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  • 13 août 2018

    L'amour, les livres, les rêves - Partie 2

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    Deuxième partie d'une série de trois billets écrite de longue haleine (depuis le mois de mai dernier !) en réponse à une série de trente questions très variées  que ᕳ Krysalia ᕲ ✂️ avait proposées sur twitter et qui m'avait - une fois n'est pas coutume - tout de suite émoustillé les sens.
     

    11/ Quel était ce ou cette prof que tu adorais ? Pour quelles raisons ?

    J'ai beaucoup aimé deux profs, deux femmes, en particulier. La première s'appelait Mademoiselle F., elle enseignait la physique et la chimie en sixième. Ce cours fut une révélation. Pour la première fois de ma vie j'avais en face de moi quelqu'un capable de répondre à mille questions, de susciter en moi une curiosité insatiable et de me donner encore plus envie d'apprendre : l'atome, les molécules, la matière... Tout l'univers s'offrait à moi et j'avais enfin les clés pour le comprendre. Je me souviens que chaque cours était l'occasion de l'inonder de questions auxquelles elle répondait avec un plaisir infini, me donnant même à lire des revues de sa bibliothèque personnelle. Je n'apprenais pas, je jouais, je m'amusais. C'était véritablement incroyable.

    Littéralement assoiffé de cette soif intarissable qui ne m'a jamais quitté, je me souviens avoir un jour trouvé chez mes grands parents, un vieux livre de physique-chime de terminale ayant appartenu à l'une de mes tantes. Il y était question de l'hydrogène, de fusion, de fission et de bombe atomique. Je ne comprenais pas grand chose à tout cela mais les schémas - très sommaires - ainsi que les illustrations en noir et blanc alimentaient et décuplaient mon imaginaire.

    C'est ainsi qu'un beau matin, après le cours, je vins trouver Mademoiselle F. et lui posais cette question, un peu inhabituelle dans la bouche d'un gamin de dix ou onze ans :
    "Madame, qu'est-ce que c'est la masse critique ?"...
    Je me rappelle également de cette prof de français que j'avais vraiment adoré, Madame F. J'ai toujours aimé les cours de français. Alors que j'étais en classe de sixième, Madame F. estimait que j'avais quelques prédispositions littéraires et m'encourageait dans mon travail, prenant régulièrement mes rédactions en guise de modèle qu'elle lisait en classe.

    Je ne sais plus exactement comment nous en sommes arrivé là mais, une fois passée les deux premiers trimestres, elle me laissait tous les quinze jours, dans son casier de la salle de des profs, un Stephen King à lire, pour mon plaisir personnel, en plus des lectures et des nombreux comptes rendus obligatoires à rendre pour ses cours. 

    Grâce à elle je découvris des classiques de la littérature d'horreur : Christine, Cimetierre, Ça et bien d'autres encore...

    12/ Quelle est cette petite chose que tu sais faire et qui n'a aucun intérêt, mais qui te fait sourire ?

    Je sais casser un œuf avec une seule main. Cela ne sert strictement à rien. Cela n'impressionne pas grand monde, sauf les gens qui ne savent pas casser correctement les œufs avec leurs deux mains.

    Aussi, je choisis toujours soigneusement mon public avant que de me livrer à ce petit tour d'habileté futile.

    13/ Raconte (avec le niveau de détails que tu veux) la prise de conscience de ton premier sentiment amoureux.

    Je serais bien en peine de le décrire tant je ne suis pas sûr du moment ni du contexte où il a eu lieu.

    En effet, longtemps enfermé dans mon placard, je me suis gardé d'éprouver le moindre sentiment pour un garçon,  alors même qu'un nombre incalculables d'indices aurait dû me faire renoncer. Mais les méandres de l'intellect et les liens vigoureux de certaines constructions sociales sont trop longs à défaire et trop coriaces pour céder du premier coup.

    Quoi qu'il en soit, je me souviens de cet épisode étrange, lorsque j'avais une vingtaine d'années. Il y avait alors, dans la paroisse que je fréquentais chez mes parents, un séminariste libanais, venu passer une année en France. C'est très étrange d'en parler ici car je crois ne jamais l'avoir fait, ni n'avoir, depuis lors, pris de temps de réanalyser les faits....

    Il s'appelait W. et venait de la ville de Jounieh. Lui et moi avons rapidement sympathisé, probablement car nous ne devions pas avoir une différence d'âge importante et parce que le Liban est un pays qui, culturellement et historiquement, m'a toujours fasciné. Toujours est-il que, lui et moi, avons noué ce qu'au départ je prenais pour de l'amitié. Et puis un beau jour je me suis rendu compte que c'était certainement plus que cela...

    Cela se passe en été. Un bel été comme Toulouse et sa région en produisent tous les ans. Encore étudiant, je passais mes vacances chez mes parents. W. et moi nous voyions alors régulièrement le soir, pour aller faire du vélo et discuter, de tout, de rien. D'abord occasionnellement puis, l'été venu, presque tous les jours. Pour moi c'était normal. J'en avais besoin et je passais en sa compagnie des moments merveilleux. Avec la force de l'expérience je prends toute la mesure de ma naïveté.

    Une certaine semaine s'est produit un événement imprévu et contrariant. Alors que j'allais toquer chez lui pour le retrouver, je trouvais porte close. Les volets étaient fermés. Personne ne vint m'ouvrir. W. n'était pas là. Je rentrais donc chez moi bredouille.

    Le lendemain se produisit exactement la même chose. Arrivant à vélo devant chez lui après souper, mes frappements à la porte demeurèrent vains. Je rentrais donc à nouveau chez mes parents, sans avoir vu mon ami, le cœur un peu serré par cette disparition dont je n'avais pas été prévenu.

    Je réitérais ma tentative le troisième jour, toujours à la même heure, avertissant préalablement mes parents de mon départ pour rejoindre W. comme à mon habitude. La réponse de ma mère aujourd'hui encore me hérisse le poil :
    "Encore ? On dirait que tu lui cours après !"
    Il me faudra des années pour admettre, malgré moi, qu'elle avait raison.

    14/ Que veut dire pour toi la couleur rose (quelle est sa symbolique, son sens métaphorique, dans ton univers personnel ?)

    Dans mon langage à moi, et par une construction sociale que tout un chacun comprendra, j'associe primairement le rose à la féminité.

    C'est aussi une couleur qui vibre énormément et que je trouve élégante associée à du noir. Elle souligne à merveille un détail sur un vêtement et donne de la fraîcheur à une tenue.

    Le rose est néanmoins une couleur que je porte assez peu. Non pas qu'elle ne me plaise pas, c'est qu'elle ne me convient pas vraiment au teint.

    15/ Même question pour la couleur jaune.

    Le jaune, c'est le soleil, la lumière. Mon premier appartement étudiant était entièrement tapissé en jaune et je crois que j'aimais cela.

    C'est une couleur tonique que je porte également très peu car elle s'associe assez mal à ma blondeur et à ma carnation claire.

    16/ Est-ce que tu pratiques des arts, et s'il y en a plusieurs, est-ce que tu en as un préféré ? Pourquoi ?

    Je pratique la musique, fidèle et envahissante compagne.

    La musique, ce moyen prodigieux de dire l'indicible, de hurler les tristesses et les fureurs les plus accablantes, d'exprimer les émotions les plus intimes, bien plus puissamment que les mots. 

    J'aurais aimé savoir dessiné et peindre. J'admire ceux qui ont un coup de crayon...
    Il paraît que je n'écris pas trop mal.

    17/ Quelle est ta plus grande fierté, celle qui te remplit de joie et remonte ton estime de toi même quand tu y songes ?

    Je n'ai pas à proprement parler de grande fierté, je ne crois pas être quelqu'un de fier, étant au contraire en permanence dans le doute et la remise en question.

    Néanmoins, la fierté que je m'accorde est celle de ce que je suis devenu, de ce que j'ai fait, de mon parcours personnel et professionnel.

    Car lorsque je me retourne et que je regarde tout ce que j'ai vécu, en Argentine, au Québec, à la Fac,  pendant mes études et ailleurs, je me dis que, oué, putain, ça je l'ai vraiment fait. Du haut de mes quarante petites années,  j'ai déjà eu une vie bien remplie et riche en expériences. Quelqu'un me le disait encore il y a quelques semaines, avec raison. Et je le remercie de m'avoir un peu ouvert les yeux.

    18/ Si tu avais le pouvoir (potion, sort, algorithme) de faire tomber une personne amoureuse de toi, le ferais-tu ? Pourquoi ?

    Non, je ne le ferai pas.

    Parce que l'amour est un oiseau bohème qui n'a jamais connu de loi. "L'amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser et c'est bien en vain qu'on l'appelle s'il lui convient de refuser" chante Carmen dans sa célèbre Habanera.

    Surtout, étant d'un naturel qui s'ennuie rapidement, comment ne pas s'ennuyer de quelqu'un dont on sait qu'il vous aime et vous aimera inconditionnellement, sans qu'il n'y ait jamais aucun défi de séduction à renouveler ?

    19/ Si je te parle de plaisir, quel est le premier truc auquel tu penses spontanément ? pourquoi ?

    La masturbation.

    Un plaisir simple et facile, que l'on peut partager en tout lieux, à toute heure, seul ou à plusieurs, sans aucune limitation...

    20/ (allez plus que 10 :D) As-tu une opinion au sujet des radis ?

    C'est très bon les radis. J'en consomme souvent d'ailleurs. C'est la première plante que j'ai faite pousser, avec mon grand père, lorsque j'étais tout gamin. Nous avions un immense jardin potager où mon grand-père passait la majeure partie de son temps libre. Dans ce terrain de jeu extraordinaire pour un bambin, poussaient des pieds de tomates odorants, des haricots à rame qui poussaient le long de tuteurs gigantesques - dont l'assemblage constituait, pour mon frère et moi, un tunnel fantastique à traverser - des plans de courgettes aux fleurs incroyables et mille autres merveilles sur lesquelles je n'avais de cesse de m'extasier.

    Je ne sais plus exactement comment cela s'était fait, mais il me semble, du fin fond de mes souvenirs, que j'avais dit à mon grand père que, moi aussi, je voulais un jardin pour y faire pousser des légumes et faire comme les grands. Ce dernier m'avait donc proposé de me prêter un petit carré de terre et d'y planter avec lui des radis.

    Je me souviens parfaitement en revanche de l'instant où, lui et moi, les avons semés, ces radis.

    Nous avions acheté la semence le matin même, à la coopérative. Il y avait tout un tas de variété et mon grand père, en homme de la terre avisé, choisit d'une main sûre le paquet idoine. Des radis rouges à bout blanc, communs. J'étais un peu déçu car j'avais repéré, sur le présentoir, de la semence de radis complètement rouges qui me paraissaient d'un exotisme ravissant. Mais du haut de mes six ans ou sept ans, je n'avais alors pas voix au chapitre.

    De retour à la maison, et venus au jardin dont un petit carré d'un mètre sur un mètre avait été préparé à dessein, mon grand père se saisit d'une vieille boit de conserve rouillée dans laquelle il jeta une poignée de sable avant d'y verser une partie du sachet de semence. Puis il me montra comment, d'un geste ample, je devait disséminer ce mélange sur mon lopin de terre. Nous arrosâmes ensuite avec toutes les précautions requises, munissant le lourd arrosoir de ferraille de sa pomme pour humecter délicatement la surface du sol.

    Ça y était : j'avais mon jardin... et bientôt mes premier radis.

    Et vous ?

    (La suite le lundi 27 août)


    10 août 2018

    Vive les vacances, vive l'insouciance...

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    Ca y est.
    Enfin, le grand jour est arrivé. Il m'a semblé tellement abstrait ces derniers temps, que je finissais par croire qu'il ne viendrait jamais.

    Me voici enfin en vacances !  (ouiiiiiiii !)
    Rhâlâlâlâ... Je suis tellement épuisé, j'avais tellement de mal à travailler depuis mon retour de ces quatre petits jours au Portugal au début du mois. Certes ils m'avaient déjà fait un bien fou mais, cette fois, il était vraiment temps que j'arrête la machine pour un repos prolongé. Qui veut voyager loin ménage sa monture et, en l'ocurrence, la monture c'est moi.

    Pour me ressourcer et regonfler les batteries, dans un premier temps, direction Paris, où je ne suis pas allé en pur touriste depuis une demi-éternité au moins (fichtre, cinq ans !). Ca va être fabuleux de me réveiller en pleine capitale, de regarder par la fenêtre, de me dire "Youpi, je suis à Paris !" et de passer la matinée à ne rien foutre, affalé dans le canapé en regardant la télévision et juste profiter du moment, du décalage, du changement de cadre, pour déconnecter complètement.

    Car mon programme s'annonce très chargé : farniente intensif, rienfoutage, siesting, dormage et reposing, entrecoupé de glou et de rigoling avec des copains, de rencontring avec des gens sympas avec qui je discute sur twitter, et de retrouvailling avec d'autres que je n'ai pas revus depuis (beaucoup) trop longtemps.

    Une belle petite semaine en perspective qui s'annonce d'ores et déjà très riche.

    La seconde partie sera dans un cadre tout autre car je prendrai ensuite la route des Pyrénées. Là-bas j'ai rendez-vous avec un grand bol d'air pur (oui, on me glisse dans l'oreillette que Paris, niveau air pur, ce n'est pas tout à fait au point) et, si la météo le permet, vadrouiller à loisir en montagne, tel un petit écureuil évanescent (c'est une image) à l'assaut des monts et des cimes enherbées. Tambour-Heidi en somme. 

    Deux semaines qu'elles vont faire beaucoup du bien.
    Et cela commence maintenant.

     

    7 août 2018

    Obrigado Lisbonne

    2 commentaires
    C'était il y a trois semaines. Quatre petit jours à Lisbonne qui font du bien. Quatre petit jours dans une ville dont j'avais à peine effleuré les rives du Tage un matin de janvier alors que je rentrais d'un long voyage au Brésil. Autant dire que je n'avais rien vu. 

    Et puis cela faisait un petit moment que j'avais très envie d'aller visiter Lisbonne et m'imprégner un petit peu de cette ville et de ce pays dont je ne connais en réalité pas grand chose. 

    L'occasion a fait le larron.


    Avec deux amis, nous avions loué un appartement en plein cœur du quartier Alfama. Un joli appartement sous les toits, lumineux et cosi tout ce qu'il faut qui nous a permis de nous sentir aussitôt comme chez nous. 

    Depuis les fenêtres de la cuisine, notre regard portait sur les jardins cachés, leur calme intemporel et les odeurs succulentes qui s'en dégagent une fois la fraîcheur du soir tombée.


    Quatre petits jours qui m'ont donné un premier aperçu de la ville aux sept collines, ses points de vue, sa lumière, son architecture, son rythme, sa langue qui m'est imperméable et dont l'accent si doux a si bien contribué à m'arracher de mon quotidien. 

    J'en avais tellement besoin.

    Ho Lisbonne, que j'ai aimé me noyer jusqu'à l'ivresse dans ton ciel si bleu sur lequel se dessine si bien la pierre blanche des clochers. Ce bleu incroyable qui couronne tes toits et contraste si extraordinairement avec l'exubérante crinière incandescente de tes bougainvillier.


    Ô combien j'ai adoré me promener dans tes rues pleines de nostalgie à Alfama, et me laisser envoûter par cette impression étrange qu'elles me replongeaient dans une sorte de passé pas si lointain et si plus proche à la foi. Celui de mes grands parents probablement. 

    Ce temps d'antan propice à une certaine forme d'insouciance.

    Ce temps où l'on entrait dans les maisons par la cuisine. Ce temps où l'on discutait sur le palier entre voisins en rentrant du marché, un sac de courses à la main avec le linge qui sèche à la fenêtre.
     

    Cette époque où l'on faisait cuire son riz avec un dés de bouillon de volaille dans une cocotte en aluminium cabossé.

    Comme ce riz simple et pourtant délicieux que j'ai pu savourer avec un poulet au curry formidable, à l'ombre d'un bouiboui familial trouvé par hasard au détour d'une rue, mère et fils en salle, et la grand-mère aux fourneaux. Les saveurs d'antan... madeleine de Proust !

    Quatre petits jours hors du temps, perdu entre ciel et mer, à l'ombre des ruelles et des musées, comme une préfiguration des vacances à venir et qui commencent bientôt.

    Oh oui, Lisbonne, je reviendrai te voir.
    Obrigado !

    1 août 2018

    L'amour, les livres, les rêves - Partie 1

    15 commentaires
    Voici une suite de trois billets écrits de longue haleine (depuis le mois de mai dernier !) en réponse à une série de trente questions très variées  que ᕳ Krysalia ᕲ ✂️ avait proposées sur twitter et qui m'avaient - une fois n'est pas coutume - émoustillé les sens.

    Il faut dire que j'aime ce genre de questionnaire un peu fourre-tout, sorte d'inventaire à la Prévert 2.0. Je trouve que celui-ci possède une touche de profondeur supplémentaire qui en fait un outil d'introspection ma foi fort intéressant.

    Trente questions, trente réponses. Certaines ont appelé, et pourraient encore appeler, d'amples développements. Certaines pourraient donner lieu,, et ont parfois déjà donné lieu, à des billets entiers auxquels je renvoie parfois purement et simplement.

    Si certaines questions sont légères, d'autres sont en revanche particulièrement intimes. Je me suis efforcé d'y répondre avec la plus grande sincérité, exercice qui n'est pas facile, certains événements ayant encore aujourd'hui conservé un parfum amer.

    Trente questions donc.
    Pour en faciliter la lecture et éviter un billet roboratif, j'ai délibérément saucissonné le questionnaire en trois parties, chacune d'elles comportant dix questions. Trois dizaines, qui seront publiées en trois fois, tout au long du mois d'août. Ce sera en quelque sorte mes devoirs de vacances.

    Sans plus tarder, voici donc la première salve.

    1/ Que penses-tu de ton prénom (sans le donner si tu ne veux pas) ? Si tu pouvais choisir tu prendrais quoi à la place ?

    Personne dans ma famille, parrain, oncle ou grand-oncle de degré divers, ne porte mon prénom, à quelque titre que ce soit. Tant et si bien que son attribution demeure quelque peu obscure. Pourquoi celui-ci et pas un autre ? Car j'ai failli m'appeler Vincent ou encore Sébastien, prénoms bien plus en vogue chez les enfants de ma génération.

    C'est pourtant un tout autre prénom que mes parents m'ont donné.

    Un temps je me suis questionné sur ce prénom, tombé en quasi désuétude peu d'années avant qu'il ne me soit attribué.

    Sans exotisme particulier, je lui ai longtemps cherché un sens. Avec la patine du temps, il finit par se fondre dans la masse. Il est moi. Je suis lui. Nous sommes, lui et moi, ensemble pour la vie.

    2/ On te donne un choix obligatoire entre : manger tous les jours des épinards (mais tu peux les assaisonner / agrémenter et les cuire de diverses manières), ou avoir des cheveux verts sur la tête pour toujours (que tu ne peux pas teindre ni raser). Qu'est-ce que tu choisis ?

    On dirait un sketch de Pierre Palmade cette question... Hé bien tout d'abord figurez-vous que j'aime bien les épinards, donc cela ne me dérange pas d'en manger régulièrement. Mais de là à en consommer tous les jours, il y a un pas que je n'ai encore jamais franchi.

    Cela étant, les épinards s'accommodent très facilement de multiples manières, que ce soit avec de la béchamel, fondus avec du fromage de chèvre, cuits à l'étouffée avec un peu de lait de coco et de curry rouge, crus en salade avec un filet de balsamique et d'huile de noix, comme base pour farcir des empanadas ou pour garnir une torta de pascualina... C'est sans fin.

    Quand aux cheveux verts, faut-il vraiment que je réponde à la question ?

    3/ Est-ce que tu as une ou des fleurs préférées ? Ou des plantes préférées ?

    De manière générale j'aime beaucoup les fleurs. Chacune a son caractère, son rythme, son élégance, ses arômes. Que ce soit la fleur si discrète du noisetier accessible aux seuls initiés, blottie contre son bourgeon, ou encore la floraison abondante des poiriers et des pommiers qui fait rosir les vergers...

    Mais puisque la question est celle de mes fleurs préférées, j'apprécie particulièrement les iris, fleurs sauvages sans réel parfum, dont Van Gogh a su si justement restituer l'élégance fragile.

    Et s'il en est une autre que je dois citer, c'est évidemment la fleur de magnolia dont l'odeur fraîche et acidulée me rappelle une farandole de souvenirs.

    4/ La maison de tes rêves : en ville, en campagne, au bord de l'océan ? Décris-là.

    Idéalement la maison de mes rêves se situe à la campagne, au milieu des champs, hors de vue, blottie au pied d'une coline ou au creux d'un vallon, avec quelques arbres tout autour et une immensité verte faite de près et de champs dont la forme et les couleurs variraient au cours des saisons.

    Une belle et grande maison à laquelle on accèderait par un chemin de terre qui serpenterait au milieu de la campagne et tout au long duquel s'installerait le silence des hommes, au fur et à mesure que jaillirait la rumeur du vent dans les herbes folles et le chant des oiseaux.

    Non loin de la vaste façade trônerait un arbre à la ramure majestueuse, s'érigeant en sentinelle bienveillante. Accueillant le passant à demeurer sous son ombre le temps d'une sieste ou d'un repas dont le maître des lieux aurait plaisir à régaler ses amis, il serait un point de repère. C'est là. C'est ici. Soyez les bienvenus.

    L'on pénètrerait dans la bâtisse, une bastide, par une vaste porte de bois qui s'ouvrirait sur un large couloir perforant le rez-de-chaussé de part en part, jusqu'à l'arrière de la maison, lui aussi gardé par une porte de bois lourd. Au dessus de la première, un jour orné d'un vitrail grossier éclabousserait ses couleurs sur des carreaux de ciment aux motifs incertains. L'impression première de pénombre laisserait rapidement la place à une sensation de lumière douce. A travers les volets de bois mis-clos protégeant de la torpeur estivale, filtrerait une lumière blanche et vive sous l'éclat de laquelle, étalé de tout son long, un chat apathique roupillerait avec un bonheur communicatif...

    5/ À propos des livres : lequel jetterais-tu symboliquement à la poubelle ? Lequel mettrais-tu sous ton oreiller, lequel emmènerais-tu au travail ?

    Jeter un livre à la poubelle... quel triste sort pour un livre. Quel geste cruel pour un livorphile. Il m'est pourtant arrivé d'en jeter : des livres de fac, devenus obsolètes. Leur contenu n'avait plus aucune valeur, même historique. Je me suis résigné.

    Sous mon oreiller je mettrais probablement Du côté de chez Swann ou l'un quelconque des volumes de La Recherche de Marcel Proust, auteur que je tiens pour l'un de mes préférés et dont l’œuvre procure une lecture inépuisable.

    Au travail, j'emporterais probablement avec moi un ouvrage de Jean-Jacques Rousseau. Du contrat social, certainement. Je me rends d'ailleurs compte en écrivant ces lignes que je n'en ai pas relu une page depuis ma classe de première, il y a plus de vingt ans... 

    6/ Quel était ton livre préféré avant de savoir lire ? Et juste après ?

    Avant de savoir lire, je ne me souviens pas exactement, c'est un souvenir très vague d'un livre à la couverture cartonnée que m'avait ramené mon père un dimanche en revenant de la messe. Rien de religieux. Une histoire de canards je crois bien.

    Ce livre avait une forme, celle d'un animal ou de quelque chose de ce genre-là, la découpe de la couverture suivant le dessin de la silhouette des personnages y figurant. Il y avait cette forme oblongue et toute en courbes mais également une odeur, je ne sais plus laquelle. Mais je me souviens que j'aimais l'odeur de ce livre.

    Après avoir appris à lire, je crois que l'un de mes livres préférés était un illustré avec de très jolis dessins, intitulé Le petit trappeur. Il raconte l'histoire d'un petit trappeur au Canada qui pose des pièges - des cages - pour capturer des animaux. Un beau jour il tombe dans l'un d'eux et ce sont des animaux de la forêt qui viennent le délivrer. Je me souviens très bien de ce livre et je le relis encore parfois, car je le possède encore...

    7/ Toujours les livres : lequel offrirais-tu ? Lequel laisserais-tu sur un banc pour qu'il soit trouvé, (pour partager sa valeur) ? Lequel brûlerais-tu ?

    Un de mes livres préférés, que j'ai toujours envie de partager en l'offrant ou pourquoi pas en l'abandonnant sur un banc, c'est Le Joueur d’échecs, de Stefan Zweig et qui se passe sur un bateau de croisière à bord duquel a embarqué le champion du monde en titre d’échecs. Tout l’équipage se presse autour du phénomène en pleine gloire. Après avoir longtemps refusé, ce dernier accepte, grand seigneur, de jouer une partie d'échecs seul contre tout l’équipage.

    La partie a donc lieu au jour et à l'heure convenus. Et très rapidement ce qui devait arriver arriva : le champion domine la partie de manière écrasante. L'équipage est à deux doigts d'abandonner lorsque quelqu'un à qui personne n'avait jusqu'alors prêté attention, s'approche de la table et, en quelques coups, sous le regard ébahi de la salle, inverse la situation, mettant le champion du monde en fort mauvais posture. Stupeur... Mais qui donc est cet homme capable de tenir tête au champion du mode lui-même ?  

    Quant au livre que je serais prêt à brûler, je ne vois vraiment pas. Jeter un livre, quel qu'il soit - ma bibliothèque compte un certain nombre de navet indignes de la pire des soupes - revêt une part de profanation. Il y a eu assez d'autodafés par le passé...

    8/ Cette personne de ton passé t'a tout appris, tu le ou la respectes profondément. Qui est-ce ?

    Un professeur d'histoire et géographie au collège. Monsieur F. Il ne m'a pas tout appris mais, exigeant avec ses élèves, il nous poussait sans relâche vers l'excellence et nous restituait au centuple. A ceux qui lui ont fait confiance, il a donné le goût de l'effort intellectuel et le plaisir de travailler.

    Souvent je pense à lui, trente ans plus tard. 

    9/ Au lycée, qu'est-ce que tu aimais si fort, dans ta matière préférée ?

    Étrangement je ne me souviens pas véritablement avoir eu une matière préférée au lycée. En réalité, j'ai détesté mes classes de première et de terminale que j'ai vécu comme un cauchemar. Non pas en raison des matières, mais bel et bien en raison des personnes exécrables qui me tenaient lieu de camarades de classe.

    J'ai toujours aimé le français, en littéraire semi-refoulé que j'étais. J'ai dévoré les cours de biologie et découvert avec passion les fascinantes "cascades hormonales" par lequel le corps humain maintient son perpétuel équilibre.

    Toutefois, dans le contexte d'animosité constante dans lequel baignait ma classe, je trouvais une sorte de refuge dans les passionants cours d'espagnol de Madame P. Réservés aux littéraires, mais connaissant ce professeur pour l'avoir déjà fréquenté avec plaisir au collège, j'avais réussi, par l'une de ces opportunités miraculeuses que vous livre parfois le Destin, à déserter ma classe d'écervelés pour rejoindre le groupe pacifique et bienveillant des terminales L chez qui j'avais quelques très bon amis. C'est cela, que j'aimais particulièrement.

    10/ Quel était ce ou cette prof que tu as tellement détesté, le plus de toute ta scolarité, et pour quelles raisons ?

    Sans hésiter, Monsieur D., le prof de maths de mes cauchemars...  J'avais dressé son portrait ici et je vous invite à le lire.

    Par la suite, j'en ai eu des profs terribles à la fac. Mais lui, conservera à tout jamais la palme du prof le plus infect de toute ma scolarité.

    Et vous ?

    (La suite le lundi 13 août)

    27 juillet 2018

    La Radio de l'été des Blogueurs 2018

    3 commentaires

    Tagué coup sur coup (mais que leur ai-je fait ?) par la virevoltante (si !) Nekonezumi et par l'indomptable (il paraît) Chouyo, me voici contraint de pondre (côt ?)  un billet pour cette nouvelle édition de la Radio de l'été des blogueurs, petite sauterie de blogueurs.ses. non-binaires et semi-quantiques à prépondérance variable, tenue d'une main de fer par Lolobobo. Pour ceux qui découvrent le bidule, les règles du jeux sont ici.

    N'abusons pas non plus l'autorité de ces deux inoxydables blogueuses parce que, mine de rien, j'avais prévu de participer cette année aussi. Je n'avais qu'à décider quel titre choisir, ce qui n'était pas une mince affaire. C'est en tout cas une excellente occasion de bloguer un peu (passke bon hein... mine de rien je n'ai rien foutu depuis quinze jours ici bas), le temps de trier mes photos de Lisbonne et de vous raconter combien j'ai aimé cette ville.

    Donc donc donc...
    (Je sens déjà Lolo suer à grosses gouttes devant son clavier)

    Mon titre de l'été 2018 sera un morceau frais et léger, comme un petit rosé que l'on savourerait au bord d'une piscine le soir en prenant l'apéro, les pieds dans l'eau.

    Un petit rien totalement léger comme une brise dans les feuilles et qui invite à la nonchalance la plus totale : Arc-en-Ciel, signé Polo & Pan. Un titre que j'ai découvert il y a quelques semaines au festival Garorock et qui me rappelle, de fait, plein de jolis souvenirs.



    Pour ceux qui veulent écouter la sélection de cet été, le lecteur est dans la barre latérale.

    Et comme je me dois de refiler la patate chaude, demandons à Orphéus et à Gildan (ça lui donnera l'occasion d'écrire à cet fainéant !).

    Miaou !

    15 juillet 2018

    La photo du mois de Juillet : Le Vent

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    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 juillet, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Pat qui nous a proposé : Le Vent.

    J'avais, pour répondre à ce thème, plusieurs idées de photos en tête, notamment une assez jolie photo d'orgue, étant un peu monomaniaque sur ce sujet, l'orgue étant qui plus est un instrument à vent, et pas des moindres ! 

    Cela étant, ayant déjà posté plusieurs photos d'orgue en illustration de la photo du mois, je me suis dit qu'il fallait peut-être faire preuve d'un peu plus d'originalité.

    Alors, en fouillant dans mes archives, et songeant à la rando en montagne de ce weekend, je me suis souvenu avoir pris celle-ci l'an dernier, lors d'une escapade dans les Pyrénées et qui, je crois, colle très bien au thème du jour.

    Même si en l'occurrence, du vent, il n'en faut point trop, l'idée était plutôt de rattacher le thème à la liberté : être libre comme l'air, libre comme le vent.

    J'aimerais beaucoup essayer de faire du parapente d'ailleurs et ressentir cette même liberté, voir par delà les montagnes et flotter comme une (très grosse) plume... 

    9 juillet 2018

    Poésie automatique et autres billevesées superfétatoires

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    Je ne saurais dire pourquoi j'aime les générateurs aléatoires de contenu. En fouillant ce matin dans les archives de ce blog - ce que je fais de temps en temps histoire de me remémorer ce que je faisais à la même période les années passées, de me rappeler de jolis souvenirs ou de savourer le temps qui s'est écoulé depuis - je suis tombé sur ce billet et le lien l'accompagnant : un générateur aléatoire de poésie fonctionnant avec twitter.

    Et , Ô surprise, le lien fonctionne encore.

    Entrant les références de mon compte twitter puis choisissant la forme poétique souhaitée, je laissais la machine, dans le mystère insondable de ses circuits imprimés inexpressifs, faire sa besogne et générer le cadavre exquis demandé, sorte de créature de Frankenstein assemblée à partir de mes derniers gazouillis, vivant ainsi une existence qui n'est pas la leur.

    Et comme à chaque fois, l'exercice fait s'entrechoquer, de manière assez drôle et non-dénuée d'un certain à propos hasardeux mais bienvenu, des bribes de conversations tenues avec les uns et les autres et que je me suis plu à reconnaître, ici et là, mais totalement déformées par la perte de leur contexte initial. Si vous voulez vous amuser, cela se passe ici.
    Toutes circonstances…
    by Tambour Major

    Accroché à flanc de colline.
    N'est plus un paradis. La liberté…
    Bientôt le caniche de la voisine...
    De mordre dans du sucré... 🤤

    Merci ma petite morue des Carpates.
    Me file particulièrement le blues.
    Biodiversité et les z'insectes...
    Pour les esprits romantiques.

    C'est moi le chauffeur...
    Où sera le 14 juillet prochain...
    Le goût ? L'odeur ?
    Journée en perspective pour demain.
    De WTF intégral, quel bonheur !
    Dans un tout autre genre des choses aléatoires que j'aime, il y avait le petit jeu "Pochette académie" qui circulait autrefois sur les blogs et que j'avais vu chez Matoo. (Mein Gott... c'était il y a DIX ANS... Bordel de merde je n'aurais pas dû faire cette recherche !!!)

    Pour ceux qui n'auraient jamais joué, il s'agit de créer une pochette d'album en respectant quatre règles toutes simples. Il vous faudra un logiciel quelconque de dessin ou de retouche photo (Paint ou Picasa suffit largement) ainsi que quelques toutes petites minutes.

    Le premier article de la page est le nom de votre groupe ;

    Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album ;

    La troisième photo, quelle qu’elle soit, sera votre pochette d’album !

    4. Prenez la photo, ajoutez-y votre nom de groupe et le titre de l’album ; vous avez maintenant votre pochette d’album.

    Tadaaaaaaaaaam !


    Comme à chaque fois, je trouve très amusant de constater que, au final, on obtient ainsi une pochette d'album qui aurait réellement pu exister. Car, si l'on y prête un tout petit peu attention, les titres de certains albums sont absolument invraisemblables et ne veulent rigoureusement rien dire, pour me limiter au titre sans aborder le délicat sujet des paroles.

    Je vous invite à poster les fruits de vos poésies aléatoires ainsi que vos pochettes de future nouvelle star dans les commentaires, si le cœur vous en dit !
    Dix ans... bordel...

    7 juillet 2018

    Des amis, mes parents, Marylin Manson et moi

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    Pfiou, ça fait un petit moment que je n'ai pas écrit ici. Dix sept jours exactement. Non pas que je n'aie rien à dire mais le temps et l'énergie manquent pour le faire. Le mois de juin a passé à toute allure et la première semaine de juillet est déjà derrière moi. Allons bon...

    Changement de dizaine oblige, j'ai fêté dignement mon anniversaire avec des copains, mobilisant pour l'occasion la maison familiale des parents à la campagne. Une bonne grosse poignée d'amis venus d'un peu tous mes cercles : les musiciens, les intimes, ceux du rugby et bien d'autres encore. Tout ce petit monde s'est agréablement mêlé tout au long d'une magnifique soirée organisée à la campagne, autour de grillades, d'une piscine et de quelques moustiques voraces. 

    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas organisé une pareille soirée qui a dû réunir une petite quarantaine de convives, et je dois dire que cela m'a fait un bien immense de les avoir tous autour de moi et de recevoir autant d'amour. Être entouré, choyé, enveloppé de sourires et de bienveillance...

    Chose qui m'a faite rire : la proportion assez élevée de garçons sensibles parmi eux, c'est à dire environ les trois quarts. Je crois qu'il n'y avait jamais eu autant de pédés dans le village !! On aurait facilement organiser une Gay-Pride, hu hu hu...

    J'avais sur ce point une toute petite appréhension quant à la réaction de mes parents car ils ne connaissent quasiment aucun de mes amis dont une part importante sont des licornes, et je ne sais pas trop où ils en sont dans leur construction personnelle depuis que je leur ai fait mon coming-out voici quelques années seulement. J'ai eu la très bonne surprise (mais en était-ce vraiment une ?) de voir mes parents discuter avec un peu tout le monde et les entendre me dire ensuite, notamment à propos d'un couple d'amis qui vient tout juste de se pacser : "Ils étaient super sympas eux". Preuve qu'ils sont bien plus ouverts d'esprit que ce que j'imaginais jusqu'à il y a encore peu.  J'ai vraiment des parents formidables.

    Au rang des choses un peu moins formidables, j'ai mis fin à mon histoire avec ce charmant garçon que je fréquentais depuis deux mois et avec lequel j'avais toutes les peine du monde à communiquer. La décision fut en définitive assez simple à prendre. En fait, il s'y attendait un peu, m'a-t-il confessé. Je ne sais définitivement pas mentir avec mes sentiments... Néanmoins, il a compris mes raisons et nous restons en bons termes. A tel point qu'il était convié à ma soirée d'anniversaire et que nous continuons à nous voir car, en dépit de l'absence d'amorce de sentiments, nous nous apprécions mutuellement. Encore une fois, on récolte ce que l'on sème. Et la vie, pour lui comme pour moi, continue.

    Enfin, le mois de juin s'est terminé brillamment par une petite escale à Marmande où se déroulait, le weekend dernier, le festival Garorock. C'était bien la première fois que je mettais les pieds dans un tel festival, sortant ainsi largement de ma zone de confort. Hébergé aux premières loges chez un ami, j'ai passé quatre jours géniaux en bonne compagnie. Une brève pause comme un avant-goût de vacances qui tardent à venir.

    S'agissant du Festival, j'avoue que, plus d'une fois, j'ai eu l'impression de vivre un épisode de Rendez-vous en terre inconnue... Public hyper jeune (22 ans de moyenne d'âge), musique assez loin de mes standards, ambiance de colonie de vacances, déluge de corps dénudés, des choupis et des pandas par centaines... A ce niveau, ce fut un véritable supplice pour les yeux ! 

    Niveau musical, le bilan est assez mitigé. Le jeudi, le festival s'ouvrait avec Indochine, groupe que je me réjouissais d'entendre en live, même si je ne suis pas un aficionado de leur musique. Hé bien, je n'ai pas vibré du tout. Mais alors... rien ! Je n'ai pas été emporté par leur univers musical. D'un morceau à l'autre, la même ambiance, les mêmes enchaînements d'accords, la même tambouille, le tout noyé dans un océan de basse sur-gonflées jusqu'à l'obscène. En fait, la seule chanson qui est sortie du lot, c'est celle qu'un autre avait composée pour eux. Bon... J'en attendais peut-être trop d'un groupe qui a pourtant une bonne petite carrière derrière lui. Mais je suis un peu déçu.

    Je n'ai pas non plus vibré à la prestation de Eddy de Pretto, que j'ai trouvé tellement égal à lui même, en parfaite copie de ce que l'on a déjà entendu mille fois, ni à beaucoup d'autres, les rappeurs en particulier dont la prose m'afflige, et les DJ en général dont je trouve la musique d'une pauvreté terrifiante et d'un manque cruel d'inventivité. Je n'étais clairement pas le public cœur de cible. Rendez-vous en terre inconnue, disais-je. 

    Alors, non, je ne jette pas tout car j'ai tout de même beaucoup apprécié Django Django, dans une lignée pop anglaise acidulée élégante et efficace, et des musiciens qui prennent visiblement leur pied sur scène. Dans la même veine, j'ai aussi passé un très joli moment avec Charlotte Gainsbourg que je reverrai avec un immense plaisir. Là aussi, les musiciens sont excellents et l'on entend tout le boulot qu'il y a sur la qualité du son. Du travail d'orfèvre sacrément bien foutu !

    Enfin, le Golden What The Fuck Award est décerné au concert de Marilyn Manson. A vrai dire, voir le monstre sacré Marilyn Manson à Marmande, en soi, c'est déjà à la limite de l'irréel. Au moins autant que Britney Spears à Nevers ou Maria Carey à Tulles. Ensuite, il y a la musique. Et là...

    Comment décrire un concert de Marilyn Manson ? Vous avez déjà été happé par une moissonneuse batteuse...? Ben voilà. C'est à peu près ça. Un tsunami de décibels voraces qui vous plaque en arrière, vous attrape par les couilles, vous tient suspendu la tête en bas et vous arrache le scalp d'un coup de croc dès le premier accord de guitare. Longtemps, je me souviendrai de l'expression d'effroi de mon voisin de droite cherchant dans mon regard une once de compassion à son endroit, aussi terrifié que s'il venait de voir sa mère se faire couper en deux par une tronçonneuse.

    Alors, non, ce n'est pas non-plus ma tasse de thé mais je dois reconnaître que ce fut l'un des concerts les plus marquants de ces quatre jours. Quatre qui ne furent que trois car, en raison d'une alerte météorologique, les concerts du dimanche furent annulés. Qu'importe, l'essentiel était ailleurs, en compagnie de personnes que, pour la majorité, je rencontrais pour la première fois et que, pourtant, j'ai eu l'impression de connaître depuis toujours.

    Je ne cache pas que la reprise lundi fut très très dure. En réalité j'ai réalisé à quel point j'avais besoin de vacances et d'une véritable coupure d'avec le boulot qui a tendance à m'envahir énormément. Ce sera pour fin août. De véritables vacances, au repos le plus total.

    En attendant, et après Londres en avril, ce sera un petite escapade de trois jours à Lisbonne avec des copains et, avant ça, un weekend de randonnée à la montagne, histoire de prendre le grand air.

    C'est l'été.
    Profitons !

    20 juin 2018

    40 ans et (presque) toutes mes dents

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    Cette semaine j'ai eu 40 ans. Rien que le fait de l'écrire me donne le vertige. Quarante ans. Et dire que je célébrais avant hier (ou était-ce la semaine d'avant ?) mes trente printemps... voilà que d'un coup d'un seul je me trouve affublé d'une décennie de plus.

    Le temps passe décidément très vite. 

    Et à bien y regarder, cette dernière décennie fut d'une richesse proprement inouïe, ce qui est encore plus vertigineux : j'ai soutenu une thèse de doctorat, j'ai vécu six mois en Argentine, j'ai vécu presque un an au Québec, j'ai traversé les Andes en bus, j'ai vu des baleines, je suis allé deux fois à Iguazu, j'ai randonné à cheval au clair de lune au Canada, je suis devenu papa-chat à temps partiel, j'ai travaillé dans plein d'endroits, j'ai beaucoup grandi professionnellement et créé ma propre boîte, j'ai publié dans articles dans des revues très sérieuses, j'ai rencontré plein de gens incroyables, j'ai vu des opéras magnifiques, j'ai vu des cromlech, j'ai renoué avec l'enseignement à la fac, je suis tombé plusieurs fois amoureux, j'ai fait mon coming-out à mes parents, j'ai assisté à des couchés de soleil fabuleux, j'ai dansé torse-nu sur un char à la Gay-Pride, j'ai des parents toujours aussi formidables qui prennent enfin soin d'eux... et j'en passe.

    Quarante années. 
    Deux fois vingt printemps.

    Sur le coup, je reconnais que ça pique un peu. On sent l'âge charnière, celui du passage d'une phase de vie à une autre. Peut-être le temps des moissons et d'être un peu plus adulte. A cet égard je crois que les jours à venir s'inscriront pleinement dans cette mouvance, à plus d'un titre.

    Professionnellement, je commence enfin à me sentir légitime dans ce que je fais. Cela peut paraître étrange mais j'ai longtemps été hanté par le syndrome de l'imposteur, celui qui fait qu'on ne se sent pas à sa place, que l'on n'est pas assez compétent, pas assez bon, pas assez ceci ou trop cela. Celui qui pousse à bout à force d'efforts vains pour dépasser une limite qui n'existe pas. Usant. Épuisant. Et puis, à force de pratiquer les autres, je me rends compte que je ne suis pas pire qu'eux, voire meilleurs dans certaines choses et qu'en tout état de cause, on me considère en égal. C'est un peu étrange. Il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte. Le moral ainsi que mon estime personnelle, chroniquement atrophiée, s'en portent nécessairement mieux. Je ne saurais m'en plaindre.

    Sur un tout autre tableau, depuis quelques temps on me faisait du pied pour prendre part à certaines responsabilités associatives que je n'avais pas envisagées il y a un an. Mais alors pas du tout...  Mettre un petit doigt dans l'engrenage et m'investir davantage dans le fonctionnement d'une association militante en laquelle je crois, apporter ma petite pierre à l'édifice, aider, témoigner, me sentir utile à une cause qui me tient à cœur, est une chose qui me titille depuis un moment. Toutefois, étant arrivé fraîchement dans la structure, je ne me sentais (là non-plus...) pas légitime. Pas autant que pourraient l'être d'autres qui sont là depuis bien plus longtemps que moi et qui ont une connaissance plus approfondie des choses, mais qui ne semblent pas tentés par l'expérience. 

    J'ai énormément hésité, réfléchi, pris la question sous tous les angles... Est-ce une bonne idée ? Serai-je à la hauteur ? Suis-je conscient de l'engagement que cela représente ? J'ai finalement accepté. Non pas par dépit mais par choix. Un choix que je veux assumer. Je n'avais vraiment pas envisagé que cela puisse se produire si vite. Et j'en suis très (très) honoré.
     
    Je viens d'avoir quarante ans, j'ai presque toutes mes dents (on m'a posé récemment ma première couronne...) et ma vie est enfin en train de s'épanouir. Progressivement. 

    C'est le bon moment de prendre un envol de plus, et m'affirmer davantage encore.

    15 juin 2018

    La Photo du Mois : Parfait (ou presque)

    10 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 juin (et dans trois jours c'est mon anniversaire, soit dit en passant), il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Nanouk qui nous propose de plancher sur : Parfait (ou presque).

    Note de l’auteur-e :

     À prendre littéralement ou avec une certaine ironie, à votre bon plaisir. 

    Alors, alors alors...

    Alors j'avoue avoir pas mal séché sur ce sujet qui ne m'a pas inspiré du tout. Entre la masse de boulot que je déblaie comme un forcené depuis un mois et tout un tas d'autres choses, je n'ai pas vraiment eu le temps de véritablement réfléchir à ce thème ni de songer à prendre une photo qui soit en parfaite adéquation avec le sujet proposé.

    Que faire ? Renoncer ? Hors de question. 

    J'étais sur le point de jeter l'éponge lorsque soudain... le chat ! (Vous l'aviez vu venir ?)

    Me penchant sur la donzelle nonchalamment alanguie sur un plaid moelleux, j'eus cette vision de quasi-perfection mathématique...



    Incroyable non ?
    Le Chat m'avait déjà permis de démontrer l'effet gyroscopique mais, là, j'avoue que j'en suis resté bouche bée...

    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Albane, Alexinparis, Amartia, Angélique, Betty, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Pat, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sandrin, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.