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  • 19 février 2018

    Un anniversaire, un voyage, des souvenirs et un peu de Nietzsche

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    Dans quatre mois tout pile j'aurai changé de dizaine pour atteinte la quarantaine. Diantre, que le temps passe. Et dire que je me souviens encore très bien de la soirée de mes trente, comme si c'était hier. J'en avais d'ailleurs fait un billet que je viens de relire avec une certaine forme de vertige. 

    Ecrire régulièrement depuis tout ce temps donne une profondeur inédite à l'expérience du blog. Se relire, se remémorer, remettre les choses dans leur contexte... Jamais je ne me serais douté de la richesse - et des coups de blues, que peut apporter un journal personnel.

    Changement de dizaine donc, qu'il me faut organiser avec une grande fête, le temps d'un week-end. J'ai déjà une petite idée de ce qu'il sera : simple et convivial. Avec des amis, évidemment. Par bonheur, le mois de juin est propice à de belles journées, ce qui ne devrait pas rendre les choses trop compliquées. Voilà en tout cas un projet auquel il faut que je commence à m'atteler.

    J'en ai déjà parlé ici mais cela fait un moment que je n'ai pas fait de grand voyage et je crois que cette année sera l'occasion de marquer le coup. Là encore j'ai plusieurs idées qu'il me faut concrétiser. Pourquoi ne pas aller en Asie, en direction de l'Indonésie, ou du Cambodge pour aller découvrir de mes propres yeux Ankgor Vat ? Ou bien peut-être reprendre la direction de l'Amérique du Sud pour faire le tour de l'Uruguay que j'avais eu l'occasion d'effleurer lorsque j'habitais Buenos Aires

    En écrivant ces mots, je me rends compte de quelle chance incroyable j'ai bénéficié en y vivant six mois. Là encore, la relecture de ces billets me procure un léger vertige, comme si ce n'était pas ma vie. Et pourtant...

    Prendre les choses en mains, me projeter, j'y vois le signe que tout va plutôt bien en ce moment, que mon esprit est libre pour se préoccuper d'autres choses que le travail dans lequel je réussis enfin à trouver une forme de satisfaction. Il était temps.

    Vivre intensément, comme je l'écrivais en septembre dernier. Vivre pleinement, et mettre chaque opportunité à profit pour faire de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes et revoir celles qui nous sont chères. Oser vivre ses folies également, et les assumer même si elles nous coûtent (ceci est un message subliminal à un lecteur) parce qu'au final elles nous grandissent en nous apprenant sur nous-même, au-delà de toute espérance. 

    Pour conclure ce billet ma foi complètement décousu mais qui a le mérite d'exister, je suis tombé la semaine dernière sur une citation de tonton Nietzsche qui m'a beaucoup interpellé, énormément plu et qui résume à elle seule une grande part de ma pensée en ce domaine :
    "L'expérience, ce n'est pas ce qui arrive à un homme, c'est ce qu'un homme fait avec ce qui lui arrive
     Je vous laisse y réfléchir.

     


    15 février 2018

    La photo du mois : Constraste(s)

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    Nous sommes déjà le 15 Août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois de février a été choisi par Philisine Cave qui nous propose de plancher sur Contraste(s).

    Ses indications étaient les suivantes :
    "On peut interpréter le mot sur la forme (son sens photographique : propriété intrinsèque d'une image qui quantifie la différence de luminosité entre ses parties claires et sombres) ou sur le fond (deux éléments de l'image pourraient symboliser une opposition : la présence de l'un fait ressortir celle de l'autre) ou bien sur les deux ou bien sur tout autre chose (le mot Contraste autorise plein de métaphores). Voilà, voilà ! A vous de jouer!"
    Bon, je ne sais pas si ma photo est exactement dans le thème... et ce dernier mois fut plutôt bien  rempli, ne me laissant que peu de temps pour réfléchir à ce joli sujet.

    Mais plutôt que de noyer le poisson en sortant une nouvelle photo de Le Chat en train de contraster dare-dare sur le canapé (il contraste aussi bien qu'il non-gyroscopise, c'est dire !) je vous propose cette photo-ci, prise un soir que la pluie faisait si bien luire les rues.


    10 février 2018

    Dans les bois

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    Tennis lacés, écouteurs rivés aux oreilles, Julie était prête. La Twingo garée en bordure de route le long d'une haie sauvage, et quoique encore engourdie par une courte nuit de sommeil, elle s’élança en trottinant sur le petit chemin de terre bordé de vignes sur lequel elle avait ses habitudes.

    Un petit vent frais faisait chanter les arbres, dissipant du même coup, par mèches vaporeuses, le fin duvet de brouillard cotonneux qui flottait encore devant un horizon à peine rougeoyant. Dans le silence de l'aurore frémissante, un groupe de canards, haut dans le ciel, marquait l'azur immaculé d'un v caractéristique. Encore une ravissante journée d'octobre pleine de lumière qui s'annonçait. Un temps idéal pour aller courir avant une longue journée de travail.

    Respirant à pleins poumons, l'effort commençant à faire chauffer chacun de ses muscles, Julie ressentait avec bonheur l'air glacé pénétrer ses narines, parcourir ses sinus en un flux puissant, puis descendre le long de sa tachée envahir ses poumons et gonfler chacune de ses alvéoles, avant de ressortir, en deux secousses profondes, expulsé par la bouche. Elle aimait vraiment cette sensation, presque douloureuse au début et pourtant tellement apaisante.

    Un, deux, inspire.
    Trois, quatre, expire.

    Un, deux, inspire.
    Trois, quatre, expire.

    Elle n'avait jamais réussi à expirer sur trois foulées, comme le lui avaient pourtant appris ses professeurs d'éducation physique au collège. Son rythme à elle c'était deux et deux. Et ça lui allait très bien. C'était ainsi qu'elle courait et qu'elle avalait les kilomètres, à petite foulée.

    Après avoir serpenté un moment au milieu des vignes, le chemin s'enfonçait progressivement dans la forêt. Une belle forêt de grands arbres dont les bras s'étiraient vers le ciel et dont la chevelure dorée se répandait alors en tapis moelleux le long de la piste. Aussitôt l'air se fit plus capiteux et la respiration un peu plus difficile. Calant sont pas sur le rythme de la musique, Julie avançait sans relâche. Elle connaissait le trajet par cœur. Environ une heure pour en faire le tour. Après le bois, une prairie où paissaient souvent des vaches, ensuite au croisement il fallait prendre à droite et filer tout droit à travers un verger de pommiers, puis retour au point de départ à travers les vignes en passant devant le vieil if. Mais avant cela, il fallait affronter une petite montée à travers les charmes et les châtaigniers dont les bogues à moitié éventrées jonchaient le sol.

    Un, deux, inspire.
    Trois, quatre, expire.

    Dans sa poitrine, son cœur se contractait avec vigueur. L'air frais ne l'incommodait plus du tout. A chaque foulée impulsée avec énergie, ses pieds s'ancraient fermement dans le sol. Désormais son organisme tournait à plein régime. Quelle formidable machine que le corps humain. Au loin, un gros écureuil roux jouait à cache-cache en sautant de branche en branche, presque invisible dans la frondaison orangée. Pas le temps de traîner, il fallait rester concentrée sur son souffle et ne pas écouter le corps qui souffre.

    Un, deux inspire...

    Brusquement, avant même qu'elle n'ait pu réaliser ce qui lui arrivait, Julie se retrouva étendue de tout son long dans les feuilles, face contre terre. Étourdie par cette chute, un peu désorientée, Julie resta allongée quelques secondes avant de comprendre ce qu'il venait de lui arriver. La vache, quelle gamelle ! songea-t-elle... Prenant appui sur ses mains, elle redressa lentement le buste puis se mit sur ses genoux. Une douleur sourde au poignet droit la faisait souffrir. Sûrement une petite foulure. Son sweat gris clair était déchiré au niveau du coude d'où perlait un peu de sang. Rien de grave. Le morne croassement d'un corbeau esseulé rompit la quiétude des bois bercés par le chuchotement des feuilles roussies. Retrouvant progressivement un semblant de contenance, Julie se rendit compte qu'elle avait perdu son iPod dans sa chute. Merde, l'iPod !

    Cherchant à tâtons autour d'elle, une grosse branche affleurait du manteau de feuilles. Voilà ce avait dû la faire trébucher. Grattant sommairement avec les ongles pour la mettre à jour, c'est un tout autre genre d'écorce qui apparut sous la fine couche de terre humide : un sweater gris clair flanqué d'un liseré rose. Julie fut prise d'un puissant mouvement de recul. Ce qu'elle avait d'abord pris pour une branche n'en était pas une, mais un membre. Quelqu'un était en enfoui là-dessous, elle en était persuadée. Montant du bas de ses épaules vers sa nuque, un vertige puissant la fit chanceler. Mais en dépit de cet effroi et de son irrépressible envie de partir à toutes jambes, et pour une raison qu'elle ne parvenait à pas à comprendre elle même, Julie ne pouvait s'en tenir à cette première constatation superficielle. S'il y avait un corps sous ces feuilles, elle devait en avoir le cœur absolument net avant de prévenir des secours.

    Happée par le désir de savoir, elle ne maîtrisait plus rien, ivre d'une sorte de folie incontrôlable qui coordonnait ses gestes sans qu'elle en eut conscience. Désormais à quatre pattes sur le bord de la piste, Julie dégageait et extirpait à pleines mains cette masse inerte enfouie sous l'humus gras, fourmillant d'insectes fuyant sous la lumière. C'était bien un être humain dont, rapidement, tout le bras et une partie du buste furent exhumés. Il ne fallut guère plus de temps pour que, bientôt, à peine dissimulé sous les feuilles, émergea un visage inanimé. Julie s'arrêta un instant, tremblante, le souffle coupé, en proie à une panique inénarrable. Elle avait reconnu instantanément cette paire de boucles d'oreilles quelle avait eu l'habitude de porter, et ces cheveux châtains, longs et fins, quelle avait l'habitude de coiffer chaque soir. Son cœur allait exploser dans sa poitrine.

    Rompant la quiétude feutrée du jour naissant, un hurlement inhumain transperça la forêt de part en part. Car le corps inanimé que Julie voyait étendu devant elle, c'était le sien.

    7 février 2018

    Vieillir

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    J'ai peur de vieillir. Sentir son corps qui ne répond plus aussi bien qu'avant, ses capacités intellectuelles peu à peu s'émousser. Avoir les articulations qui flanchent, un peu d'arthrose. Ne plus être capable de se débrouiller seul, pour se préparer à manger, se laver, s'habiller, rester digne...

    Je ne parle pas d'une faiblesse de l'esprit ni de ce qu'être jeune soit une attitude volontaire, qu'il suffise de porter des vêtements à la mode et de lire Gala en sirotant une menthe à l'eau pour bénéficier d'un effet jouvence Non. Je parle d'un vieillissement métabolique, lent, irrépressible, qui fait que l'on meurt tous un jour.

    Avoir vu mes deux grand-mères diminuer sous mes yeux d'années en années, alitées suite à un accident vasculaire cérébral qui leur aura fait perdre leur mobilité, a laissé des traces, des images, des souvenirs. 

    Finirai-je ainsi ? 

    A leur avantage, elles avaient autour d'elles une famille aimante, dévouée, qui se relayait pour les assister. Elles sont mortes chez elles, au milieu des leurs. Elles n'ont pas eu à subir un mouroir à peine salubre ou une maison de retraite impersonnelle dont on sait le manque chronique de moyens, encore récemment dénoncé à coups de manifestations. Comme je les comprends. Comme je partage leur désarroi de ne pas être en mesure de fournir aux personnes âgées le minimum de temps et d'humanité dont elles ont pourtant besoin.

    Moi qui n'aurai vraisemblablement pas d'enfants pour s'occuper de moi lorsque mes os seront trop vieux, qui le fera ? Dans quelles conditions ? Serai-je l'un de ces vieux fous édenté, au visage buriné par les ans, à qui l'on donnera la becquée ?

    De même, voir mes parents prendre de l'âge ne me réjouit guère. Mon père qui, bien que toujours actif, adopte progressivement un rythme de petit père tranquille. Ma mère qui, chroniquement s'inquiète de tout (car selon sa petite logique Shadock à elle, il vaut mieux s'inquiéter et qu'il ne se passe rien, plutôt que de ne pas s'inquiéter et qu'il se passe quelque chose !) se convainc qu'elle est déjà une petite vieille alors qu'elle n'a pas encore deux fois trente-trois printemps...

    "On ne peut s'empêcher de vieillir mais on peut s'empêcher de devenir vieux", aurait écrit Henri Matisse.

    Le temps passe. Et nous avec.

    Vienne la nuit sonne l'heure
    Les jours s'en vont je demeure

    4 février 2018

    Moëlleux

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    Si je devais donner un qualificatif à mon weekend, moëlleux serait certainement le plus approprié.

    Un weekend à la montagne, dans le confort rustique d'une veille maison de pierres aux murs inégaux.

    Deux jours en bonne compagnie, remplis de douceur, de rires et du bien-être vaporeux d'un après-midi passé à prendre soin de soi, entre la chaleur enveloppante d'un hamam réconfortant et du bain à remous vivifiant.

    Une parenthèse toute en noursitude, au milieu des sapins déguisés de blanc, faite de tendresse partagée, de bétites complices et de crêpes savourées le soir au coin du feu.

    Un weekend moëlleux et reposant, où tout est simple et qui fait beaucoup, beaucoup de bien.

    19 janvier 2018

    Noël est bien fini

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    Noël et son cortège de réjouissances sont désormais derrière nous, déjà... J'ai donc défait mon sapin et rangé les décorations dans un carton qui attendra onze mois pour ressortir du cellier où il attend sagement. Je n'aime pas défaire le sapin. Cela véhicule à chaque fois un flot de nostalgie, comme si, avec lui, c'était une part d'enfance et d'insouciance qui était remisée. Défaire le sapin et revenir aux réalités des grandes personnes, aux soucis qui émaillent notre quotidien, au jeu social dans lequel chacun tient son rôle.

    J'en ai déjà parlé par le passé mais j'aime vraiment mon appartement. J'ai enfin trouvé comment dégager toute une partie du salon d'une ombre coriace. Désormais la lumière y est belle de jour, le soir et de nuit. Surtout que, depuis cette semaine, un petit citronnier orne le salon, tenant compagnie aux autres plantes vertes. Ses petites fleurs parfument délicatement un petit périmètre autour de lui, c'est exquisément agréable.

    Parfois j'aurais envie d'en changer, de déménager, pour renouveler mon environnement, pour changer de quartier, pour avoir un balcon plus grand... Cela fait mine de rien près de dix ans que j'y habite. Et pourtant malgré toutes ses petites imperfections, je l'aime beaucoup. Il me ressemble. J'en ai fait, au fil des années, mon chez-moi où je me sens terriblement bien.

    Demain je dois me rendre dans un gros magasin de bricolage acheter de nouveaux radiateurs électriques pour mon appartement et changer mes vieux grille-pain complètement obsolètes. Cela représente beaucoup d'argent mais je traîne depuis plusieurs années. Il est temps de passer à l'action et de changer tout cela, pour me sentir bien chez moi. J'irai avec un copain que j'apprécie beaucoup, un peu trop peut-être, même si je sais que je n'en dois rien attendre. C'est lui qui s'est spontanément proposé de m'accompagner. Et comme il est plutôt bricoleur avisé, ses conseils seront les bienvenus.

    Noël est bel et bien fini. Les semaines passent et ne se ressemblent pas. Peu à peu je renoue avec un certain plaisir de travailler que j'avais totalement perdu. Ces jours-ci encore, alors que je me rendais au bureau, je repensais à cette angoisse vissée au ventre qui me nouait les tripes lorsque je cheminais en direction des locaux de ma connasse de boss. Une boule qui vous envahit, vous noue la gorge, s'immisce dans vos membres et vous épuise mentalement sans que vous n'ayez rien pu faire. Une armure trop lourde à porter pour parer les coups faciles et immérités que je recevais à longueur de temps.

    Aujourd'hui, quoique les raisons ont complètement disparu, il est encore des relents qui me tenaillent de temps à autre. Cela ne dure jamais très longtemps, mais le seul fait que ces réminiscences existent me montre à quel point j'étais mal et combien certaines blessures ne sont pas encore guéries presque six mois après.

    Professionnellement les choses se mettent en place progressivement. Je suis assez content. J'aime mon nouveau lieu de travail et apprécie les gens que j'y côtoie qui me traitent en égal. Cela aussi c'est un net progrès. Preuve que cela va plutôt bien, je me suis acheté ce matin un petit bouquet de tulipes rouges pour mettre sur mon bureau. Une petite coquetterie qui fait du bien. C'est toujours ça de pris.

    Être bien dans son travail, être bien chez soi... c'est déjà pas mal.
    Noël est fini, mais la vie continue. Et c'est très bien ainsi. 

    15 janvier 2018

    La photo du mois : Festivités

    10 commentaires
    Bonjour à tous, nous somme le 15 janvier, et c'est notre premier rendez-vous mensuel avec la photo du mois  pour cette année 2018. 

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci  nous propose le thème Festivités et nous donne les indications suivantes :
    J'ai été désignée pour le thème de Janvier 2018 ce sera : "festivités" dans la joie et l'allégresse, événements publics, ou familial, les réjouissances en tout genre ne manquent pas dans une année.  Allez hop : soyons fou bonne année 2018.

    Le sujet ayant été donné juste avant les fêtes de fin d'année, il a été relativement facile de faire la photo que voici, prise lors de quelques jours passés au creux des Alpes, au pied des montagnes.


    Les festivités continuent sur les autres blogs participants à la photo du mois : Akaieric, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Betty, BiGBuGS, Blogoth67, Bubble gones, Cara, Carolyne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Marie-Paule, Memories from anywhere, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sandrin, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente.

    11 janvier 2018

    L'attente du point final

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    Je crois que, sans le vouloir, j'ai écrit l'amorce d'une nouvelle. Cela fait longtemps que j'ai envie d'en écrire une qui est déjà toute composée dans ma tête mais ce n'est pas par celle-là que j'ai commencé.

    Il devait s'agir au départ de raconter quelque chose qui m'est arrivé l'autre soir en rentrant de vacances alors que je conduisais sous la pluie battante. Quelque chose a titillé mon imagination. J'ai eu envie de le raconter en transformant un peu les choses, en leur donnant une ampleur au-delà de la réalité triviale des choses. Comme un ballon de baudruche que l'on gonfle, qui se dilate et que l'on ferait se déformer en appuyant ici où là.

    J'ai donc couché sur mon écran ce petit récit que je croyait pouvoir faire tenir en quelques lignes. En faire une sorte d'introduction à un écrit plus vaste dont j'aurais laissé chacun libre d'imaginer la suite. Un récit libre comme j'en ai déjà publié quelques uns (comme celui-ci ou dans un autre genre celui-là), juste pour le plaisir de planter un décors et de me retirer à pas feutrés pour le laisser s'épanouir au gré de l'imagination de chacun. 

    Sauf qu'une fois écrit, j'ai eu envie de le laisser reposer un peu et de ne pas le publier tout de suite pour le laisser mûrir et grandir. Je l'ai fait relire. Je l'ai corrigé et en ai réécrit certains passages plusieurs fois. Il y en a seulement trois pages. C'est peu. J'hésite à le publier tout de suite. 

    Ma première idée était de ne lui donner aucune suite. Et puis... je me rends compte que je me laisse prendre au jeu. J'aime bien mon personnage. J'aime bien l'ambiance que j'ai créée. J'aime certaines ambigüités textuelles involontaires qui permettent parfois plusieurs niveaux de lecture. Elles m'ont même donné des idées pour la suite. 

    La suite... que je devrais probablement écrire car je me rends compte que j'ai moi aussi envie de savoir comment tout cela va finir. C'est peut-être l'occasion rêvée de me prêter à cet exercice devant lequel je me dérobe depuis tant  de temps.

    Alors, malgré l'envie de publier qui me brûle, j'attendrai, encore un peu.
    D'avoir écrit le point final.

    1 janvier 2018

    Bonne Année 2018 !

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    Au revoir année 2017, au revoir... Je t'espérais prospère et moëlleuse. Tu auras été traitresse, épourvante, émaillée d'embûches et de renoncements amers. 

    Non, tu n'auras pas été tout à fait telle que j'attendais.

    Oui, maintes fois tu m'auras asséné un croche-patte fourbe. Tu n'as reculé devant aucun stratagème insidieux ni coup bas pour tenter de me faire courber l'échine et me forcer à mettre genou à terre. Mais à chaque fois je me suis relevé et remis en chemin.

    Pourtant, je ne peux pas dire que je ne te regretterai pas car, en dépit des aspérités aigües qui t'ont émaillées et des chausses-trappes que tu as sû disposer sur mon chemin, tu as été l'instrument de certaines décisions qui, bien que contraintes, pourront porter du fruit, pour peu que je les investisse pleinement et les fasse désormais miennes.

    Car certains renoncement portent en délié la promesse d'une stabilité renouvelée dont j'ai fortement besoin. Il est temps de me construire, de me poser et de me réaliser, fort de tout ce que je porte en germe.

    En effet, tu m'as également apporté de très belles rencontres, de nouvelles amitiés que j'observe se consolider chaque jour, et mis sur les rails de projets notamment sportifs que je n'attendais pas et dans lesquels je sais pouvoir trouver une forme d'épanouissement.

    À bien y regarder, et pour peu que je fasse l'effort d'oublier la grisaille du passé, de très belles choses sont désormais devant moi. L'année 2017 ainsi révolue me renvoie à cette question qui me poursuit depuis cinq ans : Et toi, que feras-tu pour que cela arrive ?

    Après l'arridité des labours et la froidure de l'hiver, puisse 2018 être l'année du printemps, des moissons et d'une voloptueuse abondance.

    C'est également ce que je vous souhaite.

    Bonne Année 2018 à tous et à chacun !

    18 décembre 2017

    Abécédaire amoureux de Toulouse

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    A comme Abattoirs. Lieu de mort devenu lieu de vie depuis sa réhabilitation très réussie en musée d'art contemporain. Il y fait bon flâner le dimanche avant d'aller danser le tango sur les toutes proches berges de la Garonne.

    B comme Brique, matériau dont sont faites les demeures d'ici et qui donne à la ville sa couleur si caractéristique de bonbonnière.

    C comme Canal. Ou plus exactement comme Canaux car Toulouse en compte trois : celui du Midi qui rejoint Sète. Celui latéral à la Garonne qui serpente vers Bordeaux. De leur union nait le Canal des Deux Mers... Enfin le Canal de Brienne par lequel les bateaux contournent l'effondrement du lit de la Garonne au Basacle.

    D comme Daurade. Nulle référence au poisson, il s'agit d'une église bâtie sur un ancien temple romain dédié à Minerve. Faisant face â la Garonne, elle abrite, avec Notre Dame du Taur, l'une des vierges noires de la ville.

    E comme Exupère, saint local né à Arreau, dans les pyrénées et qui vécut entre le IVe et le Ve siècle. Troisième évèque de Toulouse, on lui doit l'achèvement de la première basilique Saint Sernin. Une belle église sise aux portes du faubourg Saint Michel, à deux pas du très beau Jardin Royal où flânaient encore naguère demoiselles à marier et galants de bonne famille, lui est dédiée.

    F comme Foie gras. L'un des mets emblématiques du Sud Ouest. Foin de pain brioché, ici on le savoure sur du bon pain au levain à la mie ferme, accompagné d'un vin de Sauternes ou d'un liquoreux dont Gaillac, toute proche, produit des merveilles. Et même si les terres de Bayonne se font lointaines, le piment d'Espelette lui est un fier compagnon.

    G comme Garonne, le fleuve tumultueux qui traverse la ville dont cette dernière eut, jadis, à subir la fureur de ses inondations. Dame discrète et élégante, elle est une figure imposée sans laquelle Toulouse se serait plus Toulouse.

    H comme Hôpitaux. Celui de la Grave, dont le célèbre dôme de cuivre qui se reflète si bien sur l'onde calme de la Garonne, m'a vu naître lorsqu'il était encore une maternité. Celui de l'Hôtel Saint Jacques, lui aussi situé rive gauche et qui abrite notamment un musée de la médecine. Purpan et ses urgences funestement connues. Rangueil, perché sur les côteaux. Marchand, enfin, qui aurait certainement plu à Montesquieu.

    I comme Isaure. Clémence Isaure, figure semi-légendaire de Toulouse, fondatrice des Jeux Floreaux. qui inspira et inspire encore l'âme des artistes  :
    « Toulouse ! ville antique où fleurissent encore
    Pour les poètes, vos fleurs d’or, Clémence Isaure » 

    [Charles Cros - Vision du grand canal des deux mers, 1888]
    J comme Jacobins, la splendide église gothique au fameux palmier sous la ramure duquel repose la chasse de Saint Thomas d'Aquin. Son cloître, qui invite au farniente lascif, voit chaque automne courir les doigts des plus grands pianistes du monde.

    K comme Kunc, famille de musiciens injustement tombée dans l'oubli. Aymé, fils de Aloÿs, fut prix de Rome en 1902 devant Maurice Ravel et créera en 1927 à l'orchestre la Tétralogie et Parsifal de Wagner. Il fut trente années durant le directeur redouté du Conservatoire de Toulouse.

    L comme Lumière. Ville basse et toute bariolée de briques roses, Toulouse possède cette caractéristique luminosité joyeuse qui la rend si agréable à vivre. Les couchers de soleil y sont, en toute saison, absolument spectaculaires.

    M comme Montagnes. Les Pyrénées en l'ocurrence, splendide chaîne de montagne, horizon naturel des Toulousains, qui se dessine comme une muraille par temps clair. Terrain d'élection de mes randonnées estivales, elles abritent mille joyaux de la nature. Ville fleuron de l'aéronautique, c'est à de toutes autres montagnes que Mermoz et Guillaumet, héros de l'aéropostale, se sont heurtés.

    N comme Nougaro, qui du quartier des Minimes aux rues de New York, a semé ses mots au rythme de gants de boxe.

    O comme  Orgues, dont Toulouse, de par la richesse exceptionnelle de son patrimoine, est l'une des capitales. Le rugissement des tuyaux se mêle parfois à celui de l'Orchestre National du Capitole qui, sous la baguette de son sémillant chef, essaime la culture sur tous les continents.

    P comme Places. Celle du Capitole la plus célèbre de la ville, son opéra, ses cafés, ses badauds. La place Saint Georges, celle du pilori, qui vit jadis agoniser Jean Calas et tant d'autres. La place Wilson dont la rotondité s'élance vers la gare Matabiau et le canal du Midi. La place Saint Pierre, haut lieu des soirées étudiantes...

    Q comme Quais, ceux de la Garonne bien entendu. Les blanchisseuses et pêcheurs de sable d'antan ont cédé la place aux promeneurs qui ont bien raison de profiter de ces ramblas à fleur d'eau et le long desquelles il est si agréable de venir prendre le soleil tout en admirant un riche patrimoine dont Toulouse peut s'ennorgueillir.

    R comme Rues, celles étroites et sinueuses qu'il faut avoir arpenté pour s’imprégner de l'ambiance de la ville. Dédale hors du temps, elle plongent le promeneur dans de lointains souvenirs du XIVe siècle, offrant au regard ici une fenêtre à meneau renaissance donnant vue sur un plafond à caissons, là une porte cochère entrebâillée dissimulant incognito l'entrée d'un bel hôtel particulier, là encore un chat moqueur faisant sa toilette du haut de son deuxième étage tandis que tintinnabule la cloche d'un salon de thé feutré où il fait bon prendre son temps à l'occasion d'un brunch dominical...

    S comme Saint Sernin, somptueuse basilique du XIème siècle, joyau de l'art roman, cette fleur de corail que le soleil arrose. Ô Toulouse !

    T comme Tou'Win, une chouette équipe avec laquelle j'ai appris bien plus qu'à jouer au rugby.

    U comme Universités, trois au total, qui attirent des étudiants du monde entier, érigeant Toulouse au deuxième rang des villes universitaires de France.

    V comme Violette, fleur emblème. Discrète, au parfum d'antan, elle s'exportait jadis aux quatre coins du monde. Je t'aime, mais c'est un secret, nous glisse-t-elle au creux de l'oreille...

    W comme Wallon, Ernest de son prénom. Professeur de droit mais surtout premier président du Stade toulousain, club de rugby à XV fondé en 1907. Le stade fief des Rouge et Noir - dix neuf fois champions de France et quadruple champion d'Europe - porte son nom depuis 1921.

    X comme Xavier, l'un des fromagers de la place Victor Hugo, ce ventre de Toulouse où il fait bon aller faire son marché et croquer sur le coin d'un zinc accueillant, quelques huîtres arrosées d'un petit vin blanc.

    Y comme Yeux, qu'il faut avoir à l'affût pour découvrir les mille richesses architecturales et ornementales dont la ville est constellée, entre cariatides cachées, cours secrètes et points de vue surprenants.

    Z comme Zénith, la plus grande salle de spectacles de la ville où se pressent fans et idoles. Toulouse est une fête !