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  • 23 août 2017

    L'illusion de l'ombre

    6 commentaires
    Encore une fois tu t'es laissé bercer par des illusions. Tu es si naïf... Pourtant tu avais vu le vent tourner, les choses se dessiner progressivement autrement que de la manière dont tu les avais envisagées au premier abord. Comme des aspérités sur une feuille de papier glacé, tu as senti le discours de l'autre progressivement s'étioler, la trame de départ se défaire, le dessin se transfigurer. Changer.

    Tu n'as cependant pas voulu rebrousser chemin, ce qui t'a valu encore une fois - putain que tu es con - mille et une questions inutiles car tout était devant toi que tu n'as pas voulu voir. 

    Les faits étaient pourtant sous tes yeux, hurlant leur vérité de toute la force dont ils étaient capables. Encore une fois tu t'es laissé bercer par l'illusion de l'ombre. Et elle t'a mordu. Fort. 

    Maintenant tu as mal, blessé dans ton orgueil, ton aveuglement, ta folie, ta détresse. Tu te sens terriblement seul. Tes bras étouffent de cet océan de tendresse tendu vers le vide et auquel rien ni personne ne répond. Le néant crépusculaire que tu laisses autour de toi.

    A t'être trop caché dans l'ombre par peur d'avoir mal, tu as oublié qui elle était vraiment. Il est peut-être temps de te montrer et de sortir de certains méandres dans lesquels tu aimes à te volatiliser pour y devenir impalpable.

    Réveille-toi...

    15 août 2017

    La photo du mois : Effet gyroscopique

    15 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci CécileP a choisi un thème particulièrement difficile qui en a découragé plus d'un, puisqu'il s'agit de"Effet Gyroscopique"... rien que cela !

    Les indications pour bosser sur ce thème étaient les suivantes :
    C'est un effet qui apparaît à partir de 30 km/h et qui permet de tenir en équilibre. Il est rencontré dans différentes situations, à vous de trouver votre effet gyroscopique. 
    Voilà voilà voilà... Bon, j'aurais préféré un thème un peu plus simple et évident (c'était l'idée de départ de Olivier lorsqu'il a crée ce groupe, je vous renvoie à mes premières contributions sur ce point) comme Bleu, Rouge, Eau, Ca tourne... Mais non, pour cette fois-ci ce sera Effet gyroscopique. Qui sait, peut-être le mois prochain aurons-nous à traiter de la constante d'Avogadro ou des ensembles booléens... Mais en attendant, ce sera de l'effet gyroscopique dont il s'agit.

    Longtemps - jusqu'au 14 en fin de journée - je suis demeuré dans une abyssale perplexitude face à ce sujet dont je ne savais que faire et encore moins comment le prendre en photo. À moins de botter en touche...

    J'en étais à un point de désespoir proche de l'anéantissement le plus total lorsque soudain, pris d'un fulgurant éclair de génie, je me suis livré à cette petite expérience inédite que vous pouvez reproduire chez vous.

    1. Protocole expérimental :

    Soit un chat C, de corpulence moyenne, tendance princesse, option angora.
    Soit une banquette B de couleur bordeaux, d'un moelleux stardard.

    Disposons tout d'abord le chat C sur la banquette B.

    Appliquons maintenant une rotation R au chat C posé sur la banquette B de sorte à lui imprimer une force gyroscopique Fg qui devrait le maintenir en position statique Ps selon l'équation suivante :

    ∑[CB)]^ Fg  => Ps

    Que constate-t-on ?

    2. Constatations

    Malgré tous nos efforts, nous observons que le chat C n'est absolument pas réceptif à la force gyroscopique Fg qui devrait le maintenir en position statique Ps.

    Pire, le chat C entre dans un état de flasquitude Ef qui frise l'insolence...

    La preuve en image :
    Fig 1 : Le chat C dans un état de flasquitude insolente (Ef),
    n'est pas DU TOUT réceptif à l'effet giroscopique (Eg).
    3. Conclusion : Le chat C n'est pas du tout réceptif à l'effet gyroscopique Eg. Il semble que la force d'inertie Fi de le chat C absorbe toute veilléité rotationnelle et, de fait, toute propention à gyroscoper...

    Étonnant non ?

    Voilà, j'espère que cette petite expérience vous a plu et que vous en savez désormais d'avantage sur l'effet gyroscopique, très brillament illustré ce mois-ci (mais si, mais si).

    Le mois prochain, grâce à le chat, nous démontrerons la constante de Planck.

    Et ceux qui pourraient penser que le chat - que l'on voit beaucoup ces derniers temps dans la photo du mois - n'est qu'un prétexte à raconter n'importe quoi, sont des affreux jojos qui sentent mauvais des pieds. Na !

    La photo du mois continue chez les téméraires participants de ce mois-ci : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Xoliv', écri'turbulente.

    NB : Aucun chat C n'a été blessé lors des expérimentations relatées dans ce billet.

    11 août 2017

    Tom Of Finland - Le biopic

    4 commentaires
    Tom Of Finland
    Réalisé par Dome Karukoski.

    Avec : Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky...

    Genre : Biopic avec des dessins de gros zizis dedans.

    Durée : On ne t'a jamais dit que ce n'est pas la taille qui compte ?

    Synopsis : Dans la Finlande des années 1940, alors que RuPaul et Priscilla n'avaient pas encore été inventés, l'homophilie est encore plus répréhensible qu'être hipster ou que de porter des chaussettes avec des claquettes. Alors Touko se cache, comme tous ses semblables.

    En effet, Touko Laaksonen a deux passions dans la vie : sucer des bites et dessiner. Sur le front de guerre où il est mobilisé, il enfile l'uniforme d'officier, à défaut de pouvoir enfiler autre chose... même si le soir venu les buissons bruissent de murmures familiers.

    De retour au bercail la guerre finie, Touko est un simple dessinateur pour une agence publicitaire, propre sur lui et bien sous tous rapports. En apparence seulement car entre deux promenades nocturnes dans les parcs à observer les beautés de la faune locale, tout en évitant les policiers qui ont la matraque passablement facile, Touko danse la carioca dans des salons privés et dessine en secret des grosses brutes aux gourdins turgéscents. Mordu tout petit par un crayon radioactif, Touko est en effet doté d'un super pouvoir : celui de faire instantannément gonfler l'entrejambe de ses correligionnaires grâce à ses dessins de messieurs puissamment membrus.

    Touko Laaksonen ne le sait pas encore mais il sera... Illustrator Tom Of Finland ! 

    Extraits [attention, divulgâchages] :
    - Garde à vous !
    - Ho le gros canon que voilà...
    - Bonsoir, vous aimez les films de gladiateurs ?
    - Non, je chasse le faisan.
    - Was is das ?
    - Das ist eine grosse bite...
    ♪♫ Young man, there's no need to feel down
    I said young man, pick yourself off the ground
     ♪♫
    - Toc toc toc ?
    - Cours Forest, cours !
    - Vous aimez la chasse au faisan ?
    ♪♫ BoooOooorn in the U.S.A.♪♫ 

    L'avis de la rédaction : Avant de voir ce film je ne connaissais rien de la vie de Touko Laaksonen, alias Tom Of Finland, hormis les dessins très ronds de ses grosses brutes abondamment membrées à la sexualité décomplexée. Et je dois dire que, grâce à ce film, j'ai beaucoup  appris, tant sur la vie de Touko que sur ce que pouvait signifier être gay dans un pays où l'homosexualité était une grave infraction pénale.

    Plutôt contemplatif, servi par une photographie absolument magnifique, parfois cru sans jamais être gratuitement vulgaire, Tom Of Finland nous plonge dans la génèse du personnage de Tom et nous dévoile comment Touko, dessinateur publicitaire, deviendra le célebrissime Tom Of Finland au gré de ses déboires, de la découverte fortuite de sa notoriété hors de son pays, en même temps qu'il offre une formidable plongée dans l'histoire de la culture Gay, de ses codes et de ses angoisses des années sida. 

    Le biopic nous renvoie en effet à cette époque pas si lointainte où être gay pouvait signifier courir le risque de se faire casser la gueule à tout moment, où la seule manière de vivre sa sexualité était de se cacher de tout le monde, de vivre dans la peur quotidienne des arrestations musclées et des déscentes de police. Une époque où, loin des applications téléphoniques modernes, recontrer d'autres garçons était toute une aventure. Le film a au moins cette vertu pédagogique de montrer dans toute sa violence le quotidien des homosexuels d'alors. Un passé qui n'est qu'à un jet de pierre de notre présent. Ne l'oublions pas, à défaut de l'avoir vécu.

    Corrolairement, j'ai également beaucoup appris sur le sens de l'oeuvre de Tom, sur le pourquoi de ses personnages de bûcherons, de policiers à moto, de marins et motards habillés de cuir, et du mythique Kake dont on saluera les apparitions ponctuelles. 

    En effet, au-delà de l'obsénité apparente des dessins pornographiques à vocation notamment masturbatoire de Tom, se cache la souffrance et la frustration d'un homme et, avec lui, de milliers d'autres à qui la loi interdisait de vivre librement leur sexualité. Dessiner ses fantasmes les plus fous, à défaut de pouvoir seulement les effleurer du bout des mains, pour ne pas devenir complètement fou tant l'oppression sociale est pesante. Situation effroyable lorsque l'on y pense. Le film est à cet égard indispensable.

    Tom Of Finland pêche toutefois à de multiples égards. Ainsi l'on regrettera que la relation ambiguë de Touko avec sa soeur ne bénéficie pas de plus amples développements. C'était pourtant un axe très interessant et probablement fort instructif sur l'arrière plan socio-culturel de la Finlande de l'époque et, par extrapolation, de certainement beaucoup d'autres pays dont le nôtre. De même, la mort de son compagnon est étrangement expédiée en quelques secondes seulement. La question du dénouement de ses déboires financiers et de la gestion de sa notoriété aurait également pu recevoir quelques éléments explicatifs complémentaires... 

    Surtout, loin de retracer toute la vie de Touko, Tom Of Finland  s'arrête en 1978, limitant son propos à la seule génèse de celui qui sera, par la suite, mondialement connu sous le pseudonyme de Tom Of Finland. Soit... Nous ne saurons donc rien de ce qu'il est advenu ensuite tant de la communauté homosexuelle en Finlande dont les dessins de Tom ont chamboulé partout ailleurs les codes, ni de la réception mitigée de son oeuvre par ses pairs. Malgré les deux heures que dure le film, il y aurait pourtant eu encore beaucoup à dire. 

    En conclusion : Sans être un grand film et à défaut d'ètre complet, Tom Of Finland ouvre une fenêtre bienvenue sur un dessinateur complètement culte et incontournable de la culture Gay, et nous replonge avec effroi dans une période charnière qui - même si ce n'en est pas le sujet - a vu naître la Gay-Pride, manifestation dont on comprend toute l'importance qu'elle pouvait revêtir alors et dont on mesure d'autant mieux le sens à lui donner aujourd'hui. Et rien que pour cela, ce film mérite d'être vu par tous.

    Note de la rédaction : Jockstrap en zèbre mention bottes de cuir.

    1 août 2017

    #Radioblogueurs2017 : Respirez !

    3 commentaires

    Fichtre diantre ! Nous somme déjà le 1er août (déjà ? Oui, déjà !) la Radio de l'été des Blogueurs (les règles du jeu sont ici) a ouvert ses ondes depuis plus d'un mois et demi et je n'ai toujours pas remis ma contribution...

    Taggué par Nekkonezumi qui me refile la gamelle croquettes chaudes (non je ne proposerai pas le Duo des chats de Rossini, même dans cette version drôlissime) et sommé par le taulier de me tenir à carreau sous peine de représailles (ben quoi, elle était bien ma contribution de l'an dernier, non ?) ma participation de l'été 2017 sera donc un peu plus sage.

    Elle sera à l'image de mon weekeend en famille : plein de douceur,  d'enfants qui sautent dans la piscine, de soirées dans le jardin, de grillades au feu de bois, de nuits étoilées, de soleils couchants et de discussions jusqu'à pas d'heure à parler de tout, de rien, du sens de la vie, du temps qui passe, des souvenirs d'enfance, et de mille autres choses sans importances et donc parfaitement fondamentales...

    Une bouffée de sérénitude dans un océan de stress quotidien. Just breathe... Ca fait un bien fou.

    Télépopmusik : Breathe



    25 juillet 2017

    Je reviendrai à Montréal...

    2 commentaires
    Nous ne nous étions pas revus depuis mon départ de Montréal en novembre 2014. Le temps passant, nous avons repris contact, à son initiative. Et quoique nous discutions de temps à autre soit par textos soit via Facebook, le voir à nouveau, lui parler pour de vrai, avait quelque chose d'effrayant. 

    La peur de l'affronter ? La crainte de voir remonter le goût amer de l'inachèvement ? Raviver des souvenirs auxquels j'ignorais si j'étais prêt à faire face ? Peut-être un peu de tout cela à la fois. 

    Toujours est-il que cela fait onze jours que nous nous sommes revus et que je me dis que je dois écrire ces retrouvailles. Pourtant j'ai bien du mal à les raconter et c'est à reculons que je ne suis mis au clavier, écrivant tout dabord aux forceps.

    Probablement parce qu'au-delà des apparences, elles n'étaient pas parfaitement anodines, ces retrouvailles. 

    Pourtant tout s'est très bien passé, malgré mon appréhension initiale et des contre-temps - actes manqués ! - qui en ont retardé l'heure. Je l'ai retrouvé, lui et son mari (ils se sont mariés en avril dernier) devant le Musée des Augustins, par une belle journée ensoleillée. Le premier contact fut excellent, franc, direct, même si peut-être un tout petit peu forcé, probablement pour ne laisser aucune chance à une éventuelle distance de s'installer, ou pour mieux volatiliser immédiatement la glace. Ensuite tout s'est fait spontannément.

    Marchant dans la ville en ce jour de fête nationale, nous avons je crois retrouvé cette belle complicité mutuelle jusque dans nos conneries respectives. Cela m'a fait du bien, et à lui aussi. La soirée devait se passer autour d'un bon repas sur la terrasse d'un ami commun dominant la ville, à évoquer les souvenirs du Québec, prenant des nouvelles des uns et des autres, riant... Une belle soirée.

    "Ca ferait plaisir à beaucoup de monde que tu reviennes au Québec" m'a lancé son mari avant que je ne les dépose plus tard devant leur hôtel. Cela m'a fait plaisir. Vraiment. Encore une fois, comme je l'écrivais il n'y a pas longtemps à propos de quelqu'un d'autre, il y a quelque chose de rassurant de savoir que dans leur regard et dans l'affection qu'ils me portent, je ne suis pas un si mauvais type.

    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément écrivait Boileau. Force est donc d'admettre que je ne parviens pas à mettre en perspective ni à donner une signification exacte à cette journée. Même s'il ne raconte rien de bien palpitant, il me fallait écrire ce billet, au moins pour moi. Pour laisser une trace. Comme un marche-pied dont j'avais besoin pour avancer.

    À bien y réfléchir, au-delà de lui et moi, ces retrouvailles sont probablement une clé, l'amorce d'une réconciliation de moi-même avec un passé sur lequel j'avais plus ou moins inconsciemment mis une chappe de  granit, pour mieux avancer en ne regardant pas trop derrière moi. Je garde en effet des souvenir fabuleux de Montréal et du Québec : le parc Maisonneuve, les rues de Little Italie, les répétitions de chant le jeudi soir avec le Choeur d'Été de Montréal, les randonnées à vélo le long du Canal de Lachine, la pout(z)ine, le Lac Bouchette et les moines Capucins, le langage fleuri de la Belle Province, les soirées entre amis avec lesquels j'ai gardé contact... 

    Laissant le temps faire son oeuvre et polir les pierres encore anguleuses il est temps de raviver tout cela, d'intégrer ce passé vivant dans mon présent et non plus de le reléguer dans une petite boîte dont je ne m'autorisais pas à soulever le couvercle. La boîte de Pandore n'est pas celle-ci qui est, au contraire, vertueuse. Je suis ce que j'ai vécu, aussi.

    On récolte ce que l'on sème, commentait un jour un courageux anonyme sous l'un de mes billets. Je dois admettre que jusqu'à présent la moisson est loin d'être mauvaise.

    Une chose est désormais sûre : je reviendrai à Montréal..
    Sur un Boing bleu de mer...

    15 juillet 2017

    La photo du mois : Provocation

    13 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Juillet et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Morgane nous propose le thème "Provocation", dans tous les sens du terme.

    Ce thème un peu ardu a causé pas mal de défections dans les rangs de la photo du mois et je reconnais avoir séché un bon moment. C'est finalement ma mère qui, sans le vouloir, m'a fourni la photo de ce mois-ci.

    Remettons-nous dans le contexte : par une dure journée de labeur avec ma conn mon hystérique de patronne, mon téléphone vibre au beau milieu de l'après-midi : ma mère vient de m'envoyer un message. Oué, elle est super moderne ma maman.

    Je l'ouvre (le message, pas ma maman ! suivez un peu...) et découvre une photo de le chat en train de n'en foutre pas une, assortie de cette légende :

    "la vie est dure..."

    Décryptons ensemble cette photo anodine :


    Voilà... elle est vachement dure la vie ! Pendant que certains s'escriment au boulot pour payer les croquettes, d'autres se la coulent douce en faisant bronzette sur le balcon.

    Si ça c'est pas de la provocation ...!?

    Vous constaterez au passage que Gaudi, alias Miss Fluffy qui règne en despote éclairé sur une maisonnée composée de deux humains corvéables à merci et d'un labrador un peu idiot martyrisable à la demande, se porte à merveille...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Philae, Philisine Cave, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Xoliv', écri'turbulente.

    10 juillet 2017

    Visages Villages

    3 commentaires
    L'idée de départ était bonne : partir à la rencontre des gens et leur proposer de participer à une œuvre collective, de créer du beau ensemble, d'être partie prenante d'une œuvre dont ils seraient tout autant l'objet que les acteurs, mettre tout cela en images et en effectuer des collages géants offerts au regard de tous. 

    Oui, faire s'entrechoquer la vision du petit rat des villes (JR) avec celle la petite souris des champs (Agnes Varda) partait d'une très bonne idée qui aurait pu donner un résultat réjouissant et vivifiant, tonique et coloré. 

    Mais comme souvent, une bonne idée ne suffit pas pour faire un bon film, ce que Visages Villages démontre, hélas, à ses dépens. Malgré sa durée très raisonnable, je me suis vite ennuyé, par manque de rythme et par manque d'intérêt.

    La toute première chose qui dérange fortement provient de la diction  très scolaire des deux protagonistes. Ainsi JR qui donne l'impression de lire son prompteur avec application, sans comprendre le sens des phrases prononcées, selon une intonation complètement hors cadre et particulièrement dérangeante pour un film plutôt descriptif. Ce n'est qu'un détail mais il est suffisamment important pour m'avoir un peu bloqué et fait régulièrement décrocher : on n'y croit pas. Et cela commence mal.

    Hormis ce défaut de forme, Visages Villages pèche surtout par un manque cruel de fond. Parce que malgré quelques jolies saynètes, le film effleure à peine la surface des choses pour au final ne rien raconter qui ne prenne aux tripes.

    Alors que la ligne conductrice du film est la rencontre, force est de constater que des rencontres, certes on nous en propose un certain nombre mais tout cela reste éperdument artificiel, comme si au fond il y avait là un prétexte et non pas une fin.

    Je demeure en effet songeur sur le regard porté par JR et Varda sur le monde qui les entoure. "Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m’est allé jusqu'au cœur !" écrivait Alfred de Vigny dans La Mort du loup. Or, si la seconde voit flou, du premier nous ne croiserons jamais directement le regard, continuellement masqué par ses lunettes noires, nous privant ainsi d'une rencontre essentielle au film : celle du public avec celui qui lui parle...

    De tous ces gens croisés au long de la petite heure trente que dure le film, nous n'apprendrons au final pas grand-chose. De la dernière habitante du coron, nous ne retiendrons tout juste que le prénom. Son âge ? Sa vie ? Ses enfant ? Ses espoirs ? Ses rêves ? Rien... hormis le fait qu'elle est la dernière habitante de la rue et qu'il est probable "qu'ils" rasent sa maison. L'art est politique, nous dit-on à plusieurs reprises. On aurait alors aimé un brin plus d'engagement. 

    Et c'est là le défaut, certainement majeur, de Visages Villages. Pour formuler exactement ma critique, qui fonde ma déception, Visages Villages n'est pas un film de Agnes Varda et JR à  propos de collages de photos géantes réalisées avec gens des quatre coins de la France, mais un film SUR Agnes Varda et JR qui partent faire des collages avec des gens. C'est cela qui m'a dérangé. Le centrage sur les gens n'est à mon avis que très accessoire, ou alors largement insuffisant. A peine est-il une caution morale...

    Par ailleurs, je goûte assez peu la mascarade consistant à faire croire que tout ce qui se passe sous nos yeux serait joyeusement spontané, alors que l'arrivé du camion photographique dans les différents patelins a été préparé en amont par des équipes techniques, ne serait-ce que pour obtenir les autorisations administratives d'utiliser l'espace public (ou pas...), ou encore pour le jour J mobiliser la population... Et c'est probablement là qu'avait lieu la rencontre, la première, celle par laquelle tout se noue. Mais de cela, nous ne verrons rien. Dommage, c'était je crois, un aspect important du sujet.

    Il y a tout de même de jolis moments, avec les dockers du Havre, notamment. D'autres petites scènes sont belles comme le sont des vidéos Instagram mais sentent le rapiéçage mal ficelé car trop scénarisées et par conséquent complètement artificielles. Certaines sont un peu plus gênantes, dont cette courte séquence où une quidam s'étant prêté au jeu, avoue près coup face caméra, avec force embarras, toute sa gêne d'avoir été exposée par six mètres de haut à la vue de milliers de touristes tout un été entier, et d'avoir vu son image répandue des millions de fois à travers les voies infinies des réseaux sociaux. Le malaise est réel.

    Malaise encore lorsque les deux compères se font enquêteurs et mettent à jour cette conspiration terrible de l'écornement des chèvres pour éviter qu'elles ne se blessent en se battant. Voyez un peu le scandale : les cornes des biquettes seraient sacrifiées sur l'autel du grand capitalisme. Non, sincèrement, laissez le journalisme d'investigation à ceux dont c'est le métier, par pitié. Heureusement il existe des opposants à l'asservissement chevrier, qui font "comme avant", dans l'authentique, sans trayeuse automatique mais avec des mouches et un atelier de fabrication du fromage qui m'a un peu fait tiquer au niveau respect des normes sanitaires. Un moment je me suis cru dans Autobio de Cédric Pédrosa et que j'avais chroniqué en 2008. Caution morale, encore une fois...

    Même s'il offre de jolis moments, donnant plus à voir qu'à regarder, Visages Villages, hymne à la boboïtude, demeure au final profondément creux, comme le sont les conversations de soir de fête où tout le monde est ami avec tout le monde et où l'on se fait la bise en riant très fort, une coupe de champagne à la main.  

    Dommage. 

    6 juillet 2017

    Jusqu'au bout

    4 commentaires
    Jeudi 06 juillet...

    Voici bientôt trois semaines que j'ai posé ma démission. Trois semaines de moins à rester ici, sous la coupe de ma boss qui m'insupporte depuis quasiment le début et dont le comportement à mon égard ne cesse de m'insupporter chaque jour d'avantage. 

    La date du départ est inscrite en lettres de sang dans mon agenda. Et je crois qu'elle me fera chier jusqu'au bout. Tenir, et ne rien lâcher...

    Chaque heure qui passe est une petite victoire, chaque jour de gagné me rapproche de la sortie, chaque semaine qui s'écoule est un espoir de lendemains meilleurs. Prendre son mal en patience, faire le dos rond, ne pas trop se ronger les sangs parce qu'elle n'en vaut pas la peine, même si au final c'est moi qui m'expose en présentant son travail et que je ne tiens pas à avoir l'air ridicule. Bosser pour elle est parfois déjà largement assez infamant...  

    Qu'elle ne se réjouisse pas trop vite. Je lui prépare un joli mot d'adieu, bien vénéneux.

    Face à cela, mon épuisement s'accroît de jour en jour. Mon sommeil est dégueulasse, mes nuits peu réparatrices. Cette nuit j'ai rêvé que je devais partir avec un ami, loin, pour une tâche importante.  Je ne me souviens plus des détails mais il y était question d'un véhicule qui ne démarre pas, d'un train qu'on ne trouve pas puis d'un bateau cassé. On avait beau ramer, le canot n'avançait pas, ou de travers. Le rêve merdique qui sent l'échec et l'angoisse... Je me suis réveillé vers quatre heures du matin, pas tout à fait dans mon assiette, avec une soif terrible.

    Heureusement il y a des petits bonheurs qui permettent de s'agripper à cette corde invisible de l'espoir : savoir que mon temps ici est compté ; savoir qu'un ailleurs m'attend pour la rentrée et préparer ce temps de demain qui se rapproche d'heure en heure ; rigoler sur les réseaux sociaux avec des amis que j'espère revoir bientôt ; penser aux weekends que je vais pouvoir consacrer à aller marcher en montagne au calme et au grand air. 

    Toujours à propos d'un demain plus lointain, avait lieu aujourd'hui la troisième étape d'un processus de reconversion professionnelle que j'ai mis en oeuvre en décembre dernier. Je crois que cela s'est bien passé. Le verdict tombera en fin d'année, en espérant qu'il soit positif. C'est long. Très long... Jusqu'au bout il faut tenir et ne rien lâcher. Et y croire. 

    Jusqu'au bout. 

    28 juin 2017

    28 juin 2017

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    La date entendue ce matin à la radio en me levant m'a fait frémir : mercredi 28 juin... Le mois le plus beau de l'année est déjà terminé et je n'en ai rien vu, ni profité, enlisé que j'étais dans des angoisses dont j'ai eu bien du mal à me dépêtrer. 

    Petites causes, grands effets, dit le proverbe. Et cela est vrai. Une petite lettre a transformé mon quotidien depuis une semaine et elle va probablement le modifier durablement car je suis maintenant contraint à prendre des décisions que je n'avais pas envisagées et pour lesquelles je ne me sentais pas prêt du tout. J'ignore s'il s'agit du chemin du bonheur mais, à défaut, nous dirons qu'un mieux être est certainement à la clé.

    Lundi dernier j'ai donc donné ma démission à ma boss. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle n'a manifesté aucun signe d'étonnement quant à ma décision. Je l'ai presque trouvée guillerette... Quand je vous dis que cette femme est folle ! Il me reste donc trois petits mois à tenir pour être définitivement débarrassé de ce marasme humain et passer définitivement à autre chose, à d'autres choses en reprenant possession de ma vie.

    Petites causes, grands effets, le soir même mes angoisses commençaient à s'apaiser pour disparaître à peu près totalement, ce qui est plutôt très apaisant. Ne plus sentir ma gorge en permanence nouée ni mon estomac contenir une boule de bowling. Libéré de ce fardeau, je peux à nouveau envisager mon quotidien autrement que dans la préparation d'un hypothétique futur affrontement dans lequel le dragon s'épanouit. Je peux, au contraire, me projeter un tout petit peu, penser à mes soirées, à mes weekends, à ce que j'aurai envie de faire cet été, peut-être même un voyage au mois de septembre... et en tout cas envisager plein de choses que l'envahissement de ces derniers temps m'astreignait à mettre de côté.

    Dans ce contexte d'angoisse chronique j'avais envisagé un temps d'annuler la petite soirée que j'avais prévu d'organiser samedi dernier, qui devait réunir quelques amis proches. Au plus bas de mon moral, je ne savais pas où ni comment trouver la force de ranger mon appartement. Tout me paraissait insurmontable. Malgré tout, une petite voix me disait que voir du monde et m'entourer de pensées positives me serait salutaire. C'était vrai. Nous avons passé une excellente soirée, conclue par un très bon cheesecake dont je vous donnerai la recette une prochaine fois.

    A cette occasion j'ai reçu quelques jolis présents : une jolie tasse licorne, une belle plante qui manquait dans ma chambre et de quoi aller assister à la Walkyrie de tonton Richard, lors de la prochaine saison du Théâtre du Capitole. Des choses qui m'ont toutes fait plaisir, preuve que mes amis me connaissent bien et que j'ai raison de les chouchouter. 

    Nous voici donc bientôt en juillet. Le temps des fêtes de village, des rires à l'ombre des platanes, des grillades et du verre de rosé frais à l'orée du soir, des feux d'artifice qui éclaboussent la nuit de couleurs, et des journées aux cieux d'azur, idéales pour aller crapahuter en moyenne montagne tôt le matin... 

    22 juin 2017

    Pour l'amour des roses trémières

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    J'ai mis longtemps à associer le nom de rose trémière à la plante éponyme. D'ailleurs quel nom étrange que celui de rose trémière. Je n'ai jamais su ce qu'il voulait réellement dire et je n'ai d'ailleurs pas eu la curiosité, en écrivant ce billet, d'aller en vérifier l'étymologie dans un dictionnaire. Comme si accéder à cette connaissance devait en briser la mystérieuse beauté.

    Rose trémière. Et dire que ce n'est même pas une rose... 

    Une plante dont on ne sait pas trop ce qu'elle est. Ses feuilles vert tendre ressemblent à celles de la mauve, sans être de la mauve. Sa tige haute s'étire vers le ciel comme le fait le tournesol, sans être tournesol. Ses boutons semblables à de petites pommes vertes mais qui ne deviennent jamais pommes. Ses énormes fleurs nervurées, si belles et pourtant si peu odorantes, qui font si bien ressortir les rayures des abeilles.

    Elle est exubérante et modeste, charmante et indifférente, farouche mais docile. C'est la rose trémière.

    Des roses trémières, il y en a toujours eu chez ma grand-mère. Elles poussaient et poussent encore un peu sauvagement au milieu du buis, entre la boîte aux lettres et les lilas dont le parfum succulent annonce les beaux jours. Après que les lilas ont acclamé le printemps, les roses trémières s’érigent en sentinelles de l'été. C'est aussi une plante que j'aime à croiser lors de mes balades en montagne, à la faveur rassurante d'une source qui murmure entre deux pierres ou d'un abreuvoir au milieu des estives. 

    La semaine dernière j'en ai vu toute une ribambelle qui poussaient sur le terre-plein central de l'autoroute qui sépare Toulouse de Montauban. Que ces belles plantes fragiles puissent pousser au milieu du goudron, parmi la fureur frénétique du va-et-vient des automobiles et des poids lourds roulant à toute allure, indifférents à cette gracile présence végétale, a quelque chose d'éperdument poétique lorsque l'on y pense. La poésie se niche décidément partout.

    Aussi c'est avec une petite pointe au cœur que, depuis quelques jours, j'assiste impuissant au fauchage de l'autoroute et au broyage systématique des roses trémières qui s'apprêtaient à fleurir enfin...

    Pendant quelques minutes d'égarement je me suis pris à penser que, peut-être les agents de la DDE allaient eux-aussi se souvenir des roses trémières qui poussaient entre le lilas et la boîte à lettres de leur grand-mère et, dans un sursaut de mélancolie, les contourneraient méticuleusement avec leur débroussailleuse pour les laisser fleurir et s'émerveiller les automobilistes, à l'instar de Gaston Lagaffe et son invention géniale de micro-tondeuse à gazon qui lui permet de tondre la pelouse de sa chère tante Hortense en épargnant les marguerites qui poussent dans le jardin.

    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur, 
    De grâce, de grâce, préservez cette grâce 
    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur 
    Ne coupez pas mes fleurs.

    Il n'en fut évidemment rien...
    Les conducteurs de faucheuses ne doivent pas lire Gaston Lagaffe.

    15 juin 2017

    La photo du mois : Instant T

    25 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Juin et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Aude qui nous a proposé de plancher sur : "Instant T ou l'art de la photo prise pile poil au bon moment !"

    Justement, quelques jours après l'annonce du thème de ce moi-ci, le hasard et la chance ont mis sur mon chemin ce superbe double arc en ciel alors qu'il venait de pleuvoir quelques minutes plus tôt.


    Aussitôt après l'avoir photographié, il s'évanouissait alors que le soleil se ragaillardissait... L'art de la photo prise pile poil au bon moment et - surtout - de toujours avoir un appareil photo à portée de main !

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Calamonique, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    12 juin 2017

    Lui et moi

    2 commentaires
    Lui et moi, moi et lui... C'est une histoire qui a commencé il y a bientôt dix ans. L'histoire d'un amour impossible et d'une séparation qui sera pour moi la source de mille tourments...

    L'histoire de deux garçons qui, depuis, vivent leur vie chacun de leur côté, tout en gardant entre eux ce lien étrange et probablement indéfectible qui unit deux personnes qui se sont aimées de manière très sincère et se sont quittées tout aussi sincèrement, avec ce goût amer de l'inachevé. Une histoire qui porte en elle la sève vive de ces grands arbres qui n'ont pas fini de grandir et dont on sait que l'on verra, un jour, s'étendre au loin l'imposante ramure.

    Dix ans bientôt que tout a fini et que, pourtant, rien n'a véritablement cessé entre nous. 

    Oui, il est étrange ce lien invisible qui perdure à travers l'espace et le temps. Ce lien qui raconte le souvenir d'un baiser volé sous un porche, d'une course sous la pluie battante en quête d'un abri, d'un appel à l'aide un samedi dans le train qui me menait à Lyon, et celle d'un short orange restitué à son propriétaire un soir de juin sur les quais de la Seine, tandis que nous mangions des pistaches...

    Aussi, ce soir, passant devant la place du Capitole particulièrement belle, toute habillée des lumières du couchant sous un ciel d'azur impeccable en cette magnifique journée de juin, je lui envoyai une photo, pour lui faire un coucou, comme ça, histoire de faire fonctionner le fil d'Ariane qui nous relie.

    Hey : tu es là ?

    Comme à chaque fois, il m'a répondu et m'a donné de ses nouvelles, me demandant des miennes. Puis il s'enquit de savoir, si bientôt je montais à Paris, m'enjoignant de le prévenir dans ce cas. Je lui indiquai que je comptais le faire au plus tard en novembre et peut-être même avant la fin cet été, si mon emploi du temps me le permettait.

    "C'est cool alors. On se revoit cette année :-)" a-t-il conclu.

    Sa réponse, empreinte de cette spontanéité innocente et naïve que je lui connais depuis toujours, débordant de la candeur désarmante qui le caractérise, m'a fait intérieurement sourire, avec une infinie tendresse.

    Oui, c'est cool. C'est même très cool qu'il ait toujours envie que l'on puisse se voir. Et oui, on va se revoir cette année. La dernière fois c'était il y a déjà cinq ans, quelques semaines avant que je ne parte pour six mois en Argentine. Que le temps passe vite...

    Ces petits échanges, aussi rares et brefs soient-ils, sont comme des coups sur une cordée, histoire de s'assurer que tout le monde va bien, au cas où. Le fil d'Ariane. Et parce qu'il n'est pas quelqu'un de tout à fait ordinaire, ils témoignent aussi d'une mémoire commune du temps passé, de très jolis souvenirs communs - même si certains m'ont longtemps été douloureux, et de ce que, au fond, dans son regard et dans l'affection qu'il me porte, je ne suis pas un si mauvais type...

    9 juin 2017

    Du temps pour soi

    2 commentaires
    Ce n'est pas la super grande forme en ce moment.

    Mon boulot m'angoisse et ne me procure aucune satisfaction. Ma boss est une connasse et se comporte comme telle. Je pars travailler le matin à reculons et rentre le soir complètement à plat, sans envie de faire quoi que ce soit d'autre que de manger et dormir... 

    Je suis envahi d'émotions négatives, d'angoisses, de non-désirs, de vide. Envahi, c'est le mot exact, au sens psychiatrique du terme.

    Malgré tout, je dois faire face à mille obligations professionnelles et personnelles, dont des projets qui nécessitent impérativement que je leur consacre un minimum de temps si je veux espérer les voir aboutir ou du moins leur donner chance de se concrétiser. Des projets en lesquels je crois, des opportunités de changement.

    Du temps que je n'arrive pas à prendre. 

    Pourtant je ressens le besoin impérieux de prendre du temps pour moi, d'appuyer sur "pause" et de réinvestir mon quotidien ou mon peu de temps libre pour faire des choses que j'aime et qui me font plaisir. De remettre un peu de lumière dans ce brouillard qui, si je n'y prends pas garde, n'ira qu'en s'épaississant au risque de m'y perdre voire de m'y noyer, comme j'ai déjà pu le faire par le passé.

    Cela veut dire, et je le sais, ne pas traiter toutes ces choses urgentes dont je parlais plus haut. Ces chose auxquelles je pense tous les matins en me levant et qui me réveillent parfois la nuit, entre deux rêves étranges. Ces choses qui sont si importantes...

    Mais je crois que prendre soin de soi et savoir prendre du temps pour soi est la première des priorités. Surtout en ce moment.

    C'est en ce sens que j'ai planifié mon weekend. Refaire - chose que je n'ai pas faite depuis des mois voire des années - de la (très belle) musique avec des amis que je n'ai pas revus depuis longtemps. Dîner avec une copine samedi et avec un ami dimanche soir. Faire un peu de sport au milieu de tout cela, aussi, histoire de tirer la chasse sur une quantité astronomique de stress inutilement accumulé. Aller au cinéma, tiens, pourquoi pas... Et tant pis pour les priorités.

    J'essaie de me projeter vers des choses positives, qui me plaisent et qui me feront du bien. Pour mon bien.

    Prendre du temps pour soi.
    Du temps pour moi.

    6 juin 2017

    J'ai 10 ans !

    12 commentaires
    Il y a dix ans de cela, jour pour jour, j’ouvrais un petit bout de pas grand chose sur la toile. Un premier billet comme une petite graine de laquelle allait germer ce qui est devenu ce blog.

    Nous sommes en 2007. Je fais mes premiers pas dans un univers nouveau pour moi. Celui d'une différence que je comprends enfin mais que je n'accepte pas tout à fait. J'ai besoin d'écrire, pour tout, pour rien, sans ligne directrice.

    Alors j'écris et cela me fait du bien. Rapidement arrivent les premiers commentaires réguliers de ceux qui deviendront au fil tu temps les premiers habitués. Et cela fait dix ans que ça dure.

    Mes premiers mots ont été écrits sur un blog SpaceLive - plateforme développée par Microsoft, définitivement fermée en 2011. Il était davantage destiné à donner des nouvelles aux amis, tout en semant ici et là des petits cailloux blancs qui donnent régulièrement à mes billets plusieurs degrés de lecture, à qui sait débusquer les indices. Si ma mémoire est bonne, SpaceLive - la protohistoire des réseaux sociaux ! - permettait de chatter avec ses amis et de créer un blog. C'était en fait un genre de sous-Facebook en moins bien ou en tout cas en très différent, très verrouillé et peu ergonomique.

    Mon premier billet publié le 06 juin 2007 à 09:36.

    Avec le temps, la fonction du blog a évolué et la manière d'écrire avec elle. M'assumant progressivement de plus en plus, en étant de mieux en mieux dans mes baskets, j'osais et abordais des sujets un peu plus intimes. Le premier véritable changement fut imputable au changement de plateforme. Space annonçant sa fermeture prochaine, et le bidule manquant cruellement de possibilités de personnalisation, je migrai vers l'actuelle plateforme Blogger à laquelle je suis resté fidèle depuis lors. Là je devins totalement anonyme, ayant connu une déconvenue qui m'a fait devenir un peu parano avec la divulgation de mon identité sur internet. Anonyme et libre...

    Ce changement de plateforme s'est accompagné d'un élargissement du public. Les commentaires sont enfin totalement ouverts, sans qu'il soit besoin d'avoir un compte. C'est l'époque de la pleine effervescence des blogs. Les blogueurs que je lis avec fidélité (Matoo, Tto, Joss, PascalR, Fred, Virgile, Tarval, Boucledor, Orphéus, Cédric Darval de Bayen, Chris, Ditom, Fabisounours, Loup, Olivier d'Evian, Gildan, Maxivirus, Poussin, Des Fraises et de la tendresse, Sailortoshyo, Glimpse et tant d'autres ! Beaucoup ont - hélas - cessé d'écrire...) publient avec régularité. Chaque billet s'accompagne alors d'une pluie de commentaires dans une ambiance bon enfant car tout le monde se commente mutuellement, se renvoie la balle au bond et on se fend régulièrement la poire.

    A cet égard le blog est aussi un instrument de socialisation merveilleux : je ferai, grâce au blog et à mes lectures, de nombreuses connaissances, beaucoup de rencontres, certaines très belles qui ont donné naissance à de très belles amitiés qui, pour certaines, perdurent encore à ce jour. La magie des blogs que l'instantanéité d'un twitter ne supplantera pas...

    L'autre changement résultera par la suite d'un changement de statut : d'éternel étudiant à mi-chemin entre une vie professionnelle envahissante et un orteil à l'université dont je tardais à me délivrer, j'entrais de plein pied dans les tourments de la vie active, ne me laissant que peu de temps pour les loisirs en général et le blog en particulier. Fini la glandouille et l'écriture comme échappatoire... C'est bien simple, le nombre de billets publiés fut quasiment divisé par deux ! Certains problèmes, et le besoin corrélatif d'en parler, disparurent. De nouveaux ne manquèrent évidemment pas de jaillir, tandis que d'autres demeurent intacts.

    Il y eut aussi des moments d'hésitations, des moments de doutes où la question de maintenir ce blog s'est posée... Mais l'envie et le besoin d'écrire ont toujours été les plus forts, même si écrire un blog personnel est souvent un exercice à sens unique : c'est avant tout écrire sur soi, pour soi, un peu pour les autres et leur partager des joies et des peines, mais avant tout pour extérioriser certaines choses dont on ne sais pas trop quoi faire et qui ont besoin de sortir.

    Une fois couché sur l'écran, les mots ne nous appartiennent plus totalement. Ils sont certes ce que nous y voyons, mais il deviennent surtout ce que les autres y mettent de signification. Ce qui veut dire que parfois des billets passent à côté, sont mal ou pas compris du tout. Cela fait partie du jeu. Alors, que des lecteurs se retrouvent dans mes écrits est toujours un bonheur. Et je suis toujours très (très !) heureux de lire des messages en ce sens de ceux et celles qui me lisent, comme cela arrive de temps en temps. 

    Bon, c'est très compliqué en fait à écrire un billet d'anniversaire. J'avais prévu d'écrire un long billet sous forme d'une rétrospective de ces dix années, année par année. Mais à bien y réfléchir je trouve cela fastidieux et terriblement chiant à rédiger. Et puis surtout je suis une grosse feignasse hu hu hu ^^ ! 

    En tout cas une chose est sûre : chaque billet publié, qu'il soit léger, grave ou totalement futile comme ce billet en est la démonstration, est le reflet d'un moment, d'un instant de ma vie. Des instantanés de ma petite vie presque ordinaire et que j'aime à relire de temps en temps, juste pour le plaisir de retrouver certains billets que j'aime bien, ou pour me souvenir de l'état dans lequel je me trouvais à telle époque et regarder le chemin parcouru.

    Dix ans de blog, dix années de ma vie en un peu moins de mille billets, comme autant de clichés photographiques rangés dans une belle boiboite virtuelle : une véritable clavardographie tambourmajoresque (et oui, aujourd'hui je m'autorise toutes les licences lexicales, y compris celle du néologisme).

    Bref nous y voilà : le champagne est prêt, la lumière est baissée et le gâteau arrive. Il ne me reste plus qu'à souffler mes dix bougies.

    Vous soufflez avec moi ?

    1...
    2...
    3 !


    Youpi : J'ai dix ans !

    31 mai 2017

    Besoin de changement

    10 commentaires
    Cela fait un an que j'ai changé de boîte, fuyant un univers de folie humaine dont j'ai appris ces jours-ci les derniers soubresauts. A quel prix...! J'ai eu mille fois raison de prendre la poudre d'escampette. J'y ai réellement laissé des plumes et certaines blessures que je croyais guéries ne le sont pas tout à fait. Non, vraiment pas.

    J'ignorais que je quittais une maison de fous pour en gagner une autre. Tout avait pourtant bien commencé : une bonne ambiance, un contexte apaisé (en apparence seulement), un boss a priori bienveillant (apparences toujours).  Puis, progressivement, les premiers doutes, les premières déconvenues.

    En octobre 2016, soit quatre mois seulement après avoir commencé à ce nouveau poste, j'écrivais ceci :
    "Outre que je me sens un peu infantilisé, à toujours devoir rendre compte, à être régulièrement pris de haut par ma boss qui a pour elle son ancienneté et son expérience, ce dont je suis parfaitement conscient et que j'estime à sa juste et haute valeur, mais à qui la rigueur technique n'est pas la première des qualités... Nous avons deux façons de travailler assez différentes.

    J'ai probablement été mal habitué par le passé, à travailler en délégation totale, surveillé de loin, donnant pleine et entière satisfaction, avec une marge de manœuvre immense et une juste considération pour mon travail.

    C'est une sensation bizarre que de ne pas se sentir à sa place. De faire un boulot pourtant socialement valorisant mais qui ne procure que peu de satisfactions personnelles. C'en est parfois même décourageant. "
    Quelques semaines plus tard je m'effondrais après une déferlante de reproches assis sur la seule soif de domination de celle dont je mesurais alors, jour après jour et chaque jour d'avantage, la mauvaise foi et le manque cruel d'humanité...  

    Au bout d'un an, la coupe est pleine.

    Outre que ce que j'écrivais en octobre 2016 n'a pas pris une ride, elle me traite à présent comme un demeuré, me prend presque systématiquement de haut, ne m'accorde aucun crédit, alors que je fais une partie considérable du boulot et lui sauve régulièrement la mise en allant minauder ici et là pour récupérer des bourdes dont elle ne perçoit même pas les conséquences.  Ho, je ne suis pas parfait, il s'en faut de beaucoup. Mais son comportement est insupportable, décourageant. Je n'ai plus aucune envie de bosser pour cette conne.

    Car ce qui est rassurant, c'est d'avoir discuté avec des personnes qui l'ont côtoyée de très près et qui dressent unanimement ce constat : Ma boss est une connasse... Une vraie, du Label Rouge 100% élevé au grain. Le genre de personne qui ne pense qu'à elle et dont le seul plaisir et d'avoir raison envers et contre tout, de mépriser ce qui ne l'intéresse pas, et de gueuler après coup alors que la sonnette d'alarme  avait été tirée en temps et en heure, puis de souffler le froid et le chaud selon qu'elle est de bonne ou de mauvaise humeur, auquel cas tout est prétexte à gueuler.

    Il est temps que cela s'arrête avant que je ne m'y use à nouveau la santé. Avoir ressorti la boite d'antidépresseurs pour dissiper mon angoisse ces dernières semaines a été un signal d'alarme violent...

    Alors depuis quelques jours je suis à l'affût. Mon curriculum vitae est à jour. J'ai à nouveau une lettre de motivation toute prête. Aujourd'hui j'en ai envoyé quatre. 

    J'ai grand besoin de changement... Et vite.

    23 mai 2017

    Les fèves de mon papa

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    Quand j'étais petit, je passais beaucoup de temps avec mon père, que ce soit à regarder les revues de jardinage que je feuilletais le soir assis sur ses genoux, à faire du vélo le long du canal ; à apprendre à reconnaître des plantes et leur classification ésotérique ou encore à m'émerveiller avec lui en regardant la simple fleur de petits pois... D'ailleurs avez-vous déjà observé une fleur de petits pois ? Vous devriez, c'est très joli. Mon papa vous en parlerait pendant des heures.

    Parmi les choses qu'aime mon papa, il y a les fèves. Les fèves c'est un peu comme les petits pois : c'est très bon mais je connais peu de monde qui aime réellement ça et qui s'en régale dès qu'il peut. Mon papa, lui, il adore ça, et moi aussi. Je crois que c'est de famille car lorsque j'étais minot, avec mon grand-père, l'un de nos petits plaisirs était d'aller au jardin ramasser notre petit panier de fèves, de les dépiauter puis de les manger sans guère plus de façon à la croque-au-sel, sur un coin de table de la cuisine. C'était rudement chouette.

    Lorsque je suis passé chez mes parents vendredi soir pour les voir le temps du weekend, mon papa était tout fier de me montrer une poche en plastique remplie de fèves fraîches que l'on lui avait apportées. Et je le voyais aussi un petit peu désolé avec sa poche de fèves, parce que je sais que ma mère n'aime pas trop ça et qu'elle rechignait à les lui cuisiner.

    Alors le samedi matin, sur le coup de neuf heures et demi, après que nous avons pris un café ensemble, inspecté d'un rapide coup d'œil placards et frigo, je m'attablai avec lui afin de décortiquer les précieuses fèves. Et la cuisine s'emplit aussitôt de cette si particulière odeur verte des légumes frais. Face à face dans cette activité toute simple que je n'avais pas faite avec lui depuis des années, je le voyais déjà tout heureux à l'idée de manger des fèves à midi. Les premières de l'année. Et moi j'étais tout content de partager ce petit moment avec lui, comme on le faisait avant. Comme on ne l'avait pas fait depuis longtemps. Petit bonheur.

    Préparer des fèves n'est pas très compliqué. Il y a pour cela une recette absolument fantastique que je vous livre. Celle-là même que j'ai faite samedi midi. Il vous faut, pour 3 ou 4 personnes : des fèves ; quelques tomates bien mûres ; un bel oignon, ou deux si vous êtes gourmands ; une gousse d'ail ; un petit talon de jambon cru et son lard (important !) de la taille du poing, partagé en deux : une moitié sera laissée entière, l'autre sera détaillée en petits cubes ; un ou deux verres de vin blanc sec ; du sel et du poivre. 

    Dans une cocotte pas très haute, vous faites revenir une petite poignée du lard de jambon avec les oignons émincés. Lorsque cela aura bien coloré, vous ajoutez trois ou quatre belles tomates bien mûres coupées en dès un peu grossiers et que vous laisser compoter ensemble tout doucement en réduisant le feu, avec une gousse d'ail coupée fin fin fin. 

    Quelques minutes plus tard, vous ajoutez vos fèves. L'équivalent d'un très grand bol bien rempli. Enfin, c'est vous qui voyez combien vous avez faim... Nous on fait a bisto de nas comme on dit à Toulouse. Et puis surtout, vous ajoutez un joli verre d'un bon vin blanc sec que vous aimez boire et qui vous servira aussi à l'apéro, en grignotant un bout de baticol ou de cansalade. Ajoutez un verre d'eau et deux tours de moulin de poivre, parce que sinon c'est triste. Et c'est tout. Ne salez pas tout de suite : le talon de jambon s'en occupe pour vous.

    Mettez un petit feu sous votre cocotte et cuisez à couvert pendant une petite heure, en goûtant de temps en temps pour vérifier la cuisson, et en remuant tout délicatement pour ne pas transformer les fèves en purée. Si cela sèche, n'hésitez pas à ajouter un demi verre d'eau en cours de cuisson, ou du vin blanc si vous n'avez pas tout bu, et peut-être un peu de poivre. On poivre rarement assez du premier coup. Et si en goûtant vous sentez que ce sera trop salé, retirez la moitié de talon de jambon que vous avez laissée entière. Nous on a fait avec notre jambon fait maison, c'était parfait. Et on s'est régalés.

    Cette recette est toute simple. Elle ne vous prendra pas beaucoup de temps. Le plus long, ce sera d'écosser puis d'éplucher les fèves. Faites-le avec votre papa. Ou alors pensez à inviter le mien.

    15 mai 2017

    La photo du mois : Lumière(s)

    18 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Mai et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Eurydice qui nous propose de plancher sur : Lumière(s) et nous donne les indications suivantes :
    "Pour le mois de mai, je propose le thème "Lumière(s)", à la fois pour saluer les beaux jours et pour revenir à l’étymologie du terme "photographie"."
    Ma photo s'est un peu imposée d'elle même en regardant mes derniers clichets. Il suffit de se promener le long des quais de la Daurade le soir pour être submergé par les lumières multicolores du Pont Neuf se réfléchissant dans la Garonne. 
    Ce thème est aussi pour moi l'occasion de mettre en lumière l'un des monuments les plus connus de Toulouse : le Pont Neuf, dont la première pierre fut posée le 8 janvier 1544. Interrompus en 1560 par les guerres de religion, les travaux furent achevés en 1632. Le pont fut inauguré par le roi Louis XIV en personne, le 19 octobre 1659. 

    Ayant résisté à toutes les crues de la Garonne, et notamment la grande inondation du 23 juin 1875 (qui fit 208 morts et plus de 1 200 maisons détruites) le Pont Neuf est aujourd'hui l'un des plus vieux de la ville.

    La photo du mois continue sur les blogs des autres participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pichipichi Japon, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Testinaute, Tuxana, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    12 mai 2017

    Du citron dans les pois chiches

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    Bien que ma mère n'en prépare jamais et que je n'aie à leur égard aucun souvenir d'enfance particulier, j'ai toujours aimé les pois chiches. Je crois que c'est mon oncle d'Espagne, qui cuisinait assez peu mais excellemment bien, qui m'avait initié à ces légumineuses à la saveur si particulière. Lui en mangeait souvent, à toutes les sauces, de toutes les manières. Et je crois que la première fois que j'en ai mangé c'était dans un plat composé de poivrons, de tomates et de chorizo. Ou peut-être pas... 

    Ce qu'il y a de formidable avec cette petite légumineuse, c'est qu'elle se plie formidablement à toutes les situations culinaires, sans se réduire à un accompagnement de seconde zone dans le couscous, ni se limiter à du houmous aussi délicieux soit-il : avec du fromage blanc et un peu de coriandre fraîche, en salade avec des tomates bien mûres, ou tout juste avec un filet d'huile d'olive et un peu de sel, en soupe, dans un tajine... L'imagination est sans limite.  

    Je crois que j'ai réalisé toute la richesse du pois chiche la première fois que j'ai franchi le seuil d'un restaurant libanais, dont l'un d'entre eux se situe non loin de chez moi et dans lequel j'aime à m'arrêter, ne serait-ce que pour me rassasier la rétine sur les très (très !) jolis vendeurs garantis AOC qui se bousculent derrière les étals. Le genre de garçon au teint de cuivre, à la chevelure d'ébène et au sourire renversant, capable de provoquer une augmentation incontrôlable de la température en même temps qu'une fracture du nef optique. Une connaissance, à qui j'avais recommandé l'établissement, m'envoie d'ailleurs un message de gratitude à chaque fois qu'il s'y rend. Les inépuisables plaisirs de l'Orient que voulez-vous... 

    Pour en revenir à mes pois chiches, j'en avais acheté une petite boîte pour mon repas de ce vendredi midi. J'avais aussi acheté un citron vert, pour les en arroser, et du maquereau fumé au poivre, parce que c'est très bon, le maquereau fumé. Venue l'heure de la pause, je déballe dans le petit local qui nous sert de cuisine tout mon attirail culinaire sur un coin de table, rince mes pois chiches à l'eau claire puis, empoignant un demi-citron, les arrose de jus frais pressé à la main. Simple, rapide, efficace, délicieux.

    C'est alors qu'une collègue qui partageait le local cuisine avec moi, se mit à m'observer, incrédule, comme si j'étais en train d'autopsier la créature de Roswell. Sans comprendre pourquoi, je la voyais perdue, en pleine rupture du continuum espace-temps. Avec une authentique sincérité toute auréolée de la naïveté la plus prosaïque, elle ne tarda pas à me poser cette question que je crus sur le moment ne pas comprendre : 
    - Tu mets du citron sur tes pois chiches ? 
    Un peu déstabilisé par cette question qui me laissait, l'espace d'un instant, empli d'une insondable perplexitude - oui je mets bien présentement du jus de citron sur mes pois chiches - j'ai dû la regarder à mon tour aussi étrangement que si je l'avais vue tremper sa tartine de rillettes et cornichons dans un bol de café au lait ou si elle m'avait demandé de lui expliquer les équations de Scherrer.
    - Ben, oui... répondis-je. Tu les manges comment tes pois chiches ? 
    - Ha ben j'en mange pas souvent. Mais avec du citron je n'aurais jamais eu l'idée.
    Je n'en aurais jamais eu l'idée ?  Mais enfin, songeai-je pris de vertiges, c'est comme mettre du vinaigre dans sa salade : ce n'est pas une question d'idée, cela relève de la simple évidence... Je vous assure qu'à ce moment précis j'ai regardé mes pieds afin de vérifier que le sol n'était pas en train de se dérober.

    Et elle d'interpeller aussitôt une autre collègue qui passait par là pour lui montrer que je mangeais mes pois chiches froids avec du jus de citron (du jus de citron !) et de l'interroger sur ce sujet hautement intriguant : 
    - Tu savais toi qu'on pouvait mettre du citron sur les pois chiches ?
    J'aurais probablement été moins désarçonné si elle lui avait demandé la définition de la constante d'Avogadro.
    - Hé non, je ne savais pas... répondit l'autre visiblement étonnée par cette nouvelle.
    J'aurais probablement été moins désarçonné si elle lui avait répondu que la constante d'Avogadro est le nombre d’entités élémentaires contenues une mole de ces mêmes entités, la mole étant elle-même définie comme la quantité de matière d’un système contenant autant d’entités élémentaires qu’il y a d’atomes dans 0,012 Kg de carbone 12.

    Manger des pois chiches avec du jus de citron doit donc relever de l'exotisme le plus excentrique. Heureusement ne m'ont-elles encore jamais vu manger mon petit salé aux lentilles froid, à même la boîte.

    Laissons-leur un peu de temps, le traumatisme pourrait leur être fatal.