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    15 avril 2013

    La Photo du Mois : "Du blanc et du noir..."

    27 commentairess
    Nous sommes le 15 avril, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois !

    Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance.

    Pour cette quatrième édition de l'année, c'est E. qui, du fin fond du Qatar (hé oui, la photo du mois, ça vient du monde entier !) nous propose le thème suivant : « Du blanc et du noir mais pas en Noir&Blanc ».
    L'idée est de faire une photo avec du blanc et du noir dessus mais qui ne soit pas en noir et blanc. Vous suivez ?

    J'ai beaucoup hésité pour ma photo d'avril. J'avais plusieurs options, dont une très belle prise l'été dernier à Lausanne avec Olivier, sur la route des vacances. 

    Et puis, en faisant le tri de mes photos d'Argentine (à coup d'énormes bouffées de nostalgie que je soupçonnais pas pouvoir être si forte) je suis retombé sur cette photo, prise dans une très jolie lagune à quelques kilomètres de Esquel, au nord ouest de la Patagonie : un gros piaf, tout rigolo.


    La photo a été prise d'assez loin ce qui explique sa qualité très moyenne.

    Je ne sais absolument pas comment s'appelle ce drôle de piaf avec son œil cerclé blanc qui lui donne une mine réellement impayable. Sur le coup je l'ai appelé "noenoeil", mais je doute que ce soit son véritable nom.

    Quelqu'un a une idée ?

    Allez donc voir la contribution des 137 autres participants : A bowl of oranges, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anita, Anne, Anne Laure T, Arwen, Ava, Berliniquais, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carine, Carnet d'escapades, Carnets d'images, Caro from London , Caro JulesetMoa, Carole In Australia, Caroline, Caterine, Cath la Cigale, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christeav, Christelle, Christophe, Cindy Chou, Claire's Blog, Coco, Cocosophie, Cook9addict, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, Dr. CaSo, E, El Padawan, Eloclemence, Elodie, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Filamots, flechebleu, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, Hypeandcie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, J'adore j'adhère, Joséphine ose, Josiane, Julie, Juriste-in-the-city , Karrijini, Krn, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papotte, La Parigina, La voyageuse comtoise, LaGodiche, Lau* des montagnes, Laulinea, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Meyilo, Mimireliton, N, Narayan, Nicky, Nie, Ori, Pilisi, Raphaël, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Thib, Tuxana, Un jour, une vie et mon blog , Valérie, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv'.

    26 décembre 2012

    D'Est en Ouest

    5 commentairess
    (Suite de mon récit patagone)

    Après avoir fait le tour de la magnifique péninsule Valdés, nous prenons la route vers l'Ouest pour un nouveau périple en direction de Esquel, aux pieds de la cordillère des Andes.

    Plutôt que de prendre la route classique qui longe le fleuve Chubut qui donne son nom à la province où nous nous trouvons, nous emprunterons une piste située quelques kilomètres plus au Sud. Lorsque je parle de piste, je veux dire une véritable piste façon Paris Dakkar, sans goudron, ni signalisation (relisez l'article 2 du Code Abrégé de la Route), seulement de la terre battue, des pierres et beaucoup de poussière, au milieu de nulle part.

    Rapidement nous abandonnons la civilisation et pénétrons dans les terres arrides. A chaque kilomètre, le désert se fait plus présent. Et quand je dis qu'il n'y a rien, c'est vraiment parce qu'il n'y a rien, pendant des centaines de kilomètres.


    En fait, il n'y a presque rien... Car au beau milieu de ce nulle-part surchauffé par le soleil, nous avons fait une jolie rencontre : un tatou, qui nous a traversé presque sous le nez. Hop ni une ni deux on s'arrête pour aller faire coucou à la drôle de bête.

    Je crois qu'aucun d'entre nous n'en avait jamais vu. Il a fallu faire assez vite pour le photographier car, sachez-le, le tatou est assez peu coopératif photographiquement parlant !

    En fin d'après-midi, après 8 heures de route, nous approchons de la pré-cordillère. Le paysage change, laissant apparaître un peu plus de relief, et (à peine) un peu plus de végétation, ou du moins une végétation qui semble plus haute.

    Certains passages sont véritablement extraordinaires, notamment lorsque l'on longe ce genre d'affleurement. Vous remarquerez toujours la piste, qui a empoussiéré le 4x4 et ses passagers tout le long du chemin. Je crois que, de toute la journée, nous avons dû croiser 5 ou 6 véhicules... (sans compter le tatou et quelques vigognes guanacos).

    Et puis soudain de dresse devant nous une chose incroyable, mi-cathédrale, mi-temple hindou, sculptée par la main invisible du temps.

    On s'arrête, fascinés par ce que nous voyons, par ce qui semble être ici d'immenses piliers parfaitement alignés soutenant un vaste édifice dont l'entrée reste secrètement gardée, prouesse de la Nature oscillant entre brutalité minérale et extraordinaire foisonnement de détails.

    Je repense au Palais Idéal du facteur Cheval dans la Drôme que j'avais visité il y a quelques temps. Oui, je crois que Cheval aurait beaucoup aimé cette cathédrale spontanée.


    Peu à peu la pré-cordillère s'installe et rythme l'horizon. Ça grimpe, on prend de la hauteur, les cours d'eau font leur apparition et les vastes étendues de terre reverdissent progressivement. Mais toujours aucune trace de civilisation.



    Nous arriverons à Esquel vers 10 heures du soir, dans la nuit noire, crevés par un voyage lent et mouvementé, secoués que nous sommes par les remous de la piste. Mais auparavant, clou du spectacle avant la tombée de rideau au terme de cette longue journée : admirer, par dessus les montagnes, une éclipse partielle de soleil, visible seulement de cette partie-ci du monde.


    Fabuleux !

    5 décembre 2012

    Puerto Madryn (2e partie) - Moby Dick et les extraterrestres

    7 commentairess
    Bon, j'en étais où moi de mon récit ? Ha, oui : les baleines de Puerto Madryn ! Bien...

    La Peninsula Valdes est un lieu assez unique en Argentine et dans le monde entier. Située en Patagonie, la presqu’île de Valdés est un site d’importance mondiale pour la préservation des mammifères marins. En plus d'héberger d'importantes populations d’éléphants et de lions de mer, ses zones côtières sont aussi - et surtout - un lieu de reproduction des baleines franches australes, menacées d'extinction.

    La saison de reproduction s'échelonne grosso-modo de août à novembre, avec un pic d'activité en septembre et octobre, mois durant lesquels ça grouille littéralement ! (allez faire un tour chez Sandrine pour avoir une idée de ce que ça peut être une baleine au top de sa forme).

    Être en Argentine à cette période est une invitation ouverte à aller faire coucou aux baleines. Aussi, j'ai fait des bonds de 10 mètres lorsque j'ai appris (dès septembre) que notre itinéraire passerait par la Péninsule Valdes.

    Même si l'on peut les observer depuis la côte avec une paire de jumelles, il est possible, au moyen d'un bateau, d'aller voir les cétacés d'un peu plus près avant qu'ils ne se cachent à l'eau. (Un calembour subtil s'est astucieusement caché dans cette dernière phrase. Sauras-tu le retrouver ?).


    Après nous être dûment acquittés de notre ticket et avoir enfilé notre gilet de sauvetage, nous embarquons  sous un soleil éclatant.  Le bateau est tracté jusque dans l'eau par un remorqueur, ça tangue un peu. Puis vient le ronron sourd du moteur, on s'élance, ça y est, nous sommes en route. 

    Et je crois que c'est à ce moment que nous avons basculé, sans le savoir, dans un univers parallèle...



    A bord, tout semble normal. La guide nous donne quelques consignes et nous explique sommairement le mode de vie des baleines australes. Pendant ce temps le bateau longe nonchalamment la côte pour peu à peu prendre le large. Le temps est splendide. La rencontre s'annonce exceptionnelle. Elle le fut...


    Accoudé à la rambarde, je regarde l'eau défiler et scrute l'horizon afin de détecter la présence d'éventuelles baleines. Mais à côté de moi, ça a plutôt le nez en l'air.

    "Ho regardez !" s'exclame quelqu'un en pointant son doigt vers le ciel. "Ho oui..." répond une autre personne. Intrigué, je lève la tête pour voir de quoi il s'agit exactement. "La colombe"... se pâment-elles en choeur. Effectivement, en observant les nuages qui striaient le ciel, et avec un peu d'imagination, on pouvait deviner la forme d'un oiseau en plein vol. Pourquoi pas une colombe ; moi j'y voyais plutôt un aigle (si si, la forme du bec ne laissait aucun doute à ce sujet). En tout cas un heureux présage.

    Pensez-vous : une colombe !


    A peine moins de cinq minutes plus tard retentit un drôle de bruit. Sur le coup je n'ai pas du tout compris ce que j'entendais : un vieux en train de s'étouffer ? Une vigogne pneumonique ?
    Non, c'était tout simplement la bonne femme de tout à l'heure qui n'avait rien trouvé de mieux à faire que de souffler dans un énorme coquillage. Un appeau à baleines...

    C'est bien connu : il suffit de souffler dans une coquille de bulot vide pour que, aussitôt, Moby Dick et toute sa bande ne rappliquent. Tout le monde sait cela. Il paraîtrait même que souffler assez longtemps dans un violoncelle peut faire venir Rostropovitch !

    Mais bientôt notre charmeuse de baleines est rejointe par une autre - de la même tribu si l'on en juge à leur tenue vestimentaire néo-hippie - elle aussi pourvue d'un imposant machin nacré dans lequel elle s'époumone consciencieusement.

    Le reste des passagers est partagé entre indifférence et envie de meurtre...

    Mais ce n'est pas tout...

    Certainement emportée par de puissants élans mystiques dont seules les drogues dures et Mylène Farmer ont le secret, une dame d'une cinquantaine d'années assise à ma droite, et vêtue de la même façon que ses coreligionnaires, désigne à son tour quelque chose dans le ciel. Je vous jure sur la tête de mon chat que ce qui suit est absolument authentique :

    "Ho qu'est-ce que c'est ? demande-elle.
    - Quoi donc ? répondis-je, ne voyant rien qui fut digne d'attirer mon attention.
    - Ça... là..."
    Effectivement, en écarquillant suffisamment les yeux, il y avait bien quelque chose dans le ciel. Quelque chose en train de voler dans l'atmosphère et qui laissait derrière deux fines traînées blanches, comme le font habituellement les avions.
    " Je crois que c'est un avion...
    - Un avion ? Il y a des avions qui passent par ici ? me demande-t-elle aussi étonnée que si on lui avait annoncé qu'on avait trouvé du pétrole sur la Lune.
    - Heu... oui... ne serait-ce que pour aller au Sud, en Terre de Feu par exemple.
    - Ha..." répondit-elle, visiblement déçue que ce ne fut pas autre chose d'un peu moins terrestre et d'un peu plus inter-galactique qu'un simple avion de ligne.

    A ce moment j'ai commencé à regretter que l'eau ne fut pas infestée de requins.

    Manifestement agacée par les vagissement de nos deux concertistes, et prétextant (avec une bonne dose de mauvaise foi) la fragilité des oreilles de nos amies les baleines, la guide intervient avec fermeté pour faire revenir un peu de silence sur le pont. Il était temps car il s'en est fallu de quelques minutes avant certain(e)s ne  dussent rentrer à la nage.

    Et puis soudain apparaît au loin une forme noirâtre. Une baleine ! Le bateau s'approche, doucement. Le silence se fait, l'excitation monte.


    Une baleine ! Elles remontent à la surface pour respirer toutes les 45 minutes. Il faut donc être au bon endroit au bon moment et compter pour cela sur un peu de chance. Surtout qu'en novembre elles ont déjà commencé à regagner la haute mer.

    Un peu plus loin c'est une maman et son baleineau que nous approchons. Pendant les premières semaines, le "petit" ingurgite 150 litres de lait par jour et grossit environ du même poids... On ne voit pas trop mais l'eau était assez claire et, par transparence, on devinait toute la masse des bestioles. On est tellement près que l'on pourrait les toucher. C'est assez impressionnant.


    Comme on pouvait s'en douter, toute cette émotion n'a pas laissé indifférent l'équipage rescapé du Nostromo qui nous faisait la joie de sa présence à bord. Ne pouvant plus souffler dans leur coquille d'huître, elles se sont mises à.... chanter. Une sorte de litanie dédiée à la nature, je n'ai pas trop compris les paroles. En soi ce n'était pas vilain. C'était juste super lourd... car cela a duré jusqu'à notre retour au port.

    Des baleines nous en verrons quatre. C'est beaucoup mais en réalité assez peu en comparaison avec ce que l'on peut observer en pleine saison. Ce n'est pas bien grave, le spectacle et l'émotion étaient au rendez-vous.

    Voici déjà le temps de faire demi tour et de regagner le rivage. Le bateau rebrousse chemin dans un silence contemplatif. Un peu étourdis par le soleil et les émotions, on se laisse bercer par le ronron du moteur. Tout le monde semble ravi de ce qu'il a vu et surtout vécu : ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance d'approcher des baleines de si près.

    A l'arrière du bateau, appuyé contre la coque, un gars de la même guilde que nos vaillantes dompteuses de baleines, s'adonne à une petite séance de transe en faisant vibrer un bol tibétain...

    Tout va bien.

    A suivre...

    15 novembre 2012

    La photo du mois : "Mon blog en une photo"

    44 commentairess
    Bonjour bonjour, c'est l'heure de notre rendez-vous habituel avec La photo du mois.

    Cette fois le sujet proposé est : "Mon blog en une photo". Pas fastoche, surtout lorsque l'on ne suit aucune ligne éditoriale particulière sinon celle, totalement libre, de son inspiration du moment. Car ce blog est avant tout un espace de liberté sur lequel j'écris et publie ce que je veux, selon mon humeur et mes envies.

    Par exemple, si pour la photo du mois je décide de publier une photo qui représente une vigogne en train de dévorer goulument un buisson sous le nez d'un pingouin impassible, ben je le fais. Même pas peur...
    Hop !

    Punto Tombo, Patagonie, dimanche 11 novembre vers 17 heures,
    une vigogne dévore goulument un buisson 
    sous le nez d'un pingouin impassible.

    Et chez les autres, c'est comment ? 100driiine, A&G, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Anne Laure T, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Caprices de filles, Cara, Carnets d'images, Caro, Carole In Australia, Caterine, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Christeav, Cindy Chou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr CaSo, Dreamteam, E, El Padawan, Eloclemence, Emma, Escapade en Tunisie, Fanfan Raccoon, Filamots, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Isabelle et Gilles, Isaquarel, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, Josiane, Juriste-in-the-city , Justine, Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaFamilleD , LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Leviacarmina, Lhise, Lo, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marion, Marmotte, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Mistinguett, N, Narayan, Nataru, Natderueil, Nathalie, Nicky, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Petite Marie, Pilisi, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Shandara, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Tambour Major, Thalie, The Mouse, Thilily, Un jour une rencontre, Une niçoise, Valentine, Vanilla, Violette, Virginie, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

    6 novembre 2012

    En route pour la Patagonie !

    17 commentairess
    Aujourd'hui je vais être Grand Seigneur - encore plus que d'habitude, c'est dire ! Si vous avez envie de haïr quelqu'un de toutes vos forces, de lui péter les dents à coups de pioche, de l’éviscérer avec un tournevis ou de lui titiller la rate avec une agrafeuse, je suis là... car vous allez avoir une excellente raison de me détester.

    Un indice sur vos écrans, regardez donc la carte ci dessous :


    Vous aurez certainement reconnu la carte de l'Amérique du Sud, encadrée à gauche par l'océan pacifique et à droite par l'océan atlantique. Plus particulièrement vous aurez repéré l'Argentine et ses 23 provinces. 
    Quelques esprits attentifs auront également situé Colonia del Sacramento, en Uruguay, où je me suis rendu dernièrement.

    Mais seuls les plus perspicaces auront détecté la présence de (très) discrètes flèches vertes formant comme une sorte d'itinéraire géant à travers le Sud du pays. C'est bon, vous les avez vues ? Oui je sais, c'était assez subtil, je ne peux pas vous en vouloir d´être sottement passé à côté.

    Pour ceux - et celles - qui chercheraient encore (si si, je sais qu'il y en a...), les dites flèches partent de Buenos Aires et descendent d'abord un peu sur le littoral Sud, à Mar del Plata. 
    Ensuite, elles continuent beaucoup plus au Sud vers Puerto Madrin et la Peninsula Valdés, au large de laquelle on peut en ce moment observer les baleines. 
    Dans un troisième temps, elles coupent tout net d'Est en Ouest jusqu'à Esquiel, au pied de la Cordillère des Andes, dans une zone réputée pour ses lacs que l'on dit sublimes... 
    Enfin, remontant tout d'abord par la mythique Route Nationale 40 qui parcourt l'Argentine de Nord en Sud, le parcours s'achève dans une dernière traversé Ouest-Est pour revenir à Buenos Aires.

    C'est bon, tout le monde suit ?

    Hé bien chers amis, c'est précisément ce fantastique itinéraire que je m'apprête à parcourir dès mercredi et pendant 12 jours, à travers les provinces qui forment cette célébrissime région de la Patagonie. Douze jours à arpenter la Patagonie, cet immense non-mans-land dont j'entends parler depuis des années, sans trop bien savoir à quoi cela correspond concrètement, cette vaste étendue de terres sauvages pendant longtemps et encore largement aujourd'hui coupées de la civilisation sur des centaines de kilomètres à la ronde. Je n'avais même pas osé en rêver, et voilà que cela me tombe dessus, tout cuit. Quand je vous disais que c'était bien parti pour que ces six mois soient exceptionnels !  

    Comme tout road-trip digne de ce nom, le trajet s'effectuera en 4x4, ce qui permettra de savourer les interminables étendues désertiques qui font la réputation de la Patagonie et, surtout, de prendre conscience d'une réalité géographique dont on a du mal à se rendre compte tant que l'on ne l'a pas éprouvée soi-même : que la notion de distance revêt ici des proportions inimaginables pour un européen (voyez un peu l'échelle en bas à droite de la carte). Il paraît que l'on peut rouler pendant des heures voire des jours sans jamais croiser la moindre âme qui vive... Flippant, mais terriblement excitant aussi. Néanmoins je ne me fais aucun souci, l'équipage qui m'accueille a ses habitudes dans la région, que ce soit le jour sur les routes, ou le soir autour d'un asado, dans la plus pure tradition des plus belles épopées gauchos !

    Bien entendu, personne ne mettra en doute le bien-fondé de ce déplacement, strictement lié à d'impérieux motifs professionnels...