu'aux bomecs, sans doute de peur d'attraper des maladies et des rides de visage en parlant aux "autres".

      donc continue comme ça et sinon on peut témoigner que tu existe en cher et en os et que tu manges des choses dans des BBQ .

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    3. Ah bin m'en parle pas! j'ai très longtemps publié en anonyme mais google est là! Si tu montres à des voisins une belle poule de race et que ceux-ci tapent le nom de cette race sur google et arrivent "chez toi"! Si tu parles de la plage naturiste gay qui se trouve à trois km, tous les gays et pas encore se retrouvent devant ta porte...Pour finir en n'ayant jamais rien dit dans ton village, tout le monde sait mais ne dit rien!! :)

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    4. J' ai blogué 10 ans complétement anonymement sans photo ni aucun indice
      Je suis passée sur un autre blog anonyme mais en transmettant l'adresse à des personnes de manière volontaire et involontaire aussi en oubliant parfois que mon téléphone gardait la dernière connexion en mémoire . Pour l'instant je laisse les choses en l'état .
      Isabelle

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    5. Si mes souvenirs sont bons, j'ai cherché à te croiser après avoir lu un billet ici, et cette solution-là me parait bien meilleure que l'exhibition d'une photo... Je comprends fort bien ton envie de rester dans la pénombre !

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    6. Bah! Qu'importe, n'est-ce pas qu'on vienne te lire et qu'on y prenne plaisir pour des raisons qui nous sont personnelles.

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    7. Ouvrir les yeux sur des mots ou ouvrir des mots avec ses yeux en fait .....J'approuve !

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    8. mais comment fais-tu pour paraître le visage flouté quand tu rencontres les gens ? je veux ton secret !

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    9. Après il y a aussi le phénomène d'autocensure qui apparaît quand des personnes que tu connais, viennent fréquenter ton blog.

      C'est ce que j'avais appelé à l'époque "le paradoxe du blogueur" dont je parle ici [https://www.facebook.com/notes/seb-sebounnet/un-jour-jai-%C3%A9t%C3%A9-blogueur/10151986534516374)

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    10. Et nous resterons encore longtemps les yeux ouverts pour lire ta prose :)

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    11. Pour m'être moi-même fait prendre très fort les doigts dans la porte j'approuve... un peu trop tard certes...

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    12. La liberté n'a pas de prix....tu ne croyais pas si bien dire lorsque tu as écris ton article....hélas,depuis nous avons appris que la liberté a un prix,celui de la vie.......

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