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  • 26 décembre 2016

    Le Grand Horoscope 2017

    8 commentaires

    Travail, santé, amour, chance... 

    Que vous réservent les Astres pour l'année 2017 ?

    En grand prophète du Cosmos, Tambour Major s'astique les boules, consulte l'Oracle et vous révèle les grandes tendances de votre avenir, en direct du Zodiaque.

    Les Astres ne mentent jamais...


    Bélier

    21 mars - 19 avril

    Travail : Vous n'avez strictement rien foutu de l'année 2016 aussi l'année 2017 s'annonce encore plus merdique que tout ce à quoi vous pourriez vous attendre. Prenez votre mal en patience, votre horizon astral se dégage à partir de 2035.

    Santé : Vénus entre dans la maison VI à partir du mois d'avril  en conjonction avec le Petit Caribou ce qui annonce un mal de dos chronique et peut-être une hernie discale à faire opérer rapidement. Ah, et on me glisse dans l'oreillette que vous auriez mauvaise haleine.

    Amour : Vous serez seul, toujours seul, désespérément seul... à quoi bon vous obstiner ?  Les Astres sont contre vous. Renoncez.

    Chance :  Misez sur les aubergines et le tofu bio.

    Taureau

    20 Avril - 20 Mai

    Travail : Si vous le cherchez, lui ne vous trouvera pas. Il y a du licenciement et du RSA dans l'air.

    Santé : Vous avez les pieds fragiles et 2017 sera propice aux ongles incarnés des orteils 1, 3 et 4. Avec Jupiter qui stagne dans la maison VII de février à novembre, anticipez d'éventuelles mycoses plantaires, avant propagation sur le reste du corps.

    Amour : Vos pulsions nymphomanes seront décuplées cette année. Attention à ne pas vous enflammer le prépuce ou la vulve, et à renouveler votre vaccin contre la blennorragie caprine. Risque de coup de foudre platonique pour les natifs du deuxième décan.

    Chance : Vous serez probablement le signe le plus chanceux du zodiaque. C'est dire à quel point les autres signes auront une année merdique.

    Gémeaux

    21 Mai - 21 Juin

    Travail : Vos efforts vont enfin payer. Coucher avec votre supérieur hiérarchique aura probablement été la meilleure décision de l'année écoulée. 2017 portera ses fruits. Prévoyez néanmoins de traiter vos lèvres gercées.

    Santé : Grosse baisse de tonus de janvier à novembre. En effet Uranus arrive en maison X et entre en résonance avec la Lune sous le signe de la Balance. Attention aux dégâts ! Prise de poids importante prévisible : vous allez bouffer comme une grosse truie. Natifs du troisième décan, attention à votre foie.

    Amour : Les natifs du premier décan trouveront probablement l'âme sœur entre le 11 avril et le 14 août et se feront larguer du 17 juin au 29 octobre. Pour les autres, faites le plein de vidéos sur YouPorn, vous en aurez besoin.

    Chance : Évitez les ratons laveurs anorexiques, misez sur le 6 et serrez les dents le temps que ça passe.

    Cancer

    22 Juin - 22 Juillet

    Travail : Si vous avez un boulot de merde, ne reprochez pas aux autres cette situation dont vous êtes l'unique responsable. Pour les Cancer en reconversion professionnelle vers les métiers de la conchyliculture, 2017 sera favorable aux natifs du deuxième décan ascendant d'un signe d'eau. Pour les autres, c'est foutu.

    Santé : Cancer, vous avez dit cancer...?

    Amour : Votre partenaire ne sera que reproche et incompréhension. Il faut lire que vous êtes particulièrement impénétrable, et pas seulement au lit... Faites place au dialogue si vous ne voulez pas que tout cela finisse encore plus mal que prévu. Et arrêtez de croire systématiquement que votre partenaire vous trompe, vous vous faites probablement des idées.

    Chance : Vous aurez une chance de cocu. Ho wait...

    Lion

    23 Juillet - 22 Août

    Travail : Après avoir trimé comme un malade en 2016 et en 2015 voici que 2017 portera enfin du fruit. Vous serez justement récompensé pour tous les efforts et les sacrifices réalisés lors de ces dernières années. Comme le dit le proverbe "Un printemps succède toujours à l'hiver". Non je déconne, vous allez en chier.

    Santé : Oh, c'est quoi ces petits points noirs sur votre avant-bras ?

    Amour : Avec la constellation du Marcassin qui se faufile entre la Lune et Mercure de janvier à juillet, vous avez les crocs et cela se voit. L'influence solaire de la maison II ne sera que peu bénéfique. Du coup tout le monde vous fuit, de peur de se faire dévorer. Allez-y doucement, prenez votre temps. Et non, le kidnapping n'est pas une option valable...

    Chance : Pensez au black-jack, à la belote et allez-y mollo sur la roulette russe. Éviter les carottes râpées. Légume fétiche : le topinambour.

    Vierge

    23 Août - 22 Septembre

    Travail : Vous n'en faites qu'à votre tête ce qui vous conduit inévitablement sur des sentiers arides dont vous n'arrivez pas à vous dépêtrer. Éviter les travaux manuels tel que l'élagage des arbres fruitiers et la tonte bisannuelle des alpagas.

    Amour : 2017 sera une année pleine d'expérimentations et de nouveautés pour vous. Vérifiez une éventuelle allergie cutanée au cuir et au néoprène. Avec l'entrée de Mars dans votre Zénith astral, les natifs du troisième décan verront leur charisme se décupler comme rarement depuis ces sept dernières années : profitez-en, ça ne durera pas !

    Santé : L'arrivée de Jupiter par le Nord dans votre Ciel astral influera négativement sur votre digestion d'autant que Neptune, qui symbolise votre intestin grêle, est en dissonance itérative en Sud-Est par la Grande Ourse et en dissonance itérative Sud-Ouest par Orion dans la maison IV. Risques de diarrhées aiguës de mai à août pour les ascendants de signes de feu. Remontées gastriques en février et mars pour les autres. Deuxième décan, méfiez-vous de la viande d'alligator et de la purée de pois cassés.

    Chance : Andromède est contrariée en maison XI de mars à mai et votre trigone est azimutal par le Sud en Juin. Alors, ne tentez pas trop le hasard cette année car les possibilités de pertes sont supérieurs à celles de gain. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, je pose quatre et je retiens deux. Animal porte bonheur : le tourteau.

    Balance

    23 Septembre - 23 Octobre

    Travail : Vos collègue disent du mal de vous dans votre dos. Vous vous en doutiez, c'est maintenant une certitude. Mars, en conjugaison défavorable avec la Loutre et la Cornemuse en maison XI, vous apportera un lot de déceptions dont vous ne vous remettrez jamais.

    Amour : Tel un navire en plein mer avec un vent force 7, votre vie sentimentale tangue et vous tentez de vous justifier. Des désaccords en série surviennent, tout se passe comme si soudain la magie entre vous disparaissait. La crainte que l'amour cesse peut vous tenailler. Hissez-haut moussaillon, pas de panique ! Cette petite tempête peut au contraire tester la solidité de vos sentiments et permettre de repartir sur de bonnes bases : votre chien vous aime, lui...

    Santé : A force de faire n'importe quoi avec n'importe qui, et malgré la protection de Jupiter en maison III de janvier à septembre, vous allez bien ramasser lors de votre prochain bilan sanguin. Flambez la chandelle par les deux bouts si vous voulez, mais ne vous y brûlez pas les doigts. Cécité passagère en août.

    Chance : Très, très peu. Évitez la couleur rouge et les chants bohémiens.

    Scorpion

    24 Octobre - 22 Novembre

    Travail : Vous avez à peu près obtenu ce que vous vouliez en 2016 alors arrêtez de faire chier les Astres et contentez-vous de ce que vous avez en 2017. Non mais !

    Santé : Tout va très bien à ce niveau pour vous cette année, ce qui n'est pas le moindre des réconforts vu le bilan astral catastrophique des douze dernières années. Le médecin ne fera pas sa fortune sur votre dos. Pensez toutefois à renouveler votre concession funéraire et votre assurance responsabilité civile (avec l'option cyclone, fin du monde et attaque de zombies), on ne sait jamais... Scorpion natifs du deuxième décan, évitez les champs de mines et les fronts de guerre du 13 avril au 19 octobre, conseil d'ami.  

    Amour : A force d'envoyer chier tout le monde, ne vous étonnez pas d'être haï par la terre entière. Pleurez tout ce que vous voulez les Astres n'y pourront rien. Et écouter du Kendji Girac n'arrangera certainement pas les choses.

    Chance : Neptune entre en oscillation avec la constellation du Marteau-Piqueur en maison de XII ce qui éloignera le mauvais œil, au moins pour cette année. Nombre fétiche : π. 

    Sagittaire

    23 Novembre - 21 Décembre

    Travail : Comment vous dire ? A partir du mois d'avril Saturne entre en conjonction avec la Grande Ourse en maison IX. Vous allez en chier. Mais grave...

    Santé : Restez chez vous... Si si, vraiment.

    Amour : Coucher avec les êtres qui vous sont chers n'est pas en soi répréhensible du moment que tout le monde est d'accord. Que ces êtres chers soient des animaux pose davantage question...  

    Chance : Non, pas cette année désolé.

    Capricorne

    22 Décembre - 19 Janvier

    Travail : 2017 sera placée sous le signe de la transparence. Normal, vous avez le charisme d'un fer à cheval. Votre implication au travail vous aide toutefois à vous laver la tête. Pensez à apporter un sèche cheveux au bureau.

    Santé : On vous avait pourtant dit de vous méfier des lance-flammes... La Biafine est votre amie. Pour les natifs du premier et du troisième décan, pensez à votre vaccin antirabique. Pour les autres c'est trop tard, vous êtes condamnés. Natifs du troisième décan : mangez de la semoule.

    Amour : L'influence du Phénix vous rendra un peu trop préoccupé par votre apparence. Les bons influx de la planète Mars, conjugués avec ceux du Soleil, vous assureront des flirts dignes d'une relation haut de gamme. Outre la confiance en vous-même, cela augmentera votre vigueur amoureuse. Ami Capricorne, tout au long de l'année, cette tendance s'imprimera dans le mouvement et dans le besoin de se dépenser en toute sincérité. Ou alors droguez-vous. 

    Chance : Attention aux attaques de ragondin. A ce détail près, tout ira bien. 

    Verseau

    20 Janvier - 18 Février

    Travail : A défaut d'aimer votre travail aimez la vie, même si c'est une folie. Premier et troisième décan, votre créativité sera débordante. En recherche d'emploi, pensez à des métiers rares tels que derviche tourneur ou sexeur de paon.

    Santé : Arrêtez de bouffer comme huit... Jupiter en ascendance dans le trigone de la Baleine vous le fera payer, surtout si vous êtes ascendant Gémeaux. Vergetures à prévoir. Mars en vibration négative dans la constellation de la Loutre à partir du 27 février, prenez garde aux drogues dures.

    Amour : N'attendez rien. L'année 2017 se présente comme un moment de solitude. Profitez-en pour ranger, classer vos affaires, payer vos impôts ou lire. Avec le Soleil qui occulte partiellement Vénus dans le quadrilatère du Serpent à plumes, les échanges avec vos amis sont aussi pris dans la dissonance astrale et le feeling n'est pas bon. Vous pouvez vivre du vague à l'âme et un long moment de blues. Les astres vous font repartir dans les souvenirs de vos amours passées. Frapper des orphelines avec une poêle à frire ne vous procurera aucune satisfaction.

    Chance : Mangez des endives et méfiez-vous des nains. Animal fétiche ; le pangolin. 

    Poissons

    19 Février - 20 Mars

    Travail : Les natifs du premier et deuxième décan sont en plénitude cosmique dans la Maison de l'Ouvre Boîte. Les natifs du troisième décan en retrait du 8 août au 19 décembre. Évitez les jeux de mots pourris et les guillotines.

    Amour : Que diable avez-vous fait au Cosmos pour avoir un karma aussi merdique ? Une belle opportunité va se présenter à vous. Et vous allez encore tout foirer. ANDOUILLE !

    Santé : Votre zodiaque est à son sommet. Profitez-en pour vous refaire une beauté. Ça ne sera pas du luxe. Furoncles à prévoir en octobre. Thrombose pulmonaire en décembre.

    Chance : Avec Mercure en stagnation sous l'horizon du Poulpe, puis en dissonance astrale avec les maisons VIII et IX, l'année 2016 fut probablement pénible, faisant osciller votre quotidien de Charybde en Scylla. L'année 2017 devrait voir revenir un afflux astral favorable à partir du 30 novembre. D'ici-là, tracer un pentacle sur votre porte avec le sang d'un chaton sacrifié un soir de pleine Lune sera certainement ce que vous aurez de mieux à faire...  

    22 décembre 2016

    Bréviaire anti-mondain

    2 commentaires

    Billet précédemment publié le 20 Février 2009


    Vous en avez raz-le-bol des mondanités affriolantes, des cocktails de la Baronne Von Bliniskenstein où l'on s'ennuie à mourir ? Des repas interminables chez Monsieur le Préfet, où vous vous retrouvez systématiquement coincé entre, d'un coté, un vieux député eczémateux exhalant de suaves senteurs de naphtaline et, de l'autre, la psychorigide Mademoiselle Chauvignon-Lerenoncourt qui vante à qui veut l'entendre les bienfaits des châtiments corporels pour inculquer de saines mœurs aux enfants récalcitrants (la pauvre, si vous lui racontiez votre dernière nuit entre les mains du bellâtre que vous avez ramassé la veille au soir, elle s'en étoufferait sur le champ) ?

    Vous en avez soupé des après-midi Tea-Time chez tante Léonie à écouter du Chopin joué par la petite nièce sur un Pleyel de concert mal accordé : "Hooo mais c'est qu'elle est au con-ser-va-touâââre !" (à prononcer avec emphase sur un relent de guimauve), à déguster des mignardises en provenance de chez Fauchon... "Hooo mooooon dieeeeeu, mais c'est purement di-viiiiin !" (guimauve, emphase, montée en orgasme, ad. lib.) et à souffrir des conversations aussi flasques qu'un English Jelly, entrecoupées du tintinnabulement de verres en cristal... ?

    Plusieurs fois l'idée de vous suicider en avalant la théière vous a traversé l'esprit mais la frayeur de salir votre costume sur mesure en flanelle de Hongrie et coton de boeuf véritable a réfréné vos ardeurs auto-destructrices.

    Non, vraiment, c'est au dessus de vos forces.

    D'un autre coté, en y réfléchissant un tout petit peu, rien ne vous oblige à vous rendre à ces séances d'auto-mortification passive (quoique la passivité puisse être en d'autres circonstances un sujet que vous dominiez parfaitement, mais ce n'est pas le débat).

    Néanmoins votre bonne éducation (et peut être un petit coté SM chez vous aussi : hein que vous aimez les fessées ?) rompue aux épreuves du Tome 37 du Savoir Vivre Illustré de Nadine de Rotchild et à de longues soirées de méditation passées agenouillé sur une règle en bois, vous interdit par principe de refuser, le mot "non" étant génétiquement banni de votre vocabulaire, au profit d'une litote formulée sous la périphrase suivante ou l'une de ses innombrables variantes :
    "Ho, mais c'est avec plaisir très chère Madame / cher Monsieur (décliner la qualité) que j'accepte votre cordiale et si aimable invitation à laquelle je m'empresse d'émettre toutefois une réserve s'agissant de ma présence assidue en raison d'engagements personnels desquels je ne puis convenablement me dédire".
    En clair :
    "Putain, je vais encore me faire chier, je peux pas dire non, mais sois pas surprise vieille peau si je me barre au bout de 15 minutes".
    Comme quoi tout est dans la formulation, mais ne doutez pas un instant que votre interlocuteur aura su décoder toute la finesse de votre message.

    Vous pensez donc que votre cas est désespéré et que jamais vous ne parviendrez à triompher de cet enfer capiteux qui fleure bon le havane, la cannelle et le thé à la pomme verte.

    Et pourtant des solutions existent qui son à votre portée. Avec un petit peu d'entraînement vous devriez rapidement obtenir des résultats tout à fait intéressants qui transformeront radicalement votre existence, et celle des autres. Après quelques séances, si vous appliquez consciencieusement les règles d'anti-savoir vivre que voici, vos hôtes devraient dans un premier temps hésiter puis progressivement renoncer à vous convier à leurs petites sauteries insalubres.

    Commençons par le commencement : l'arrivée.

    Choisissez d'arriver avec classe chez vos invités tout en respectant une marge de démarcation qui laissera un souvenir impérissable. Venir en coupé SLK ou Z3 est malheureusement d'une banalité affligeante qui ne fera qu'entretenir une saine bienveillance à votre égard. Arriver dans le même véhicule rempli de choux-fleurs ou de navets blancs en revanche, là, c'est la grande classe. Evitez à tout prix les légumes verts : la chlorophylle est particulièrement difficile à faire partir au nettoyage. Pour la même raison les betteraves rouges, quoique nettement plus sayantes au teint, sont à proscrire.

    Vous sonnez à la porte. L'hôtesse se présente tout sourire et vous lui présentez aussitôt un bouquet de roses fraîches endimanchées de gypsophile. Quelle erreur...

    Là encore les légumes peuvent s'avérer salutaires : offrez plutôt une botte de carottes avec leurs fanes ou un potiron cueilli le matin même ! Vous pouvez également la jouer exotique en enguirlandant l'accorte dame d'un collier de fleurs, à la manière des traditions tropicales, à ceci près que vous aurez pris le soin de remplacer les sus-dites fleurs par du boudin blanc (à noël), des andouillettes (si vous êtes du coté de Vires), de la saucisse de Toulouse (si vous êtes dans le coin) ou tout autre colifichet digne d'intérêt.

    Quoique intriguée par votre entrée en matière inhabituelle, la maîtresse de maison a malgré tout pris le pari de vous laisser entrer et vous invite à prendre place parmi les autres invités. Soyez exemplaire et faites usage des formules de politesse, courbettes, révérences et baise-main coutumiers. Ce n'est pas le moment de briller en société par manque de savoir vivre et passer du même coup pour le plus fat des goujats.

    On vous invite à prendre place autour du cocktail apéritif et un major d'homme vous demande ce que vous prenez. Ne cédez pas à la tentation de demander "un doigt" de whisky, et ce d'autant que vous avez certainement l'habitude d'un peu plus que cela. Laissez simplement la conversation s'engager. Immanquablement tante Yvonne entamera un sujet à la délicate truculence tel que ses injections de Botox, l'opération de la prostate de l'oncle Georges ou ses troubles intestinaux.

    Soyez malin et profitez de ce que ces thèmes bénis sont ouverts pour introduire, si je puis parler ainsi, quelques-uns de vos sujets de prédilection. A propos de la prostate vous pouvez par exemple expliquer comment une stimulation réussie de ce petit organe peut procurer de fabuleux orgasmes ; joignant le geste à la parole si le contexte s'y prête. Cela fait surtout son effet à table, entre l'entrée et le premier plat de poisson. Employez des mots justes et pesés, ne tombez pas à pieds joints dans la trivialité d'un vocabulaire insuffisamment châtié.

    Le repas est désormais avancé, la table maculée de taches diverses délimitant le rebord des assiettes, jonchée de cadavres de bouteilles de grands crus, les esprits se font de moins en moins spirituels au fur et à mesure qu'arrive l'heure des spiritueux. C'est désormais le moment d'aborder certains sujets plus lourds, que nous appellerons des sujets de fond, tels que votre première ou votre dernière sodomie, les joies de l'onanisme en bande organisée ou les mystères de la fellation.

    Vous n'êtes pas obligé d'y aller tout de go : quelques allusions et sous-entendus habilement distillés sauront immiscer un malaise général chez le reste des convives qui feindra un sourire crispé. Si le charmant notaire, la trentaine, célibataire - que l'on a malicieusement placé à coté de Mademoiselle Clémence De Lafouffenfolie, espérant nouer ainsi une alliance de premier choix entre deux familles de haut rang - commence à vous faire de l'œil, il y a fort à parier que vous risquez de ne pas rentrer chez vous tout seul ce soir. C'est déjà ça de pris. En revanche, si c'est le député eczémateux invariablement placé à votre droite qui commence à vous regarder lubriquement du coin de l'œil en caressant son verre de haut en bas, il vaudra mieux pour vous que vous passiez le reste de la soirée en tête à tête avec votre poisson rouge !

    Le repas est enfin terminé et arrive le rituel du combo café-thé-spiritueux-mignardises et son lot de conversations émoussées, servi dans le petit salon juste à côté, celui-là même où gît le Pleyel de concert mal accordé sur lequel votre petite-nièce / la fille du médecin / Mlle De Lafouffenfolie / ad lib (rayer les mentions inutiles) s'appliquera dans un instant à massacrer les nocturnes de Chopin ou les Arabesques de Debussy : "Mon trésoooooooor ... joue nous quelque chose de si meeer-vei-lleeeeux" ( roudoudou, guimauve, emphase, montée en orgasme, etc. etc.).

    Si vous êtes toujours là, c'est que vos hôtes sont plus durs à cuire que prévu : il va falloir aller un tout petit peu plus loin et user de stratagèmes un tantinet plus démonstratifs. Tant pis pour eux, ils l'auront cherché.

    Plusieurs possibilités s'offrent à vous, tout sera fonction des circonstances, de la complicité des autres convives, de votre imagination et de votre état d'hébriété.

    Accoudé au piano, faites mine d'admirer le jeu de l'interprète et de vous intéresser à la partition, au besoin en lançant des regards soutenus par dessus son épaule. Il ne fait pas de doute que la jeune prodige, certainement interloquée par votre petit manège, vous posera la question qui, malgré son innocuité apparente, scellera en réalité sa perte : "Vous jouez du piano ?".

    Sous leurs dehors innocents, ces 4 mots anodins vont se révéler un tremplin exceptionnel : "Très certainement mademoiselle". Et de vous emparer du clavier, chassant d'un coup de hanche au besoin la vilaine.

    Prenez de grands airs, ajustez à grand bruit le strapontin en hauteur, un peu trop à gauche, pas assez reculé, non trop... faites craquer vos doigts l'un après l'autre, faites des rotations de la tête pour vous assouplir les cervicales, puis arrêtez-vous, sans décocher une parole. Restez totalement silencieux pendant une quinzaine de secondes avant de pétrir le clavier de coups de poings fulgurants assénés totalement au hasard. Avec un peu de chance vous parviendrez à faire péter une corde, ajoutant une note épicée à ce tintamarre extraordinaire.

    Au bout de 30 secondes, arrêtez-vous net, observez un silence religieux, les yeux fermés, le visage légèrement crispé vous donnant l'air de savourer, dans la résonance du salon, l'évanouissement de ces harmonies voluptueuses (si si, elles le sont !). Enfin, contemplez rapidement les têtes décomposées et les sonotones encore fumants, en vous abstenant soigneusement d'exploser de rire, puis déclarez solennellement sans sourciller que vous venez d'interpréter un extrait de la première sonate figurative « Tractopelle 84 » pour piano et perceuse électrique de Einrich-Edgar Katherr Pylar, compositeur hongrois mort à la fin du XXe siècle, dont on célèbre cette année de centenaire. Reprenez alors votre place comme si de rien n'était, votre sérénité apparente constituant le gage nécessaire de vore réussite.

    Vous pouvez également entreprendre le charmant notaire qui vous faisait de l'œil tout à l'heure tandis que vous parliez sodomie, celui-là même qui vous a subrepticement effleuré la main de son petit doigt tandis qu'il remplissait votre verre de vin.

    Riez ostensiblement et discutez bruyamment de vos ex respectifs en veillant à ne pas rester discrets. Si le cœur vous en dit, et si votre hardiesse vous le permet, passez à l'étape suivante : le roulage de pelle. Mais il faut admettre que seuls les plus téméraires parviendront à ce stade avancé de l'anti-mondanité. Pour anodine qu'elle soit – une pelle n'engage à rien – son coté très démonstratif suscitera une envie irrepréssible de vous voir instamment débarasser le plancher dans les plus brefs délais et l'on vous fera comprendre fermement, mais courtoisement, que vous êtes désormais personae non grata en cette demeure.

    Mission accomplie !

    Empoignez le notaire tant qu'il est encore chaud et rentrez vite chez vous sans demander votre reste : votre nouvel ami saura à n'en point douter trouver les mots justes pour vous faire oublier votre fugace chagrin.

    19 décembre 2016

    Brouillard

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    Brouillard sur la ville
    Dans la froidure du matin
    Le disque blanc du soleil
    Lové dans un linceul de mystère
    Dessine des ombres
    Parmi les arbres qui implorent le ciel.

    Anonymes, les silhouettes sur le trottoir
    Se faufilent dans le dédale sans fin
    D'un horizon de silence
    Perdu dans l'invisible
    Un chat assis derrière la fenêtre
    Me regarde doucement.

    A travers les vitres embuées
    Scintillent mille sapins
    Bariolés de couleurs
    Les enfants sont à la fête
    Entraînant le cœur des grands
    Dans leur farandole de joie.

    C'est bientôt Noël...

    15 décembre 2016

    La Photo du Mois : Mains au travail

    13 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 décembre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Lavandine83 nous a proposé le thème : Mains aux travail.

    Elle nous donne les indications suivantes : 

    "On ne doit voir que les mains entrain de travailler (pas le corps) et l'objet qu'elles confectionnent..."
    Vaste sujet qui, je n'en doute pas, donnera lieu à de multiples et variées interprétations. Et puis je profite de ce thème pour faire partager l'une de mes passions : l'orgue.

    Ainsi, ma photo a été prise en novembre dernier, à l'occasion du concert d'un ami, professeur d'orgue au conservatoire, ici jouant sur l'orgue de Saint Girons, en Ariège.
    Quant à l'objet fabriqué, de mémoire il s'agissait des variations sur "Ballo del Granduca" de J.P. Sweelinck...

    Mettez vos mains au travail et cliquez frénétiquement sur les liens suivants qui vous guideront vers les autres blog participant à la photo du mois :

    A chaque jour sa photo, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamounette et ses aiguilles, Mamysoren, MauriceMonAmour, Milla la galerie, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sense Away, Sinuaisons, Sous mon arbre, Sweets MixTestinaute, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente, ÔBD.

    13 décembre 2016

    Dix jours

    3 commentaires
    Dix jours, c'est le temps qui me sépare d'une petite semaine de repos inespéré.

    Oui, inespéré car vendredi dernier, alors que je demandais à ma boss si je pouvais poser ma journée 23 décembre, j'appris que non seulement le 23 on aurait probablement plié boutique vers midi mais que surtout la boutique resterait pliée jusqu'au 2 janvier : "S'il y a un moment où il faut se reposer, c'est bien celui-là", me répondit-elle. Fort bien, fort bien, je n'en demandais pas tant... Cette petite semaine pour me reposer sera la bienvenue.

    Dix petits jours à tenir donc, et qui semblent longs, depuis le mois de septembre dernier. La fatigue s'accumule et l'envie de glander s'accroît en proportion. Heureusement pour moi mon agenda s'allège sensiblement, ce qui va me permettre de procrastiner allègrement.

    Il faut aussi que je fasse mes cadeaux. Je sais déjà à peu près ce que je vais acheter aux uns et aux autres, ce qui est un bon point. Le mauvais point est que je n'ai A.B.S.O.L.U.M.E.N.T pas envie de me traîner dans les magasins bondés de monde, d'attendre, de lutter contre la foule compacte des temples de la consommation et d'entendre les gens râler par ce que, non il n'y a plus ce modèle en rose pistache ; que, non, le modèle 27 pouces écran rétunila et hauts-parleurs quadrizone avec double ampérage anamorphosé en précommande depuis 18 semaines n'est toujours pas arrivé ; et que... bref : ça me gave.

    Une autre chose qui m'angoisse pour les fêtes, c'est la bouffe. Pourquoi se croit-on obligés de bâfrer comme  des gorets à s'en fissurer l'estomac pendant les fêtes de fin d'année ? Pourquoi se sent-on contraints de repousser les limites biologiques de ce qu'un corps humain peut normalement encaisser en termes de calories, de gras et de sucre en un temps record ? Pourquoi se satisfait-on d'avaler en quelques jours cette fantastique quantité de nourriture qui pourrait à elle seule résoudre la question de la faim dans le monde ? Pourquoi ? Je sais déjà qu'après le repas du 24 au soir, je pourrai difficilement boutonner mon pantalon le 25 au matin. Et que la situation sera encore pire le 26... Quant à mon foie, il recouvrera un fonctionnement normal à la mi-mars, si tout va bien. Autant vous dire qu'il est hors de question de faire le moindre bilan sanguin avant avril !

    Quoiqu'il en soit, il me reste encore 10 jours avant de pouvoir me vautrer sans scrupule dans le canapé, traîner en boxer sans culpabiliser de ne pas avoir mis le nez dehors, regarder des séries toute la journée en buvant du chocolat chaud, aller au cinéma voir les quelques films que je n'ai pas encore vus. En un mot : me faire du bien.

    Parce que s'il y a bien un moment de l'année où faut se faire du bien, c'est bien celui-là...  

    8 décembre 2016

    Que veux-tu dire ?

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    C'est un début d'histoire qui aura duré quelques courtes semaines au début du printemps 2015. Je l'avais écrite sur un brouillon, ne sachant trop qu'en faire.

    Lui et moi nous étions vus pour la première fois après nous être rencontrés sur un site dédié aux garçons qui aiment les plantigrades. Quelques mots échangés, simples, de bon sens, courtois. La rencontre qui s'en est suivie eut lieu relativement vite car nous savions tous les deux que les discussions éternelles par clavier interposé ne mènent pas à grand-chose et que les atermoiements sont inutiles.

    Lui voulait d'abord rencontrer de potentiels amis, ce qui me paraissait a priori constituer un bon début. Nous sommes donc d'abord allés au cinéma.

    Au sortir de la projection, nous avons beaucoup discuté en marchant tranquillement dans la ville rose s'assombrissant par le coucher du soleil. Discussion qui fut entrecoupée de mille et une questions qu'il me posait sans relâche et auxquelles je répondais de bon cœur, séduit par tant de fraîcheur et de candeur.

    Ce fut un  premier rendez-vous assez curieux à vrai dire car, malgré notre spontanéité respective, nos propos se trouvaient régulièrement entrecoupés de longs silences pendant lesquelles je le voyais froncer les sourcils puis, à l'issue de quelques secondes de réflexion, poignait sur ses lèvres la même question  : "Que veux-tu dire ?"

    Quoi qu'il en soit nous nous séparions sur un très bon a priori ainsi que le laissaient entendre les textos que nous échangeâmes une fois chacun ayant regagné ses pénates.

    Quelques jours plus tard il revenait me voir pour passer la soirée et faire plus ample connaissance. Il me racontait sa vie, son enfance, son père le chassant de chez lui, ces années d'errance, ses ex, son arrivée à Toulouse...

    Une jolie soirée courtoise, un peu trop peut-être, au cours de laquelle le personnage me faisait découvrir une part importante de son histoire et de son passé, ce qui l'avait construit, ce qu'il était devenu. Un grand et beau garçon, déterminé, mais encore en recherche de lui même. Car toujours revenait la même question "que veux-tu dire ?", après que ses sourcils graves se sont plongés dans un abîme de perplexité. 

    Nous nous quittâmes à nouveau, en nous promettant de nous revoir et de continuer de nous raconter notre histoire. 

    Au détour d'un soir survint cet incompréhensible texto. Il voulait qu'on s'en tienne là, ce à quoi je répondis que je ne comprenais pas sa décision mais que je la respectais néanmoins et que j'espérais, malgré tout, que nous serions amenés à nous recroiser un jour.

    Quelques minutes plus tard mon téléphone tressautait d'un nouveau message de sa part. Encore la même question : "Se recroiser ?" dans laquelle je lus à nouveau son invariable mais sincère "que veux-tu dire ?".

    Puis il y eu ce coup de fil étrange. Il voulait m'expliquer les choses. Et moi je voulais avoir quelques explications, pour comprendre un peu, quitte à me faire du mal. Mais au bout du fil je n'eu que du silence, ponctué au bout d'une interminable minute par cette unique phrase

    "Je ne sais pas..."

    Moi non plus.
    Je ne pouvais, ni ne voulais savoir à sa place. Je ne pouvais, ni ne voulais faire cet effort de mettre des mots sur ses questionnements dont certains défiaient le bon sens le plus élémentaire, à me demander "que veux-tu dire ?" lorsque j'affirmais simplement "il pleut". Il fucking pleut. What else ?

    Nous devions donc en rester là, à cet inachèvement embryonnaire rempli de vide...

    Contre toute attente, il devait revenir à la charge quelques jours plus tard avec un texto. Je le sentais un peu fébrile, n'osant pas faire le premier pas. Je n'étais pas fâché et prêt à le revoir s'il le voulait, ce qu'il acceptait immédiatement. 

    Il est revenu le soir même, passer d'abord la soirée, puis la nuit. Je savais qu'elle serait probablement la seule. Blottis l'un contre l'autre au creux du canapé je me suis senti très bien dans ses bras et manifestement ils s'est senti très bien dans les miens.

    Lorsqu'il est reparti le lendemain, m’adressant un dernier baiser en se retournant dans le couloir, j'ai su qu'il n'y aurait pas de prochaine fois.

    Pour autant je ne suis pas triste. Juste un peu déçu. 

    Je ne sais pas du tout dans quelle direction nous allions, tellement chacune de nos rencontres me laissait à chaque fois un sentiment étrange. Car malgré le bien-être que je ressentais en sa présence, le fait est qu'il nous était fort difficile de nous comprendre. En témoignent ses perpétuelles questions sur ce que je ressentais, sur ce que j'étais en train de penser à propos de ce qu'il venait de me dire, au lieu de simplement laisser les choses se faire ou se défaire d'elles-mêmes, plutôt que d'essayer à tout prix d'assembler un puzzle dont personne ne détient ni la forme définitive ni le mode d'emploi. Je crois que moi-même je ne me suis jamais autant posé de questions que lui... 

    Surtout j'avais appris alors, et depuis mon expérience au Québec, à ne plus avoir autant peur de moi même, ni autant peur des autres, au point que je me rends compte de tout le malaise qui naissait à chaque fois que j'ouvrais la bouche et que je le voyais froncer les sourcils.

    Longtemps après avoir écrit ce brouillon, il m'a renvoyé un message, pour prendre des nouvelles. Il me souhaitait d'aller bien. Je lui ai répondu, en lui demandant à mon tour ce qu'il devenait. Ce fut notre dernier échange. Aucune réponse ne vint jamais plus...

    Que voulait-il me dire ? 

    30 novembre 2016

    1er décembre

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    Demain c'est le 1er décembre. Ce mois-ci a passé à toute allure. Noël approche à grands pas et dans la foulée la fin de l'année. 

    N'ayant pas de vacances, je ne sais pas si je pourrai réellement profiter de ces fêtes et prendre le temps de me remettre des frasques alimentaires des 24 - 25 et du 31 au soir. Il va falloir être sage, relativement.

    La corvée du 31 est résolue. Habituellement je n'aime pas spécialement les festivités du 31 car, contrairement à Noël, elles ne sont pas rattachées à une tradition familiale. Et généralement les premiers appels débutent en septembre avec les inévitables "Au fait, tu fais quoi pour le 31 décembre ?". Alors là, cette question a le don de m'agacer. Autant me demander ce que je ferai le 15 aoút 2029... je n'en sais foutrement rien ! Bordel... Et qui plus est, j'aime les propositions de dernière minute.

    Pour le coup, j'ai accepté une proposition bien avant la veille de la date fatidique, ce qui dénote un certain progrès. Cette année ce sera donc en Ariège, dans un petit bled paumé, quelques amis que j'aime beaucoup et avec qui j'aurai plaisir à passer cette soirée.

    Ce sera une jolie manière de clore une année 2016 qui fut, à tous les niveaux, assez compliquée. Et quelque chose me dit que 2017 sera porteuse de pas mal de promesses...

    Sinon je supporte toujours aussi peu Cyril Lignac et son accÔnt insupportable de néoparisien (cong !) qui tente maladroitement de masquer son accÔnt du Rouergue. A cela s'ajoute un fond de gorge sur une tonalité de laryngite chronique des plus insupportables. C'est simple : j'ai envie de hurler à chaque fois qu'il prend la parole... Et pourtant je regarde l'émission Le Meilleur Pâtissier presque tous les mercredi depuis quelques semaines. Cela compense visuellement toutes les sucreries que je ne mange pas, ou que je m’efforce de ne pas manger.

    Mercotte m'énerve un peu, à se rire des candidats auxquels elle fait réaliser des recettes improbables avec des explications incomplètes et surtout sans aucun visuel... Je lui ferais monter une armoire Ikea 3 portes sans notice moi, ça lui ferait bien les pieds !

    Samedi dernier j'étais invité à une très grosse soirée chez un ami d'ami. DJ privatisé (et pas tout à fait n'importe lequel), alcool à flots, quelques personnes hyper sympa, il n'en fallait pas moins pour me porter jusqu'à l'aube, heure à laquelle j'ai rejoint mon lit dans un état assez peu glorieux. Et ce gros lâchage m'a fait un bien fou, même si j'en paie encore le contre-coup. C'est que, je me fais vieux !

    Bref, rien de très grave sous les nuages de décembre qui s'annonce...

    21 novembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 6ème et dernière partie

    10 commentaires
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    * * *
    Note : Pour terminer cette série Identités Singulières, je cède la parole à Emmanuel (le prénom a été changé) que je connais depuis plusieurs années et dont, à dire vrai, une conversation menée il y a une petite année autour d'un verre m'a donné l'idée de ces billets témoignages. Vous allez voir pourquoi dans quelques instants. Je remercie donc vivement Emmanuel pour sa contribution que j'attendais impatiemment.

    Je lui ai posé les 9 mêmes questions de base qu'à tout le monde, lui laissant, comme à chacun des témoins, la possibilité de répondre de la manière qu'il souhaitait, ce qu'il fait sous une forme très libre, que je respecte intégralement, à l'exception des ponctuelles insertions en gras, qui sont de mon cru.

    * * *

    Emmanuel


    Je vais avoir 30 ans, je suis donc sensé être un adulte. J’ai grandi et j’habite à Toulouse, ville dont je suis tombé amoureux. Je suis fonctionnaire, et fier de l’être.

    J’ai pris conscience de mon attirance pour les garçons à l’école primaire, sans toutefois en comprendre le sens et les conséquences.

    La situation est devenue à la fois plus claire et plus compliquée à la fois au collège et au lycée. Plus claire car j’ai pris conscience de mon orientation sexuelle. Et plus compliquée car je fus confronté à une homophobie ordinaire et gratuite.

    J’ai alors refoulé tous mes sentiments. Je suis sorti avec des filles pour faire « comme les autres ». Ce petit jeu a été humainement destructeur et je l’ai cessé à la fin du lycée en assumant pleinement ce que je suis.

    Aujourd’hui tous mes proches savent que je suis en couple et en couple avec un homme.
    "J’ai baigné dans un athéisme laïque et bienveillant
    à l’égard de toutes les religions et toutes les philosophies".
    Ma famille est de tradition athée. Cependant, ma mère m’a toujours dit que j’étais libre de croire en ce que je voulais, de douter ou de ne pas croire. Nous fêtions Noël de façon laïque et je n’ai pas reçu d’enseignement religieux.

    J’ai baigné dans un athéisme laïque et bienveillant à l’égard de toutes les religions et toutes les philosophies. J’ai aujourd’hui conscience de cette chance. J’ai ainsi pu me construire de façon aussi libre que possible et dans le respect de mes valeurs profondes.

    J’ai toutefois bousculé cet athéisme à l’âge de 9 ans, lorsque j’ai demandé à ma mère de m’inscrire au catéchisme car je souhaitais assister à la messe. Je ne pourrais pas expliquer d’où est venu ce souhait. Je m’en souviens comme une intuition confiante. Malheureusement, en raison d’une mésentente avec mon père, ce souhait ne se réalisait pas.

    Les années qui suivirent se firent sans dieu mais avec une constante attraction pour les églises, et plus particulièrement les églises catholiques dans lesquelles j’aillais me réfugier et fuir le tumulte humain.

    Une fois mon homosexualité acceptée et assumée, le choix d’une vie sous l’œil d’un dieu m’apparaissait impossible. J’avais alors en tête la position de l’Église catholique qui ne me semblait pas bienveillante à l’égard des personnes homosexuelles.

    A l’âge de 23 ans, je finissais mes études de droit dans une ville qui m’était étrangère. Ma faculté faisait face à une église catholique. J’allai me renseigner pour venir me recueillir dans cette église avant mes épreuves de fin d’année pour faire la paix en moi.

    Je fis alors connaissance du sacristain. Une amitié débuta. Il me confia être croyant et homosexuel. Ce fut une véritable révélation, c’était donc possible. Mais cette révélation était teintée de nostalgie car je pensais que cela était trop tard pour moi. J’avais reçu l’appel 15 ans auparavant et je n’avais pas été à la hauteur.
    "Dieu redonne toujours une chance
    et sait être patient".
    Une fois l’année universitaire terminée, je rentrai à Toulouse et Noël s’annonça. Je vécus ce Noël laïc tristement, sans dieu. J’imaginais dans quelle communion était l’auditoire du Pape sans pouvoir la ressentir. Je ne pensais pas ressentir une nouvelle fois l’appel de Dieu comme dans mon enfance et partager alors la joie de croire. Teinté de cette émotion et par habitude, je regardai la messe de Noël à la télévision. Benoît XVI parlait de la paix.

    Le fil du temps s’interrompit. Le laïc que j’étais, regardant un pape parler, devint, en une fraction de seconde, un croyant écoutant son pasteur prêcher. Je peux dire à quel instant précis, la certitude de l’existence et de la bienveillance de Dieu m’envahit tout entier. Une intense joie s’empara alors de moi et continue encore aujourd’hui à m’habiter. Je me suis rendu compte que j’étais jusque-là incomplet et que Dieu faisait partie de moi et de ma vie. La joie de croire est un sentiment indescriptible tout comme l’est la joie de constater que Dieu pardonne, Dieu redonne toujours une chance et sait être patient.

    Le lendemain, j’écrivis au diocèse de Toulouse pour débuter mon chemin vers le Baptême.
    "Mon chemin fut un véritable
    parcours du combattant".
    J'ai voulu dissimuler mon orientation sexuelle, mais je me confiai à mon accompagnateur spirituel au bout de 2 semaines d’intenses tiraillements intérieurs.

    Mon chemin fut un véritable parcours du combattant, tant l’institution ecclésiale ne sembla pas être habituée à l’accueil d’une personne homosexuelle.

    J’avais conclu un pacte civil de solidarité avec un homme et l’institution m’indiqua qu’il s’agissait d’un acte public contraire à l’Église. On m’alertait sur le fait que mon homosexualité allongerait la durée de mon parcours et que mon pacte civil serait un obstacle irrémédiable. J’ai beaucoup souffert à cette période mais j’ai eu la chance d’être beaucoup soutenu par des amis croyants. Et aujourd’hui je me remémore ces faits de façon paisible et sereine, reconnaissant pour tout le chemin parcouru et les rencontres effectuées.

    Par l’effet du hasard de la vie, je quittai mon compagnon et nous rompîmes notre pacte. En parallèle, l’institution s’adaptait à l’accueil de personne homosexuelle.

    Après 16 mois de cheminement, j'ai reçu les trois sacrements de l’initiation chrétienne pendant la nuit de Pâques.
    "Je crois en l’Évangile, au Père, au Fils et au Saint-Esprit,
    et pour moi c’est à la fois l’essentiel et le tout"
    Je n’adhère pas à la totalité de la doctrine sociale de l’Église. Cependant, je crois en l’Évangile, au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et pour moi c’est à la fois l’essentiel et le tout.

    Le Baptême, la Confirmation et la Communion m’ont conforté dans ma foi. Ce ne fut pas une explosion de joie mais une solide et confiante consécration du nouveau chemin que j’empruntais sous le regard de Dieu. L’idée de chemin me parle beaucoup à l’image de la parole du Christ : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Ces sacrements m’ont apporté une espérance joyeuse en l’avenir et en la bienveillance de Dieu qui nous a tous déjà racheté.

    Je vis toujours la même vie, mais éclairée par une lumière renouvelée, plus intense grâce à ma naissance nouvelle par le Baptême.

    "Je ne vis pas mon homosexualité
    comme un péché ou une faute"
    La messe est pour moi une respiration essentielle et indispensable dans ma semaine au milieu du tumulte humain.

    Le sacrement de réconciliation me permet de me mettre sous le regard de Dieu et d’être au contact de son pardon.

    Je ne vis pas mon homosexualité comme un péché ou une faute. Je reconnais pourtant être, comme tout le monde, "un pauvre type" comme le dit si bien mon pasteur. Et en cela j’essaye de m’améliorer chaque jour grâce à Dieu et avec le Christ.

    Voila le témoignage, en vérité, que je peux te rendre.
    "Il ne faut pas rester seul".
    Tu me demandes maintenant ce que je pourrais dire, aujourd'hui et avec mon parcours, à un jeune adulte tiraillé entre son homosexualité et la foi dans laquelle il a pu grandir, et la peur de vivre l'une sans trahir l'autre.

    Comme tu le soulignes je n’ai que mon parcours pour me permettre de répondre à cette question et ce qui a été ou est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour autrui.

    Cela étant dit, je pense qu’il faut tendre, autant que faire se peut, à vivre en vérité. Mais je sais que le poids de la société ou de l’éducation peut ralentir ou entraver cet élan. Heureusement, nous avons toute la vie pour y parvenir et le plus essentiel l’aide de Dieu pour le faire. Jean-Paul II a affirmé le principe de gradualité selon lequel chacun doit cheminer de l’endroit où il est avec la ferme et sincère résolution de vivre sa vie pleinement sous le regard de Dieu.

    L’espérance en Dieu et la médiation de son Fils m’ont permis et me permettent de cheminer. Je crois en effet qu’il ne faut pas rester seul, tant sur le plan spirituel qu’humain.

    Merci Emmanuel

    ***
    A relire sur Identités singulières : 

    18 novembre 2016

    Se sentir nul

    9 commentaires
    Je me sens nul.
    Journée de merde.
    Je m'en veux de ne pas réussir à faire ce que l'on me demande correctement.
    Je me sens nul de ne pas être aussi rigoureux que ce que je voudrais être.

    Envie de chialer, de me donner des baffes.

    Ce n'est rien de super grave. Rien de dramatique en réalité.
    Des petites choses qui minent la confiance que l'on m'accorde.
    Des petites choses qui me font me sentir super mal, culpabiliser.
    Des petites choses qui, en réalité, m'anéantissent, peut-être au-delà du raisonnable.
    Des petites choses qui font voler en éclat ce balbutiement de confiance en moi.

    Des mots, des reproches, qui pour moi sonnent durement.

    Je suis tellement contrarié que je n'ai même pas mangé à midi. Pas faim. Envie de rien, sinon de me cacher sous un tas de pierre et de croupir sous ma honte.

    Pfff... merde.

    15 novembre 2016

    La photo du mois : Carré(s)

    18 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 novembre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce moi d'octobre a été choisi par Tuxana qui nous propose : Carré(s).


    Elle nous donne les indications suivantes : 

    Je vous propose comme thème du mois de novembre : carré(s). Le but n'est pas que votre photo soit carrée, mais bien qu'une forme carrée (ou plusieurs) apparaisse(nt) dans votre photo.
    Et hop, voilà ma photo, je pense qu'elle se passe d'explication :

    Comme à chaque fois, la photo du mois continue chez les autres blogueurs participant :

    Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Josette, Josiane, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamounette et ses aiguilles, Mamysoren, Milla la galerie, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sense Away, Sinuaisons, Sous mon arbre, Testinaute, The Beauty is in the Walking, Tolen 29, Tuxana, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente, ÔBD.

    13 novembre 2016

    Une belle journée pour bloguer

    3 commentaires
    Hier soir j'avais du monde à table. Une poignée de convives invités la veille pour conjurer une proposition de weekend à la montagne que j'avais hélas dû décliner. 

    Faute de disposer de mon vendredi, ayant quelques urgences professionnelles à régler, mon 11 novembre fut des plus studieux. Cétait d'ailleurs très cool de bosser tout seul au bureau, sans téléphone qui sonne, sans autre bruit que celui du vent dans les volets et de celui du cliquetis mélodique de mon clavier. Et surtout sans ma boss, son humeur cyclothymique et ses angoisses chroniques qu'elle deverse autour d'elle.

    Travailler dans le calme, celui que je sais faire autour de moi, cette quiétude que je m'impose même quand l'urgence frappe à la porte, cette forme de sérénité que je bâtis autour de moi comme une digue de pierres pour contrer l'assaut des vagues, un cocon où rien ne m'atteint, une barrière à ondes négatives, une bulle qui filtre les grincheux en les maintenant à distance. Voilà ce qui me convient. 

    Le stress des autres me pollue, physiquement et intellectuellement. Je crois que c'est la seule manière qui me convienne pour travailler : seul et au calme. Je ne sais pas si c'est une utopie ou si de pareilles conditions existent vraiment. C'est en tout cas en ce sens que je veux à présent avancer et construire ma vie professionnelle. Je ne veux plus subir d'autre pression que celle que je m'impose.

    Notre soirée d'hier s'est terminée assez tard. Quelques amis autour d'une bonne table donc. Tous un peu fous à leur manière, étourdissants de bonne humeur, comme à leur habitude. Cela m'a fait du bien de les avoir autour de moi. J'avais fait tourner mes fourneaux à plein régime pour l'occasion. Évidemment il y avait beaucoup trop à manger. Évidemment on a peut-être un peu trop bu. Mais on a bien rigolé et passé un joli moment. Et ce matin mon estomac paie le prix de ces excès...

    Aujourd'hui est un parfait temps de novembre, fait d'un manteau de pluie et d'une écharpe de grisaille, parsemé d'éclats de soleil, entre deux morceaux de nuages. Sorti faire un tour en ville, j'ai aimé la fraîcheur de la bruine sur mon visage et le calme de ce dimanche matin, engourdi sous un ciel trop bas et le souvenir collectif encore trop vif des événements de l'an dernier.

    Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville... 

    Au retour de ma promenade, je me suis pris un averse. Une véritable saucée. Un déluge de gouttes glacées qui mouillait mon manteau. Je suis rentré trempé des pieds à la tête.

    Décidément, j'apprécie de plus en plus l'automne finissant, son ambiance aigre douce, et la pluie qui donne un éclat incomparable au pourpre et à l'or des arbres.

    Oui, c'est une belle journée pour bloguer.

    7 novembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 5ème partie

    5 commentaires
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    * * *


    Sofian


    1. Peux-tu te présenter ? Âge, profession (quelques mots pour décrire ce que tu fais), où tu habites, où tu as grandi.

    J'ai 33 ans. Je suis assistant RH dans le Retail. J'ai grandi et habite toujours en banlieue parisienne, dans une de ces villes faites de barres HLM et de groupes de garçons qui tiennent les murs.


    2. A quels moments de ta vie as-tu compris puis accepté ton homosexualité ? Quel a été ou quel est ton cheminement ?

    Je n'ai pas forcément mis de mot dessus avant un certain âge mais déjà très jeune j'aimais les garçons. Pour moi c'était naturel et je ne me posais pas de questions (d'ailleurs à cet âge, on ne connait pas tout ces mots). Je me souviens d'amoureux en maternelle par exemple.

    En grandissant, j'ai compris que j'étais différent et que ce que je pensais naturel ne l'était pas pour tout le monde. Là j'ai d'abord appris que j'étais une lavette (école primaire) avant de devenir une tapette (collège) puis une pédale (lycée).

    Je n'ai jamais souhaité en parler. Je me faisais insulter quotidiennement et j'avais peur que cela aggrave les choses. Je devais me battre souvent pour me défendre.

    Je n'ai donc partagé avec personne qui j'étais. Mais je ne prétendais pas non plus aimer les filles. J'étais terrifié que l'on me pose la question.

    Au lycée, j'ai commencé à envisager de me confier à des amis. Mais à chaque fois que je souhaitais le faire, je me disais que je ne pouvais pas avoir confiance. Alors j'ai attendu.

    Ce n'est qu'à la fac que je me suis finalement ouvert. J'ai rencontré celles qui sont, toujours depuis, mes meilleures amies, ma famille, et cela a été une libération.


    3. Es-tu out ? Auprès de ta famille ? de tes amis ?

    Je suis presque entièrement out depuis 2001.

    J'ai annoncé à ma mère un soir de novembre 2000 que j'étais amoureux des garçons. Ca n'a pas été un coming out évident à faire mais je savais que je devais d'abord lui annoncer à elle avant de penser le dire à d'autres personnes.

    Comme la discussion s'est suivie d'une année pendant laquelle elle a tenté de me ramener dans le droit chemin, je l'ai refait une année après. A ceci près que le lendemain de notre discussion j'avais mon premier rendez-vous avec un garçon.

    Peu de temps après donc, je l'ai annoncé à mes amies. C'était complètement naturel. J'avais eu l'impression d'avoir attendu de sortir avec un garçon pour enfin me dire homosexuel.

    Ensuite, je ne l'ai plus caché. Mais je ne l'ai plus annoncé non plus. Cela suivait parfaitement ce que j'en pensais. C'était naturel. Et comme un hétérosexuel ne se présente jamais en disant « salut, je suis X, j'ai 23 ans et je suis hétérosexuel ! », pour moi c'était la même chose.

    Mes frères l'ont appris parce que je ne l'ai plus caché (et donc plus vidé l'historique de l'ordinateur familial...). Et concernant mon père c'est un petit peu plus compliqué.

    Ancienne génération algérienne, religion plus pudeur sur le sujet de la sexualité, je n'ai jamais souhaité lui dire. J'ignore s'il y pense. On a cette qualité en commun d'être particulièrement naïf tous les deux et un peu tête en l'air.

    Je me suis vite engagé dans la vente et j'avoue que cela a aussi été ma chance. Je n'ai du coup jamais eu besoin de me cacher à mon travail. Et cela m'a également permis de m'épanouir. Je n'ai jamais vécu d'homophobie au travail.


    4. As-tu grandi dans une famille religieuse ? Fêtiez-vous les fêtes religieuses ? Respectais-tu et respectes-tu Ramadan ? 

    J'ai grandi dans une famille musulmane et je suis donc comme beaucoup de jeunes maghrébins devenu musulman simplement en respectant les traditions, presque par mimétisme de mes parents.

    J'ai eu deux modèles différents. Ma Mère, très occidentale prônant une religion ouverte et spirituelle, et mon Père plus respectueux des règles mais néanmoins bien plus ouvert que ce que l'on peu entendre ou voir aujourd'hui. J'ai donc très vite appris qu'il y avait plusieurs types de musulmans possibles. Et je n'avais qu'à choisir celui que je souhaitais être ; du plus rigoureux/pratiquant au plus spirituel.

    Je fais le Ramadan tous les ans. Et je ne m'imagine pas ne pas le faire. Plus, en tout cas. Pendant deux ans, il y a quelques années, j'ai mis ma religion en suspend parce que gays comme musulmans me demandaient de choisir et me disaient que je ne pouvais pas être les deux. Cela a été extrêmement dur pour moi parce que je me suis retrouvé dépossédé d'une partie de moi.


    5. Quelle importance revêt la religion dans ta vie actuelle ?

    C'est une partie de moi.

    Je suis très spirituel. Je fais partie de ceux qui ont plus la Foi en quelque chose/quelqu'un qu'en des dogmes particuliers. Je suis cependant né dans une famille musulmane et pour moi, c'est mon héritage.

    J'ai toujours vu ma religion, et mes origines, comme un héritage culturel. Et je suis fier d'avoir cette petite chose en plus. On m'a souvent reproché cette fierté. Mais c'est exactement la même fierté que je ressens dans le fait d'être homosexuel. Et si je défile une fois par an lors d'une Gay Pride, on ne peut pas m'empêcher d'être fier d'être musulman également. Ma Muslim Pride à moi.


    6. La religion a-t-elle été ou est-elle un frein à ton acceptation ? Explique pourquoi.

    Étonnamment, la Religion n'a jamais été un frein à mon acceptation. Pour moi, c'est qui je suis. Et je ne me suis jamais posé la question de savoir si je pouvais être les deux.

    J'ai grandi en laissant la place aux deux de s'épanouir et jamais aucune n'est entrée en conflit avec l'autre.

    En réalité, ce sont les gens qui chaque fois ont tenté de m'empêcher d'être les deux, en me disant que le monde était noir ou blanc et que je ne pouvais pas être gris. Que c'était contradictoire.


    7. Gay et croyant, comment concilies-tu cette contradiction apparente ? Y parviens-tu ? Quel a été ton cheminement ?

    En réalité, je ne vois pas de contradiction. C'était naturel. Je suis né ainsi. Et je suis croyant. Dieu m'a crée comme il a souhaité que je sois. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais changer.

    Je suis les deux. Et encore plus que cela. Je ne me définis pas uniquement comme gay et/ou musulman. Je suis brun, souriant et gentil. Et pour moi ce n'est pas contradictoire d'être brun, souriant et gentil. Donc le reste non plus.


    8. Comment perçois-tu le discours et le positionnement des autorités religieuses, globalement peu favorable aux homosexuels ?

    Je pense que mon épanouissement est dû à la façon dont je vis ma religion. Les Textes sont là et ont été écrits à une époque très lointaine. Nous sommes des centaines d'années après. Et selon moi, nous devons évoluer.

    C'est l'enseignement que j'ai reçu de ma famille, dans laquelle les rôles traditionnels sont inversés. Mon Père est le maître de Maison (repas et ménage) et ma Mère celle qui régit le tout. Mon Père n'a jamais voulu que ma Mère se couvre la tête. Et il n'aurait de toute façon jamais pu lui demander.

    La Religion est au dessus de tout. Elle est là pour nous guider à faire le Bien. Je ne vois pas ce que les homos font de mal. Lorsque l'on dit que la Religion est Amour, on n'empêche pas des gens qui s'aiment de vivre.

    A vrai dire, ces dernières années, je fais surtout face à l'intolérance grandissante des gays. Qu'il s'agisse des réseaux sociaux ou même lors de conversations, je me heurte de plus en plus à l'islamophobie. Et si au départ, je voulais l'excuser parce que, oui, les religions peuvent être intolérantes, aujourd'hui, je ne l'excuse plus parce que nous devrions être davantage ouverts et tolérants. C'est comme tous ceux qui reprochent aux blacks d'être homophobes parce qu'en tant que minorité réprimée, elle ne devrait pas s'en prendre aux gays. J'ai envie de dire aux gays qu'il faut se dire qu'il s'agit du même combat. Celui de la Tolérance.

    Je connais aujourd'hui plus de musulmans ouverts que de gays tolérants. J'unfollow de plus en plus sur Twitter et j'ai fini par également dire au revoir à des personnes que j'aimais bien parce qu'elles avaient de plus en plus un discours limite.


    9. Être croyant, c'est pour toi un avantage ou un inconvénient ? En somme, que t'apporte ta religion ?

    La Religion me complète et me donne aussi ce petit côté folklorique, je dois bien l'avouer. Dans un monde de plus en plus athée, j'ai envie de croire en Quelqu'un/Quelque chose de supérieur.

    Les gens sont tellement déçus des politiciens qu'ils n'aiment plus la politique. Je vois la religion de la même manière. Les Religieux (ceux que l'on voit partout tout du moins) ne donnent pas envie de les rejoindre, de croire, parce qu'ils ont une conception tellement rigide de la croyance qu'ils rebutent les autres.

    Je reste convaincu que la Foi et la spiritualité pourraient aider beaucoup de jeunes LGBT dans les moments durs. Mais je comprends aussi pourquoi beaucoup d'entre eux les rejettent. Parce que tout simplement ils ont en face d'eux des gens qui les rejettent également.

    Je vois ma religion comme un avantage. Même s'il est de plus en plus ennuyeux d'entendre tout ce que l'on en dit aujourd'hui. Je ne la verrai jamais comme un inconvénient même si c'est dur d'être musulman aujourd'hui.

    Après des années à faire accepter ma part homosexuelle, j'ai l'impression que le moment est venu de devoir maintenant me battre pour ma part musulmane/religieuse. Et le rejet dont je parlais tout à l'heure en parlant des jeunes LGBT, je commence à le sentir mais vis à vis de mon côté musulman.

    Toujours est-il que si je suis né gay (et que je ne l'ai pas choisi), j'ai choisi d'être musulman. Et je n'abandonnerai jamais aucune de ces deux identités.

    Merci Sofian


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    A relire sur Identités singulières :