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  • 15 juillet 2019

    La photo du mois : Bâtisse(s) abandonnée(s)

    4 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 juillet et c'est l'heure de notre septième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, le thème : Bâtisse(s) abandonnée(s) a été choisi par FerdyPainD'épice.

    Ma photo a été prise il y a quelques semaines au cœur des Pyrénées, à Bagnères de Luchon, ville d'eaux célèbre pour ses thermes romains dont la réputation commence en 25 av. J.-C., lorsque Tibère Claude fait creuser trois piscines. Les thermes de Luchon ne sont alors rien de moins que les premiers après ceux de Naples, dit la devise latine  « Balneum Lixonense post Neapolitense primum » qui est toujours celle de la ville.

    Luchon connut surtout son heure de gloire au XIX° siècle après que la Princesse Eugénie y passe plusieurs mois en villégiature. La ville s'étend, des vastes allées sont percées donnant accès au centre-ville constitué notamment par l'église elle aussi reconstruite au XIXe. L'hôtellerie se développe, les congés payés acquis au début du XXe siècle donneront un dynamisme sans précédent au tourisme. Les points d'entrée s'ornent d'hôtels et de stations services prêts à accueillir le pèlerin à bras ouverts.

    Aujourd'hui beaucoup de ces hôtels sont vides. La modification de la géographie des voies d'accès et le percement de nouvelles voies à profondément altéré l'économie de certaines rues aujourd'hui désertes, ainsi qu'en témoigne ma photo.
     
    A gauche, une ancienne station service, abandonnée. Sur la droite, de vieux garages attendent désespérément l'automobile qui ne viendra plus. Sic transit gloria mundi...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alexinparis, Amartia, Betty, Blogoth67, Brindille, Cara, Christophe, Cynthia, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Krn, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    22 juin 2019

    Grand Horoscope de l'Été

    1 commentaire
    Santé, amours, voyages, chance...

    Que réservent les Astres au grand néant de vos petites vies pour cet été 2019 ?

    En direct du Zodiaque, Tambour Major s'astique les boules, convoque le Grand Cosmos et vous révèle les tendances astrales de l'été.


    Et si avec ça vous ne passez pas de bonnes vacances, je n'y comprends plus rien...

    "Les Astres ne mentent jamais".



    Bélier

    21 mars - 19 avril

    Tendance travail : Comme de coutume, l'été ne vous est jamais propice à la concentration. Votre travail s'en ressent, vous marchez à reculons. Grosses bourdes à prévoir. Prenez des vacances, cela vaudra mieux pour tout le monde.

    Tendance vacances : Cet été sera propice aux activités sportives en tout genre : parapente ascensionnel, base-jump acrobatique, taxidermie récréative, tatouage sur chatons ou encore trampoline à ski, rien ne vous arrêtera. Destination astrale de prédilection : Melun, Tulle, Ciudad Juarez.

    Côté cœur : Grande forme disais-je à l'instant. Hé bien vous allez en profiter mes cochons. Avec Uranus qui est en conjonction avec le Grand Chibre depuis le mois de mai, les célibataires du premier décan vont s'en donner à cœur joie. Les natifs des deuxième et troisième décans ne seront pas en reste, la Lune qui passe sous la ceinture d'Orion y veille. Profitez-en : cela ne se reproduira pas avant 87 ans !

    Santé : Comment dire autrement que vous pétez littéralement la forme ? Vous débordez d'énergie.  Attention aux chutes paralysantes et aux ouvre-boîtes : un risque de paraplégie ou de fragilité osseuse est à prévoir

    Taureau

    20 Avril - 20 Mai

    Tendance travail : Si vous le cherchez, lui ne vous trouvera pas. Il y a du licenciement et du RSA dans l'air.

    Tendance vacances : Faire la crêpe sur la plage, c'est pas vraiment votre truc. Baroudeur invétéré, vous partez sac à dos pour un périple riche en découverte. Cet été, c’est rando en montagne ou en pleine campagne avant de faire escale en chambre d’hôte. Là, vous tissez des liens (non, il ne s'agit pas de bondage, mais cela ne tient qu'à vous) qui peuvent tourner à la romance si vous cherchez l’âme sœur. Les Astres vous recommandent particulièrement Périgueux, Zagreb et Le Havre.

    Côté cœur : Autour de vous l’ambiance est conviviale et musicale. Cela faisait longtemps que vous n’aviez pas dansé pieds nus, sous le soleil, en fredonnant. Et c'est bien normal depuis que vous avez pris dix piges pour avoir séquestré votre dernier plan cul dans une cave d'immeuble. Comment, la police ne vous a pas encore retrouvé ? Natifs des premier et deuxième décans, faites attention aux Scorpions d'ascendant Feu qui pourraient vous dévaster sauvagement le Zodiaque à coup de Grand Cosmos.

    Santé : Tout va bien de ce côté-là. Privilégiez les légumes de saison et irriguez votre colon en faisant des exercices d'étirement. Risques de morsures par des enfants en bas âge le 12 août.

    Gémeaux

    21 Mai - 21 Juin

    Tendance travail : Mercure et et Uranus sont asynchrones dans leur relation à Bételgeuse. Des réminiscences anamorphiques dans les maison XI et XII vous seront néfastes à proportion d'un ratio cosmique peu indulgent. Les natifs du deuxième décan, sensibles aux tempêtes solaires et aux champs électromagnétiques, verront une hausse des paralapses convergents qui désanobliront la transcendance figurative de Pluton

    Quoi vous n'y comprenez rien ? Quoi c'est pas clair ? Vous voulez vraiment contrarier le Grand Cosmos ? Faites un petit effort sacre bleu...

    Tendance vacances : La prophylaxie normative de Jupiter qui rôde à l'horizon de Véga en conjonction covalente triple, viendra au secours des premiers décans. Attention toutefois aux signes d'Eau, peu compatibles de fin juillet à la mi-septembre avec l'anatomorphie segmentaire de la liaison à bivalente à Pluton. La réalité disruptive frappera de plein fouet les natifs du troisième décan, en décalage d'efficience. Prolégomènes normatifs à prévoir !

    Comment-ça il est "incompréhensible" cet horoscope ?  Hé bien puisque c'est ça, elles seront TOUTES POURRIES vos vacances. Et votre été aussi. Voilà. Ça vous apprendra à contrarier les Astres... Namého.

    Côté cœur : T.O.U.T. P.O.U.R.R.I. je vous ai dit.

    Santé : Décès à prévoir dans les 80 prochaines années.

    Cancer

    22 Juin - 22 Juillet

    Tendance travail : Vous êtes las des tâches quotidiennes et du ronron des habitudes. Votre patron vous saoule et vos collaborateurs sont cons. L'ennui guette, la morosité vous envahit, et cela se ressent dans votre productivité. Supprimer YouPorn et Tube8 de vos sites favoris devrait déjà vous rendre plus disponible à ce que vous faites. De toute façon, vous êtes exaspéré et ne supporterez pas plus longtemps de rester en place. Il faut que ça bouge, même si pour ça vous devez prendre des chemins de traverse. Attention tout de même à ne pas viser trop haut, votre déception pourrait être grande. Et ce n'est pas Mars en maison IV qui me contredira !

    Tendance vacances : Hahahahaha... Vous êtes drôles avec vos vacances. Sans déconner, le seul endroit où cela sentira la marée cet été, c'est dans votre slip. Destination astrales de prédilection : Golfech, La Hague, Mururoa.

    Côté cœur : Là non plus, avec la Lune en opposition dans votre quadrilatère harmonique, cela ne va pas très fort. Le seul être vivant qui s'accrochera à vous cet été sera une tique ou un ver solitaire. Pas très affectueux, mais fidèle...

    Santé : Estimez-vous heureux, ça pourrait être bien pire (demandez aux Gémeaux). Risques de caries infectieuses et de cécité passagère tous décans confondus. Pensez à faire castrer votre chat.

    Lion

    23 Juillet - 22 Août

    Tendance travail : Vous êtes un bourreau de travail, il faut apprendre à vous arrêter. Non, ce n'est pas normal de bosser dans un atelier clandestin 17 heures par jour tous les jours depuis 6 ans.  Une éclipse partielle de Vénus en maison II le 13 juillet annonce un grand changement dont vous ne devriez pas tarder à ressentir les prémices. Un grand renouveau s'annonce. Ou pas : le marché astral du travail est saturé pour les natifs des trois décans. Prenez votre mal en patience, oubliez tout de suite vos velléités de départ, et mettez-vous à CandyCrush.

    Tendance vacances : À ce niveau, l'été 2019 sera exceptionnel pour les natifs ayant pour ascendant un signe d'air. En 2019, deux planètes seront plus que jamais à vos côtés, il s'agit de Jupiter, qui vous fournira protection et chance presque tout au long de l’année, et d'Uranus qui réveillera vos envies d’émancipation et vous poussera aux changements de cap. Si seulement vous aviez de l'argent pour partir, ce serait encore mieux... Destinations astrales de prédilection : les grands centres commerciaux de banlieue un samedi matin, urbex dans les caves de la cité voisine, explo-rando de nuit sur les traces de l'empoisonneur de chiens qui sévit dans la région...

    Côté cœur : Vous n'avez jamais rien attendu de ce côté-là et vous êtes résignés depuis belle lurette. Avec Uranus en stagnation sous l'horizon de la Crevette, puis en dissonance astrale avec les maisons V et VI, n'attendez rien de cet été 2019 qui se présente encore une fois comme intense un moment de solitude. Profitez-en pour achever votre maquette d'Abou-Simbel en clous de girofle, repasser vos chaussettes et relire le Code général des impôts, votre livré préféré. La constellation de la Mangouste occulte partiellement Mars dans le quadrilatère de Céline Dion, sera propice à de longs moments de blues. Les Astres font rejaillir le souvenir amer des amours passées. Frapper des bébés labradors avec pelle à tarte ne vous procurera aucune satisfaction.
     
    Santé : Inflammation du frifri en juillet. Eczéma purulent des testicules en août. Évitez les concerts de death metal et les coquelicots. Santé mentale stable (merci les normothymiques).

    Vierge

    23 Août - 22 Septembre

    Tendance travail : L'ossature astrale en déliquescence totale de votre ciel n'annonce rien de bon. Le déménagement soudain de votre service dans les sous-sol le mois dernier et le rachat de l'entreprise par une société chinoise auraient dû vous mettre la puce à l'oreille... Pourtant, au tout fond du Cosmos, une petite étoile brille très très fort pour vous. Ne perdez pas espoir, l'agonie sera douce.

    Tendance vacances : HAAAAAAAAAAAAAAAAA !!! Mais c'est quoi ce bordel Astral !!? Vous avez violé des orphelines avec des manches de pioche dans une vie antérieure pour avoir ce karma de merde ? Non mais sérieusement...? Y'a rien qui va là-dedans. Je n'ai rien vu d'aussi catastrophique depuis la Barmitsva de Régine, c'est dire. Alors... pas de panique. Enfermez-vous chez vous, tracez un pentagramme sur le sol avec du sang de nouveau-né et surtout vous ne bougez pas d'un orteil.

    Côté cœur : On vous a dit de ne pas bouger d'un orteil. Alors moi, si j'étais vous... (spoiler : et bien heureusement que non).

    Santé : Si vous êtes perspicace, vous avez cerné la situation dans sa globalité. Le solstice d'hiver 2027 devrait commencer à remettre de l'ordre à ce chaos invraisemblable. En attendant, ayez toujours un médecin à portée de main... Et sinon, vous avez déjà pensé aux sacrifices d'animaux ?

    Balance

    23 Septembre - 23 Octobre

    Tendance travail : La présence d'Orion aux alentours de Cassiopée depuis le début du mois de mai vous donne des ailes. Votre appétit de réussite est sans limite. Vous bouillonnez littéralement d'ambition. C'est bien simple, rien ne vous arrête. Voici l'occasion rêvée pour demander une augmentation. Attention, les Astres ne font pas tout : il va falloir sucer.

    Tendance vacances : L'élan de créativité dont Orion vous fait bénéficier déborde comme la mousson bienfaitrice sur tous les aspects de votre vie, vacances y compris. Préparez-vous à passer un été inoubliable. Le Grand Cosmos est avec vous et vous ouvre les portes du Monde ! Faire bronzette aux Bahamas ? Explorer le Machu-Pichu ? Arpenter la Muraille de Chine ? Vous aurez l'embarras du choix Attention le Grand Cosmos ne fait pas tout : il va falloir sucer.

    Côté cœur : Là non-plus. rien ne vous résiste. Natifs du premier décan, le grand amour est sur votre chemin, alors ouvrez grand les yeux. Natifs du deuxième décan, coup de foudre probable entre le 18 et le 31 août. Natifs du troisième décan, rencontre foudroyante possible lors des prochaines pleines lunes. Attention cependant, le Zodiaque ne fait pas tout : il va falloir sucer.

    Santé : Lèvres gercées et sensation de bouche sèche à prévoir. Évitez de courir sous les orages, mangez des flocons d'avoine et faites contrôler votre système nerveux central.


    Scorpion

    24 Octobre - 22 Novembre

    Tendance travail : Une éclipse partielle de Saturne dans l'horizon de la Grande Ourse en conjonction avec le Soleil en Maison III invite à la prudence. Mettez de côté vos désirs personnels et faites passer les priorité collectives avant vos petits désidératas de princesse mal dégrossie. Cela ne vous procurera aucun avancement de carrière mais cela calmera les envies suicidaires qui animent tout le services. N'avez-vous pas remarqué que votre café a un goût étrange depuis quelques jours ?

    Tendance vacances : Décidément ce n'est pas votre été. Saturne pas très rond dans votre ciel astral (oui, le Grand Cosmos aime rire parfois) et la présence menaçante de Mars aux abords de la constellation de la Petite Rascasse début juin en conjonction dissonante avec la Maison VII invite à la plus grande prudence. Évitez les sites classés Seveso, les zones inondables, les sites d'entreposage de déchets nucléaires ainsi que les sites à risques sismiques, même très faibles. Porter un objet éloignant le mauvais œil pourrait être un plus...  

    Côté cœur : Neptune en Maison IX, Uranus qui se profile en opposition... Une vengeance cosmique s'ourdit dans un horizon proche. Les Astres vont sévir ! Voilà ce qu'il en coût de se comporter comme un/e gros/se con/ne avec la planète entière. Autant être clair : vous allez morfler votre race... 

    Santé : Mauvaise... 

    Sagittaire

    23 Novembre - 21 Décembre

    Tendance travail : L'été se place dans la droite lignée de la tendance amorcée depuis quelques mois déjà : celle de la créativité et du changement. Jupiter en conjonction avec les constellations de la Loutre et du Panda Roux en Maison VII à partir du 17 juin ne font qu'exacerber cette grande courbe astrale qui traversera votre ciel pendant de longs mois encore. Vous qui rêviez d'un renouveau professionnel c'est le moment de foncer. Vous rêviez d'ouvrir un restaurant ou une maison d'hôtes ? c'est pile le moment ! Attention toutefois à modérer vos ardeurs créatrices : non, on ne met pas de béchamel dans la mousse au chocolat, non la crème anglaise ne passe pas super bien avec une choucroute garnie, de même que les anchois sont à proscrire dans un Martini Dry...

    Tendance vacances : La créativité est, encore une fois, le maître mot de cet été. Vous déborderez d'imagination pour passer des vacances inoubliables avec vos amis et votre famille : rave-party dans une maison de retraite, concert de rock au crématorium, paintball géant dans un musée national... Votre leadership et votre arrogance naturelle sauront vaincre tous les obstacles. 

    Côté cœur : Créativité là encore, les Astres vous conduiront sur les sentiers obscurs de l'inexploré (voire de l'inexporable) : gang-bangs animaliers et autres bukkakes gérontophiles seront au rendez-vous. Les ascendants d'un signe d'eau et de terre seront preuve d'un romantisme débridé qui fera mouche à tous les coups.

    Santé : Faites des bilans réguliers. Risque important de verrues plantaires.

    Capricorne

    22 Décembre - 19 Janvier

    Tendance travail : Ça fait un petit moment que ça ne va pas fort hein ? Habituez-vous, lutter est inutile.

    Tendance vacances : En un mot comme en cent, elles seront exécrables, si vous en avez.

    Côté cœur : Humpf... C'est vraiment pas brillant. Venus passe en Maison I signe du renouveau. Mars le guerrier entre en conjonction avec Bételgeuse et son trou noir super massif... Tout ce que vous aviez péniblement acquis ces derniers mois sera radié de la carte, à tout jamais. Rupture, divorce, déchirements, pleurs et envies suicidaires. Les Astres font le grand ménage. Tant d'efforts vains, tant de sacrifices inutiles, tant de nuits sans sommeil à vous accrocher à cet embryon d'espoir balayé d'un revers de comète par le Grand Cosmos. Tenez bon, le suicide n'est jamais une bonne option.

    Santé : Grand ménage disais-je. Hé bien c'est là-encore le cas. Votre métabolisme Astral a cumulé tant de merdes depuis 2017 qu'il se met au repos en vous claquant la porte au nez. Vous allez attraper un peu tout ce qui passe dans l'air, du simple rhume à la méningite foudroyante en passant par les oreillons, colique néphrétique et Ebola. Enfermez-vous dans votre chambre à double tour et n'en sortez sous aucun prétexte. Mangez des crêpes et des pizzas : au moins on pourra facilement vous les glisser sous la porte.

    Verseau

    20 Janvier - 18 Février

    Tendance travail : La routine vous va bien et vous allez bien à la routine. La médiocrité un art de vivre dans lequel vous excellez. Ne changez rien.

    Tendance vacances : Vous faites partie des rares personnes à vous ennuyer en vacances, précisément parce qu'elles rompent le petit train-train ronronnant de votre pâle existence. Comme tous les ans vous prendrez quinze jours en août pour aussitôt tourner en rond comme un lion dans une cage. Et si vous vous enfermiez dans le local photocopies, pour changer ?

    Côté cœur : Votre zodiaque est à son sommet, c'est à dire pas très haut. Profitez-en pour vous refaire une beauté. Ça ne sera pas du luxe.

    Santé : Furoncles pour les natifs du premier décan. Thrombose pulmonaire pour les autres.

    Poissons

    19 Février - 20 Mars

    Tendance travail : Vous vous éclatez au boulot. Votre patron vous adore et vous emmène partout avec lui y compris dans ses voyages d'affaires à l'étranger où il vous présente à des gens importants et haut placés. Même si vous travaillez beaucoup et que vous finissez souvent tard le soir, peu importe car la paye suit largement. Bravo, vous avez trouvé votre voie. Mais attention, le métier d'escort est éphémère...

    Tendance vacances : La vie est une succession de vacances. Quinze jours de boulot et trois semaines de repos à l'autre bout du monde. Que demander de plus ? Que Daddy remonte le plafond de l'Amex à 15.000€ ? Attendez, Mars arrive bientôt en Maison IV dans le trigone de la Turlutte. Tout va s'arranger. Mention spéciale pour les ascendants Balance.

      
    Côté cœur : Quelques frictions sont à prévoir au sein de votre couple. En effet, vous n’avez envie d’écouter que vous-même et de suivre vos coups de cœurs, quitte même à changer de couple si l’occasion se présente (et a fortiori si Daddy refuse de remonter le plafond de l'Amex à 15.000). Il faut dire que vous aurez l’art de séduire et que vous adorez qu’on vous cède : Mercure en conjonction avec le Soleil en Maison VII vous rend particulièrement salope. Célibataire ou en couple, la fin de l’été fêtera le rapprochement des cœurs et des corps. Bref, vous allez niquer !

    Santé : Hyperlaxie des sphincters entre le 13 juillet et le 4 août. Crise de paludisme pour les ascendant d'un signe de Terre. Ascendant Balance, évitez les yaourts natures et les éjaculations faciales.

    15 juin 2019

    La photo du mois : Le village

    11 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 juin et c'est l'heure de notre sixième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois Le village, a été choisi par Marie-Paule qui nous donnait les indications suivantes : 
    "celui que chacun de nous aime particulièrement, le village natal, celui où l'on vit, celui des origines familiales, celui où l'on passe ses vacances..."
    Ma photo a été prise il y a une semaine, lors d'un trajet en direction de Castelnaudary, dans l'Aude, où je me rendais pour célébrer le mariage d'une amie. L'Aude, ce département magnifique fait de pierres, de vignes, de collines et de vent...

    Alors que ma voiture arpentait une route sinueuse longeant en surplomb la vaste plaine du Lauragais, également appelé la petite toscane française, se déployait sous mes yeux le spectacle extraordinaire d'un paysage d'une rare beauté. Quand soudain, au détour d'un virage, un groupe de toitures rouges enrubannées autour de la figure austère d'un clocher carré attirait mon attention. J'arrêtai ma course le long d'un champ pour profiter davantage de l'instant et je sortis mon appareil photo.
     
    Cliquez pour agrandir l'image
    Dans le murmure des champs de blés verdoyants bercés par une brise légère et sous un magnifique ciel tout d'azur, ce petit village dont j'ignore le nom, avait ce doux parfum de temps suspendu et d'éternité bienheureuse. Comme une réminiscence d'un âge d'or dont nous avons perdu les secrets.

    Et moi je fonds à tous les coups...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alexinparis, Amartia, Angélique, Betty, Blogoth67, Brindille, Cara, Christophe, Cocazzz, Cynthia, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Travelparenthesis, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    3 juin 2019

    - II - Eveil

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     (Précédemment : -I- Pluie)

    Le lendemain matin Paul se réveilla avec un mal de crâne extraordinaire digne de ses plus belles gueules de bois. Une migraine assez formidable alors qu’il n’avait pas bu la moindre goutte d’alcool une fois rentré chez lui. Un coup de batte de baseball sur la tête ne l’aurait pas moins fait souffrir. La vache, il était vraiment sonné. 

    D’abord assis sur le rebord du lit, les méninges au bord de l’explosion, il écarquilla péniblement les yeux. Une journée grisâtre se dessinait en pointillés sous un ciel visqueux à travers les interstices du volet roulant de sa chambre. « Putain de sale temps de merde ». Il pleuvait toujours… Paul se leva péniblement puis se rendit silencieusement à la cuisine, en trainant les pieds et en s’appuyant de temps à autre aux murs pour compenser un léger vertige. Cerise sur le gâteau, cette chanson entendue à la radio la veille au soir n’avait eu de cesse de tourner en boucle dans sa tête...

    « My name is Luka. I live on the second floor.
    I live upstairs from you. Yes, I bet you’ve seen me before… »

    De toute urgence il lui fallait du café en dose massive pour affronter les prochaines heures et mettre la machine grippée en route. Un café doux, pas trop brûlant. Un café réconfortant, comme une caresse. Un café de matin difficile. Et une bonne douche bien chaude ensuite.

    Ouvrant tout d’abord le placard au-dessus de l’évier de la cuisine, il prit un comprimé d’aspirine qu’il avala avec un grand verre d’eau fraîche, non sans l’avoir machinalement cassé en deux avec sa langue contre son palais. C’est un truc qu’il faisait étant gosse, sans raison particulière, et qui lui était resté. La stupidité de ce petit geste le fit sourire intérieurement. Il aimait ces vestiges d’enfance, ces petits riens qui, une fois devenus adultes, trahissent l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Sous sa barbe un peu folle, ses pommettes saillirent un tout petit peu tandis qu’un large sourire vint illuminer son visage d’ours mal réveillé.

    Paul observait au dehors le gris des toits qui se confondait avec celui du ciel. Une pluie féroce se projetait violemment sur les vitres avec la vigueur d’un animal qui chercherait à les briser pour rentrer, puis se laissait ruisseler mollement le long de la fenêtre comme une larme de rage sur une joue. « Quel temps de chiotte »…

    My name is Luka.

    Posée sur l’îlot central délimitant la cuisine et le salon, la cafetière émit une série de gargouillis caractéristiques annonçant que le breuvage couleur d’ébène était fin-prêt. Malgré les effets de mode, Paul n’avait jamais réussi à s’en séparer ni à succomber aux modèles à capsules jetables. Non pas qu’il était réfractaire au progrès mais il n’en voyait pas l’intérêt. La possibilité de choisir lui-même son café au brûleur du coin et de broyer sa mouture fraîche le contentaient pleinement. Il aimait vraiment l’odeur veloutée du café moulu qui tapisse les narines de ses fragrances capiteuses. Une odeur puissante, virile et fragile à la fois qui l’emportait loin, comme un voyage intérieur de quelques secondes qui pouvaient parfois lui paraître un champ d’éternité.

    Paul s’en servit un énorme mug, l’allongea d’un nuage de lait, porta la tasse à ses lèvres et, lentement, en but une grande gorgée. Instantanément le liquide chaud remplit son organisme de cette sensation unique de réconfort quasi-maternel. Mais aussitôt Paul fut pris d’un haut le cœur terrible. Il bondit vers l’évier. Du sucre. Il fallait du sucre. Paul en mit un, puis deux. Goûta, et en rajouta un troisième. Voilà qui était bien mieux. Et sans même s’en rendre compte, il noya un quatrième morceau de sucre au fond du mug, oubliant du même coup qu’il ne sucrait jamais son café.

    I live on the second floor.

    Non loin, posé sur la table basse du salon, son vieux téléphone portable se convulsait et crépitait de multiples notifications avec une frénésie quasi-hystérique, faisant vibrer le plateau de verre d’un tintement désagréable. Paul s’en saisit et alluma d’un même geste la télévision puis s’assit dans le canapé où le chat avait laissé une marque arrondie au creux de son oreiller favori. L’empreinte, nimbée de poils blancs, était d’ailleurs encore toute chaude. Cent quarante-huit messages, mails et autres notifications Facebook. Bordel, mais ils ont quoi les gens ce matin ? pensa-t-il.

    Trop assommé par sa migraine lancinante et fatigué à la seule idée de leur nombre, il ne prit pas le temps d’examiner plus en détail cette logorrhée d’informations – il en avait soupé des statuts à la con de ses potes – et préféra regarder la télévision. A en croire le logo rouge et bleu incrusté sur toute la largeur de l'écran, il s'agissait d'un flash spécial.

    I live upstairs from you.

    Ce qu’il vit et entendit lui glaça le sang. Il n’en croyait pas ses yeux. Et pourtant il savait que ce n’était pas un canular. Paul avait beau changer de chaîne, toutes diffusaient les mêmes images ahurissantes : aux portes de la ville, des kilomètres de voitures arrêtées en plein milieu de la route, et des gens par centaines les yeux rivés vers le ciel. Vaguement incrédule, il monta le son. Selon le journaliste qui commentait en voix off, la cause de cette agitation était apparue dans la nuit, le long de l’autoroute de l'Est que Paul parcourait la veille au soir.

    Yes, I bet you’ve seen me before

    Parmi quelques vaches détrempées par la pluie toujours battante, toute la cohorte de journalistes qui avait accourru toutes caméras dehors, était fermement tenue à l’écart par un solide cordon de sécurité. « Ils sont là ! » répondait terrifié un homme vêtu d’un survêtement bleu à qui l’on avait tendu un micro « ils sont là ! ».

    Sous un ciel d’hiver intensément gris, la vision était tout autant insolite qu’effroyable. D'une blancheur parfaite, la chose semblait s'être paisiblement posée sur le sol. Sa surface était apparemment dénuée de toute aspérité.  On avait beau lever les yeux au ciel, il était impossible d'en apercevoir le sommet qui semblait s'élever bien au dessus des nuages. Plantée au beau milieu d'un écrin de montagnes éternelles, ses proportions absolument titanesques la rendaient visible à des kilomètres à la ronde. Monstrueusement silencieux. Immobile.  

    C’était là.

    Personne à cet instant n’avait la moindre idée de ce que c’était. Et personne à cet instant précis n’aurait pu imaginer qu'il eut mieux valu ne jamais le savoir. Mais tout le monde se souviendrait à jamais de ce lundi d'octobre, comme l'on se souvient des jours maudits qui infléchissent irrémédiablement le cours de l'Histoire.

    My name is Luka.

    Et pendant ce temps, la petite voix dans la tête de Paul se faisait de plus en plus insistante…

    My name is Luka.

    31 mai 2019

    La pièce manquante du puzzle - Suite et fin

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    C'est assez étrange d'écrire une suite à un billet du mois de mars 2014 qui n'avait pas forcément vocation à en connaître une. A vrai dire, je l'avais plus ou moins oublié, lui et son contenu. 

    Pourtant une conversation à table d'il y a quelques petite semaines à fait brutalement rejaillir son existence, comme une grosse bulle d'air au milieu d'un lac, provoquant au moment où elle éclate une onde de remous qui se propage sur toute la surface.

    Voici cinq ans donc, j'expliquais ici même - dans un billet que j'avais alors intitulé La pièce manquante du puzzle - que j'ignorais absolument tout de la manière dont mes parents s'étaient rencontrés il y a plus de quarante ans.
    L'anniversaire de mon père au début du mois de mai fut l'occasion d'une révélation à laquelle je ne m'attendais absolument pas et qui devait lever toutes mes interrogations.

    Nous sommes donc à table, un dimanche de mai, avec mes parents et quelques autres personnes. L'humeur est joviale, il fait beau temps et c'est l'anniversaire de mon papa. La jolie nappe et de la belle vaisselle ornent la table autour de laquelle nous sommes réunis en toute simplicité. Au début du repas, nous savourons quelques hors d’œuvres que ma mère a préparés et notamment, me semble-t-il, un petit foie gras. Oui, dans le Sud-Ouest, le foie gras c'est toute l'année. Les verres tintent joyeusement. La conversation se fait plaisamment.  

    Et puis tout d'un coup, je ne sais plus exactement à quel propos, mais je crois qu'il y était question d'un verre de Porto, mon père lâche à ma mère, avec ce regard plein de malice caractéristique de ces fois où il est particulièrement fier de lui :
    "Comme la première fois qu'on s'est rencontrés...!"
    Je crois bien être resté bloqué sur cette phrase quelques secondes. Aujourd'hui encore j'ai du mal à admettre que ce soit mon père qui l'ait prononcée. Car d'une part mon père est un ours qui ne parle que rarement de lui. Que d'autre part il ne s'épanche jamais sur ses états d'âme. Et que surtout le sujet de la rencontre parentale est un sujet inédit dans la famille Tambour Major ! 

    Cette petite phrase, tombée du ciel comme une marguerite sur une plage de sable blanc, fut suivie d'un petit échange de souvenirs, chacun racontant son bout de l'histoire. Nous sommes au début des années 1970, pendant le service militaire que mon père effectuait dans l'Est de la France, région d'où est originaire ma mère et où elle vivait alors encore. Déjà ours mais néanmoins sociable, il avait sympathisé avec tout un tas de gens dont un cheminot du coin qui se trouvait être en même temps le mari d'une amie d'enfance de ma mère. Et un beau jour, par l'un de ces hasards dont le Destin a le secret, voilà-t-y pas que les deux se retrouvent invités à dîner en même temps, mon père par le mari, ma mère par sa copine. Et boum : le coup de foudre...

    Malgré sa brièveté, ce fut un instant très agréable à regarder et à écouter. Ils étaient entre eux et plus rien de ce qu'il se passait autour d'eux ne semblait avoir de l'importance. Un de ces petits moments précieux que l'on garde dans le tiroir de ses souvenir, comme un trésor, et que l'on couche sur son blog pour mieux s'en rappeler dans quelques années, lorsque la mémoire de l'instant se fera moins précise.

    Je dois dire que, même si j'aurais très bien pu vivre sans ne jamais avoir rien su du fin mot de l'histoire, je suis très heureux de connaître ce petit épisode de la vie de mes parents. Parce que ce qu'il raconte est joli.

    Et qu'il fut surtout l'occasion de voir, quarante quatre ans après, que ces deux-là s'aiment encore comme au premier jour.

    27 mai 2019

    Manger du tofu ? T'es pas fou ?

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    Parmi les choses pas forcément super sympas à manger, quelque part entre la confiture de méduse et la ciure de bois, il y a le tofu... En effet, je n'ai jamais été convaincu par ce machin à base de soja qui, bien souvent procure la même satisfaction que de mâchouiller une éponge humide.

    Mais quelle idée de manger du tofu, me direz-vous ? Oui, en effet, quelle idée... 

    Hormis une fois dans un restaurant végétarien (oui, j'ai parfois ce genre de perversion) où j'avais pu apprécier ce que l'on m'indiquait alors être du tofu soyeux, et mème que j'avais trouvé cela plutôt bon, le tofu fait partie de mes grandes déceptions culinaires.

    Pourtant je tiens à essayer autant que possible à varier mon alimentation et les sources de protéines. C'est pourquoi j'alterne oeufs, viandes rouges et blanches, poissons et les protéines végétales notamment grâce aux légumineuses : pois chiches, lentilles et haricots en grains de toutes variétés. Et comme je suis un peu maso sur les bords, depuis quelques temps, j'essaie d'incorporer le tofu, avec très peu de succès il est vrai.

    Car le tofu, c'est pas três bon. 
    C'est du moins ce que je croyais jusqu'à ce soir... 

    Pour la faire courte, j'avais dans mon figo un bloc de tofu d'entrée de gamme de 200g depuis une semaine et qu'il me fallait manger avant de devoir le jeter. Et je ne tressaillais pas particulièrement de joie à l'idée d'en faire mon repas du soir...

    J'avais aussi des pleurotes achetés samedi (j'aime passionnément les pleurotes), un peu de crème fraîche entière (la base) et un fond de vieux curry en poudre dans mon placard. 

    Et soudain... l'illumination ! 

    L'opération fut la suivante (attention cette recette est d'une technicité effarante) : 

    1. Faire dorer les pleurote entiers (400g environ) à feu vif dans une grande poêle, 

    2. Ajouter le tofu (200g) coupé en gros morceaux, 

    3. Noyer sous environ 10 cl de crème liquide, ajouter une petite demi-cuillerée à café de curry, du sel et du poivre du moulin, 

    4. Touiller pour que tout s'imprègne de sauce, couvrir, baisser le feu à moyen pendant une dizaine de minutes et laisser mijoter un tout petit peu. Et... c'est tout !

    Hé ben croyez-moi sur paroles : je me suis régalé. 

    En fait je crois que c'est un truc à creuser avec ce machin-là : il faut lui apporter du goût avec des épices mais aussi en lui faisant cracher son eau laquelle est remplacée par autre chose d'un peu plus savoureux. Et là, ça commence à devenir intéressant.

    Alors, non, le viandard que je suis n'ira pas jusqu'à dire que cela vaut une bonne côte de boeuf. Mais c'était suffisamment bon pour que je renouvelle l'opération prochainement.

    15 mai 2019

    La photo du mois : Le merveilleux

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 mai et c'est l'heure de notre cinquième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois Le merveilleux (mirabilia) dans votre vie, a été choisi par Betty qui nous donnait les indications suivantes :
    Ce qui vous émerveille, vous surprend, vous étonne...
    J'ai franchement galéré pour le thème de ce mois-ci car chaque édition de la photo du mois est l'occasion de  vous partager, à travers une photo, un morceau de ce que j'aime, de ce qui me plait, me surprend et m'émerveille. Le défi étant, qui plus est, de n'utiliser qu'une photo inédite, les choses se compliquent sérieusement.

    Heureusement, un concert lundi soir à l'auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines de Toulouse, est tombé à point nommé et m'a donné l'occasion d'illustrer le sujet du mois. 

    Une photo prise juste avant que le concert ne commence. Parce que l'on ne prend pas de photo pendant un concert : on écoute. Au programme du soir : le Quatuor pour la fin du temps, d'Olivier Messiaen, œuvre composée en 1940 pendant sa détention au Stalag VIII-A, à Görlitz.

    Ce fut un concert merveilleux pour une œuvre d'une intense poésie dont les harmonies m'accompagnaient encore alors que je rentrais à pied chez moi pour profiter de la douceur de la nuit tombante.

    De manière plus générale, la musique vivante (par opposition au disque) a quelque chose de merveilleux. La vibration et l'intensité des sons, l'énergie que dégagent les interprètes, tout cela procède d'une alchimie fabuleuse à nulle autre pareille. La beauté du lieu, une ancienne église - haut lieu de l'histoire de Toulouse - devenue fonderie à canon après la Révolution, n'est en outre pas totalement indifférente à ma magie de l'instant. 

    Et ce soir-là, l'interminable silence final qui vint succéder à la voix du violon s'évanouissant dans le plus extrême aigu, plongea d'un fragment d'éternité cette émotion toute spéciale qui emplissait la salle et dont longtemps, je crois, je me souviendrai.

    9 mai 2019

    My ass is vegan

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    Aujourd'hui je vais parler d'un groupe de personnes que l'on moque habituellement - avec plus ou moins de délicatesse - dans la communauté Gay car elles ne pratiquent pas la sodomie. On les désigne parfois sous l'anglicisme "side". Les "side", ces gens bizarres à la sexualité appauvrie... Je ris très très fort.

    En effet, il ne faut généralement pas plus de trois phrases lorsque l'on surfe sur un site de rencontres dédié aux garçons qui aiment les garçons, pour que n'apparaisse cette question qui provoque aussitôt chez moi ce roulement oculaire témoin mon épuisement mental : "t'es actif ou passif ?"... 

    Croyez-moi, cette question a le don de m'exaspérer au dernier degré. Pour poser les choses très clairement, je ne suis pas passif et rarement actif. Plutôt side, donc. Hannnnn bouh le vilain side...  D'ailleurs rien que le nom "side" est détestable. "Side", comme s'il s'agissait d'une sexualité â la marge, alors qu'il n'en est rien.

    Car à en croire les déclarations des uns et des autres, la sodomie chez les Gays serait la condition sine qua non de toute relation sexuelle digne de ce nom, le Saint Graal de la jouissance, le Valhalla de l'extase, l'Hiroshima de l'ogasme, comme s'il était aussi naturel de pénétrer un rectum que de pénetrer un vagin. Hé bien hé bien... ça dépend ! Et même parfois, pas du tout. 

    Hé oui, je t'arrête tout de suite toi qui ne jure de la qualité d'une relation sexuelle que par la possibilité de chevaucher ou d'être chevauché et prête l'oreille à ce qui suit. Et toi, petit side qui te sens meurtri dans ta chair parce que tu n'éprouves aucun plaisir à te faire décalaminer le pot en cadence ou parce que tu débandes direct quand un mec te dis "Prends-moi", lis ce qui suit : je l'ai aussi écrit pour toi.

    En effet, comme je l'écrivais ici-même en 2009 ce n'est pas parce que l'on préfère les garçons que l'idée de se prendre un gros calibre dans le fion nous fait tous trembler de désir. Loin s'en faut. Et en ce qui me concerne, absolument pas.

    En décembre dernier, Têtu publiait un article sur le sujet, intitulé "Pourquoi certains gays ne pratiquent pas la sodomie (et pourquoi ce n’est pas grave)". Peur d'avoir mal, problèmes d'hygiène, crainte d'être atteints dans leur virilité, absence de plaisir... Les raisons de ne pas pratiquer la sodomie sont multiples et peuvent se recouper. Sur le même sujet, cet article de 2013 paru dans le Huffington Post est encore plus intéressant.

    Si certaines personnes y prennent un pied intersidéral, d'autres au contraire voient dans la sodomie soit un supplice insurmontable tant la douleur est vive, soit un rituel accessoire parfaitement dispensable. Pour d'autres enfin, la sodomie active ne revêt aucun intérêt du tout, tant l'absence de plaisir est prégnante. Je puis en parler librement, je fais partie des premiers et des derniers.

    Une enquête "Recrudescence des prises de risque et des MST parmi les gays" notamment consacrée à la sexualité Bi et Gay,  menée en 2000 par l'Institut de Veille Sanitaire en partenariat avec l’Agence Nationale de Recherches sur le SIDA, la Direction Générale de la Santé et avec la contribution de vingt revues et trois sites Internet, est particulièrement instructive sur le sujet : la sodomie n'est pas la pratique d'une écrasante majorité. Les statistiques qui ressortent des 4.753 témoignages recueillis, permettent de corroborer cet état de fait

    Coupons donc cours à l'idée fausse selon laquelle la sodomie serait un passage obligatoire de la sexualité Gay et Bi. Comme le dit Têtu dans son article, non seulement ce n'est pas grave mais j'ajouterai surtout que c'est faire preuve d'un manque vertigineux d'imagination que de réduire le plaisir charnel à la seule sodomie !

    Ainsi, aux termes de cette enquête, environ 17,5% des personnes interrogées ont déclaré "toujours" pénétrer leur partenaire régulier, 33% "souvent", 25,5% "rarement" et 24% "jamais". Réciproquement, les statistiques miroir concernant la sodomie passive sont équivalentes : 18% des personnes interrogées ont déclaré se faire "systématiquement" pénétrer, 33% "souvent", 25% "rarement" et 24% "jamais".

    Donc un quart des sondés ne pratique jamais la sodomie et un autre quart la pratique rarement. Par conséquent inutile de vous mortifier parce que vous ne prenez pas votre pied avec la sodomie : vous n'êtes ni des êtres étranges ni une minorité, bien au contraire, vous êtes parfaitement normaux !

    Dans un premier temps, je reviendrai brièvement sur la question de la douleur obstacle. Je suis toujours surpris d'entendre ou de lire que la sodomie serait quelque chose de parfaitement spontané chez les Gays, comme la copulation l'est chez les couples hétéros. C'est oublier bien vite un détail important : au contraire de la vulve qui est spontanément adaptée à recevoir une verge, un anus - qu'il soit masculin ou féminin, n'est absolument pas doté des mêmes prédispositions morphologique et biologiques. Et cela fait une sacrée différence.

    Il ne faut pas s'y tromper : quoique cette zone de l'anatomie soit saturée de terminaisons nerveuses notamment érogènes, s'enfiler un gros calibre par la porte de sortie n'est pas nécessairement sans contrainte. D'une part, de puissants muscles font en principe obstruction à ce que tout ce qui se trouve prisonnier à l'intérieur ne s'en échappe fortuitement. D'autre part et réciproquement, ces mêmes muscles forment une barrière naturelle à tout ce qui voudrait y entrer par effraction. Enfin, et contrairement à une vulve, l'anus n'est doté d'aucun mécanisme de lubrification qui pourrait faciliter les opérations. Par conséquent, si l'habitude, l'habileté du partenaire et la confiance acquise par l'expérience peuvent permettre au petit oiseau de se longer confortablement dans son nid et de faire frétiller chacune des cellules de son hôte, emporté par des tourbillons de plaisir, il n'y faut pas voir une généralité. 

    C'est d'ailleurs un point qui revient régulièrement chez ceux qui ne pratiquent pas la sodomie passive en raison de la douleur : non, il n'y a aucune raison de se forcer à subir quelque chose de douloureux au motif que l'on va (hypothétique) finir par aimer cela. Quand on a mal, généralement, on ne consent pas, à moins d'être maso. Pourquoi appliquer à la sexualité ce que l'on ne tolèrerait pas dans un autre contexte ? Restez donc les doigts coincés dans une porte pendant cinq minutes et voyons si au bout du compte vous y trouvez du plaisir !

    On ne rappellera jamais assez la règle numéro un applicable en toute circonstance et quelles que soient vos pratiques : Vous avez mal et vous ne vous sentez pas bien ? Arrêtez et dites non. Point. Rien ne vous interdit d'essayer à nouveau plus tard. Mais la règle est et restera toujours la même : le sexe doit avant tout rester du plaisir partagé. S'il ne l'est pas, c'est que l'un des deux se fait enculer ne joue pas le jeu.

    Je passerai brièvement sur les actifs "par conviction", ceux qui ne sont pas passifs - alors qu'éventuellement ils le pourraient - uniquement parce que, dans leur petite conception de la masculinité virile figée quelque part entre le Néolithique et le Moyen Âge, celui qui se fait prendre endosse le rôle de la femme et que non, vraiment, c'est pas possible. Soyons très clairs : ce raisonnement de phallocrate dégénéré témoigne d'un degré de bêtise rétrograde sur lequel je ne m'étendrai pas davantage. Pour le surplus, je renverrai simplement au point n°6 de ce précédent billet.

    S'agissant ensuite du plaisir en tant qu'actif, hé bien tout est très relatif. Contrairement à une idée reçue, tout le monde n'est pas excité à l'idée de "prendre" quelqu'un. Hé non, cela n'est pas une évidence pour tout le monde. Beaucoup trop de gars pensent encore que montrer leur rondelle provoquera ipso facto un tourbillon ascensionnel de libido chez le partenaire. Grave erreur. Pour ma part c'est l'encéphalogramme plat. De plus, tous les garçons n'éprouvent pas non plus de plaisir particulier lorsqu'ils se retrouvent dans cette position. C'est également mon cas... La situation peut même s'avérer extrêmement gênante car, faute d'excitation, c'est bien souvent la débandade assurée. 

    Là encore, sauf à vous ériger en chevalier blanc du plaisir doublé d'un sens profond de l'abnégation, rien ne vous oblige à faire quelque chose qui ne vous procure aucune excitation ni aucune satisfaction. Vous ne vous sentez pas bien ? Arrêtez et changez. L'autre ne veut pas et insiste ? Virez-le...

    Mais alors, que reste-t-il en dehors de la sodomie ? 

    Tout le reste, bordel de merde. Tout le reste !  Non, je ne parle pas que de la branlette et la fellation. S'approprier le corps de l'autre afin de lui prodiguer du plaisir peut passer par mille autres choses que de lui enfoncer un pénis en érection dans le fondement. La sodomie, si elle est chez certaines personnes l'alpha et l'oméga du plaisir, elle est au contraire chez 50% des Bi et des Gay une pratique soit totalement secondaire soit inexistante. Est-ce pour autant que ces gens-là ne savent pas s'envoyer en l'air ? Le croire est d'une naïveté coupable.

    Ayez à l'esprit que la surface d'un corps masculin est en moyenne de 1,90 mètres carrés. Vous voudriez vous contenter de seulement quelques pour-cents ? Sérieusement... Vous aimez la domination, you like it rough ? Croyez-moi il y a mille autres manières d'être violent, dominant, humilié ou rough que de taper dans un postérieur avachi. Partez vraiment à la découverte du corps qui s'abandonne à vous... Soyez créatifs. N'oubliez pas le pouvoir terriblement puissant des mots, du ton de la voix et du jeu de regards ou encore toute la déclinaison des trips fétichistes en passant par le pup-play.  Vous préférez le "soft" (ce qui ne veut rien dire...) vous aimez la tendresse et les câlins ? alors laissez-vous complètement aller, lâchez prise, p.r.o.f.i.t.e.z. et prenez votre pied !

    Pour conclure je dirai seulement que quelque soit la manière dont vous vous éclatez au lit (ou ailleurs), arrêtez de comparer, de vous comparer. Prenez ce qui vous convient et posez vous une seule question : est-ce que le plaisir que j'éprouve me satisfait ? 

    Et admettez que votre sexualité n'est ni universelle, ni supérieure et encore moins inférieure à une autre. 

    3 mai 2019

    - I - Pluie

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    C'était vraiment un gros sale temps de merde. Depuis plusieurs heures une pluie battante rendait la vision impossible au-delà de quelques mètres. Les essuie-glaces balayaient frénétiquement le pare-brise noyé sous un torrent d’eau. Abrité dans sa Golf surchauffée, Paul pestait contre ce déluge d’apocalypse. Le marquage au sol devenu illisible l'obligeait à redoubler de vigilance. La route noire, engloutie par la flotte, luisait comme un miroir sous la lumière oblique des phares et se confondait au loin avec la nuit. Heureusement qu’en cette veille de rentrée scolaire, les vacanciers étaient déjà rentrés chez eux. Et les rares voitures encore errantes sur l'autoroute quasi déserte roulaient bien en-deçà de la vitesse maximale.

    Cette route, Paul l'avait parcourue des dizaines de fois pour se rendre au chalet de montagne familial, celui-là même où il s’était abrité le temps d'un weekend, loin de l'agitation de la ville et loin de son travail. Il pouvait spontanément anticiper chaque virage, chaque courbe en tête d’épingle, déjouer les zones à cent-dix et celles à quatre-vingt-dix. A deux reprises il s'était fait flasher par cette saloperie de radar planqué dans un virage, juste à la sortie d’une zone boisée en contrebas d’une côte, là où il est bien difficile de maintenir la vitesse annoncée plus haut par un panneau cerclé de rouge. Il avait bien retenu la leçon.

    Surtout, il connaissait par cœur les paysages féériques qu’il savait défiler au dehors et quand lever les yeux pour apercevoir les plus beaux sommets. Il connaissait les heures où la lumière est la plus belle et les mois qui offrent les plus beaux couchers de soleil. Là, c’était le Mont d’Orval dont la cime dentelée semblait vouloir mordre le ciel. Quelques kilomètres plus loin, dès le sortir du village suivant bâti en surplomb de la vallée, surgissait le paysage grandiose et les courbes élégantes des vallons de Beaupré. Là-bas, tout au fond, près d’une cascade que l’on pouvait voir depuis la route par temps clair, un sentier difficile grimpait vers l’Ivray et la Rocque du Lys.

    Mais ce soir, sur l’asphalte complètement détrempé, l’eau jaillissait en trombes de part et d’autre de la voiture en formant un brouillard impénétrable. Inlassablement la pluie martelait le capot de coups réguliers, obligeant à monter le son de la radio assez fort pour être distinctement audible. Depuis un moment déjà, les hautparleurs crachotaient un magma de grésillements incompréhensibles. Paul s’apprêtait à la couper lorsque soudain, tel un rayon de soleil perçant après l’orage, une mélodie familière inondât l’habitacle. Un vieux standard des années 80 qu’il écoutait en boucle lorsqu’il était gamin et qu’il reconnut aussitôt :

    « My name is Luka. I live on the second floor.
    I live upstairs from you. Yes, I bet you’ve seen me before…
    »

    Tout en chantonnant au milieu de ce chaos nocturne, Paul repensait à son weekend passé beaucoup trop vite. Il était content de lui et de ces deux jours bien remplis. Il avait enfin réussi à vider la cave qui était, jusqu'alors, envahie de vieilleries poussiéreuses dont personne n'avait réussi à se débarrasser depuis des décennies, alors qu'il suffisait un peu de courage et une bonne paire de gants pour tout mettre à la benne : chaises vermoulues, cartons d’assiettes hideuses en faïence grise, des tonnes de vieux papiers ayant appartenu aux anciens proprios décédés depuis plus de trente ans, l’ancien cumulus que personne n’avait pris la peine de remonter lorsqu’il avait fallu le changer il y a une dizaine d’années, des stocks de vieux journaux, et des kilomètres de toiles d’araignées.

    Non pas que cette cave puisse servir à grand-chose car il n’en avait pas de réelle utilité, mais au moins il pourrait désormais y stocker du bois qu’il aurait plaisir à contempler brûler dans la cheminée lors des belles soirées d'hiver à venir. Surtout, même s’il n’osait pas se l’avouer totalement, voir la vieille cave enfin rangée et propre avait tout pour satisfaire son esprit passablement psychorigide. Et du vin. Oui, il pourrait essayer d’y faire vieillir du vin. Ça, c’était une bonne idée. Les caves enterrées en terre battue sont idéales pour cela. Oh oui, c’était une super idée. L’hygrométrie devait être parfaite et la température assez stable au fur et à mesure des saisons.

    « If you hear something late at night, some kind of trouble some kind of fight
    Just don't ask me what it was, just don't ask me what it was
    »

    Quelque chose vint soudain tirer Paul de sa brève rêverie. Au loin sur sa gauche, une forme inhabituelle qu’il eut du mal à distinguer avait perturbé son regard. Dans l’obscurité, une ombre claire au milieu de nulle part s’élançait très haut dans le ciel. Il avait beau se tordre le cou dans tous les sens, Paul ne parvint pas à voir parfaitement ce dont il s’agissait. C’était blanc et anormalement lumineux en cette rase campagne. Vertical et de forme plutôt cylindrique, l’objet semblait très lointain et pourtant très proche à la fois. Cela ressemblait à une sorte d'énorme cheminée qu’il n’avait jamais remarquée auparavant. Un peu comme celles des centrales nucléaires mais sans le panache de fumée blanche qui s'épanouissait habituellement au-dessus. Évidemment, au milieu des montagnes cela ne pouvait pas être une centrale nucléaire. Une tour alors ? Non, ce n’était pas cela non plus. Franchement, implanter une tour de cette hauteur ici, quelle idée absurde.  Et puis une telle tour ne pousse pas en un weekend. Non c’était impossible. Une éolienne ? D’une dimension vraiment gigantesque dans ce cas. Et puis il en verrait les pales… Non, cela n’était pas non plus une éolienne.

    Mais alors quoi ?

    La nuit, la vitesse et les gouttes qui s’écrasaient avec fracas sur les vitres l'empêchaient de voir exactement ce que c'était. Sans compter que la faible hauteur du toit de sa voiture raccourcissait sérieusement son champ de vision. Pourtant, au loin, dissimulé dans les méandres d’une nuit sans lune et sans étoiles, le rideau de pluie qui s’abattait sur la vieille Golf en accentuant encore l’épaisseur, il y avait bel et bien quelque chose de gigantesque fiché dans le sol. Quelque part, au loin, sur sa gauche.

    C’était là-bas.
    Et ça n’y était pas deux jours auparavant.

    Complètement absorbé par ses observations et la chanson de son enfance, Paul ne s’était même pas rendu compte qu’il ne regardait plus la route. La Golf zigzaguait au beau milieu des trois voies et se rapprochait dangereusement du terreplein central en direction duquel elle fonçait droit devant. « Bordel de merde ! ». D’un brusque coup de volant Paul se rabattit sur la droite au nez d’un camion qui le remercia d’un coup de klaxon doublé d’appels de phares musclés.

    « My name is Luka. I live on the second floor.
    I live upstairs from you. Yes, I bet you’ve seen me before…
    »

    Ses grosses mains devenues moites enserraient le volant avec force. Un vif courant électrique lui parcourut la colonne vertébrale puis se propagea en frisson intense le long de son corps. Paul put sentir distinctement chacun des poils de ses avant-bras se hérisser puissamment l’un après l’autre avant qu’un inexplicable sentiment de dégoût mêlé d’une vague nausée ne l’envahisse, jusqu’à le submerger totalement.

    Filant à toute allure et s’éloignant de la chose qui s’évanouit derrière un boqueteau de sapins, la petite voiture qui perforait les ténèbres poursuivit son chemin sur l’autoroute. Et la lueur rouge de ses feux arrière disparut à son tour, happée par le néant.

    A suivre...

    1 mai 2019

    Premier Mai

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    Voici le premier mai. Une virgule, comme une grande respiration bienfaitrice au milieu de la semaine. Ne rien faire et arrêter pendant quelques heures la folle course du temps.

    J'ai toujours aimé le mois de mai. Ce mois qui annonce le retour des beaux jours et sait rendre si doux les après-midi de sieste dans l'herbe à l'ombre d'un grand arbre, ou de randonnée en montagne dont les sentes sinueuses résonnent du tintement des clarines.

    Cinquième mois de l'année, il est chargé de promesses d'un été que l'on espère radieusement solaire. L'été... Une saison riche en souvenirs olfactifs, en émotions terriennes. Mais l'été venu porte déjà en germe, dans son silence noyé de lumière, les stigmates chamarrés du flétrissement de l'automne, inexorable cycle des saisons. Avant que tout ne recommence...

    Oui, plus que le retour du printemps, ce sont les prémices de l'été qui constituent ma saison préférée. Plus encore que le Floréal républicain, encore trop frileux à mon goût, le Prairial, nettement plus affirmé. Car de la blancheur diaphane de l'aube rayonnante jusqu'aux derniers rougeoiements vespéraux, la nature enfin réveillée exulte, se répand en fleurs, en odeurs sucrées, en chants d'oiseaux. "La terre bienheureuse s’ouvre et s’épanouit ; Tout aime, tout jouit", pour citer Théophile Gautier.

    Au dehors, sur le balcon éclaboussé du soleil matinal, les chats-minous se rêvent grands prédateurs en pourchassant une mouche folle parmi les plantes. Un petit vent frais fait lentement danser le rideau et transporte, à travers le salon, les arômes nacrés du citronnier chargé de fleurs.

    Qu'il est doux ce premier mai...