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  • L'Oiseau Bleu
  • 27 avril 2017

    Du bonheur de lire

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    "Si mes parents m’avaient permis, quand je lisais un livre, d’aller visiter la région qu’il décrivait, j’aurais cru faire un pas inestimable dans la conquête de la vérité. Car si on a la sensation d’être toujours entouré de son âme, ce n’est pas comme d’une prison immobile : plutôt on est comme emporté avec elle dans un perpétuel élan pour la dépasser, pour atteindre à l’extérieur, avec une sorte de découragement, entendant toujours autour de soi cette sonorité identique qui n’est pas écho du dehors, mais retentissement d’une vibration interne. (…).
    Enfin, en continuant à suivre du dedans au dehors les états simultanément juxtaposés dans ma conscience, et avant d’arriver jusqu’à l’horizon réel qui les enveloppait, je trouve des plaisirs d’un autre genre, celui d’être bien assis, de sentir la bonne odeur de l’air, de ne pas être dérangé par une visite : et, quand une heure sonnait au clocher de Saint-Hilaire, de voir tomber morceau par morceau ce qui de l’après-midi était déjà consommé, jusqu’à ce que j’entendisse le dernier coup qui me permettait de faire le total et après lequel le long silence qui le suivait semblait faire commencer, dans le ciel bleu, toute la partie qui m’était encore concédée pour lire jusqu’au bon dîner qu’apprêtait Françoise et qui me réconforterait des fatigues prises, pendant la lecture du livre, à la suite de son héros. Et à chaque heure il me semblait que c’étaient quelques instants seulement auparavant que la précédente avait sonné ; la plus récente venait s’inscrire tout près de l’autre dans le ciel et je ne pouvais croire que soixante minutes eussent tenu dans ce petit arc bleu qui était compris entre leurs deux marques d’or. Quelquefois même cette heure prématurée sonnait deux coups de plus que la dernière ; il y en avait donc une que je n’avais pas entendue, quelque chose qui avait eu lieu n’avait pas eu lieu pour moi ; l’intérêt de la lecture, magique comme un profond sommeil, avait donné le change à mes oreilles hallucinées et effacé la cloche d’or sur la surface azurée du silence. Beaux après-midi du dimanche sous le marronnier du jardin de Combray, soigneusement vidés par moi des incidents médiocres de mon existence personnelle que j’y avais remplacés par une vie d’aventures et d’aspirations étranges au sein d’un pays arrosé d’eaux vives, vous m’évoquez encore cette vie quand je pense à vous et vous la contenez en effet pour l’avoir peu à peu contournée et enclose — tandis que je progressais dans ma lecture et que tombait la chaleur du jour — dans le cristal successif, lentement changeant et traversé de feuillages, de vos heures silencieuses, sonores, odorantes et limpides."
    Marcel Proust - Du côté de chez Swann 
    Combray - II, pp. 122-123

    24 avril 2017

    Élection présidentielle : Quel enjeu pour le second tour ?

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    Ce soir j'ai un peu mal à ma France. Le weekend s'était pourtant magnifiquement déroulé avec des gens chouettes, des rires, du soleil, un fish and chips fabuleux et des souvenirs plein la tête.

    La radio coupée, la télévision éteinte, les réseaux sociaux réduits à leur strict minimum depuis vendredi soir pour ne pas être inondé une nouvelle fois d'informations, de sondages d'opinion et autres analyses d'anticipation, j'avais réussi à me tenir loin du tumulte et de l'agitation inutiles qui précèdent une élection surtout dans le contexte particulièrement nauséabond qui a été celui de ces des 15 derniers jours.

    Et je voulais que cela dure afin de m'épargner l'angoisse des dernières minutes et de la tension montante, l'imprécision des premiers résultats, d'autant que les derniers sondages mettaient quatre candidats au coude à coude. J'ai donc, tant bien que mal, évité jusque tard dans la soirée tout contact avec l'actualité politique.

    Ayant dîné en ville, j'avais, chemin faisant, eu quelques éléments de réponse à la grande interrogation du soir : qui serait au second tour ? La place du Capitole était en effet complètement bloquée aux quatre coins par des cordons de CRS qui évacuaient les lieux  tout en en interdisant l'accès. Étrange image... Jamais je n'avais vu cela. C'est finalement en rentrant chez moi à 22h30 qu'allumant ma télévision j'ai découvert le résultat.

    Le second tour verra donc s'affronter Emmanuel Macron, en tête au premier tour, et Marine Le Pen qui le talonne de peu. Adieu François Fillon qui paie le juste prix de sa turpitude. Exit la gauche traditionnelle  reléguée loin derrière. La gauche dure balaie la gauche molle qui nous a gouverné ces cinq dernières années. Les grands partis traditionnels se voient donc exclus du second tour de l'élection présidentielle. Stupeur et tremblements. Le travail de reconstruction sera considérable. Ce résultat est historique. Je ne sais s'il faut en pleurer ou s'en réjouir. 

    C'est en tout cas un véritable camouflet pour l'architecture classique de la vie politique française en même temps d'un fort message d'inquiétude dont il faudra évidemment tenir compte dans les années à venir si l'on ne veut pas que la vague bleu marine qui se fait tous les cinq ans plus ferme, ne se transforme jour en tsunami. 

    Emmanuel Macron crée une percée extraordinaire et bouleverse encore une fois le château de cartes que l'on croyait inébranlable. Un score élevé du candidat était prévisible. Était-il toutefois réellement prêt à assumer le rôle qui lui est maintenant dévolu ? Car il n'y a pas énormément de risques à affirmer dès aujourd'hui qu'il sera notre prochain président de la République...

    L'effrayant est évidemment de constater que les extrêmes s'installent fermement en France et que les idées du Front national sont bien ancrées.On le redoutait. Et pourtant les faits sont tristement là : cette élection a des relents de 2002. Voir le Front National encore une fois accéder au second tour de l'élection présidentielle fait quand même bien mal au cul. Cumulé avec les voix de Dupont-Aignan cela fait quand même pas loin de 27 % des électeurs qui ont voté au profit d'idées d'extrême droite. Cet électorat répond toujours massivement présent à l'appel, ce qui en est tout autant la force que la limite.

    Dès lors les calculs sont vite faits : le plafond de verre est là qui empêchera sans grand mal le FHaine de l'emporter. Un second tour sans grande suspense, donc...

    Mais ce soir comme en 2002, j'ai mal à ma France.

    20 avril 2017

    Hésitation finale

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    Cela fait des mois que cela dure. Des mois qu'on les regarde sous toutes les coutures, qu'on les compare en jaugeant les avantages des uns et des autres, leurs inconvénients, par rapport à ce que l'on ressent, à ce dont on a envie et à ce que l'on ne veut pas, aussi. 

    Des mois l'on se pose dix mille questions, qu'on en choisit un et puis que, finalement on se dit que non, ce serait peut-être mieux l'autre, et que... pfff au fond on n'en sait plus rien. 

    Car la pléthore du choix tue le choix. 

    Entre les options traditionnelles et celles que l'on nous promet plus "modernes", la lutte est inégale. Le cœur ou la raison ? La raison ou le cœur ? Et pourtant il faudra choisir, décider. Trancher. 

    Le jour venu il n'y aura pas tellement de possibilités de tergiversations supplémentaires. Le cœur palpitant face à l'offre, il faudra arrêter son choix et en assumer les conséquences. Un choix et un seul. 

    Choisir c'est renoncer, un peu.

    Et une fois le processus lancé, il sera trop tard pour se raviser. Il faudra faire avec. Pendant quelques années.

    Pour ma part je pensais avoir trouvé, mon choix était arrêté. Il me semblait clair et cohérent. Et puis l'autre jour, Paf ! voilà-t-y pas que je me mets à douter face à une autre possibilité ma foi fort séduisante, remettant tout en question. Du coup, c'est reparti pour un tour : comparer, regarder, imaginer... C'est épuisant. 

    Pourtant d'habitude je me décide assez vite et j'ai les idées plutôt claires. Mais pas cette fois-ci. 

    Oui, c'est une chose parfois difficile que de choisir le prochain coloris de sa chambre...  

    15 avril 2017

    La photo du mois : A travers

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Avril et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par KK-huète En Bretannie qui nous propose de plancher sur : A travers et nous donne les indications suivantes :
    "découvrir, voir, remarquer, passer à travers ... tout ce qui peut se faire à travers"
    Ma photo a été prise il y a 15 jours sur les bords de la Loire à Nantes, fort belle ville que je découvrais en bonne compagnie.


    Au premier plan, il s'agit des fameux Anneaux de Buren qui jalonnent les quais des Antilles, sur l'île de Nantes. Un endroit très chouette où il fait bon aller se promener dès que le soleil pointe le bout de son nez.

    A travers le premier d'entre eux s'élève le célèbre dôme de l'église Notre Dame de Bon Port, l'un des symboles architecturaux de la ville, outre les maisons bancales que l'on distingues également sur la droite, toujours à travers les anneaux.

    Comme toujours, la photo du mois continue à travers les autres blogs participants :

    Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carolyne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Josette, Josiane, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pichipichi Japon, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbreTestinaute, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    13 avril 2017

    La soupe aux lentilles

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    Ce soir maman a préparé de la soupe. De la soupe aux lentilles. Je déteste ça, la soupe aux lentilles. Au moins autant que son ragoût de chou rouge au vinaigre qui empeste l'ammoniac lorsque qu'elle entrouvre le four pour l'arroser, chaque demi-heure. Ha... ce ragoût de chou rouge. Je n'ai jamais pu en avaler plus d'une bouchée. Mais ce soir c'est vendredi. Jour de la soupe aux lentille. Je hais la soupe aux lentilles. 

    Au milieu de la table en formica orange, sous le néon blafard du plafond, trône l'imposante marmite d'aluminium un peu cabossée par les années et noircie par la flamme. Un fin entrefilet vaporeux s'en échappe qui tapisse la pièce de cette odeur si particulière. L'odeur de la soupe aux lentilles.

    Papa ne l'aimait pas lui non plus, cette soupe aux lentilles. C'est probablement pour cela qu'il s'est barré avec une autre. Pauvre type. On ne l'a jamais revu. On n'a jamais cherché à le revoir. Il s'est pendu un soir de septembre dans son garage. C'est ce que m'a dit ma maman un beau jour. Moi, je m'en foutais. Il ne faisait de toute façon plus partie de mon existence. En avait-il seulement jamais fait réellement partie ? Depuis, je vis seul avec maman, dans cet appartement sordide où il ne se passe rigoureusement rien.

    De la vieille télévision cathodique à coins arrondis placée dans un angle de la pièce, jaillissent les rires forcés d'une émission sensément populaire où tout le monde est joyeux sur ordonnance. Je déteste cette émission débile au moins autant que la soupe aux lentilles. Je ne reconnais d'ailleurs aucun des people qui gesticulent lourdement pour faire s'égosiller un public hilare déjà acquis à leur cause. Bande de cons ! 

    L'homme me répugne souvent. Lui et sa laideur. Sa méchanceté gratuite. Son impatience outrancière et sa bêtise crasse. Les gens et leur passivité. Des geignards. Des moutons. Les gens sont des abrutis.

    Un petit courant d'air poisseux fait frissonner le voilage blanc jusqu'alors immobile qui dissimule maladroitement la seule fenêtre entrouverte donnant sur la rue. Au-dehors, l'air est encore suffocant. Je meurs de chaud. Et cette putain de soupe aux lentilles n'arrange rien. Une goutte de sueur perle derrière mon oreille puis s'étire le long de mon cou, avant d'aller se perdre dans le creux de mon épaule. J'ai le front moite. Du haut de notre huitième étage, les gaz d'échappement de la circulation encore dense malgré la nuit tombante, nous parviennent par vagues nauséabondes. Au loin, des klaxons se répondent en un concert grotesque de grognements mécaniques. L'air pue et je pue avec lui.

    Cuillerée après cuillerée, je mange ma soupe chaude à reculons, la grimace aux lèvres. J'ai malheureusement faim. Assise en face de moi, maman ne dit rien. Au milieu de mon assiette Arcopal à grosses fleurs bleues, parmi la bouillie infâme des lentilles trop cuites, flotte un  bout de carotte molle. Ramollies elles aussi par les trois heures de cuisson rituelles, se détachant de leur peau que je m'amuse à triturer entre mes canines, les petites lentilles marron se dissolvent sous ma langue en une diarrhée farineuse.

    D'ailleurs ce sont elles, les peaux, qui me donnent des gaz terribles à m'en faire péter les intestins. Saloperie. Je hais les lentilles.

    De temps à autre un petit bout de viande filandreuse vient animer cette monotonie culinaire. Maman a pour habitude de mettre dans sa marmite un gros os de bœuf afin de conférer à ce marasme de platitude son parfum si insupportable de viande bouillie pour chien. Un comble : nous n'avons jamais eu de chien.

    Mon assiette est presque vide. Murée dans son mutisme, impassible dans son ensemble orange aussi vieillot que le papier peint vert à carreaux de notre triste salle à manger, maman ne décoche pas un mot. Son assiette tiédissante est toujours pleine. Elle ne me regarde même pas.

    Un nouveau courant d'air tiède parcourant la pièce fait se hérisser les poils de mes avant-bras. Le temps est en train de tourner à l'orage. La pluie salutaire s'en vient. Le voilage blanc de la fenêtre se soulève. Il danse mollement en une chaotique ronde fantomatique. Attaché à sa tringle annelée, il ne peut s'enfuir, malgré les tentatives désespérées de se libérer de son carcan et de s'en aller par la fenêtre, se jeter par dessus bord. Par dessus bord... J'aimerais parfois me foutre par dessus bord. Sauter. Fermer les yeux et laisser la gravité faire le reste. Tomber comme une merde et m'exploser la boyasse trente mètres plus bas. N'être plus rien qu'un amas de chairs difformes. Plus rien. J'imagine alors la tête ahurie des passants devant mon corps disloqué, pissant le sang. Ha ha... ce qu'ils auraient l'air con !    

    Au dehors une ambulance traverse le quartier à toute berzingue. Les sirènes hurlantes vomissent leur pin-pon obscène à la face des trottoirs gris. Je souris.

    J'ai fini mon assiette de soupe. Je ne me resservirai pas, évidemment. Me levant je débarrasse mon coin de table et dépose machinalement mes couverts à la cuisine dans l'évier blanc dont l'émail est constellé d’accrocs. 

    Me grattant nonchalamment l'entrejambe sans la moindre pudeur, la main dans le caleçon que je porte pour unique vêtement, j'asperge cette vaisselle d'une giclée de produit vaisselle rose et fais couler sans trop faire attention un peu d'eau chaude. Je laverai tout cela plus tard. 

    Maman, elle, n'a pas fini son assiette. Elle n'y a même pas touché. Figée dans son effroi, les bras ballants, sa bouche dessine une grimace hideuse. Les fines boucles grisonnantes de ses cheveux ondoient sur sa tête immobile. Je baille lourdement. Je suis crevé. Désormais rien ne presse.

    Ce soir, j'ai tué maman.

    ***
    Récit librement inspiré par l'ambiance de Tom's Diner de Suzanne Vega 

    8 avril 2017

    Sur la piste des Cromlechs de la montagne d'Espiau

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    Aujourd'hui je vous emmène sur la piste des cromlechs de la montagne d'Espiau, dans les Pyrénées.

    Les cromlechs sont des alignements mégalithiques protohistoriques, autrement dit des alignements de pierres d'assez gros volume, généralement disposés en cercle.

    Datés d'entre 2000 et 3000 avant notre ère, leur fonction exacte demeure inconnue. D'après ce que j'ai pu lire, on leur attribue une fonction funéraire doublée d'une fonction d'observation du ciel. Le plus connu d'entre tous les cromlechs, et certainement le plus spectaculaire, est celui de Stonehenge. Ceux que je suis allé voir n'en ont ni l'élégance ni la majesté. Qu'importe... ayant appris leur existence - à portée de chaussure de randonneur - tout récemment, il m'était difficile de ne pas aller sur place à la première occasion.


    Le départ se fait à Saint Aventin, petit village de pierres situé au dessus de Luchon, dans les Pyrénées. Un lieu hors du temps, au milieu des montagnes et des estives où gambadent isards, vaches et moutons.


    La balade commence par le chemin qui longe l'église. Une très belle petite église romane du XIe siècle qui présente la particularité de posséder deux clochers. Comme c'est souvent le cas dans les Pyrénées, j'en avais déjà parlé pour l'église Saint Juste de Valcabrère, les constructions romaines et préromaines implantées dans toute la région ont souvent servi de matériaux de pour d'autres bâtiment. Aussi peut-on observer ici et là des fragments de bas-reliefs d'une toute autre époque incrustés dans les murs.

    Le tympan situé au dessus du porche, représentant le Christ entouré des quatre évangélistes, ainsi que les chapiteaux illustrant différents épisodes bibliques ou encore une splendide vierge à l'enfant, méritent que l'on s'y attarde un petit peu. Je suis toujours admiratif par ces témoignages de dévotion populaire la richesse incroyable des détails sur ces petites églises qui sont de véritables joyaux, surtout en plein cœur de nulle part, ici où l'accès devait être, jusqu'à encore récemment, toute une aventure...


    Le chemin commence par le sentier balisé n°60. On s'éloigne peu à peu de Saint Aventin tandis que se déploie un paysage encore engourdi par l'hiver. Les cimes sont encore bien enneigées et les pentes herbeuses n'ont pas encore recouvré leur verdeur.


    Le sentier bifurque ensuite vers le n°77 balisé en jaune. La promenade dominicale vire à l'ascension : une petite heure de montée non-stop pour un dénivelé de 400 mètres. Le paysage change peu à peu, la végétation basse laissant place aux prairies.


    Malgré le soleil, le vent est frais et je ne regrette pas de m'être encombré d'un coupe-vent molletonné.

    Les moutons sont déjà là. Béééé par-ci, béééé par-là... ils n'ont pas l'air d'être dérangés pas le vent froid, eux.


    Un peu plus loin c'est un groupe d'isards que j'aperçois. Ils me regardent, je les regarde, nous nous observons mutuellement. Ils n'ont pas l'air de bien comprendre ce qu'est cette grosse bête en face d'eux. 

    Le vent venant de face, ils n'ont pas perçu mon odeur. Je continue à m'approcher. Je n'en ai jamais vu d'aussi près. Puis les voilà qui détalent à toutes pattes en direction d'un petit bois. Je les reverrai plus tard mais de beaucoup plus loin, sur le chemin du retour.


    C'est fascinant de penser qu'en ces mêmes lieux, plutôt hostiles, l'homme était déjà présent il y a 4000 ans et qu'il y croisait déjà des isards, les mêmes que ceux que je viens de photographier.

    Je n'ai en revanche croisé aucun ours. Le seul présent sur place tenait l'appareil photo...

    Quelques efforts plus tard me voici arrivé aux cromlechs, situés tout en hauteur, offrant un superbe panorama sur les cimes et vallées environnantes. 


    Comme je l'indiquais au début de ce billet, ces cromlechs n'ont rien de particulièrement ostentatoire. De grosses pierres réunies en cercles de un à deux mètres de diamètre et dont on perçoit que la répartition n'est pas le fruit du hasard mais celui du travail de l'homme, 5000 ans en arrière.

    C'est fou comme il suffit parfois de peu de choses pour voyager loin... Un voyage dans le temps en l'occurrence. Et je trouve extrêmement touchant ces petit signes du passé, trois fois rien, quelques cailloux rassemblés au milieu des immensités montagneuses qui, pourtant, nous parlent de nous, de ce que nous avons été et qui, quelque part, nous interrogent sur ce que nous sommes devenus. C'est étourdissant lorsque l'on y pense...


    Ici rien n'a significativement changé depuis ces temps lointains, si ce n'est les rares petits villages ramassés qui ont poussé  autour de leur église et dont j'entends au loin, de temps à autre, sonner la cloche fêlée égrenant les heures.

    Et nous, que laisserons nous de notre époque que l'on viendra admirer dans 5000 ans ?


    Du fond de la vallée monte une série de tintements sourds. C'est la voix éraillée de la cloche du village d'en contre-bas et que j'entrevois au loin qui annonce cinq heures.

    Il est temps pour moi d'abandonner les cromlechs à leur éternité et de rebrousser chemin.


    6 avril 2017

    Veni Vidi...

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    Quoique hésitant, j'ai eu mille fois raison d'aller le retrouver chez lui et de passer en sa compagnie les premiers jours de mes vacances. « J'espère que tu as trouvé des réponses à tes questions », m'a texté une amie à l'issue de ce petit séjour. J'ai trouvé, à vrai dire, bien plus que cela.

    Aller chercher des réponses, construire des souvenirs, et cartographier un peu le ciel de cette petite étoile filante dont j'ignorais alors la trajectoire. 

    Nous avons passé de très jolis moments ensemble sous un beau temps particulièrement bien venu. J'ai aimé découvrir sa ville, m'émerveiller comme un enfant sur l'île aux machines, perdre mon temps dans des boutiques de déco, partager une bière fraîche avec des rillettes de canard le long du canal,  parcourir les bords de Loire à vélo ou encore faire les andouilles avec des dynosaures en plastique dans une boutique flirtant avec l'uber-boboïtude la plus absolue. Mille et une petites choses que nous avons faites ensemble et qui, désormais, font partie de nos souvenirs communs, à nous seuls. Ces petits trèsors qui sont le sel de la vie. Ces moments arc-en-ciel qui font que la vie est parfois rudement chouette.

    De même, je ne connais pas grand chose de plus intime que de dormir dans les bras de quelqu'un. S'endormir dans les bras d'un autre, lui offrant ainsi toute notre vulnérabilité, dans un abandon total empreint d'une infinie tendresse. Sentir l'autre s'endormir contre soi, lové contre mon flanc, peau contre peau, sa joue posée dans le creux de mon épaule, sa jambe recroquevillée autour de la mienne, comme pour dire ne m'abandonne pas... Écouter sa respiration qui s'apaise, devenir profonde, puis peu à peu sentir son souffle s'allonger. Percevoir ses inspirations s'espacer de plus en plus. Saisir cet instant précis où la conscience s'efface, l'éveil qui bascule dans le sommeil. Imperceptiblement son étreinte se relâche. Il dort... On ne ment pas lorsque l'on dort. À peine sait-on que l'on est vivant.

    Oui nous avons passé de forts jolis moment dont je garderai sans nul doute une petite forme de nostalgie, celle qui appartient aux moments que l'on n'oublie pas et auxquels on aime penser de temps en temps en se disant que c'était drôlement chouette et que l'on aimerait recommencer. 

    Mais j'ai souvent eu aussi cette étrange sensation que chacun vivait les choses de son côté, sans réel partage, sans communion et qu'en dépit des signaux envoyés, il n'y était ni sensible ni réceptif. Être bien ensemble mais chacun de son côté, chacun dans sa réalité, sans que nous n'ayons réellement grand chose à nous dire. C'est un fait.

    Surtout j'ai compris que nous vivions dans des temporalités, dans une relation au monde fort  différentes. Lui vit dans le présent. Plus encore, dans l'instant. Hier n'existe plus, demain n'existe pas encore. Le temps s'auto engendre seconde par seconde. Ce qui était n'est plus. Nul ne sait ce qui sera. Son présent est comme autant de points d'intersection entre sa vie et celles des autres, sans recherche ni questionnement autour d'une éventuelle continuité.

    Dans ce tableau digne d'un Seurat, je ne suis qu'un point parmi des miliers d'autres qui dessinent la grande fresque de sa vie. Un tableau construit point par point mais dont il n'a encore aucune idée du dessin général, ni recherche d'une cohérence avec ce qui a déjà été tracé. Comme tant d'autres, je fais partie de son décors. Un point dans son décors. Rien de plus. En l'état actuel des choses, je ne dois rien attendre de particulier de lui, sinon de passer à nouveau de très chouettes moments lorsque l'on se reverra, un jour... peut-être...

    Car nous venons de discuter après que j'ai publié ce billet que j'ajuste en conséquence, contrairement à ce qui est ici habituellement la norme : ne rien toucher. Coup de théâtre... Il dit s'être attaché trop fort, trop vite. Je lui manque, il veut tourner la page pour ne pas se torturer inutilement. Les claques cela arrive concluait-il. Et le voilà qui me dit Au revoir.

    C'en est fini. Il l'a décidé, du haut de son petit monde à lui...

    Et moi dans tout cela ?

    Il restera ainsi la petite étoile filante que j'avais vue en lui. Ma petite étoile filante qui a traversé épisodiquement mon petit monde, l'a illuminé de mille feux et dont je ne dois désormais plus attendre le prochain passage. Au revoir...

    Un point perdu parmi beaucoup d'autres...

    Des réponses donc. Je sais désormais à quoi m'en tenir. Avoir un mode d'emploi et de savoir en conséquence comment caler son pas sur celui des autres est toujours rassurant. Briser les faux espoirs, dépouiller les apparences de leurs oripaux et dissoudre les mirages. Savoir un peu qui on est, où l'on va, ce que l'on veut. 

    Il paraît que cela s'appelle la maturité. Mais je suis très triste.

    29 mars 2017

    Mercredi 29 mars 2017

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    Bientôt quinze jours que je n'ai rien écrit ici alors qu'à plusieurs reprises j'ai songé à tout ce que, pourtant, j'aurais à y raconter. Pour me souvenir. Pour le relire plus tard. En rire, ou en pleurer. Ou peut-être me remémorer avec un sourire bienveillant cette période de ma vie, intense à tous les niveaux.

    Aussi incongru que cela puisse paraître, mon esprit fut, ces jours derniers, habité par les paroles d'une chanson de François Feldman et Joniece Jamison : "Joue pas". Non, ne joue pas, ne joue pas comme ça, tu ne sais jamais jusqu'où ça ira. 

    Car en effet depuis maintenant quelques semaines, la petite étoile filante qui a traversé ma nuit me dit beaucoup de choses. Belles. Un peu trop rapides peut-être. Un peu trop fortes aussi pour mon petit cœur de midinette... Irrationnelles souvent. Contradictoires parfois aussi. Est-il inconstant ? certainement. Immature ? aussi. Je devrais certainement me protéger beaucoup plus que je ne le fais et mettre mon petit cœur d'artichaut à l'abri de ce jeu, même si j'ai à peu près compris que le chant des sirènes n'est pas celui que l'on croit et qu'il me faut, en la circonstance, ne rien prendre pour argent comptant venant de sa part, sauf à ne pas redouter le naufrage. Ne joue pas, pas avec moi...

    Après beaucoup une rapide hésitation, je vais donc le voir ce weekend, histoire de bien commencer mes courtes vacances - une petite semaine décidée à la va-vite la semaine passée par mon hystérique de boss (va t'organiser des vacances en quinze jours toi...). Faire du tourisme, passer du bon temps, fabriquer de jolis souvenirs aussi avec un garçon dont j'apprécie autant la fraîcheur que la folie douce. Voilà un joli programme.

    Tu es une véritable guimauve ! m'a dit tout à l'heure au téléphone un ami à qui je racontais les derniers soubresauts de mon existence. C'est vrai. C'est exactement vrai. Soit tu vas revenir sur un petit nuage dont on ne pourra plus jamais te faire redescendre, soit tu seras au fond d'un trou dont tu mettras des semaines à te relever. Oui, c'est tout à fait vrai aussi...  Mais qu'importe. J'ai décidé de vivre cette idylle, d'en profiter, même si je ne sais pas très bien où elle mènera, si tant est qu'elle mènera quelque part. Vivons. Jouissons. Esbaudissons-nous. Il en restera toujours quelque chose...

    Ce peut-être-début-de-je-ne-sais-encore-quoi aura au moins eu le mérite de me faire comprendre pourquoi mes relations naissent rarement avec des garçons de Toulouse mais, presque toujours, avec d'autres qui sont plus loin. Et la réponse est d'une simplicité renversante : la distance me laisse croire qu'elle suffira, par elle-même, à interdire quoi que ce soit ; que, de fait, tout sera forcément dénué d'enjeu, la distance excluant a priori l'immixtion de toute prémisse sentimentale saine et durable. Ce qui me fait baisser la garde. Et paf ! Le drame... Je tombe dans le panneau régulièrement. C'est affligeant.

    Alors qu'au contraire je suis habituellement ceinturé par un arsenal militaire difficilement franchissable composé de plusieurs Murs de l'Atlantique, de mines anti-chars et autres tourelles anti-aériennes disséminées un peu partout dans mon périmètre et qui interdisent toute approche à moins d'une demi-année-lumière. C'est ainsi. Ces mécanismes de défense me sont hélas inconscients. Elle est coriace, ma forteresse cathare...  Je n'y peux pour l'instant rien sans un travail approfondi que je ne sais pas comment mener ni par où commencer. Il le faudra pourtant bien.

    Bientôt les vacances donc. Vendredi soir. Une partie dans l'Ouest de la France, le reste dans les Pyrénées, au calme. Au milieu des montagnes dont la cime est encore enneigée en cette saison. Le grand air et quelques belles randonnées me feront du bien. Beaucoup de bien. Que je sois au fond du trou ou la-haut sur mon petit nuage comme me l'a prédit cet ami. Ou peut-être simplement bien, les pieds sur terre, conscient de ma chance de vivre intensément certains segments de ma vie presque ordinaire.

    En rédigeant ce billet, je bois un excellent Madiran 2012 acheté en promo en grande surface. Il titre à 13,5 degrés et commence à cogner un peu, d'autant que j'ai eu une matinée éprouvante. Il me faudra aller en acheter un carton. C'est le genre de chose qu'il faudrait avoir en permanence chez soi et à boire souvent, sans façon. On néglige trop souvent les opportunités de se constituer une petite cave sympathique à moindre frais. Pas besoin de grands crus pour se faire plaisir. Le bonheur passe d'abord par les petites choses. Comme boire une gorgée d'un bon vin ou tenir contre soi un garçon dont la présence est à elle seule apaisante.

    15 mars 2017

    La photo du mois : Sensuel(le)

    13 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Mars et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, Lau* des montagnes nous proposait le thème : Sensuel(le) en nous donnant cette indication :
    Que ce soit une attitude, une courbe, un regard, une matière, un détail, une peau, montrez-nous ce qui est sensuel pour vous. En couleurs ou en noir et blanc, libre à vous de sublimer cette sensualité.
    J'ai trouvé ce thème particulièrement difficile à traiter... D'une part parce que la sensualité relève d'une appréciation éminemment subjective. D'autre part parce que mettre la sensualité - ou du moins quelque chose qui s'en approche - en image m'est apparu comme quelque chose d'extrêmement compliqué. Il faut une idée, ou faire énormément de photos et donc avoir le temps pour cela, pour réussir son coup.

    N'ayant ni trop de temps ni trop d'inspiration, c'est en puisant dans mes archives que j'ai trouvé la photo qui illustrera le thème du mois... 
    La photo du mois continue toute en sensualité sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Kellya, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Luckasetmoi, Lyonelk, Madame Rêve, magda627, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Pat, Paul Marguerite, Philae, Pichipichi Japon, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre,The Beauty is in the Walking, Tuxana, Xoliv', écri'turbulente.

    13 mars 2017

    Petite étoile filante

    1 commentaire
    Une photo, en souvenir de cette petite étoile filante qui a traversé mon ciel pendant quelques jours... 

    Cinq belles journées, ponctuées de moments fabuleux qui m'ont fait un bien fou, m'ont rendu heureux, m'ont redonné goût à certaines petites choses auxquelles je n'attachais plus aucune importance, et m'ont fait me sentir bien, tout simplement. 

    C'est une belle page qui vient de s'écrire, avec de jolis souvenirs dedans.

    Une très belle rencontre dénuée a priori de tout enjeu qui m'a fait comprendre que la pesante forteresse cathare s'était progressivement reconstruite autour de moi et qui m'a heureusement fait baisser la garde. Et j'ai aimé sentir cette artillerie voler en éclats, inutile et contrariante. Il faut vraiment que je travaille sur mon lâcher-prise...
    Ce soir, la petite étoile filante est rentrée chez elle, loin d'ici, laissant derrière elle un peu de ce vide qu'elle avait contribué à combler. 

    Qui sait si cette petite étoile filante reviendra, comme elle l'a promis ?
    City of stars
    Are you shining just for me?
    City of stars
    There's so much that I can't see
    Who knows ?

    9 mars 2017

    Se laisser porter

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    Se laisser porter
    Par les événements
    Un peu d'imprévu 
    De la douceur bienvenue
                          Une caresse 
             
    Un baume apaisant                                
    Sur mes blessures                               
                                                       Se sentir beau
                                                       Dans le regard de l'autre



    Vivre l'instant  
                 
                                       Pour ce qu'il est             
                                       Donné                     

    Tout le temps qui passe               

                                       Ne pas regarder en arrière
                                       Offert

    Ne se rattrape guère               

                                      Ne pas regarder en avant
                                      Librement

    Tout le temps perdu               

                                     Profiter de l'instant
                                     Et laisser faire

    Ne se rattrape plus               


    Se laisser porter...                




    6 mars 2017

    L' HEXACO Kézako ?

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    Depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et sur certains blogs, l'on croise une batterie de diagrammes en camembert faisant suite à un petit test de psychologie qui permet de situer sa personnalité  : l'HEXACO. Selon cette méthodologie, notre personnalité serait répartie en 25 facettes et regroupées en six grands aspects :
    • Honnêteté-humilité (et leurs contraires) ;
    • Émotivité ;
    • eXtraversion ;
    • Agréabilité (versus colère) ;
    • Consciencieusité ;
    • Ouverture à l'expérience.
    Bien évidemment, comme je suis friand de ce genre de petite chose, je me suis livré à l'expérience et, quelques cent questions plus loin, le résultat me semble assez représentatif.
    Reprenons point par point :
    1. Honnêteté-Humlité
    L'aspect honnêteté, humilité reflète assez bien mon ressenti qui n'était jusque là que purement subjectif.
    Trop sage, on me le dit parfois. Un ami m'avait dit une fois, sur le ton de la boutade, que je manquais d'impertinence. Il n'avait pas tort. J'y vois la conséquence du magma de valeurs que j'ai reçues par héritage familial : une certaine idée de l'honneur, de la respectabilité, et la crainte du qu'en-dira-t-on. On ne se refait pas.

    2. Émotivité
    L'aspect émotivité, n'est en rien surprenant même si les questions sont insuffisamment précises pour cerner exactement les choses avec toute l'acuité nécessaire. Un fait est constant : je suis un grand anxieux (4,8 sur 5... alors que la moyenne est de 3,7 sur 5). Chez moi l'anxiété est quasiment à son maximum et c'est hélas une tare dont je me passerais volontiers au quotidien. Et je n'oublie pas que ma mère est probablement la personne la plus anxieuse que je connaisse... J'ai dû recevoir quelques gênes particulièrement expressifs de ce côté là (merci maman !).
    Anxiété certes, mais aussi un forte propension à  l'empathie et à des sentiments d'attachement envers les autres. 
    Niveau sensibilité, je suis assez surpris par le résultat (un très faible 2,8 alors que la moyenne est à 3,6), étant l’archétype de la midinette au cœur d’artichaut qui peut s'émouvoir aux larmes devant un beau coucher de soleil... D'un autre point de vue, de par ma profession, j'ai aussi appris à me détacher totalement de certaines situations dont le côté roudoudou caramel et larmes de crocodile ne m'atteignent pas. Enfin, pas toujours... Il doit donc y avoir une pondération de l'un par l'autre, mais il aurait été intéressant de creuser davantage la question.

    3. Extraversion
    Le thème de l'extraversion en revanche est un très exact reflet de ce que je suis, un peu en situation de grand écart.
    Ainsi, quoique tout à fait sociable, plein d'entrain et présentant de fortes aptitudes à jouer le jeu social, je ne suis pas forcément à l'aise au milieu de la foule. Plus que les grande tablées de 70 personnes où l'on discute avec tout le monde et en réalité avec personne, je préfère les petits comités plus intimes, plus ouverts à la confidence et à de véritables rencontres. Souvent j'aime à me décrire comme un homme de l'ombre : je goûte assez peu la lumière des projecteurs. 
    Un ami me demandait assez récemment si, en diverses matières, j'étais du genre à faire le premier pas. Le questionnaire confirme que ma réponse était la bonne lorsque je lui ai répondu que non... 

    4. Agréabilité 
    Suis-je quelqu'un d'agréable ? Ni plus ni moins que la moyenne avec un score 2,9 sur 5 au bénéfice d'une patience élevée (3,8 sur l'échelle de Richter) permettant de contrer une indulgence assez faible (un ridicule petit 2 sur 5 alors que la moyenne est de 2,8). 
    J'y vois le reflet de mes scores de "consciencieusité" (mon dieu que ces néologismes sont moches) qui font que j'aurai tendance à laisser passer un certain nombre de choses, que j'aurai bien évidemment remarquées. Je crois que cela explique en partie le phénomène cocotte-minute auquel je suis parfois confronté : à force d'encaisser, au bout d'un moment, ben ça explose et, à la fin, il y en a un peu partout dans la cuisine...  

    5. Consciencieusité
    Le test m'apprend également que je suis aussi quelqu'un de consciencieux, organisé (4,8 sur 5) et de diligent (4,3 sur 5), ce qui ne me surprend pas outre mesure, ayant été "consciencieusement" éduqué pour cela par ma mère. On notera que l'indice de prudence (un petit 3) est un peu plus faible que la moyenne (qui me surplombe du haut de ses 3,2 sur 5). Il faut y voir le reflet l'écoute parcimonieuse de mon intuition qui, je l'avoue, n'est pas toujours la meilleure conseillère...

    6. Ouverture à l'expérience
    Mon ouverture à l'expérience explose les scores puisque je culmine à 4,6 sur 5 alors que la moyenne est à 3,4 sur 5. Là non-plus je  n'y vois rien de surprenant. Amateur d'art, d'architecture, de photographie, de musique, curieux insatiable non-repenti, musicien à mes heures... J'aurais été surpris qu'il en soit autrement. Mais avec ce genre de test qui vous dissèque les neurones, on ne sait jamais.
    Petite réserve toutefois, je ne comprends pas trop ce que signifie la rubrique "appréciation esthétique" dans lequel je plafonne à 5. Dommage que le test ne révèle pas davantage les arcanes de son interprétation.

    Altruisme
    Enfin mon altruisme est à peine au dessus de la norme (4 sur 5, alors que la moyenne est à 3,5 sur 5), c'est à dire que, selon ce test, j'évite de causer du tort et je réagi avec générosité envers ceux qui sont faibles ou ont besoin d'aide. Là aussi, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur la méthodologie, histoire de comprendre la mesure et l'interprétation qui peut en être donnée. En tout cas une chose est sûre : je ne suis pas le pire des radins sans être l'Abbé Pierre non plus ! 

    Et vous, votre HEXACO donne quoi ? 

    3 mars 2017

    Fermons les volets

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    Vendredi, presque 20 heures, le temps du weekend s'annonce et avec lui le moment de fermer les lourds volets de bois de la fenêtre de mon bureau.

    C'est une belle et haute fenêtre en bois qui fait pratiquement toute la hauteur de la pièce, 3 ou 4 mètres, je ne sais pas précisément. Orientée plein ouest elle offre le soir venu une vue imprenable sur de magnifiques couchers de soleil, l'un des spectacles les plus beaux qui soit et dont je ne me lasserai jamais. 

    Evidemment la fenêtre n'a plus toute la rigidité primesautière de son altière jeunesse. Elle vibre dès qu'il fait un peu de vent et laisse s'engouffrer dans la pièce d'abondants filets d'air plutôt contrariants... De même lorsqu'il pleut, il convient de prendre garde à ce que la crémone soit correctement verrouillée sinon, gare aux inondations !

    Le rituel du soir, et plus encore du weekend, est de fermer les volets, afin de parer à toute éventualité climatique qui pourrait nuire à la salubrité de mon bureau. Deux lourds volets de bois à la peinture écaillée, munis de persiennes. C'est joli les persiennes. Cela donne aux volets une légèreté et une élégance ma foi tout à fait respectables. Et  puis je ne connais pas de pénombre plus invitante à la lascivité que celle qui, l'été, filtre entre les doigts d'un volet à persiennes.

    Voici donc venue l'heure de tirer les volets et de plonger mon bureau dans la semi obscurité jusqu'à lundi, le temps de prendre un peu de repos. 

    Repos du travail tout d'abord qui fut particulièrement soutenu. Je crois que je n'ai pas touché terre un seul jour cette semaine. Moi qui déteste la monotonie, je dois dire que je suis particulièrement servi. J'ai même fait des choses qui m'ont passionné et dont j'ai hâte de connaître le dénouement prochain. C'est un fait suffisamment rare pour être noté. 

    Repos de la semaine, ensuite, dont l'actualité aura été d'une rare intensité et m'a fait publier mardi ce petit passage de Montesquieu que j'aime beaucoup. Car j'ai franchement l'impression qu'en ce moment on marche sur la tête et que les choses ne tournent pas tout à fait rond dans notre monde.

    Figurez-vous donc :

    Un candidat à l'élection présidentielle convoqué à sa mise en examen annonce - malgré les défections dans ses rangs et la houle populaire qui l'enjoint de se retirer - qu'il maintiendra sa candidature ;

    L'autre connasse insalubre de Frigide a continué à déverser sur je ne sais plus quel média son discours méphitique teinté de nawak le plus absolu à propos du candidat Macron ;

    Le premier candidat sus-évoqué appelle à manifester contre le "coup d'Etat des juges" dimanche au Trocadéro ;

    Le premier président et le procureur général de la Cour de cassation ont jugé la situation suffisamment ubuesque pour sortir du bois et se sont fendus d'un communiqué historique appelant à la raison... 

    Oui, fermons donc les volets et les écoutilles sur cette semaine.
    Et reposons-nous gaillardement.

    28 février 2017

    Relisons Montesquieu

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    Lettre LXXVIII. Rica à Usbek, à***.
    (...) 
    Il y a ici une maison où l’on met les fous. On croirait d’abord qu’elle est la plus grande de la Ville ; non : le remède est bien petit pour le mal. Sans doute que les Français, extrêmement décriés chez leurs voisins, enferment quelques fous dans une maison, pour persuader que ceux qui sont dehors ne le sont pas.
    (...)
    Montesquieu, Lettres persannes. (1721)

    26 février 2017

    La La Land, de Damien Chazelle

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    Mia et Sébastian, Sébastien et Mia, deux êtres qui se croisent, s'observent, se convoitent, chantent et dansent de concert en quête de leur destin, animés par leur fougue et leurs passion.

    Elle, barmaid au coeur des célèbres plateaux de tournages de Los Angeles, veut devenir actrice et écume les castings. Lui, pianiste talentueux en galère, réduit à jouer des mièvreries pour gagner sa pitance, voudrait ouvrir sa propre boite de jazz.

    Mais rien n'est jamais simple dans ce bas monde, surtout quand l'amour s'en mêle...

    Beaucoup plus qu'un simple film et loin de n'ètre qu'une comédie musicale, La La Land est avant tout une expérience intensément poétique (la séquence du planétarium 💗!!), sur un fond de pas de danse endiablés et de musiques terriblement efficaces.

    Tout y est léché, rythmé, mesuré avec précision, comme le serait une partition d'orchestre. L'image, aux couleurs très franches, est superbe, la réalisation y est virtuose, la musique y est filmée avec une dynamique incroyable et les personnages sont redoutablement attachants. Aussi c'est sans grand peine que l'on se trouve totalement pris au jeu de cette symphonie pétillante en cinq mouvements, dans laquelle Ryan Gosling et Emma Stone incarnent avec un bonheur communicatif, deux notes virevoltantes en quête de l'accord parfait.

    Avec La La Land, Damien Chazelle nous compose une oeuvre vraiment originale, romantique et pleine de peps, qui ne raconte en réalité pas grand chose, mais qui le raconte magnifiquement bien.

    25 février 2017

    J-100

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    "Le véritable symbole n'est jamais prévu. Il se dégage tout seul, pour peu que le bizarre, l'irréel, n'entrent pas en ligne de compte." écrivait Jean Cocteau dans sa préface de Les mariés de la tour Eiffel.  Et c'est précisément par le hasard le plus total que je me suis rendu compte cet après midi que, dans 100 jours exactement, ce blog aura 10 ans. 

    10 ans révolus dans 100 jours. Tu parles d'un joli symbole ! 

    10 ans donc, un peu moins d'un millier de billets, tous reflets d'un instant de ma vie, autant de photos instantanées sur mon humeur et mon état d'esprit du moment. 

    10 ans dans 100 jours... Ce n'est certes pas grand chose à l'échelle de la vie d'un homme. Mais ce n'est malgré tout pas mal à l'échelle du petit blogueur que je suis, surtout à une époque où le temps presse de plus en plus, où la durée de vie d'une information est de quelques jours et la fraîcheur d'un gazouillis sur Twitter réduite à quelques secondes, voire quelques heures dans le meilleur des cas.

    100 jours. Un chiffre rond qui nous mènera à la date du 6 juin, jour où, en 2007, j'ai écrit mon tout premier billet. J'ignorais alors que ce petit bout de toile vivrait si longtemps. 

    Évidemment il me faudra écrire pour l'occasion un billet un peu spécial, pour marquer le coup et souffler virtuellement les bougies du gâteau. J'ai déjà commencé à réfléchir à la question, j'ai quelques idées. Il ne me reste plus qu'à m'atteler sérieusement à mon clavier.

    Cela tombe bien : j'ai encore 100 petits jours devant moi.

    19 février 2017

    Bloguerie dominicale

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    Petit coup de déprime ce soir. Un moment de solitude. Non pas la solitude de ne pas voir mes amis faute de sollicitation, c'est même l'exact contraire : pour en voir un, j'ai renoncé à un après-midi jeu chez des amis, à une tea-party chez d'autres, et à aller au cinéma avec une copine. Je parle d'une forme de solitude plus pernicieuse. Celle qui se manifeste par cette envie de passer la fin de la journée à deux, vautrés dans le canapé, à s'écouter respirer et se faire des câlins devant la télévision, en regardant des bêtises ou des séries et en oubliant le reste...

    Coup de coucaracha indubitablement lié à mon état de fatigue. Car je suis crevé malgré mon oisiveté relative de ce weekend qui m'a toutefois permis de couper d'avec ma semaine de boulot et ma boss cyclothymique. "Je ne sais pas comment tu fais pour bosser avec elle" m'a glissé une collègue cette semaine. En effet, je ne sais pas combien de temps je tiendrai avant de péter un câble. Peut-être que ce jour viendra lorsque j'aurai acquis la certitude que mon avenir ailleurs sera assuré. En attendant, il me faut composer avec ça et serrer les dents le temps que ça passe. Heureusement j'ai le dos large. Mais bonne mémoire... 

    Fatigue donc, et petit coup de mou dans la foulée. J'y vois vraiment la manifestation de la fatigue, ce qui n'est pas bon signe du tout. J'ai mal aux yeux et mal à la tête, envie de rien, si ce n'est de rester au calme, encore et encore, et de dormir des siècles.

    Je crois que ce qui m'a achevé c'est, en consultant le programme télé en début de soirée, de me rendre compte qu'il n'y avait rien de bien palpitant à regarder ce soir. Rien, pas un bon film du dimanche pour prolonger un peu la douceur de ces deux jours qui, ma foi furent bien agréables, entre amis, repas à la maison en bonne compagnie, lecture et visite privative de la basilique Saint Sernin avec un ami architecte et dont il me faut à présent trier les photos.

    C'est drôle mais à bien regarder les choses, c'est lorsque je me sens mal quelque part que je me replie sur mon chez-moi et que j'en prends soin, que je me le réapproprie. Bien que je refuse de l'admettre, je suis éperdument casanier. Casanier dans la mesure où mon chez-moi est un cocon, un filtre à ondes négatives, un puits de ressourcement que j'essaie de construire de manière harmonieuse, pour m'y sentir bien, en toute saison. 

    En ce moment, mon appartement est plutôt bien rangé, relativement propre. Mon bureau est enfin ordonné, clair et agréable. Samedi c'est vers la chambre, pièce un peu délaissée, que s'est porté mon envie de décoration. J'ai donc acheté deux très belles rééditions d'affiches publicitaires Air France. L'une d'elle est partiellement reproduite en illustration de ce billet. Cela fait un petit moment que je les avais remarquées, j'ai saisi l'occasion d'une belle journée pour les acquérir compulsivement. Je les aime beaucoup et suis content du rendu. Le grand mur qui surplombe ma tête de lit ressemblera enfin à quelque chose.

    Dans mon bureau c'est un peu la même chose. J'ai besoin d'un décors pour m'aider à travailler. D'objets qui me plaisent, m'apportent une forme de réconfort ou qui stimulent mon imaginaire. Comme en musique, il faut que cela me parle immédiatement et qu'en une fraction de seconde je sois emporté vers un ailleurs. C'est ainsi que deux aquarelles gentiment offertes par un lecteur ont naturellement pris place sur les murs de mon bureau. Elles-aussi je les aimes beaucoup. Elles forment une petite famille d'images qui m'apaisent, avec une vieille carte postale de mon village et une étiquette de l'incontournable bière Quilmes et que j'avais ramenée de Buenos Aires. Leur pouvoir évocateur m'est précieux. 

    De même, j'ai besoin de la présence rassurante d'au moins une plante verte sur mon bureau, d'un peu de vie. Depuis une semaine, trois petites succulentes - un pachyphytum, un aloe vera et un cactus  subtilement baptisé "picou" - me tiennent compagnie, alignées dans leurs pots gris et vermillon. C'est idiot mais une pièce sans plante me semble morte, inhabitée. Et s'occuper de mes plantes m'apaise, me procure une certaine forme de quiétude. Je ne saurais plus m'en passer. 

    Pour en revenir aux affiches proprement dites, si elle ne m'ont pas coûté bien cher, je ne peux pas en dire autant des cadres et des passe-partout découpés sur mesure dans un magasin spécialisé : elles sont certes belles mais hors format standard... Peut importe, j'ai allégé mon portefeuille de quelques dizaines d'euros - pas surnuméraires du tout - et cela m'a fait du bien. C'est fou comme un comportement aussi irrationnel que dépenser de l'argent peut, à l'instar des plantes, avoir des vertus apaisantes.

    Et de toute manière, vu le dévouement exemplaire du très wirklich sehr graou vendeur dont j'ai profité abondamment et à qui j'ai demandé tout un tas de conseils pour de belles photos que je dois aussi faire encadrer, j'aurais pu payer à peu près n'importe quel prix (hu hu hu ^^). Visiblement, il n'a pas trouvé dérangeant du tout que je le monopolise pendant pratiquement trois quart d'heure. Et je doute fort que ce joli et souriant petit barbu à la chevelure d'ébène, et dont la toison affriolante dépassait de sa chemise négligemment entrebâillée, m'aurait gardé si longtemps dans ses filets s'il n'y avait eu là qu'un comportement strictement professionnel... Autant être franc : j'en suis ressorti les yeux ivres de bonheur. 

    Ça tombe bien : je dois aller récupérer ma commande dans quinze jours.

    15 février 2017

    La photo du mois : Sauvage

    23 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Février et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Josiane, aka La châtaigne sauvage, nous a proposé le thème "Sauvage" en nous donnant les indications suivantes :
    Sauvage, conforme à l'état nature qui n'a pas subi l'action de l'homme.
    Ma photo a été prise en septembre dernier, lors d'une randonnée en montagne, dans les Pyrénées qui, comme chacun le sait, sont peuplées d'innombrables bêtes sauvages au rang desquelles on compte bien entendu les fameux ours des Pyrénées (même si leur passeport est Slovène mais chuuut : ils n'ont pas du tout l'accent...) et les non-moins fameuses salamandres dont voici un sémillant spécimen.
    Ce jour-là était particulièrement humide, ce qui a vraisemblablement donné envie à toutes les salamandres du coin de pointer le bout de leur nez : j'ai dû en voir au moins une dizaine.

    Quoique sauvage, celle-ci n'a pas l'air particulièrement féroce. Elle n'a pas non-plus subi l'action de l'homme dans la mesure où personne ne lui avait encore marché dessus....

    Sauvage, donc.

    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, Kellya, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, La World Coolture, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, MauriceMonAmour, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pichipichi Japon, Pilisi, Princessepepette, Renepaulhenry, Sous mon arbreThe Beauty is in the Walking, Tuxana, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente.

    8 février 2017

    Fatigué

    2 commentaires
    En ce moment je suis fatigué. 

    Je me réveille fatigué. Très fatigué. A ce titre il ne me faut pas moins de quarante minutes pour m'extraire de mon lit.

    Ensuite je me lève, fatigué, comme si je n'avais pratiquement pas dormi. Alors que si.

    J'avale mon café et mes tartines avec la lenteur d'un escargot neurasthénique par grande canicule. Heureusement le cerveau est une bien belle chose qui sait guider sûrement les gestes dont il sait qu'ils assureront sa survie. Manipuler ma cafetière les yeux mi-clos en fait partie et relève d'un exercice de pure routine. Aussi familier que le montage et le démontage d'un Famas l'est à un militaire, pour exactement les mêmes raison. Si vis pacem para bellum... 

    Sous la douche encore, il me faudra mobiliser des ressources de volonté inénarrables pour ne pas succomber aux voix des sirènes portées par l'eau chaude ruisselante et émolliente. Lointaine réminiscence de l'apaisement fœtal, certainement.

    Toute la journée sera ensuite une lutte acharnée contre cette sorte de somnolence léthargique qui appellerait volontiers une bonne sieste de plusieurs jours heures. Il faut tenir, pourtant.

    Le soir je rentre chez moi fatigué de toute cette journée de fatigue fatigante. Après avoir dîné je m'installe dans le canapé où, harassé par tant de fatigue, je lutte pour ne pas plonger dans le sommeil sitôt après, parce que bon, hein...

    Puis à peine une heure plus tard, terrassé par une fatigue extrême qui m'aura fait piquer du nez une paire de fois, je m'endors comme une fleur au pays des rêves, avant que l'alarme de 6h45 ne sonne avec la brutalité d'un coup de canon dans un élevage de poussins. Paf...! Mais à cette heure là, par une faille temporelle qui m'échappe encore, mon état de fatigue, lui, est resté le même, coincé quelque part entre minuit douze et minuit treize... 

    Et puis tout recommence : levage, tartinage, douchage, travaillage... jusqu'au weekend. 

    C'est exténuant.