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  • 4 juillet 2016

    Ménage à trois

    Attention, le billet qui va suivre est hyper personnel.
    Je m'en fous, je suis chez moi et j'écris ce que je veux. 
    Que le lecteur un peu trop prude passe son chemin.

    Je n'imaginais pas à quel point partir de Ville-Pourrie et quitter mon job pourrait m'être bénéfique. A l'issue d'un énorme pétage de plombs avant que d'y laisser la santé et un peu plus qu'une poignée de plumes, c'est tout un tas de petites choses dans ma vie qui ont changé. A commencer par un événement important : Cupidon a frappé à ma porte. 

    Cela fait donc presque deux mois que nous nous fréquentons et quelques mois de plus que nous avons véritablement noué connaissance. Une belle rencontre, une belle soirée, avec un garçon qui me donnait envie de le connaître, d'avancer un peu avec lui, de vivre certaines expériences, de faire un bout de chemin. Nous l'appellerons F.

    Comme nous n'habitons pas la même ville, nous procédons par alternance. Un weekend chez lui, un weekend chez moi. Pour qu'il n'y ait pas de jaloux.

    Chaque fois que nous nous voyons, nous passons des moments formidables. Soit à nous balader en ville ou à la campagne, à visiter avec une réelle gourmandise de culture, soit à nous faire des bisous affalés sur le canapé devant des séries. Et quand vient le moment de chacun rentrer chez soi, c'est un petit pincement au cœur qui nous étreint quoique nous discutions à longueur de journée par telle ou telle application de messagerie.

    Tout est-il donc rose dans un univers de paillettes multicolores et d'arcs-en-ciel chatoyants ? Ben non... Non, tout ne va pas bien. Il est même un petit caillou qui entache ce qui ressemble à un joli début par une grosse et vilaine balafre. 

    Figurez-vous que ce garçon vit chez un autre garçon, son colocataire, qui est aussi son ex depuis 3 ou 4 ans maintenant. Le problème vient de leur relation fondée sur une sorte de "je t'aime / moi non plus" entrecoupé de chamailleries à peine admissibles d'un élève de sixième alors que nous avons affaire à des adultes au bord de la quarantaine...

    F. m'avait expliqué. "Eh oui tu comprends, c'est mon meilleur ami, j'ai peur de le perdre... il peut tourner la page sur quelqu'un complètement, et ça, ça me fait peur". Quand je vois comment le coloc parle à F., c'est à dire souvent comme à une merde, je me dis que F. doit être aveugle.

    Car le coloc est un personnage toxique, autocentré, célibataire chronique, doté d'une autorité mal placée, aigri et jaloux. En gros : un connard. Et je ne le supporte qu'assez peu...

    Lorsque nous sommes chez eux, rien n'est simple car nous sommes en réalité chez son colocataire qui régente tout et ne supporte rien. Célibataire, il ne supporte pas de nous voir nous embrasser, ni de nous voir nous faire des câlins, ni rien du tout. Et je ne vous parle pas dans le menu détail des conséquences sonore de la fine épaisseur des cloisons et de ce que cela interdit en sa présence diurne comme nocturne... 

    Lorsqu'il est là, c'est à dire tout le temps, la maison se plie aux ordres de Son Impériale Suffisance, F. est au garde à vous et n'ose en rien le contrarier, oubliant par là-même que je suis présent et que, n'étant pas chez moi, il se peut que je me sente particulièrement mal à l'aise.

    A tel point qu'il y a trois semaines, sur les coups de midi trente, alors que j'étais chez eux en train de lire et que F. servile comme à son habitude ne disait rien pour faire avancer un peu la situation, j'ai pété un plomb et suis parti faire un tour dehors en attendant que Sa Sérénissime Aigreur qui monopolisait le salon ait fini de jouer à un jeu vidéo pour que l'on puisse enfin passer à table... Je n'avais qu'une hâte : rentrer chez moi. Au bout d'un moment, ne me voyant pas revenir, F. est venu à ma rencontre, un peu inquiet. 

    Nous avons discuté. Beaucoup. Et je lui ai dit que l'attitude de son coloc que mettait très mal à l'aise, que je ne me sentais pas accueilli et que j'avais aussi du mal à trouver ma place dans leur relation... F.s'est alors mis à pleurer, en me disant que j'étais le quatrième à lui dire ça, et que les trois autres avant moi l'avaient quitté après lui avoir fait la même remarque. Pour rude que soit ce constat, il avait au moins un point positif : cette perception des choses n'était pas la conséquence d'une distorsion mais bel et bien une réalité objective puisque j'étais alors le quatrième à la vivre ! 

    Je ne sais plus exactement comment s'est finie la conversation mais j'espérais que cela provoque un électrochoc chez lui, un début de réaction.

    Manifestement cela n'a pas suffi....

    Vendredi dernier, alors que je devais aller le voir, quelque chose dans nos échanges me laisse penser que quelque chose ne tourne pas rond. Bingo ! J'apprends que son coloc a encore pété une durite et qu'il refuse que je mette un pied chez eux. Ben voyons ! Quand je dis que je me sens reçu là-bas... 

    Une discussion envenimée s'ensuit au terme de laquelle je dis à F. que je ne viendrai pas, du tout, et qu'il mettra sûrement à profit son weekend pour discuter seul à seul avec son colocataire. Il pleure, me supplie de venir, m'inonde de messages que je ne regarde pas (j'ai ma journée de boulot à tenir moi !) avant d'y jeter un coup d’œil en fin d'après midi. J'ai presque l'impression qu'il va me dire de tout arrêter. Je le sens vraiment mal. Je lui réponds, le rassure, non ce n'est pas contre lui, mais l'attitude de son coloc est impossible, insupportable. "Mets-toi à ma place ! Crois-tu que dans ces conditions j'ai envie de venir ?

    J'appelle une amie, discute avec un pote, pour leur exposer la situation, avoir leurs avis. J'y vais, j'y vais pas ...? Je le sanctionne (et me prive aussi d'un joli weekend avec F.) pour le comportement de son salopard de coloc ? Une chose est sûre : il a vraiment eu peur que prenne cette querelle avec son coloc comme prétexte pour qu je le quitte. Il ne voit pas que ce n'est pas un prétexte mais un réel problème...

    Finalement, après avoir beaucoup hésité et obtenu des conseils allant dans le sens de rester chez moi, j'y vais quand même. Pour être clean et n'avoir rien à me reprocher. Je le lui dis, il est heureux. 

    Nous passerons un super samedi au soleil et terminerons la journée le sourire aux lèvres. 

    En revanche, le dimanche matin, lorsque je me lève, le coloc est déjà levé, au milieu du salon, en train de regarder un film. Levé avant moi, F. est également assis dans un coin du canapé et ne dit rien. Silence de mort, ambiance lugubre et pesante... 

    J'entre sur la pointe des pieds, me sers un café, attends que l'on me propose quelque chose à manger, en vain. Personne, pas même F., ne fait attention à ma présence. Je coupe alors un petit bout d'une baguette abandonnée sur le comptoir de la cuisine que je tartine d'un peu de beurre et vais m'asseoir, moi aussi...  

    Le film se termine, le coloc enchaîne sur un autre, sans piper mot, ni nous regarder, ni décocher la moindre esquisse de sourire. F. est impassible et me regarde à peine, hypnotisé par la télévision ou assommé, je ne saurais dire. Je lui rappelle tout de même que nous devons aller pique-niquer et qu'il ne nous faut pas trop traîner, ce qui l'active un peu.

    Finalement nous partons. Le coloc est toujours dans la même position au même endroit, le visage biffé d'une grimace immobile.

    Dans la voiture, je fais remarquer à F. que son coloc était encore une fois exécrable, et que j'ai faim... Il rigole. Je lui dis que je n'ai presque rien mangé depuis la veille au soir. Il réalise alors que, obnubilé par le comportement de son coloc dont il ne savait pas s'il allait déclencher la grêle ou la foudre, il n'avait même pas pris la peine de l'hospitalité la plus élémentaire à mon égard. Une larme perle sur sa joue. Il est  touché au vif. 

    Malgré cela, nous passerons encore une belle journée à la plage, à siester au soleil, à faire les idiots dans les vagues, à regarder les coquillages que j'avais ramassés.... Une belle journée, oui, comme j'imagine les gens qui vont bien ensemble en passent régulièrement et comme nous en passons à chaque fois que nous sommes ensemble, tous les deux, hors la vue de celui qui s'évertue à parasiter sa vie.

    Devant repartir le soir même et voulant éviter les bouchons, je lui propose que nous allions au restaurant, tous les deux, pour terminer la journée, avant que je ne reprenne la route. L'idée lui plait. De retour à l'appartement, son coloc est toujours là, dans le noir, les volets baissés, la télé allumée, devant un film. Il ne nous adresse ni la parole ni un regard. Excédé, je fais remarque à F. que cette attitude est impossible. F. me confie même "Oui, là c'est pire que tout !". Mais F. ne fait rien et laisse son colocataire envahir l'appartement de sa présence malsaine.

    C'en était trop... j'étouffais. Je ne pouvais pas rester là en faisant semblant que tout allait bien ni encaisser encore une fois les sautes d'humeur de Monsieur Grise Mine. Alors, empoignant F. qui sortait de la salle de bains, je lui dis que, non, nous n'allons pas au resto, que je rentre, tout de suite, et qu'il doit parler à son colocataire.

    F. reste complètement hébété, me regarde les yeux vides, "Ne m'abandonne pas...." gémit-il. Je reviens vers lui, l'étreint fortement et pars sans me retourner, le laissant seul, et silencieux... Je démarre, je roule, je pleure, j'enrage, je hurle de douleur dans ma voiture. Ça fait terriblement mal.

    Pendant ce temps le téléphone crépite de ses messages que je ne regarde pas. Je sais qu'il est super mal. Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en foutre... Je ne sais pas s'il y a encore un nous

    Il appelle, je décroche, on parle. Il est en pleurs. Il dit qu'il n'aurait jamais dû me laisser partir comme ça, il aurait dû me rattraper. Je pleure aussi. C'est dur. Je suis direct, pris par ma colère envers cette tierce personne qui nous cause tant de larmes depuis trois jours. 

    Je discute ensuite avec des amis. Leur présence, leur soutien et leurs conseils sont réconfortants. J'ai de la chance de les avoir... 

    Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, quelques messages à mon réveil. Il dit qu'il a enfin pris conscience que son coloc est toxique, que la situation ne peut pas durer et qu'il va faire ce qu'il faut pour que cela change. Pour le rassurer, je redis que le but n'est pas d'éjecter son coloc de sa vie, mais de l'éjecter de sa vie privée, de son intimité parce que sa présence interfère sur des choses avec lesquelles ça ne devrait pas.

    Toxique. C'est la première fois qu'il emploie ce mot à son sujet. C'est un pas énorme, déjà, cette prise de conscience. Car c'est la réalité. Ce mec est toxique. Sa présence destructrice. 

    Pourquoi n'est-ce jamais simple mes histoires avec les gars ? Peut-être par ce que, comme d'autres, je suis une personne qui n'aime pas le conflit. Ou que j'attire des personnes qui ont besoin d'un pilier stable, qu'ils croient trouver en moi, alors qu'en réalité j'en ai tout autant besoin, mais qu'en face l'autre a les pieds dans le sable...

    Je ne vais pas tout casser, parce que je tiens à lui et qu'on fonctionne très bien ensemble, ce qui ne m'était jamais autant arrivé. Je lui ai dit que maintenant la balle était dans son camp. Voyons ce qu'il en fait, s'il agit. Car il faut prendre des décisions et passer aux actes. Les belles paroles sont inefficaces sans action. 

    En tout cas, je ne pourrai plus supporter les sautes d'humeur de son colocataire. Il doit prendre ses responsabilités et faire en sorte que cela ne puisse plus se reproduire. Trois avant moi le lui ont déjà dit pour le quitter. S'il tient à moi autant qu'il le dit, il ne me laissera pas être le quatrième. Et cela me ferait bien chier de l'être par ce que, au fond, je commence à bien m'attacher à cette petite canaille avec qui je ne m'ennuie jamais et avec qui, m'a-t-on dit, j'avais l’œil qui pétille.  

    A suivre...


    17 commentaires:

    1. Et si F. venait s'installer chez toi ? ;)

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      1. Au bout de deux mois...? -___-

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      2. Parce qu'il y a un délai obligatoire ?
        J'ai vécu 14 ans avec la mère de mon fils qui s'était installée chez moi dès le 1er soir ...

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      3. Comme Olivier et Chamalours, je te dirais : F a l'air englué dans une relation toxique qui paraît géographique/territoriale. Pour X raison (finances ?), il habite en colocation.
        Installez-vous ensemble : et si ça ne marche pas... autant le savoir le plus tôt possible et voguer vers des aventures plus simples.

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    2. Et F. s'oppose t-il à ce que tu dises toi à ce monsieur ta façon de penser ?

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      1. Et en quoi cela ferait-il avancer la question ?

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      2. Ben parce que tu as visiblement des choses à dire :-) (à moi ça me semble logique d'où le ben, pardon pour l'entrée en matière)

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    3. Comme le serpent Kaa, le narcissique pervers (le coloc) enduit de bave sa proie pour l'étouffer et l'engloutir lentement. La question qui doit se poser est la suivante: pourquoi la victime trouve-t-elle satisfaction à se laisser bouffer, et que lui manquera-t-il le jour où elle sera délivrée du serpent Kaa ?

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      1. C'est une excellente question... Puis-je espérer, le jour où il sera libéré de ce joug, qu'il trouvera dans ma compagnie une forme de compensation que je lui souhaite constructive ?

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    4. En tout cas je te le souhaite, et il y a peut-être un reconditionnement à organiser de F. Je crains que ce ne soit pas facile. Cris, pleurs et grincements de dents...

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      1. Procédons par étapes. Voyons déjà s'il tire des actes matériels de ses propres constatations...

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    5. Et bien sacré périple ! Oui il est vraiment toxique et tu as raison de secouer F.pour que cela change
      Moi j'aime te voir avec les yeux qui pétillent !
      Des bises

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    6. Quoi qu'il en soit, ce billet, même s'il est très personnel, révèle l'influence voire l'emprise de cetraînés personnes...

      Je vous souhaite à toi et surtout à F de pouvoir s'éloigner de ce malfaisant afin de pouvoir vivre vos moments.

      Je rejoins Poussin qui aime voir tes yeux pétiller !

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    7. Prépare les mouchoirs et attends toi à une rupture.. Je ne pourrais pas vivre avec un mec faible, gémissant et sans colonne vertébrale. J'espère que toi non plus... Alors, je pense que ce F n'est pas fait pour toi...

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    8. Histoire de te donner un autre angle de vue, je te dirais que le titre de ton billet est exactement le reflet de la situation et de ta perception de la situation et que c'est peut être cela que tu dois arriver à faire comprendre à F.
      Ménage à 2 ça va, à 3 bonjour les dégâts !

      F est-il seulement conscient que le toxique impose le trio quand vous êtes géographiquement en son royaume ?

      F commence peut être à prendre conscience que le toxique interfère dans sa vie, mais je ne suis pas sûr que F soit conscient que le toxique s’immisce dans votre couple et qu'il est le poison qui le dissoudra (ne nous voilons pas la face et soyons honnête - tu me connais assez pour savoir que je ne tourne pas autour du pot) si F ne fait pas en sorte de vous en éloigner (plus simplement, si rupture il doit y avoir - ce que je ne ne te souhaite pas - ce sera F qui l'aura initié par son inertie).

      F a peur que tu partes, rassures-le en lui expliquant que la rupture n'est pour toi pas envisageable si le trio devient enfin duo (ce qu'il aurait toujours du être) et qu'en attendant tu ne veux plus croiser le chemin du truc qui gratte donc qu'à moins qu'il ne soit dans une autre ville (et encore) tu ne viendra plus chez lui (perso c'est ce que je ferai), mais que F peut venir chez toi les weekends (ou tous les jours, mais cette option il n'y a que toi et ton cœur qui peuvent en définir la faisabilité).

      Courage en tout cas, la situation n'est pas aisée, mais si tu as besoin, je suis là, n'hésites pas à décrocher téléphone, messagerie X ou Y, signaux de fumée ou pigeon voyageur ...

      Plein de bisous de soutien.

      PS : j'espère de tout cœur que cet été on pourra se présenter nos chéris respectifs :)

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    9. Malgré, ces très bons moments à deux, je crois qu'il lui manque la volonté voire l'envie de passer à autre chose avec toi. J'ai bien peur que rph n'aie raison...

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    10. Je me suis installé chez Bill très rapidement après notre rencontre. Et ça dure depuis plus de 10 ans. Ça peut marcher ou ça peut casser.
      Après, savoir si Toi et F. allez rester ensemble longtemps, c'est au delà de mes connaissances. Ça reste dans mes vœux, cependant. ;)

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    Bonjour, vous êtes bien chez Tambour Major.

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