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  • 31 décembre 2020

    Cuisiner avec le diable

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    Pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, je me trouvais au cœur de la patrie du cassoulet. Non pas pour en savourer un en bonne compagnie mais pour me balader. Car oui, toi lecteur d'un jour ou d'une vie, sache que Castelnaudary est une charmante ville que traverse le Canal du Midi dans laquelle il fait bon venir se promener.

    Sortant de ma voiture à peine garée sur un vaste parking situé en contrebas de la vieille ville, je me trouvai nez à nez avec une boutique du meilleur aloi offrant à la vue du visiteur toute une variété de conserves et de préparations locales. Malgré mon appétence notoire pour la bonne chaire, mon œil fut en réalité attiré par les poteries culinaires exposées en devanture. D'abord toute une série de cassoles de toutes les tailles imaginables, allant de la portion individuelle à des volumes bien plus généreux, puis des plats ronds vernissés, enfin un drôle d'engin ressemblant à une sorte de grosse terrine ovoïdale dont j'ignorais tout autant le nom que la fonction.

    En effet je suis friand de ces vieilleries qui racontent une histoire, comme les casseroles en cuivre étamé et les cocottes en fonte qui constituent la base de ma batterie de cuisine ou encore la jolie cassole que j'utilise à l'occasion. Est-ce que mon plat sera meilleur là dedans que dans une cocotte en fonte que je mettrai au four de la même manière ? Peut-être. Je n'en sais rien, et je m'en contrefiche car, au fond, ce n'est pas cela qui est important. Non : ce qui m'importe c'est le plaisir de cuisiner, d'essayer et de surprendre mes convives.

    Évidemment intrigué par l'allure ésotérique du bidule, je poussais la porte du magasin pour examiner l'objet d'un peu plus près. Je l'ignorais à cet instant mais il m'en fallait absolument un.

    Vu de plus près, l'objet ressemble à un gros vase ou pot en terre rouge typique de l'argile que l'on trouve dans la région, et que l'on aurait coupé verticalement environ au premier tiers puis disposé horizontalement. 


    L'intérieur est vernissé pour le rendre étanche et apte à un usage alimentaire. La partie inférieure, la plus grosse, est munie de deux anses afin de pouvoir la transporter. Le couvercle, vernissé également, est muni de deux petite proéminences moulés dans la masse qui permettent de le manipuler aisément. Les trous que l'on y voit m'ont l'air d'avoir été pratiqués afin de solidariser les boutons au reste.
     
    Les deux parties jointent à peu près hermétiquement. L'irrégularité de la découpe rend chaque pièce unique. En particulier il semble impossible de faire refaire un couvercle aux dimensions en cas de casse. Il faudra donc être prudent.
     

    La dame qui tient la boutique m'a expliqué que cet objet s'appelle un diable. A titre personnel, elle y prépare ses pommes de terres et légumes farcis ainsi que ses poulets. On pourrait s'en servir pour cuisiner tout un tas de trucs, du simple ragout de légumes au poulet rôti du dimanche, en passant par l'épaule d'agneau. La cuisson se fait au four, bien entendu, mais le diable peut tout aussi bien se poser sur la braise où il remplira parfaitement son office.

    Malgré quelques recherches, j'ignore pourquoi cet objet s'appelle un diable. Car, en cuisine, un diable c'est tout autre chose - une sorte que casserole rondouillarde - et cela sert à cuire les patates. Peut-être les deux petites cornes qui servent à manipuler le couvercle et à son utilisation dans un feu de bois, en ont-elles suggéré le nom ? 

    Comme je l'ai déjà écrit un peu plus haut, je n'avais absolument pas besoin de ce bidule tout de même assez encombrant (il occupe à lui seul près de la moitié de ma plaque de cuisson qui est en 90 !). Paradoxalement, c'est son caractère totalement superflu qui le rend parfaitement indispensable. Et j'imagine très bien que l'on puisse y préparer, de manière totalement hérétique - quoique la provenance de l'objet et son lieu de fabrications constituent d'indéniables circonstances atténuantes - un délicieux cassoulet, des ragouts et, probablement aussi, toute la cuisine qui se fait dans ce genre d'ustensile, comme elle se pratique en Alsace par exemple J'ai d'ailleurs récupéré quelques fiches de recettes laissées en libre service à la caisse de l'antre des merveilles, afin de guider mes élans créatifs.

    A présent il ne me reste pus qu'une chose à faire : l'essayer !

    27 décembre 2020

    L'union fait la force et l'oignon fait la soupe !

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    Aujourd'hui je vais te raconter ma soupe à l'oignon. Hé oui. Parce que les choses simples, on les laisse parfois un peu trop de côté, sans raison. On cherche les recettes compliquées pour en mettre plein la vue. Je te propose humblement de t'en mettre plein les papilles.

    Pourtant la soupe à l'oignon c'est facile à préparer et c'est rudement bon. Et en ces temps de fêtes, c'est parfait pour remettre les estomacs fragiles d'aplomb.

    Des recettes de soupe à l'oignon, il doit en exister autant que de recettes de paella, de soupe au choux et de tout un tas d'autres recettes des familles. Peu importe. Moi je fais celle que j'aime. Parce qu'on ne le dira jamais assez, la cuisine c'est d'abord de  l'amour. De l'amour que l'on s'offre à soi et que l'on partage avec ceux que l'on aime. Quand on comprend ça, on comprend beaucoup de choses.

    Les prérequis sont enfantins : une grande cocotte, un peu d'huile, des oignons, un verre de vin blanc sec, de l'ail, sel, poivre, quelques os ou du bouillon en cube. C'est tout... Pas besoin d'aller chercher très loin.

    Allez, viens, je te montre.

    1/ Pour faire de la soupe à l'oignon il te faut commencer par armer un grand faitout ou une grande cocotte d'au moins cinq litres. Si tu utilises un récipient plus petit, il faudra adapter les proportions. C'est très facile, tu verras. Donc, au fond de ta cocotte, tu mets un peu de gras à chauffer. Deux ou trois bonnes cuillerées à soupe d'huile d'olive ou de tournesol, ou un peu de gras de canard, un bout de lard de cochon (du lard fumé si tu en as, ce devrait être excellent), bref ce que tu as. L'autre jour j'ai utilisé un fond de graisse de foie gras et c'était très bien. Tu mets sur un feu tout doux. C'est important.

    2/ Pendant que ta cocotte chauffe lentement, il faut préparer les oignons. Moi j'aime bien mélanger les variétés, parce que c'est joli dans mon panier et parce qu'elles ont chacune leur  petit parfum et leur texture une fois cuits. L'oignon rouge, comme sur la photo, donne un goût un peu plus sucré et reste très ferme à la cuisson. Mais si tu n'as que de l'oignon jaune ça ira très bien.

    Niveau quantité, des oignons il t'en faudra environ beaucoup. Je ne sais pas te dire combien exactement mais deux kilos me parait un minimum. Tu les épluches et tu les éminces avec un bon couteau. S'il tranche bien tu ne pleureras (presque) pas. La bonne quantité est atteinte lorsque tes oignons émincés remplissent à peu près la moitié de ta cocotte. Si au milieu de tes oignons se cachent quelques échalotes, ne les gronde pas et mets-les avec, ce sera très bon. Ajoute également ton ail épluché et dégermé si tu ne le digères pas. Personnellement je coupe les gousses en deux, sans m'escrimer à le hacher fin. 

    3/ Ensuite, il va falloir faire fondre tout ça sur un feu pas trop fort pour que ça n'attache pas. Si ça commence à accrocher, baisse immédiatement le feu. La coloration va être plutôt lente. Alors arme-toi d'une spatule en bois et d'un peu de patience, et touille un peu de temps en temps en raclant bien le fond de la marmite pour décoller les sucs. 

    Il ne faut pas couvrir, ou pas complètement, sinon les oignons ne vont pas colorer. Et c'est quand même l'objectif : obtenir une belle couleur caramel assez foncée. Plus la couleur sera prononcée et plus intense sera l'arôme de la soupe. Cette phase est donc fondamentale puisque c'est là que tout se joue. Alors prends patience !

    4/ Au bout d'une bonne demi heure voire trois bons quarts d'heure, les oignons auront réduit des deux tiers et auront pris une belle couleur caramel. Plus la couleur sera foncée et plus la soupe aura de goût. 

    Si ce n'est pas encore le cas, patiente en te servant un petit canon avec le blanc que tu vas utiliser dans la recette. Au moins tu seras certain que le vin n'est pas bouchonné ! 

    Quand ça te paraît bien, ajoute un bon grand verre de vin blanc sec et fais réduire sur un feu un peu plus vif. Ne te casse pas la tête, n'utilise pas la meilleure bouteille de ta cave. Personnellement j'utilise un petit Sauvignon de pays à 3,50€ qui va très bien. Un Bordeaux Graves fera aussi parfaitement l'affaire.

    5/ Quand tout a réduit et que ça crépite de bonheur, commence à remplir une carafe d'eau du robinet. Si tu as un bout de carcasse de volaille, des os à moelle ou que sais-je, tu peux les ajouter à tes oignons. Ça n'en sera que meilleur. 

    Aujourd'hui j' ai mis deux os à moelle et de la queue de bœuf. Parce que c'est bon la queue. Si tu n'as rien de tout cela ou si tu n'aimes pas, tu peux ajouter un peu de fond de veau ou un ou deux cubes de bouillon de volaille ou de bœuf, ça fera très bien l'affaire.


    6/ C'est enfin le moment de couvrir le tout avec de l'eau en remplissant ta cocote jusqu'à 2 centimètres du bord. N'ai pas peur de tout noyer : ça va réduire. Maintenant tu sales et tu poivres généreusement. Si tu as des feuilles de laurier, tu peux en mettre un bout, mais pas trop sinon ça risque de dominer. On évite le girofle et le genièvre qui, à mon sens, n'ont pas grand chose à faire dans cette histoire. Restons simples !
     
    Et maintenant il faut laisser la magie opérer en laissant infuser le tout pendant au moins deux heures, à feu doux, sans couvrir complètement pour qu'un peu du volume s'évapore et que les sucs se concentrent bien. Dans quelques instants, toute la maison va sentir bon la soupe. Tu vas voir, c'est magnifique ! 
     
    7/ Avant de servir, retire les os si tu en as mis, et passe un rapide coup de mixer, sans mouliner complètement. La soupe va prendre une consistance assez épaisse et une couleur bien rousse voire marron foncé. Rectifie l'assaisonnement si nécessaire en sel et poivre. Sers dans le récipient de ton choix, et savoure brûlant à grandes lampées.
     
    Voilà, tu sais tout, ou presque. A partir de cet instant, les possibilités sont infinies. Tu peux même faire gratiner ta soupe sous le grill du four, après l'avoir recouverte de fromage rappé. C'est très décadent et délicieux. Sois sans crainte, je ne te jugerai pas...

    Sache par exemple que, dans le Cantal, pour les fêtes et les mariages, on réserve à cette soupe un destin extraordinaire. Après en avoir préparé une généreuse marmite, on remplit une soupière de tranches de gros pain rassis, alternées avec des tranches de vieux Salers. On verse ensuite la soupe brûlante dans la soupière que l'on referme avec son couvercle. Puis l'on attend, religieusement, pendant une dizaine de minutes, le temps de croquer une tranche d'andouillette avec les copains et de trinquer ensemble. Quelques instants plus tard, quand les dieux et divinités de la soupe à l'oignon ont magnifié leur œuvre dans le secret de cet écrin de faïence, on sert les convives de ce syncrétisme parfait, constitué de pain gorgé de soupe et de fromage fondu. Une bonne louchée bien généreuse. C'est alors que se noue un face à face quasi mystique chacun devant son assiette. La vérité est là, dans la simplicité rustique de ce plat venu du fond des âges. A cet instant précis se rejoue l'un des grands moments de l'histoire de la soupe. Je te souhaite d'en être, toi aussi, un jour.

    Bon appétit. Tu l'as mérité.

    21 décembre 2020

    Les derniers mètres

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    Encore quelques jours, encore quelques heures à tenir avant de fermer temporairement les portes du bureau. Il est vraiment temps de faire une pause car je suis à bout de force, de patience, d'indulgence, de volonté. 

    Besoin d'une respiration, après des derniers mois éprouvants, des semaines de soixante dix heures, des weekends inexistants, une pression du boulot souvent détestable, des clients pénibles.

    Besoin de renouer avec des plaisir simples et d'en jouir pleinement. De lâcher prise et de jeter un gros oreiller moelleux sur les tracas du quotidien. Fermer les écoutilles et tout oublier. Le boulot, passionnant mais terriblement envahissant. La pandémie et les contraintes du confinement qui rythment nos journées. Les discours anxiogènes qui n'aident pas à garder le moral...

    Oui, j'ai vraiment hâte de ces fêtes de fin d'année, de leur douceur, du relâchement qu'elles appellent, des plaisirs qu'elles annoncent, du réconfort qui en résultera.

    Prendre le temps, et prendre le temps de ne rien faire, sans contrainte. Me prélasser au coin du feu une tasse de chocolat chaud à la main, faire des gaufres et laisser l'odeur du sucre qui cuit embaumer la maison. Dormir à ma guise sans l'oppression du réveil...

    Encore quelques heures. 
    Encore quelques jours.

    15 décembre 2020

    La photo du mois : Un mot (ou un lieu) pour évoquer un film

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Décembre, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Christophe qui nous propose de plancher sur : Un mot (ou un lieu) pour évoquer un film.

    En  gros, si j'ai bien compris le sujet, il s'agit de faire deviner un film avec un photo représentant un objet (oui parce qu'un mot, en photo, je ne vois pas vraiment à qui cela correspond) ou un lieu. 

    Alors, ok, ma photo ne représente ni un lieu, ni un objet mais plutôt un assemblage d'objets. Pourtant cette chose curieuse - une lampe customisée au cours d'une soirée probablement beaucoup trop alcoolisée - existe bel et bien dans cet état-là, dans le salon d'un couple d'amis. Et la première fois que je l'ai vue, il y a quelques mois, elle m'a aussitôt fait penser à un film en particulier que j'ai dû voir une dizaine de fois, dont plusieurs fois à sa sortie voici une grosse vingtaine d'années. 

    Pensons-nous au même ? 

    Alors, vous l'avez ? Une idée ? Ou peut-être plusieurs ?
    Jouons un peu et laissez vos propositions dans les commentaires. 

    J'éditerai le billet dans une semaine et donnerai la réponse à cette devinette. 

     N'hésitez pas à faire un petit tour chez les autres participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, Luckasetmoi, magda627, Marie-Paule, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Tambour Major, USofParis, Xoliv'

     **Edition du 28 décembre**
    Certains  l'ont trouvé, il s'agissait bien de Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick.

    25 novembre 2020

    En attendant Noël

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    Le Président l'a dit, les fêtes de fin d'année auront donc lieu. La grise-mine du confinement et ses conséquences délétères sur le moral des troupes laissait présager le pire. J'ai même pu lire ici et là que ces fêtes seraient inutiles et que nous pourrions y renoncer. Franchement je ne le pense pas, ce serait même une erreur.  Ne serait-ce que du fait de leur force rituelle, dont l'origine remonte au fond des âges. Je doute que nous sachions nous en passer, simplement parce qu'elles constituent l'un des rares moments qui soit célébré par à peu près toute la planète. 

    Au-delà de cette considération de café de commerce, les fêtes de fin d'année sont peut-être surtout l'occasion de tout un tas de petits rituels qui sont réservés à cette période et qui la rendent unique. C'est en tout cas de cette manière que je le perçois. 

    Ce sont d'abord certaines couleurs et odeurs, que je leur associe, comme celle de cannelle, de girofle et de muscade. J'ai d'ailleurs un mélange de ces huiles essentielles que je ne ressors du placard qu'à ce moment-ci et qui me plonge instantanément dans un certain esprit un peu festif. C'est très apaisant.

    En outre, à défaut d'enguirlander tout l'appartement - que les chats-minous mettraient un malin plaisir à saccager en une nuit - c'est aussi l'occasion de remettre en service le carillon des anges que j'avais acheté l'an dernier au marché de Noël à Strasbourg. La lueur des bougies qui se reflète dans l'or du laiton mêlé au tintement aigu des deux petites cloches, produit un effet féérique. Cela me rappelle ces moments d'enfance où, du haut de mes trois petites pommes, je m'émerveillais sur celui que possédait ma grand-mère... C'est aussi la saison où certaines préparations refont leur apparition, je pense aux petits gâteaux en pain d'épice que je passe une après-midi à préparer et à décorer, afin de les savourer en famille autour d'un bon feu de cheminée, avec une grosse tasse de vin chaud à l'orange et aux épices.  

    A quoi tout-cela sert-il ?  Comme tout ce qui n'est pas absolument nécessaire, à pas grand chose, j'en conviens  mais cela met un peu de couleur dans nos vies sacrément bariolées de gris en ce moment. J'y vois avant tout un moyen de se redonner un peu de courage, en songeant aux bonnes choses à venir, aux vacances qui approchent doucement (et dont j'ai grandement besoin !) et aux quelques jours pendant lesquels ont va se faire du bien en toute impunité. 

    Trois fois rien donc. Et c'est déjà pas mal.

    15 novembre 2020

    La photo du mois : Transmission

    10 commentairess

    Bonjour les confinés, nous sommes le 15 Novembre, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par USofParis qui nous propose de plancher sur : Transmission.

    Nous avions les indications suivantes : 

    Rendez hommage à un mentor, un parent, un ami ou un artiste. Quelqu’un qui vous a apporté l’essentiel dans votre vie actuelle, et qui vous guide encore.

    Ce thème m'a donné beaucoup de fil à retordre de par le choix qu'il présuppose. Qui m'a apporté l'essentiel dans ma vie actuelle et qui me guide encore ? Je dois beaucoup de choses à beaucoup de monde. Il serait difficile en une seule photo d'en faire le tour. Et j'ai pas mal creusé la question posée par la photo de ce mois-ci. Et soudain l'illumination...

    Je dois remercier Pāskuålitø Blåmusling 🌈 un twittos toulousain que je suis depuis quelques temps, et qui, au détour de quelques tweets, m'a apporté un éclairage inattendu sur une situation dont le constat est établi de longue lune : chez les Tambour Major, on ne sait pas exprimer ses sentiments. On ne sait pas se dire qu'on s'aime. On ne se fait jamais de câlins, on ne se prend jamais dans les bras l'un de l'autre... Mais on s'aime, on le sait, on le sent. Parce que c'est évident.

    Et puis, le 7 novembre dernier, il partageait sa propre expérience par une série de quatre tweets dans laquelle je me suis totalement reconnu :

    Dans ma famille, on ne parle pas de choses intimes, personne ne s'est jamais dit "je t'aime".
    Non, on se montre qu'on s'aime en faisant à manger. La cuisine chez nous, c'est LA chose fondamentale. On sait tous (bien) cuisiner. C'est ce qui nous rassemble.

    On montre aux gens qu'on les aime en leur préparant à manger.
    Je suis incapable de dire à mon mec que je l'aime mais il sait que quand je lui fais des lasagnes ou une pavlova, ça veut tout dire !
    Il sait aussi que le jour où j'arrête, il doit s'inquiéter !
     
    C'est pareil avec mes amis, quand je reçois j'ai besoin de tout faire moi-même : servir quelque chose dans lequel je n'ai pas mis tout mon amour en le préparant me gêne. (Je sais, c'est con) 
    Bref, tout ça pour dire que témoigner son amour à quelqu'un peut se faire de mille façons.
    Ce soir je lui dirai que je l'aime avec des plats traditionnels de ma famille : couscous et salade d'oranges à la cannelle et à la menthe.
    From my kitchen with love.

    Pour tout dire, ce fut une révélation. Car comme lui je me débrouille plutôt bien en cuisine et j'aime recevoir mes amis pour partager un bon repas que j'aurai passé toute la journée à préparer, et davantage s'il le faut. C'est comme ça. C'est quelque chose que j'ai reçu et dont je ne saurai me défaire. C'est quelque chose qui nous unit chez les Tambour Major : cuisiner les uns pour les autres et passer un bon moment à table, tous ensemble, parfois pendant des heures. 

    Les repas de famille chez ma grand-mère paternelle étaient à cet égard l'exemple parfait. Il n'était pas rare en effet que nous soyons plus de vingt à table. Alors ma grand-mère préparait une énorme marmite de coq au vin qui cuisait toute la nuit sur la cuisinière à bois ; mes tantes se chargeaient des entrées ; l'une rapportait inévitablement de son pays d'Espagne quelques spécialités méridionales inconnues sous nos latitudes et  qu'il lui plaisait de nous faire partager ; mon père allait couper un peu de la charcuterie maison qui séchait doucement dans la vieille cave ; ma mère s'attelait au dessert. Chacun mettait la main à la pâte en ayant en tête le moment précis où le plaisir des uns et des autres s'exprimerait à la première bouchée de ce qu'il aurait préparé. 

    La préparation de la table de la salle à manger était également tout un cérémonial. Après avoir compté le nombre de convives, il fallait installer les rallonges pour déployer une immense table de bois noir que deux gigantesque draps de coton venaient habiller de blanc. Les plus petits d'entre nous disposaient ensuite verres, assiettes, serviettes et couvert, sous la haute autorité d'une cousine plus âgée et rompue à cet exercice hautement protocolaire. Mon grand-père apportait un peu de braise rouge pour allumer le poêle. 

    Seulement alors la table commençait à se parer des premiers hors-d'œuvres froids et d'un ou deux bouquets de fleurs composés par mes cousines en fonction de la saison. L'incontournable foie gras  maison, sans lequel un repas ne saurait être digne de ce nom, faisait son apparition. Rapidement la table rutilait d'une abondance parfois décadente, où chacun trouvait de quoi lui plaire, petit cousin comme vieil oncle dont nous ne connaissions pas le nom.

    Ma photo sera donc un hommage à ceux et celles qui m'ont beaucoup appris et qui m'ont transmis ce goût peut-être un brin suranné pour les grandes tablées, la belle vaisselle, le plaisir de faire et les plats de fête. Ceux et celles pour qui l'art de recevoir est, au-delà des mets, un acte d'amour.

    31 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #31 Ramper

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    Il presque minuit
    Une créature malveillante est tapie dans l'ombre
    Sous le clair de lune
    Tu croises un regard qui te glace le sang
    Tu essayes de crier
    Mais la terreur s'empare du son avant qu'il ne sorte
    Tu te figes peu à peu
    Pendant que l'horreur te regarde droit dans les yeux
    Tu es paralysé
    Tu entends la porte claquer
    Et tu réalises qu'il n'y a nulle part où s'enfuir
    Tu sens la main froide
    Et tu te demandes si tu reverras le soleil
    Tu fermes tes yeux
    Et espères que ce n'est que ton imagination
    Mais tout ce que tu entends à cet instant
    C'est la créature qui rampe derrière
    Tu n'as plus le temps

    This is the thriller...

    J'imagine que le dernier thème de cette série est fait pour coller à la fête de Halloween et qu'il doit donc évoquer quelque chose de terrifiant. Et c'était bien le cas avec Thriller. L'illustration n'a rien à voir avec Michael Jackson mais je la trouvais parfaite. Elle provient de chez Joshua Hoffine, qui excelle dans la photographie horrifique. Je lui avais d'ailleurs consacré un petit billet il y a quelques années. Non pas qu'il ait eu besoin de moi mais je trouvais déjà son travail fantastique. 

    Pour en revenir à Michael Jackson, le clip de Thriller est probablement le premier film d'horreur que j'ai regardé étant gamin. En 1983 j'avais 5 ans (ouille). J'étais tout autant fasciné que terrifié par ce vidéo clip. Fasciné par la musique, tellement nouvelle à l’époque, tellement géniale qu'elle a été samplée des milliers de fois par tous les DJ de la planète. Et les zombies qui sortaient de partout sans réellement faire de mal à personne étaient assez horribles pour faire peur, sans pour autant me faire renoncer à regarder. En revanche, j'étais très impressionné par la transformation de Michael Jackson en loup garou qui, sous cette forme ou un autre, alimentera quelques unes de mes terreurs nocturnes des années durant.

    Ce qui était vraiment cool avec ce clip, c'est qu'il prenait le temps de raconter une véritable histoire et de faire monter la tension. Pensez-vous, près de quatorze minutes. C'était totalement dingue, et l'est encore aujourd'hui. J'ai vraiment l'impression d'être un ancêtre en écrivant ça mais je souhaite aux jeunes générations de vivre des choses pareilles. Et puis il y avait le twist final absolument génial avec ce rire maléfique, lui aussi entré dans l'histoire de la musique et des rires reconnaissables entre mille. 

    This is the thriller...
    Allez, on s'en remet un petit coup ? C'est le soir où jamais !

    30 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #30 De mauvais augure, menaçant, inquiétant

    0 commentaires

    Coup de fatigue ces jours derniers. J'ai pourtant l'impression de ne pas trop mal dormir, et de dormir assez. En tout cas, je n'ai pas cette sensation d'être complètement à plat en me levant le matin, chose qui m'arrivait il y a encore quelques semaines. J'ai toutefois beaucoup de travail à évacuer, beaucoup d'urgences à traiter et encaissé pas mal de stress inutile, ce qui n'aide pas à la zénitude. C'est simple, depuis la fin des vacances d'août dernier, je n'ai pas arrêté, y compris certains weekends qui n'ont eu de reposant que le silence du téléphone. 

    A bien y regarder, le retour de vacances n'est pas si loin que ça, en réalité. Depuis la fin août, deux gros mois se sont écoulés, tout au plus. C'est encore au moins autant qu'il me reste à tenir avant d'avoir quelques jours de congés en décembre, ou en janvier. Je ne sais d'ailleurs pas encore ce que j'en ferai ni ce que je pourrai en faire. Certainement pas grand chose, quelques jours au calme à la montagne, si le contexte le permet. Il est difficile de prévoir ces temps-ci.

    Étrangement, le confinement installé depuis hier ne m'angoisse pas autant que le premier. Parce que je sais que niveau boulot et que je tiendrai le coup que j'ai de quoi m'occuper pour plusieurs semaines sans trop de difficulté. D'ailleurs j'espère travailler assez vite pour pouvoir m’atteler à un projet qui me tient à cœur mais qui, faute de temps, est pour l'instant au congélateur… L'ennui ne sera pas au rendez-vous. Enfin parce que nous savons que les magasins seront approvisionnés et que nous ne manquerons de rien, si ce n'est de voir nos parents et nos proches… 

    La situation n'est pas drôle pour autant. Hier soir Toulouse s'est vidée. Aujourd'hui les rue étaient désertes alors qu'une foule débordante s'y trouvait encore hier après-midi, dernier soubresaut de liberté avant quelques semaines de vie recluse. J'attends de voir si, comme au printemps dernier, nous entendrons à nouveau les chants d'oiseaux parsemer les rues.

    Depuis cet après-midi et encore maintenant, j'ai froid aux pieds. Je suis rentré chez moi avec les pieds glacés et l'impression de ne plus avoir d'énergie. Habituellement cela n'augure rien de bon. Un coup de froid, un vilain rhume ou la grippe. J'espère qu'il n'en est rien…

    29 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #29 Chaussures

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    Quand j'étais tout gamin, l'un de mes disques préféré faisait partie d'une collection qui racontait des contes. Je ne savais pas encore bien lire mais je connaissais pourtant certains contes de Perrault et des fables de La Fontaine par cœur. Le Corbeau et le Renard, lu par Louis de Funès. Le Loup et l'Agneau et son livret illustré dont je me souviens très bien et dont la fin, lue avec lenteur et d'un ton lugubre, me terrifiait délicieusement. 

    Il y avait aussi une histoire assez incroyable que j'ai écoutée un nombre incalculable de fois mais dont je n'ai que de maigres souvenirs, dans laquelle il était question de fleurs qui parlent et qui, à la fin supplient le personnage principal de ne pas les oublier. Si quelqu'un a des pistes pour identifier ce dont il s'agit, je suis tout ouïe !

    Mais mon disque préféré par dessus tous, c'était celui qui racontait l'histoire de Cendrillon. Le disque en lui-même était assez extraordinaire puisqu'il n'était non pas noir comme les autres, mais d'une très belle couleur orange. Rien que cela, le rendait particulièrement précieux. 

    Si j'aimais beaucoup l'histoire, je n'ai jamais compris pourquoi il était question de "pantoufles de verre". A moi, gamin, mes pantoufles sont confortables, avec un genre de doudoune à l'intérieur qui les rend chaudes et moelleuses. Mais du verre ? C'est froid, dur, inconfortable, et puis cassant. J'imaginais assez mal comment, toute princesse qu'elle fut de par la grâce de sa marraine la fée, Cendrillon pouvait chausser des pantoufles de verre sans avoir terriblement mal aux pieds. Ma mère et ma grand-mère, qui me lisaient parfois l'histoire et à qui je posais régulièrement la question, n'y voyaient rien à redire. Du verre ? Ben oui, c'est évident...

    Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai compris, au prix de recherches dans un dictionnaire, que le mot "verre" s'écrivait en réalité "vair" et que la vérité cruelle cachée derrière ce mot, n'était pas faite pour être révélée aux petits enfants.

    28 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #28 Flotter

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    « Tu veux ton bateau, Georgie ? » fit le clown avec un sourire.
    George lui sourit à son tour ; il ne put s’en empêcher. C’était le genre de sourire auquel on ne pouvait faire autrement que de répondre. « Oui, bien sûr, je le veux.»
    – Bien sûr, je le veux ! » fit le clown en riant. Voilà qui est bien dit, très bien dit ! Que penserais-tu d’un ballon ?
    – « Eh bien… oui ! » Il tendit une main hésitante, puis se reprit. « Je ne dois pas prendre les choses que me donnent des étrangers. C’est ce que Papa m’a dit.
    – Ton papa a parfaitement raison, admit le clown du fond de son égout, toujours souriant.
    (Comment ai-je pu croire, se demandait George, qu’il avait les yeux jaunes ? Ils étaient d’un bleu brillant et pétillant, comme ceux de sa mère ou de Bill.) Parfaitement raison. C’est pourquoi je vais me présenter. Georgie, je m’appelle Mr. Bob Gray, aussi connu sous le nom de Grippe-Sou le Clown cabriolant. Grippe-Sou, je te présente George Denbrough. George, je te présente Grippe-Sou. Eh bien, voilà, nous ne sommes plus des étrangers l’un pour l’autre. Pas vrai ? »
    George pouffa. « C’est vrai. » Il tendit de nouveau la main, et de nouveau la retira.
    « Comment t’es descendu là-dedans ?
    – La tempête nous a balayés, moi et tout le cirque, répondit Grippe-Sou. Ne sens-tu pas l’odeur de cirque, Georgie ? »
    Georgie se pencha. Ça sentait les cacahuètes, les cacahuètes grillées ! Et le vinaigre, ce vinaigre blanc que l’on verse sur les frites d’une bouteille avec un petit trou ! Ça sentait aussi la barbe à papa et les beignets frits, tandis que montait, encore léger mais prenant à la gorge, l’odeur des déjections de bêtes fauves. Sans oublier celle de la sciure. Et cependant…
    Et cependant, en dessous, flottaient les senteurs de l’inondation, des feuilles en décomposition et de tout ce qui grouillait dans l’ombre de l’égout. Odeur d’humidité et de pourriture. L’odeur de la cave.
    Mais les odeurs du cirque étaient plus fortes.
    « Tu parles, si je les sens ! s’exclama-t-il.
    – Tu veux ton bateau, Georgie ? demanda Grippe-Sou. Tu n’as pas l’air d’y tenir tant que ça », ajouta-t-il en le soulevant avec un sourire. Il était vêtu d’un ample vêtement de soie fermé d’énormes boutons orange ; une cravate d’un bleu électrique éclatant pendait à son cou, et il avait de gros gants blancs comme ceux que portent toujours Mickey et Donald.
    « Si, j’y tiens, dit George, toujours penché sur l’égout.
    – Veux-tu aussi un ballon ? J’en ai des rouges, des verts, des bleus, des jaunes…
    – Est-ce qu’ils flottent ?
    – S’ils flottent ? » Le sourire du clown s’élargit. « Et comment ! J’ai aussi de la barbe papa… ».
    George tendit la main.
    Le clown la lui prit.
    Et George vit changer le visage de Grippe-Sou.
    Ce qu’il découvrit était si épouvantable qu’à côté, ses pires fantasmes sur la chose dans la cave n’étaient que des féeries. D’un seul coup de patte griffue, sa raison avait été détruite.
    « Ils flottent… », chantonna la chose dans l’égout d’une voix qui se brisa en un rire retenu.
    Elle maintenait George d’une prise épaisse de pieuvre ; puis elle l’entraîna dans l’effroyable obscurité où grondaient et rugissaient les eaux, emportant leur chargement de débris vers la mer.
    George détourna tant qu’il put la tête des ultimes ténèbres et se mit à hurler dans la pluie, à hurler inconsciemment au ciel blanc d’automne qui faisait ce jour-là comme un couvercle au-dessus de Derry. Des cris suraigus, perçants, qui tout au long de Witcham Street précipitèrent les gens à leur fenêtre ou sous leur porche.
    « Ils flottent, gronda la voix, ils flottent, Georgie, et quand tu seras en bas avec moi, tu flotteras aussi… »
    L’épaule de George vint buter contre le rebord en ciment du trottoir, et Dave Gardener, resté chez lui à cause de l’inondation au lieu d’aller travailler comme d’habitude au Shoeboat, ne vit qu’un petit garçon en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau, tandis que de l’eau boueuse et écumante transformait ses cris en gargouillis.
    « Tout flotte, en bas », murmura la voix pourrie et ricanante ; puis il y eut soudain un bruit affreux d’arrachement, une explosion d’angoisse, et George Denbrough perdit connaissance.

    Stephen King, Ça, Albin Michel, 1988
    Première Partie "Tout d'abord, l'ombre", Chapitre 1er, pp. 18-19. 

    27 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #27 Musique

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    Ceux qui me lisent depuis quelques temps, savent à quel point j'aime la musique. Malgré une affinité particulière pour celle que l'on appelle un peu trop rapidement "classique", j'aime toutes les musiques. Des polyphonies du XIIIe siècle à la musique expérimentale ultra-contemporaine, de Wagner à Brigitte Fontaine, de Jamiroqwai Gainsbourg en passant par Björk et quelques noms la scène pop rock actuelle, mes goûts sont pour le moins éclectiques. 

    Éclectiques certes, mais avec un dénominateur commun toutefois qui donne à mon univers musical une certaine couleur. Du coup, malgré toute ma bonne volonté, il s'en trouve beaucoup qui en sont exclus. 

    En effet, qu'importe ce que j'écoute, il faut pour que cela me plaise, que l'on m'emmène en voyage. Oui, en voyage. Tout de suite, il me faut un décors, une atmosphère, un paysage sonore, ce petit quelque chose indescriptible qui me donne envie de regarder plus loin en fermant les yeux. 

    Souvent tout se joue au premier accord, à la première mesure, au premier regard. La musique a ce pouvoir incroyable d'exprimer l'indicible au-delà des phrases et des mots. Alors je ne suis que peu sensible à ces mélodies qui expriment moins encore que les paroles fades dont elles se parent. Ni aux rythmiques endiablées qui me laissent de marbre. Là encore, il suffit d'un rien pour qu'une belle ligne de basse me transporte aussitôt ou, au contraire, me laisse à quai. Il me faut un souffle, une direction, une impulsion, un cœur qui bat.

    Oui, je crois que, comme en amour, la musique qui me séduit possède cette part de sensualité auréolée de mystère, qui parle autant aux sens qu'à l'intellect. Je veux sentir l'humain au-delà des notes et, à travers elles, la promesse d'une rencontre.

    25 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #25 Copain

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    Journée entre potes ce dimanche. Tout d'abord un brunch avec mon mexicain que j'apprends à connaître, et sa bande. Nous étions dans un chouette petit restaurant du quartier Arnaud Bernard, tenu par des compatriotes à lui. Bien qu'ayant déjà visité le Mexique, je ne crois pas avoir goûté aucun des plats servis ce midi. Tout d'abord pu découvrir el atole, une étonnante boisson chaude faite à base de farine de maïs et diverses épices. Légèrement sucrée avec de la mélasse, le atole se boit quand il fait froid. De consistance un peu crémeuse et de texture assez irrégulière, celui de ce dimanche était préparé avec du maïs rouge, ce qui lui donnait une couleur grisâtre un peu déroutante. J'ai beaucoup aimé et je crois que j'y reviendrai.  

    J'ai beaucoup aimé également leur café, préparé à la casserole comme dans bon nombre de pays en réalité, agrémenté de clous de girofle, de cannelle et de poivre. Plutôt doux, très légèrement sucré, j'ai réellement savouré ses arômes inhabituels très dépaysants. Nous nous sommes ensuite régalés de tamales, une sorte de petit pâté de polenta à la viande, cuit dans des feuilles de maïs, accompagnés d'une délicieuse sauce  légèrement piquante qui vous ensoleille le palais d'une douce chaleur fort plaisante. S'en sont suivi des memelas, un genre de crêpe épaisse dont la pâte est faite à base de maïs et haricots rouge, servie garnie de sauce tomate, d'oignons et de fêta. Simple, efficace rassasiant, et encore plus délicieux avec une cuillerée de la fameuse sauce piment qui, loin de transformer la nourriture en feu ardant, lui confère ce surcroît de chaleur bienfaitrice qui vous emporte encore plus loin. Chaque bouchée était entrecoupée de discussions très animées sur la manière de désigner les aliments dans les différents pays d'Amérique latine représentés autour de notre joyeuse tablée. Ce fut un joli moment, rempli de saveurs nouvelles et de décibels...

    Sitôt sorti, je me rendais à quelques rues de là chez un autre pote qui fêtait son anniversaire en compagnie de quelques uns de ses amis autour de jeux de sociétés. Petite équipe pour une grosse ambiance. Nous beaucoup ri, raconté des bêtises, dessiné des flamands roses en train de faire du moonwalk, et gentiment dit du mal sur Mylène Farmer, comme il se doit. J'ai passé  avec eux un excellent moment qui ne fut interrompu que par les nécessités logistiques inhérentes au couvre feu. Saleté de pandémie tout de même.

    Un très chouette dimanche avec des amis donc, qui m'a bien changé les idées. Un dimanche comme j'aimerais qu'il y en ait plus souvent !

    24 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #24 Creuser

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    Le thème du jour me renvoie une fois de plus vers des souvenirs d'enfance, ou plutôt d'adolescence. Creuser ? Vers la sortie évidemment !  Je fais référence au cultissime jeu vidéo Lemmings, auquel j'ai pas mal joué à une époque, en particulier chez un copain de classe qui avait un Atari 520 ST. Hé oui, cela ne nous rajeunit pas.

    Lemmings donc, est un jeu de plateforme et de réflexion dont l'objectif est simple : conduire une horde de petits personnages bleus aux cheveux verts, les Lemmings, vers la sortie en leur faisant éviter tout un tas d'obstacles mortels. Pour y parvenir, chaque niveau permet d'assigner à un ou plusieurs Lemmings une fonction particulière, et une seule : s'arrêter et faire office de barrière, un parachute pour éviter le crash en tombant de trop haut, construire un escalier avec un nombre limité de marches, et bien entendu creuser. C'est d'ailleurs le nom du premier tableau : "Just dig". 

    Et comme les Lemmings sont bêtes et disciplinés, ils marchent à la queue-leu-leu droit devant eux sans prendre la moindre initiative. Du coup, si on ne leur fait pas faire la bonne action pile au bon moment, ils butent tous sur les mêmes obstacles et repartent donc tous en sens inverse, tombent tous dans le même trou si personne n'en bloque l'accès, et ainsi de suite. Un vrai casse-tête ! Sur les niveaux un peu complexes, c'est rapidement le bordel. Il n'était pas rare que l'on se retrouve avec des Lemmings disséminés dans tous le décors.

    Les décors étaient d'ailleurs l'un des gros points forts de ce jeu. Chaque niveau était un petit bijou d'esthétique, très travaillé et très soigné pour l'époque. On en prenait plein les mirettes et encore aujourd'hui lorsque je refais tourner le jeu avec un émulateur, le plaisir demeure intact.

    Et surtout, le jeu permettait quelque chose d'assez cruel mais de terriblement drôle : les faire exploser. Soit individuellement, soit tous à la fois. D'un clic, un petit compte à rebours s'affichait au dessus de leur tête . Au bout de cinq secondes le Lemmings s'arrête, met ses mains sur la tête et, pris de convulsions, explose en plein de petits morceaux juste après avoir crié un "Ho no !" d'une petite voix cartoonesque caractéristique. 

    C'était d'ailleurs parfois la seule façon de parvenir au bout du niveau : le suicide qui permettait accessoirement de creuser un trou. Ou un moyen de sauver l'honneur dans un moment de désespoir; juste avant de perdre totalement le contrôle d'une partie mal engagée. 

    Et j'avoue que j'ai parfois beaucoup, beaucoup ri en les condamnant avec un authentique plaisir sadique. 

    23 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #23 Déchirure

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    Mine de rien cela va bientôt faire deux mois que nous nous voyons. Tout cela est assez étrange. Étrange parce que les choses se passent sans précipitation, ni que je sois sujet aux bouffées d'angoisses qui en principe m'assaillent dès la première seconde. Alors que d'habitude je me mets dans des états d'anxiété pas possible, je suis d'un calme olympien. 

    A vrai dire, je suis même en-deça car, de nous deux, c'est lui qui est le plus en demande. C'est lui qui le matin envoie le premier message. C'est lui qui le soir envoie le dernier. En journée, nous discutons. J'avais perdu l'habitude que l'on pense aussi souvent à moi et qu'on me le manifeste aussi ouvertement. C'en est presque dérangeant pour être honnête.

    Nous nous voyons assez régulièrement, même si depuis une semaine nos rencontres sont abrégées pour cause de couvre feu. Étrangement, avant de le rejoindre, je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je ne renonce pas tout simplement, tant je ne ressens aucun besoin ni manque à son égard. Depuis le temps, et au gré des déceptions essuyées, j'ai appris à vivre avec moi-même en déployant tout un tas de stratégies d'évitement : travailler beaucoup, avoir beaucoup d'amis, faire du sport (quand les salles ne sont pas fermées pour cause de crise sanitaire...), écrire un blog et beaucoup d'autres choses encore qui font que je ne m'ennuie jamais et que je ne ressens que rarement la solitude qui, me concernant, est toute relative.

    Pourtant, il suffit que je sois avec lui quelques minutes pour que tout se volatilise. Son grand sourire et sa jovialité suffisent à tout balayer. Et nous passons à chaque fois un joli moment à discuter de tout et de rien. Lui venant d'Amérique du Sud, je travaille mon espagnol. Il me parle d'une multitude de choses que j'ignore et qu'il me plait d'apprendre. Et lui parfait son français tout en apprenant certains de nos us et coutumes qui, malgré ses deux années déjà passées à Toulouse, lui paraissent encore étranges si l'on n'a pas les clés pour en décrypter les codes. Peu à peu nous prenons nos marques.

    Mais il suffit symétriquement que nous nous séparions pour que je replonge aussitôt dans mon quotidien, sans ressentir ni le poids de la séparation ni l'impatience de la prochaine fois. Certes je pense un peu à lui, sans qu'il ne me manque.

    Parfois je me demande où me mène cette histoire qui, de mon côté, ne soulève pas de passion particulière. Envoyé en France afin d'y préparer un doctorat de mathématiques sur recommandation d'un de ses anciens professeurs, pour qui il travaille désormais au Mexique, son avenir n'est pas vraiment inscrit sous nos latitudes. Savoir qu'il projette de rentrer dans son pays une fois sa thèse terminée me freine et m'interdit probablement, plus ou moins consciemment, de me lâcher davantage. J'ai peur de me faire encore une fois très mal. Et je ne connais que trop bien le goût amer de la déchirure.

    22 octobre 2020

    Inktober avec un clavier # 22 Chef cuisinier

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    Ce thème me donne bien du fil à retordre. Quel paradoxe pour un fin amphitryon ! En effet, les plaisir de la table tiennent une place d'importance dans la famille Tambour Major. 

    Mes deux grands-mères, tout d'abord cuisinaient très bien. Du côté paternel, l'avantage était aux plats en sauce, mon grand-père était friand : coq au vin, poule à la crème ou poule farcie s'invitaient à notre table pour les grandes occasions. C'était tout un rituel d'ailleurs. Et ma grand-mère avait un outil extraordinaire à sa disposition : le bon vieux fourneau à bois ! Elle y disposait de gigantesques marmites qui mijotaient pendant des heures à tout petit feu. Parfois, une goutte de liquide s'échappait et tombait sur la plaque métallique brulante en émettant un Pschhhhhh caractéristique. Aujourd'hui encore ces plats demeurent pour moi des plats de fête que l'on prépare avec patience, pour épater se convives autant que pour les régaler. C'est aussi d'elle que je tiens la recette de la confiture de tomates vertes (d'ailleurs c'est le moment pour en faire !). 

    Du côté maternel, mes souvenirs sont un peu plus délicats et étiolés. La faute incombe à la distance qui nous séparait. De fait, nous nous voyions moins souvent que nous l'aurions voulu. Néanmoins tarte aux mirabelles,  à la rhubarbe avec une pâte feuilletée fait-maison qu'elle réussissait admirablement, kouglof, fleurs de courgettes farcies, sont des saveurs d'enfance qui lui sont irrémédiablement attachées et que je n'oublierai jamais.

    La génération suivante, celle de mes parents, a hérité de ce savoir faire, de cet amour des bonnes choses et du plaisir de recevoir. Ma mère et ses frères cuisinent admirablement bien. L'un de mes oncles était pâtissier. Je regrette de ne pas l'avoir assez connu pour qu'il m'apprenne tout un tas de choses, des techniques, des recettes que j'aurais eu grand plaisir à savoir et à mettre en œuvre lorsque je reçois mes amis. Du côté paternel, si mon père n'est pas vraiment porté sur les arts de la table, bien qu'il sache goûter une bonne chaire, ses sœurs ont bien hérité du don maternel et sont toutes deux des cordons bleus hors pairs. 

    De notre génération, je ne sais pas réellement qui cuisine. Je ne me débrouille pas trop mal en ce qui me concerne, et mon frère sait y faire, dans son genre à lui. Du rustique et efficace. On ne sort jamais le ventre vide de chez lui et il ne se laissera jamais mourir de faim. Chez les cousins, c'est un peu moins évident. J'ai l'impression que quelque chose s'est perdu avec les études supérieures des uns et des autres et la vie de dingo que nous menons un peu tous. Peut-être aussi que, parents et grands parents ayant toujours veillé à ce que personne ne manque de rien, les vocations de marmitons se sont éteintes. Et c'est bien dommage.

    21 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #21 Sommeil

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    Premier tout en vélo ce soir, après le boulot. Je me suis efforcé de rentrer un peu plus tôt pour profiter d'une grosse heure de liberté avant le tomber du rideau du couvre feu. 
     
    Oui, j'ai reçu mon vélo tout bô tout neuf qui me permettra de faire un peu de sport, vu que les salles sont fermées sine die et qu'il y a fort à parier que les phases d'ouverture alterneront avec des phases de fermeture.

    Je me suis donc élancé au soir tombant, sur le sentier de halage, le long du canal du midi, pendant trois petits quart d'heure. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point on n'y voyait plus grand chose passé vingt heures dès que l'on s'éloigne des routes éclairées. Cela m'a tout de même permis d'essayer mon destrier de métal et de me rendre compte que la selle était trop basse. Un petit détail vite réglé qui a grandement changé l'ergonomie. Et je crois que lui et moi allons parcourir bien des kilomètres.

    En revanche, j'ai bien ressenti le manque d'effort physique de ces trois dernières semaines. Mama mia ! Quelques minutes avant de terminer, une vilaine crampe m'a vrillé le mollet. Et en descendant de vélo, reprenant une position verticale, de vilaines douleurs abdominales m'ont rappelé que je n'avais rien foutu du tout depuis trop longtemps. Gageons que ce sont les symptômes de la reprise...

    Ce fut néanmoins une balade étrange. Non pas uniquement en raison de l'obscurité naissante qui donnait aux lieux des allures inédites voire peu rassurantes. Mais surtout, alors que certaines rues demeuraient vides, les grands axes grouillaient d'un flot serré de véhicules se bousculant vers la sortie. J'ai eu l'impression que les d'automobilistes cherchaient à tout prix à regagner leurs pénates avant que le carrosse ne se transforme en citrouille. Et vingt et une heure approchant, l'impression que la ville se vidait allait crescendo. 

    Peu à peu, le ronron des voitures s'estompe. 
    La nuit installe son silence. 
    La ville s'endort.  

    Jusqu'à demain.

    20 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #20 Corail

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    (...)

    L'église Saint-Sernin illumine le soir
    Une fleur de corail que le soleil arrose
    C'est peut-être pour ça, malgré ton rouge et noir
    C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

    (...)
    Claude Nougaro, Toulouse.

    19 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #19 Etourdi

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    Étourdi ! Voilà un épithète qui m'a souvent été attribué quand j'étais gamin. J'étais étourdi. Du moins c'est que l'on disait de moi. 
     
    Des erreurs d'étourderie, j'en faisais presque à tous les coups. Une interro, quatre exercices à faire, j'oubliais le troisième. Une question facile sur laquelle je savais tout, j'oubliais l'essentiel. Mais quel étourdi ! M'a-t-on souvent asséné. Et je ne compte plus le nombre de fois où le seul commentaire en marge de mes copies était "Des erreurs d'étourderie..." avec ces trois petits points de suspension lourds du poids de tout leur jugement.

    Rétrospectivement pourtant, je crois que l'étourderie n'avait pas grand chose à voir là dedans, ou à tout le moins une part marginale. Certes il m'arrivait de faire des erreurs bêtes de pure inattention. Mais je crois que pour l'essentiel ces oublis provenaient et proviennent encore,  car j'y suis encore sujet, à un surcroît de concentration ou d'une incompréhension. Cela peut paraître paradoxal de prime abord mais je crois pourtant que c'est assez simple. 

    Commençons par la seconde. Dans certaines matières j'ai mis très longtemps à comprendre ce que l'on attendait de moi. Notamment, j'ai mis très longtemps à comprendre qu'il fallait souvent commencer par poser les définitions. Ben oui, quel intérêt ? Tout le monde sait - et le prof par dessus tout -  ce qu'est un triangle rectangle ou, dans un autre registre, la photosynthèse. A quoi bon perdre du temps à l'expliquer ? C'est é.v.i.d.e.n.t alors on passe aux vrais problèmes. J'ai compris, plus tard, l'intérêt de rappeler les évidences.

    Surcroît de concentration ensuite. Là aussi c'est assez simple à comprendre : qui trop embrasse mal étreint. A trop se focaliser sur la perfection de certaines choses, on en oublie d'autres pourtant essentielles, parce qu'on a trop le nez dans le guidon. Du coup, à trop peaufiner le schéma de l'exo 1 on zappe la dernière question (qui valait huit points). Ou on oublie par étourderie une étape importante d'une recette que le premier péquin aurait vue en lisant par dessus mon épaule. Et ce ne sont là que quelques exemples.

    Je crois que je me suis beaucoup amélioré sur ce point avec le temps et que j'ai beaucoup gagné en rigueur. Il m'arrive encore d'être un peu étourdi. Par exemple en repartant d'une pièce sans avoir récupéré ce que j'étais venu y chercher. Et, certes, hier j'ai oublié de poster le billet sur le thème du jour. Une étourderie me direz-vous. Pas du tout. D'une j'étais certain de l'avoir programmé. De deux, j'étais trop occupé à poupouiller les chats-minous. Vous voyez : nulle étourderie !

    18 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #18 Piège

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    Hier soir les chats-minous ont été très très très vilains et papa a grondé très très fort. Pourtant la journée avait bien commencé. 

    Levé vers 9 heures après une nuit d'insomnie, j'ai pris pour petit-déjeuner un œuf au plat à la tomate et à l'ail, avec des tranches de pain rassis pour pomper le jus, comme le préparait mon grand-père. Petit-déjeuner salé est déjà une épreuve pour bon nombre de personnes, alors j'imagine sans difficulté ce que doit représenter un petit-déjeuner avec de l'ail !! Installé devant Cat's Eyes, j'ai avalé mes œufs de compétition en rédigeant le billet IWAK du jour. Puis, une tasse de café frais posée sur le rebord de l'instrument, je me mis à travailler la première partition qui m'est tombée sous la main : la Chaconne en fa mineur, de Pachelbel. Un peu de ménage et une bonne douche plus tard, je filais pour ma mission du jour : acheter un vélo et faire quelques courses.

    Vu le contexte sanitaire actuel, je mets peu d'espoirs dans la réouverture prochaine des salles de sport. Habitant à proximité du canal, y faire du vélo régulièrement m'est apparu bonne idée. J'en ai vu plusieurs dans mon budget. Je crois que celui choisi conviendra parfaitement à la tache que je lui assigne. Il devrait arriver dans quelques jours car, étant d'une taille supérieure à la moyenne nationale, les magasin n'ont souvent aucun stock pour les grands modèles. Tant pis pour le beau temps de cette journée, il me faudra attendre. Satisfait, je me dirigeais vers le supermarché voisin pour y remplir mon frigo et racheter des croquettes pour les mistigris. Mine de rien, ça mange un chat-minou. A proximité des caisse, j'achetais quelques fleurs fraîches pour ce beau vase qui orne mon salon et que j'aime beaucoup.

    De retour chez moi, je disposais les fleurs dans leur réceptacle, lui-même disposé sous un tableau qui me vient de ma grand-mère. Une oléographie du XIXe représentant une scène religieuse, parée d'un très joli cadre doré assez cossu. J'y tiens beaucoup. Puis, dans l'attente de la livraison de mon destrier - auquel il me faudra donner un nom - je descendais à la cave pour y mettre un peu d'ordre et y aménager suffisamment d'espace afin d'y stocker le vélo. Oui, je me suis fait voler le précédent dans le local vélo, je ne tiens pas à ce que cela recommence...

    Une heure plus tard, je remontais chez moi et là, le désastre. Que dis-je... l'apocalypse !! Par terre,  le beau vase.  Par terre, les fleurs et passablement abîmées. Le joli tableau ? Par terre lui aussi et pour le coup avec un bel accroc sur la toile. Le tout baignant dans deux litre d'eaux. Et pendant ce temps les chats-minous m'observaient du haut de leur arbre à chat, comme si de rien n'était. Je peux vous garantir que leur quiétude s'est arrêtée au moment précis où je les ai fusillé du regard : j'ai vu dans leur yeux ce sentiment de culpabilité qui n'appartient qu'aux coupables et la tentative de repentance qui précède le coup de tonnerre d'une colère noire... Et noire, elle le fut ! Une grosse claque sur le cul-cul et privés de câlins au moins jusqu'à demain. Non mais ! 

    Après s'être caché sous le lit, vexé comme un poux, Caramel a bien essayé de revenir vers moi en ronronnant comme un tracteur, le regard plein d'amour, les moustaches au vent. Hé bien j'ai été fort. Je ne me suis pas laissé apitoyer. Parce qu'il est doué, le bougre. Très doué même, pour tendre des pièges à câlins. 

    Haha ! Non alors, je n'ai pas cédé. 

    Pas tout de suite...

    17 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #17 Tempête, Rage

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    L'actualité me donne fort funestement de quoi traiter ce dix-septième thème du mois. Je ne vais pas m'étendre plus que nécessaire. Les faits sont sordides, abominables, inhumains, monstrueux. Je n'ose imaginer le choc de la famille, des collègues et des élèves...

    Depuis hier soir, notre République et toutes nos valeurs sont à nouveau mises en danger au nom d'une idéologie criminelle. Un pas de plus a été franchi dans l'horreur après les attentats de Charlie Hebdo et ceux du Bataclan dont nous pansons à peine les blessures encore béantes.

    Faire évoluer les mentalités ne se fait pas d'un coup de baguette magique, j'en conviens. Toutefois j'espérais naïvement ne plus revivre l'horreur d'actes tels que celui sauvagement perpétré hier à Conflans-Sainte-Honorine.

    Le travail d'éducation qu'il reste à accomplir reste immense. Nous étions en effet nombreux à penser, en 2015, que la prise de conscience serait réelle. Qu'un travail en profondeur, plus que nécessaire, allait être effectué à tous les niveaux. Cinq ans plus tard, l'événement d'hier et le contexte qui l'a précédé sur les réseaux sociaux - véritable poison lorsque l'on plonge dans certains de leurs méandres - démontrent que tout reste encore à faire et que les fruits sont encore loin.  

    Les deux termes de ce #IWAK n°17 résument assez exactement mon état d'esprit du jour. Je me tairait donc pour ne pas dire trop de bêtises.

    En mémoire de ce professeur, assassiné pour avoir fait son travail d'éducation.

    16 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #16 Fusée

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    J'ai déjà eu l'occasion ici d'écrire au sujet de ma passion pour les étoiles, et de ce livre rouge qui m'avait été offert pour un Noël ou un anniversaire sur ce sujet. Mais bien avant ça, un de mes rêves de petit garçon était de devenir cosmonaute. D'où m'était venue cette idée ? Grand mystère. Tout ça pour dire que ma fascination pour ce qui nous entoure ne date pas d'hier.

    Tout gamin, je rêvais d'avoir une fusée en plastique ou un jouet de ce genre. Aujourd'hui ce serait, je crois, une chose assez aisée. Mais à l'époque, au début des années 1980 et donc bien avant Google, c'était un peu moins facile à trouver. 

    Je voulais une fusée en particulier pour des figurines en plastique articulés au niveau de la taille, avec lesquelles j'aimais beaucoup jouer. Ni G.I. Joe ni jouets de ce genre, non. Quelque chose de bien moins sophistiqué. Je crois me souvenir qu'il y en avait deux, d'une quinzaine de centimètres chacune, vert et gris pour l'un, gris et violet pour l'autre. Je crois même qu'ils avaient tous deux une sorte de grand V de couleur vive imprimé sur le torse ou sur la tête, qui leur donnait une allure assez fière. Là aussi allez savoir pourquoi, j'avais demandé à ma mère si elle pouvait m'acheter une fusée pour qu'elles puissent voyager dans l'espace. Pour moi il était évident que ces deux bonhommes avaient une vocation d'explorateurs. 

    Ma mère avait eu beau chercher, elle n'avait pas trouvé de fusée. Alors, bonne bricoleuse et habile de ses mains, elle m'en avait fabriqué une, avec une bouteille d'eau minérale en plastique. Passée ma déception première, je m'étais finalement trouvé fort ravi de cette fusée faite maison. Car même si elle ne ressemblait pas vraiment à la fusée de mes rêves, elle était suffisamment grande pour que mon bonhomme tienne debout à l'intérieur.

    Elle en a fait des voyages dans l'espace cette fusée. J'en ai visité, avec elle, des planètes et des galaxies ! Comme quoi avec un peu d'imagination on arrive à tout.

    Quelques années plus tard, mes voyages interplanétaires prirent une toute autre dimension avec la découverte de Tintin et d'Objectif Lune et On a marché sur la Lune. Deux volumes qui figurent dans mon petit panthéon personnel, toutes œuvres confondues, comme deux véritables sommets. Je les trouve vraiment très aboutis tant du point de vue de la construction des personnages que de la construction de l'intrigue, sans recourir aux deus ex machina des débuts. 

    Et puis, outre la géniale aventure spatiale narrée avec des détails qui forcent l'admiration, bien avant que Neil Armstrong ne se pose sur l'astre sélène, il y ce drôlissime passage de plusieurs pages où le Professeur Tournesol, d'habitude totalement inoffensif, pète complètement les plombs après que le Capitaine Haddock lui a dit qu'il faisait le zouave... 



    15 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #15 Avant-poste

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    Extraits du journal de M. G. retrouvé dans ses effets personnels.

    (...) 

    Jeudi 15 Octobre 20X7

    Cela fait trois jours que nous sommes là. Trois jours que nous grelottons dans l'humidité. Si tout va bien dans une semaine les renforts arriveront. Ça va être long. Il nous faut pourtant tenir jusque là. Nous le devons.

    Quel merdier quand j'y pense. Et dire qu'au début, quand tout a commencé, on nous disait que ce n'était qu'une mauvaise grippe, que les masques étaient suffisants, que le confinement allait tous nous sauver. Bullshit. Ils se sont bien foutus de notre gueule. 

    Ici rien n'est simple. Le moindre bruissement suspect pourrait nous trahir. Et nous n'avons pas les moyens d'essuyer d'autres pertes. Car déjà trois de nos hommes ont succombé à leurs blessures. Cela s'est passé hier, au bas de la vallée du Sud, secteur 4. Alors que nous nous étions positionnés en observation, nous avons été pris à revers par surprise. Nous n'avions rien vu venir. Six drones terrestres de patrouille. Des drones d'une nouvelle espèce, extrêmement agiles et rapides. Sûrement équipés de caméras thermiques, de mouvements, et de tout le bordel. La précision de leurs tirs même par faible luminosité est redoutable. Et ils savent même grimper aux arbres. La totale ! 

    Par miracle je n'ai pas été blessé. Juste un peu sonné. J'ai réussi à en avoir un, avec une charge à neutrons. Un coup de chance. Un coup du Destin ? Ce n'était pas mon heure. Pas cette fois-ci. 

    Un mois déjà que je suis parti. Reviendrai-je ? Tout me manque tellement...

    (...)

    La photo du mois : Que faites vous ?

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Octobre, date de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Laurent Nicolas qui nous propose de plancher sur Que faites vous ?

    Nous avions les indications suivantes : 

    Où es tu ? Que fais tu ? Que vois tu ? un instantané de votre vie ce 15 octobre 2020 à partager "ensemble".
    Et donc, ce matin du 15 octobre je suis.... ici et je repose mon vélo ! 

    Qu'on ne vienne pas me dire que je ne suis pas précis !  

    Et vous, où êtes-vous, que faites vous ? 

    Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marlabis, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, USofParis, Xoliv'.

    14 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #14 Armure

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    L'occasion de croiser une armure est assez rare dans la vie courante, sous les cieux de notre XXIe siècle. Peut-être s'il m'avait été donné de naître quelques siècles plus tôt, en aurais-je vu d'avantage. Toujours est-il que ce quatorzième thème est l'occasion d'une petite balade sur le sentier des armures de mon enfance.

    Je crois avoir vu pour la première fois une armure dans les case de Tintin et Milou. Plus particulièrement dans Le Secret de la Licorne, l'un des tout premiers que j'ai lu, lu et relu  étant gamin. Et que je relis encore aujourd'hui avec un plaisir intact.

    Lorsque notre héros se faufile dans le château de Moulinsart, appartenant alors aux frères Loiseau, l'on découvre que, dans ce château, des armures, il y en a un peu partout : dans les couloirs, dans les escaliers, accrochées aux murs du salon, dans la cave... Même que Tintin piquera la hallebarde de l'une d'entre elles afin de faire un croche-pied à ses poursuivants. 

    Bon, à leur décharge, les frères Loiseau étaient antiquaires. Du coup pour eux c'était un peu plus facile de se procurer des armures, plus que pour vous et moi, par exemple. Après, faire toute sa déco intérieure à base d'armures c'est tout un concept que même Valérie Damidot n'a encore jamais osé franchir...  Il faut le voir chez soi, en somme.

    Dans un tout autre genre, j'inclus dans ce petit armor-trip un personnage très très loin de l'univers Tintin et aux antipodes du raffinement de Hergé : X-Or, le shérif de l'espace dont le générique français, pourtant très daté, me donne à chaque fois des frissons.

    Les plus anciens ont probablement tous vu un épisode de X-Or, toujours articulé de la même manière : des gentils sont attaqués par des méchants qui veulent conquérir le monde. X-Or arrive, sent le coup fumeux et démasque les envahisseurs. S'ensuit un duel mortel entre la bestiole en plastique multicolore et le chevalier de l'espace à qui il n'aura fallu que cinq centièmes de secondes pour revêtir son armure de combat. Après avoir été précipités au fond d'un trou noir créé par le big boss des méchants planqué au fond de sa base secrète, le montre hideux finit invariablement coupé en deux par la lame d'une d'épée laser. Le tout était entrecoupé de combats aériens sur une sorte de moto volante. Mais mon moment favori, celui que j'attendais avec impatience et qui revenait dans presque tous les épisodes, était l'intervention de l'énorme vaisseau-dragon Morox qui dézinguait les vaisseaux ennemis d'un coup de patte. Quand je disais qu'on était assez loin de l'univers très sage de Hergé...

    En tout cas ça marchait assez bien à l'époque. Oui, à l'époque. Car tout cela souffre, plus de trente ans plus tard, d'un très sérieux coup de vieux. J'ai essayé de revoir quelques épisodes - pour voir - et franchement, ça pique la rétine. Les costumes kitsch à souhait (so années 1980 !), les maquillages sont quand même très datés, l'animation laisse deviner par-ci par-là quelques fils qui pendouillent...  Quant aux décors qui servent l'action, force est de constater que tout cela a été fait à l'économie :  d'épisode en épisode on retrouvera la même usine avec des gros tuyaux inquiétants partout (oui, les méchants envahisseurs aiment les grosses usines), les scènes de combat sont tournées dans la même carrière, les rues sont toujours quasiment aussi vides que scénario de chaque épisode.

    Toujours dans la mouvance des armures de mon enfance, il y avait Oon, le petit écuyer magique et probablement un peu queer sur les bords, sorti de la série Jayce et les conquérants de la lumière

    Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de cette série, Oon est une sorte de chevalier fidèle à son maître Jayce, qu'il nomme "Maître Jayce" environ cent quarante-huit fois par épisode. Maladroit et très peureux, je crois qu'il ne sert pas à grand chose dans la série. Mais il s'agit d'un personnage attachant qui finit régulièrement en pièces détachées au premier choc. 

    Quant à Jayce, c'est le fils de Audric, une sorte de Monsanto du futur qui a un peu trop boosté ses géraniums à l'AlgoFlash. Du coup, au cours d'une expérience foireuse, Audric crée une plante monstrueuse douée d'intelligence qui n'aura qu'un seul but : conquérir l'univers (oui, comme Minus et Cortex qui reviennent bientôt avec de nouveaux épisodes des Animaniacs !!!!). Audric fuit, et laisse derrière lui son fiston. Et Jayce, le fils de son père, doit, comme l'indique les paroles très inspirées du générique, détruire les monstroplantes, sauver l'univers en toute simplicité, et faire tout un tas de trucs super-héroïques.

    Qu'est-ce que j'ai pu regarder cette série ! J'avais même l'album Panini avec les vignettes à collectionner qu'on s'échangeait entre copains dans la cour de récré. Je crois que je ne l'ai jamais totalement complété, huhuhu... En revanche, je trouve que l'animé a rudement mal vieilli. L'animation est vieillotte et l'intrigue d'une pauvreté monumentale. A ne revoir qu'en cas d'extrême urgence.

    Enfin, en matière d'armure, il est difficile de passer sous silence, les Chevaliers du Zodiaque, apparus un mercredi après-midi dans le désormais cultissime Club Dorothée. 
     
    Là, de l'armure il y en avait au kilomètre. Chevaliers de bronze, d'argent ou d'or, je crois que tout gamin de ma génération qui se respecte a fantasmé sur telle ou telle armure et rêvé d'incarner l'un au moins de ces personnages.
     

    Là aussi, j'ai vraiment adoré cet animé et dévoré chacun des épisodes lorsque cela passait le mercredi après-midi. D'ailleurs, il fallait l'avoir suivi si l'on voulait pouvoir participer à la discussion toujours très animée du jeudi, avec les autres copains de la classe. Et je vous passe les débats interminables sur lequel des chevaliers était le plus fort, la technique de combat la plus redoutable et les supputations de toutes sorts sur l'armure d'or, avant de découvrir qu'il y en avait en réalité onze autres... Oh mon dieu, la découverte de chaque chevalier d'or !!
     
    Tout cela était tellement nouveau à l'époque, tellement loin de tout ce qu'on avait pu nous proposer, que nous étions tous totalement ébahis par cette série qui a connu, depuis, un nombre de développements tout à fait considérable et que j'ai arrêté de suivre depuis fort longtemps (depuis le cycle de Poséidon pour être franc... ouép, cela ne nous rajeunit pas).
     
    Ah, si... pour clore définitivement le débat, le chevalier le plus fort, c'est lui :