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  • 15 janvier 2021

    La photo du mois : Corps

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 janvier, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois. Ce sera aussi pour le coup mon premier billet de cette année.

    Pour rappel, chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde). 

    Et ce mois-ci, nous avions à traiter le thème "Corps" choisi par Philisine Cave qui nous donnait les indications suivantes : 

    Pour rendre hommage à la très belle chanson de la chanteuse Yseult et aussi pour la multiplicité des définitions de ce mot ce qui offre du coup plein d'interprétations possibles.

    Bon, alors... soyons francs, ce thème ne m'a PAS inspiré du tout. Ce qui explique en partie mon retard sur cette publication. 

    Mais puisqu'il en faut une (et une seule !) ce sera celle-ci :

    Hé oui, un bon gros chat tout rond. Mais ne vous y fiez pas, le corps que je veux vous montrer n'est pas celui de cet animal ma foi fort sympathique. Quoique... Parce qu'en effet, c'est un peu à ce chat, béat de bonheur et rempli à satiété, que l'on ressemble lorsque l'on ressort de l'échoppe où j'ai pris ma photo.

    Certains Toulousains auront peut-être reconnu les bols caractéristiques de l'une de mes cantines : un petit restaurant chinois à deux pas de la place du Capitole, qui cuisine des bons petits plats comme là-bas. L'on peut y savourer entre autres une excellente soupe de raviolis, des tripes de bœuf froides qui font mon bonheur, ou une salade de nouilles froide absolument divine. Il faut aussi goûter cette exquise sauce noire au poivre de Sichuan aux saveurs déroutantes qui font voyager les papilles, et que je réclame systématiquement. 

    Un petit coin de bonheur où l'on cuisine à grands coups de sourire et où l'on se fait autant de bien à l'esprit qu'au corps. En ces temps difficiles, vous comprendrez pourquoi il m'est si précieux.

    La photo du mois continue chez les copains et les copines : 

    31 décembre 2020

    Cuisiner avec le diable

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    Pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, je me trouvais au cœur de la patrie du cassoulet. Non pas pour en savourer un en bonne compagnie mais pour me balader. Car oui, toi lecteur d'un jour ou d'une vie, sache que Castelnaudary est une charmante ville que traverse le Canal du Midi dans laquelle il fait bon venir se promener.

    Sortant de ma voiture à peine garée sur un vaste parking situé en contrebas de la vieille ville, je me trouvai nez à nez avec une boutique du meilleur aloi offrant à la vue du visiteur toute une variété de conserves et de préparations locales. Malgré mon appétence notoire pour la bonne chaire, mon œil fut en réalité attiré par les poteries culinaires exposées en devanture. D'abord toute une série de cassoles de toutes les tailles imaginables, allant de la portion individuelle à des volumes bien plus généreux, puis des plats ronds vernissés, enfin un drôle d'engin ressemblant à une sorte de grosse terrine ovoïdale dont j'ignorais tout autant le nom que la fonction.

    En effet je suis friand de ces vieilleries qui racontent une histoire, comme les casseroles en cuivre étamé et les cocottes en fonte qui constituent la base de ma batterie de cuisine ou encore la jolie cassole que j'utilise à l'occasion. Est-ce que mon plat sera meilleur là dedans que dans une cocotte en fonte que je mettrai au four de la même manière ? Peut-être. Je n'en sais rien, et je m'en contrefiche car, au fond, ce n'est pas cela qui est important. Non : ce qui m'importe c'est le plaisir de cuisiner, d'essayer et de surprendre mes convives.

    Évidemment intrigué par l'allure ésotérique du bidule, je poussais la porte du magasin pour examiner l'objet d'un peu plus près. Je l'ignorais à cet instant mais il m'en fallait absolument un.

    Vu de plus près, l'objet ressemble à un gros vase ou pot en terre rouge typique de l'argile que l'on trouve dans la région, et que l'on aurait coupé verticalement environ au premier tiers puis disposé horizontalement. 


    L'intérieur est vernissé pour le rendre étanche et apte à un usage alimentaire. La partie inférieure, la plus grosse, est munie de deux anses afin de pouvoir la transporter. Le couvercle, vernissé également, est muni de deux petite proéminences moulés dans la masse qui permettent de le manipuler aisément. Les trous que l'on y voit m'ont l'air d'avoir été pratiqués afin de solidariser les boutons au reste.
     
    Les deux parties jointent à peu près hermétiquement. L'irrégularité de la découpe rend chaque pièce unique. En particulier il semble impossible de faire refaire un couvercle aux dimensions en cas de casse. Il faudra donc être prudent.
     

    La dame qui tient la boutique m'a expliqué que cet objet s'appelle un diable. A titre personnel, elle y prépare ses pommes de terres et légumes farcis ainsi que ses poulets. On pourrait s'en servir pour cuisiner tout un tas de trucs, du simple ragout de légumes au poulet rôti du dimanche, en passant par l'épaule d'agneau. La cuisson se fait au four, bien entendu, mais le diable peut tout aussi bien se poser sur la braise où il remplira parfaitement son office.

    Malgré quelques recherches, j'ignore pourquoi cet objet s'appelle un diable. Car, en cuisine, un diable c'est tout autre chose - une sorte que casserole rondouillarde - et cela sert à cuire les patates. Peut-être les deux petites cornes qui servent à manipuler le couvercle et à son utilisation dans un feu de bois, en ont-elles suggéré le nom ? 

    Comme je l'ai déjà écrit un peu plus haut, je n'avais absolument pas besoin de ce bidule tout de même assez encombrant (il occupe à lui seul près de la moitié de ma plaque de cuisson qui est en 90 !). Paradoxalement, c'est son caractère totalement superflu qui le rend parfaitement indispensable. Et j'imagine très bien que l'on puisse y préparer, de manière totalement hérétique - quoique la provenance de l'objet et son lieu de fabrications constituent d'indéniables circonstances atténuantes - un délicieux cassoulet, des ragouts et, probablement aussi, toute la cuisine qui se fait dans ce genre d'ustensile, comme elle se pratique en Alsace par exemple J'ai d'ailleurs récupéré quelques fiches de recettes laissées en libre service à la caisse de l'antre des merveilles, afin de guider mes élans créatifs.

    A présent il ne me reste pus qu'une chose à faire : l'essayer !

    27 décembre 2020

    L'union fait la force et l'oignon fait la soupe !

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    Aujourd'hui je vais te raconter ma soupe à l'oignon. Hé oui. Parce que les choses simples, on les laisse parfois un peu trop de côté, sans raison. On cherche les recettes compliquées pour en mettre plein la vue. Je te propose humblement de t'en mettre plein les papilles.

    Pourtant la soupe à l'oignon c'est facile à préparer et c'est rudement bon. Et en ces temps de fêtes, c'est parfait pour remettre les estomacs fragiles d'aplomb.

    Des recettes de soupe à l'oignon, il doit en exister autant que de recettes de paella, de soupe au choux et de tout un tas d'autres recettes des familles. Peu importe. Moi je fais celle que j'aime. Parce qu'on ne le dira jamais assez, la cuisine c'est d'abord de  l'amour. De l'amour que l'on s'offre à soi et que l'on partage avec ceux que l'on aime. Quand on comprend ça, on comprend beaucoup de choses.

    Les prérequis sont enfantins : une grande cocotte, un peu d'huile, des oignons, un verre de vin blanc sec, de l'ail, sel, poivre, quelques os ou du bouillon en cube. C'est tout... Pas besoin d'aller chercher très loin.

    Allez, viens, je te montre.

    1/ Pour faire de la soupe à l'oignon il te faut commencer par armer un grand faitout ou une grande cocotte d'au moins cinq litres. Si tu utilises un récipient plus petit, il faudra adapter les proportions. C'est très facile, tu verras. Donc, au fond de ta cocotte, tu mets un peu de gras à chauffer. Deux ou trois bonnes cuillerées à soupe d'huile d'olive ou de tournesol, ou un peu de gras de canard, un bout de lard de cochon (du lard fumé si tu en as, ce devrait être excellent), bref ce que tu as. L'autre jour j'ai utilisé un fond de graisse de foie gras et c'était très bien. Tu mets sur un feu tout doux. C'est important.

    2/ Pendant que ta cocotte chauffe lentement, il faut préparer les oignons. Moi j'aime bien mélanger les variétés, parce que c'est joli dans mon panier et parce qu'elles ont chacune leur  petit parfum et leur texture une fois cuits. L'oignon rouge, comme sur la photo, donne un goût un peu plus sucré et reste très ferme à la cuisson. Mais si tu n'as que de l'oignon jaune ça ira très bien.

    Niveau quantité, des oignons il t'en faudra environ beaucoup. Je ne sais pas te dire combien exactement mais deux kilos me parait un minimum. Tu les épluches et tu les éminces avec un bon couteau. S'il tranche bien tu ne pleureras (presque) pas. La bonne quantité est atteinte lorsque tes oignons émincés remplissent à peu près la moitié de ta cocotte. Si au milieu de tes oignons se cachent quelques échalotes, ne les gronde pas et mets-les avec, ce sera très bon. Ajoute également ton ail épluché et dégermé si tu ne le digères pas. Personnellement je coupe les gousses en deux, sans m'escrimer à le hacher fin. 

    3/ Ensuite, il va falloir faire fondre tout ça sur un feu pas trop fort pour que ça n'attache pas. Si ça commence à accrocher, baisse immédiatement le feu. La coloration va être plutôt lente. Alors arme-toi d'une spatule en bois et d'un peu de patience, et touille un peu de temps en temps en raclant bien le fond de la marmite pour décoller les sucs. 

    Il ne faut pas couvrir, ou pas complètement, sinon les oignons ne vont pas colorer. Et c'est quand même l'objectif : obtenir une belle couleur caramel assez foncée. Plus la couleur sera prononcée et plus intense sera l'arôme de la soupe. Cette phase est donc fondamentale puisque c'est là que tout se joue. Alors prends patience !

    4/ Au bout d'une bonne demi heure voire trois bons quarts d'heure, les oignons auront réduit des deux tiers et auront pris une belle couleur caramel. Plus la couleur sera foncée et plus la soupe aura de goût. 

    Si ce n'est pas encore le cas, patiente en te servant un petit canon avec le blanc que tu vas utiliser dans la recette. Au moins tu seras certain que le vin n'est pas bouchonné ! 

    Quand ça te paraît bien, ajoute un bon grand verre de vin blanc sec et fais réduire sur un feu un peu plus vif. Ne te casse pas la tête, n'utilise pas la meilleure bouteille de ta cave. Personnellement j'utilise un petit Sauvignon de pays à 3,50€ qui va très bien. Un Bordeaux Graves fera aussi parfaitement l'affaire.

    5/ Quand tout a réduit et que ça crépite de bonheur, commence à remplir une carafe d'eau du robinet. Si tu as un bout de carcasse de volaille, des os à moelle ou que sais-je, tu peux les ajouter à tes oignons. Ça n'en sera que meilleur. 

    Aujourd'hui j' ai mis deux os à moelle et de la queue de bœuf. Parce que c'est bon la queue. Si tu n'as rien de tout cela ou si tu n'aimes pas, tu peux ajouter un peu de fond de veau ou un ou deux cubes de bouillon de volaille ou de bœuf, ça fera très bien l'affaire.


    6/ C'est enfin le moment de couvrir le tout avec de l'eau en remplissant ta cocote jusqu'à 2 centimètres du bord. N'ai pas peur de tout noyer : ça va réduire. Maintenant tu sales et tu poivres généreusement. Si tu as des feuilles de laurier, tu peux en mettre un bout, mais pas trop sinon ça risque de dominer. On évite le girofle et le genièvre qui, à mon sens, n'ont pas grand chose à faire dans cette histoire. Restons simples !
     
    Et maintenant il faut laisser la magie opérer en laissant infuser le tout pendant au moins deux heures, à feu doux, sans couvrir complètement pour qu'un peu du volume s'évapore et que les sucs se concentrent bien. Dans quelques instants, toute la maison va sentir bon la soupe. Tu vas voir, c'est magnifique ! 
     
    7/ Avant de servir, retire les os si tu en as mis, et passe un rapide coup de mixer, sans mouliner complètement. La soupe va prendre une consistance assez épaisse et une couleur bien rousse voire marron foncé. Rectifie l'assaisonnement si nécessaire en sel et poivre. Sers dans le récipient de ton choix, et savoure brûlant à grandes lampées.
     
    Voilà, tu sais tout, ou presque. A partir de cet instant, les possibilités sont infinies. Tu peux même faire gratiner ta soupe sous le grill du four, après l'avoir recouverte de fromage rappé. C'est très décadent et délicieux. Sois sans crainte, je ne te jugerai pas...

    Sache par exemple que, dans le Cantal, pour les fêtes et les mariages, on réserve à cette soupe un destin extraordinaire. Après en avoir préparé une généreuse marmite, on remplit une soupière de tranches de gros pain rassis, alternées avec des tranches de vieux Salers. On verse ensuite la soupe brûlante dans la soupière que l'on referme avec son couvercle. Puis l'on attend, religieusement, pendant une dizaine de minutes, le temps de croquer une tranche d'andouillette avec les copains et de trinquer ensemble. Quelques instants plus tard, quand les dieux et divinités de la soupe à l'oignon ont magnifié leur œuvre dans le secret de cet écrin de faïence, on sert les convives de ce syncrétisme parfait, constitué de pain gorgé de soupe et de fromage fondu. Une bonne louchée bien généreuse. C'est alors que se noue un face à face quasi mystique chacun devant son assiette. La vérité est là, dans la simplicité rustique de ce plat venu du fond des âges. A cet instant précis se rejoue l'un des grands moments de l'histoire de la soupe. Je te souhaite d'en être, toi aussi, un jour.

    Bon appétit. Tu l'as mérité.

    21 décembre 2020

    Les derniers mètres

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    Encore quelques jours, encore quelques heures à tenir avant de fermer temporairement les portes du bureau. Il est vraiment temps de faire une pause car je suis à bout de force, de patience, d'indulgence, de volonté. 

    Besoin d'une respiration, après des derniers mois éprouvants, des semaines de soixante dix heures, des weekends inexistants, une pression du boulot souvent détestable, des clients pénibles.

    Besoin de renouer avec des plaisir simples et d'en jouir pleinement. De lâcher prise et de jeter un gros oreiller moelleux sur les tracas du quotidien. Fermer les écoutilles et tout oublier. Le boulot, passionnant mais terriblement envahissant. La pandémie et les contraintes du confinement qui rythment nos journées. Les discours anxiogènes qui n'aident pas à garder le moral...

    Oui, j'ai vraiment hâte de ces fêtes de fin d'année, de leur douceur, du relâchement qu'elles appellent, des plaisirs qu'elles annoncent, du réconfort qui en résultera.

    Prendre le temps, et prendre le temps de ne rien faire, sans contrainte. Me prélasser au coin du feu une tasse de chocolat chaud à la main, faire des gaufres et laisser l'odeur du sucre qui cuit embaumer la maison. Dormir à ma guise sans l'oppression du réveil...

    Encore quelques heures. 
    Encore quelques jours.

    15 décembre 2020

    La photo du mois : Un mot (ou un lieu) pour évoquer un film

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Décembre, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Christophe qui nous propose de plancher sur : Un mot (ou un lieu) pour évoquer un film.

    En  gros, si j'ai bien compris le sujet, il s'agit de faire deviner un film avec un photo représentant un objet (oui parce qu'un mot, en photo, je ne vois pas vraiment à qui cela correspond) ou un lieu. 

    Alors, ok, ma photo ne représente ni un lieu, ni un objet mais plutôt un assemblage d'objets. Pourtant cette chose curieuse - une lampe customisée au cours d'une soirée probablement beaucoup trop alcoolisée - existe bel et bien dans cet état-là, dans le salon d'un couple d'amis. Et la première fois que je l'ai vue, il y a quelques mois, elle m'a aussitôt fait penser à un film en particulier que j'ai dû voir une dizaine de fois, dont plusieurs fois à sa sortie voici une grosse vingtaine d'années. 

    Pensons-nous au même ? 

    Alors, vous l'avez ? Une idée ? Ou peut-être plusieurs ?
    Jouons un peu et laissez vos propositions dans les commentaires. 

    J'éditerai le billet dans une semaine et donnerai la réponse à cette devinette. 

     N'hésitez pas à faire un petit tour chez les autres participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, Luckasetmoi, magda627, Marie-Paule, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv'

     **Edition du 28 décembre**
    Certains  l'ont trouvé, il s'agissait bien de Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick.

    25 novembre 2020

    En attendant Noël

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    Le Président l'a dit, les fêtes de fin d'année auront donc lieu. La grise-mine du confinement et ses conséquences délétères sur le moral des troupes laissait présager le pire. J'ai même pu lire ici et là que ces fêtes seraient inutiles et que nous pourrions y renoncer. Franchement je ne le pense pas, ce serait même une erreur.  Ne serait-ce que du fait de leur force rituelle, dont l'origine remonte au fond des âges. Je doute que nous sachions nous en passer, simplement parce qu'elles constituent l'un des rares moments qui soit célébré par à peu près toute la planète. 

    Au-delà de cette considération de café de commerce, les fêtes de fin d'année sont peut-être surtout l'occasion de tout un tas de petits rituels qui sont réservés à cette période et qui la rendent unique. C'est en tout cas de cette manière que je le perçois. 

    Ce sont d'abord certaines couleurs et odeurs, que je leur associe, comme celle de cannelle, de girofle et de muscade. J'ai d'ailleurs un mélange de ces huiles essentielles que je ne ressors du placard qu'à ce moment-ci et qui me plonge instantanément dans un certain esprit un peu festif. C'est très apaisant.

    En outre, à défaut d'enguirlander tout l'appartement - que les chats-minous mettraient un malin plaisir à saccager en une nuit - c'est aussi l'occasion de remettre en service le carillon des anges que j'avais acheté l'an dernier au marché de Noël à Strasbourg. La lueur des bougies qui se reflète dans l'or du laiton mêlé au tintement aigu des deux petites cloches, produit un effet féérique. Cela me rappelle ces moments d'enfance où, du haut de mes trois petites pommes, je m'émerveillais sur celui que possédait ma grand-mère... C'est aussi la saison où certaines préparations refont leur apparition, je pense aux petits gâteaux en pain d'épice que je passe une après-midi à préparer et à décorer, afin de les savourer en famille autour d'un bon feu de cheminée, avec une grosse tasse de vin chaud à l'orange et aux épices.  

    A quoi tout-cela sert-il ?  Comme tout ce qui n'est pas absolument nécessaire, à pas grand chose, j'en conviens  mais cela met un peu de couleur dans nos vies sacrément bariolées de gris en ce moment. J'y vois avant tout un moyen de se redonner un peu de courage, en songeant aux bonnes choses à venir, aux vacances qui approchent doucement (et dont j'ai grandement besoin !) et aux quelques jours pendant lesquels ont va se faire du bien en toute impunité. 

    Trois fois rien donc. Et c'est déjà pas mal.

    15 novembre 2020

    La photo du mois : Transmission

    10 commentaires

    Bonjour les confinés, nous sommes le 15 Novembre, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par USofParis qui nous propose de plancher sur : Transmission.

    Nous avions les indications suivantes : 

    Rendez hommage à un mentor, un parent, un ami ou un artiste. Quelqu’un qui vous a apporté l’essentiel dans votre vie actuelle, et qui vous guide encore.

    Ce thème m'a donné beaucoup de fil à retordre de par le choix qu'il présuppose. Qui m'a apporté l'essentiel dans ma vie actuelle et qui me guide encore ? Je dois beaucoup de choses à beaucoup de monde. Il serait difficile en une seule photo d'en faire le tour. Et j'ai pas mal creusé la question posée par la photo de ce mois-ci. Et soudain l'illumination...

    Je dois remercier Pāskuålitø Blåmusling 🌈 un twittos toulousain que je suis depuis quelques temps, et qui, au détour de quelques tweets, m'a apporté un éclairage inattendu sur une situation dont le constat est établi de longue lune : chez les Tambour Major, on ne sait pas exprimer ses sentiments. On ne sait pas se dire qu'on s'aime. On ne se fait jamais de câlins, on ne se prend jamais dans les bras l'un de l'autre... Mais on s'aime, on le sait, on le sent. Parce que c'est évident.

    Et puis, le 7 novembre dernier, il partageait sa propre expérience par une série de quatre tweets dans laquelle je me suis totalement reconnu :

    Dans ma famille, on ne parle pas de choses intimes, personne ne s'est jamais dit "je t'aime".
    Non, on se montre qu'on s'aime en faisant à manger. La cuisine chez nous, c'est LA chose fondamentale. On sait tous (bien) cuisiner. C'est ce qui nous rassemble.

    On montre aux gens qu'on les aime en leur préparant à manger.
    Je suis incapable de dire à mon mec que je l'aime mais il sait que quand je lui fais des lasagnes ou une pavlova, ça veut tout dire !
    Il sait aussi que le jour où j'arrête, il doit s'inquiéter !
     
    C'est pareil avec mes amis, quand je reçois j'ai besoin de tout faire moi-même : servir quelque chose dans lequel je n'ai pas mis tout mon amour en le préparant me gêne. (Je sais, c'est con) 
    Bref, tout ça pour dire que témoigner son amour à quelqu'un peut se faire de mille façons.
    Ce soir je lui dirai que je l'aime avec des plats traditionnels de ma famille : couscous et salade d'oranges à la cannelle et à la menthe.
    From my kitchen with love.

    Pour tout dire, ce fut une révélation. Car comme lui je me débrouille plutôt bien en cuisine et j'aime recevoir mes amis pour partager un bon repas que j'aurai passé toute la journée à préparer, et davantage s'il le faut. C'est comme ça. C'est quelque chose que j'ai reçu et dont je ne saurai me défaire. C'est quelque chose qui nous unit chez les Tambour Major : cuisiner les uns pour les autres et passer un bon moment à table, tous ensemble, parfois pendant des heures. 

    Les repas de famille chez ma grand-mère paternelle étaient à cet égard l'exemple parfait. Il n'était pas rare en effet que nous soyons plus de vingt à table. Alors ma grand-mère préparait une énorme marmite de coq au vin qui cuisait toute la nuit sur la cuisinière à bois ; mes tantes se chargeaient des entrées ; l'une rapportait inévitablement de son pays d'Espagne quelques spécialités méridionales inconnues sous nos latitudes et  qu'il lui plaisait de nous faire partager ; mon père allait couper un peu de la charcuterie maison qui séchait doucement dans la vieille cave ; ma mère s'attelait au dessert. Chacun mettait la main à la pâte en ayant en tête le moment précis où le plaisir des uns et des autres s'exprimerait à la première bouchée de ce qu'il aurait préparé. 

    La préparation de la table de la salle à manger était également tout un cérémonial. Après avoir compté le nombre de convives, il fallait installer les rallonges pour déployer une immense table de bois noir que deux gigantesque draps de coton venaient habiller de blanc. Les plus petits d'entre nous disposaient ensuite verres, assiettes, serviettes et couvert, sous la haute autorité d'une cousine plus âgée et rompue à cet exercice hautement protocolaire. Mon grand-père apportait un peu de braise rouge pour allumer le poêle. 

    Seulement alors la table commençait à se parer des premiers hors-d'œuvres froids et d'un ou deux bouquets de fleurs composés par mes cousines en fonction de la saison. L'incontournable foie gras  maison, sans lequel un repas ne saurait être digne de ce nom, faisait son apparition. Rapidement la table rutilait d'une abondance parfois décadente, où chacun trouvait de quoi lui plaire, petit cousin comme vieil oncle dont nous ne connaissions pas le nom.

    Ma photo sera donc un hommage à ceux et celles qui m'ont beaucoup appris et qui m'ont transmis ce goût peut-être un brin suranné pour les grandes tablées, la belle vaisselle, le plaisir de faire et les plats de fête. Ceux et celles pour qui l'art de recevoir est, au-delà des mets, un acte d'amour.

    31 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #31 Ramper

    6 commentaires

    Il presque minuit
    Une créature malveillante est tapie dans l'ombre
    Sous le clair de lune
    Tu croises un regard qui te glace le sang
    Tu essayes de crier
    Mais la terreur s'empare du son avant qu'il ne sorte
    Tu te figes peu à peu
    Pendant que l'horreur te regarde droit dans les yeux
    Tu es paralysé
    Tu entends la porte claquer
    Et tu réalises qu'il n'y a nulle part où s'enfuir
    Tu sens la main froide
    Et tu te demandes si tu reverras le soleil
    Tu fermes tes yeux
    Et espères que ce n'est que ton imagination
    Mais tout ce que tu entends à cet instant
    C'est la créature qui rampe derrière
    Tu n'as plus le temps

    This is the thriller...

    J'imagine que le dernier thème de cette série est fait pour coller à la fête de Halloween et qu'il doit donc évoquer quelque chose de terrifiant. Et c'était bien le cas avec Thriller. L'illustration n'a rien à voir avec Michael Jackson mais je la trouvais parfaite. Elle provient de chez Joshua Hoffine, qui excelle dans la photographie horrifique. Je lui avais d'ailleurs consacré un petit billet il y a quelques années. Non pas qu'il ait eu besoin de moi mais je trouvais déjà son travail fantastique. 

    Pour en revenir à Michael Jackson, le clip de Thriller est probablement le premier film d'horreur que j'ai regardé étant gamin. En 1983 j'avais 5 ans (ouille). J'étais tout autant fasciné que terrifié par ce vidéo clip. Fasciné par la musique, tellement nouvelle à l’époque, tellement géniale qu'elle a été samplée des milliers de fois par tous les DJ de la planète. Et les zombies qui sortaient de partout sans réellement faire de mal à personne étaient assez horribles pour faire peur, sans pour autant me faire renoncer à regarder. En revanche, j'étais très impressionné par la transformation de Michael Jackson en loup garou qui, sous cette forme ou un autre, alimentera quelques unes de mes terreurs nocturnes des années durant.

    Ce qui était vraiment cool avec ce clip, c'est qu'il prenait le temps de raconter une véritable histoire et de faire monter la tension. Pensez-vous, près de quatorze minutes. C'était totalement dingue, et l'est encore aujourd'hui. J'ai vraiment l'impression d'être un ancêtre en écrivant ça mais je souhaite aux jeunes générations de vivre des choses pareilles. Et puis il y avait le twist final absolument génial avec ce rire maléfique, lui aussi entré dans l'histoire de la musique et des rires reconnaissables entre mille. 

    This is the thriller...
    Allez, on s'en remet un petit coup ? C'est le soir où jamais !

    30 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #30 De mauvais augure, menaçant, inquiétant

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    Coup de fatigue ces jours derniers. J'ai pourtant l'impression de ne pas trop mal dormir, et de dormir assez. En tout cas, je n'ai pas cette sensation d'être complètement à plat en me levant le matin, chose qui m'arrivait il y a encore quelques semaines. J'ai toutefois beaucoup de travail à évacuer, beaucoup d'urgences à traiter et encaissé pas mal de stress inutile, ce qui n'aide pas à la zénitude. C'est simple, depuis la fin des vacances d'août dernier, je n'ai pas arrêté, y compris certains weekends qui n'ont eu de reposant que le silence du téléphone. 

    A bien y regarder, le retour de vacances n'est pas si loin que ça, en réalité. Depuis la fin août, deux gros mois se sont écoulés, tout au plus. C'est encore au moins autant qu'il me reste à tenir avant d'avoir quelques jours de congés en décembre, ou en janvier. Je ne sais d'ailleurs pas encore ce que j'en ferai ni ce que je pourrai en faire. Certainement pas grand chose, quelques jours au calme à la montagne, si le contexte le permet. Il est difficile de prévoir ces temps-ci.

    Étrangement, le confinement installé depuis hier ne m'angoisse pas autant que le premier. Parce que je sais que niveau boulot et que je tiendrai le coup que j'ai de quoi m'occuper pour plusieurs semaines sans trop de difficulté. D'ailleurs j'espère travailler assez vite pour pouvoir m’atteler à un projet qui me tient à cœur mais qui, faute de temps, est pour l'instant au congélateur… L'ennui ne sera pas au rendez-vous. Enfin parce que nous savons que les magasins seront approvisionnés et que nous ne manquerons de rien, si ce n'est de voir nos parents et nos proches… 

    La situation n'est pas drôle pour autant. Hier soir Toulouse s'est vidée. Aujourd'hui les rue étaient désertes alors qu'une foule débordante s'y trouvait encore hier après-midi, dernier soubresaut de liberté avant quelques semaines de vie recluse. J'attends de voir si, comme au printemps dernier, nous entendrons à nouveau les chants d'oiseaux parsemer les rues.

    Depuis cet après-midi et encore maintenant, j'ai froid aux pieds. Je suis rentré chez moi avec les pieds glacés et l'impression de ne plus avoir d'énergie. Habituellement cela n'augure rien de bon. Un coup de froid, un vilain rhume ou la grippe. J'espère qu'il n'en est rien…

    29 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #29 Chaussures

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    Quand j'étais tout gamin, l'un de mes disques préféré faisait partie d'une collection qui racontait des contes. Je ne savais pas encore bien lire mais je connaissais pourtant certains contes de Perrault et des fables de La Fontaine par cœur. Le Corbeau et le Renard, lu par Louis de Funès. Le Loup et l'Agneau et son livret illustré dont je me souviens très bien et dont la fin, lue avec lenteur et d'un ton lugubre, me terrifiait délicieusement. 

    Il y avait aussi une histoire assez incroyable que j'ai écoutée un nombre incalculable de fois mais dont je n'ai que de maigres souvenirs, dans laquelle il était question de fleurs qui parlent et qui, à la fin supplient le personnage principal de ne pas les oublier. Si quelqu'un a des pistes pour identifier ce dont il s'agit, je suis tout ouïe !

    Mais mon disque préféré par dessus tous, c'était celui qui racontait l'histoire de Cendrillon. Le disque en lui-même était assez extraordinaire puisqu'il n'était non pas noir comme les autres, mais d'une très belle couleur orange. Rien que cela, le rendait particulièrement précieux. 

    Si j'aimais beaucoup l'histoire, je n'ai jamais compris pourquoi il était question de "pantoufles de verre". A moi, gamin, mes pantoufles sont confortables, avec un genre de doudoune à l'intérieur qui les rend chaudes et moelleuses. Mais du verre ? C'est froid, dur, inconfortable, et puis cassant. J'imaginais assez mal comment, toute princesse qu'elle fut de par la grâce de sa marraine la fée, Cendrillon pouvait chausser des pantoufles de verre sans avoir terriblement mal aux pieds. Ma mère et ma grand-mère, qui me lisaient parfois l'histoire et à qui je posais régulièrement la question, n'y voyaient rien à redire. Du verre ? Ben oui, c'est évident...

    Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai compris, au prix de recherches dans un dictionnaire, que le mot "verre" s'écrivait en réalité "vair" et que la vérité cruelle cachée derrière ce mot, n'était pas faite pour être révélée aux petits enfants.