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  • 15 novembre 2020

    La photo du mois : Transmission

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    Bonjour les confinés, nous sommes le 15 Novembre, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par USofParis qui nous propose de plancher sur : Transmission.

    Nous avions les indications suivantes : 

    Rendez hommage à un mentor, un parent, un ami ou un artiste. Quelqu’un qui vous a apporté l’essentiel dans votre vie actuelle, et qui vous guide encore.

    Ce thème m'a donné beaucoup de fil à retordre de par le choix qu'il présuppose. Qui m'a apporté l'essentiel dans ma vie actuelle et qui me guide encore ? Je dois beaucoup de choses à beaucoup de monde. Il serait difficile en une seule photo d'en faire le tour. Et j'ai pas mal creusé la question posée par la photo de ce mois-ci. Et soudain l'illumination...

    Je dois remercier Pāskuålitø Blåmusling 🌈 un twittos toulousain que je suis depuis quelques temps, et qui, au détour de quelques tweets, m'a apporté un éclairage inattendu sur une situation dont le constat est établi de longue lune : chez les Tambour Major, on ne sait pas exprimer ses sentiments. On ne sait pas se dire qu'on s'aime. On ne se fait jamais de câlins, on ne se prend jamais dans les bras l'un de l'autre... Mais on s'aime, on le sait, on le sent. Parce que c'est évident.

    Et puis, le 7 novembre dernier, il partageait sa propre expérience par une série de quatre tweets dans laquelle je me suis totalement reconnu :

    Dans ma famille, on ne parle pas de choses intimes, personne ne s'est jamais dit "je t'aime".
    Non, on se montre qu'on s'aime en faisant à manger. La cuisine chez nous, c'est LA chose fondamentale. On sait tous (bien) cuisiner. C'est ce qui nous rassemble.

    On montre aux gens qu'on les aime en leur préparant à manger.
    Je suis incapable de dire à mon mec que je l'aime mais il sait que quand je lui fais des lasagnes ou une pavlova, ça veut tout dire !
    Il sait aussi que le jour où j'arrête, il doit s'inquiéter !
     
    C'est pareil avec mes amis, quand je reçois j'ai besoin de tout faire moi-même : servir quelque chose dans lequel je n'ai pas mis tout mon amour en le préparant me gêne. (Je sais, c'est con) 
    Bref, tout ça pour dire que témoigner son amour à quelqu'un peut se faire de mille façons.
    Ce soir je lui dirai que je l'aime avec des plats traditionnels de ma famille : couscous et salade d'oranges à la cannelle et à la menthe.
    From my kitchen with love.

    Pour tout dire, ce fut une révélation. Car comme lui je me débrouille plutôt bien en cuisine et j'aime recevoir mes amis pour partager un bon repas que j'aurai passé toute la journée à préparer, et davantage s'il le faut. C'est comme ça. C'est quelque chose que j'ai reçu et dont je ne saurai me défaire. C'est quelque chose qui nous unit chez les Tambour Major : cuisiner les uns pour les autres et passer un bon moment à table, tous ensemble, parfois pendant des heures. 

    Les repas de famille chez ma grand-mère paternelle étaient à cet égard l'exemple parfait. Il n'était pas rare en effet que nous soyons plus de vingt à table. Alors ma grand-mère préparait une énorme marmite de coq au vin qui cuisait toute la nuit sur la cuisinière à bois ; mes tantes se chargeaient des entrées ; l'une rapportait inévitablement de son pays d'Espagne quelques spécialités méridionales inconnues sous nos latitudes et  qu'il lui plaisait de nous faire partager ; mon père allait couper un peu de la charcuterie maison qui séchait doucement dans la vieille cave ; ma mère s'attelait au dessert. Chacun mettait la main à la pâte en ayant en tête le moment précis où le plaisir des uns et des autres s'exprimerait à la première bouchée de ce qu'il aurait préparé. 

    La préparation de la table de la salle à manger était également tout un cérémonial. Après avoir compté le nombre de convives, il fallait installer les rallonges pour déployer une immense table de bois noir que deux gigantesque draps de coton venaient habiller de blanc. Les plus petits d'entre nous disposaient ensuite verres, assiettes, serviettes et couvert, sous la haute autorité d'une cousine plus âgée et rompue à cet exercice hautement protocolaire. Mon grand-père apportait un peu de braise rouge pour allumer le poêle. 

    Seulement alors la table commençait à se parer des premiers hors-d'œuvres froids et d'un ou deux bouquets de fleurs composés par mes cousines en fonction de la saison. L'incontournable foie gras  maison, sans lequel un repas ne saurait être digne de ce nom, faisait son apparition. Rapidement la table rutilait d'une abondance parfois décadente, où chacun trouvait de quoi lui plaire, petit cousin comme vieil oncle dont nous ne connaissions pas le nom.

    Ma photo sera donc un hommage à ceux et celles qui m'ont beaucoup appris et qui m'ont transmis ce goût peut-être un brin suranné pour les grandes tablées, la belle vaisselle, le plaisir de faire et les plats de fête. Ceux et celles pour qui l'art de recevoir est, au-delà des mets, un acte d'amour.

    31 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #31 Ramper

    6 commentaires

    Il presque minuit
    Une créature malveillante est tapie dans l'ombre
    Sous le clair de lune
    Tu croises un regard qui te glace le sang
    Tu essayes de crier
    Mais la terreur s'empare du son avant qu'il ne sorte
    Tu te figes peu à peu
    Pendant que l'horreur te regarde droit dans les yeux
    Tu es paralysé
    Tu entends la porte claquer
    Et tu réalises qu'il n'y a nulle part où s'enfuir
    Tu sens la main froide
    Et tu te demandes si tu reverras le soleil
    Tu fermes tes yeux
    Et espères que ce n'est que ton imagination
    Mais tout ce que tu entends à cet instant
    C'est la créature qui rampe derrière
    Tu n'as plus le temps

    This is the thriller...

    J'imagine que le dernier thème de cette série est fait pour coller à la fête de Halloween et qu'il doit donc évoquer quelque chose de terrifiant. Et c'était bien le cas avec Thriller. L'illustration n'a rien à voir avec Michael Jackson mais je la trouvais parfaite. Elle provient de chez Joshua Hoffine, qui excelle dans la photographie horrifique. Je lui avais d'ailleurs consacré un petit billet il y a quelques années. Non pas qu'il ait eu besoin de moi mais je trouvais déjà son travail fantastique. 

    Pour en revenir à Michael Jackson, le clip de Thriller est probablement le premier film d'horreur que j'ai regardé étant gamin. En 1983 j'avais 5 ans (ouille). J'étais tout autant fasciné que terrifié par ce vidéo clip. Fasciné par la musique, tellement nouvelle à l’époque, tellement géniale qu'elle a été samplée des milliers de fois par tous les DJ de la planète. Et les zombies qui sortaient de partout sans réellement faire de mal à personne étaient assez horribles pour faire peur, sans pour autant me faire renoncer à regarder. En revanche, j'étais très impressionné par la transformation de Michael Jackson en loup garou qui, sous cette forme ou un autre, alimentera quelques unes de mes terreurs nocturnes des années durant.

    Ce qui était vraiment cool avec ce clip, c'est qu'il prenait le temps de raconter une véritable histoire et de faire monter la tension. Pensez-vous, près de quatorze minutes. C'était totalement dingue, et l'est encore aujourd'hui. J'ai vraiment l'impression d'être un ancêtre en écrivant ça mais je souhaite aux jeunes générations de vivre des choses pareilles. Et puis il y avait le twist final absolument génial avec ce rire maléfique, lui aussi entré dans l'histoire de la musique et des rires reconnaissables entre mille. 

    This is the thriller...
    Allez, on s'en remet un petit coup ? C'est le soir où jamais !

    30 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #30 De mauvais augure, menaçant, inquiétant

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    Coup de fatigue ces jours derniers. J'ai pourtant l'impression de ne pas trop mal dormir, et de dormir assez. En tout cas, je n'ai pas cette sensation d'être complètement à plat en me levant le matin, chose qui m'arrivait il y a encore quelques semaines. J'ai toutefois beaucoup de travail à évacuer, beaucoup d'urgences à traiter et encaissé pas mal de stress inutile, ce qui n'aide pas à la zénitude. C'est simple, depuis la fin des vacances d'août dernier, je n'ai pas arrêté, y compris certains weekends qui n'ont eu de reposant que le silence du téléphone. 

    A bien y regarder, le retour de vacances n'est pas si loin que ça, en réalité. Depuis la fin août, deux gros mois se sont écoulés, tout au plus. C'est encore au moins autant qu'il me reste à tenir avant d'avoir quelques jours de congés en décembre, ou en janvier. Je ne sais d'ailleurs pas encore ce que j'en ferai ni ce que je pourrai en faire. Certainement pas grand chose, quelques jours au calme à la montagne, si le contexte le permet. Il est difficile de prévoir ces temps-ci.

    Étrangement, le confinement installé depuis hier ne m'angoisse pas autant que le premier. Parce que je sais que niveau boulot et que je tiendrai le coup que j'ai de quoi m'occuper pour plusieurs semaines sans trop de difficulté. D'ailleurs j'espère travailler assez vite pour pouvoir m’atteler à un projet qui me tient à cœur mais qui, faute de temps, est pour l'instant au congélateur… L'ennui ne sera pas au rendez-vous. Enfin parce que nous savons que les magasins seront approvisionnés et que nous ne manquerons de rien, si ce n'est de voir nos parents et nos proches… 

    La situation n'est pas drôle pour autant. Hier soir Toulouse s'est vidée. Aujourd'hui les rue étaient désertes alors qu'une foule débordante s'y trouvait encore hier après-midi, dernier soubresaut de liberté avant quelques semaines de vie recluse. J'attends de voir si, comme au printemps dernier, nous entendrons à nouveau les chants d'oiseaux parsemer les rues.

    Depuis cet après-midi et encore maintenant, j'ai froid aux pieds. Je suis rentré chez moi avec les pieds glacés et l'impression de ne plus avoir d'énergie. Habituellement cela n'augure rien de bon. Un coup de froid, un vilain rhume ou la grippe. J'espère qu'il n'en est rien…

    29 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #29 Chaussures

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    Quand j'étais tout gamin, l'un de mes disques préféré faisait partie d'une collection qui racontait des contes. Je ne savais pas encore bien lire mais je connaissais pourtant certains contes de Perrault et des fables de La Fontaine par cœur. Le Corbeau et le Renard, lu par Louis de Funès. Le Loup et l'Agneau et son livret illustré dont je me souviens très bien et dont la fin, lue avec lenteur et d'un ton lugubre, me terrifiait délicieusement. 

    Il y avait aussi une histoire assez incroyable que j'ai écoutée un nombre incalculable de fois mais dont je n'ai que de maigres souvenirs, dans laquelle il était question de fleurs qui parlent et qui, à la fin supplient le personnage principal de ne pas les oublier. Si quelqu'un a des pistes pour identifier ce dont il s'agit, je suis tout ouïe !

    Mais mon disque préféré par dessus tous, c'était celui qui racontait l'histoire de Cendrillon. Le disque en lui-même était assez extraordinaire puisqu'il n'était non pas noir comme les autres, mais d'une très belle couleur orange. Rien que cela, le rendait particulièrement précieux. 

    Si j'aimais beaucoup l'histoire, je n'ai jamais compris pourquoi il était question de "pantoufles de verre". A moi, gamin, mes pantoufles sont confortables, avec un genre de doudoune à l'intérieur qui les rend chaudes et moelleuses. Mais du verre ? C'est froid, dur, inconfortable, et puis cassant. J'imaginais assez mal comment, toute princesse qu'elle fut de par la grâce de sa marraine la fée, Cendrillon pouvait chausser des pantoufles de verre sans avoir terriblement mal aux pieds. Ma mère et ma grand-mère, qui me lisaient parfois l'histoire et à qui je posais régulièrement la question, n'y voyaient rien à redire. Du verre ? Ben oui, c'est évident...

    Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai compris, au prix de recherches dans un dictionnaire, que le mot "verre" s'écrivait en réalité "vair" et que la vérité cruelle cachée derrière ce mot, n'était pas faite pour être révélée aux petits enfants.

    28 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #28 Flotter

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    « Tu veux ton bateau, Georgie ? » fit le clown avec un sourire.
    George lui sourit à son tour ; il ne put s’en empêcher. C’était le genre de sourire auquel on ne pouvait faire autrement que de répondre. « Oui, bien sûr, je le veux.»
    – Bien sûr, je le veux ! » fit le clown en riant. Voilà qui est bien dit, très bien dit ! Que penserais-tu d’un ballon ?
    – « Eh bien… oui ! » Il tendit une main hésitante, puis se reprit. « Je ne dois pas prendre les choses que me donnent des étrangers. C’est ce que Papa m’a dit.
    – Ton papa a parfaitement raison, admit le clown du fond de son égout, toujours souriant.
    (Comment ai-je pu croire, se demandait George, qu’il avait les yeux jaunes ? Ils étaient d’un bleu brillant et pétillant, comme ceux de sa mère ou de Bill.) Parfaitement raison. C’est pourquoi je vais me présenter. Georgie, je m’appelle Mr. Bob Gray, aussi connu sous le nom de Grippe-Sou le Clown cabriolant. Grippe-Sou, je te présente George Denbrough. George, je te présente Grippe-Sou. Eh bien, voilà, nous ne sommes plus des étrangers l’un pour l’autre. Pas vrai ? »
    George pouffa. « C’est vrai. » Il tendit de nouveau la main, et de nouveau la retira.
    « Comment t’es descendu là-dedans ?
    – La tempête nous a balayés, moi et tout le cirque, répondit Grippe-Sou. Ne sens-tu pas l’odeur de cirque, Georgie ? »
    Georgie se pencha. Ça sentait les cacahuètes, les cacahuètes grillées ! Et le vinaigre, ce vinaigre blanc que l’on verse sur les frites d’une bouteille avec un petit trou ! Ça sentait aussi la barbe à papa et les beignets frits, tandis que montait, encore léger mais prenant à la gorge, l’odeur des déjections de bêtes fauves. Sans oublier celle de la sciure. Et cependant…
    Et cependant, en dessous, flottaient les senteurs de l’inondation, des feuilles en décomposition et de tout ce qui grouillait dans l’ombre de l’égout. Odeur d’humidité et de pourriture. L’odeur de la cave.
    Mais les odeurs du cirque étaient plus fortes.
    « Tu parles, si je les sens ! s’exclama-t-il.
    – Tu veux ton bateau, Georgie ? demanda Grippe-Sou. Tu n’as pas l’air d’y tenir tant que ça », ajouta-t-il en le soulevant avec un sourire. Il était vêtu d’un ample vêtement de soie fermé d’énormes boutons orange ; une cravate d’un bleu électrique éclatant pendait à son cou, et il avait de gros gants blancs comme ceux que portent toujours Mickey et Donald.
    « Si, j’y tiens, dit George, toujours penché sur l’égout.
    – Veux-tu aussi un ballon ? J’en ai des rouges, des verts, des bleus, des jaunes…
    – Est-ce qu’ils flottent ?
    – S’ils flottent ? » Le sourire du clown s’élargit. « Et comment ! J’ai aussi de la barbe papa… ».
    George tendit la main.
    Le clown la lui prit.
    Et George vit changer le visage de Grippe-Sou.
    Ce qu’il découvrit était si épouvantable qu’à côté, ses pires fantasmes sur la chose dans la cave n’étaient que des féeries. D’un seul coup de patte griffue, sa raison avait été détruite.
    « Ils flottent… », chantonna la chose dans l’égout d’une voix qui se brisa en un rire retenu.
    Elle maintenait George d’une prise épaisse de pieuvre ; puis elle l’entraîna dans l’effroyable obscurité où grondaient et rugissaient les eaux, emportant leur chargement de débris vers la mer.
    George détourna tant qu’il put la tête des ultimes ténèbres et se mit à hurler dans la pluie, à hurler inconsciemment au ciel blanc d’automne qui faisait ce jour-là comme un couvercle au-dessus de Derry. Des cris suraigus, perçants, qui tout au long de Witcham Street précipitèrent les gens à leur fenêtre ou sous leur porche.
    « Ils flottent, gronda la voix, ils flottent, Georgie, et quand tu seras en bas avec moi, tu flotteras aussi… »
    L’épaule de George vint buter contre le rebord en ciment du trottoir, et Dave Gardener, resté chez lui à cause de l’inondation au lieu d’aller travailler comme d’habitude au Shoeboat, ne vit qu’un petit garçon en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau, tandis que de l’eau boueuse et écumante transformait ses cris en gargouillis.
    « Tout flotte, en bas », murmura la voix pourrie et ricanante ; puis il y eut soudain un bruit affreux d’arrachement, une explosion d’angoisse, et George Denbrough perdit connaissance.

    Stephen King, Ça, Albin Michel, 1988
    Première Partie "Tout d'abord, l'ombre", Chapitre 1er, pp. 18-19. 

    27 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #27 Musique

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    Ceux qui me lisent depuis quelques temps, savent à quel point j'aime la musique. Malgré une affinité particulière pour celle que l'on appelle un peu trop rapidement "classique", j'aime toutes les musiques. Des polyphonies du XIIIe siècle à la musique expérimentale ultra-contemporaine, de Wagner à Brigitte Fontaine, de Jamiroqwai Gainsbourg en passant par Björk et quelques noms la scène pop rock actuelle, mes goûts sont pour le moins éclectiques. 

    Éclectiques certes, mais avec un dénominateur commun toutefois qui donne à mon univers musical une certaine couleur. Du coup, malgré toute ma bonne volonté, il s'en trouve beaucoup qui en sont exclus. 

    En effet, qu'importe ce que j'écoute, il faut pour que cela me plaise, que l'on m'emmène en voyage. Oui, en voyage. Tout de suite, il me faut un décors, une atmosphère, un paysage sonore, ce petit quelque chose indescriptible qui me donne envie de regarder plus loin en fermant les yeux. 

    Souvent tout se joue au premier accord, à la première mesure, au premier regard. La musique a ce pouvoir incroyable d'exprimer l'indicible au-delà des phrases et des mots. Alors je ne suis que peu sensible à ces mélodies qui expriment moins encore que les paroles fades dont elles se parent. Ni aux rythmiques endiablées qui me laissent de marbre. Là encore, il suffit d'un rien pour qu'une belle ligne de basse me transporte aussitôt ou, au contraire, me laisse à quai. Il me faut un souffle, une direction, une impulsion, un cœur qui bat.

    Oui, je crois que, comme en amour, la musique qui me séduit possède cette part de sensualité auréolée de mystère, qui parle autant aux sens qu'à l'intellect. Je veux sentir l'humain au-delà des notes et, à travers elles, la promesse d'une rencontre.

    25 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #25 Copain

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    Journée entre potes ce dimanche. Tout d'abord un brunch avec mon mexicain que j'apprends à connaître, et sa bande. Nous étions dans un chouette petit restaurant du quartier Arnaud Bernard, tenu par des compatriotes à lui. Bien qu'ayant déjà visité le Mexique, je ne crois pas avoir goûté aucun des plats servis ce midi. Tout d'abord pu découvrir el atole, une étonnante boisson chaude faite à base de farine de maïs et diverses épices. Légèrement sucrée avec de la mélasse, le atole se boit quand il fait froid. De consistance un peu crémeuse et de texture assez irrégulière, celui de ce dimanche était préparé avec du maïs rouge, ce qui lui donnait une couleur grisâtre un peu déroutante. J'ai beaucoup aimé et je crois que j'y reviendrai.  

    J'ai beaucoup aimé également leur café, préparé à la casserole comme dans bon nombre de pays en réalité, agrémenté de clous de girofle, de cannelle et de poivre. Plutôt doux, très légèrement sucré, j'ai réellement savouré ses arômes inhabituels très dépaysants. Nous nous sommes ensuite régalés de tamales, une sorte de petit pâté de polenta à la viande, cuit dans des feuilles de maïs, accompagnés d'une délicieuse sauce  légèrement piquante qui vous ensoleille le palais d'une douce chaleur fort plaisante. S'en sont suivi des memelas, un genre de crêpe épaisse dont la pâte est faite à base de maïs et haricots rouge, servie garnie de sauce tomate, d'oignons et de fêta. Simple, efficace rassasiant, et encore plus délicieux avec une cuillerée de la fameuse sauce piment qui, loin de transformer la nourriture en feu ardant, lui confère ce surcroît de chaleur bienfaitrice qui vous emporte encore plus loin. Chaque bouchée était entrecoupée de discussions très animées sur la manière de désigner les aliments dans les différents pays d'Amérique latine représentés autour de notre joyeuse tablée. Ce fut un joli moment, rempli de saveurs nouvelles et de décibels...

    Sitôt sorti, je me rendais à quelques rues de là chez un autre pote qui fêtait son anniversaire en compagnie de quelques uns de ses amis autour de jeux de sociétés. Petite équipe pour une grosse ambiance. Nous beaucoup ri, raconté des bêtises, dessiné des flamands roses en train de faire du moonwalk, et gentiment dit du mal sur Mylène Farmer, comme il se doit. J'ai passé  avec eux un excellent moment qui ne fut interrompu que par les nécessités logistiques inhérentes au couvre feu. Saleté de pandémie tout de même.

    Un très chouette dimanche avec des amis donc, qui m'a bien changé les idées. Un dimanche comme j'aimerais qu'il y en ait plus souvent !

    24 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #24 Creuser

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    Le thème du jour me renvoie une fois de plus vers des souvenirs d'enfance, ou plutôt d'adolescence. Creuser ? Vers la sortie évidemment !  Je fais référence au cultissime jeu vidéo Lemmings, auquel j'ai pas mal joué à une époque, en particulier chez un copain de classe qui avait un Atari 520 ST. Hé oui, cela ne nous rajeunit pas.

    Lemmings donc, est un jeu de plateforme et de réflexion dont l'objectif est simple : conduire une horde de petits personnages bleus aux cheveux verts, les Lemmings, vers la sortie en leur faisant éviter tout un tas d'obstacles mortels. Pour y parvenir, chaque niveau permet d'assigner à un ou plusieurs Lemmings une fonction particulière, et une seule : s'arrêter et faire office de barrière, un parachute pour éviter le crash en tombant de trop haut, construire un escalier avec un nombre limité de marches, et bien entendu creuser. C'est d'ailleurs le nom du premier tableau : "Just dig". 

    Et comme les Lemmings sont bêtes et disciplinés, ils marchent à la queue-leu-leu droit devant eux sans prendre la moindre initiative. Du coup, si on ne leur fait pas faire la bonne action pile au bon moment, ils butent tous sur les mêmes obstacles et repartent donc tous en sens inverse, tombent tous dans le même trou si personne n'en bloque l'accès, et ainsi de suite. Un vrai casse-tête ! Sur les niveaux un peu complexes, c'est rapidement le bordel. Il n'était pas rare que l'on se retrouve avec des Lemmings disséminés dans tous le décors.

    Les décors étaient d'ailleurs l'un des gros points forts de ce jeu. Chaque niveau était un petit bijou d'esthétique, très travaillé et très soigné pour l'époque. On en prenait plein les mirettes et encore aujourd'hui lorsque je refais tourner le jeu avec un émulateur, le plaisir demeure intact.

    Et surtout, le jeu permettait quelque chose d'assez cruel mais de terriblement drôle : les faire exploser. Soit individuellement, soit tous à la fois. D'un clic, un petit compte à rebours s'affichait au dessus de leur tête . Au bout de cinq secondes le Lemmings s'arrête, met ses mains sur la tête et, pris de convulsions, explose en plein de petits morceaux juste après avoir crié un "Ho no !" d'une petite voix cartoonesque caractéristique. 

    C'était d'ailleurs parfois la seule façon de parvenir au bout du niveau : le suicide qui permettait accessoirement de creuser un trou. Ou un moyen de sauver l'honneur dans un moment de désespoir; juste avant de perdre totalement le contrôle d'une partie mal engagée. 

    Et j'avoue que j'ai parfois beaucoup, beaucoup ri en les condamnant avec un authentique plaisir sadique. 

    23 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #23 Déchirure

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    Mine de rien cela va bientôt faire deux mois que nous nous voyons. Tout cela est assez étrange. Étrange parce que les choses se passent sans précipitation, ni que je sois sujet aux bouffées d'angoisses qui en principe m'assaillent dès la première seconde. Alors que d'habitude je me mets dans des états d'anxiété pas possible, je suis d'un calme olympien. 

    A vrai dire, je suis même en-deça car, de nous deux, c'est lui qui est le plus en demande. C'est lui qui le matin envoie le premier message. C'est lui qui le soir envoie le dernier. En journée, nous discutons. J'avais perdu l'habitude que l'on pense aussi souvent à moi et qu'on me le manifeste aussi ouvertement. C'en est presque dérangeant pour être honnête.

    Nous nous voyons assez régulièrement, même si depuis une semaine nos rencontres sont abrégées pour cause de couvre feu. Étrangement, avant de le rejoindre, je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je ne renonce pas tout simplement, tant je ne ressens aucun besoin ni manque à son égard. Depuis le temps, et au gré des déceptions essuyées, j'ai appris à vivre avec moi-même en déployant tout un tas de stratégies d'évitement : travailler beaucoup, avoir beaucoup d'amis, faire du sport (quand les salles ne sont pas fermées pour cause de crise sanitaire...), écrire un blog et beaucoup d'autres choses encore qui font que je ne m'ennuie jamais et que je ne ressens que rarement la solitude qui, me concernant, est toute relative.

    Pourtant, il suffit que je sois avec lui quelques minutes pour que tout se volatilise. Son grand sourire et sa jovialité suffisent à tout balayer. Et nous passons à chaque fois un joli moment à discuter de tout et de rien. Lui venant d'Amérique du Sud, je travaille mon espagnol. Il me parle d'une multitude de choses que j'ignore et qu'il me plait d'apprendre. Et lui parfait son français tout en apprenant certains de nos us et coutumes qui, malgré ses deux années déjà passées à Toulouse, lui paraissent encore étranges si l'on n'a pas les clés pour en décrypter les codes. Peu à peu nous prenons nos marques.

    Mais il suffit symétriquement que nous nous séparions pour que je replonge aussitôt dans mon quotidien, sans ressentir ni le poids de la séparation ni l'impatience de la prochaine fois. Certes je pense un peu à lui, sans qu'il ne me manque.

    Parfois je me demande où me mène cette histoire qui, de mon côté, ne soulève pas de passion particulière. Envoyé en France afin d'y préparer un doctorat de mathématiques sur recommandation d'un de ses anciens professeurs, pour qui il travaille désormais au Mexique, son avenir n'est pas vraiment inscrit sous nos latitudes. Savoir qu'il projette de rentrer dans son pays une fois sa thèse terminée me freine et m'interdit probablement, plus ou moins consciemment, de me lâcher davantage. J'ai peur de me faire encore une fois très mal. Et je ne connais que trop bien le goût amer de la déchirure.