• A propos
  • M'écrire
  • Facebook
  • Instagram
  • Lutte Nuptiale
  • Premières fois
  • Identités Singulières
  • L'Oiseau Bleu
  • 23 août 2017

    L'illusion de l'ombre

    6 commentaires
    Encore une fois tu t'es laissé bercer par des illusions. Tu es si naïf... Pourtant tu avais vu le vent tourner, les choses se dessiner progressivement autrement que de la manière dont tu les avais envisagées au premier abord. Comme des aspérités sur une feuille de papier glacé, tu as senti le discours de l'autre progressivement s'étioler, la trame de départ se défaire, le dessin se transfigurer. Changer.

    Tu n'as cependant pas voulu rebrousser chemin, ce qui t'a valu encore une fois - putain que tu es con - mille et une questions inutiles car tout était devant toi que tu n'as pas voulu voir. 

    Les faits étaient pourtant sous tes yeux, hurlant leur vérité de toute la force dont ils étaient capables. Encore une fois tu t'es laissé bercer par l'illusion de l'ombre. Et elle t'a mordu. Fort. 

    Maintenant tu as mal, blessé dans ton orgueil, ton aveuglement, ta folie, ta détresse. Tu te sens terriblement seul. Tes bras étouffent de cet océan de tendresse tendu vers le vide et auquel rien ni personne ne répond. Le néant crépusculaire que tu laisses autour de toi.

    A t'être trop caché dans l'ombre par peur d'avoir mal, tu as oublié qui elle était vraiment. Il est peut-être temps de te montrer et de sortir de certains méandres dans lesquels tu aimes à te volatiliser pour y devenir impalpable.

    Réveille-toi...

    15 août 2017

    La photo du mois : Effet gyroscopique

    15 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci CécileP a choisi un thème particulièrement difficile qui en a découragé plus d'un, puisqu'il s'agit de"Effet Gyroscopique"... rien que cela !

    Les indications pour bosser sur ce thème étaient les suivantes :
    C'est un effet qui apparaît à partir de 30 km/h et qui permet de tenir en équilibre. Il est rencontré dans différentes situations, à vous de trouver votre effet gyroscopique. 
    Voilà voilà voilà... Bon, j'aurais préféré un thème un peu plus simple et évident (c'était l'idée de départ de Olivier lorsqu'il a crée ce groupe, je vous renvoie à mes premières contributions sur ce point) comme Bleu, Rouge, Eau, Ca tourne... Mais non, pour cette fois-ci ce sera Effet gyroscopique. Qui sait, peut-être le mois prochain aurons-nous à traiter de la constante d'Avogadro ou des ensembles booléens... Mais en attendant, ce sera de l'effet gyroscopique dont il s'agit.

    Longtemps - jusqu'au 14 en fin de journée - je suis demeuré dans une abyssale perplexitude face à ce sujet dont je ne savais que faire et encore moins comment le prendre en photo. À moins de botter en touche...

    J'en étais à un point de désespoir proche de l'anéantissement le plus total lorsque soudain, pris d'un fulgurant éclair de génie, je me suis livré à cette petite expérience inédite que vous pouvez reproduire chez vous.

    1. Protocole expérimental :

    Soit un chat C, de corpulence moyenne, tendance princesse, option angora.
    Soit une banquette B de couleur bordeaux, d'un moelleux stardard.

    Disposons tout d'abord le chat C sur la banquette B.

    Appliquons maintenant une rotation R au chat C posé sur la banquette B de sorte à lui imprimer une force gyroscopique Fg qui devrait le maintenir en position statique Ps selon l'équation suivante :

    ∑[CB)]^ Fg  => Ps

    Que constate-t-on ?

    2. Constatations

    Malgré tous nos efforts, nous observons que le chat C n'est absolument pas réceptif à la force gyroscopique Fg qui devrait le maintenir en position statique Ps.

    Pire, le chat C entre dans un état de flasquitude Ef qui frise l'insolence...

    La preuve en image :
    Fig 1 : Le chat C dans un état de flasquitude insolente (Ef),
    n'est pas DU TOUT réceptif à l'effet giroscopique (Eg).
    3. Conclusion : Le chat C n'est pas du tout réceptif à l'effet gyroscopique Eg. Il semble que la force d'inertie Fi de le chat C absorbe toute veilléité rotationnelle et, de fait, toute propention à gyroscoper...

    Étonnant non ?

    Voilà, j'espère que cette petite expérience vous a plu et que vous en savez désormais d'avantage sur l'effet gyroscopique, très brillament illustré ce mois-ci (mais si, mais si).

    Le mois prochain, grâce à le chat, nous démontrerons la constante de Planck.

    Et ceux qui pourraient penser que le chat - que l'on voit beaucoup ces derniers temps dans la photo du mois - n'est qu'un prétexte à raconter n'importe quoi, sont des affreux jojos qui sentent mauvais des pieds. Na !

    La photo du mois continue chez les téméraires participants de ce mois-ci : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Xoliv', écri'turbulente.

    NB : Aucun chat C n'a été blessé lors des expérimentations relatées dans ce billet.

    11 août 2017

    Tom Of Finland - Le biopic

    4 commentaires
    Tom Of Finland
    Réalisé par Dome Karukoski.

    Avec : Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky...

    Genre : Biopic avec des dessins de gros zizis dedans.

    Durée : On ne t'a jamais dit que ce n'est pas la taille qui compte ?

    Synopsis : Dans la Finlande des années 1940, alors que RuPaul et Priscilla n'avaient pas encore été inventés, l'homophilie est encore plus répréhensible qu'être hipster ou que de porter des chaussettes avec des claquettes. Alors Touko se cache, comme tous ses semblables.

    En effet, Touko Laaksonen a deux passions dans la vie : sucer des bites et dessiner. Sur le front de guerre où il est mobilisé, il enfile l'uniforme d'officier, à défaut de pouvoir enfiler autre chose... même si le soir venu les buissons bruissent de murmures familiers.

    De retour au bercail la guerre finie, Touko est un simple dessinateur pour une agence publicitaire, propre sur lui et bien sous tous rapports. En apparence seulement car entre deux promenades nocturnes dans les parcs à observer les beautés de la faune locale, tout en évitant les policiers qui ont la matraque passablement facile, Touko danse la carioca dans des salons privés et dessine en secret des grosses brutes aux gourdins turgéscents. Mordu tout petit par un crayon radioactif, Touko est en effet doté d'un super pouvoir : celui de faire instantannément gonfler l'entrejambe de ses correligionnaires grâce à ses dessins de messieurs puissamment membrus.

    Touko Laaksonen ne le sait pas encore mais il sera... Illustrator Tom Of Finland ! 

    Extraits [attention, divulgâchages] :
    - Garde à vous !
    - Ho le gros canon que voilà...
    - Bonsoir, vous aimez les films de gladiateurs ?
    - Non, je chasse le faisan.
    - Was is das ?
    - Das ist eine grosse bite...
    ♪♫ Young man, there's no need to feel down
    I said young man, pick yourself off the ground
     ♪♫
    - Toc toc toc ?
    - Cours Forest, cours !
    - Vous aimez la chasse au faisan ?
    ♪♫ BoooOooorn in the U.S.A.♪♫ 

    L'avis de la rédaction : Avant de voir ce film je ne connaissais rien de la vie de Touko Laaksonen, alias Tom Of Finland, hormis les dessins très ronds de ses grosses brutes abondamment membrées à la sexualité décomplexée. Et je dois dire que, grâce à ce film, j'ai beaucoup  appris, tant sur la vie de Touko que sur ce que pouvait signifier être gay dans un pays où l'homosexualité était une grave infraction pénale.

    Plutôt contemplatif, servi par une photographie absolument magnifique, parfois cru sans jamais être gratuitement vulgaire, Tom Of Finland nous plonge dans la génèse du personnage de Tom et nous dévoile comment Touko, dessinateur publicitaire, deviendra le célebrissime Tom Of Finland au gré de ses déboires, de la découverte fortuite de sa notoriété hors de son pays, en même temps qu'il offre une formidable plongée dans l'histoire de la culture Gay, de ses codes et de ses angoisses des années sida. 

    Le biopic nous renvoie en effet à cette époque pas si lointainte où être gay pouvait signifier courir le risque de se faire casser la gueule à tout moment, où la seule manière de vivre sa sexualité était de se cacher de tout le monde, de vivre dans la peur quotidienne des arrestations musclées et des déscentes de police. Une époque où, loin des applications téléphoniques modernes, recontrer d'autres garçons était toute une aventure. Le film a au moins cette vertu pédagogique de montrer dans toute sa violence le quotidien des homosexuels d'alors. Un passé qui n'est qu'à un jet de pierre de notre présent. Ne l'oublions pas, à défaut de l'avoir vécu.

    Corrolairement, j'ai également beaucoup appris sur le sens de l'oeuvre de Tom, sur le pourquoi de ses personnages de bûcherons, de policiers à moto, de marins et motards habillés de cuir, et du mythique Kake dont on saluera les apparitions ponctuelles. 

    En effet, au-delà de l'obsénité apparente des dessins pornographiques à vocation notamment masturbatoire de Tom, se cache la souffrance et la frustration d'un homme et, avec lui, de milliers d'autres à qui la loi interdisait de vivre librement leur sexualité. Dessiner ses fantasmes les plus fous, à défaut de pouvoir seulement les effleurer du bout des mains, pour ne pas devenir complètement fou tant l'oppression sociale est pesante. Situation effroyable lorsque l'on y pense. Le film est à cet égard indispensable.

    Tom Of Finland pêche toutefois à de multiples égards. Ainsi l'on regrettera que la relation ambiguë de Touko avec sa soeur ne bénéficie pas de plus amples développements. C'était pourtant un axe très interessant et probablement fort instructif sur l'arrière plan socio-culturel de la Finlande de l'époque et, par extrapolation, de certainement beaucoup d'autres pays dont le nôtre. De même, la mort de son compagnon est étrangement expédiée en quelques secondes seulement. La question du dénouement de ses déboires financiers et de la gestion de sa notoriété aurait également pu recevoir quelques éléments explicatifs complémentaires... 

    Surtout, loin de retracer toute la vie de Touko, Tom Of Finland  s'arrête en 1978, limitant son propos à la seule génèse de celui qui sera, par la suite, mondialement connu sous le pseudonyme de Tom Of Finland. Soit... Nous ne saurons donc rien de ce qu'il est advenu ensuite tant de la communauté homosexuelle en Finlande dont les dessins de Tom ont chamboulé partout ailleurs les codes, ni de la réception mitigée de son oeuvre par ses pairs. Malgré les deux heures que dure le film, il y aurait pourtant eu encore beaucoup à dire. 

    En conclusion : Sans être un grand film et à défaut d'ètre complet, Tom Of Finland ouvre une fenêtre bienvenue sur un dessinateur complètement culte et incontournable de la culture Gay, et nous replonge avec effroi dans une période charnière qui - même si ce n'en est pas le sujet - a vu naître la Gay-Pride, manifestation dont on comprend toute l'importance qu'elle pouvait revêtir alors et dont on mesure d'autant mieux le sens à lui donner aujourd'hui. Et rien que pour cela, ce film mérite d'être vu par tous.

    Note de la rédaction : Jockstrap en zèbre mention bottes de cuir.

    1 août 2017

    #Radioblogueurs2017 : Respirez !

    3 commentaires

    Fichtre diantre ! Nous somme déjà le 1er août (déjà ? Oui, déjà !) la Radio de l'été des Blogueurs (les règles du jeu sont ici) a ouvert ses ondes depuis plus d'un mois et demi et je n'ai toujours pas remis ma contribution...

    Taggué par Nekkonezumi qui me refile la gamelle croquettes chaudes (non je ne proposerai pas le Duo des chats de Rossini, même dans cette version drôlissime) et sommé par le taulier de me tenir à carreau sous peine de représailles (ben quoi, elle était bien ma contribution de l'an dernier, non ?) ma participation de l'été 2017 sera donc un peu plus sage.

    Elle sera à l'image de mon weekeend en famille : plein de douceur,  d'enfants qui sautent dans la piscine, de soirées dans le jardin, de grillades au feu de bois, de nuits étoilées, de soleils couchants et de discussions jusqu'à pas d'heure à parler de tout, de rien, du sens de la vie, du temps qui passe, des souvenirs d'enfance, et de mille autres choses sans importances et donc parfaitement fondamentales...

    Une bouffée de sérénitude dans un océan de stress quotidien. Just breathe... Ca fait un bien fou.

    Télépopmusik : Breathe



    25 juillet 2017

    Je reviendrai à Montréal...

    2 commentaires
    Nous ne nous étions pas revus depuis mon départ de Montréal en novembre 2014. Le temps passant, nous avons repris contact, à son initiative. Et quoique nous discutions de temps à autre soit par textos soit via Facebook, le voir à nouveau, lui parler pour de vrai, avait quelque chose d'effrayant. 

    La peur de l'affronter ? La crainte de voir remonter le goût amer de l'inachèvement ? Raviver des souvenirs auxquels j'ignorais si j'étais prêt à faire face ? Peut-être un peu de tout cela à la fois. 

    Toujours est-il que cela fait onze jours que nous nous sommes revus et que je me dis que je dois écrire ces retrouvailles. Pourtant j'ai bien du mal à les raconter et c'est à reculons que je ne suis mis au clavier, écrivant tout dabord aux forceps.

    Probablement parce qu'au-delà des apparences, elles n'étaient pas parfaitement anodines, ces retrouvailles. 

    Pourtant tout s'est très bien passé, malgré mon appréhension initiale et des contre-temps - actes manqués ! - qui en ont retardé l'heure. Je l'ai retrouvé, lui et son mari (ils se sont mariés en avril dernier) devant le Musée des Augustins, par une belle journée ensoleillée. Le premier contact fut excellent, franc, direct, même si peut-être un tout petit peu forcé, probablement pour ne laisser aucune chance à une éventuelle distance de s'installer, ou pour mieux volatiliser immédiatement la glace. Ensuite tout s'est fait spontannément.

    Marchant dans la ville en ce jour de fête nationale, nous avons je crois retrouvé cette belle complicité mutuelle jusque dans nos conneries respectives. Cela m'a fait du bien, et à lui aussi. La soirée devait se passer autour d'un bon repas sur la terrasse d'un ami commun dominant la ville, à évoquer les souvenirs du Québec, prenant des nouvelles des uns et des autres, riant... Une belle soirée.

    "Ca ferait plaisir à beaucoup de monde que tu reviennes au Québec" m'a lancé son mari avant que je ne les dépose plus tard devant leur hôtel. Cela m'a fait plaisir. Vraiment. Encore une fois, comme je l'écrivais il n'y a pas longtemps à propos de quelqu'un d'autre, il y a quelque chose de rassurant de savoir que dans leur regard et dans l'affection qu'ils me portent, je ne suis pas un si mauvais type.

    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément écrivait Boileau. Force est donc d'admettre que je ne parviens pas à mettre en perspective ni à donner une signification exacte à cette journée. Même s'il ne raconte rien de bien palpitant, il me fallait écrire ce billet, au moins pour moi. Pour laisser une trace. Comme un marche-pied dont j'avais besoin pour avancer.

    À bien y réfléchir, au-delà de lui et moi, ces retrouvailles sont probablement une clé, l'amorce d'une réconciliation de moi-même avec un passé sur lequel j'avais plus ou moins inconsciemment mis une chappe de  granit, pour mieux avancer en ne regardant pas trop derrière moi. Je garde en effet des souvenir fabuleux de Montréal et du Québec : le parc Maisonneuve, les rues de Little Italie, les répétitions de chant le jeudi soir avec le Choeur d'Été de Montréal, les randonnées à vélo le long du Canal de Lachine, la pout(z)ine, le Lac Bouchette et les moines Capucins, le langage fleuri de la Belle Province, les soirées entre amis avec lesquels j'ai gardé contact... 

    Laissant le temps faire son oeuvre et polir les pierres encore anguleuses il est temps de raviver tout cela, d'intégrer ce passé vivant dans mon présent et non plus de le reléguer dans une petite boîte dont je ne m'autorisais pas à soulever le couvercle. La boîte de Pandore n'est pas celle-ci qui est, au contraire, vertueuse. Je suis ce que j'ai vécu, aussi.

    On récolte ce que l'on sème, commentait un jour un courageux anonyme sous l'un de mes billets. Je dois admettre que jusqu'à présent la moisson est loin d'être mauvaise.

    Une chose est désormais sûre : je reviendrai à Montréal..
    Sur un Boing bleu de mer...

    15 juillet 2017

    La photo du mois : Provocation

    13 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes déjà le 15 Juillet et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Morgane nous propose le thème "Provocation", dans tous les sens du terme.

    Ce thème un peu ardu a causé pas mal de défections dans les rangs de la photo du mois et je reconnais avoir séché un bon moment. C'est finalement ma mère qui, sans le vouloir, m'a fourni la photo de ce mois-ci.

    Remettons-nous dans le contexte : par une dure journée de labeur avec ma conn mon hystérique de patronne, mon téléphone vibre au beau milieu de l'après-midi : ma mère vient de m'envoyer un message. Oué, elle est super moderne ma maman.

    Je l'ouvre (le message, pas ma maman ! suivez un peu...) et découvre une photo de le chat en train de n'en foutre pas une, assortie de cette légende :

    "la vie est dure..."

    Décryptons ensemble cette photo anodine :


    Voilà... elle est vachement dure la vie ! Pendant que certains s'escriment au boulot pour payer les croquettes, d'autres se la coulent douce en faisant bronzette sur le balcon.

    Si ça c'est pas de la provocation ...!?

    Vous constaterez au passage que Gaudi, alias Miss Fluffy qui règne en despote éclairé sur une maisonnée composée de deux humains corvéables à merci et d'un labrador un peu idiot martyrisable à la demande, se porte à merveille...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Cara, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josiane, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Philae, Philisine Cave, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Ventsetvoyages, Xoliv', écri'turbulente.

    10 juillet 2017

    Visages Villages

    3 commentaires
    L'idée de départ était bonne : partir à la rencontre des gens et leur proposer de participer à une œuvre collective, de créer du beau ensemble, d'être partie prenante d'une œuvre dont ils seraient tout autant l'objet que les acteurs, mettre tout cela en images et en effectuer des collages géants offerts au regard de tous. 

    Oui, faire s'entrechoquer la vision du petit rat des villes (JR) avec celle la petite souris des champs (Agnes Varda) partait d'une très bonne idée qui aurait pu donner un résultat réjouissant et vivifiant, tonique et coloré. 

    Mais comme souvent, une bonne idée ne suffit pas pour faire un bon film, ce que Visages Villages démontre, hélas, à ses dépens. Malgré sa durée très raisonnable, je me suis vite ennuyé, par manque de rythme et par manque d'intérêt.

    La toute première chose qui dérange fortement provient de la diction  très scolaire des deux protagonistes. Ainsi JR qui donne l'impression de lire son prompteur avec application, sans comprendre le sens des phrases prononcées, selon une intonation complètement hors cadre et particulièrement dérangeante pour un film plutôt descriptif. Ce n'est qu'un détail mais il est suffisamment important pour m'avoir un peu bloqué et fait régulièrement décrocher : on n'y croit pas. Et cela commence mal.

    Hormis ce défaut de forme, Visages Villages pèche surtout par un manque cruel de fond. Parce que malgré quelques jolies saynètes, le film effleure à peine la surface des choses pour au final ne rien raconter qui ne prenne aux tripes.

    Alors que la ligne conductrice du film est la rencontre, force est de constater que des rencontres, certes on nous en propose un certain nombre mais tout cela reste éperdument artificiel, comme si au fond il y avait là un prétexte et non pas une fin.

    Je demeure en effet songeur sur le regard porté par JR et Varda sur le monde qui les entoure. "Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m’est allé jusqu'au cœur !" écrivait Alfred de Vigny dans La Mort du loup. Or, si la seconde voit flou, du premier nous ne croiserons jamais directement le regard, continuellement masqué par ses lunettes noires, nous privant ainsi d'une rencontre essentielle au film : celle du public avec celui qui lui parle...

    De tous ces gens croisés au long de la petite heure trente que dure le film, nous n'apprendrons au final pas grand-chose. De la dernière habitante du coron, nous ne retiendrons tout juste que le prénom. Son âge ? Sa vie ? Ses enfant ? Ses espoirs ? Ses rêves ? Rien... hormis le fait qu'elle est la dernière habitante de la rue et qu'il est probable "qu'ils" rasent sa maison. L'art est politique, nous dit-on à plusieurs reprises. On aurait alors aimé un brin plus d'engagement. 

    Et c'est là le défaut, certainement majeur, de Visages Villages. Pour formuler exactement ma critique, qui fonde ma déception, Visages Villages n'est pas un film de Agnes Varda et JR à  propos de collages de photos géantes réalisées avec gens des quatre coins de la France, mais un film SUR Agnes Varda et JR qui partent faire des collages avec des gens. C'est cela qui m'a dérangé. Le centrage sur les gens n'est à mon avis que très accessoire, ou alors largement insuffisant. A peine est-il une caution morale...

    Par ailleurs, je goûte assez peu la mascarade consistant à faire croire que tout ce qui se passe sous nos yeux serait joyeusement spontané, alors que l'arrivé du camion photographique dans les différents patelins a été préparé en amont par des équipes techniques, ne serait-ce que pour obtenir les autorisations administratives d'utiliser l'espace public (ou pas...), ou encore pour le jour J mobiliser la population... Et c'est probablement là qu'avait lieu la rencontre, la première, celle par laquelle tout se noue. Mais de cela, nous ne verrons rien. Dommage, c'était je crois, un aspect important du sujet.

    Il y a tout de même de jolis moments, avec les dockers du Havre, notamment. D'autres petites scènes sont belles comme le sont des vidéos Instagram mais sentent le rapiéçage mal ficelé car trop scénarisées et par conséquent complètement artificielles. Certaines sont un peu plus gênantes, dont cette courte séquence où une quidam s'étant prêté au jeu, avoue près coup face caméra, avec force embarras, toute sa gêne d'avoir été exposée par six mètres de haut à la vue de milliers de touristes tout un été entier, et d'avoir vu son image répandue des millions de fois à travers les voies infinies des réseaux sociaux. Le malaise est réel.

    Malaise encore lorsque les deux compères se font enquêteurs et mettent à jour cette conspiration terrible de l'écornement des chèvres pour éviter qu'elles ne se blessent en se battant. Voyez un peu le scandale : les cornes des biquettes seraient sacrifiées sur l'autel du grand capitalisme. Non, sincèrement, laissez le journalisme d'investigation à ceux dont c'est le métier, par pitié. Heureusement il existe des opposants à l'asservissement chevrier, qui font "comme avant", dans l'authentique, sans trayeuse automatique mais avec des mouches et un atelier de fabrication du fromage qui m'a un peu fait tiquer au niveau respect des normes sanitaires. Un moment je me suis cru dans Autobio de Cédric Pédrosa et que j'avais chroniqué en 2008. Caution morale, encore une fois...

    Même s'il offre de jolis moments, donnant plus à voir qu'à regarder, Visages Villages, hymne à la boboïtude, demeure au final profondément creux, comme le sont les conversations de soir de fête où tout le monde est ami avec tout le monde et où l'on se fait la bise en riant très fort, une coupe de champagne à la main.  

    Dommage. 

    6 juillet 2017

    Jusqu'au bout

    4 commentaires
    Jeudi 06 juillet...

    Voici bientôt trois semaines que j'ai posé ma démission. Trois semaines de moins à rester ici, sous la coupe de ma boss qui m'insupporte depuis quasiment le début et dont le comportement à mon égard ne cesse de m'insupporter chaque jour d'avantage. 

    La date du départ est inscrite en lettres de sang dans mon agenda. Et je crois qu'elle me fera chier jusqu'au bout. Tenir, et ne rien lâcher...

    Chaque heure qui passe est une petite victoire, chaque jour de gagné me rapproche de la sortie, chaque semaine qui s'écoule est un espoir de lendemains meilleurs. Prendre son mal en patience, faire le dos rond, ne pas trop se ronger les sangs parce qu'elle n'en vaut pas la peine, même si au final c'est moi qui m'expose en présentant son travail et que je ne tiens pas à avoir l'air ridicule. Bosser pour elle est parfois déjà largement assez infamant...  

    Qu'elle ne se réjouisse pas trop vite. Je lui prépare un joli mot d'adieu, bien vénéneux.

    Face à cela, mon épuisement s'accroît de jour en jour. Mon sommeil est dégueulasse, mes nuits peu réparatrices. Cette nuit j'ai rêvé que je devais partir avec un ami, loin, pour une tâche importante.  Je ne me souviens plus des détails mais il y était question d'un véhicule qui ne démarre pas, d'un train qu'on ne trouve pas puis d'un bateau cassé. On avait beau ramer, le canot n'avançait pas, ou de travers. Le rêve merdique qui sent l'échec et l'angoisse... Je me suis réveillé vers quatre heures du matin, pas tout à fait dans mon assiette, avec une soif terrible.

    Heureusement il y a des petits bonheurs qui permettent de s'agripper à cette corde invisible de l'espoir : savoir que mon temps ici est compté ; savoir qu'un ailleurs m'attend pour la rentrée et préparer ce temps de demain qui se rapproche d'heure en heure ; rigoler sur les réseaux sociaux avec des amis que j'espère revoir bientôt ; penser aux weekends que je vais pouvoir consacrer à aller marcher en montagne au calme et au grand air. 

    Toujours à propos d'un demain plus lointain, avait lieu aujourd'hui la troisième étape d'un processus de reconversion professionnelle que j'ai mis en oeuvre en décembre dernier. Je crois que cela s'est bien passé. Le verdict tombera en fin d'année, en espérant qu'il soit positif. C'est long. Très long... Jusqu'au bout il faut tenir et ne rien lâcher. Et y croire. 

    Jusqu'au bout. 

    28 juin 2017

    28 juin 2017

    2 commentaires
    La date entendue ce matin à la radio en me levant m'a fait frémir : mercredi 28 juin... Le mois le plus beau de l'année est déjà terminé et je n'en ai rien vu, ni profité, enlisé que j'étais dans des angoisses dont j'ai eu bien du mal à me dépêtrer. 

    Petites causes, grands effets, dit le proverbe. Et cela est vrai. Une petite lettre a transformé mon quotidien depuis une semaine et elle va probablement le modifier durablement car je suis maintenant contraint à prendre des décisions que je n'avais pas envisagées et pour lesquelles je ne me sentais pas prêt du tout. J'ignore s'il s'agit du chemin du bonheur mais, à défaut, nous dirons qu'un mieux être est certainement à la clé.

    Lundi dernier j'ai donc donné ma démission à ma boss. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle n'a manifesté aucun signe d'étonnement quant à ma décision. Je l'ai presque trouvée guillerette... Quand je vous dis que cette femme est folle ! Il me reste donc trois petits mois à tenir pour être définitivement débarrassé de ce marasme humain et passer définitivement à autre chose, à d'autres choses en reprenant possession de ma vie.

    Petites causes, grands effets, le soir même mes angoisses commençaient à s'apaiser pour disparaître à peu près totalement, ce qui est plutôt très apaisant. Ne plus sentir ma gorge en permanence nouée ni mon estomac contenir une boule de bowling. Libéré de ce fardeau, je peux à nouveau envisager mon quotidien autrement que dans la préparation d'un hypothétique futur affrontement dans lequel le dragon s'épanouit. Je peux, au contraire, me projeter un tout petit peu, penser à mes soirées, à mes weekends, à ce que j'aurai envie de faire cet été, peut-être même un voyage au mois de septembre... et en tout cas envisager plein de choses que l'envahissement de ces derniers temps m'astreignait à mettre de côté.

    Dans ce contexte d'angoisse chronique j'avais envisagé un temps d'annuler la petite soirée que j'avais prévu d'organiser samedi dernier, qui devait réunir quelques amis proches. Au plus bas de mon moral, je ne savais pas où ni comment trouver la force de ranger mon appartement. Tout me paraissait insurmontable. Malgré tout, une petite voix me disait que voir du monde et m'entourer de pensées positives me serait salutaire. C'était vrai. Nous avons passé une excellente soirée, conclue par un très bon cheesecake dont je vous donnerai la recette une prochaine fois.

    A cette occasion j'ai reçu quelques jolis présents : une jolie tasse licorne, une belle plante qui manquait dans ma chambre et de quoi aller assister à la Walkyrie de tonton Richard, lors de la prochaine saison du Théâtre du Capitole. Des choses qui m'ont toutes fait plaisir, preuve que mes amis me connaissent bien et que j'ai raison de les chouchouter. 

    Nous voici donc bientôt en juillet. Le temps des fêtes de village, des rires à l'ombre des platanes, des grillades et du verre de rosé frais à l'orée du soir, des feux d'artifice qui éclaboussent la nuit de couleurs, et des journées aux cieux d'azur, idéales pour aller crapahuter en moyenne montagne tôt le matin... 

    22 juin 2017

    Pour l'amour des roses trémières

    6 commentaires
    J'ai mis longtemps à associer le nom de rose trémière à la plante éponyme. D'ailleurs quel nom étrange que celui de rose trémière. Je n'ai jamais su ce qu'il voulait réellement dire et je n'ai d'ailleurs pas eu la curiosité, en écrivant ce billet, d'aller en vérifier l'étymologie dans un dictionnaire. Comme si accéder à cette connaissance devait en briser la mystérieuse beauté.

    Rose trémière. Et dire que ce n'est même pas une rose... 

    Une plante dont on ne sait pas trop ce qu'elle est. Ses feuilles vert tendre ressemblent à celles de la mauve, sans être de la mauve. Sa tige haute s'étire vers le ciel comme le fait le tournesol, sans être tournesol. Ses boutons semblables à de petites pommes vertes mais qui ne deviennent jamais pommes. Ses énormes fleurs nervurées, si belles et pourtant si peu odorantes, qui font si bien ressortir les rayures des abeilles.

    Elle est exubérante et modeste, charmante et indifférente, farouche mais docile. C'est la rose trémière.

    Des roses trémières, il y en a toujours eu chez ma grand-mère. Elles poussaient et poussent encore un peu sauvagement au milieu du buis, entre la boîte aux lettres et les lilas dont le parfum succulent annonce les beaux jours. Après que les lilas ont acclamé le printemps, les roses trémières s’érigent en sentinelles de l'été. C'est aussi une plante que j'aime à croiser lors de mes balades en montagne, à la faveur rassurante d'une source qui murmure entre deux pierres ou d'un abreuvoir au milieu des estives. 

    La semaine dernière j'en ai vu toute une ribambelle qui poussaient sur le terre-plein central de l'autoroute qui sépare Toulouse de Montauban. Que ces belles plantes fragiles puissent pousser au milieu du goudron, parmi la fureur frénétique du va-et-vient des automobiles et des poids lourds roulant à toute allure, indifférents à cette gracile présence végétale, a quelque chose d'éperdument poétique lorsque l'on y pense. La poésie se niche décidément partout.

    Aussi c'est avec une petite pointe au cœur que, depuis quelques jours, j'assiste impuissant au fauchage de l'autoroute et au broyage systématique des roses trémières qui s'apprêtaient à fleurir enfin...

    Pendant quelques minutes d'égarement je me suis pris à penser que, peut-être les agents de la DDE allaient eux-aussi se souvenir des roses trémières qui poussaient entre le lilas et la boîte à lettres de leur grand-mère et, dans un sursaut de mélancolie, les contourneraient méticuleusement avec leur débroussailleuse pour les laisser fleurir et s'émerveiller les automobilistes, à l'instar de Gaston Lagaffe et son invention géniale de micro-tondeuse à gazon qui lui permet de tondre la pelouse de sa chère tante Hortense en épargnant les marguerites qui poussent dans le jardin.

    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur, 
    De grâce, de grâce, préservez cette grâce 
    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur 
    Ne coupez pas mes fleurs.

    Il n'en fut évidemment rien...
    Les conducteurs de faucheuses ne doivent pas lire Gaston Lagaffe.