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    1 octobre 2016

    Caillou blanc

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    Juste quelques lignes, quelques mots, un tout petit billet comme une pierre sur le bord du chemin.

    Pour qu'en le relisant dans quelques mois, je me souvienne de ce bonheur cotonneux dans lequel je baigne depuis ce matin, de la douceur de cette nuit passée avec ce charmant garçon qui habite à quelques rues seulement de chez moi...

    Parce que ces instants sont rares et précieux.

    Parce que cette courte nuit, quand bien même serait-elle unique, fera partie de mes très jolis souvenirs.

    Parce que je crois que nous nous sommes mutuellement plu.

    Parce que j'espère le revoir.




    19 mai 2015

    Le tintement des verres et le parfum des roses

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    Ce devait être un beau week-end en famille par une belle journée de mai. L'occasion de retrouvailles, d'enfants qui courent dans l'herbe, de rires sous les mûriers, de verres qui tintent et de parfum de roses. Un week-end de fête. Mes parents fêtaient leur anniversaire de mariage. Le quarantième. Celui d'émeraude, vert comme le sont en ce moment les champs de blés. Alors pour l'occasion, nous avions mis les petits plats dans les grands et invité parents, cousins, cousines et quelques visages amis autour d'une grande table dressée dans le jardin, ornée de bouquets à la fragrance sucrée, et de quelques ballons de couleurs.

    La famille dans son sens large et les célébrations familiales sont, chez nous, porteuses de valeurs fondamentales, empreintes de bienveillance autant que d'une force symbolique qui dépasse la simple tradition. Un cocon puissant qui nous protège en même temps qu'il nous unit, par delà les générations et les stricts liens du sang. La famille dans laquelle on naît, celle que l'on se choisit, celle que l'on se construit, celle des amis proches qui en font tout autant partie. Des valeurs simples, sûres, essentielles comme l'est la terre nourricière à un arbre. 

    Encore une fois, avant même que le cérémonial ne commence, c'est une sorte de sensation d'oppression qui devait me gagner, comme si la contrainte de cette liesse obligatoire me poussait à fuir malgré moi. Car la conversation que j'avais eue la veille n'avait rien pour me pousser aux plus fastueuses réjouissances, sauf peut-être à apaiser certaines angoisses qui trouvaient désormais leur fondement et leur légitime explication. Au fond, se poser la question, c'est déjà avoir la réponse...

    Et puis, en quelques instants, irradié par une aura communicative, tout est retombé, oublié, volatilisé. Oui, je me suis senti remarquablement bien, en paix avec moi-même, en totale harmonie avec les autres. La fête fut belle, le repas délicieux, les sourires nombreux. Inévitablement ma mère a versé quelques larmes à la lecture d'un poème qu'un de leurs amis avait spécialement composé pour l'occasion, et j'ai vu mon père vraiment heureux. Que je les aime, ces instants qui font du bien !

    La journée s'est ainsi déroulée avec une infinie douceur, entre volupté et ivresse, sous un ciel parfait mêlé d'azur et de blanc que venaient entrecouper de radieuses mèches de lumière d'un Floréal finissant. Et c'est sous les lueurs soyeuses du crépuscule rougeoyant que s'achevait ce très beau week-end en famille sous un joli soleil de mai, parmi les enfants qui couraient dans l'herbe, les rires sous les mûriers, le tintement des verres et le parfum des roses...

    29 décembre 2014

    Un peu de soleil

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    Un peu de soleil sur le parquet
    Trois rayons de lumière qui jouent sur la couverture
    Un peu de douceur
    Dans cet entre-deux
    Accalmie de lendemain de fêtes
    Effervescence de fin d'année

    Un peu de calme
    De solitude
    Un coin de ciel bleu à travers la fenêtre
    Ciel de glace
    Les cheminées
    S'évaporent en panaches blancs
    Que dissipent le vent

    Un peu de soleil derrière la vitre
    Chaleur animale
    Douceur intérieure

    Un peu de musique
    Bercement ïambique
    Harmonies douces-amères
    Accord de sol mineur
    Sur soleil majeur

    Un peu de soleil.




    9 août 2013

    La Forteresse Cathare

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    Tu t'es construit tellement de mécanismes de défense que tu es une forteresse cathare : ceux qui passent dans la plaine te voient, se disent : "Houla, surtout n'allons pas nous y risquer tellement c'est inaccessible" et passent leur chemin, de peur de l'affronter.

    Telles sont, dans leur transcription à peu près fidèle, les paroles d'un ami l'autre jour au téléphone. Une longue conversation qui a duré une heure, comme j'en ai peu eu depuis longtemps et qui, pourtant, fait tellement de bien. Pouvoir se livrer à cœur ouvert, en toute confiance, à une oreille que l'on sait attentive et compréhensive, sans crainte de jugement, voilà une chose qui m'est, en réalité, rare, et d'autant plus précieuse. 

    Oui, j'avais besoin de vider un peu mon sac, trop lourd à porter pour les reins d'un seul homme, si Tambour Major soit-il. Quelques personnes l'ont compris, et se sont manifestées en conséquence, chacune à sa manière. Ce sont des choses que je n'oublie pas...

    Car en effet, depuis quelques temps, quelques mois, cela ne va pas très fort. Les causes en sont nombreuses (oserais-je dire innombrables ?) et pour certaines parfaitement identifiées. Des soucis au boulot, un manque total de visibilité professionnelle à court terme doublée d'une certaine insatisfaction intellectuellement lignifiante, quelques soucis de santé, beaucoup de fatigue physique, un océan d'épuisement moral, un désert sentimental asphyxiant, voilà la coupe que je bois chaque jour jusqu'à la lie. Je m'emploie d'ailleurs ardemment à lui trouver une solution efficace et viable mais, jusqu'à présent, mon arsenal stratégique de fortifications, douves, meurtrières et autres ponts-levis me permettaient de préserver un semblant d'équilibre apparent. C'est d'ailleurs étonnant comme je parviens à tromper mon monde par cette sûreté granitique affichée qui cache en réalité un puits abyssal de doutes quasi-constants. Lorsque la voûte en plein cintre masque un château de cartes.... Au fond, l'attaque étant la meilleure stratégie de défense, tout cela est fort logique. 

    Quitter ma zone de confort et faire un peu de place à autre chose. Un peu d'imprévu, un peu de fantaisie, un soupçon d'insouciance, un zest de lâcher prise. Relâcher un peu la bride de tout, pour ne plus avancer en apnée. Vaste programme...

    Hier soir, en ayant particulièrement ras-la-cuve de ma journée, je m'en suis allé me promener en ville en sortant du boulot. Il faisait très bon et très beau. Cela m'a fait beaucoup de bien, je crois que je souriais un peu. Au détour d'une rue, par un hasard que seul le Destin - ou le plus grand des hasard - peut expliquer, j'ai croisé sur ma route deux charmants garçons de ma connaissance qui marchaient ensemble. Nous avons discuté un peu. J'ai eu beaucoup de plaisir à bavarder avec eux, et surtout à revoir plus longuement l'un des deux qui présente à mes yeux bien des charmes.

    Cela commence peut-être tout simplement par là...

    Quitter ma zone de confort donc, prendre les difficultés une par une avec un minimum de recul, et surtout baisser sérieusement les armes. Ce n'est pas simple. Mais ce n'est pas insurmontable. 

    Rome ne s'est pas faite en un jour. Tambour Major non plus...

    1 juillet 2013

    Que feras-tu pour que cela arrive ?

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    Assurément ce week-end fut un excellent week-end. Frais, vif, jovial, gouleyant à souhait,  Un grand cru même pourrais-je dire pour filer une métaphore oenologique. J'avais en effet le plaisir de retrouver deux amis de l'université et leurs trois enfants en leur nouvelle demeure bordelaise, au beau milieu du vignoble le plus prestigieux du monde, quelque part entre Pomerol, Petrus et Cheval Blanc...

    Nous avions programmé ce rendez-vous depuis trois mois, à l'occasion d'un précédent dimanche déjà passé au cœur d'un autre vignoble en terres Cathares. Car depuis leur installation là-bas, la distance ne nous permet plus de nous voir autant qu'avant. Ainsi vont les choses. Nous avons donc mis à profit le peu de temps dont nous disposions pour nous raconter nos vies, rigoler, boire de bons vins et refaire le monde à l'ombre d'un grand chêne, dans le calme de la campagne où mûrissent les prochaines vendanges.

    Eux et moi sommes très proches. Ils connaissent tout de ma vie, et je connais beaucoup de la leur. Des gens simples dans leur façon d'être, droits dans leurs bottes. Nous nous sommes connus à la fac, avons un parcours universitaire similaire, avons connu les mêmes déboires, les mêmes désillusions... Nous nous questionnons souvent sur le sens de la vie, le sens des choses. Non pas que nous soyons des inquiets de l'existence, mais que nous cherchions notre place dans ce monde. Eux commencent à trouver leurs repères et leur équilibre. Leurs hésitations passées nourrissent la mienne et l'enrichissent d'un regard avisé. Ils m'apaisent.

    Et le calme absolu de ces deux jours fut éminemment propice à la conversation, à la réflexion, aux échanges, et à une certaine prise de conscience : celle que les décisions prises sont les bonnes, que mes choix ne sont plus guidés par le hasard mais par une conscientisation précise et mature, et que la voie dans laquelle je compte marcher est celle qui me convient.

    Mon billet de premier l'an était à cet égard le point de départ d'une longue et profonde remise en question personnelle. Sûrement l'une des plus profondes que j'aie jamais osé entreprendre. Ce billet se concluait par trois citations, lues quelques jours plus tôt sur une affiche. 

    Les deux premières de ces trois phrases consistaient en des affirmations ayant pour thème le bonheur :  

    « être plus heureux c'est être plus libre »
    et :
     « Être vivants ou plutôt être capables de joie. La joie requiert plus de courage que la peine. »

    Venait ensuite ce que je crois être la clé de cette construction purement inconsciente - mais certainement pas fortuite : une question. Je ne m'étais pas rendu compte à l'époque de sa portée et de l'impact qu'elle aurait sur moi, puisque sept mois plus tard elle est encore au centre de mes pensées. Je crois même en faire ma devise :

     « La question n'est pas que va-t-il se passer ? Mais que feras-tu pour que cela arrive ? »

    Que feras-tu pour que cela arrive ? 
    Elle me hante cette terrible question. Car, quoique simple dans sa formulation, elle est multiple dans la réponse qui la sous-tend : Que feras-tu pour ce que cela arrive implique primordialement un objectif à atteindre, et ensuite les moyens à mettre en oeuvre pour l'atteindre. Le quoi, et le comment. 

    Cependant, appliquée à la recherche du bonheur, cette question est encore plus terrible car elle suppose alors de résoudre une troisième question : qu'est-ce qui te rendrait heureux ? Ou, du moins, de quelle manière pourrais-tu être satisfait de ta vie ? Que pourrais-tu changer pour être en harmonie avec toi-même. On touche à l'existentiel.

    Que feras-tu pour que cela arrive ?
    Depuis maintenant sept mois je me pose la question chaque jour.

    Que feras-tu pour que cela arrive ?
    Aujourd'hui, je sais...

    La joie requiert plus de courage que la peine




    ***
    Edit du 2 juillet : 
    Que feras-tu pour que cela arrive ?, mais surtout : Te donneras tu les moyens d'essayer...?
    Merci à un lecteur fidèle pour ses judicieuses remarques.


    26 avril 2013

    A bientôt 35 ans, ou le blues du jeudi soir

    43 commentairess
    Ce sont toujours les mêmes démons qui reviennent, les mêmes questions qui me hantent, le même sentiment qui me tourmente jusqu'à l'épuisement. La même impression de piétinement, de stagnation, voire certains jours de régression. En tout cas de n'être pas aujourd'hui à ma place.

    Et ce questionnement se fait chaque jour plus prégnant surtout lorsque je regarde le calendrier. Dans moins de deux mois j'aurais 35 ans.

    Où en suis-je de ma vie ?

    A bientôt 35 ans je n'ai toujours pas de situation professionnelle bien établie. De plus fort, ce que je fais actuellement ne me satisfait pas.

    Le sentiment de perdre mon temps - évoqué en tête de ce billet - s'est encore accru aujourd'hui lorsque je me suis entendu dire, par quelqu'un que j'apprécie beaucoup et respecte infiniment, que je ne devrais pas me satisfaire d'une "petite carrière provinciale" et que j'aurais tout à gagner à aller à Paris. Je sais que cette personne dit cela pour mon bien, en contemplation de ses propres erreurs et qu'il n'y a aucune méchanceté  dans ces paroles.
    J'avais déjà évoqué la possibilité de monter m'installer pour quelques temps à l'ombre de la Dame de Fer suite à une proposition inattendue. Pourtant,  si l'opportunité semble belle, est-ce bien ce dont j'ai envie au fond de moi ?
    Cette question prend toute son acuité lorsque l'on considère que, voici quelques semaines j'ai décidé d'opérer un réajustement de cap en préparant un concours qui, si tout se passe bien, prendra effet au début de l'année 2015. Autrement dit, ce n'est ni certain, ni pour tout de suite. Je n'ai pas fini de m'interroger...

    Corrélativement à ce premier volet, à bientôt 35 ans, je n'ai pas des revenus stables qui me permettent d'envisager sereinement mon avenir sans trop me poser de questions niveau portefeuille. C'est d'ailleurs une préoccupation régulière qui commence à me pourrir un peu la vie. Normalement cela devrait s'améliorer sensiblement dans les mois à venir. Certes, l'argent n'a jamais été mon moteur dans la vie. Gagner beaucoup d'argent ne m’intéresse pas directement. Être heureux, me sentir utile et m'épanouir dans ce que je fais m'importe beaucoup plus. Cela fait partie de mes rares certitudes. Toutefois, si l'argent ne fait pas le bonheur, force est d'admettre qu'il y contribue pour une petite partie. Être insouciant, c'est aussi être heureux.

    Enfin, à bientôt 35 ans, je qualifierais ma vie sentimentale de désastre, quoique cela soit peut-être un poil excessif. Il est vrai que certaines étapes de mon existence n'ont pas aidé à construire grand chose de durable de côté là. Malgré une sortie du placard excessivement tardive, j'ai tout de même eu la chance - le bonheur ! - de tomber par deux fois vraiment amoureux et de vivre à chaque fois des instants inoubliables qui resteront pour toujours gravés dans mon cœur et ma mémoire. Aussi, lorsque je vois ici et là des couples heureux et beaux dans cet amour partagé, cela me rend tout à la fois heureux et profondément triste. Heureux pour eux. Triste pour moi.
    Alors, il faut bien voir une chose : bouger à Paris, cela signifie - jolie lapalissade - quitter Toulouse et ce(ux) qui s'y trouve(nt). Quitter Toulouse pour Paris, cela voudrait aussi dire remettre en cause une hypothétique relation, si par extraordinaire il venait, d'ici là, à se passer quoi que ce soit à ce niveau. Et pour l'avoir déjà vécu, je sais qu'une relation à distance ne me correspond pas. Moi qui suis à la recherche d'un peu de stabilité, vous comprenez mon désarroi.

    Voilà l'état de ma vie à bientôt 35 ans. Un vaste chantier dans lequel tout reste à finir.
    Lorsque je pense que la plus part des gens de mon âge que je connais ont un boulot fixe depuis presque dix ans, sont mariés pour certains, ont des gosses pour d'autres... Par contraste, ça me file un peu la nausée. 

    « La question n'est pas que va-t-il se passer ? mais : que feras-tu pour que cela arrive ? ».  

    Encore une fois, toutes ces questions se résument en une seule. Et chaque fois me revient cette phrase que j'avais posée en conclusion du billet ouvrant l'année 2013.

    "Après quoi cours-tu ?" m'avait même demandé un ami, suite à un de mes derniers billets. 
    La réponse est assez simple : je cours après moi-même et cherche ma place dans une société où je ne me repère pas.

    Et par élimination, je me trouve, peu à peu...

    20 avril 2013

    Un peu de bonne humeur

    19 commentairess
    J'avais commencé à écrire un billet un peu introspectif que je n'ai pas réussi à terminer - et que je ne publierai pas tout de suite - sur des choses qui me sont arrivées cette semaine. Un billet où je racontais l'effet cocotte-minute, vous savez lorsque notre patience est mise à rude épreuve et qu'au bout d'un moment on entre en ébullition et que PAF ! on explose en dévastant tout sur son passage. Je n'aime guère me mettre dans de pareils états. Alors, plutôt que de casser la gueule à mon Big Boss et de faire la Une de la page faits divers de la Dépêche du Midi, j'ai préféré prendre une décision tout aussi radicale : démissionner ! Hop, on n'en parle plus, adios muchachos et surtout au revoir bande de raclure. C'était mardi.

    Et depuis, tout va mieux. Je dors mieux. Je ne suis plus pris par une angoisse permanente tout au long de la journée, je n'ai plus les jambes tétanisées à force de contenir le stress et le flot de méchancetés continu que je devais encaisser quotidiennement. Je souris à nouveau. Mais surtout, depuis mardi, je dors, je dors, je dors... Mon corps me réclame ce sommeil qui lui faisait défaut. En un mois j'avais accumulé autant de stress qu'en une année entière. 

    Depuis cette décision qui n'a pas été simple à prendre mais qui fut libératrice, tout va mieux. Vraiment mieux. C'est fou comme le boulot peu influer négativement sur notre vie. Cela me renvoie à des questions assez fondamentales quant à mes choix professionnels, sur ma façon de travailler et mes priorités. J'y pense depuis un petit moment, je commence à avoir très clairement certaines réponses : mon bien être avant tout, et me préserver de tout ce qui pourrait parasiter inutilement ma qualité de vie. Voilà ce qui, plus que l'argent, est essentiel pour moi. 

    Dormir, récupérer, reprendre possession de mon quotidien, ne plus subir, et passer ma journée à dormir. Vous pensez, c'est le chat qui a été content ! Elle a pu se la couler douce avec moi tout au long de mes interminables grasses matinées et ronronner comme un tracteur avec son papa chéri (c'est moi !). Bon, l'autre nuit elle a été totalement insupportable car elle s'est mise à chasser un boule Quies sous le lit vers 4 heures du matin et ce jusqu'à ce que je pousse un hurlement d'apocalypse à dessoucher la forêt de Compiègne qui aura définitivement calmé ses instincts de prédateur pour la journée...

    A propos de journée, celle d'aujourd'hui s'annonce splendide. Non seulement le soleil est de retour, il fait super beau, Toulouse est rayonnante,  mais en plus je vais passer ma journée à écouter et faire de la (très) belle musique avec un interprète magistral dont le talent n'a d'égal que la gentillesse. Et rien que d'y penser j'ai un patate d'enfer. 

    Pendant ce temps le chat se livrera probablement à son activité favorite : faire bronzette sur la terrasse, à l'ombre du nouveau rosier que j'y ai installé. En ce moment même, elle est étendue de tout son long sur un banc en bois, juste face à mon bureau, étirée de tout son long dans un morceau de soleil. Elle semble tellement malheureuse que c'en est un déchirement... 

    Bon week-end à tous.
    Et un peu de bonne humeur ! 

    4 avril 2013

    Inadapté ? (suite)

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    La semaine dernière je m'étais un peu épanché sur certains doutes professionnels qui m'animent depuis un bon moment. Inadapté ? Suis-je fais pour ce à quoi je me destine ? Car en dépit de tout ce que j'y trouve de positif et de séduisant, il y a  pas mal de choses qui me dérangent et qui peu à peu prennent le dessus. Le fait est que je ne me sens pas dans mon élément, que je ne m'épanouis pas et que, contrairement à certains de mes amis, je ne m'éclate pas. Pas du tout.

    Aussi depuis plusieurs mois je m'interroge, de long en large en travers, presque tout le temps, en essayant de redonner carte blanche à mon intuition.

    Ce matin, j'ai profité d'une petite virée pour aller faire un coucou à d'anciennes collègues que j'avais eu le bonheur de côtoyer pendant presque quatre ans voici maintenant une bonne paire d'années. J'ai toujours gardé contact avec elles, même si nous nous voyons assez peu. Ce n'est pas grave, l'essentiel est ailleurs.

    Comme on ne s'était pas revus avec l'une d'elles depuis presque an et demi, elle m'a demandé ce que je devenais, ce que je faisais. A ma réponse elle m'a aussitôt demandé :  "Mais... et ça vous plait ?

    Je me suis senti super mal sur le coup. Car, la mort dans l'âme, je n'ai pas pu répondre à cette question pourtant simple :"Mais... et ça vous plait ?"  Non, je ne pouvais pas lui répondre que ce que je fais me plait. Paf, droit dans le mur... Mais d'un autre côté je me suis senti soulagé que quelqu'un d'autre, de neutre, puisse mette le doigt sur ce qui ne va pas, confirmant du même coup mon ressenti et ce malaise dont je ne parviens pas totalement à me convaincre qu'il est réel. 

    Je ne vais pas développer les termes de ce ressenti. Certains tiennent très clairement à des éléments d'ambition personnelle, à la certitude que je vaux mieux que ce que je fais actuellement ; que, non, je ne me suis pas enfilé des années de thèse pour me retrouver là, même si mon sors n'est pas des moins enviables.

    D'autres éléments relèvent de la stricte irrationalité. Un puissant ressenti de n'être pas vraiment fait pour ce que je fais. Comme je l'ai écrit au début de ce billet, cet inextricable mêli-mélo de doutes m'accompagne depuis plus d'un an et je tente depuis lors de me convaincre, une fois encore, que tout va bien. Et en général je me prends des retours de manivelle prodigieux.   

    Voyant mon malaise à peine dissimulé derrière une grossière tentative de justification, dont la gaucherie ne lui aura pas échappée, elle me suggéra spontanément une autre possibilité à laquelle j'avais pourtant autrefois pensé, avant de l'oublier sur le bord du chemin. Hé oui, c'est tellement évident... Voilà qui me correspondrait mieux, à tous les points de vue. C'était d'ailleurs ce qui avait motivé mes études de droit au tout début. Alors pourquoi pas ? Il n'est pas trop tard pour changer.

    Je ne m'en étais pas rendu compte, mais ce questionnement s'inscrit dans la stricte direction de l'une des trois questions que je posais dans mon billet du premier janvier dernier
     « La question n'est pas que va-t-il se passer ? mais que feras-tu pour que cela arrive ? »
    Alors j'ai réfléchi à la question toute la journée et je crois que ma décision est prise. Ce n'est pas gagné d'avance car c'est un nouveau parcours du combattant qui s'annonce et dont le résultat n'est pas assuré. Mais je n'ai rien à perdre. Rien du tout. Alors pourquoi pas au fond ?

    C'est drôle, mais très souvent lorsque je suis en situation de doute, de questionnement, survient un événement ou une personne qui, plus ou moins consciemment, me donne des clés pour avancer et résoudre cette énigme personnelle. Comme un fait exprès.

    Je vous ai déjà dit que je ne croyais pas aux hasards ?  

    26 mars 2013

    Inadapté ?

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    Inadapté. C'est une impression qui revient souvent chez moi. L'impression de ne pas trouver exactement ma place, de ne pas être là où je devrais être, que ce que je fais ne correspond pas à ce dont j'ai envie. Professionnellement parlant j'entends.

    Car choisir mon "métier" a toujours été et continue d'être une question sans réponse. Ce que je veux faire comme métier dans la vie ? Je n'en ai jamais rien su et n'en sais toujours rien. J'en avais déjà parlé dans un précédent billet au détour d'une chaîne que m'avait refilé FalconHill. C'est drôle d'ailleurs, sans m'en être rendu compte je viens de réécrire exactement la même phrase à ce sujet :

    3. Dans la vie idéale, quel serait ton métier ? Cette question c'est le drame de ma vie. Quel métier je voudrais faire ? Je n'en ai jamais rien su et je n'en sais toujours rien. Un "métier"... quel drôle d'idée ! Toutefois, pour répondre à la question, je verrais un métier qui implique une relation avec des gens, c'est à dire un métier qui ne s'exerce pas au fond d'un placard, un métier intellectuellement stimulant, qui fasse appel à une certaine créativité, un métier dans lequel on ne s'ennuie pas car il n'y aurait pas de routine, un métier qui soit valorisant, qui me laisse une grande marge d'autonomie dans l'organisation de mon travail et qui me permette de vivre confortablement. Celui que je tends à exercer en ce moment semble réunir pas mal de ces critères. On verra s'il est pour moi le métier idéal, à défaut d'avoir une vie idéale
    .
    Depuis une semaine j'ai (re)commencé à bosser. Il y a du boulot à la pelle et je sors tous les soirs vers 21 heures, avec toutefois une bonne pause pour déjeuner. Ce boulot je le connais, il correspond à plein de trucs que j'aime intellectuellement. Mais je ne suis pas sûr de me plaire là où je suis.

    En réalité ce qui m'exaspère c'est cet art consommé de mes tauliers à manier la carotte et le bâton, cette façon si subtile de me faire sentir nul comme le ferait un prof face à un élève de sixième - souvent pour dissimuler leurs propres turpitudes ou pour affirmer leur supériorité hiérarchique, je ne suis pas dupe - puis, tour à tour, de me hisser aux nues comme si j'étais le Messie. Ces gesticulations inutiles, ces leçons de morale qui me passent totalement au dessus et qui font perdre plus de temps qu'autre chose, me fatiguent vraiment beaucoup.

    Etant quelqu'un de plutôt hyper-affectif (même si cela ne se voit pas du premier coup d'œil) et de très impliqué dans ce que je fais, le moindre soubresaut me heurte, même s'il n'y paraît pas. Au collège puis surtout au lycée je me souviens parfaitement m'être fâché avec les maths parce que je ne supportais pas le prof, alors même que la matière me plaisait. Plus ou moins inconsciemment il y avait un blocage qui conduisait à des notes catastrophiques. J'avais beau fournir tous les efforts du monde, rien à faire, je restais totalement hermétique aux dérivées puis dérivées seconde. Et le pire c'était les cauchemars la nuit... 

    Depuis quelques jours mes rêves la nuit sont souvent tourmentés, voire parfois ultra-violents, tendance gore, glauque et ultra-malsains. La dernière fois que cela m'était arrivé c'était après que l'un de mes amis a fait une grosse bêtise et que je l'aie accompagné aux urgences psychiatriques. C'était il y a trois ans... J'avais mis deux mois à me remettre du choc émotionnel, et deux mois avant que ne cessent ces visions horribles venues hanter mes nuits.

    Bref, pour reprendre le fil de mon billet, qui au final est bien décousu, je me sens un peu paumé en ce moment. Apprendre et me faire les dents, certes, mais je ne sais pas si le bonheur sera au bout. En ce moment c'est le doute tout autant que le flou. Suis-je vraiment fait pour cela ? Le bonheur est-il au bout du chemin ?

    Parfois je me dis que je serais peut-être plus heureux en faisant autre chose, avoir une petite vie tranquille et bien rangée, des horaires stables, mes RTT... Devenir apiculteur dans le Vercors, boulanger en Ariège, ouvrir une maison d'hôtes dans les Landes, j'en sais trop rien. De façon générale revenir à une vie plus saine, moins valorisée socialement, mais peut-être plus en phase avec ce que je suis vraiment.

    9 janvier 2013

    Le vieux marchand

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    L'histoire se passe loin, très loin d'ici,  dans une grande ville. Une belle et grande ville foisonnante de vie et de couleurs. Devant la monumentale porte d'entrée se trouve un puits à l'eau duquel les marchands viennent abreuver leurs animaux. Là, on va, on vient, dans un tumulte fabuleux.

    Un vieux marchand, assis sur le rebord du puits, regarde en silence les gens passer.

    Conduisant un âne lourdement harnaché, un jeune homme arrive qui s'approche du puits. Délestée, la bête se met aussitôt à boire, visiblement harassée par la fatigue d'un long voyage.
    « Tu sembles avoir fait un long voyage... interpelle le vieux marchant.
    - Oui, je viens d'un village à trois jours de marche d'ici.
    - Et que viens-tu chercher dans cette vaste ville ?
    - Mon père m'envoie pour y faire commerce », explique le jeune homme en désignant le chargement de l'animal en train de se désaltérer.
    « Je ne connais personne ici. Comment sont les gens dans cette ville ? » demande-t-il au vieux marchand après s'être rafraîchi le visage dans l'eau du puits.
    « Pourquoi me demandes-tu cela ? Comment étaient-ils, les gens dans ton village ? » demande à son tour le vieux marchand en guise de réponse.
    « Ho, c'était un joli village. Les gens étaient aimables, j'y avais beaucoup d'amis. Je suis triste d'avoir dû tous les quitter pour partir et venir ici.
    - Sois sans crainte, répond le vieux marchand dans un demi-sourire. Les gens de cette ville sont tout aussi aimables. Tu t'y feras sans aucun doute beaucoup d'amis ».
    Rassuré et le visage illuminé par cette annonce, le jeune homme reprend sa route, entre et s'engouffre dans l'immense foule de la ville.

    Quelques instants plus tard arrive un nouveau voyageur qui fait également halte devant le puits. Deux énormes chevaux tractent une gigantesque carriole. Le voyageur les dételle en hâte pour les faire boire, puis s'assied sur la margelle du puits, à côté du vieillard impassible.
    « Tu as l'air fort fatigué, lui dit le vieux marchand sans même le regarder. Tu sembles avoir fait un long voyage. D'où viens-tu ?
    - Oui je suis très fatigué et inquiet. J'ai traversé tout le pays pour venir ici et refaire ma vie. J'espère que je serai bien accueilli.
    - Et pourquoi donc fuyais-tu ? N'étais-tu pas heureux là d'où tu viens ?
    - Non, je n'étais pas heureux. Les gens autour de moi étaient malveillants et j'avais beaucoup d'ennemis qui me voulaient du tort. Voilà pourquoi j'ai fui pour venir dans cette ville et tout recommencer.
    - Tu ne seras pas plus heureux ici ! répond le vieux marchand. Les habitants de cette ville ne seront guère plus aimables avec toi. Tu ne trouveras pas la paix ici. Tu n'y seras pas heureux. »
    Manifestement déçu par les paroles du vieux marchand, le voyageur saisit la bride de ses chevaux et la lourde caravane reprend sa route, avant de disparaître.

    Assis non loin de là à l'ombre d'un énorme figuier, un jeune berger qui avait assisté à toute la scène, se lève et s'approche du vieux marchand.
    « J'ai tout entendu, dit-il. Mais enfin, je ne comprends pas ! Pourquoi as-tu donné des réponses totalement différentes à l'un et à l'autre de ces voyageurs ? Comment as-tu pu dire à l'un que les habitants de cette ville étaient amicaux et à l'autre qu'ils étaient hostiles ? Allons, réponds !
    - Je ne leur ai pas menti, répond calmement le vieux marchand en dévisageant le jeune berger. Car les gens seront avec toi comme tu le seras avec eux ».


    ***
    PS : J'ai entendu ce conte - ainsi que celui du petit tailleur de pierres - il y a quelques années sur France Inter, dans l'émission estivale de Noelle Breham "La situation est grave mais pas désespérée". J'ignore d'où il est tiré, mais si quelqu'un a des informations, je suis très intéressé.

    1 janvier 2013

    En avant pour 2013

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    Et voilà, encore une année s'est écoulée. Une année de transition qui ne fut pas exactement celle des moissons attendues. Il me faudra un peu plus de patience, même si 2012 fut une année fort riche durant laquelle je me suis lancé pas mal de défis qui, en d'autre temps, m'auraient découragé du seul fait d'y penser.

    M'expatrier temporairement en Argentine et me confronter aux aspérités de la vie en fait partie. Courir, chercher, me prouver des choses, me prouver que je suis capable de me démerder tout seul, envers et contre tout, et d'assumer mes choix. J'avais besoin de cela, j'avais besoin de chercher des réponses aux questions qui jalonnent ma vie. Des questions souvent sans réponses, des questions qui en appellent d'autres, plus fondamentales encore. Des questions pourtant simples dans leur formulation...

    Il y a quelques semaines j'étais invité à assister au spectacle de fin d'année d'un centre culturel en banlieue de Buenos Aires. Une banlieue sale et désordonnée, aux rues pauvres, pastichées de bruits, de couleurs et de rires d'enfants en ce temps de Noël. Des rues tumultueuses et si calmes à la fois.

    Ce soir-là montaient sur scène des adultes et des jeunes adultes, venus apprendre à chanter avec des talents divers. "Chacun suit son petit chemin personnel", a indiqué la prof de chant dans son petit discours introductif. Je ne l'avais pas vue en entrant mais, sur la porte du centre culturel était placardée une grande affiche présentant le programme du soir. Tout autour, des petites phrases, chacune choisie par les élèves de l'atelier, afin d'évoquer leur travail de l'année écoulée et d'expliquer et leur démarche, ce qu'ils viennent chercher dans cet atelier sur leur "petit chemin personnel". Il y avait notamment ces trois phrases qui, parmi tant d'autres, sont entrées en raisonnance et m'ont m'ont profondément interpellé, au point que je les ai écrites pour les conserver : 
    « Chanter nous permet d'être plus heureux et, quelque part, être plus heureux c'est être plus libre. »

    « Être vivants ou plutôt être capables de joie. La joie requiert plus de courage que la peine. »

    « La question n'est pas que va-t-il se passer ? mais que feras-tu pour que cela arrive ? ».

    Et nous, que ferons-nous pour que cela arrive ?


    Très bonne année 2013 à tous et à chacun.


    Fleurs de ceibo, fleur nationale de l'Argentine.

    1 novembre 2012

    Deux mois en Argentine !

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    Cela fait maintenant deux mois que je suis en Argentine, déjà. Fichtre, que le temps passe vite ! Je me revois encore à l'aéroport de Toulouse, faussement calme, partagé entre une trouille fabuleuse et une excitation incroyable, dans la file d'attente avant l'embarquement. Je ressens encore la brûlure de mon souffle dans mes poumons après cette course effrénée dans les couloirs de Madrid, et ces premières minutes alors que le taxi me conduisait de Ezeiza à Buenos Aires dans la douceur d'une très belle et douce nuit... C'était hier, c'était il y a deux mois, et ces instants resteront gravés à jamais dans ma mémoire.  

    Mais voyons le verre du côté plein, car ces deux mois ne sont qu'un tiers du chemin. Il me reste encore du temps pour voir, pour apprendre, pour découvrir encore et encore ce beau pays aux richesses infinies et surtout nettement plus complexe que les apparences le laissent supposer. Oui, l'Argentine est un pays qui se gagne pour en découvrir le coeur. Il faut gratter, un peu, beaucoup. Il faut hésiter, revenir sur ses pas, rebrousser chemin et parfois faire preuve d'une déconcertante audace pour que se dessinent des chemins dont on ignorait jusqu'alors l'existence. Ainsi sont les choses, il faut savoir se plier à elles pour mieux les laisser venir à soi et s'oublier un peu pour mieux s'ouvrir à elles.

    Ce soir en contemplant du haut de mon nid d'aigle, le sommet des immeubles qui jalonnent l'avenue 9 de Julio encore bouillonnante d'énergie, je me dis que j'ai de la chance d'être ici et qu'il m'en faut savourer chaque jour, chaque minute, chaque seconde.

    Et croyez-moi, c'est plutôt bien parti !


    8 août 2012

    Au milieu des vignes

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    Il y a des week-end comme ça, qui passent en un éclair. Des week-end qui durent un instant mais qui nous coupent du monde aussi puissamment que plusieurs jours reclus loin du monde. Des week-end où le temps n'a pas d'importance, où tout se passe simplement, sans le moindre heurt ni la moindre aspérité.

    (Poussin, en train de se demander s'il fait une garde-sans ou une garde-contre)

    Des week-end de bon vin et de bonne chaire, ou tout abonde et rien ne manque. Des week-end plaisir et détente, entre bain de mer, plaisirs dionysiaques, parties de tarot endiablées (avec parfois un bon jeu et un bout dans le chien) ou encore de passionnantes recherches géographico-étymologiques érudites (vous vous êtes déjà demandé pourquoi beaucoup de villages autour de Narbonne finissent en "an" ? Nous oui... Et on a même trouvé la réponse !).

    (Pour 5, il y en eut juste assez)

    Il y a des week-end comme ça, mais il y a surtout les gens que l'on y croise. Des personnes avec lesquelles tout est simple et spontané. Des personnes que l'on a l'impression de connaître depuis toujours alors que l'on se rencontre pour la première fois. Des personnes avec qui l'on discute de tout et l'on rigole pour un rien.  Des personnes qui n'hésitent pas à vous prêter un tube de pommade à la cortisone après que l'on s'est fait sauvagement dévorer la cuisse par une araignée géante assoiffée de chair humaine. 
    Des personnes que l'on aura plaisir à revoir... 

    Il était comme ça, mon week-end au milieu des vignes, rempli de soleil et d'amitié.

    (Blanc, rosé, rouge, agréable petite séance de dégustation à la propriété)

    Merci à Poussin, à son charmant mari, à TrailerFou, et mention spéciale à notre hôte très attentionné sans qui rien n'eût été possible. 


    30 avril 2012

    Week-end, de Andrew Haigh

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    Russell est un garçon d'environ 27 ans. Il mène une vie simple, partagée entre son appartement rempli de vieilleries, son boulot et ses amis. Au grand jour, Russell fait semblant d'être parfaitement bien dans ses baskets. Dans sa tête c'est un peu plus compliqué, il n'assume pas tout à fait son homosexualité et vit sa vie en partie dans l'obscurité. 
    Glen, au contraire, est un peu plus fou, un peu plus artiste, un peu plus entreprenant, et tellement plus libre. Pour lui, tout à l'air si simple. Du moins, en apparence.

    Un soir, un bar, un plan drague, un plan cul, on se rappelle, on se revoit, on ne se quitte plus... le temps d'un week-end.

    Russell et Glen, Glen et Russell, des mecs comme il en existe des milliers, des garçons qui nous ressemblent, des histoires de tous les jours, que l'on soit homme, femme, pédé, lesbienne ou hétéro. Car l'une des grandes forces de Week-end est certainement de permettre à chacun de nous, qui que nous soyons, de nous retrouver tour à tour dans ces personnages, magnifiquement incarnés. Parce qu'au fond, quelque soit notre orientation sexuelle, les sentiments et leurs contrariété sont toujours les mêmes...

    Servie par de magnifiques acteurs (le rhâââ lovely Tom Cullen, mon idéal masculin incarné, et le charmant Chris New) tous deux pourvus d'un accent absolument exquis, et soutenue par une très belle photographie, l'histoire de cette rencontre m'a touché, au-delà de ce à quoi je m'attendais.

    Parce que cette histoire m'est incroyablement familière et qu'elle m'a rappelé ce court épisode vécu voici bientôt un an ou peut-être, cet autre histoire d'amour impossible. Sans compter l'étrange malaise ressenti à la fin du film, ce sentiment de vide presque nauséeux doublé de l'envie de hurler lorsque surgit l'immense vide de celui qui n'est plus là, ces matins où l'épaisseur du jour nous renvoie davantage à notre propre solitude, ces matins d'amertume et de vie qui continue. Oui, j'ai plusieurs fois été Russell, tout autant que j'ai été le Glen d'un autre... 



    Je ne sais plus très bien comment j'avais entendu parler de ce film, si c'était chez Patrick Antoine ou chez Nicolinux. Mais toujours est-il que, de ce que j'avais lu, j'en avais retenu deux choses : la première, que ce film avait l'air chouette, la seconde, qu'il me fallait le voir.
    Voilà, c'est exactement ça...

    9 avril 2012

    La petite voix, la carpe et le papillon

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    Depuis quelques mois, peut être quelques toutes petites années, il y dans ma tête une petite voix qui se fait de plus en plus insistante. "C'est d'abord rumeur légère, un petit vent rasant la terre. Puis  doucement se dresse, s'enfle, s'enfle en grandissant. Elle s'élance, tourbillonne, étend son vol, éclate et tonne" aurait pu dire Basilio.

    Je vous rassure, à l'instar d'une célèbre pucelle qui a fini sa vie de façon flamboyante, cette petite voix ne m'a pas encore convaincu de bouter les Anglais hors de France, ni de délivrer les huîtres du bassin d'Arcachon ou de prendre l'initiative d'un quelconque acte héroïque susceptible de bouleverser la face du monde aussi sûrement que l'eut fait le nez de Cléopâtre s'il avait été plus long. Non. Cette petite voix martèle une seule chose :
    Vis ! Vis, profite et sois heureux !
    Ce soir, j'ai regardé Là Haut à la télé. Je ne l'avais pas revu depuis je crois au moins deux ans. Hé bien, de petites causes produisant parfois de grands effets, figurez-vous que j'ai failli chialer. Oui, tout au long des premières minutes, celle où l'on nous raconte la vie du vieux grognon, j'ai senti un flot de larmes affluer et que je n'ai pu totalement réprimer.
    C'est con de pleurer devant un dessin animé... Et pourtant, je n'ai pu m'empêcher d'être triste en pensant à tous les projets que l'on forme pour une vie, à tous ces rêves qui font briller nos yeux, à toutes ces envies qui nous animent, et aux amers regrets de ne pas avoir eu la possibilité de les réaliser, ou tout simplement de ne pas avoir eu les couilles de se jeter à l'eau. Car au fond, emportés par le tourbillon de la vie et le confort du train train quotidien, on se dit que l'on peut remettre à demain, ou après demain, que ce n'est pas grave, et qu'au fond ce n'est que partie remise.

    Mais non putain ! Il ne faut pas remettre à demain. Certaines occasions ne se présentent qu'une fois. Il faut les saisir au vol, les agripper de toutes ses forces, en savourer chaque miette, et être heureux. Et je dois dire qu'en ce moment, il est des opportunités que je n'ai pas envie de laisser s'échapper. Ho que non...
    Et la petite voix se fait chaque jour plus lancinante...

    Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Vienne la nuit sonne l'heure
    Les jours s'en vont je demeure

    G. Apollinaire, Alcools, "Le Pont Mirabeau"

    ***
    Bon, je vous dois quelques explications rapides sur le sens sibyllin du titre de ce billet... C'est en réalité très simple. Si si, vous allez voir.
    Le papillon renvoie à l'effet papillon suggéré au deuxième paragraphe : de petites causes produisent de grands effets. Quant à la carpe, c'est un peu plus tordu. Il ne s'agit pas de la carpe mais du verbe latin, carpe (carpe diem !) qui est sous-entendu lorsque j'évoque la nécessité de profiter des opportunités. 
    Voilà qui devrait être plus clair. Mais j'ai pas trouvé de titre moins nase que celui-là...

    22 novembre 2011

    Chat fait du bien

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    Aujourd'hui je suis désolitude, consternage, mortification... Et ce n'est pas peu dire. La raison en est simple : je suis totalement passé à coté de LA journée la plus importante du mois de novembre. Que dis-je : LA journée la plus importante de toute l'année entière. C'est vous dire l'ampleur du drame. Comment ça, vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? Mais enfin...! de la journée de la gentillesse, qui a lieu chaque 13 novembre bien entendu ! Gniarf, ma navritude est immense... Je n'ai pas été à la hauteur, je suis un blogueur indigne.

    Alors pour compenser et vous instiller la dose de bonheur sirupeux sans laquelle votre existence serait aussi exubérante que celle d'un gravillon sur une route départementale du Gers, voici une photo de mon chat, certainement l'un des plus beaux de la voie lactée et qui, mine de rien, a bien poussé depuis le mois de mai !

    J'ai conscience qu'autant de bonheur d'un seul coup pourra paraître excessif à certains d'entre vous mais, que voulez-vous, je suis né comme-ça j'aime j'aime la vie.


    Bien entendu, toute allégation tendant à soutenir que mon prétendu oubli de la journée de la gentillesse n'est qu'un prétexte à publier une photo de mon chat, ne serait que mensonge et calomnie !

    1 août 2011

    Soyons heureux

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    Mes fonctions d'organiste suppléant dans une importante paroisse Toulousaine me conduisent régulièrement à tenir les claviers pour des enterrements. Glauque crieront certains. C'est assez particulier en effet d'assister à la douleur des familles, d'entendre les pleurs des uns et les sanglots des autres, de ressentir le poids de l'émotion contenue malgré la dignité affichée. Mais je ne me sens pas impliqué dans ce qu'il se passe, je reste extérieur à tout cela. Mon rôle est purement fonctionnel et décoratif. Parfois cependant il est difficile ne pas être touché. Je pense notamment à cette fois où, voici une quinzaine de jours, je fus littéralement pris au tripes à la vue d'un très beau garçon qui pleurait à chaudes larmes la perte brutale de sa sœur cueillie dans la fleur de l'âge. On le sentait tellement effondré par cette épreuve que, par réflexe humain, on avait pour seule envie de le prendre dans ses bras, de le serrer très fort contre soi pour le consoler et lui apporter un peu de ce réconfort dont il semblait avoir un besoin incandescent.

    Je n'ai pas vraiment peur de la mort, de ma mort. Non pas que j'aie particulièrement envie de mourir, ni maintenant ni plus tard. Je sais seulement qu'elle est inévitable, qu'elle peut frapper à tout moment, n'importe où et qu'en tout état de cause nous finirons tous par mourir un jour. C'est le sens de la vie. Nous n'y couperons pas. Il y a pourtant une chose qui m'effraie dans la mort : la solitude et l'oubli.

    Ce matin dans l'église parfumée d'encens, il n'y avait que de cinq personnes réunies autour du cercueil. Un petit cercueil pour une petite dame presque centenaire vivant en maison de retraite. La défunte était célibataire, elle n'avait pas d'enfant, visiblement pas ou plus d'amis. Elle s'est éteinte "comme la flamme d'une bougie" a dit le prêtre. Et personne autour d'elle pour rallumer le feu ni s'abandonner à la douce nostalgie que procure la perte d'un être cher. Quel sentiment de désolation de s'apercevoir, en se retournant à l'heure funeste, que le vent a balayé les empreintes marquées dans la neige et que plus rien ne nous relie au passé. Oui, voilà ce qui me fait peur : mourir dans l'indifférence, ne manquer à personne, ne laisser aucune trace derrière soi, sombrer dans l'oubli comme si l'on n'avait jamais existé, retourner poussière parmi la poussière, anonyme.

    La vision de ces cinq personnes réunies autour du petit coffin de bois vernis m'a profondément attristé. Cela m'a fait réaliser encore une fois combien il est important de vivre pleinement  et d'être heureux avant de mourir. Rétrospectivement je n'en apprécie que davantage la très belle soirée d'hier passée en compagnie de cet adorable blogueur dont ni la gentillesse tout autant que le charme ne m'ont laissé indifférent...