Depuis que j'habite en ville, je me suis toujours déplacé à vélo. À Toulouse, en particulier, pour qui n'a pas besoin de sortir du petit périmètre du centre étendu, le vélo est idéal, été comme hiver (concept tout relatif tellement il y fait peu froid, hu hu hu).
Se déplacer à vélo à Montréal est chose très commune, vraiment aisée, et pas seulement le long du canal de Lachine. Il y a des pistes cyclables un peu partout qui, luxe, sont répertoriées par les navigateurs GPS. Sans parler des Bixi, le Vélib montréalais, dont les stations sont remises en service dès que la neige a fondu. Si l'on ajoute à cela que les automobilistes sont nettement plus respectueux du code de la route qu'en France - et, a fortiori, infiniment plus que ne le sont les Argentins - vous avez tous les ingrédients pour faire de la petite reine un moyen de locomotion (presque) parfait.
Oui, presque. Car il est un paramètre à bien prendre en compte, ici en Amérique : les distances. Montréal n'est pas Toulouse, ni Paris... Au Québec, on a de l'espace et on s'en sert ! Du coup, en dépit de son insularité, Montréal prend des proportions démesurées. C'est d'ailleurs un des points négatifs de la ville : sa trop grande taille et la faiblesse relative des moyens de transport en commun, trasforment le moindre déplacement en expédition.
Certes il y a le métro. Trois pauvres lignes et demi qui desservent 68 stations, sur une distance linéaire de 76 Km. À titre de comparaison, Paris (105 Km carrés contre 365 pour Montréal) compte 302 stations, réparties sur 16 lignes totalisant 220 Km de rail. Vous voyez un peu la situation ?
Heureusement il y a des bus, beaucoup, un peu partout, ponctuels (si si !), à la faune parfois affriolante, dont l'itinéraire ainsi que les différents arrêt sont facilement identifiables (là encore je repense avec force fou-rire à mon expérience portègne !) et consultables sur internet. Le bonheur, à condition de passer outre le prix assez exhorbitant du ticket : 3 Dollars le trajet... Dès lors, pour les petits et moyens trajets du quotidien, du moment que l'on peut aller du point A au point B plus vite qu'avec n'importe quel transport public, à moindre frais, tout en se faisant au passage un petit teint hâlé tout bien comme il faut et qui fait jaser les copines, on va pas se priver.
Attention cependant, malgré le portrait doré que je suis en train de lui brosser, le vélo à Montréal souffre d'un cruel défaut. Et pas des moindres : sa propention à se faire voler.
On m'avait pourtant prévenu, de faire attention, de le couvrir de cadenas, de chaînes et de barbelés, de le tartiner d'urine de grizzly et de l'attacher qu'au centre d'un pentacle tracé en lettres de sang d'orpheline. Ce que j'avais fait, mais qui n'a visiblement pas découragé les OSTIE DE TABARNAK DE MÂRDE de gros cons qui m'ont piqué mon vélo la semaine dernière. Ils ont tout piqué. Tout. Même les cadenas qu'ils ont probablement sectionnés avec des pinces. J'étais vraiment en criss. Surtout que, ce soir-là, je me trouvais beaucoup trop loin de chez moi pour rentrer à pied (non, marcher plus de 2 heures et demi un samedi soir parce que je me suis fait piquer mon vélo, qui plus est en n'ayant pas encore soupé, n'a rien pour me rendre de bonne humeur), et en tout cas suffisamment loin de chez moi pour mettre près d'une heure à rentrer en bus et métro. Contre seulement 25 petites minutes en vélo. Tu la sens la moutarde dans la poutine ?
Alors, racheter un vélo, au risque de me le refaire piquer ? Mwouais... je suis plutôt tiédasse. Pour le moment je me ruine en tickets de métro. Les forfaits sont tellement bien faits qu'acheter un passe pour le mois n'est rentable qu'à très haute dose : 80 Dollars, tu penses, une paille ! De toute manière, l'hiver arrive. Bientôt il fera |-25°C. Je pense plutôt m'acheter une luge.




