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  • 1 septembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant en 2016 - Prologue

    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? La question paraît assez paradoxale tant l'animosité dont semblent faire montre les religions à l'encontre de l'homosexualité est vive.

    Indépendamment de la question religieuse, et même si les choses vont globalement dans le bon sens, être gay au XXIe siècle n'est pas encore une sinécure.

    Tolérée plus que réellement acceptée, toujours moquée et émaillée de faits divers dégoûtants qui la stigmatisent, l'homosexualité fait encore partie de ces différences dont il faut s'accommoder. Une "singularité" sur la base de laquelle il faut construire son identité, apprendre à se connaître et à connaître cet autre qui n'est pas tout à fait comme les autres.

    Le religieux est également une question qui me tient à cœur, étant moi-même croyant et ayant livré ma propre expérience sur ce sujet dans un précédent billet de 2010

    Depuis des années maintenant, la place de la foi religieuse dans la société en général, et dans la société française en particulier, est en net déclin. Il est loin le baptême de la France fille aînée de l'Eglise...

    Ainsi un article du journal Le Monde paru en mai 2015 sur la question, indiquait que : 
    « En 2012, l'association de sondages WIN/Gallup International, spécialiste de la question, a demandé à plus de 50.000 personnes dans 57 pays si elles se considéraient « religieuses », « non religieuses » ou « athées convaincues ». A cette question, environ un tiers des Français répondent être « non religieux » et presque un autre tiers « athées ». On obtient donc 63 % de Français qui ne s'identifient à aucune religion contre seulement 37 % de Français religieux. »
    La question mérite néanmoins le détour à plusieurs titres. Non seulement en raison, comme je l'exprimais tantôt, de l'apparente contradiction qui semble exister dans cette audacieuse conjugaison entre foi et homosexualité ; mais aussi de par une forme de rejet assez puissant du religieux, sous toutes ses formes et qui émane notamment de la sphère LGBT. "La religion se passe des gays, les gays se désintéressent de la religion"* pour paraphraser Napoléon Bonaparte.

    Alors, comment conjuguer foi et homosexualité au présent ? Comment ne pas imploser sous cette apparente contradiction ? Est-il possible d'être gay et croyant et de vivre librement ces deux visages de notre identité ?

    Il en est qui y parviennent, tant bien que mal, ou qui ont essayé. Tel est le cas d'un certain nombre de personnes à qui j'ai demandé si elles voulaient bien livrer leur vision des choses, leur expérience personnelle, guidé en cela par un questionnaire en neuf points que je leur ai soumis tout en leur laissant la possibilité d'aménager leurs réponses librement. 

    Attention, l'objet de cette série n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - mais seulement d'essayer de donner des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    Cette série de billets qui commence aujourd'hui au rythme de un par quinzaine, présentera donc plusieurs témoignages, autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    Leurs propos, rigoureusement retranscrits sont libres, authentiques, souvent très forts. Que ces personnes - dont l'anonymat sera préservé (les prénoms sont fictifs) - soient chaleureusement remerciées d'avoir accepté de se livrer, à cœur ouvert et en toute confiance.

    Ces billets sont en outre une forme de renvoi d'ascenseur à destination de ceux qui, jeunes ou moins jeunes, se cherchent encore et qui ont besoin de lire sur le sujet afin de se construire et de déconstruire leurs angoisses sur leurs convictions religieuses, convictions qui lient les esprits et peuvent opprimer les corps de l'intérieur bien plus cruellement que n'importe quel lien matériel. Pareilles lectures m'ont été, dix ans en arrière, d'une aide précieuse et salutaire. Puisse cette série être ma petite pierre à l'édifice.

    Et s'il s'en trouve parmi les lecteurs qui seraient intéressés pour laisser à leur tour leur témoignage, n'hésitez par à me contacter par courriel : tambour.major@yahoo.fr

    Rendez-vous le 12 septembre pour la première partie.


    * « Les concubins se passent de la loi, la loi se désintéresse d'eux »
    Mot attribué à N. Bonaparte lors des travaux préparatoire du Code civil promulgué en 1804.


    6 commentaires:

    1. J'ai lu cet article et j'ai suivi le lien sur le précédent billet, que j'ai trouvé particulièrement sincère, et je crois que c'est la qualité première d'un écrit, qui sans cela, n'existe tout simplement pas.
      Pour moi l'orientation sexuelle ne devrait pas être un sujet, sauf pour les individus concernés, leurs parents - quand ils peuvent s'en ouvrir à eux - et les personnes - amis ou psys - qui peuvent les aider à s'accepter tels que Dieu les a faits.
      Les homosexuels ont beaucoup perdu en humanité quand ils se sont organisés en communauté et se sont laissés récupérer par les partis politiques. Qui pourrait imaginer Marcel Proust défilant à la Gay pride ?
      Pour ce qui concerne l'Église, si elle est tout à fait en droit d'exiger tout ce qu'elle veut de ses prêtres, je ne vois pas sur quels textes elle peut s'appuyer pour exiger quoi que ce soit des fidèles, concernant leur orientation sexuelle. Rappelons que Jésus a vécu toute sa vie publique entouré d'hommes qui souvent avaient quitté leur famille pour le suivre, et que, à ce que je sache, il n'est nulle part question d'orientation sexuelle dans l'Évangile. Il peut y être question de prostituées, de femme adultère, mais pas d'homosexuels.
      Bref, si Jésus lui-même a foutu la paix aux homos, je me demande bien au nom de quoi l'Église ne devrait pas faire de même ?

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      1. Il y a beaucoup de choses dans ton commentaire.

        Les homosexuels n'ont hélas pas eu beaucoup d'alternatives pour se faire entendre et faire (lentement) avancer leurs droits que de faire pression sur la sphère politique. Ont-ils pour cela perdu en humanité ? je ne le crois pas une seconde. Quant au communautarisme dont je ne crois pas qu'il soit "organisé", il n'est ni nouveau ni le fait des seuls homosexuels. L'entre-soi est sécurisant. Je me permet seulement de rappeler que les crimes homophobes sont le fait de personnes non-homosexuelles ou qui, du moins pour certains, n'assument pas leur sexualité.

        S'agissant de l'Eglise ensuite, elle peut donner des lignes de conduite à ses fidèles, elle est là pour cela. Libre à eux de les suivre. Mais qu'elle n'interfère pas dans la vie publique : elle est une autorité spirituelle, non pas temporelle. En outre, s'il n'est pas question d'orientation sexuelle dans les 4 Evangiles, l'Eglise est promotrice de la vie. Or, selon la doctrine catholique, une relation homosexuelle est "intrinsèquement désordonnée" car elle ne peut aboutir à la vie.

        Je t'invite à lire la suite de cette série de billets qui, pour les avoir préparés, s'annonce passionnante :)

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    2. Ton billet et joli et touchant.

      Peut on être croyant en étant celui qu'on est, tout simplement ?
      J'aime bien tes réponses

      Mais tu sais, je réponds toujours la même chose à mes amis qui me disent "puis je etre Ca en étant ca", et le ca pouvant être en vrac chrétien, protestant, croyant, laïque, musulmans, franc-maçon, de droite, de gauche, royaliste, gai, hétéro, etc...

      Je réponds toujours qu'avant d'être ce dont on se qualifie, on est un homme (ou femme). Enfin un humain. Et pour moi, ca transcende le reste.
      On peut être ca & ca tant qu'on garde une base humaine. Nous sommes des hommes libres et conscients avant tout.

      Je lirai tes réflexions avec intérêt et affection

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      Réponses
      1. Ton commentaire est plein de bon sens et je partage totalement tes réflexions.

        J'espère que tu aimeras la suite :)

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    3. Excllente idée de série de billets ! que n y ais-je pas pensé ?
      On attend le premier témoignage :)

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