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  • 27 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #27 Musique

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    Ceux qui me lisent depuis quelques temps, savent à quel point j'aime la musique. Malgré une affinité particulière pour celle que l'on appelle un peu trop rapidement "classique", j'aime toutes les musiques. Des polyphonies du XIIIe siècle à la musique expérimentale ultra-contemporaine, de Wagner à Brigitte Fontaine, de Jamiroqwai Gainsbourg en passant par Björk et quelques noms la scène pop rock actuelle, mes goûts sont pour le moins éclectiques. 

    Éclectiques certes, mais avec un dénominateur commun toutefois qui donne à mon univers musical une certaine couleur. Du coup, malgré toute ma bonne volonté, il s'en trouve beaucoup qui en sont exclus. 

    En effet, qu'importe ce que j'écoute, il faut pour que cela me plaise, que l'on m'emmène en voyage. Oui, en voyage. Tout de suite, il me faut un décors, une atmosphère, un paysage sonore, ce petit quelque chose indescriptible qui me donne envie de regarder plus loin en fermant les yeux. 

    Souvent tout se joue au premier accord, à la première mesure, au premier regard. La musique a ce pouvoir incroyable d'exprimer l'indicible au-delà des phrases et des mots. Alors je ne suis que peu sensible à ces mélodies qui expriment moins encore que les paroles fades dont elles se parent. Ni aux rythmiques endiablées qui me laissent de marbre. Là encore, il suffit d'un rien pour qu'une belle ligne de basse me transporte aussitôt ou, au contraire, me laisse à quai. Il me faut un souffle, une direction, une impulsion, un cœur qui bat.

    Oui, je crois que, comme en amour, la musique qui me séduit possède cette part de sensualité auréolée de mystère, qui parle autant aux sens qu'à l'intellect. Je veux sentir l'humain au-delà des notes et, à travers elles, la promesse d'une rencontre.

    25 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #25 Copain

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    Journée entre potes ce dimanche. Tout d'abord un brunch avec mon mexicain que j'apprends à connaître, et sa bande. Nous étions dans un chouette petit restaurant du quartier Arnaud Bernard, tenu par des compatriotes à lui. Bien qu'ayant déjà visité le Mexique, je ne crois pas avoir goûté aucun des plats servis ce midi. Tout d'abord pu découvrir el atole, une étonnante boisson chaude faite à base de farine de maïs et diverses épices. Légèrement sucrée avec de la mélasse, le atole se boit quand il fait froid. De consistance un peu crémeuse et de texture assez irrégulière, celui de ce dimanche était préparé avec du maïs rouge, ce qui lui donnait une couleur grisâtre un peu déroutante. J'ai beaucoup aimé et je crois que j'y reviendrai.  

    J'ai beaucoup aimé également leur café, préparé à la casserole comme dans bon nombre de pays en réalité, agrémenté de clous de girofle, de cannelle et de poivre. Plutôt doux, très légèrement sucré, j'ai réellement savouré ses arômes inhabituels très dépaysants. Nous nous sommes ensuite régalés de tamales, une sorte de petit pâté de polenta à la viande, cuit dans des feuilles de maïs, accompagnés d'une délicieuse sauce  légèrement piquante qui vous ensoleille le palais d'une douce chaleur fort plaisante. S'en sont suivi des memelas, un genre de crêpe épaisse dont la pâte est faite à base de maïs et haricots rouge, servie garnie de sauce tomate, d'oignons et de fêta. Simple, efficace rassasiant, et encore plus délicieux avec une cuillerée de la fameuse sauce piment qui, loin de transformer la nourriture en feu ardant, lui confère ce surcroît de chaleur bienfaitrice qui vous emporte encore plus loin. Chaque bouchée était entrecoupée de discussions très animées sur la manière de désigner les aliments dans les différents pays d'Amérique latine représentés autour de notre joyeuse tablée. Ce fut un joli moment, rempli de saveurs nouvelles et de décibels...

    Sitôt sorti, je me rendais à quelques rues de là chez un autre pote qui fêtait son anniversaire en compagnie de quelques uns de ses amis autour de jeux de sociétés. Petite équipe pour une grosse ambiance. Nous beaucoup ri, raconté des bêtises, dessiné des flamands roses en train de faire du moonwalk, et gentiment dit du mal sur Mylène Farmer, comme il se doit. J'ai passé  avec eux un excellent moment qui ne fut interrompu que par les nécessités logistiques inhérentes au couvre feu. Saleté de pandémie tout de même.

    Un très chouette dimanche avec des amis donc, qui m'a bien changé les idées. Un dimanche comme j'aimerais qu'il y en ait plus souvent !

    24 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #24 Creuser

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    Le thème du jour me renvoie une fois de plus vers des souvenirs d'enfance, ou plutôt d'adolescence. Creuser ? Vers la sortie évidemment !  Je fais référence au cultissime jeu vidéo Lemmings, auquel j'ai pas mal joué à une époque, en particulier chez un copain de classe qui avait un Atari 520 ST. Hé oui, cela ne nous rajeunit pas.

    Lemmings donc, est un jeu de plateforme et de réflexion dont l'objectif est simple : conduire une horde de petits personnages bleus aux cheveux verts, les Lemmings, vers la sortie en leur faisant éviter tout un tas d'obstacles mortels. Pour y parvenir, chaque niveau permet d'assigner à un ou plusieurs Lemmings une fonction particulière, et une seule : s'arrêter et faire office de barrière, un parachute pour éviter le crash en tombant de trop haut, construire un escalier avec un nombre limité de marches, et bien entendu creuser. 

    Et comme les Lemmings sont bêtes et disciplinés, ils marchent à la queue-leu-leu droit devant eux sans prendre la moindre initiative. Du coup, si on ne leur fait pas faire la bonne action pile au bon moment, ils butent tous sur les mêmes obstacles et repartent donc tous en sens inverse, tombent tous dans le même trou si personne n'en bloque l'accès, et ainsi de suite. Un vrai casse-tête ! Sur les niveaux un peu complexes, c'est rapidement le bordel. Il n'était pas rare que l'on se retrouve avec des Lemmings disséminés dans tous le décors.

    Les décors étaient d'ailleurs l'un des gros points forts de ce jeu. Chaque niveau était un petit bijou d'esthétique, très travaillé et très soigné pour l'époque. On en prenait plein les mirettes et encore aujourd'hui lorsque je refais tourner le jeu avec un émulateur, le plaisir demeure intact.

    Et surtout, le jeu permettait quelque chose d'assez cruel mais de terriblement drôle : les faire exploser. Soit individuellement, soit tous à la fois. D'un clic, un petit compte à rebours s'affichait au dessus de leur tête . Au bout de cinq secondes le Lemmings s'arrête, met ses mains sur la tête et, pris de convulsions, explose en plein de petits morceaux juste après avoir crié un "Ho no !" d'une petite voix cartoonesque caractéristique. 

    C'était d'ailleurs parfois la seule façon de parvenir au bout du niveau : le suicide qui permettait accessoirement de creuser un trou. Ou un moyen de sauver l'honneur dans un moment de désespoir; juste avant de perdre totalement le contrôle d'une partie mal engagée. 

    Et j'avoue que j'ai parfois beaucoup, beaucoup ri en les condamnant avec un authentique plaisir sadique. 

    23 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #23 Déchirure

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    Mine de rien cela va bientôt faire deux mois que nous nous voyons. Tout cela est assez étrange. Étrange parce que les choses se passent sans précipitation, ni que je sois sujet aux bouffées d'angoisses qui en principe m'assaillent dès la première seconde. Alors que d'habitude je me mets dans des états d'anxiété pas possible, je suis d'un calme olympien. 

    A vrai dire, je suis même en-deça car, de nous deux, c'est lui qui est le plus en demande. C'est lui qui le matin envoie le premier message. C'est lui qui le soir envoie le dernier. En journée, nous discutons. J'avais perdu l'habitude que l'on pense aussi souvent à moi et qu'on me le manifeste aussi ouvertement. C'en est presque dérangeant pour être honnête.

    Nous nous voyons assez régulièrement, même si depuis une semaine nos rencontres sont abrégées pour cause de couvre feu. Étrangement, avant de le rejoindre, je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je ne renonce pas tout simplement, tant je ne ressens aucun besoin ni manque à son égard. Depuis le temps, et au gré des déceptions essuyées, j'ai appris à vivre avec moi-même en déployant tout un tas de stratégies d'évitement : travailler beaucoup, avoir beaucoup d'amis, faire du sport (quand les salles ne sont pas fermées pour cause de crise sanitaire...), écrire un blog et beaucoup d'autres choses encore qui font que je ne m'ennuie jamais et que je ne ressens que rarement la solitude qui, me concernant, est toute relative.

    Pourtant, il suffit que je sois avec lui quelques minutes pour que tout se volatilise. Son grand sourire et sa jovialité suffisent à tout balayer. Et nous passons à chaque fois un joli moment à discuter de tout et de rien. Lui venant d'Amérique du Sud, je travaille mon espagnol. Il me parle d'une multitude de choses que j'ignore et qu'il me plait d'apprendre. Et lui parfait son français tout en apprenant certains de nos us et coutumes qui, malgré ses deux années déjà passées à Toulouse, lui paraissent encore étranges si l'on n'a pas les clés pour en décrypter les codes. Peu à peu nous prenons nos marques.

    Mais il suffit symétriquement que nous nous séparions pour que je replonge aussitôt dans mon quotidien, sans ressentir ni le poids de la séparation ni l'impatience de la prochaine fois. Certes je pense un peu à lui, sans qu'il ne me manque.

    Parfois je me demande où me mène cette histoire qui, de mon côté, ne soulève pas de passion particulière. Envoyé en France afin d'y préparer un doctorat de mathématiques sur recommandation d'un de ses anciens professeurs, pour qui il travaille désormais au Mexique, son avenir n'est pas vraiment inscrit sous nos latitudes. Savoir qu'il projette de rentrer dans son pays une fois sa thèse terminée me freine et m'interdit probablement, plus ou moins consciemment, de me lâcher davantage. J'ai peur de me faire encore une fois très mal. Et je ne connais que trop bien le goût amer de la déchirure.

    22 octobre 2020

    Inktober avec un clavier # 22 Chef cuisinier

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    Ce thème me donne bien du fil à retordre. Quel paradoxe pour un fin amphitryon ! En effet, les plaisir de la table tiennent une place d'importance dans la famille Tambour Major. 

    Mes deux grands-mères, tout d'abord cuisinaient très bien. Du côté paternel, l'avantage était aux plats en sauce, mon grand-père était friand : coq au vin, poule à la crème ou poule farcie s'invitaient à notre table pour les grandes occasions. C'était tout un rituel d'ailleurs. Et ma grand-mère avait un outil extraordinaire à sa disposition : le bon vieux fourneau à bois ! Elle y disposait de gigantesques marmites qui mijotaient pendant des heures à tout petit feu. Parfois, une goutte de liquide s'échappait et tombait sur la plaque métallique brulante en émettant un Pschhhhhh caractéristique. Aujourd'hui encore ces plats demeurent pour moi des plats de fête que l'on prépare avec patience, pour épater se convives autant que pour les régaler. C'est aussi d'elle que je tiens la recette de la confiture de tomates vertes (d'ailleurs c'est le moment pour en faire !). 

    Du côté maternel, mes souvenirs sont un peu plus délicats et étiolés. La faute incombe à la distance qui nous séparait. De fait, nous nous voyions moins souvent que nous l'aurions voulu. Néanmoins tarte aux mirabelles,  à la rhubarbe avec une pâte feuilletée fait-maison qu'elle réussissait admirablement, kouglof, fleurs de courgettes farcies, sont des saveurs d'enfance qui lui sont irrémédiablement attachées et que je n'oublierai jamais.

    La génération suivante, celle de mes parents, a hérité de ce savoir faire, de cet amour des bonnes choses et du plaisir de recevoir. Ma mère et ses frères cuisinent admirablement bien. L'un de mes oncles était pâtissier. Je regrette de ne pas l'avoir assez connu pour qu'il m'apprenne tout un tas de choses, des techniques, des recettes que j'aurais eu grand plaisir à savoir et à mettre en œuvre lorsque je reçois mes amis. Du côté paternel, si mon père n'est pas vraiment porté sur les arts de la table, bien qu'il sache goûter une bonne chaire, ses sœurs ont bien hérité du don maternel et sont toutes deux des cordons bleus hors pairs. 

    De notre génération, je ne sais pas réellement qui cuisine. Je ne me débrouille pas trop mal en ce qui me concerne, et mon frère sait y faire, dans son genre à lui. Du rustique et efficace. On ne sort jamais le ventre vide de chez lui et il ne se laissera jamais mourir de faim. Chez les cousins, c'est un peu moins évident. J'ai l'impression que quelque chose s'est perdu avec les études supérieures des uns et des autres et la vie de dingo que nous menons un peu tous. Peut-être aussi que, parents et grands parents ayant toujours veillé à ce que personne ne manque de rien, les vocations de marmitons se sont éteintes. Et c'est bien dommage.

    21 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #21 Sommeil

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    Premier tout en vélo ce soir, après le boulot. Je me suis efforcé de rentrer un peu plus tôt pour profiter d'une grosse heure de liberté avant le tomber du rideau du couvre feu. 
     
    Oui, j'ai reçu mon vélo tout bô tout neuf qui me permettra de faire un peu de sport, vu que les salles sont fermées sine die et qu'il y a fort à parier que les phases d'ouverture alterneront avec des phases de fermeture.

    Je me suis donc élancé au soir tombant, sur le sentier de halage, le long du canal du midi, pendant trois petits quart d'heure. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point on n'y voyait plus grand chose passé vingt heures dès que l'on s'éloigne des routes éclairées. Cela m'a tout de même permis d'essayer mon destrier de métal et de me rendre compte que la selle était trop basse. Un petit détail vite réglé qui a grandement changé l'ergonomie. Et je crois que lui et moi allons parcourir bien des kilomètres.

    En revanche, j'ai bien ressenti le manque d'effort physique de ces trois dernières semaines. Mama mia ! Quelques minutes avant de terminer, une vilaine crampe m'a vrillé le mollet. Et en descendant de vélo, reprenant une position verticale, de vilaines douleurs abdominales m'ont rappelé que je n'avais rien foutu du tout depuis trop longtemps. Gageons que ce sont les symptômes de la reprise...

    Ce fut néanmoins une balade étrange. Non pas uniquement en raison de l'obscurité naissante qui donnait aux lieux des allures inédites voire peu rassurantes. Mais surtout, alors que certaines rues demeuraient vides, les grands axes grouillaient d'un flot serré de véhicules se bousculant vers la sortie. J'ai eu l'impression que les d'automobilistes cherchaient à tout prix à regagner leurs pénates avant que le carrosse ne se transforme en citrouille. Et vingt et une heure approchant, l'impression que la ville se vidait allait crescendo. 

    Peu à peu, le ronron des voitures s'estompe. 
    La nuit installe son silence. 
    La ville s'endort.  

    Jusqu'à demain.

    20 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #20 Corail

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    (...)

    L'église Saint-Sernin illumine le soir
    Une fleur de corail que le soleil arrose
    C'est peut-être pour ça, malgré ton rouge et noir
    C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

    (...)
    Claude Nougaro, Toulouse.

    19 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #19 Etourdi

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    Étourdi ! Voilà un épithète qui m'a souvent été attribué quand j'étais gamin. J'étais étourdi. Du moins c'est que l'on disait de moi. 
     
    Des erreurs d'étourderie, j'en faisais presque à tous les coups. Une interro, quatre exercices à faire, j'oubliais le troisième. Une question facile sur laquelle je savais tout, j'oubliais l'essentiel. Mais quel étourdi ! M'a-t-on souvent asséné. Et je ne compte plus le nombre de fois où le seul commentaire en marge de mes copies était "Des erreurs d'étourderie..." avec ces trois petits points de suspension lourds du poids de tout leur jugement.

    Rétrospectivement pourtant, je crois que l'étourderie n'avait pas grand chose à voir là dedans, ou à tout le moins une part marginale. Certes il m'arrivait de faire des erreurs bêtes de pure inattention. Mais je crois que pour l'essentiel ces oublis provenaient et proviennent encore,  car j'y suis encore sujet, à un surcroît de concentration ou d'une incompréhension. Cela peut paraître paradoxal de prime abord mais je crois pourtant que c'est assez simple. 

    Commençons par la seconde. Dans certaines matières j'ai mis très longtemps à comprendre ce que l'on attendait de moi. Notamment, j'ai mis très longtemps à comprendre qu'il fallait souvent commencer par poser les définitions. Ben oui, quel intérêt ? Tout le monde sait - et le prof par dessus tout -  ce qu'est un triangle rectangle ou, dans un autre registre, la photosynthèse. A quoi bon perdre du temps à l'expliquer ? C'est é.v.i.d.e.n.t alors on passe aux vrais problèmes. J'ai compris, plus tard, l'intérêt de rappeler les évidences.

    Surcroît de concentration ensuite. Là aussi c'est assez simple à comprendre : qui trop embrasse mal étreint. A trop se focaliser sur la perfection de certaines choses, on en oublie d'autres pourtant essentielles, parce qu'on a trop le nez dans le guidon. Du coup, à trop peaufiner le schéma de l'exo 1 on zappe la dernière question (qui valait huit points). Ou on oublie par étourderie une étape importante d'une recette que le premier péquin aurait vue en lisant par dessus mon épaule. Et ce ne sont là que quelques exemples.

    Je crois que je me suis beaucoup amélioré sur ce point avec le temps et que j'ai beaucoup gagné en rigueur. Il m'arrive encore d'être un peu étourdi. Par exemple en repartant d'une pièce sans avoir récupéré ce que j'étais venu y chercher. Et, certes, hier j'ai oublié de poster le billet sur le thème du jour. Une étourderie me direz-vous. Pas du tout. D'une j'étais certain de l'avoir programmé. De deux, j'étais trop occupé à poupouiller les chats-minous. Vous voyez : nulle étourderie !

    18 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #18 Piège

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    Hier soir les chats-minous ont été très très très vilains et papa a grondé très très fort. Pourtant la journée avait bien commencé. 

    Levé vers 9 heures après une nuit d'insomnie, j'ai pris pour petit-déjeuner un œuf au plat à la tomate et à l'ail, avec des tranches de pain rassis pour pomper le jus, comme le préparait mon grand-père. Petit-déjeuner salé est déjà une épreuve pour bon nombre de personnes, alors j'imagine sans difficulté ce que doit représenter un petit-déjeuner avec de l'ail !! Installé devant Cat's Eyes, j'ai avalé mes œufs de compétition en rédigeant le billet IWAK du jour. Puis, une tasse de café frais posée sur le rebord de l'instrument, je me mis à travailler la première partition qui m'est tombée sous la main : la Chaconne en fa mineur, de Pachelbel. Un peu de ménage et une bonne douche plus tard, je filais pour ma mission du jour : acheter un vélo et faire quelques courses.

    Vu le contexte sanitaire actuel, je mets peu d'espoirs dans la réouverture prochaine des salles de sport. Habitant à proximité du canal, y faire du vélo régulièrement m'est apparu bonne idée. J'en ai vu plusieurs dans mon budget. Je crois que celui choisi conviendra parfaitement à la tache que je lui assigne. Il devrait arriver dans quelques jours car, étant d'une taille supérieure à la moyenne nationale, les magasin n'ont souvent aucun stock pour les grands modèles. Tant pis pour le beau temps de cette journée, il me faudra attendre. Satisfait, je me dirigeais vers le supermarché voisin pour y remplir mon frigo et racheter des croquettes pour les mistigris. Mine de rien, ça mange un chat-minou. A proximité des caisse, j'achetais quelques fleurs fraîches pour ce beau vase qui orne mon salon et que j'aime beaucoup.

    De retour chez moi, je disposais les fleurs dans leur réceptacle, lui-même disposé sous un tableau qui me vient de ma grand-mère. Une oléographie du XIXe représentant une scène religieuse, parée d'un très joli cadre doré assez cossu. J'y tiens beaucoup. Puis, dans l'attente de la livraison de mon destrier - auquel il me faudra donner un nom - je descendais à la cave pour y mettre un peu d'ordre et y aménager suffisamment d'espace afin d'y stocker le vélo. Oui, je me suis fait voler le précédent dans le local vélo, je ne tiens pas à ce que cela recommence...

    Une heure plus tard, je remontais chez moi et là, le désastre. Que dis-je... l'apocalypse !! Par terre,  le beau vase.  Par terre, les fleurs et passablement abîmées. Le joli tableau ? Par terre lui aussi et pour le coup avec un bel accroc sur la toile. Le tout baignant dans deux litre d'eaux. Et pendant ce temps les chats-minous m'observaient du haut de leur arbre à chat, comme si de rien n'était. Je peux vous garantir que leur quiétude s'est arrêtée au moment précis où je les ai fusillé du regard : j'ai vu dans leur yeux ce sentiment de culpabilité qui n'appartient qu'aux coupables et la tentative de repentance qui précède le coup de tonnerre d'une colère noire... Et noire, elle le fut ! Une grosse claque sur le cul-cul et privés de câlins au moins jusqu'à demain. Non mais ! 

    Après s'être caché sous le lit, vexé comme un poux, Caramel a bien essayé de revenir vers moi en ronronnant comme un tracteur, le regard plein d'amour, les moustaches au vent. Hé bien j'ai été fort. Je ne me suis pas laissé apitoyer. Parce qu'il est doué, le bougre. Très doué même, pour tendre des pièges à câlins. 

    Haha ! Non alors, je n'ai pas cédé. 

    Pas tout de suite...