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  • 1 octobre 2020

    Etrange

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    Étrange sensation ce matin en passant à proximité de l'université. Depuis quinze jours, les cours ont lieu uniquement par visioconférence. L'université est quasiment vide. 

    En lieu et place des essaims d'étudiants qui chahutent joyeusement l'asphalte et de la cohue habituelle qui anime certaines rues du centre ville, régnait un calme inhabituel. Seuls quelques passants masqués foulaient d'un pas peu pressés les premières feuilles occies par l'automne. 

    Le calme. Je n'aurais jamais pu concevoir qu'un jour je pourrais trouver cela oppressant. 

    Étrange sensation en ce jour où le maire de Toulouse doit rencontrer le premier ministre pour évoquer la situation de la Ville Rose qui connaît une monté galopante des cas de contamination par cette cochonnerie de virus. Subirons-nous le même sort que Marseille ?

    Étrange époque que nous vivons-là...

    27 septembre 2020

    Ecrire... ou pas

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    Écrire n'est pas toujours une chose aisée. Pourtant, hier tout semblait en place. J'ai en effet en tête une petite nouvelle que je veux écrire depuis plusieurs années. Il me semblait mûr, je pensais pouvoir la mettre par écrit, au moins un premier jet. Et puis, une fois installé devant mon clavier, la page demeurait désespérément blanche. Rien du tout. Je n'ai même pas su comment tourner la première phrase. 

    Alors, par fainéantise, je me suis mis à fouiller dans mes brouillons, pour voir si je n'avais pas un billet déjà bien avancé et que j'aurais pu terminer tranquillement en profitant de l'après-midi. Et j'en ai trouvé un. Encore une nouvelle dont j'ai entrepris la rédaction voici un an. La trame en est déjà bien avancée. Elle a un début et un milieu. Il ne manque plus que la fin dont je connais le dénouement. Mais, en reprenant la lecture, je me suis rendu compte que ça n'allait pas du tout et qu'il me fallait réaliser de nombreuses corrections, notamment pour que l'histoire commence plus tard car le début tel qu'il est rédigé n'a pas grand intérêt. Là encore, j'ai eu beau tourner le problème dans tous les sens, je ne suis parvenu à rien.

    Refermons les tiroirs et laissons tout cela reposer encore quelques semaines. 

    16 septembre 2020

    Dialogue d'et quart, mais light

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    « Bonjour Tambour, comment vas-tu ? 🌝

    — Bonjour toi ! Ça va bien, je te remercie. Et toi comment ça va ?

    — Non non non... pas de ça avec moi. Tu crois que je ne te vois pas éluder la question en y répondant par une pirouette ? Dis-moi vraiment comment tu vas et pas juste un « ça va bien ».

    — Ha... on en est là ?

    — Oui...! Je ne lâcherai pas le morceau.

    — Bon... alors... Par où commencer ?

    — Je te guide. Parle-moi du boulot. Tu as l'habitude de bosser beaucoup trop et de te tuer au travail. Je le sais, je te vois faire. Tu m'en as même parlé assez souvent. Tu devais prendre des résolutions... Tu en es où ?

    — Oui, c'est vrai, c'est vrai. Le boulot c'est aussi un refuge, bien que je sois un gros procrastinateur j'aime travailler. Me triturer les neurones, tout ça....

    — Stop, réponds à la question s'il te plait.

    — Alors oui, je devais prendre des résolutions comme je t'en ai déjà souvent parlé, et je crois que je m'y tiens. Ce n'est pas un changement radical, hein. C'est une transition en douceur qui commence par lâcher prise en faisant le ménage et en prenant de la distance avec les choses. Cet après-midi par exemple je me suis encore délesté d'un dossier casse-couilles. Cela ma couté un Chronopost à trente quatre Euros le délestage, mais franchement ma tranquillité vaut bien ça ! Tu vois, progressivement, je chemine. Je me prends beaucoup moins la tête depuis quelques semaines, même si je bosse toujours beaucoup. Lâcher prise, c'est vraiment le maître mot...

    — Et pas qu'au travail... 😏

    — Oui, bon, ça va hein... laisse-moi finir ! Bon...  Qu'est-ce que je disais déjà...? Oui, lâcher prise. Depuis quelques semaines, depuis la fin des vacances je me suis mis à la méditation. 

    — Non ? 

    — Hé si. Ça fait un bout de temps que des amis m'en parlaient, me disaient que cela me ferait probablement le plus grand bien et me conseillaient de m'y mettre. Et puis, bof, tu sais, on entend d'une oreille distraite, on se dit que pourquoi pas sans trop y croire, et finalement on n'essaie rien du tout. Hé bien figure-toi que j'ai téléchargé une application très connue sur mon téléphone pendant le confinement. C'était le moment idéal pour tester. 

    — Et ça t'a plu ?

    — Carrément !! Au premier essai j'ai dormi comme un bébé... incroyable. A chaque fois, le seul fait d'écouter la voix me plonge en quelques minutes dans un état de tranquillité vraiment dingue. Ça m'apaise profondément. Les premiers mois je n'étais pas du tout régulier. Je le faisais quand j'en avais le temps et l'envie, souvent le soir au moment de me coucher. Et depuis deux semaines, j'essaie de ritualiser un peu mon sommeil en faisant systématiquement une séance. Et je sens déjà que ça me fait du bien. Parallèlement j'ai mis en place un truc pour limiter l'usage du téléphone le soir. Passé vingt-trois heures, ça coupe. Plus de Twitter ni d'Instagram ni de tout le reste. J'essaie de travailler la qualité de mon sommeil de manière globale.

    — C'est super dis donc. Tu avais des problèmes se sommeil avant ça ?

    — J'en ai toujours. Je fais un peu d'apnée du sommeil. Il me faut vraiment prendre ça en charge car ça me joue de sacrés tours en termes de prise de poids. Je me trouve énorme en ce moment. Mais j'ai l'impression qu'avec la méditation du soir je dors un peu mieux et que je suis davantage reposé le matin. Il me faudra refaire un test du sommeil pour voir où j'en suis de tout cela.

    — Et ta vie perso, comment ça va ?

    — Ça va, ça va...

    — Tututututut...

    — Oui, oui, oui.... je vais développer. De ce côté-là rien de particulier à signaler.

    — T'es sûr ? 😎

    — Rhaaaaaaaa t'es chiant !

    — Voui... 😎

    — Bon, oui, depuis deux semaines je vois un garçon. Il termine son doctorat en mathématiques. Très sympa, un poil collant mais ce n'est pas gênant. 

     — Eeeeeeeeeeeeet ?

    — Attends attends attends, je te vois venir avec tes gros sabots... laisse-moi finir. Je ne sais pas trop où ça va, je ne me projette pas. Pour l'instant c'est la découverte. On parle beaucoup, hier soir on a mangé ensemble pour la fête nationale du Mexique, c'était cool. Et quand il vient passer la soirée à la maison, les chats-minous sont super jaloux quand il s'en va : ils sont en grosse demande de câlins. C'est très marrant.

    — Tu le vis comment, toi l'inoxydable cœur d’artichaut ?

    — Comme je te le disais, je le vis plutôt bien. Je sais qu'il est très en demande et je vois que je le suis moins. Parfois je m'interroge sur la place que je suis prêt à faire dans ma vie pour que quelqu'un puisse y trouver la sienne. Comme je te le disais au début, je bosse beaucoup parce que j'aime ça et aussi parce qu'une partie de mon boulot se confond avec ma vie personnelle. Tu vois, j'ai un gros projet que je voudrais finaliser d'ici deux ou trois ans. Un sacré truc qui va me demander beaucoup de temps, que je vais avoir plaisir à faire et tout. Et puis, pas plus tard que jeudi soir, alors que je discutais avec quelqu'un, pof ! Une autre idée très précise m'est apparue pour un autre projet, de même nature que le premier, mais qui me demandera un tout autre travail. Intellectuellement c'est hyper exaltant. Et puis parfois je lève le nez du guidon, je regarde autour de moi, je prends deux secondes de répit et je me pose cette question : Quelle place est-ce que je laisse à l'autre en ce moment même ? Réponse : aucune. Absolument aucune. Ma vie est pleine comme un œuf, je fais mille trucs, et le soir je suis crevé. Mais alors, me dis-je, quelle place suis-je prêt à laisser à l'autre ? 

    —  Et ?

    — Je n'en sais rien... Je n'en sais foutrement rien.

    — C'est dur comme constat...

    — C'est dur mais ouvrir les yeux fait du bien. Parfois je me dis que je suis profondément égoïste, ce qui est probablement vrai, et cela me rend triste. Je sais que j'ai beaucoup d'amour à donner mais pas n'importe comment et à n'importe qui.

    — Tu ne veux pas vivre en couple ? 

    — Si, si, c'est quelque chose qui me plairait. Mais ce n'est pas une fin en soi. J'ai croisé des gars qui ne supportaient pas d'être seuls, qui cherchaient absolument à se mettre en couple. Ce n'est pas mon cas.

    — Tu préfères être seul ? 

    — Oui et non. Disons que je maîtrise ma solitude. Depuis le temps que je l'ai apprivoisée, je sais la berner. Tu sais, j'ai été profondément seul une grande partie de mon adolescence. Cela ne veut pas dire que j'étais malheureux, pas du tout. Mais seul. Quelques amis, bien sûr, mais essentiellement seul. Au lycée j'étais le gros qui regarde un peu trop les beaux gosses, qui ne s'intéresse pas aux filles et qui est toujours parmi les premiers de la classe. Le mec qui n'est dans aucun clan. Celui qu'on n'invite pas aux soirées et dont on aime se moquer. J'ai subi les moqueries et une forme de harcèlement dont je garde une profonde rancune à l'égard de certaines personnes. Je rêve encore de leur casser la figure... Et donc pour en revenir à la solitude sentimentale, elle ne me dérange pas. J'ai toujours de quoi m'occuper, beaucoup d'amis avec qui sortir, boire, manger, aller au cinéma.

    — T'es célibataire depuis longtemps ?

    — Hou-là... ma dernière relation un minimum sérieuse remonte à il y bientôt trois ans. Je te l'avais raconté. Tu sais le mec qui habitait chez son « meilleur ami » avec un sens de l'accueil très approximatif ? 

    — Oui oui je me souviens parfaitement. Mais c'était il y a quatre ans très cher... 2016 ! 

    — Quatre ans ?? Ho putain...

    —  Hé oui... le temps passe ! Mais depuis... rien ? 

    — Ho, si quelques tentatives. Un garçon très sympa avec qui je suis toujours ami mais pour lequel je ne ressentais rien à ce niveau-là. Quelques jolis râteaux dont je ne t'avais pas vraiment parlé par manque de temps et manque d'envie. Et encore en février dernier un joli râteau que je t'avais raconté ici

    — C'est vrai que depuis quelques temps, tu me racontes moins, tu me parles moins qu'avant. Nos débuts étaient tellement flamboyants en comparaison...

    — Oui, c'est ma faute. Je suis souvent crevé le soir en rentrant chez moi et je n'ai pas la force de me mettre à écrire. Parfois je pense à un billet à te confier et puis je me dis que non, que je n'ai rien d'intéressant à te raconter, ou que ce que j'ai à te dire est un peu nul. Du coup je ne le fais pas et ça passe à la trappe. 

    — C'est dommage... Parfois j'ai l'impression que tu me délaisses.

    — Oui, je peux donner cette impression et je m'en veux. Mais tu sais que c'est faux. Tu sais, j'aimerais pouvoir renouer la même relation que celle que nous avions à nos débuts. Nos échanges endiablés, des billets postés tous les deux ou trois jours, des dizaines de commentaires... Mais les choses ont bien changé.

    — Hé oui, je sais bien. Mais... tu m'aimes encore, dis...?

    —  Bien sûr. Et ça tu le sais très bien.

    — A bientôt alors ?

    —  Oui. A bientôt ! »

    15 septembre 2020

    La photo du mois : The paire de chaussures

    9 commentaires

    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Septembre, date de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parcequ'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Xoliv' qui nous propose de plancher sur The paire de chaussures.

    Le copain blogueur nous donnait les indications suivantes :

    " & portées (pour la mise en scène) Parce que LES CHAUSSURES sont notre style, montrez moi/nous vos plus chics. Parce que s'il n'y en avaient qu'une ce serait cette paire... le plus simple VOUS LES PORTEZ, avec ou sans chaussettes, collants, poils, fermées ou nus pieds ... et d'en haut vous les prenez en photo ... attention alors à soigner la mise en scène ... vous pouvez aussi faire un autre point de vue, je ne vous en voudrais pas pourvu qu'elles soient portées. Allez montrez nous vos chaussures , vos chevilles, soyez smart ... c'est mon côté fétichiste."

    Ma photo du mois a été prise pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps lors d'une escapade gourmande avec la copine Nekonezumi, à l'occasion d'une mise des pieds sous la table dont mes papilles sont encore toutes émues... Un très joli moment étoilé plein de saveurs et de couleurs, dans le très joli cadre d'une belle maison bourgeoise au milieu des champs. Le service étant qui plus est agrémenté d'un zehr shön graou serveur, ce qui ma foi ne gâche rien.

    La photo est peu floue, j'en suis navré. Ne vous méprenez pas, ce n'est pas dû au vin, mais à l'interférence d'une dalle de verre dans la table qui a permis ce prodige photographique : deux paires de chaussures portées, pour le prix d'une (Xoliv' reste calme je te prie...).

    Je ne vous ferai pas l'affront de vous révéler laquelle de ces deux paires est la mienne... 😃

    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, USofParis, Xoliv'.

    26 août 2020

    Quand Morphée se drogue

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    Les rêves bizarres sont de retour. J'en ai déjà raconté quelques uns ici. Je voudrais garder la trace de ces deux là. 

    Le premier de cette nuit se passe à Toulouse, dans le quartier Saint-Pierre. Il fait nuit et je roule en voiture. Je suis très fatigué au volant et je sens que ma vue se trouble, qu'il me faut donc m'arrêter sinon je vais finir dans le décors. D'ailleurs je viens de prendre un grand virage un peut n'importe comment, en roulant complètement au milieu de la route. 

    Soudain je me rends compte que je ne suis pas du tout sur le bon chemin. Dans mon esprit, tout flotte. Je m'arrête donc sur une sorte de parking qui n'existe pas tout à fait dans cette configuration dans la réalité mais qui pourrait être vraisemblable. Le canal de Brienne passe juste à côté de cet endroit. 

    Autour de moi, sous le ciel noir, la brique rouge baigne dans la lumière jaunâtre des lampadaires. Étrangement je suis assis sur le siège du passager avant mais cela ne semble pas anormal. Je sens physiquement le poids d'un incommensurable épuisement s'abattre sur moi. Je me sens vulnérable. Deux gars d'une trentaine d'années passent dans la rue en chantant très fort et je devine aussitôt leur intention belliqueuse. Aussitôt retentit un choc terrible sur le pare-brise. Je réalise qu'on vient de lancer une pierre sur ma voiture. Les deux gars s'approchent mais je suis totalement avachi et incapable de bouger. L'un des deux ouvre brutalement la porte avant-gauche et rentre dans la voiture. Juste avant de me réveiller en sursaut, je vois très distinctement son visage déformé par la pénombre et la lumière orangée dans laquelle baigne cet instant étrange. Je crois même qu'il portait un bonnet de couleur claire sur la tête.

     Un peu plus tard dans la nuit, c'est un autre genre de farce que me livreront mes songes. Je me trouve dans une salle blanche plutôt lumineuse. Le mur en face est tapissé d'une vaste bibliothèque blanche elle aussi qui s'érige jusqu'au plafond. Divers livres et classeurs y sont rangés. J'ignore comment je le sais dans mon rêve, mais c'est le moment d'aller se coucher. Du premier rayon de la bibliothèque, qui se situe au niveau du sol, sortent des... comment dire ? des sortes de chaussures assez plates, vraisemblablement en caoutchouc et en tout cas de couleurs. Elles se mettent en rang deux par deux puis sortent de la pièce selon une chorégraphie simple mais visiblement étudiée. Un monsieur brun et barbu, accroupi sur le sol, et que je n'avais pas remarqué jusqu'alors, semble s'émouvoir positivement de ce petit spectacle. Je comprends que ce sont ses enfants qui sont en réalités cachés sous les fameux souliers, qu'il en a eu huit (mais on comprend qu'il en a en réalité eu bien davantage) et qu'il leur a appris à aller au lit de la sorte. Une dame, que je n'avais pas remarquée et que mon réveil soudain ne me permettra pas de voir, lui dit qu'il doit être très fier, ce à quoi il acquiesce.

    Si quelqu'un a des explications, je suis preneur...

    24 août 2020

    Vivre pour soi

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    La vie nous donne parfois des leçons bien cruelles. A sa manière à elle. C'est à dire frontalement. Comme un trente-trois tonnes lancé à pleine vitesse qui percuterait la vitrine d'un magasin de porcelaine. Il n'existe à mon sens que deux façons de réagir : recommencer comme avant, en espérant qu'un autre camion ne subisse pas la même avarie au même endroit ; ou changer de crèmerie. Ces derniers mois m'invitent à choisir la second issue.

    J'avais assisté au même phénomène avec mes parents voici quelques années. Confrontés de plein fouet aux drames de l'existence par la disparition brutale de certains de leurs proches, la vie s'était rappelée à eux. Elle leur envoyait un signal d'alerte et les sommait de vivre à pleines dents, tant qu'ils en avaient encore l'énergie. Le résultat fut spectaculaire et je suis très heureux pour eux qu'ils aient enfin appris à vivre pour eux, même s'ils demeurent des parents-poules par excellence. Voyager, profiter de leurs amis, se faire plaisir en vivant à la hauteur de leurs moyens et arrêter de se priver au-delà du raisonnable par simple peur du qu'en dira-t-on... Vivre pour soi.

    Il faut croire que, l'âge aidant, la roue tourne et que c'est à mon tour de vivre ces premières expériences. Cette année 2020 m'a pris tour à tour deux amis. L'un en plein confinement et que nous savions condamné. L'autre il y a quelques jours, fauché net en pleine force de l'âge. Les Parques ne connaissent hélas aucune pitié. De lui ne restent désormais que des photos de canyoning en Espagne, des souvenirs épiques de soirées mémorables passées à rire, celui d'avoir chanté à tue-tête dans une église désaffectée sur les bord d'un lac en Aragon, le souvenir désormais comique d'un tsunami de poussière sorti d'un vieil aspirateur tombé malencontreusement dans les entrailles d'une machine infernale, le son inimitable de sa voix... et beaucoup d'amertume. Le jour des obsèques, dans une très belle église du Tarn remplie de ses amis éplorés, je n'ai pas pu retenir mes larmes lorsque, du haut de la tribune, la voix suave du hautbois a commencé à déclamer sa mélopée sur une partition célèbre de César Frank. Tout s'est effondré autour de moi. Une sorte de vide immense, que je n'avais jamais ressenti auparavant m'envahit soudainement. De longues minutes s'écouleront avant que je ne puisse reprendre une contenance.

    De retour chez moi, et bien que rentrant à peine de congés, je cédais à l'anéantissement et sombrais dans un profond sommeil. J'étais terrassé par une insurmontable fatigue. Je m'endormais profondément, les chats-minous venus se blottir contre moi. Le surlendemain, je coupais le téléphone, faisais mes valises et partais rejoindre des amis lyonnais venus en rejoindre d'autres en Ariège. Bosser alors qu'il n'y a aucune urgence et que rien à part ma bonne conscience ne m'y oblige ? Et puis quoi encore...  Je partis donc les rejoindre. 

    Et ce fut une excellente décision. 

    Je passais avec eux deux jours formidables à faire le plein d'ondes positives dans une forme de complicité assez unique, à l'ombre bienveillante d'une vaste maison où vit un chat dont on m'a désigné tonton. Deux jours à me jouer du temps. Deux jours à me jouer de la bienséance de la Start'up Nation qui voudrait que l'on soit de bonnes petites fourmis ouvrières laborieuses et corvéables jusqu'à l'épuisement. Deux jours formidables comme le sont chacune de mes visites, tant les maîtres des lieux sont passés experts dans l'art de recevoir leurs hôtes comme des rois. 

    Se fit alors une forme d'évidence : il me fallait vraiment penser davantage à moi, profiter de la vie et des petites facilités matérielle dont je dispose, infiniment plus que je ne le faisais jusqu'alors. Arrêter de remettre au calendes grecques ou de me refuser ces mille petites choses qui me feraient plaisir au motif que ce ne serait pas convenable (convenable à qui  ? à quoi ?).  Que l'on soit cigale ou fourmis, l'issue est, au bout du compte, toujours la même. Professionnellement, cela veut dire me délester des pénibles, lâcher du leste, dégager les toxiques à coups de bulldozer, assainir mes relations aux autres, apprendre à travailler moins que ce que je ne devrais, et prendre beaucoup - beaucoup - de recul avec certaines choses dont je ne suis pas responsable.

    Samedi, de retour à la civilisation, j'ai franchi un cap. Je me suis enfin acheté cette cafetière automatique que je désirais tant depuis des mois et des mois. Des mois et des mois que j'hésitais faussement en essayant de me convaincre que je n'en avais pas besoin. Des mois et des mois que j'attendais à me décider sans franchir le seuil du premier magasin d'électroménager. Oh, certes non, ce n'est pas un besoin fondamental. Mais putain que c'est cool de sentir l'odeur du café fraîchement moulu le matin sans avoir douze manipulations à faire ! putain que c'est agréable de boire du très bon café chez soi à toute heure de la journée sans mettre de la mouture partout dans l'évier ou à côté de la poubelle. Ça aussi, ce fut une excellente décision.

    C'est ça, aussi, vivre pour soi. Savourer les petits plaisirs du quotidien et se bouger un peu le cul pour se donner les moyens d'accéder à ceux qui sont à portée de notre main. Profiter de chaque instant, se faire plaisir en vivant à la hauteur de ses moyens et arrêter de se priver au-delà du raisonnable par simple peur du qu'en dira-t-on... 

    Vivre pour soi. Tout simplement.

    15 août 2020

    La photo du mois : Solidarité

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Août,  fête de l'assomption (Aaaavéééééé, Aaaavééééé....) mais aussi date qui sonne le rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Pour ceux qui l'auraient oublié, chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parcequ'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par El Padawan qui nous a proposé : Solidarité en nous donnant les indications suivantes : 

    "Parce que ces derniers mois, on a eu plein de raisons d'en faire preuve, partout dans le monde..."

    Cépafo.

    Bon.... Le sujet ne ma pas du tout inspiré. Mais alors vraiment pas. J'ai donc procédé par association d'idées. Z'allez voir, faut suivre.

    On parle souvent de la solidarité en faisant référence à une "chaîne" de solidarité. Hé bien figurez-vous qu'une chaîne, j'en ai visité une voici pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, à l'occasion de quelques jours de vacances en Auvergne. Je vous le donne dans le mile Émile, je fais bien évidemment référence à la chaîne des volcans d'Auvergne.

    Oui, c'est totalement capillotracté, mais je ne ferai pas mieux ce mois-ci ! C'est à prendre ou à laisser... Et puis, on pourra toujours dire que c'est une photo gracieusement offerte en solidarité avec ceux qui sont coincés chez eux à cause du chat qui tousse ou de l'angine du poisson rouge, hein ? 

    Pour ceux que ça intéresse, la photo a été prise à la descente du Pariou, l'un des volcans emblématiques du coin. Au second plan se dresse fièrement le Puy-de-Dôme, vaillamment gravi  deux jours auparavant.  

    Hop, la chaîne des photos du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Amartia, Blogoth67, Chris M, Christophe, El Padawan, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, USofParis, Xoliv', écri'turbulente.

    12 août 2020

    Les vacances sont toujours trop courtes

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    Oui, les vacances sont toujours bien trop courtes. A peine a-t-on le temps de commencer à respirer un peu qu'il faut déjà tout ranger dans les valises et s'en retourner sur le chemin de l'école. Rentré lundi après-midi, ma productivité de ces deux premiers jours est cataclysmiquement faible. Heureusement la période brille par un certain calme consécutive à une baisse calendaire d'activité.

    Les vacances sont souvent l'occasion de faire le vide, de se recentrer sur les choses essentielles et de mieux percevoir tout ce dont on voudrait se délester, comme autant de fardeaux inutiles que l'on s'épuise à porter alors qu'ils ne nous apportent rien. Un travail d'épure, vers davantage de simplicité ou d'efficacité. J'arrive à un âge où je n'ai plus envie de m'emmerder. Surtout, j'avais un immense besoin de prendre du recul sur tout, tant la moindre aspérité du quotidien se muait en un océan de contrariété, me touchant très personnellement et me mettant dans des état de stress absolument insoutenable. 

    La solution fut drastique : une coupure totale avec le monde professionnel par la désactivation du téléphone et des courriels pro, et une mise sur répondeur quasi permanente du téléphone personnel. Rien, absolument rien, je ne voulais rien savoir du monde extérieur. Je ne voulais rien laisser entrer dans ma petite bulle de bonheur personnel qui puisse altérer mon plaisir quotidien fait de volcans, de soleil et de randonnées en montagne. 

    Je garderai un joli souvenir de cet été 2020 passé au grand air. Quelques jours en Auvergne que je découvrais, une grosse semaine dans mes Pyrénées chéries, quelques amis. Si j'apprécie la solitude je m'interroge toutefois sur son bienfondé en vacances. Être avec d'autres personnes aide à sortir de son quotidien, à ne pas replonger dans ses petites habitudes un poil pépère. Ce n'est pas toujours facile d'être toujours sur le même rythme ni la même longueur d'ondes. Mais on ose d'avantage, on ri à plusieurs, on se change peut-être un peu plus les idées. 

    Après quinze jours de repos, je reviens relativement serein et apaisé. J'ai pu cerner un ou deux points qui m'empoisonnent réellement l'existence et dont je veux me débarrasser à tout prix. J'ai pu me conforter dans certains choix et projets tant personnels que professionnels - aspects qui sont trop étroitement imbriqués pour être parfaitement dissociables -  et que je sais désormais vouloir mener à bien. Maintenant j'espère bien pouvoir prolonger cet état aussi longtemps que possible et parvenir à cet état d'épure où ne reste que l'essentiel, ce qui compte, en limitant au maximum les sources de perturbation, quitte à faire quelques sacrifices.

    Oui, c'était bien les vacances.

    20 juillet 2020

    Constellations

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    Si je devais cartographier la constellation des personnes gravitent dans mes cercles amicaux, je placerais au cœur du système solaire les amis, les vrais, les fidèles. Quelques uns tout au plus. Les imperturbables. Les arcanes majeures. Ceux à qui l'on peut tout dire, sans crainte du jugement. Ceux qui seront toujours présents. Ceux à qui l'on peut tout demander et à qui l'on peut tout donner. Ceux à qui l'on confie nos chats et nos plantes le temps des vacances. C'est dire...

    Un peu plus loin, dans un deuxième cercle, se trouvent les potes. Les arcanes mineures. Les indispensables. Ceux que l'on a plaisir à retrouver pour forger des quantités d'anecdotes et de souvenirs. Ceux avec qui l'on boit des pintes jusqu'à pas d'heure en refaisant le monde tout en riant aux éclats. Ceux qui font que le paysage n'est jamais terne. Ceux qui donnent du relief à vie et la rendent parfois tolérable quand la grisaille du quotidien s'installe.

    En prenant encore un peu plus de distance, dans un troisième cercle, se trouveraient les connaissances avec lesquelles le lien est un peu plus lâche. Des conversations souvent plus futiles, mais le plaisir de la rencontre est rarement factice. Tels le renard et un fameux Petit Prince, il nous faudra tisser des liens et nous apprivoiser.. En avons-nous réellement envie ? Mais la superficialité d'un bon mot et le souvenir d'un trait d'esprit suffisent à notre bonheur de l'instant.  

    Encore, encore plus loin, hors de portée des rayons du soleil, je placerais les étoiles filantes. Des gens que l'on ne croisera qu'une fois, peut-être deux, et qui parfois changeront à jamais notre perception du monde. Plan cul d'un soir, anonyme croisé sur un sentier de montagne, compagnon de beuverie collective, peu importe. Les atomes seront suffisamment crochus pour que nos trajectoires respectives se trouvent à jamais modifiées. Pour le meilleur. Parfois pour le pire.

    Et puis, quelque part dans l'immensité des interstices  de ce cosmos, des corps célestes, des anges gardiens. Souvent invisibles, ils sont là, toujours à l'affut, lisant entre les lignes, décryptant l'insondable. On ne leur demande rien mais savent se manifester au moindre soubresaut de morosité ambiante. Des petits grains de sel bienfaiteurs. Des filins de sécurité dans le saut sans filet de la vie. Ils sont infiniment précieux. Et je les en remercie.

    City of stars
    Are you shining just for me ?
    City of stars
    There's so much that I can't see
    Who knows?
    Is this the start of something…


    Une vie presque ordinaire.


    15 juillet 2020

    La photo du mois : Transformation

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Juillet, date qui sonne le rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Pilisi qui nous a proposé de plancher sur : Transformation.

    Nous avions pour cela les indications suivantes :
    "Action de transformer… passage d’une forme à une autre… modification, changement… prouesse sportive… A vous de nous montrer quelle transformation vous êtes capables."

    Je n'ai pas été chercher ma transformation très loin puisqu'elle me surveille toute la journée au bureau, du haut d'une étagère où elle veille à la paix intersidérale de la bibliothèque.


    Celui-ci est un gentil, un Transformers de la race des Autobots, comme le petit logo rouge le signifie. Il a la capacité de se transformer en une sorte d'abeille robotique pour chasser les méchants Decepticons qui veulent conquérir l'univers et décimer l'humaniter. 

    Oh, mais... que se passe-t-il là-bas ? La Terre n'est elle pas en danger ? 

    Transformers, TRANSFORMATION !

    11 juillet 2020

    Epuisement

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    Total. L'épuisement est, total. Chaque nuit est trop courte, chaque matin est une corvée, chaque journée est trop longue.

    Je me rends compte que le confinement fut un faux moment de repos. En effet, la baisse d'activité a été compensée par un regain de stress lié à l'incertitude des semaines et des mois à venir. Et puis, une fois la vie revenue à la normale, tous les dossiers endormis se sont réveillés d'un coup d'un seul. Il faut désormais faire face sur tous les fronts à la fois.

    Hier, après une journée passée sur la route, je suis rentré chez moi à 17 heures avec la ferme résolution d'aller faire deux bonnes heures de sport afin de digérer la copieuse mais redoutable côte de veau aux cèpes du midi. Tu penses... Je me suis affalé sur le lit et n'en ai bougé trois heures plus tard que pour m'en aller m'affaler quelques mètres plus loin, sur mon canapé, totalement foudroyé par la fatigue. Et le haut le cœur qui m'a pris alors que j'étais en train de manger m'inquiète vraiment. Le coup de tonnerre annonciateur de la tempête. 

    Aujourd'hui je m'étais promis de faire une multitude de choses mais mon corps me hurle de le laisser en paix. Je me sens totalement vide de toute énergie, le corps pétri de tensions que je ne sais pas apaiser. 

    Encore quinze jours à tenir avant les vacances. Il est vraiment temps.

    19 juin 2020

    Hello little yellow bird

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    Je n'avais pas parlé avec mon ex québécois depuis assez longtemps. Je veux dire vraiment parler, avec une conversation de fond. Pas simplement prendre des nouvelles l'un de l'autre, comme nous le faisons assez régulièrement. 

    Depuis mon notre séparation et mon retour à Toulouse, nous nous étions revus voici trois ans, lorsqu'il était venu en France avec son mari. Comme je l'écrivais à l'époque, ces retrouvailles devaient être une clé, l'amorce d'une réconciliation de moi-même avec un passé sur lequel j'avais plus ou moins inconsciemment mis une chappe de  granit. On avance beaucoup mieux en ne regardant pas trop derrière soi.  

    Malgré le temps passé depuis lors, je n'étais pas en paix avec certaines choses. En particulier avec  les circonstances de mon départ qui lui ont brisé le coeur. Alors, profitant d'une de ces conversations un peu rôdée où chacun tient son rôle, je le lui ai dit. Je ne sais pas si c'était le bon moment lorsque j'ai décidé de le faire samedi dernier, mais il fallait que l'on en parle, que l'on soulève les tapis  une bonne fois pour toutes et que l'on fasse le ménage bien dans les angles.  

    Nous nous sommes donc parlés et dit des choses assez fortes sur des sujets parfois très intimes, avec tout le recul nécessaire sur ces sujets. Cela m'a, cela nous, a fait du bien de crever les derniers abcès et d'anéantir définitivement les dernières zones d'ombre restants entre nous. Être au clair avec soi-même et avec les autres. Dire, parler et ne plus fuir droit devant en courant. Prendre le temps de s'arrêter, pour mettre un peu d'ordre dans sa vie. 

    Aujourd'hui, je peux dire que je suis en paix avec cette période de ma vie, qu'elle est mienne et que ces jolis souvenirs ne cachent pas de flèche empoisonnée mais bien des êtres qui m'ont été chers et dont l'absence me manque parfois. Nos rires, nos bons mots, nos soupers arrosés, et mille autres choses que nous partagions.

    Je sais à présent que je retournerai un jour à Montréal. 
    L'esprit tranquille et le coeur léger . 

    15 juin 2020

    La photo du mois : Mon amie mon ombre

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    Bonjour les déconfinés ! Nous sommes le 15 Juin, date qui sonne le rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Le principe de la photo du mois demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le sujet  a été choisi par Akaieric qui nous a proposé : "Mon amie mon ombre".

    Nous avions pour ce-faire les indications suivantes :
    Elle nous suit partout, on ne fait plus attention à elle. Peut être que dans notre dos, notre ombre fait des choses surprenantes ou va dans des endroits inconnus? Alors n'hésitez pas à vous retourner et à prendre (ou à faire prendre) votre propre ombre en photo.
    Pour le coup, figurez-vous que mon ombre s'est baladée sur un volcan. Rien que ça !

    Ma photo provient en effet de mes vacances sur l'île de la Réunion en décembre dernier. Nous sommes le mercredi 8 janvier, il est environ 7 heures du matin et ce jour-là je me suis levé en pleine nuit pour faire une randonnée sensationnelle : grimper à 2632 mètres, tout en haut du piton de la fournaise.



    Il me fallait arriver aux aurores pour marcher à la fraîche, car en cette saison (le plein été) la température monte vite et fort. Surtout, dès la fin de la matinée, le ciel est bouché et il est souvent impossible d'observer quoi que ce soit à cause de la brume. Cela aurait été dommage. Du coup, je me suis levé à 3h du matin - ça pique - pour partir de Cilaos vers la région du volcan, à deux heures trente de route de là.
     
    Après avoir descendu la muraille de l'Enclos Fouquet, le cratère périphérique, on arrive dans l'ancien cratère constitué des laves accumulée au grès des différentes coulées dont certaines sont encore chaudes après plusieurs années. Au loin devant, se dresse le cratère actuel du volcan qui demandera presque trois heures d'exigeante ascension dans un parcours chaotique borné de petits cailloux blancs.

    Sur cette photo je tourne le dos au volcan, donc vous ne le verrez pas. Néanmoins on distingue très nettement un petit cratère ocre, appelé le Formica Leo, qui mesure tout de même un peu plus de 20 mètre de haut. Mon ombre s'y est également baladée. C'est une sacrée baroudeuse ! Il faudra vraiment que je prenne le temps de raconter tout ça plus en détails une prochaine fois...

    6 juin 2020

    XIII

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    Douze plus un, quinze moins deux
    On me compte parfois à la douzaine
    Nombre de colonies d'origine des États-Unis
    Autant de lunaisons dans une année
    Les triskaïdékaphobes me craignent
    Étonnamment nombre premier
    Numéro atomique de l'aluminium
    Nombre d'années de mariage nécessaires aux noces de muguet
    Selon la superstition je porte malheur
    Nombre initial d'étoiles et de bandes du drapeau des États-Unis
    L'arrondissement des Gobelins, à Paris
    Héros de bande dessinée, aussi

    Je suis treize.
    Et autant de bougies sur le gâteau d'anniversaire de ce blog.

    29 mai 2020

    Vendredi 29 Mai

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    Le confinement me donne l'impression qu'on nous a volé un morceau de l'année, qu'une saison a été amputée. De fait, nous n'avons pas senti le printemps s'installer, ni su nous adapter aux jours qui rallongent et repousser imperceptiblement l'heure du coucher afin de profiter du soir languissant. Nous voici presque en été, alors que notre corps sortait à peine de l'hiver.

    N'en déplaise aux impérieux motifs de relance économique, j'aime les ponts et les jours fériés que nous offre le mois de mai. Ce mois qui est si doux à mon cœur. Même si je ne fais pas tout à fait le pont et qu'il m'arrive régulièrement de travailler les weekends, j'aime le calme des jours fériés. J'aime le silence du téléphone qui se tait et j'aime la quiétude de mon bureau imprégné de cette ambiance si particulière d'une ville en somnolence. 

    Pendant ce temps, au dehors, la nature exulte. Ça tombe bien, demain j'ai rendez-vous avec elle. Elle m'a tellement manqué...

    21 mai 2020

    Tonton 2 - Baby strikes back

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    Et voilà, la cigogne a encore frappé : je suis tonton pour la seconde fois depuis maintenant deux jour. Un fille pour respecter la parité. Je sais que depuis la naissance de mon neveu, qui remonte à huit ans déjà, cela fait un petit moment mon frangin et sa compagne essaient d'avoir leur second et que Mère Nature s'est montrée un peu garce à leur égard. Alors oui, c'est une très bonne nouvelle et je suis vraiment content pour eux.

    Fidèles à leur manière de faire, nous n'avons eu connaissance du prénom du gnome qu'une fois la cigogne rentrée chez elle. Pour ma part, je me suis refusé au moindre pronostic, respectant le secret. Ce qui ne m'a pas pour autant empêché d'émettre quelques hypothèses, rien de très affûté car si je connais bien mon frère, je connais beaucoup moins l'univers de ma belle sœur. Et encore une fois, l'imagination et la créativité parentale ont balayé mes maigres projections. Un prénom qui m'a surpris au premier abord, car il me rappelle celui d'un personnage de dessin animé de mon enfance ; un prénom rare dont l'existence est attestée de longue lune. On échappe donc, grâce leur en soit rendue, au effets douteux de la mode. Je n'avais que peu de doutes à ce propos  

    En rédigeant ce billet, je relis celui écrit il y a huit ans sur ce même sujet. Rétrospectivement, je me rends compte que je n'ai pas noué de relation particulièrement intense avec mon neveu. Je le vois assez peu en réalité et nous n'avons jamais l'occasion de faire quoi que ce soit ensemble. C'est un solitaire qui aime vivre à l'extérieur et à qui un râteau offre des heures de jeu... L'arrivée d'une petite sœur toute neuve risque de lui changer un peu la vie. Est-ce un regret de ma part ? Je ne saurais le dire. Mais je crois que j'espère secrètement avoir mon petit rôle à jouer le moment venu. 

    Surtout, je remarque que le malaise dont je faisais état huit ans plus tôt, s'est aujourd'hui apaisé. J'y vois une excellente nouvelle sur mon cheminement personnel. Être en paix avec soi-même est certainement la clé pour être en paix avec les autres.

    15 mai 2020

    La photo du mois : En avril, ne te découvre pas d'un fil ; en mai fais ce qu'il te plaît.

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    Bonjour les déconfinés ! Nous sommes le 15 Mai, date qui sonne le rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Le principe de la photo du mois demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le sujet  a été choisi par Lavandine qui nous propose : En avril, ne te découvre pas d'un fil ; en mai fais ce qu'il te plaît.

    Elle nous donne pour ce-faire les indications suivantes :

    "Et vous que vous plairait-il de faire les jours, le mois qui suivront le déconfinement progressif du 11 mai ? Tout est envisageable, y compris les idées les plus loufoques. Seule condition, c’est que cela reflète une réelle envie ! Mais… on n’ira pas vérifier… hein..."
    Une chose qui m'a terriblement manqué durant ces deux derniers, outre revoir les copaings et faire du sport, c'est de pouvoir m'évader dans les montagnes.

    Le mois de mai marque habituellement le déconfinement des chaussures de randonnée. Avec le retour des belles journées, c'est un réel plaisir que d'aller gambader au milieu des estives où les meuh et les béééh paissent dans un joyeux tintinnabulement de clarines, de respirer à pleins poumons le grand air des cimes et de rentrer chez soi le soir les yeux remplis d'étoiles avec l'envie furieuse d'y retourner le weekend suivant.

    Manque de bol, la météo de cette semaine est à la pluie. Ni meuh ni béééh pour le moment. Alors en attendant, je rêvasse en regardant les photos prises lors de précédentes escapades, notamment ce très joli souvenir de randonnée à l'étang de la Frèche, dans les Pyrénées. 

    Que plairait-il de faire aux autres participants à La photo du mois ? La réponse est par ici : 
    Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Brindille, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, USofParis, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    10 mai 2020

    Collage(s)

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    Marcher nu
    Les pieds dans le sable d'or
    Au loin les dunes lascives
    Sous le soleil brûlant

    Le grondement des vagues
    Rythmique du temps
    Mille écailles d'argent scintillent
    Dragon de mes désirs

    Horizon ardent
    Appel du large
    Les pieds dans le sable

    Marcher nu
    Sous le soleil
    D'or

    En amical hommage à Nicolas Brunet.

    6 mai 2020

    Bilan partiel

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    Nous sommes à quelques jours de la levée du confinement. Et je dois dire que ces dernières semaines ont été plus difficiles que je ne l'aurais cru.

    J'ai pourtant de la chance : j'habite seul avec maman dans un très vieil bel appartement Rue Sarasate lumineux et spacieux ; j'ai deux chats-minous adorables (sauf quand ils font pipi sur le canapé !!!) ; j'ai deux petits balcons avec des fleurs et un joli citronnier qui sent très bon en ce moment ; les magasins ne manquent de rien et j'ai pu faire mes courses sans aucune difficulté ; j'ai pu prendre du temps pour refaire des choses que je n'avais pas faites depuis trop longtemps, à commencer par retravailler mon instrument, ce qui m'a fait prendre conscience qu'il fallait que je reprenne des cours à partir de désormais et que pratiquer à nouveau sérieusement la musique est un réel manque dans ma vie.

    J'ai également eu l'occasion de travailler un peu, dans des conditions sanitaire perfectibles mais j'ai pu ne pas rester enfermé chez moi à longueur de semaine ni tourner en rond. Quelques live-apéro ont agréablement ponctué certaines soirées avec des amis disséminés un peu partout sur l'hexagone. Et les réseaux sociaux permettent fort heureusement de tromper l'isolement.

    Tout va bien alors ? Pourquoi me plaindre ? Hé bien parce qu'en dépit de tout ces rayons de soleil, le confinement demeure pour moi une expérience terriblement anxiogène. Au premier rang des causes de tracas, le travail, évidemment. Mon activité s'est effondrée. Mes rentrées pour les mois à venir sont obérées. Je ne me suis pas payé en mars, par sécurité, ni en avril, cette fois par impossibilité. Je ne crois pas que je pourrai me verser un salaire avant plusieurs mois. J'espère pouvoir le faire d'ici la fin de l'été. En attendant je pays mes charges avec mes économies qui s'amenuisent progressivement. Mais jusqu'où ? Et quelle sera l'intensité de la reprise dans quelques jours ? Est-ce que je vais pouvoir remettre rapidement ma boîte à flots ? Beaucoup de questions sans réponse. Je n'ai heureusement aucun salarié ni d'emprunt à rembourser sur le dos. C'est déjà ça. Alors oui, on est tous dans le même bateau. On se rassure comme on peut.

    Pour temporiser et limiter les montées inutiles de stress, je me suis débarrassé de quelques clients toxiques. Le bénéfice en termes de tranquillité fut immédiat. Ça aussi c'est une décision qu'il me faut prolonger une fois cet épisode passé. Je ne suis pas un belliqueux. Je n'aime pas le conflit. Je ne supporte pas les empoisonneurs, ceux qui s'alimentent justement de ces situations et qui répandent partout autour d'eux leurs effluves nocives. J'ai cette liberté de pouvoir choisir avec qui je travaille. Ma tranquillité n'a pas de prix et ma santé mentale non plus.

    Autre point positif, j'ai pu mettre un sérieux coup de collier à un projet, une publication, qui traîne depuis bien trop longtemps et qu'il me faut rendre depuis des mois. La diminution dramatique de mon activité professionnelle aura au moins eu le mérite de dégager du temps pour que je puisse m'atteler à cette tâche avec constance sans être constamment dérangé. Et cela m'a fait du bien de m'évader, de construire un raisonnement, de faire des recherches, de me heurter à des problèmes purement théoriques et d'éprouver cette joie si spéciale de voir les morceaux d'un puzzle mental s'agencer jusqu'à former ce tout cohérent.

    Autre cause de difficulté liée au confinement, elle peut paraître éperdument superficielle mais ne l'est pas : j'ai vécu la fermeture de la salle de sport à laquelle j'ai mes habitudes comme un drame. Hé oui... Le sport, c'est d'abord une question de santé physique. Ayant une activité professionnelle relativement sédentaire, pratiquer une activité physique régulièrement est une nécessité absolue. En temps normal je m'y rends deux à trois fois par semaine. Alors pensez-donc, réduire tout ça à... zéro. Au-delà de l'aspect forme physique, essentielle quand on a tendance à l'embonpoint, le sport a aussi, mais peut-être surtout, une vertu thérapeutique en ce qu'il est mon moyen d'éliminer le stress. Or voyez-vous, même si cela n'est pas forcément perceptible, je suis quelqu'un de relativement angoissé. J'ai le stress facile en temps normal, et mon métier n'aide pas. Aussi, pouvoir faire du sport comme une grosse brute, cramer mille calories trois fois par semaine en transpirant comme un âne, c'est important. Et en ce moment peut-être davantage encore.

    On me rétorquera que j'ai tout à fait la possibilité de faire du sport chez moi. Certes. Mais non. Ce n'est vraiment pas pareil. D'une part je n'ai aucun matériel pour cela. D'autre part, l'argument pourra encore une fois paraître futile mais il ne l'est pas : mon chez-moi n'est pas fait pour ça. Chez moi, c'est ma bulle de zénitude, un havre de paix totale, une zone de rupture avec l'extérieur où tout n'est que calme et douceur. De par les fonctions que je lui attribue, le sport est incompatible avec cet espace. De même que travailler. Je ne travaille pas depuis chez moi. Impossible... 

    Dès lors, faute de cette puissante soupape de sécurité, et privé des mille et un petits plaisirs du quotidien d'avant qui permettent habituellement de relâcher le stress grimpant, ça finit pas ne pas aller super bien. Je compense avec l'alcool, dont j'ai fait un sevrage pendant quinze jours, interrompu pour honorer la mémoire d'un ami disparu abruptement. L'alcool, c'est génial. Quelques verres et on a la tête qui tourne. Peu à peu on se détend, on se relâche, on est bien. Alors on boit un peu plus. Et progressivement les bouteilles s'accumulent. Beaucoup trop. Je me connais, je sais très bien comment je me comporte à ce niveau-là. Du coup j'essaie de tromper ma soif en buvant du gaspacho. L'effet n'est pas le même mais au moins ça coupe l'envie. On boit, donc, et on mange. La bouffe comme refuge à émotions, c'est aussi un grand moment. Je ne me suis pas pesé mais l'image dans le miroir est dégueulasse... Déjà que je suis en déficit d'image, le confinement a des conséquence dommageables à ce niveau également. Il va falloir se reprendre !

    L'autre conséquence de la quantité de stress accumulée se retrouve sur mon sommeil qui, en un mot, est pourri. Je fais des rêves très étranges, dérangeants, qui pullulent de détails et qui recèlent une forme de violence sourde aux effets particulièrement délétères. L'autre nuit le rêve était tellement dérangeant que je me suis réveillé à 4h30 du matin et mis un temps fou à me rendormir. J'ai même cru que j'allais devoir me lever et aller bosser pour penser à autre chose. Mes nuits sont le miroir de mes angoisses du moment, défigurées par cette alchimie de l'étrange qui n'appartient qu'aux songes. Alors qu'initialement je me réveillais sans problème vers 7h30 tous les matins, depuis environ quinze jours émerger avant 9h relève de l'exploit. Et j'ai cette impression de n'avoir pas dormi.

    J'essaie pourtant de faire face, de me détendre. J'essaie de profiter des matins que je sais improductifs pour faire des choses qui me plaisent. Retrouver des petites sources de plaisir immédiat qui font cruellement défaut. Ranger chez moi. Faire de la musique. Jouer avec les chats. Cuisiner. Jouer à la console. Écouter la radio. Depuis lundi, j'ai installé une application smartphone pour méditer. J'ai fait les deux premières séances et je suis satisfait du résultat. Dix minutes de tranquillité et d'auto-bienveillance. Dix minutes vraiment pour moi. Je vais aller au bout des séances d'essai mais je crois que c'est quelque chose à pérenniser. Cela fait longtemps que des amis plus ou moins proches qui me connaissent assez me l'avaient conseillé. Jusqu'à présent ils avaient raison. Ça aussi, c'est une chose que cette période étrange m'aura permis de découvrir et qui me servira à travailler sur moi pour l'avenir.

    Nous sommes le 6 mai et dans quelques jours nous essaierons de reprendre progressivement une activité normale au niveau national. L'international attendra. Là aussi, les inconnues et les sources d'inquiétudes sont innombrables à tous points de vue. Le bazar que va être la reprise des classes et les questions autour de l'autodiscipline dont nous devrons collectivement faire preuve, annoncent déjà de belle heures où nous allons rire jaune.

    Que sera demain ? Comme je l'écrivais il y a deux mois, je n'ai aucun espoir que le monde d'après soit différent de celui d'avant. Les débats autour de la nécessité de "rattraper le retard" et ceux portant sur les vacances d'été démontrent que tout sera identique, peut-être en pire. Je fais certainement outrage à mon optimisme habituel mais je sais aussi être lucide. Je ne crois pas aux bouleversements spontanés. Il y faut de la volonté. Une volonté collectivement chevillée au corps.

    A cet égard néanmoins je partage l'avis de cet ami qui écrivait sur Twitter qu'à défaut de pouvoir changer les autres, nous pouvons nous changer nous-mêmes. Non pas un changement radical, là n'est pas le sujet. Mais en tirant des leçon de ces deux mois et en travaillant notamment dans le sens d'un mieux être et d'un mieux vivre avec soi-même. Pour être en harmonie et davantage en écoute des autres. Si nous tenons ce pari, alors ces deux mois auront peut-être servi à quelque chose.

    Un grand philosophe à perruque à dit un jour  : If you don't love yourself, how the hell are you gonna love somebody else ?
    Plus que jamais, sachons l'entendre.


    15 avril 2020

    La photo du mois : Vive le printemps !

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    Bonjour les confinés ! Nous sommes le 15 avril, date qui sonne le rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Le principe de la photo du mois demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le sujet  a été choisi par Renepaulhenry qui nous propose : Vive le printemps.

     Évidemment, avec la contrainte du confinement, le printemps cette année prend une saveur très particulière. Impossible de se rouler dans les près et d'admirer de près les beauté de la nature. Par chance, j'ai pu photographier à portée de semelle - dans les limites de l'autorisation dérogatoire - un très joli signe du printemps qui se déploie de l'autre côté de nos fenêtres.

    Habituellement, je cours au Jardin Japonais de Toulouse pour admirer la floraisons des sakuras, cerisiers ornementaux, qui explosent en ce moment même. J'ai dû pour le coup me contenter du coin de la rue...

    6 avril 2020

    Une semaine sans alcool

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    Une semaine. Je viens de passer une semaine sans boire une goutte d'alcool. Ni un verre de vin, ni une petite bière fraîche, ni une goutte de ce très bon whisky offert par le frangin à Noël dernier et qui enjolive les soirées devant la télévision. Rien.

    Nulle pénurie derrière tout cela. Ma cave est encore pleine de bouteilles en tous genres. Mais bien une volonté de ma part de limiter ma consommation. Le confinement a, en effet, des conséquences relativement délétères sur l'alimentation en général et la mienne en particulier. On se laisse aller, on grignote à tout moment de la journée, on mange différemment, on cuisine d'avantage, des crêpes, des gâteaux, on boit... et pas seulement de l'eau.

    Je ne crois pas avoir de problème avec l'alcool. Ma consommation est trop épisodique pour cela. Surtout, elle est  éminemment conjoncturelle et elle n'a jamais perturbé ma vie sociale. Néanmoins j'ai conscience que l'état de stress latent dans lequel je baigne depuis bientôt trois semaines peut m'amener à une consommation accrue, comme je l'ai plusieurs fois constaté dans des situations similaires.
     
    L'électrochoc est venu dimanche dernier. En faisant mes courses pour la semaine, j'avais acheté une bouteille de vin rouge que je sais gouleyant. Elle accommoderait très bien les cœurs de canard que j'avais prévu de faire griller le soir. Le résultat fut à la hauteur de mes attentes. Trop, même. Sur fond de live-apéro et d'une bouchée à l'autre, le verres se succédaient lentement. Un sursaut d'orgueil me fit pourtant renoncer à terminer ce qu'il restait dans la bouteille. Je constatais le lendemain qu'il y en avait à peine de quoi remplir un verre...

    Du coup, pourquoi ne pas en profiter pour faire attention ? Je ne m'en porterai certainement que mieux. Épicurien faisant partie des personnes à qui il suffit de regarder une pomme pour prendre 5 Kg ; ayant qui plus est la nourriture comme source de réconfort et l'alcool comme moyen puissant de lâcher prise, la situation actuelle est évidemment propice à tous les excès. Ajoutez à cela une sédentarité contrainte qui m'est peu habituelle, vous obtenez un joli cocktail. 

    Une semaine sans alcool donc. Est-ce que cela me manque ? Non, pas réellement. Je n'ai pas de besoin de boire, ni ne ressens de craving. Lors des repas, cependant, il n'est pas rare que je me dise qu'un petit verre de ceci ou de cela accompagnerait très bien le contenu de mon assiette ou encore mon morceau de fromage. Mais cela ne va pas plus loin. Et c'est une excellente chose.

    Je ne sais pas combien de temps je vais m'astreindre à cette petite ascèse personnelle. En l'état il n'est pas question d'arrêter totalement de boire de l'alcool ni de renoncer aux plaisir d'un bon vin. Cela fait une semaine maintenant, et j'ai envie de poursuivre. Pour voir où cela me mène.

    3 avril 2020

    Promenons-nous autour de chez moi

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    Confinement oblige, les sorties se font rares et contingentées. Heureusement, il est encore possible de mettre le museau dehors pour aller se dégourdir des guiboles dans un rayon d'un kilomètre. Pour qui a l'habitude de marcher, un kilomètre c'est vraiment pas loin. C'est l'objectif me direz-vous. Mais ça limite sensiblement l'horizon de nos pérégrinations. 

    Alors, suivant les conseils de la petite souris blogueuse et néanmoins copine Nekonezumi, je me suis donc mis à profiter de mon heure quasi-quotidienne de sortie pour aller là où je ne vais jamais :  explorer mon quartier.

    Je l'avais plusieurs fois traversé à la va-vite, sans réellement prendre le temps de le sillonner, un peu comme l'on fait pour tout ce qui est à portée de semelle : on se dit qu'on a le temps, que le jour où l'on voudra le faire on n'aura aucun effort à fournir. Et à force de passer devant sans jamais y être allé, on finit par l'intégrer totalement au décors sans plus attiser la curiosité. Erreur...

    Par chance, une bonne partie de mon secteur est formée d'un dédale de petites rues qui se croisent et se recroisent dans tous les sens. Et, Ô bonheur, elles sont parsemées de petites maisons, édifiées à la fin du XIXe pour certaines, dans les années 70 pour d'autres. Toutes plus mignonnes les unes que les autres, elles possèdent des arbres, des jardins... Le rêve, à prix d'or. En ce moment, la nature reprenant ses droits, les oiseaux y braillent dans tous les sens. Quels punks... 

    Oui oui, vous êtes bien en centre-ville...
    Malheureusement, la pression immobilière à Toulouse est assez phénoménale. Il suffit de se rendre quelques rues plus loin pour s'en rendre compte. Le changement de décors se fait impressionnant. Les barres des années 60 à l'entretien perfectible laissent peu à peu la place à des constructions nouvelles, toutes identiquement laides. Celles bâties à la fin des années 1990 portent déjà les stigmates d'une usure prématurée.

    Au milieu de ce marasme, coincé entre deux entrepôts, un bâtiment à l'abandon depuis des années m'a toujours fasciné. Sa façade parfaitement symétrique impressionne d'emblée. La porte semble condamnée par une plaque en fer. Tout autour, trois niveaux de fenêtres aux volets fermés comme autant d'yeux aux paupières closes, regardent dans le vide. En journée, deux d'entre eux, vraisemblablement entrouverts par le vent, offrent ça et là au regard curieux, des papiers peints à fleurs d'une autre décennie. 

    La maison kifépeur.
    Par endroit, un morceau irrégulier de crépi est tombé, laissant apparaître la brique usée, comme les chairs putréfiées d'un cadavre affleureraient sous la peau en décomposition. Le soir, les ombres noires accentuent davantage encore l'austérité massive de l'ensemble et la sensation oppressante qui s'en dégage. Un décors propice à un film d'horreur... 

    A quelques rues de là, j'eus la surprise de découvrir que la belle maison que j'avais photographiée il y a dix ans, pour ma première contribution à la photo du mois, avait disparu. J'ai cru tout d'abord m'être trompé et avoir bifurqué au mauvais endroit, que ma mémoire me jouait des tours. Mais non. A la place de la jolie maison toulousaine à la frise de faïence art-déco, un trou béant de plusieurs mètres d'où émerge une forêt de tiges et de poutrelles métalliques. Là, pousse un énième immeuble certainement semblable à ceux que l'on voit un peu partout et qui uniformisent les villes. Tristesse...

    Rasée, éliminée, oubliée...
    Oui, tristesse car cette frénésie immobilière grignote peu à peu ce qui fait l'identité des nos villes et villages. Ce qui fait que Toulouse n'est ni Nancy ni Orléans. Or, à l'exception globale des centres-villes protégés en raison de l'effet carte postale bénéfique au tourisme, les petits quartiers sont laissés à la libre loi du marché. Le moins offrant vend au plus cupide. On rase sans remord et on construit sans vergogne. La mémoire s'efface.

    Il paraît que c'est le sens du progrès...