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    9 octobre 2021

    9. Pression #Blogtober2021

    1 commentaires

    Je rentre tout juste de la Pride de Toulouse qui se déroulait donc logiquement aujourd'hui, la première depuis deux ans, celle de l'an passé ayant été annulée Covid19 oblige. Il y avait donc une soif de pavoiser nettement palpable dans les rues de la Ville Rose aujourd'hui. 

    Déprogrammée du mois de juin en raison du contexte sanitaire, son déroulement avait été mis en cause par la préfecture qui craignait des débordements, en raison de la manifestation concomitante des anti-passe. Pour avoir des yeux des oreilles un peu partout, je sais que la réunion avec le préfet et les représentants des différentes associations organisatrices, a été particulièrement houleuse. 

    Il aura fallu un gros coup de pression médiatique et la montée au créneau des asso pour que finalement la mairie annonce que la Pride 2021 aurait bien lieu le jour prévu. 

    C'est quand même assez dingue - et inquiétant - de se dire qu'en 2021, le droit et la liberté de manifester pour une cause telle que celle-ci, peuvent être remis en question aussi facilement. Alors j'adresse un grand bravo et un immense merci aux associations  d'avoir lutté pour le premier de nos droit, durement acquis.

    Et ce fut un excellent cru que cette Pride 2021. Il y avait un monde de fou en ville et le cortège des chars associatifs s'étendait tout le long des boulevards. 

    Pédés, gouines, bi, trans, puppies, bears, loutres, et toute la queer-sphère dans sa plus grande diversité, était au rendez-vous. Une belle marche, joyeuse et enthousiaste, très animée, pleine d'une énergie communicative comme j'en ai rarement ressenti. 

    Du vrai bonheur, sans pression. 


    20 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #20 Corail

    2 commentairess

    (...)

    L'église Saint-Sernin illumine le soir
    Une fleur de corail que le soleil arrose
    C'est peut-être pour ça, malgré ton rouge et noir
    C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

    (...)
    Claude Nougaro, Toulouse.

    15 octobre 2020

    La photo du mois : Que faites vous ?

    8 commentairess

    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Octobre, date de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Laurent Nicolas qui nous propose de plancher sur Que faites vous ?

    Nous avions les indications suivantes : 

    Où es tu ? Que fais tu ? Que vois tu ? un instantané de votre vie ce 15 octobre 2020 à partager "ensemble".
    Et donc, ce matin du 15 octobre je suis.... ici et je repose mon vélo ! 

    Qu'on ne vienne pas me dire que je ne suis pas précis !  

    Et vous, où êtes-vous, que faites vous ? 

    Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marlabis, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, USofParis, Xoliv'.

    1 octobre 2020

    Etrange

    0 commentaires

    Étrange sensation ce matin en passant à proximité de l'université. Depuis quinze jours, les cours ont lieu uniquement par visioconférence. L'université est quasiment vide. 

    En lieu et place des essaims d'étudiants qui chahutent joyeusement l'asphalte et de la cohue habituelle qui anime certaines rues du centre ville, régnait un calme inhabituel. Seuls quelques passants masqués foulaient d'un pas peu pressés les premières feuilles occies par l'automne. 

    Le calme. Je n'aurais jamais pu concevoir qu'un jour je pourrais trouver cela oppressant. 

    Étrange sensation en ce jour où le maire de Toulouse doit rencontrer le premier ministre pour évoquer la situation de la Ville Rose qui connaît une monté galopante des cas de contamination par cette cochonnerie de virus. Subirons-nous le même sort que Marseille ?

    Étrange époque que nous vivons-là...

    3 avril 2020

    Promenons-nous autour de chez moi

    2 commentairess
    Confinement oblige, les sorties se font rares et contingentées. Heureusement, il est encore possible de mettre le museau dehors pour aller se dégourdir des guiboles dans un rayon d'un kilomètre. Pour qui a l'habitude de marcher, un kilomètre c'est vraiment pas loin. C'est l'objectif me direz-vous. Mais ça limite sensiblement l'horizon de nos pérégrinations. 

    Alors, suivant les conseils de la petite souris blogueuse et néanmoins copine Nekonezumi, je me suis donc mis à profiter de mon heure quasi-quotidienne de sortie pour aller là où je ne vais jamais :  explorer mon quartier.

    Je l'avais plusieurs fois traversé à la va-vite, sans réellement prendre le temps de le sillonner, un peu comme l'on fait pour tout ce qui est à portée de semelle : on se dit qu'on a le temps, que le jour où l'on voudra le faire on n'aura aucun effort à fournir. Et à force de passer devant sans jamais y être allé, on finit par l'intégrer totalement au décors sans plus attiser la curiosité. Erreur...

    Par chance, une bonne partie de mon secteur est formée d'un dédale de petites rues qui se croisent et se recroisent dans tous les sens. Et, Ô bonheur, elles sont parsemées de petites maisons, édifiées à la fin du XIXe pour certaines, dans les années 70 pour d'autres. Toutes plus mignonnes les unes que les autres, elles possèdent des arbres, des jardins... Le rêve, à prix d'or. En ce moment, la nature reprenant ses droits, les oiseaux y braillent dans tous les sens. Quels punks... 

    Oui oui, vous êtes bien en centre-ville...
    Malheureusement, la pression immobilière à Toulouse est assez phénoménale. Il suffit de se rendre quelques rues plus loin pour s'en rendre compte. Le changement de décors se fait impressionnant. Les barres des années 60 à l'entretien perfectible laissent peu à peu la place à des constructions nouvelles, toutes identiquement laides. Celles bâties à la fin des années 1990 portent déjà les stigmates d'une usure prématurée.

    Au milieu de ce marasme, coincé entre deux entrepôts, un bâtiment à l'abandon depuis des années m'a toujours fasciné. Sa façade parfaitement symétrique impressionne d'emblée. La porte semble condamnée par une plaque en fer. Tout autour, trois niveaux de fenêtres aux volets fermés comme autant d'yeux aux paupières closes, regardent dans le vide. En journée, deux d'entre eux, vraisemblablement entrouverts par le vent, offrent ça et là au regard curieux, des papiers peints à fleurs d'une autre décennie. 

    La maison kifépeur.
    Par endroit, un morceau irrégulier de crépi est tombé, laissant apparaître la brique usée, comme les chairs putréfiées d'un cadavre affleureraient sous la peau en décomposition. Le soir, les ombres noires accentuent davantage encore l'austérité massive de l'ensemble et la sensation oppressante qui s'en dégage. Un décors propice à un film d'horreur... 

    A quelques rues de là, j'eus la surprise de découvrir que la belle maison que j'avais photographiée il y a dix ans, pour ma première contribution à la photo du mois, avait disparu. J'ai cru tout d'abord m'être trompé et avoir bifurqué au mauvais endroit, que ma mémoire me jouait des tours. Mais non. A la place de la jolie maison toulousaine à la frise de faïence art-déco, un trou béant de plusieurs mètres d'où émerge une forêt de tiges et de poutrelles métalliques. Là, pousse un énième immeuble certainement semblable à ceux que l'on voit un peu partout et qui uniformisent les villes. Tristesse...

    Rasée, éliminée, oubliée...
    Oui, tristesse car cette frénésie immobilière grignote peu à peu ce qui fait l'identité des nos villes et villages. Ce qui fait que Toulouse n'est ni Nancy ni Orléans. Or, à l'exception globale des centres-villes protégés en raison de l'effet carte postale bénéfique au tourisme, les petits quartiers sont laissés à la libre loi du marché. Le moins offrant vend au plus cupide. On rase sans remord et on construit sans vergogne. La mémoire s'efface.

    Il paraît que c'est le sens du progrès...

    15 octobre 2019

    La photo du mois : Street photography

    7 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 octobre et c'est l'heure de notre neuvième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, nous devions traiter le thème Street photography proposé par Céline in Paris et qui nous donnait les indications suivantes : 
    Observer les passants, immortaliser les scènes de rues, par exemple pour capturer une époque ou un quartier.

    Ma photo a évidemment été prise à Toulouse, dans un quartier que connaissent bien les toulousains.

    Nous sommes à quelques enjambées de la place Jeanne d'Arc, au début de la rue d'Alsace Lorraine, l'une des grandes artères commerçantes de la ville. Entièrement refaite il y a quelques années sous le mandat du maire précédent, piétonnisée, pavée de granit, cette rue autrefois circulante et bruyante a été purement et simplement métamorphosée. Il fait bon s'y promener, en toute saison.

    Au milieu du carrefour s'érige aujourd'hui un élégant carrousel multicolore qui a longtemps séjourné place Saint Georges et qui fait le bonheur des enfants. On aperçoit d'ailleurs un groupe de personnes qui fait la queue devant le guichet.

    En arrière plan, les anciens bâtiments d'un grand magasin construit dans les années 1900 et doté en son sommet d'une immense verrière, ont eux aussi retrouvé une seconde jeunesse après des années de travaux. Jadis Galeries Lafayette, s'y loge aujourd'hui un magasin de vêtements bon marché. Autres temps... 

    Sur la gauche, au rez-de-chaussée d'un élégant immeuble, s'est installée la boutique du Stade Toulousain, l'un des emblème de la citée des violettes. Enfin, au premier plan, les tables encore fort sages à cette heure d'un salon de thé, trahissent la présence alentours de divers restaurants et d'une pâtisserie, tous de fort bon aloi. 

    7 octobre 2019

    Omar, Gay et réfugié Syrien - Portrait sensible

    3 commentairess
    L’œil noir pétillant d’intelligence, la barbe fière et le sourire avenant, Omar, 26 ans, est étudiant à Toulouse. Nous nous sommes connus en jouant au rugby, voici deux ans. 

    Attablés autour d'un café où il a ses habitudes non loin de la place Esquirol, il a tout de suite accepté cette interview, laquelle s'est déroulée en plusieurs temps. Je l'en remercie chaleureusement.

    Ses mots, tout en pudeur derrière leur élégance précieuse, racontent l'exil et le poids social d'une violence inouïe lorsque, comme lui, on est un jeune homosexuel Syrien.

    Omar, Gay et réfugié Syrien, tout un programme.
    Premier portrait sensible de cette nouvelle série.

    * * *

    Bonjour Omar, peux-tu te présenter en quelques mots ? Nous dire qui tu es, ce que tu fais dans la vie, d'où tu viens…

    Je m’appelle Omar, âgé de 26 ans, venant de la Syrie mais Toulousain par adoption. Présentement, je suis étudiant en 2ème année de licence de Sciences du Langage « La Linguistique ». J’exerce de petits jobs d’étudiant surtout dans la période estivale, histoire de gagner un peu plus ma vie, hormis la bourse universitaire.

    Qu’écoutes-tu comme musique en ce moment ?

    En général, j'ai un faible pour la musique des années 80-90 – française, syrienne ou anglaise. Alors j'écoute, d'une manière régulière Dalida et Ginette Réno – tu demanderas à tes grands-parents qui c'est. En même temps, je ne me prive pas de quelques chansons contemporaines

    Mais je connais Ginette Reno ! J'ai vécu un an au Québec je te rappelle... C'est vrai que tu es un grand fan de Dalida, on en avait rigolé plusieurs fois en soirée. D'ailleurs, quelle est ta chanson préférée de Dalida ? Celle que tu écoutes quand tu es joyeux, celle que tu écoutes quand tu es triste ?

    Les chansons qui me font danser et que j’écoute quand je suis joyeux sont Aime-moi, J’attendrai, Laissez-moi danser et Quand je n’aime plus je m’en vais.

    En revanche, ses chansons auxquelles je me réfugie quand je suis triste seront Partir ou Mourir, Parle plus bas, Salut salaud et Julien. Elles sont très mélancoliques.

    Et quel est le dernier film que tu as vu au cinéma ?

    Je ne suis pas vraiment un client fidèle au cinéma, mais je suis allé voir très récemment Downton Abbey.

    Tu le recommandes ? 

    Oui, pour passer une soirée amusante, je le recommande.

    Parle-moi un peu de ton enfance : où as-tu grandi ? 

    Je suis né en 1993 à Lattaquié, une ville côtière de la Méditerranée, au Nord-Ouest de la Syrie. Une destination touristique, surtout dans la période estivale, pour les autres Syriens, vous imaginez pourquoi ils y venaient…

    Le quartier dans lequel je suis né est considéré comme le quartier le plus misérable de la ville. Par contre, à pied, longeant la plage, je pouvais me rendre rapidement dans les quartiers qui ont une meilleure figure. Ce que je faisais régulièrement.

    Autre aspect de la ville que je trouvais intéressant, ce sont les ruelles très étroites, les maisons collées les unes aux autres. Tout le monde était au courant de ce que son voisin concoctait dans sa cuisine.

    Derrière mon école, qui se trouvait à 20 minutes à pied de chez moi, il y avait une usine où on fabriquait de petites friandises – barre de noix de coco, de sésame, de cacahuètes, d’amandes. Petit môme, mon plus grand rêve à ce moment-là était d’y travailler, je sais que vous avez compris pourquoi… La gourmandise. Un rêve qui s’est réalisé plus tard, quand j'avais treize ans.

    Il n’y a pas de métro ni tram, alors on prenait des bus (ce que vous appelez en France les microbus) pour se déplacer. Là, on vivait de drôle de situations, avant tout il n’y a pas d’arrêts de bus, alors le conducteur nous déposait là où on lui indiquait. On ne parle pas de feux de circulation… En plus, les chauffeurs se disputaient ‘leurs’ clients, c’est à ce moment-là qu’on se sentait admirés par quelqu’un.

    C'était comment d'être un gamin puis un ado à Lattaquié ?

    Être né à côté de cinq autres frères et une seule sœur, et dans une famille le moins que je puisse dire pauvre, ne fut pas facile.

    Je n’ai pas vraiment gardé de bons souvenirs de cette période de ma vie, hormis quelques commentaires positifs de mes enseignants par rapport à mes résultats scolaires.

    Peux-tu raconter quand, comment et dans quelles circonstances tu es arrivé en France ?

    Début 2013, deux années après le commencement de ce qui est appelé « révolution », j’ai été contraint de ficher le camp. La seule destination me permettant d’entrer sur leur territoire avec une pauvre carte d’identité, c’était le Liban.

    J’y ai vécu un an, neuf mois et trois jours. Dix mois après cette arrivée lamentable dans le pays voisin, je me suis inscrit au centre de l’ONU comme réfugié, Syrien et homosexuel, afin d’obtenir une mince aide financière, de bénéficier des coupons d’achats, et d’avoir une reconnaissance et une protection par une organisation qui respecte l’être humain, même chétif.

    Deux mois plus tard, et durant un entretien dans un bureau de l’ONU, mon interlocuteur m’a demandé si l’idée d’être immigré me plairait. Je lui ai répondu que d’après mes moyens et ma capacité financière, ma conscience n’osait même pas rêver d’une telle option, mais Oui et Oui et encore Oui, ça me plairait.

    Le 19 novembre 2014, j’ai atterri à Charles de Gaulle, un voyage dans lequel tout a été compris, même un laissez-passer.

    Où as-tu passé tes premiers jours en France ? et comment finalement as-tu atterri à Toulouse ?

    Dès mon arrivée j'ai été reçu par une association d’hébergement qui s'est chargé de A à Z de me loger. Dans un bus, j'ai été emmené de la capitale jusqu'à Bourges dans la région Centre. Bien évidemment, j'ignorais l'existence de cette ville.

    Au mois de mars 2016, j'ai déposé ma candidature, au centre d'AFPA, afin de suivre une formation professionnelle de Développeur Logiciels (en adéquation avec mon Bac obtenu en Syrie, et reconnu plus tard en France). Cette formation ne se déroulerait pas à Bourges, mais j'avais la liste des villes où il y en aurait une. Toulouse fut la seule destination dans le Sud-Ouest où ces études avaient lieu. Je ne connaissais aucunement cette ville, à part un beau jeune homme rencontré auparavant à Paris. Quelques mois après, une réponse positive m'a été transmise de l'AFPA.

    Un an neuf mois et vingt-sept jours se sont écoulés sur le territoire Berruyer. Adieu le 18.

    Ton français est excellent. Tu le parlais déjà un peu en arrivant ici ? 

    Merci pour le compliment. Non je ne parlais pas du tout français avant. J'ai tout appris en France après mon arrivée J’ai suivi des cours de langue et j'ai fréquenté, une fois par semaine, une rencontre « Café des Langues ». Par ailleurs, je m’efforçais d’utiliser, en permanence, le français et de mettre l’anglais à côté.

    Un autre facteur qui m’a permis d’améliorer mon français "de la rue" fut les échanges avec les garçons sur l’application de rencontre.

    Puis j'ai entrepris des études à l’Université Jean-Jaurès à Toulouse. Les cours de français universitaire ont joué le plus grand rôle dans l’amélioration de mon niveau. Pendant ces études, il était requis de lire un roman afin de nous approcher de la langue française dans un contexte de niveau soutenu.

    A partir de ce moment, la littérature française contemporaine est devenue mon amie fidèle. Cette lecture de façon permanente me permet d’améliorer sans cesse mon français.

    Tu te souviens du premier livre que tu as lu en français ?

    Oui, parfaitement. C'était Dora Bruder de Modiano.

    Tu as des auteurs que tu apprécies particulièrement ?

    J'aime beaucoup Jean-Christophe Grangé, Laurent Gaudé, Barjavel, parmi beaucoup d'autres.
     
    L’intégration, par la lecture, le sport... est une ligne maitresse dans ta manière d’aborder tout un tas de choses. Nous en avons déjà pas mal parlé. D’ailleurs, un jour tu m’as dit que tu avais appris la discussion en France, alors qu’en Syrie (et peut-être dans les pays Arabes) il n’existe que l’autorité. Tu peux nous expliquer ?

    Je me souviens de t'avoir dit que j'apprends en France à dialoguer, bien précisément.

    Dialoguer ça veut dire poser des questions, creuser et approfondir ses savoirs, dévoiler ce qui n'a pas encore vu la lumière. Le monde Arabe se trouve au pied de la liste des pays/nations qui s'avancent dans le domaine des recherches scientifique. Pourquoi ? Par crainte de bifurquer des chemins traditionnels et divins. On le voit clairement, comme un rayon de soleil en pleins ténèbres, que la lumière nous effraie.

    En outre, la main étouffante de la religion alimente notre Obéissance hiérarchique – le petit obéit à son frère aîné, ce dernier au père de la famille, le père à son père, on ne parle pas des femmes… La religion, sème en nous aussi la Soumission face à l'autorité éducative, scolaire, ou gouvernementale – oui, j'utilise ce mot car la Constitution Syrienne est fondamentalement basée sur la religion.

    Restons en Syrie, tu as toujours de la famille là-bas ? Tu as toujours des contacts avec eux ?

    Oui, j'ai encore de la famille en Syrie. Nous n'avons que des rapports formels. Ils sont toujours totalement opposés à ma vie. Mais ils sont contents lorsque je leur donne des nouvelles. Rien de plus.

    Opposés à ta vie, c'est à dire ? Qu'est-ce que cela signifie être gay en Syrie ?

    Gay ou Homosexuel, ce sont des mots qui n’EXISTENT ni dans les dictionnaires ni dans les bouches de mon pays d’origine. On nous appelle les IRRÉGULIERS car on dévie de leurs règles tombées du ciel.

    La Loi, nous dénomme, quand elle nous rattrape, les « Contre Nature ».

    Être gay en Syrie, c’est une honte, une malédiction, un déshonneur, une maladie, une saleté, une misère, une culpabilité, une moquerie, une abomination, une contamination alors à éviter, un tabou et un corps endiablé, une souillure, un trou noir qui ne se blanchira guère, une difformité à redresser, une bête excitée à apprivoiser, dominer ou contrôler, un rien.

    Je me rappelle avoir fréquenté une allée vers le port. Un endroit pour tout le monde mais les garçons le fréquentaient, y cherchant leurs désirs. Jardin, forêt, bâtiment en construction, voiture, plage… C’était les endroits où les corps pouvaient s’exprimer, s’imprégner les uns des autres, se mêler, se sentir, se partager, s’assouvir.

    En Syrie, on ne possède jamais sa propre maison, c’est toujours une maison pour TOUTE la famille. On naît, grandit, vieillit et meurt dans cette maison. Salut l’indépendance !

    Une relation homosexuelle en Syrie ne s’avère que sexuelle, car il est impossible d’amorcer une vie commune ou d’entamer un projet quelconque. Deux homos occupant, en tant que couple, une même maison, ce n’est qu’un rêve rose inatteignable. Que dirait ce couple à leur famille ? à leurs voisins ? Et si l’un de ces voisins s’apercevait de la présence des sales irréguliers dans son entourage ? Le cancan c’est une spécialité arabe. Bonjour le scandale !

    Que risque-t-on en tant qu’homosexuel en Syrie ?

    Juridiquement, on est pénalisé de quelques mois ou années de prison. En plus, le fait d'être actif, passif, viril, efféminé… tout cela joue un rôle. Bonjour la comédie.

    Personnellement, je trouve que tout(e) homosexuel(le) est en danger face à presque tous les membres de la société. Ces gens réagissent en fonction de la religion. Ils se considèrent tous comme des rééducateurs ou redresseurs de déviance. Ma foi...

    Aujourd'hui tu vis en harmonie avec cela mais ce n'a pas toujours été le cas. Depuis quand sais-tu que tu es homosexuel ? Tu as immédiatement assumé ta sexualité auprès de ta famille, de tes amis ?

    Je le « sentais » depuis toujours, mon cerveau n’avait pas la capacité suffisante de savoir ce que j'étais en train de sentir.

    Faute d’éducation sexuelle, et à cause de la pression pesante des traditions, je ne l’assumais pas puisque j’étais incapable de décrire cette différence dans laquelle je vivais.

    Les traditions ?

    Oui, pour te donner un exemple, les relations sexuelles ne sont pas un sujet. Jamais on ne parle de cela en Syrie. Jamais je n'oserais ni ne pourrais faire une blague là-dessus. On ne peut pas plaisanter avec ça. C'est impossible. Inabordable...

    Et donc dès l’âge de 13-14 ans, j’ai commencé à le confier, ce secret « tabou », à des amis très proches, dont plusieurs, le lendemain, se sont éloignés. Bonjour la liberté.

    Éloignés, c’est-à-dire ? Ils ne t’adressaient plus la parole ? Tu n'as pas eu peur qu’ils le disent à ta famille ?

    Exactement, ils ne m'adressaient plus la parole, ils m'évitaient, ils m'ignoraient, ils ne me calculaient plus...

    En effet, c'est ça qui s’est passé, mes parents furent informés par ces gens-là.

    Et quelle a été leur réaction ?

    On exclut immédiatement la Miséricorde Humaine de cet enjeu. Le nombre d’accusations qu’on me collait aux épaules était gigantesque.

    J’étais la raison absolue de leur pauvreté. La colère de leur dieu a été provoquée à cause de mes actes intolérables – dans leur religion, quand un mâle pénètre un autre, cela secoue le trône de dieu. Alors tu peux imaginer la sacralité de ce soi-disant trône pour les disciples et le tabou que j’ai daigné commettre.

    On disait que je faisais de mon peuple la victime des saisons brûlantes et des pluies diluviennes. Ils étaient sûrs que ma place dans l’Enfer était déjà réservée, voire attribuée, que je ne trouverais plus le chemin de sommeil, que mes nuits ne se priveraient guère des cauchemars ; "une manière sacrée que dieu exploite pour communiquer avec ses créatures", que la misère m’accompagnerait jusqu’au dernier souffle. En plus, ils pré-supprimaient mes rites funéraires – un souillé comme moi, les Anges ne lui prient point.

    Mais l’accusation qui me peinait le plus c’était « personne ne frappera à la porte de ta sœur ni demandera sa main. Détresse ! ».

    Tu viens de dire qu'ils pré-supprimaient tes rites funéraires...Tu veux dire qu'en Syrie tu serais privé de sépulture ?

    Absolument. C'est religieux. En fait, quand on te dit « mais non on ne sanctionne pas, on ne punit pas », c'est totalement faux. Ça se passe comme ça.

    En fait, si je comprends bien, en état privé de sépulture, c'est comme si tu n'avais jamais existé, on t'efface...?

    Exactement. Ça rejoint ce que je te disais tout à l'heure. Tu es une abomination. Les mots pour décrire ton crime n'existent pas, et toi non-plus.

    Mais toi, tu es religieux ?

    Je ne suis ni religieux, ni pratiquant, ni croyant. Depuis mon arrivée en France. Ce n'est pas moi qui ai abandonné la religion, c'est la religion qui m'a abandonné. Et j'ai pris conscience que je n'en avais pas besoin. Dalida chante "s'accrocher à une étoile"... La religion m'a poussé à reculons.

    Quelle a été ta première expérience homosexuelle en France ? Est-ce que cela a été facile ou t'es-tu heurté à une différence culturelle à laquelle tu ne t'attendais pas ?

    Quelques semaines après mon arrivée ici, j’ai fait la connaissance d’un jeune homme grâce à une application de rencontre.

    Je ne pense pas que les différences culturelles étaient gênantes. La seule difficulté était de nous trouver une langue commune pour se comprendre à 100%.

    Ce qui caractérise le rapport intime en France, je trouve, c’est qu’il n’y a pas de crainte que la police ne me tombe dessus, ou un membre de la famille. La liberté de choisir et de disposer de son corps

    Et cela est totalement impossible en Syrie ? Tu as déjà été témoin d’arrestations ou certains de tes amis en ont été victimes ?

    Non, je n'ai pas été témoin d'arrestation, car on ne peut pas témoigner de son propre crime.

    C'est à dire ?

    Indicible… Je te laisser interpréter cette réponse comme cela te semble bon.

    Mais pour te donner un autre exemple, quelques jours avant mon départ de Syrie, j'avais 20 ans, un enfant de 10 ans pouvait m'insulter et moi je n'avais aucun droit de lui répondre parce que j'étais considéré comme totalement coupable.

    (En off, Omar me confiera avoir vécu certaines choses, mais ne pas être encore prêt pour en parler.)

    Quel regard portes-tu sur la communauté homosexuelle en France ?

    La communauté homosexuelle en France a déjà son droit d’exister, elle est accueillante, présente et reconnue dans multiples domaines – travail, activités sportives, artistiques et médiatiques… Tout cela me donne l’espoir que je réussirai dans ma vie, tel que je suis.

    Nous nous sommes connus il y a deux ans chez les Tou'wins, le club de rugby toulousain qui lutte contre l'homophobie dans le sport. Comment as-tu entendu parler de ce club et pourquoi as-tu décidé de t'y inscrire ?

    De mémoire, j’ai entendu parler dans un bar gay « Le Bears » d’une équipe de rugby où tout le monde est accepté quelle que soit la différence – âge, sexe, origines, orientation sexuelle… Sur Internet, j’ai trouvé les informations et les coordonnés de cette équipe, et directement je l’ai contactée.

    L’équipe et moi portons les mêmes principes « Lutte contre la discrimination et l'homophobie ». Mais je voulais avant tout pratiquer le sport régional, et me prouver, étant homosexuel, qu’on est tous égaux et l’orientation sexuelle ne déterminerait pas le centre d’intérêt de chacun.

    Et bien évidement, l’idée d’approfondir, voire parfaire mon intégration dans la culture française au sein d’une activité sportive respectant toute différence m’a séduit. Un seul entrainement-essai suffisait pour que je m'y accroche.

    Dans la même veine, il y a un an, tu étais sacré Mister Bear à Toulouse. Qu'est ce qui t'a poussé à participer à cette élection ?

    Partager et passer un bon moment, car il y avait trois autres candidats qui je connaissais déjà. L’envie de m’approcher un peu plus de l’équipe du bar, de gagner, de rivaliser, d’avoir un peu plus de confiance en moi devant les gens, et de plonger au cœur de la communauté gay.

    Tu en avais besoin de cette plongée ? Rétrospectivement, qu’est-ce que cette élection t’a apporté ? (son regard s'illumine)

    Cette élection m’a permis d’écraser ces murs entre les gens et moi, donc s’aborder ou se parler devenait de plus en plus facile et respectable. J’ai eu un lot de cadeaux – je n’ai jamais rêvé d’avoir autant dans ma vie.

    Et le plus important, c’est l’amour et l’appréciation que je vois toujours dans les regards des gens, qui ont découvert qui est cet Omar le Réfugié

    Tu as parcouru mille chemins pour en être là où tu en es aujourd'hui. Alors, comment te vois-tu dans dix ans ?

    C’est une question très difficile. Je n'en sais rien. Car d’après tout ce que j’ai vu et vécu, il me semble tellement difficile d’envisager quoi que ce soit.

    Par là, je parle de moi-même et non pas d’une règle générale concernant tout le monde. Il se peut que ça soit quelque-chose implanté dans ma personnalité. Alors je me prépare pour toute éventuelle surprise, bonne ou mauvaise. Mais disons que dans un premier temps je me prépare à devenir professeur de français langue étrangère.

    Tu penses retourner en Syrie, un jour ? Non pas forcément pour y vivre, mais pour revoir des personnes qui y sont toujours et des lieux dont le souvenir t'est précieux ?

    L’idée d’y retourner ne m’égaie aucunement. Au moment où la décision de ce départ salvateur, in extremis, a été prise, je savais que toute trace précieuse me concernant serait anéantie et mêlée à un passé égaré, enterré et lointain. Donc je n’ai pas hésité à accepter ce fait.

    Et les personnes qui m’éprouvent un amour démesuré et nu de toute condition, je les ai ici, dans ma France.

    Alors je suis né là-bas, pourtant je me crée ici. Enfin, le présent somptueux dans lequel j’épanouis me rassasie, m’emplit, et nul ne me manque.

     

    15 août 2019

    La Photo du Mois : Mythes et mythologies

    9 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 août et c'est l'heure de notre septième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, nous devions traiter le thème Mythes et Mythologies proposé par Pink Turtle.

    Pour faire original, je suis allé chercher dans les mythes toulousains, et non le moindre car je vous invite sur les traces de Dame Clémence Isaure dont le nom est cher aux poètes toulousains.

    Clémence Isaure est un personnage médiéval semi-légendaire, à qui on attribue la fondation ou la restauration des Jeux Floraux de Toulouse au début du XVe Siècle. Selon le mythe, elle aurait fait un legs à la ville de Toulouse grâce auquel sont décernés chaque année des fleurs d’or et d’argent aux meilleurs poètes. L'Académie existe d'ailleurs toujours. 

    Afin de lui trouver une justification plus ou moins historique, on en a fait un membre de la famille toulousaine des Yzalguier. D'ailleurs, la rue des Yzalguier reçut en 1806 le nom de rue Clémence-Isaure. Une tour, jadis située au 7 de la rue Cujas. fut baptisée Tour Clémence Isaure. Elle fut démolie en 1817.

    La mythique fondatrice des Jeux est largement célébrée dans la ville, qui lui a consacré des poèmes, des sculptures, des tableaux, et où son nom est donné à toutes sortes de lieux et institutions. Au-delâ de l'enceinte de la Ville Rose, la statue de Clémence Isaure fait partie des statues des Reines de France, implantées autour du bassin du jardin du Luxembourg.

    Elle possède, depuis 1913, une fontaine à son effigie, place de la Concorde à Toulouse. Ce sera ma photo du mois.


    La fontaine dite "Clémence Isaure", de son véritable nom "La Poésie romane", est une très belle  fontaine de style Art Nouveau, de Léo Laporte-Blairsy, située place de la Concorde, dans le quartier des Chalets, à Toulouse. Elle a été inaugurée le 3 mai 1913 à l'occasion de l'anniversaire des premiers jeux floraux. 

    Comme tous les sculptures de bronze de Toulouse, elle fut démontée en 1942 afin d'échapper à la réquisition et à la fonte. Elle fut donc retrouvée intacte à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Selon la tradition, la fontaine est fleurie par les habitants du centre-ville et du quartier le 31 décembre de chaque année pour les premiers janvier de l'année qui suit.

    Les mythes et mythologies continuent sur les autres blogs participants :

    15 février 2019

    La photo du mois : Faire de sa ville sa prochaine destination de voyage

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Février et c'est déjà l'heure de notre deuxième rendez-vous avec La photo du mois.

    Vous connaissez parfaitement le principe : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le thème choisi par Julia Toulon est ; Faire de sa ville sa prochaine destination de voyage.

    L'auteure nous donnait les indications suivantes : 
    Parcourez les rues de votre ville comme si c’était la première fois et attardez-vous sur des détails. Levez les yeux pour découvrir votre ville sous un nouvel angle ! Et partagez vos découvertes avec nous.
    De manière étonnante, ce sujet m'a donné beaucoup de fil à retordre afin de trouver un photo qui soit originale et qui vaille le coup.

    En effet, depuis longtemps déjà je publie sur le blog de nombreuses photo de Toulouse, ville que j'aime vraiment beaucoup, ou de billets à son sujet et, encore tout récemment, dans le cadre de cette série de billets de la photo du mois. C'est simple, je ne perds jamais une occasion de la photographier.

    Alors... hé bien... j'ai un tout petit peu triché. Si...

    En effet, la photo du mois c'est une photo et une seule. Mais cette photo peut, elle-même, être composée de plusieurs images.

    Alors, puisque le thème est aussi celui du tourisme, j'ai donc composé ma photo comme une carte postale caléidoscope en hommage à ma chère ville.

    Et hop, le tour est joué : Bon baisers de Toulouse !
    Saurez.vous reconnaître chacune des six vues qui composent cette photo ?

    16 novembre 2018

    Journée Mondiale de la Chocolatine

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    Décriée, critiquée, moquée, dénigrée, copiée et jamais égalée, la Chocolatine n'a pas dit son dernier mot.

    Les Toulousains en ont rêvé, ils l'ont fait ! La Chocolatine connaît ce 16 novembre 2018, sa première journée mondiale dans la Ville Rose.

    Toulouse célèbre ainsi, en un jubilatoire pied de nez aux polémiques qui inondent régulièrement les réseaux sociaux, la viennoiserie devenue une sorte de symbole du Sud-Ouest.

    La chocola-quoi ?

    La C.h.o.c.o.l.a.t.i.n.e.!
    Comme le pain au chocolat qui lui emprunte tout et dont le nom est de rigueur dans les trois quart de l'hexagone, la Chocolatine est une viennoiserie constituée de pâte levée feuilletée, généralement de forme rectangulaire, et fourrée avec une barre de chocolat noir.

    Chocolatine, donc.
    C'est pourtant pas compliqué.

    Mais il vient d'où ce nom ridic si joliment exotique ?

    Si l'on en croit certains sites qui se sont longuement penchés sur la question, l’hypothèse la plus probable de l’origine du nom « chocolatine » (la seule, la vraie) viendrait de l'autrichien Schokoladencroissant. Selon cette théorie, par homophonie, les français auraient progressivement transformé ce mot par un glissement de la sonorité Schokoladen vers celle de Chocolatine. Car, en Autriche, si vous demandez un pain au chocolat, un vous servira le Schokoladebrot, c'est à dire une sorte de cake au chocolat.

    En effet, selon l'historien culinaire Jim Chevalier, c'est le boulanger autrichien Auguste Zang qui aurait introduit la viennoiserie en France. Ce viennois né en 1807 et mort en 1888 dans la capitale Autrichienne, a introduit avec grand succès les viennoiseries à Paris. Venu s'installer en France en 1837, il ouvrait dans les années 1838-1839 une boulangerie viennoise au 92 rue de Richelieu dans laquelle le tout-Paris se pressait afin d'y acheter et d'y savourer des Kipferl, l'ancêtre du croissant. 

    D'ailleurs, ce nom, Chocolatine, n'est pas propre aux quelques régions de France que le reste de nos concitoyens jalouse en silence. Ainsi au Canada, et plus particulièrement au Québec, on dit plutôt Chocolatine. Dans les pays germanophone, c'est le terme Schokoladencroissant qui prévaut. Dans les pays anglophones, notamment chez l'Oncle Sam, mais aussi en Australie et semble-t-il en Nouvelle-Zélande, on dit Chocolate croissant. Au pays de Cervantez, la Chocolatine se travestit en Napoletanas. Enfin, il semble que l'on parle également de Chocolatine au Mexique et en Amérique Latine (même si je ne me souviens pas en avoir vu une seule en Argentine).

    Ils sont bizarres ces gens du Sud-Ouest... non ?

    Absolument pas. Ce n'est pas parce que nous sommes minoritaires à avoir raison que nous avons tort face à la majorité.

    Les plus insolents rétorqueront qu'à ce compte-là il faudrait appeler un pain aux raisins une « raisintine ». Je leur demanderai simplement comment les Alsaciens appellent un pain au raisins : Escargot ou Schneck, et on ne les embête pas avec ça, que je sache.

    Même les grands Chefs se mêlent à cette querelle bon-enfant. Ainsi le  7 novembre dernier, Guillaume Gomez, cuisinier en chef de l’Élysée, prenait ouvertement de parti du Pain au Chocolat sur son compte tweeter :



    Mais la riposte de la #TeamChocolatine ne devait pas tarder car, le 13 novembre le chef Michel Sarran (épaulé par Philippe Etchebest et Hélène Darroze, excusez du peu) lui répondait par une vidéo pas piquée des vers, restaurant ainsi la seule vérité vraie, qu'une majorité de la population française feint d'ignorer (la force du déni, que voulez-vous...) :
    Parangon de la résistance face à l'uniformisation des cultures dans un mode globalisé, la Chocolatine s'offre aujourd'hui sa première journée mondiale, et je ne peux très chauvinement que m'en réjouir.

    Mais alors il faut dire comment ? 

    Appelez-là comme vous voudrez mais, ici, dans le Sud-Ouest en général et à Toulouse en particulier, on dit Chocolatine.

    Et puis c'est tout.

    Macarel !

    15 octobre 2018

    La photo du mois : Les formes géométriques

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    Nous sommes le 15 octobre, il est midi, c'est donc l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

    Ce mois-ci Danièle B. nous a proposé de travailler sur le thème Les formes géométriques en nous donnant les indications suivantes : 
    Que ce soit à la ville ou à la campagne, elles sont partout , à nous de les débusquer.
     Ma photo a été prise fin septembre, sous les voûtes de l'église des Jacobins à Toulouse, où l'on peut admirer, outre les reliques de Saint Thomas d'Aquin, le célèbre palmier des Jacobins, construit selon une extraordinaire organisation géométrique, et qui figure dans tous les manuels d'architecture.

     

    24 septembre 2018

    Ainsi commence l'automne

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    Quelques photos en souvenir d'un excellent weekend de septembre. Deux jours pleins de douceur, parés d'un ciel d'azur impeccable et couronnés par un soleil impérial, comme un prélude à l'automne naissant qui, depuis plusieurs jours déjà, installe sa lumière et ses couleurs.

    Les deux premières font suite à une très belle randonnée à l'étang de la Frèche, samedi, à deux petites heures de Toulouse et à peine plus de temps de marche. Un havre de paix au pied de la frontière espagnole, entouré de montagnes, d'eau qui bruisse entre les pierres, et d'un calme parfait.

    Depuis l'Hospice de France, le chemin serpente d'abord en sous-bois avant de s'épanouir parmi les moutons, en contrebas d'une barrière rocheuse qui dissimule de vastes estives situées un peu plus haut et dont les flancs verdoyants s'étirent tout en rondeur jusqu'au crénelage des crètes. Puis, le végétal cédant la place au minéral, le chemin s'élance en zigwaguant plein sud, contournant le port de Venasque tout proche.

    Peu à peu, la vallée s'étend à nos pieds, constellée de moutons blancs. Et bientôt le roucoulement des eaux vives à fleur de roches annonce les étangs dans lesquels, entre deux morceaux de ciel, valsent les truites sauvages.
    Le dimanche s'est poursuivi en ville, sous un soleil invariablement délicieux. Quelques pas dans le jardin japonnais, remonter par la rue Valade jusqu'à la place du Capitole, déjeuner en terrasse à l'heure espagnole dans un établissement où j'ai quelques habitudes - leurs pommes sautées à la graisse de canard en ont converti plus d'un.

    Admirer depuis le pont Saint Pierre la vue sur le Pont Neuf, filer ensuite le long de la Garonne par les très animés quais de la Daurade, avant de rejoindre, derrière le musée des Abattoirs, ce parvis où l'on danse tango et salsa à l'ombre des platanes. Savourer le bonheur des gens...
    Regagner le centre-ville et faire un détour par le Couvent des Jacobins, chef-d'oeuvre de l'art gothique qui déploie ses voûtes nervurées par-dessus la nef baignée de la lumière extraordinaire des vitraux que le le soleil déclinant abreuve d'ors et d'argent.

    Dans ce lieu hors du temps, se laisser porter par l'oeuvre de Sarkis - notamment constituée de néons de couleurs, suspendus entre les piliers de la double nef. S'arrêter, encore un peu, en laissant passer le temps qui passe malgré nous.
    C'est simple, le bonheur.

    18 décembre 2017

    Abécédaire amoureux de Toulouse

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    A comme Abattoirs. Lieu de mort devenu lieu de vie depuis sa réhabilitation très réussie en musée d'art contemporain. Il y fait bon flâner le dimanche avant d'aller danser le tango sur les toutes proches berges de la Garonne.

    B comme Brique, matériau dont sont faites les demeures d'ici et qui donne à la ville sa couleur si caractéristique de bonbonnière.

    C comme Canal. Ou plus exactement comme Canaux car Toulouse en compte trois : celui du Midi qui rejoint Sète. Celui latéral à la Garonne qui serpente vers Bordeaux. De leur union nait le Canal des Deux Mers... Enfin le Canal de Brienne par lequel les bateaux contournent l'effondrement du lit de la Garonne au Basacle.

    D comme Daurade. Nulle référence au poisson, il s'agit d'une église bâtie sur un ancien temple romain dédié à Minerve. Faisant face â la Garonne, elle abrite, avec Notre Dame du Taur, l'une des vierges noires de la ville.

    E comme Exupère, saint local né à Arreau, dans les pyrénées et qui vécut entre le IVe et le Ve siècle. Troisième évèque de Toulouse, on lui doit l'achèvement de la première basilique Saint Sernin. Une belle église sise aux portes du faubourg Saint Michel, à deux pas du très beau Jardin Royal où flânaient encore naguère demoiselles à marier et galants de bonne famille, lui est dédiée.

    F comme Foie gras. L'un des mets emblématiques du Sud Ouest. Foin de pain brioché, ici on le savoure sur du bon pain au levain à la mie ferme, accompagné d'un vin de Sauternes ou d'un liquoreux dont Gaillac, toute proche, produit des merveilles. Et même si les terres de Bayonne se font lointaines, le piment d'Espelette lui est un fier compagnon.

    G comme Garonne, le fleuve tumultueux qui traverse la ville dont cette dernière eut, jadis, à subir la fureur de ses inondations. Dame discrète et élégante, elle est une figure imposée sans laquelle Toulouse se serait plus Toulouse.

    H comme Hôpitaux. Celui de la Grave, dont le célèbre dôme de cuivre qui se reflète si bien sur l'onde calme de la Garonne, m'a vu naître lorsqu'il était encore une maternité. Celui de l'Hôtel Saint Jacques, lui aussi situé rive gauche et qui abrite notamment un musée de la médecine. Purpan et ses urgences funestement connues. Rangueil, perché sur les côteaux. Marchand, enfin, qui aurait certainement plu à Montesquieu.

    I comme Isaure. Clémence Isaure, figure semi-légendaire de Toulouse, fondatrice des Jeux Floreaux. qui inspira et inspire encore l'âme des artistes  :
    « Toulouse ! ville antique où fleurissent encore
    Pour les poètes, vos fleurs d’or, Clémence Isaure » 

    [Charles Cros - Vision du grand canal des deux mers, 1888]
    J comme Jacobins, la splendide église gothique au fameux palmier sous la ramure duquel repose la chasse de Saint Thomas d'Aquin. Son cloître, qui invite au farniente lascif, voit chaque automne courir les doigts des plus grands pianistes du monde.

    K comme Kunc, famille de musiciens injustement tombée dans l'oubli. Aymé, fils de Aloÿs, fut prix de Rome en 1902 devant Maurice Ravel et créera en 1927 à l'orchestre la Tétralogie et Parsifal de Wagner. Il fut trente années durant le directeur redouté du Conservatoire de Toulouse.

    L comme Lumière. Ville basse et toute bariolée de briques roses, Toulouse possède cette caractéristique luminosité joyeuse qui la rend si agréable à vivre. Les couchers de soleil y sont, en toute saison, absolument spectaculaires.

    M comme Montagnes. Les Pyrénées en l'ocurrence, splendide chaîne de montagne, horizon naturel des Toulousains, qui se dessine comme une muraille par temps clair. Terrain d'élection de mes randonnées estivales, elles abritent mille joyaux de la nature. Ville fleuron de l'aéronautique, c'est à de toutes autres montagnes que Mermoz et Guillaumet, héros de l'aéropostale, se sont heurtés.

    N comme Nougaro, qui du quartier des Minimes aux rues de New York, a semé ses mots au rythme de gants de boxe.

    O comme  Orgues, dont Toulouse, de par la richesse exceptionnelle de son patrimoine, est l'une des capitales. Le rugissement des tuyaux se mêle parfois à celui de l'Orchestre National du Capitole qui, sous la baguette de son sémillant chef, essaime la culture sur tous les continents.

    P comme Places. Celle du Capitole la plus célèbre de la ville, son opéra, ses cafés, ses badauds. La place Saint Georges, celle du pilori, qui vit jadis agoniser Jean Calas et tant d'autres. La place Wilson dont la rotondité s'élance vers la gare Matabiau et le canal du Midi. La place Saint Pierre, haut lieu des soirées étudiantes...

    Q comme Quais, ceux de la Garonne bien entendu. Les blanchisseuses et pêcheurs de sable d'antan ont cédé la place aux promeneurs qui ont bien raison de profiter de ces ramblas à fleur d'eau et le long desquelles il est si agréable de venir prendre le soleil tout en admirant un riche patrimoine dont Toulouse peut s'ennorgueillir.

    R comme Rues, celles étroites et sinueuses qu'il faut avoir arpenté pour s’imprégner de l'ambiance de la ville. Dédale hors du temps, elle plongent le promeneur dans de lointains souvenirs du XIVe siècle, offrant au regard ici une fenêtre à meneau renaissance donnant vue sur un plafond à caissons, là une porte cochère entrebâillée dissimulant incognito l'entrée d'un bel hôtel particulier, là encore un chat moqueur faisant sa toilette du haut de son deuxième étage tandis que tintinnabule la cloche d'un salon de thé feutré où il fait bon prendre son temps à l'occasion d'un brunch dominical...

    S comme Saint Sernin, somptueuse basilique du XIème siècle, joyau de l'art roman, cette fleur de corail que le soleil arrose. Ô Toulouse !

    T comme Tou'Win, une chouette équipe avec laquelle j'ai appris bien plus qu'à jouer au rugby.

    U comme Universités, trois au total, qui attirent des étudiants du monde entier, érigeant Toulouse au deuxième rang des villes universitaires de France.

    V comme Violette, fleur emblème. Discrète, au parfum d'antan, elle s'exportait jadis aux quatre coins du monde. Je t'aime, mais c'est un secret, nous glisse-t-elle au creux de l'oreille...

    W comme Wallon, Ernest de son prénom. Professeur de droit mais surtout premier président du Stade toulousain, club de rugby à XV fondé en 1907. Le stade fief des Rouge et Noir - dix neuf fois champions de France et quadruple champion d'Europe - porte son nom depuis 1921.

    X comme Xavier, l'un des fromagers de la place Victor Hugo, ce ventre de Toulouse où il fait bon aller faire son marché et croquer sur le coin d'un zinc accueillant, quelques huîtres arrosées d'un petit vin blanc.

    Y comme Yeux, qu'il faut avoir à l'affût pour découvrir les mille richesses architecturales et ornementales dont la ville est constellée, entre cariatides cachées, cours secrètes et points de vue surprenants.

    Z comme Zénith, la plus grande salle de spectacles de la ville où se pressent fans et idoles. Toulouse est une fête !

    15 mai 2017

    La photo du mois : Lumière(s)

    19 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Mai et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Eurydice qui nous propose de plancher sur : Lumière(s) et nous donne les indications suivantes :
    "Pour le mois de mai, je propose le thème "Lumière(s)", à la fois pour saluer les beaux jours et pour revenir à l’étymologie du terme "photographie"."
    Ma photo s'est un peu imposée d'elle même en regardant mes derniers clichets. Il suffit de se promener le long des quais de la Daurade le soir pour être submergé par les lumières multicolores du Pont Neuf se réfléchissant dans la Garonne. 
    Ce thème est aussi pour moi l'occasion de mettre en lumière l'un des monuments les plus connus de Toulouse : le Pont Neuf, dont la première pierre fut posée le 8 janvier 1544. Interrompus en 1560 par les guerres de religion, les travaux furent achevés en 1632. Le pont fut inauguré par le roi Louis XIV en personne, le 19 octobre 1659. 

    Ayant résisté à toutes les crues de la Garonne, et notamment la grande inondation du 23 juin 1875 (qui fit 208 morts et plus de 1 200 maisons détruites) le Pont Neuf est aujourd'hui l'un des plus vieux de la ville.

    La photo du mois continue sur les blogs des autres participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pichipichi Japon, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Testinaute, Tuxana, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    15 août 2016

    La photo du mois : Les touristes

    12 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du bidule : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    BigBus nous propose "Les touristes" et nous donne les indications suivantes :
    C'est simple, ce sont les vacances, vous partirez peut-être en vacances, vous en revenez ou bien vous y êtes actuellement. Moi j'aime bien voir des gens sur les photos, alors j'ai choisi : Les touristes. C'est l'époque, et ils sont partout. Sortez vos appareils photos et surprenez-moi encore une fois. Pas de consigne particulière, choisissez même une vieille photo, si ça vous fait plaisir. "

    Hop, voici ma photo.
    De bon matin, un groupe de touristes prend son petit déjeuner à l'ombre des parasols, face à notre belle place du Capitole. La dolce vita à la toulousaine...

    L'excursion continue sur les autres blogs participants :

    AF News, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Carolyne, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Claire's Blog, Cocazzz, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dom-Aufildesvues, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, Guillaume, J'habite à Waterford, Josette, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Mireille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sinuaisons, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Wolverine, Woocares, Xoliv', écri'turbulente.