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  • 27 mars 2014

    La caverne d'Ali-Baba

    Partir s'installer dans un autre pays que celui dans lequel on a (presque) toujours vécu, provoque inévitablement une phase plus ou moins douloureuse d'acculturation, ce processus d’apprentissage par lequel on reçoit la culture du groupe dans lequel on essaye de s'intégrer.

    Le choc culturel en hiver est dabord d'ordre météorologico-climatique : le grand froid canadien n'est pas une légende ! Se promener par -16°C en plein après midi avec un léger blizzard qui fait descendre la température ressentie à -22°C relève des choses qu'il faut très rapidement affronter. Ici en hiver, la priorité number one est de ne pas avoir froid. Être beaux, élégants et distingués est une préoccupation mineure.

    Le second choc culturel passe également, au Québec, par le vocabulaire qu'il convient de se réapproprier ou, du moins, pour lequel il faut procéder à de menus ajustements terminologiques. J'y reviendrai bientôt dans un troisième chapitre de mon Petit lexique Franco-Québécois à l'usage des débutants

    Mais l'acculturation passe aussi par une foultitude de petits détails qui font que ici ce n'est pas comme chez-nous. Je veux parler de certains réflexes et comportements du quotidien qu'il faut entièrement réadapter. 

    Un exemple parmi tant d'autres : l'autre jour j'avais besoin de m'acheter un cahier à spirales, du papier machine et un classeur. Rien de bien exceptionnel. Normalement, en France, le réflexe de base est de se rendre à la papèterie la plus proche, ou bien d'aller au rayon papèterie de la grande surface du coin, ou encore, de manière très classique, de faire ses achats dans une maison de la presse. Normal non ?

    Ici, non...

    Ici lorsque l'on veut acheter un cahier à spirales, du papier machine et un classeur, inutile de chercher une papèterie, on vous regardera comme un animal bizarre qui s'exprime avec un vocabulaire étrange. On a vu être condamnés à l'écartèlement - attachés entre deux gnous - pour moins que ça... Ici, lorsque l'on veut acheter un cahier à spirales, du papier machine et un classeur, on va dans une pharmacie. Hé oui ma brave dame. C'est logique.

    Mais ce n'est pas tout. Imaginons que vous ayez soudainement un petit creux et que vous vouliez vous procurer de quoi vous sustenter. Un petit sandwich par exemple, et pourquoi pas accompagné d'un soda bien glacé ? Le réflexe de tout Français normalement constitué est de se rendre dans la première boulangerie - sandwicherie dont nos rues sont ponctuées et d'y acheter ce que notre bon-vouloir nous dictera. C'est il me semble une attitude saine et raisonnable.

    Ici, non...

    Ici, lorsque, brutalement, on a un petit creux, on peut certes aller dans n'importe lequel des néfastes-food qui pulullent le long des rues canadiennes et se vautrer dans du hamburger bien gras à s'en faire pêter les artères ou se goinfrer de poutine jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais l'on peut aussi avoir le réflexe d'entrer dans... une pharmacie. Effectivement, toute pharmacie digne de ce nom dispose de rayons bouffe mettant à votre disposition des sandwiches sous vide, des barres de céréales, des boissons froides et chaudes, des bonbons, et parfois même une armoire à surgelés. Hé oui, ici, c'est logique...

    Un troisième exemple : pour un motif quelconque, vous avez besoin de faire des photocopies. Bon, là si vous êtes étudiant vous savez qu'à proximité des facs vous trouverez une foultitude de baraques à stocopies à 2 centimes. Sinon vous subodorez qu'une maison de la presse ou une papèterie digne de ce nom vous donnera toute satisfaction. Encore une fois ce sont des réflexes basiques chez nous.

    Ici, non...

    Ici, lorsque vous avez besoin de faire des photocopies, LE bon réflexe c'est d'aller à la pharmacie... Hé oui. ici c'est logique.

    Un quatrième exemple pour la route ? Oui ? Allez... Bon, imaginons que vous ayez lu entièrement trois fois votre dernier Bimba, fait tous les tests psycho de Pouf-Magazine (numéro spécial Pute ou princesse : Quelle dépravée êtes-vous ?), et que vous vous ennuyez fermement de ne plus rien avoir à lire. En France vous vous rendriez illico presto chez votre marchand de presse le plus proche pour remédier à cette vague de néant qui assombrit votre morne existence.

    Ici, non.

    Ici, pour vous procurer le nouveau Paillettes Magazine (avec une photo dédicacée de Justin Martins et la dernière interview de Dady Gogo à l'intérieur), LA solution de bon sens est encore une fois... la pharmacie.

    Vous l'aurez compris, au Québec, la pharmacie c'est un peu la caverne d'Ali-Baba. On y trouve à peu près tout ce que l'on peut vouloir : bouffe, boissons, matériel de bureau, revues, maquillage, produits détergents, oeufs en chocolats pour Pâques, outillage de métallurgie lourde, césium 137 en barre... tout !

    Il paraît même que l'on peut y acheter des médicaments. 
    Enfin, je crois...

    24 commentaires:

    1. Et quand la pharmacie est fermée, tu vas dans un dépanneur :-) (cela dit, je ramène ma fraise mais je ne me rappelais absolument pas cette exception culturelle-là !)

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      1. La grosse différence entre le dépanneur et la pharmacie c'est que le premier est ouvert quasiment 24h / 24.

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    2. Dingue
      Tiens si je te dis que je vais embrasser tes gosses ( bon d'accord pour pour l'instant c'est de la fiction mais on peut toujours rêver :)) , tu réagit comment ? ;););)

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      1. Ma réaction dépendra de mon taux d'hébriété et de celui de chéri :p

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      2. Je redoute chéri , je connais pas :):)

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      3. Il n'y a qu'une façon de le savoir ;)

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      4. Ah vous revenez en France bientôt ? :)

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    3. Je vois donc d'où Leclerc a trouvé son idée de vendre des médicaments :)

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      1. Effectivement, c'est une analyse intéressante :D

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    4. Tu ne connaissais pas la chanson de Charles Trenet? :)
      http://youtu.be/ioV9HPfBBTk

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      1. Hé non, je ne connaissais pas. Et c'est exactement ça !

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    5. Euh... petit détail. C'est effectivement vrai que certaines pharmacies (tout particulièrement les Pharmescroc Jean-Couteux et Pharmaprix) font un peu dans le genre caverne d'Ali-Baba... mais ce n'est pas le meilleur endroit pour se procurer tout ça. Les papetiers existent (les magasins spécialisés en fournitures de bureau, s'entend) et on y trouve généralement meilleure qualité et meilleurs prix qu'en pharmacie. La même chose s'applique au rayon casse-croûte, où des commerces idoines vendent mieux pour pas cher, surtout si, comme je suppose que tu te trouves à Montréal, on est dans une grande ville. Ceci dit, les pharmacies sont souvent ouvertes plus tard et sont tellement nombreuses qu'il est facile d'y trouver à peu près tout ce que l'on cherche, incluant un refuge temporaire contre le froid!

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      1. Je faisais effectivement référence aux enseignes que tu cites. Et heureusement il existe des magasins idoines où l'on peut se procurer tout le matériel de bureau à tous les prix et toutes les qualités. Mais il faut croire que le réflexe premier de mon entourage proche ici n'est pas le meilleur. Je pourrais faire le même constat en ce qui concerne l'alimentation, mais c'est un autre sujet (et j'y reviendrai plus tard dans un prochain billet).

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    6. On peut quand même aller chez Bureau en gros pour la papèterie, Première moisson pour la boulangerie, Pharmaprix pour les médicaments et la caisse du Métro ou du Provigo pour se procurer "Châtelaine". Mais c'est vrai, c'est vrai, le Jean-Coutu du coin est toujours pratique pour faire tout ça. Et en prime, ils font bureau de poste aussi !

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    7. L'essentiel est que cela ne te rende pas malade

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    8. Pour moi le plus gros choc a été la Poste à l'intérieur de la papeterie (alors qu'un peu naïvement je cherchais une devanture bleue et jaune). Et des conversations cocasses avec l'homme du genre "chéri, je vais où pour acheter du papier cadeau?" "Ben voyons donc, à la pharmacie". Ben oui hein.

      Française au Québec depuis cinq ans, je découvre votre blog avec plaisir. Bonne intégration à la Belle Province :)

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      1. Je voulais bien sur dire la Poste à l'intérieur de la pharmacie. Au passage ,il y a encore quelques belles papeteries à Montréal, comme Nota Bene sur Parc.

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      2. Bonjour Isabelle ! C'est drôle, parce que quand je suis arrivé à Montréal, j'ai passé une grosse journée à chercher...un bureau de poste dans tout Rosemont ! C'est par hasard, en entrant dans une pharmacie, que j'ai remarqué le comptoir Postes Canada tout au fond du magasin. Ça fait partie des choses à apprendre. Mais on s'habitue tellement à toutes ces petites (ou grandes) différences qu'il faut également s'adapter lors du retour en France. Exemple : vouloir faire son épicerie un dimanche à 16 h :)

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      3. Je me souviens d'avoir eu le problème inverse lors d'un bref séjour aux États-Unis. C'était un samedi et je cherchais où me procurer des timbres. Je demande à un passant qui me répond, tout de go (comme si je débarquais de la planète Mars): «Mais, au bureau de poste!» (dans la langue amerloque, s'entend). Avant de lui demander où je trouverais cette bête rare (dans mon esprit de Canadien), je lui signale que d'où je viens, les bureaux de poste ne sont pas ouverts le samedi, mais qu'on peut se procurer des timbres ailleurs. C'est sur un ton plus compréhensif, pour ne pas dire vaguement condescendant, qu'il m'a gentiment indiqué le chemin du bureau le plus près.

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      4. Le bureau de poste à la pharmacie, j'avoue, j'ai pas mal été déstabilisé. Vu les réformes prévues et le grand ménage annoncé dans ce secteur, cela risque fort de devenir une règle commune...

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    9. Donc il serait logique que dans les papèterie on trouve aussi des médicament! Et les oeufs, on les achète où ???

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    10. Bientôt vous allez trouver une affiche du style "faites-les vous-mêmes !" Avec tout ce qu'il y a dans ces "pharmacies canadiennes", vous allez pouvoir jouer au MacGyver des caribous :D

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    11. A mon arrivé les pharmacies vendaient aussi des cigarettes

      Pasjonk

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