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  • 14 mars 2022

    Recul

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    Depuis quelques semaines, j'ai l'impression que quelque chose s'est passé dans ma relation avec le boulot. Je parle bien d'une impression et non d'une certitude, faute de savoir si c'est une chose réellement acquise.

    De même, je fais ce constat sans comprendre ce qui, objectivement, m'a conduit à ce résultat. La fatigue ?  L'expérience ? La drogue lassitude ? Ou peut-être deux neurones se sont-ils soudain rebellés pour dire halte au stress inutile et permettre à mon cerveau malade de mieux le gérer ? Car c'est bien de cela dont il s'agit.

    Et cette chose qui commence à modifier ma relation au travail, je crois qu'on appelle ça : le recul.

    Le recul, c'est ce truc qui permet de ne pas prendre en pleine figure les reproches que d'autres font à ton client, et de ne pas rentrer le soir avec un boulet à canon logé dans les tripes. 

    Le recul, c'est pouvoir rire d'un dossier avec un collègue qui va pourtant te massacrer dans son prochain courrier, façon broyeur à poussins, avant d'avoir envie de disparaître à l'autre bout de la galaxie au moment où ton téléphone sonnera, dans pas longtemps, sitôt que ton client aura reçu et pris connaissance dudit courrier incendiaire à son endroit.

    Le recul c'est ne plus voir en tout propos une attaque ouverte, ou à peine masquée, qui serait vilement dirigée à l'encontre de ton travail - que tu fais avec le maximum de sérieux possible.

    Le recul c'est peut-être, tout simplement pouvoir, s'en foutre, malgré l'implication que l'on peut mettre dans son boulot, et ne pas être affecté outre mesure par le premier mot à peine ou très clairement équivoque.

    Voilà, je crois que c'est un peu tout ça, prendre du recul.
    Hé ben ça va probablement vous étonner :  ça fait vachement de bien !

    27 janvier 2022

    Pssssssssst !

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    Hé, ho ! Tu es toujours là ? Hein ? 

    Pourquoi tu ne me donnes plus de nouvelles ? Pourquoi tu ne m'écris plus ? Tu ne m'as pas abandonnée au moins, hein ? Dis ?

    Je m'inquiète un peu. De ce silence, de tout ce vide. Parfois j'ai l'impression de t'entendre hésiter, de t'apercevoir au loin, au détour d'une ombre ou d'un grincement de porte. Et lorsque je me retourne, tu n'es déjà plus là. 

    Je me sens vide sans toi. 

    Reviens. 

    Écris-moi.

    25 novembre 2021

    Imposture

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    J'en ai déjà parlé ici à plusieurs reprises. J'exerce un métier dont je n'ai jamais rêvé et dans les traits duquel je me glisse chaque jour, afin de donner l'illusion que ce costume est fait pour moi. Histoire de donner le change. 

    Longtemps je n'ai pas cru à la valeur de ce que je faisais. Longtemps je ne me suis pas reconnu dans l'image qui se reflétait dans la pupille de mon interlocuteur lorsque je lui parlais. Peu à peu, gagnant en confiance, je me suis mis à croire que la déférence que l'on m'accordait m'était réellement due, et que j'avais fini par devenir celui que je prétendais être.

    Mais régulièrement le doute m'assaille. Des questionnements terribles me travaillent. Ma légitimité. Mon plaisir. Mon utilité. Ma place, dans ce bourbier. 

    Cela se passe par vagues. Certains jour, mon miroir me renvoie l'image fière d'un lion rugissant. D'autres, mon reflet est davantage celui d'un chaton, ou d'un raton-laveur. Mais, au fond, lequel des trois suis-je ? Lion, chaton ou raton ? Peut-être aucun... 

    Peut-être même le raton-laveur, qui se rêvait lion, est-il en réalité une girafe, un koala, ou un bigorneau.

    Ainsi, le sentiment qui, au milieu de l'été, me poussait à arrêter ou du moins à réfléchir à l'organisation de mon travail et qui s'était estompé avec le repos des vacances, repointe le bout de son nez, avec la même acuité que naguère. Un sentiment de raz-le-bol

    Raz-le-bol de danser sur un fil tendu au dessus d'une mare de crocodiles. Raz-le-bol de ce sentiment d'insécurité constant dans chaque acte de mon quotidien, le moindre battement de cil pouvant ouvrir la porte à des emmerdement intersidéraux. Songez qu'en raison d'une seule fausse note ou d'un léger faux-départ, un musicien d'orchestre soit à l'origine de l'annulation de tout un concert. Impensable, non ? Je suis pourtant ce musicien-là.

    Le plus cocasse est que j'ai l'impression que ce sentiment d'imposture me conduit, plus ou moins consciemment, à commettre des boulettes pour m'auto-saborder indirectement. Cette semaine en est l'exemple parfait. Heureusement beaucoup sont rattrapables mais cela surajoute au raz-le-bol général dont la coupe est largement pleine.

    Ou peut-être est-ce tout simplement mon subconscient qui me hurle d'arrêter ce boulot...

    18 octobre 2021

    18. Lune #Blogtober2021

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    Pourquoi tant souffrir quand
    La nuit éteint de le jour
    Et qu'a travers la brume froide, les cieux
    Installent ton disque d'argent ?
    Nulle joie, nul désir ni amour
    Entend les cris de ceux qui détournent les yeux.

    Lyre d'illusion, Ô disque d'infortune !
    Unis dans le sang paroissial 
    Nous danserons nus sous les étoiles 
    Et la pâle lueur de la pleine lune.

    16 octobre 2021

    16. Compas / Boussole #Blogtober2021

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    Le mot anglais "Compas" trouve une résonance toute particulière à mes oreilles car il me renvoie à une période dorée de mon enfance, celle où je jouais à The Legend of Zelda, jeu qui a forgé, chez toute une génération de joueurs, un imaginaire puissant. 

    Nous sommes quelque part en 1988, j'ai 10 ans, et mon pote Julien m'invite à passer un week-end chez sa grand-mère à la campagne. Une jolie maison rustique, restaurée avec soin, qui abrite un antique four à pain. Entre deux balades à vélo, le copain m'entraîne dans sa salle de jeux. Il avait une NES, la console de jeu qui nous faisait tous rêver à l'époque. C'est grâce à lui que j'ai découvert The Legend of Zelda. 

    Ce jeu a immédiatement provoqué un choc total, tant il faisait écho à tout ce qui me plaisait : un univers immense à explorer, de la magie, des objets à découvrir, des monstres à éviter ou à trucider, le tout baigné dans une musique héroïque devenue légendaire. Ce n'était pas un jeu, mais un miracle.

    Parmi les objets indispensables à la progression de notre héros dans les différents donjons, il fallait bien entendu trouver la carte qui permet de comprendre la disposition des salles, et la boussole, "compas", qui donne l'emplacement du boss à abattre. Si récupérer ces deux objets est une promenade de santé dans les premiers niveaux, cela devient sérieusement plus corsé au fur et à mesure que l'on avance dans le jeu. 

    À l'époque, mon anglais étant plus que balbutiant, je n'avais pas compris que compas signifiait boussole, ce qui provoquait chez moi une sorte de dissonance cognitive : comment notre héros pouvait-il trouver son chemin avec un compas ? J'essaie longtemps et vainement de comprendre ce nouveau mystère en m'imaginant tracer cercles et arcs de cercle sur ma feuille blanche. 

    Ce n'est que bien longtemps après, lorsque j’eus mon premier Robert and Collins en main en classe de sixième, que je compris le sens de ce mot et que la lumière se fit...

    14 octobre 2021

    14. Cocher #Blogtober2021

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    Les montants astronomiques de l'EuroMillions de ces derniers temps ont de quoi faire tourner la tête. Pensez donc : 180 millions d'Euros étaient en jeu la semaine dernière ; 220 millions demain soir... C'est au-delà de l'imaginable. C'en devient abstrait. 

    Deux-cent vingt millions, en vivant encore cinquante ans, cela me laisse un budget de plus de quatre millions quatre cent mille Euros par an, soit environ trois cent soixante dix mille Euros par mois, ce qui représente douze mille Euros par jour. Je comprends que l'on puisse réellement perdre les pédales avec des sommes pareilles.

    Pourtant... pourtant, s'abstraire de toute nécessité matérielle procure à coup sûr un confort total. Travailler devient inutile, et l'on peut se consacrer librement à faire tout ce que l'on aime, sans limite. Non, avec autant d'argent, on n'a plus de limite. 

    Moi qui, il y a peu, touittait que je rêvassais à un gros fourneau du genre La Cornue, pour cuisiner à gogo, je suis un peu descendu de ma montagne en regardant les tarifs des modèles les plus sophistiqués. Avec le dixième du pactole de demain, tout de suite, le prix n'est plus un problème. 

    De même, j'ai très envie de me commander un ustensile de cuisine assez cher dont l'utilité est certes toute discutable, mais qu'il me ferait très plaisir d'avoir. Avec le centième du pactole de demain, hop, plus de difficulté, je l'achète sans me poser de question.

    Alors demain, dans ma maison de la presse préférée, je cocherai à nouveau quelques cases fétiches, en rêvant à ce que je pourrai faire autant d'argent si, par le plus grand des miracles, la chance me souriait. 

    Et vous, vous feriez quoi avec autant d'argent ? 

    13 octobre 2021

    13. Toiture #Blogtober2021

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    Il paraît que les plus jolis villages sont ceux dont la toiture est uniforme. Je ne sais si cela est vrai. Mais toujours est-il que j'aime particulièrement prendre un peu de hauteur et admirer, par leur toiture, les villes où je passe.

    Par ici, les toitures sont évidemment en tuiles dont la couleur va du blanc cassé à un rouge cramoisis, en fonction de la nature de l'argile qui a servi à leur fabrication. Cela donne une très belle allure à l'ensemble dont les teintes se déclinent en un réjouissant camaïeux . Comme ici à Foix (les plus perspicaces auront reconnu que ce n'était pas Toulouse).

    12 octobre 2021

    12. Collé #Blogtober2021

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    Quelle est cette lumière 
    Douce et moite
    Dans laquelle je languis
    La tête la première
    Les gouttelettes miroitent
    Fleurs de pissenlits

    Je me suis élancé vers le ciel 
    Gracile
    Bleu comme la mer
    Poussé par un rire torrentiel
    Fragile
    Pour un voyage extraordinaire

    Voici la nuit
    Sur ses huit pattes de velours
    Son étreinte est mortelle
    Sans faire un bruit
    Mon souffle sera court
    Et cette toile mon unique stèle

    11 octobre 2021

    11. Acide / Aigre #Blogtober2021

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    Parmi la myriade des desserts que j'aime bien, se trouve la tarte au citron. Quand j'étais plus jeune, ma mère en préparait une fameuse dont la recette était écrite sur une fiche rectangulaire qu'elle conservait dans une grosse boite en plastique jaune au couvercle fumé. La boite des recettes pour grandes occasions. Elle ne sortait de son placard que les jours où l'on recevait du monde pour le diner. La face de la fiche représentait une belle tarte au citron, bien alléchante, toute de jaune vêtue, dans le style un peu vieillot de ce qu'il se faisait dans les années 80. Au dos la recette en question était détaillée, étape par étape.

    Je me souviens qu'à l'époque, il était possible de commander tout un tas de fiches, sur à peu près tous les sujets, moyennant quelques francs. Tous les gamins de ma génération ont dû commander, un jour ou un autre, des fiches sur un thème quelconque tel que les dinosaures, les volcans, les oiseaux, les grandes découvertes scientifiques, ou je ne sais quoi encore, ou ont vu leurs parents le faire. 

    Pour en revenir à la recette de tarte au citron que faisait jadis ma maman, elle est excellente, au point que c'est la seule que je fasse, encore aujourd'hui, même si cela ne m'est pas arrivé de puis un bout de temps. Ce n'est pas une tarte au citron meringuée. Libre à vous d'en ajouter, mais pour ma part je ne trouve pas cela particulièrement bon, surtout quand c'est fait maison (attention je vais tirer à balles réelles). En effet, ce qui est bon dans la tarte au citron, c'est écrit dans le titre : c'est le citron.

    Personnellement, j'aime quand la tarte est bien acide, car l'acidité tranche bien avec le gras de la crème. La meringue n'apporte rien à ce niveau là. Je trouve même qu'elle relève de l'hérésie. Surtout, beaucoup de gens font la tarte meringuée non pas avec une meringue dite "italienne" (faite avec un sirop de sucre brûlant que l'on verse sur les blancs montés) mais avec une meringue dite française, qui sert à faire les meringues craquantes que l'on cuit ensuite au four. Plus ou moins ratée, souvent préparée dans l'après-midi pour le soir, la meringue crue retombe, coule, et détrempe la tarte. Et c'est le désastre...

    Une autre alternative que j'ai goûté il y a quelques temps et qui me satisfait assez, c'est de remplacer la meringue par une crème montée au chocolat blanc. Le résultat est assez convainquant, car la douceur du chocolat blanc tranche plutôt bien avec l'acidité du citron. Par contre, ça ajoute énormément de gras à ce dessert qui n'est pas, de base particulièrement light huhuhu... 

    Et puisqu'on y est, la voici :

     La fameuse recette de la tarte au citron que fait ma maman

    Pour 6 personnes.
    Temps de préparation : 20 min + 30 min de repos pour la pâte
    Temps de cuisson : 30 minutes
    Environ 500 Kcal / portion

    Ingrédients pour la pâte :
    200g de farine
    120g de beurre ramolli + 10g pour beurrer le moule
    1 càs de sucre en poudre
    1 œuf
    1 pincée de sel

    Ingrédients pour la garniture :
    4 citrons
    1 orange
    250g de sucre en poudre
    100g de beurre
    4 œufs
    1 càc de maïzena

    1/ Mélanger la farine, 1 pincée de sel et la cuillerée de sucre en poudre dans un saladier.
    Ajouter 120g de beurre en petits morceaux. Écraser le tout avec une fourchette pour que le mélange soit "sableux".

    2/ Ajouter l’œuf entier. Mélanger rapidement du bout des doigts. Formez une boule de pâte. Laissez-la reposer 30 minutes au réfrigérateur. 

    3/ Beurrez un moule à tarte de 26 cm de diamètre. Étalez -y la pâte avec la paume de la main. Faites-la cuite à four chaud (210°C = Th 7) 10 minutes. 

    4/ Pendant ce temps, faites fondre 100g de beurre à feu très doux. Râpez finement le zeste de 3 citrons et de l’orange préalablement soigneusement brossés sous l'eau chaude. Pressez les fruits. 

    5/ Cassez les 4 œufs dans une terrine. Battez-les avec 200g de sucre, le beurre tiédi, les zestes et le jus des agrumes dans lequel vous aurez délié la maïzena. 

    6/ Versez ce mélange dans le fond de tarte précuit. Remettez au four chaud (190°C ) Th 6) et poursuivez la cuisson 20 minutes. 

    7/ Chauffez un verre d'eau et 50g de sucre dans une petite casserole. Laissez bouillir 3 minutes puis faites pocher le citron restant coupé en rondelles pendant 10 minutes à feu très doux. 

    8/ Démoulez la tarte. Décorez-là des rondelles de citron égouttées et laissez refroidir avant de déguster savourer.

    Bon appétit !

    10 octobre 2021

    10. Choix / Pioche #Blogtober2021

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    Choisir donc exclure, disait le philosophe. Et je crois que je fais partie de ceux qui ne savent pas choisir.

    Je suis typiquement le gars qui achète deux chemises lorsque les deux lui plaisent, alors qu'il n'en a besoin que d'une seule. Encore récemment, j'ai pris deux paires de chaussures au lieu de la seule dont j'avais réellement besoin, (mais aussi parce que la seconde était à moins cinquante pour cent... ça n'aide pas vraiment à se décider huhu). De la même manière, si j'avais été Néo dans Matrix, le film aurait duré cinq heures, le temps que je choisisse entre la pilule bleue ou la pilule rouge... pour finalement demander si elle n'existe pas en bicolore.

    À cet égard, si je devais me comparer à un personnage de série, ce serait probablement Chidi,  dans The Good Place. Chidi, dont le fait de devoir choisir constitue l'enfer personnel dans lequel il s'enlise régulièrement, en voulant essayer de maîtriser et d'anticiper toutes les conséquences de ses décisions. Souvent, en regardant cette série, je me suis dit que les scénaristes avaient dû me rencontrer et s'inspirer de ma vie pour écrire leur personnage. 

    Si je ne suis plus exactement comme ça, j'ai pu l'être à une époque pas si éloignée d'aujourd'hui. Apprendre à lâcher prise, mon Hydre de Lerne personnelle. Avec le temps, et probablement aussi par déformation professionnelle, je pense avoir appris à choisir. Enfin, un peu...

    Le pire dans ces situations, c'est que je finis souvent par choisir de manière totalement random, au pif total, comme si avoir trop réfléchi avait annihilé toute base rationnelle. 

    D'un excès à l'autre. 😁