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  • 20 juin 2018

    40 ans et (presque) toutes mes dents

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    Cette semaine j'ai eu 40 ans. Rien que le fait de l'écrire me donne le vertige. Quarante ans. Et dire que je célébrais avant hier (ou était-ce la semaine d'avant ?) mes trente printemps... voilà que d'un coup d'un seul je me trouve affublé d'une décennie de plus.

    Le temps passe décidément très vite. 

    Et à bien y regarder, cette dernière décennie fut d'une richesse proprement inouïe, ce qui est encore plus vertigineux : j'ai soutenu une thèse de doctorat, j'ai vécu six mois en Argentine, j'ai vécu presque un an au Québec, j'ai traversé les Andes en bus, j'ai vu des baleines, je suis allé deux fois à Iguazu, j'ai randonné à cheval au clair de lune au Canada, je suis devenu papa-chat à temps partiel, j'ai travaillé dans plein d'endroits, j'ai beaucoup grandi professionnellement et créé ma propre boîte, j'ai publié dans articles dans des revues très sérieuses, j'ai rencontré plein de gens incroyables, j'ai vu des opéras magnifiques, j'ai vu des cromlech, j'ai renoué avec l'enseignement à la fac, je suis tombé plusieurs fois amoureux, j'ai fait mon coming-out à mes parents, j'ai assisté à des couchés de soleil fabuleux, j'ai dansé torse-nu sur un char à la Gay-Pride, j'ai des parents toujours aussi formidables qui prennent enfin soin d'eux... et j'en passe.

    Quarante années. 
    Deux fois vingt printemps.

    Sur le coup, je reconnais que ça pique un peu. On sent l'âge charnière, celui du passage d'une phase de vie à une autre. Peut-être le temps des moissons et d'être un peu plus adulte. A cet égard je crois que les jours à venir s'inscriront pleinement dans cette mouvance, à plus d'un titre.

    Professionnellement, je commence enfin à me sentir légitime dans ce que je fais. Cela peut paraître étrange mais j'ai longtemps été hanté par le syndrome de l'imposteur, celui qui fait qu'on ne se sent pas à sa place, que l'on n'est pas assez compétent, pas assez bon, pas assez ceci ou trop cela. Celui qui pousse à bout à force d'efforts vains pour dépasser une limite qui n'existe pas. Usant. Épuisant. Et puis, à force de pratiquer les autres, je me rends compte que je ne suis pas pire qu'eux, voire meilleurs dans certaines choses et qu'en tout état de cause, on me considère en égal. C'est un peu étrange. Il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte. Le moral ainsi que mon estime personnelle, chroniquement atrophiée, s'en portent nécessairement mieux. Je ne saurais m'en plaindre.

    Sur un tout autre tableau, depuis quelques temps on me faisait du pied pour prendre part à certaines responsabilités associatives que je n'avais pas envisagées il y a un an. Mais alors pas du tout...  Mettre un petit doigt dans l'engrenage et m'investir davantage dans le fonctionnement d'une association militante en laquelle je crois, apporter ma petite pierre à l'édifice, aider, témoigner, me sentir utile à une cause qui me tient à cœur, est une chose qui me titille depuis un moment. Toutefois, étant arrivé fraîchement dans la structure, je ne me sentais (là non-plus...) pas légitime. Pas autant que pourraient l'être d'autres qui sont là depuis bien plus longtemps que moi et qui ont une connaissance plus approfondie des choses, mais qui ne semblent pas tentés par l'expérience. 

    J'ai énormément hésité, réfléchi, pris la question sous tous les angles... Est-ce une bonne idée ? Serai-je à la hauteur ? Suis-je conscient de l'engagement que cela représente ? J'ai finalement accepté. Non pas par dépit mais par choix. Un choix que je veux assumer. Je n'avais vraiment pas envisagé que cela puisse se produire si vite. Et j'en suis très (très) honoré.
     
    Je viens d'avoir quarante ans, j'ai presque toutes mes dents (on m'a posé récemment ma première couronne...) et ma vie est enfin en train de s'épanouir. Progressivement. 

    C'est le bon moment de prendre un envol de plus, et m'affirmer davantage encore.

    15 juin 2018

    La Photo du Mois : Parfait (ou presque)

    10 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 juin (et dans trois jours c'est mon anniversaire, soit dit en passant), il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Nanouk qui nous propose de plancher sur : Parfait (ou presque).

    Note de l’auteur-e :

     À prendre littéralement ou avec une certaine ironie, à votre bon plaisir. 

    Alors, alors alors...

    Alors j'avoue avoir pas mal séché sur ce sujet qui ne m'a pas inspiré du tout. Entre la masse de boulot que je déblaie comme un forcené depuis un mois et tout un tas d'autres choses, je n'ai pas vraiment eu le temps de véritablement réfléchir à ce thème ni de songer à prendre une photo qui soit en parfaite adéquation avec le sujet proposé.

    Que faire ? Renoncer ? Hors de question. 

    J'étais sur le point de jeter l'éponge lorsque soudain... le chat ! (Vous l'aviez vu venir ?)

    Me penchant sur la donzelle nonchalamment alanguie sur un plaid moelleux, j'eus cette vision de quasi-perfection mathématique...



    Incroyable non ?
    Le Chat m'avait déjà permis de démontrer l'effet gyroscopique mais, là, j'avoue que j'en suis resté bouche bée...

    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Albane, Alexinparis, Amartia, Angélique, Betty, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Pat, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sandrin, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    10 juin 2018

    I fuckin' did it !

    14 commentaires

    https://www.instagram.com/p/Bj295MVFdsl/
    Quelle journée mes aïeux, quelle journée !

    Comment dire autrement que cette Pride 2018 fait partie de ces moments qui vous changent un Tambour Major ? Lorsque l'insurmontable est terrassé et que l'impossible est accompli.

    Car oui, je l'ai fait.

    Je. L'ai. Putain. De. Fait...!! 


    J'ai dansé torse-poil hier après-midi sur un char de la GayPride de Toulouse. J'en suis encore tout étourdi, mais tellement fier.

    Et crevé aussi, parce que, mine de rien, organiser une Pride c'est un sacré boulot niveau logistique. Mais là n'est pas le plus important.

    Oui, fier.

    Fier de l'avoir fait. 
    Fier d'avoir pu affronter le regard des autres.
    Fier d'avoir surmonté mes peurs.
    Fier d'avoir pu me dire "Je m'en fous".
    Fier d'avoir pu hurler avec tous les autres notre rage d'exister.
    Fier de ces centaines de rires avec les copains.
    Fier de ces milliers de sourires qui m'ont inondé le cœur.
    Fier de ce que nous avons fait tous ensemble.


    Fier...


    Fier !
    Fier. 
     
    Hier, j'ai grandi.
    Un peu.
    Naturellement je prélève 55% sur toute transaction...



    Crédit photos : @DonDiegoDeLaVerga  et @Wolkmann 

    7 juin 2018

    Les uns avec les autres

    1 commentaire
    Avec le mois de juin s'ouvre la période des Marches des Fiertés qui auront lieu un peu partout en France et dans le monde. Dans deux jours aura lieu celle de Toulouse et l'édition de cette année sera pour moi un peu particulière car, pour la première fois, je ne défilerai pas à pied parmi la foule, mais sur l'un des chars.

    C'est une remarque que je me suis faite tout à l'heure avec une petite pointe de vertige. Non pas qu'il s'agisse d'un accomplissement mais je confesse une pointe de fierté personnelle, en regard du chemin parcouru depuis ces dix dernières années. Depuis que je tiens ce blog et que ma vie arc-en-ciel a commencé...

    Le char en question sera celui des Tou'Win, l'équipe de rugby Gay-Friendly de Toulouse. Des hétéros qui jouent au rugby avec des homos. Une équipe de rugby loisir comme les autres qui s'entraine et se bat avec pugnacité et succès. Comme le dit son président, le respect, l'équipe le gagne sur le terrain, à la sueur du maillot et au nombre d'essais marqués à la fin du match. Et une fois balayés les préjugés, nous sommes une équipe comme n'importe quelle autre équipe, qu'importe nos individualités. 
     
    C'est peut-être une chose que l'on oublie parfois un peu vite lorsque l'on milite : avant de convaincre il faut d'abord apprivoiser. L'art de la conviction procède nécessairement d'une part de séduction.

    Au fond c'est, mutatis mutandis, comme cela que je comprends et que j'ai reçu l'exposition d'Olivier Ciappa "Les couples de la République", régulièrement vandalisée par des groupuscules extrémistes. Tout récemment encore elle était qualifiée d'homophobe car elle serait invisibilisante en ce qu'elle montre des personnes hétérosexuelles singeant l'homosexualité, gommant de ce fait les personnes homosexuelles du paysage.

    Cette critique tient, à mon sens, à l'ignorance de la différence entre signifiant et signifié, entre le signe et le symbole, qui n'est pas que rhétorique. Or c'est justement là, dans ce jeu de la transposition, que se trouve l'habileté de la démarche.

    Si la critique est ridicule, l'idée de l'exposition est en effet, au contraire, excellente : montrer des couples imaginaires composés de visages connus du grand public. Des personnalités ancrées dans le paysage médiatique et appréciées pour ce qu'elles sont, ce qu'elles véhiculent de positif. Des visages familiers qui font un peu partie de la famille. Apprivoiser, donc.

    Transposées dans un contexte LGBT l'image qui s'adresse en premier lieu à l'intelligence, interroge : Et si cette photo c'était vraiment eux, qu'est-ce que cela changerait ?

    Et au second plan cette deuxième flèche qui accentue encore la mise en perspective, laissant ouverte la porte des possibles : Et d'ailleurs toi qui regarde cette photo, qu'en sais-tu vraiment de leur orientation sexuelle ? Rien, évidemment...

    Contrairement à ce que l'on peut lire ici et là - notamment sur Twitter - venant de groupuscules d'excités de l'acronyme et du micro-repli sur soi, les revendications LGBT ont et auront toujours besoin des autres et des hétérosexuels en particulier, pour avancer. Parce que l'union fait la force, parce que les hétéros ne sont pas des homophobes oppresseurs privilégiés par nature. Parce que diviser n'a jamais permis de mieux régner et que l'exclusion, au motif d'un entre-soi que l'on prétend protecteur, est l'antithèse même de toutes les luttes LGBT menées avec opiniâtreté depuis des décennies.

    Au contraire. Montrer au commun des mortels qui en douterait encore que les personnes LGBT sont des personnes comme les autres. Les amener à comprendre que le danger relève du fantasme et que les craintes sont infondées. Les conduire vers la tolérance. 

    Cela s'appelle l'éducation.

    Alors marchons. 
    Les uns avec les autres.

    28 mai 2018

    Tambour Major Summer Tour

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    Je n'ai rien vu passer. Rien. Absolument rien. Ce mois de mai est déjà fini alors que j'ai l'impression qu'il a commencé hier, ou la semaine d'avant. Pris dans le tourbillon du travail et empêtré dans d'autres problématiques, le temps a passé beaucoup trop vite.

    Il faut dire que depuis plusieurs semaines je n'arrête pas, n'ayant que trop rarement le temps de me poser, voire de me reposer, tout simplement. Si je n'ai pas fait les ponts, j'ai en revanche profité des jours fériés pour une balade en montagne ou aller voir des amis en Ariège, histoire de déconnecter un peu car, depuis mes dernières véritables vacances qui remontent à Noël dernier, cela commence à tirer un peu sur la ficelle. Heureusement le mois de juin qui arrive puis le mois de juillet seront l'occasion de petites escapades avant quinze jours de coupure d'une seule traite.

    Et autant dire qu'il me tarde, vraiment !

    La première escale se fera tout d'abord à Marmande pour le festival Garorock, en compagnie de quelques connaissances. Je n'ai encore jamais mis les pieds dans un festival de ce type et encore mois assisté à un tel festival dans son intégralité alors ce sera une grande première ! Dans le genre "Rendez-vous en terre inconnue" je trouve assez électrisant d'aller voir en live des monstres sacrés situés très très loin (euphémisme) de mon répertoire de prédilection (pour preuve, à l'instant où j'écris ces lignes, j'écoute les Sonates en Trio de J.-S. Bach !) comme Indochine ou encore Marilyn Manson (d'ailleurs qui peut se targuer de l'avoir vu en vrai, celui-là ?). En tout état de cause, cette escapade hors des sentiers habituellement battus par mes oreilles s'inscrira parfaitement dans la ligne de conduite que je me suis fixée pour cette année : profiter. Cerise confite sur le pudding au Nutella, connaissant ceux en compagnie de qui je vais être quatre jours durant, je sais d'ores et déjà que cela sera source d'excellents moments. What else ?

    Juillet me verra ensuite filer sous le soleil de Mexico Lisbonne où je réussis enfin à me rendre, alors que je traîne ce projet depuis l'an passé. J'ai vraiment hâte de ces quelques petits jours au Portugal d'autant que j'y vais avec deux amis joyeux et pétillants que j'apprécie beaucoup. Mon guide du routard dort depuis plusieurs mois sur ma table de nuit, il faudra bien que je l'ouvre un peu avant le départ histoire de planifier un tout petit peu mon séjour. A moins que je ne me laisse porter, tout simplement. Au fond, est-ce bien important ?

    Le mois d'août sera quant à lui l'occasion d'une grosse coupure de quinze jours consécutifs amplement mérités. D'abord du  11 au 18 pour une belle semaine à Paris où je ne suis pas revenu en vulgaire touriste depuis des lustres. C'était il y a 5 ans. Fichtre...! Ce sera l'occasion de revoir pas mal de monde que je n'ai pas vu depuis au moins autant de temps, voire d'avantage pour certains, et sûrement l'opportunité de rencontrer de nouvelles têtes croisées sur twitter. Ha, le petit monde des réseaux sociaux ! Là aussi ce sera rudement chouette.
    Et ensuite, après le tumulte de la foule, hé bien ce sera le calme des cimes au cours d'une petite semaine à la montagne, dans les Pyrénées que j'affectionne tant, pour m'adonner à des heures de randonnées débridées parmi les estives et les moutons.

    Ce joli programme me semble pour l'instant terriblement lointain et abstrait tellement j'ai à faire jusque là. Il faut dire que la semaine qui démarre et celle qui va suivre s'annoncent très intenses et je m'attends à ne pas toucher terre pendant les quinze jours prochains. Poser ces lignes m'aide à me projeter au loin de à regarder par dessus cet océan de travail qui me sépare d'un peu de repos.

    Allez, encore un gros mois à tenir avant de pouvoir lever progressivement le pied.

    15 mai 2018

    La photo du mois : Made in Japan

    9 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15mai, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Mirovinben qui nous proposait de plancher sur Made in Japan.

    Nous avions pour ce-faire les indications suivantes :

    Technologie, gastronomie, art de vivre, croyances, loisirs, littérature, multimédia... Quelque chose venant du Japon.
     Du Japon, j'en ai un peu partout d'éparpillé chez moi, enfin, je crois. J'en ai surtout un bout sur mon frigo (lui il est Coréen), qui me regarde à travers des plan-plantes lorsque je fais la cuisine.

    Saurez-vous le trouver ?

    La photo du mois au pays du Soleil Levant continue chez les autres blogs participants :

    30 avril 2018

    Doutes...

    12 commentaires
    Cela fait trois semaines que lui et moi nous fréquentons, depuis que nous avons fait connaissance chez des amis communs que je soupçonne d'avoir sciemment organisé le coup. Un Toulousain d'adoption, de mon  âge, qui a une situation professionnelle stable et qui a en plus le bon goût d'habiter à seulement quelques minutes de marche de chez moi.

    Nous nous voyons assez régulièrement. Presque tous les jours en fait. Nous faisons connaissance. Nous apprenons à nous connaître, lentement, car le garçon est un poil hérisson sur les bords, et j'ai l'impression qu'ils sont assez larges. Et le temps en sa compagnie passe toujours relativement vite, ce qui est, je crois, une bonne chose. Je le sens plein de bonne volonté, de bien faire. Ainsi, alors qu'il ne cuisine pas vraiment, la semaine dernière il m'avait préparé un très bon petit repas, et je me suis régalé. C'est vraiment un garçon gentil, doux et attentionné.

    Mais... car il y a un mais... depuis trois semaines, je trouve que nous n'avons pas grand chose à nous dire. Depuis trois semaines, nous n'avons jamais vraiment discuté de quoi que ce soit et niveau vivacité d'esprit, ce n'est pas très percutant non plus. Jamais il ne relance sur un sujet. Jamais il ne sort une bonne vanne ou un mot d'esprit un peu saillant - ou même à côté de la plaque. Je ne sais pas s'il s'agit de timidité ou d'autre chose ou s'il est vraiment comme cela mais j'avoue que cela est un peu gênant. Samedi soir, je l'ai embarqué au resto où je rejoignais des amis. Auprès d'eux, j'ai instantanément retrouvé ce tourbillon de folie joviale qui fait que l'on s'entend si bien tous ensemble et que j'ai plaisir à les retrouver : ça discute, ça bataille, de tout, sur tous les sujets, tout le temps, avec curiosité et passion. Et c'est là que je me suis rendu compte que lui en était dépourvu ou que, du moins, il n'en avais encore jamais fait preuve. Au Québec on dirait probablement qu'il est "beige", c'est à dire sans réel relief.

    Notre après-midi passé hier chez moi en est un autre exemple. Nous étions ensemble mais sans connexion et j'ai vraiment ramé pour lancer une conversation qui tienne plus que trente secondes. J'ai vraiment failli perdre pied. Il aurait probablement pu rester toute l'après-midi devant la télévision sans que nous ne parlions et je crois qu'il aurait pu trouver cela satisfaisant. Finalement ce sont les préparatifs de son voyage à la fin du mois qui ont permis de lancer la machine. C'est un peu son seul sujet de conversation du moment, en réalité. Nous n'avons jamais parlé d'art, de musique, de cinéma, de politique, d'architecture, de littérature... Mais peut-être ne vois-je pas tout ce dont nous avons pourtant pu discuter.

    Lorsque je parlais de hérisson, c'est vraiment l'image la plus parlante. Réservé ? Oui, certainement. Manque de confiance en lui, énormément, c'est également certain. Mais il est loin d'être idiot, ça aussi c'est certain. Sa vie, c'est son quotidien et je le sens plein de bonne volonté pour que nous fassions des choses ensemble, ce que je trouve très encourageant.

    Et ce qui est également certain c'est que, en dépit de tout, pour le moment je me sens plutôt bien avec lui...

    25 avril 2018

    Carmen incandescente, au Théâtre du Capitole

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    Voir et revoir Carmen, l'un des quelques opéras qu'il faut avoir vus au moins une fois dans sa vie, est l'assurance de passer trois belles heures en compagnie d'une œuvre magistrale dont le succès ne se dément pas depuis près de cent cinquante ans. 

    Spectacle visuel vivifiant où s'affrontent les thèmes éternels de l'amour, de la passion et de la liberté, la mise en scène de Jean-Louis Grinda pêche toutefois en ses premiers tableaux par un certain statisme qui sied peu à l'agitation de cette place de Séville où se côtoient cigarières et brigadiers, bandits et âmes en peine, sans oublier les mômes des rues qui arpentent les lieux en singeant l'allure de leurs aînés.

    Début décevant, donc, car l'agitation cède le pas à une série de tableaux manquant cruellement de vie et de fluidité, le tout s'enchaînant comme autant de saynètes juxtaposées où pas grand chose ne bouge. Dommage, tant le texte et la musique disent autre chose. De même la marche des petits soldats paraît bien plate pour une bande de gamins des rues, alignés sagement comme s'il s'agissait d'une kermesse de fin d'année.

    Puis, rapidement, arrive le premier air de Carmen, incarnée par Clémentine Margaine, magnifiquement servie par Charles Castronovo qui, dans le rôle Don José, lui donne la réplique. Et là encore, une pointe de déception : le texte n'est pas articulé jusqu'au bout, certaines syllabes sont avalées. Cela est fort dommage, car, au-delà de l'air de habanera connu de la planète entière, le texte en lui-même est une clé essentielle de l’œuvre : 

    "Si tu ne m'aime pas je t'aime, 
    et si je t'aime prends garde à toi...

    Oui, prends garde à toi, toi l'inconscient qui convoite l'insaisissable Carmencita. Tu es Icare, voici ton Soleil. Tiens-toi à l'ombre des arènes de Séville si tu ne veux pas périr. 

    Et puis, passé la première demi-heure, le plateau de réveille, le brasier Carmen prend feu en une tornade pyrotechnique consumant tout sur son passage, jusqu'à se consumer elle-même dans ses propres flammes.

    Fougue incroyable du plateau, orchestre brillant et d'une belle clarté, subtilité et intelligence des décors dont certains n'ont pas été sans m'évoquer directement le travail de Richard Serra (dont une série d’œuvres doit, absolument être vue au Guggenheim de Bilbao !), utilisation très intelligente de la vidéo qui donne aux derniers tableaux une profondeur d'action absolument géniale (l'entrée des picadores dans l'arène de Séville !), jeux de lumières fabuleux chez les contrebandiers, énergie incandescente dans la taverne de Lillas Pastias... Tout était réuni pour faire de ce Carmen une vraie réussite.

    "Toréador, en garde ! Toréador, Toréador !
    Et songe bien, oui, songe en combattant
    Qu'un œil noir te regarde,
    Et que l'amour t'attend,
    Toréador, L'amour t'attend !
    Et songe bien, oui, songe en combattant
    Qu'un œil noir te regarde,
    Et que l'amour t'attend,
    Toréador, L'amour t'attend !
    "

    Libéré des contraintes techniques, le jeu scénique prend alors toute sa dimension, le texte toute sa saveur et les personnages - Clémentine Margaine y est tout simplement magistrale - toute leur profondeur ambiguë.  

    Car dans cette fable aigre-douce, où se mêlent la liberté, la haine, l'amour et la mort, n'est pas le véritable toréador celui que l'on croit...

    19 avril 2018

    Sick and tired of the sun

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    En septembre dernier j'avais pris le pari de vivre cette année intensément. Hé bien je crois que le programme des prochains mois est à la hauteur. Faute d'avoir des vacances avant un petit bout de temps, je m'aménage des petits échappatoires ponctuels afin de rompre la routine et de m'évader un peu hors de mes dossiers. 

    Quelques jours ailleurs, un dépaysement flash-éclair qui donne un grand coup d'air frais sur un moral ma foi au beau fixe en ce moment. Prochaine destination : Londres où je n'ai pas mis les pieds depuis ma fois bien trop longtemps.

    J'étais alors en classe de seconde (hu hu hu... ça ne nous rajeunit pas cette histoire) et j'effectuais un séjour linguistique d'une quinzaine de jours dans la ville de Chelmsford, au Nord Est de Londres. Ce fut et reste à ce jour mon plus long séjour sur les terres de la perfide Albion. Nous avions alors passé une journée à Cambridge dont je conserve un souvenir merveilleux tellement j'avais aimé cette ville, ses universités et ses canaux. Rhâlala, il faudra que j'y revienne... et une autre à Londres dont je ne conserve pas grand chose si ce n'est de très très vagues souvenirs imprécis, et probablement quelques photos perdues au fond d'une boîte en carton qu'il me faudra chercher un jour.

    J'étais toutefois retourné en Angleterre, à Manchester et Liverpool, il y a, ourf... longtemps aussi ! Quelques jours dont je garde un joli souvenir. Il me faudra également retourner en terres écossaises, (où j'étais allé en classe de cinquième, Mama mia... que c'est loin) arpenter les Highlands et revoir les lacs (non, pas celui du Connemara : celui-là est en Irlande !). Que de choses à faire !

    Plus qu'un  retour, ce sera cette fois-ci une véritable découverte de le ville et j'avoue que j'ai hâte. D'autant que, après avoir consulté la météo locale, le temps ce weekend devrait y être doux et ensoleillé, ce qui me permettra de profiter de la ville et de flâner le nez au vent, guidé par le Méchant Chimiste, jadis blogueur et néanmoins ami de longue date, qui me fait les honneurs de m'accueillir en son antre.

    Et puis, profitons de pouvoir y aller tant que l'on n'a pas besoin d'un passeport ou d'un visa, cela pourrait ne pas durer...

    Pour une raison que j'ignore, à chaque fois que je songe à ce pays, c'est invariablement la chanson Jack Talking de Dave Stewart qui me vient à l'esprit :

     He said I'm coming to London
    I'm sick and tired of the sun

    He said I'm coming to London
    I'm gonna have some fun

    C'est elle qui inspire le titre de ce billet.

    Bon, d'accord, il y a aussi celle, impertinente à souhait, de Philippe Katerine, qui se fout royalement de la gueule de sa Gracieuse Majesté avec un panache jovialement gaulois... Mais ce ne serait pas du tout le genre de la maison de poster ce genre de vidéo ici.

    Hein ?



    Ah ben si...
    Bon allez, c'est pas tout, j'ai une valise à boucler et un avion à prendre...

    See you very soon ! *

    __
    * Veuillez croire, chers lecteurs adorés, a l'expression pressante et non moins émue de mes sincères et déférentes salutations ainsi qu'à la promesse véritable de mon prochain retour parmi vous.
    Oui je suis parfaitement bilingue...

    16 avril 2018

    Le Minotaure

    0 commentaire
    C'est presque toujours la même chose, au début. Le même processus d'apprentissage, rejoué chaque fois comme si c’était la première. Les mêmes angoisses, les mêmes craintes. La même envie, aussi. Celle de plaire, notamment, et de trouver dans le regard de l'autre un espace de liberté.

    Un désir mêlé de peur. Celle d'être regardé vraiment, d'affronter ce regard étranger qui se pose et d'y faire face, tel un miroir. Crainte que ces yeux ne percent à travers l'insondable forteresse cathare, qu'un rai de lumière ne traverse la muraille puis ne nous désarme, alors que l'on est si bien à l'ombre, tapis au cœur du sombre labyrinthe à épier ce qu'il se passe au dehors sans rien laisser filtrer de ce qu'il se passe au dedans. 

    En effet les déconvenues de ces dernières deux années - un ex qui vivait une relation triangulaire malsaine dont je ne saurai jamais exactement la nature exacte, avec un "colocataire" tout aussi malsain, puis la frayeur subie l'automne dernier sur laquelle je ne reviendrai pas davantage - n'ont fait que la consolider de plusieurs mètres d'épaisseur supplémentaires. Celle-là qui, aujourd'hui, est parfaitement au point et me permet que personne ne m'approche de trop près ni trop longtemps sans que je ne l'y aie dûment autorisé.

    Halte-là, je suis le Minotaure. 
    Loin de moi, Thésée.
    Arrière, n'approche pas.
    Je ne veux point souffrir avant d'avoir vécu ce que tu aurais à m'offrir.
    Ignore-moi.
    Je te suis inaccessible. 


    Et puis...
     
    Parfois la muraille se fendille instantanément avant même d'avoir pu s'installer.
    Le risque change de nature et devient celui d'accepter l'autre dans son altérité, dans sa différence.

    S'apprivoiser.
    Tisser le fil d'Ariane.

    Courir le risque d'être heureux.
    Peut-être.
    Tout est à construire.
    Tout est à bâtir.

    Est-ce si dangereux pour que je me le refuse ?