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  • 27 août 2018

    L'amour, les livres, les rêves - Partie 3

    3 commentaires
    Troisième et dernière partie d'une série de trois billets (1ère partie, 2ème partie) écrits de longue haleine (depuis le mois de mai dernier !) en réponse à une série de trente questions très variées  que ᕳ Krysalia ᕲ ✂️ avait proposées sur twitter et qui m'avait - une fois n'est pas coutume - tout de suite émoustillé les sens.

    * * *

    21/ Combien font 5 + 3 x 6 ?

    Cela fait 23, pourquoi ?

    22/ Quelle.s différence.s fais-tu entre les concepts d'érotisme et de pornographie ?

    A mon sens, la pornographie montre l'acte sexuel dans son entièreté, sans pudeur aucune.

    Alors que l'érotisme implique au moins une part de sensualité, un petit quelque chose qui relève davantage d'une volupté de l’œil que de la bestialité sexuelle crue. 

    Les deux ne sont heureusement pas exclusifs l'un de l'autre.

    23/ Que t'évoque la phrase "Quand on aime, on ne compte pas" ?

    De manière très bête, cela m'évoque l'épisode de l'anniversaire de Madge, la bonne, dans la série Le Cœur a ses Raisons.

    Dans cet épidose, l'on peut y entendre Criquette répliquer avec son aplomb légendaire :
    "Madge, quand on aime on ne compte pas. Et vous ne comptez pas pour nous...".
    Je me marre à tous les coups.

    24/ Bois, pierre, feu, eau ou air ? Pourquoi celui là plus qu'un autre ?

    Feu !

    Le feu de la vie,
    Le feu purificateur,
    Le feu qui réchauffe,
    Celui intérieur des passions qui nous consument...

    25/ Imaginons que tu poses pour des photos en nudité totale (on présume que l'idée te plairait tu ne serais pas forcé bien sûr). Quel décor choisirais-tu autour de toi ?  Quelle ambiance voudrais-tu pour ces images ? L'as-tu déjà fait ou est-ce un projet ?

    Non, sérieusement la (ma) nudité totale, ce n'est ni pour moi ni bon pour les autres.

    Je ne suis pas du tout à l'aise avec mon image, comme je l'avais longuement expliqué dans ce billet de juillet 2015.

    Je ne vous raconte même pas mon état de détresse s'il fallait que je pose entièrement nu pour une photo, surtout s'il faut que je le regarde ensuite.

    Certes, depuis quelques mois je me suis pris sérieusement en main, j'ai perdu une quinzaine de kilos et je me sens bien mieux dans ma peau, c'est indéniable. Mais de là à assumer mon corps et son image et pouvoir poser entièrement nu, cela fait partie des choses dont je suis encore bien incapable...

    26/ Raconte un morceau intéressant de ton rêve le plus étrange (et que tu es ok de partager bien sûr).

    Parmi les - nombreux - rêves très étranges que j'ai pu faire, il y a celui-ci que j'avais raconté ici en septembre 2014 sous le titre L'armée des ours mécaniques.

    Sans reprendre in extenso tout le billet, que je vous invite à aller lire, le rêve se passe dans la basilique St Sernin de Toulouse. Pendant la messe, un objet volant de la taille d'un téléphone portable, vient se déployer au dessus de la tête des gens. S'ouvrant en deux parties, une lumière jaune  projette une vidéo.

    Un savant fou dont on ne voit pas le visage, prend alors la parole. Sa voix est un peu hésitante. Il explique qu'il va détruire les villes de plus de 1 million d'habitants - son expression exacte est "mettons, un million" - à l'aide d'une armée d'ours polaires mécaniques. Je me dis : "Ouf, Toulouse est sauve !" Il commencera par Saint Petersbourg. S'en suit une animation très réaliste où Saint Petersbourg est rasée par des machines gigatestques de couleur noire, ayant la forme d'ours polaires anguleux marchant à quatre pattes.

    Il déclare ensuite vouloir s'en prendre aux villes de 400.000 habitants, à l'aide de foreuses géantes.

    In peto, je songe à fuir dans une ville qui a de vagues airs de Rocamadour, mais située dans un paysage du Luberon.

    Au même moment, je vois des images vidéos de foreuses géantes tombant du ciel et s'abattant sur le sol. La partie supérieure, de forme émisphérique, des machines, s'interconnecte les unes aux autres pour devenir une excavatrice géante.

    Puis le savant fou annonce qu'il va simplement détruire la terre.

    Les foreuses se mettent alors à perforer les océans qui se vident, s'engouffrant dans les cavités béantes, puis dont les eaux, chauffées par les couches terrestres inférieures, rejaillissent sous forme de geysers. Image d'océans vides, de trous béants, de villages en ruines juchés en haut de promontoires rocheux précaires, et de villageois se prenant dans les bras l'un de l'autre en attendant leur mort imminente...

    27/ LA chanson que tu aimerais être "la bande son de ta vie" ? Poste la vidéo :). (Et dis pourquoi éventuellement)

    Alors là... question difficile.

    Bon, je vais dévier un tout petit peu car il ne s'agit pas d'une chanson, mais d'un morceau de musique que j'aime particulièrement : le premier mouvement de la Sonatine pour piano de Tonton Maurice.

    Ne croyez pas à une boutade : ce matin encore, elle me trottait dans la tête pendant que j'essayais de me constituer une petite bulle de confort afin de faire abstraction de ce qu'il se passait de désagréable autour de moi.

    En voici le premier mouvement :



    Si vous n'avez pas des frissons qui vous parcourent le corps dès les premières secondes, vous ne me comprendrez jamais.

    28/ Raconte un souvenir marquant d'enfance, pas forcément intime, mais peut-être drôle, ou intéressant ?

    Lorsque nous étions gamins, l'été, toute une ribambelle de marmots débarquait chez ma grand-mère, à la ferme, pour passer les vacances. Cousins et cousines, nous passions des semaines formidables à nous jouer de tout et à nous amuser d'un rien.

    L'une des grandes attractions de la fin de journée était d'aller ramasser les œufs, pondus frais du jour. Une bataille de haute rivalité se jouait d'ailleurs quotidiennement pour savoir qui aurait l'immense honneur de porter le panier de fer blanc repliable dans lequel nous disposerions le précieux butin. 

    Une fois le tirage au sors effectué, nous nous dirigions en procession bruyante vers la volière. Là, étaient disposées des caisses en bois pour que les poules aillent y pondre. Dans cet écrin d'or, les précieux œufs s'offraient à nos mains chapardeuses, encore tout chauds. Parfois il fallait batailler avec une cocotte paresseuse encore installée et que notre seule présence ne suffisait pas à intimider. Il fallait alors nous livrer à un exploit de haut courage pour vérifier, tout d'abord, si ladite poule cachait des œufs sous ses plumes, et pour, ensuite, s'emparer du trophée. Le plus hardi d'entre nous, souvent mon frère qui n'en avait pas peur, empoignait le gallinacé par les plumes de derrière et lui soulevait délicatement la croupe tout en se tenant à l'écart, de peur de recevoir un coup de bec sur le nez.

    Une fois la récolte achevée, venait l'instant le plus important : vérifier que les œufs étaient bons. Car, voyez vous, rien n'est plus désagréable que de se trouver nez à nez en cuisine avec un œuf avarié ou, pire encore, un œuf couvé. Nous prenions donc les devanta en nous rendant en catimini derrière le hangar à tracteurs. Car nous avions trouvé une technique absolument infaillible : nous jetions un à un contre le mur du hangar les œufs pourtant obtenus au prix de mille dangers, afin, une fois éclatés, d'en constater la fraîcheur...

    De retour à la cuisine de notre grand-mère, notre cousine ainée déclarait alors, investie de toute la force de conviction dont elle pouvait se prévaloir du haut de ses dix ou douze ans, que les poules n'avaient pas pondu. Et nous retournions jouer.

    Nous ne nous doutions alors pas un instant que notre espiègle grand-mère avait parfaitement connaissance de notre petit manège, ce qu'elle se garda bien de nous dire jusqu'à ce qu'elle ne nous révèle la vérité, vingt ans plus tard, en riant aux éclats.

    29/ La dernière fois que tu as été immensément triste, c'était quand ? À cause de quoi ?

    C'était en décembre dernier. Une mauvaise nouvelle, un renoncement, amer et très violent sur le moment.

    Je m'en suis remis depuis. Je crois...

    30/ Quel est le meilleur conseil que tu aies entendu ? Est-ce que tu as fini par l'appliquer ? Avec quels résultats ?

    "La personne la plus importante dans ta vie, c'est toi", une phrase que l'on m'a dite il y a dix ans, lors d'un voyage au Mexique.

    RuPaul en donne une variante partielle que j'aime beaucoup : "If you can't love yourself, how the hell you're gonna love somebody else ?"

    Concrètement, elle implique un questionnement constant sur ses priorités, sur le sens des choses et de son rapport aux autres.

    Dans un premier temps j'ai eu une réaction de rejet. J'ai mis du temps à la comprendre cette phrase que je trouvais horriblement égoïste. Mais elle a été et demeure encore un moteur important.

    Savoir penser à soi, savoir être bien avec soi-même et ne pas s'oublier.

    Et vous ?

    15 août 2018

    La photo du mois : Trophée

    12 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 août, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

    Le thème de ce mois-ci nous est proposé par La Tribu de Chacha qui nous a proposé un thème en accord avec l'actualité du mois de juillet, moment où il a été choisi, puisqu'il s'agit de Trophée.

    Avant de me jeter sur mon appareil photo, j'ai d'abord ouvert un dictionnaire pour vérifier ce qu'est exactement un trophée, histoire de ne pas faire n'importe quoi (et pour voir si le chat ne me sauverait encore la mise cette fois-ci).

    Donc :

         TROPHÉE, subst. masc.
    I. 

    A. − [Dans l'Antiquité] Dépouilles (cuirasse, armes) d'un ennemi vaincu déposées sur un tronc d'arbre. (Dict. XIXIe et XXe s.).
    B. − Ensemble qui regroupe les armes d'un ennemi vaincu et les marques tangibles d'une victoire (dépouilles, prises de guerre, etc.) et qui est destiné à attester, à commémorer cette victoire.
    C.
      1. Objet attestant une victoire, un succès.
      2. Spécialement
         a) SPORTS. Récompense attribuée à un sportif (coupe, médaille, etc.) attestant une victoire dans une compétition.
         b) CHASSE. Trophée de chasse. Tête ou corps entier empaillé d'un animal abattu.
    II. − Au fig. Signe d'une victoire, d'une réussite.

    Bon, ça tombe assez mal car je n'ai pas de dépouilles d'ennemis vaincus en stock à photographier (je les ai mangées) et je n'ai pas davantage prévu de faire empailler le chat pour le moment...

    N'ayant pas non plus gagné la coupe du monde de quoi que ce soit (pas même celle de natation synchronisée dans de la gelée de mûre, c'est vous dire), je n'ai rien à vous montrer à ce niveau.

    On est mal, on est mal !

    Mais, puisque le trophée est également le signe d'une victoire, je crois avoir trouvé la photo de ce mois-ci, prise il y a tout juste trois semaines, au retour d'une magnifique randonnée de deux jours au lac d'Espingo, dans les Pyrénées.

    Hop :


    Après l'effort, le réconfort !
    Et le tour est joué.

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alexinparis, Betty, Blogoth67, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, Danièle.B, Dr. CaSo, El Padawan, Escribouillages, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanie, Nanouk, Nicky, Pat, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sandrin, Sous mon arbre, Travelparenthesis, Weeteweete, Xoliv', écri'turbulente.

    13 août 2018

    L'amour, les livres, les rêves - Partie 2

    2 commentaires
    Deuxième partie d'une série de trois billets (1ère partie ici) écrite de longue haleine (depuis le mois de mai dernier !) en réponse à une série de trente questions très variées  que ᕳ Krysalia ᕲ ✂️ avait proposées sur twitter et qui m'avait - une fois n'est pas coutume - tout de suite émoustillé les sens.
     

    11/ Quel était ce ou cette prof que tu adorais ? Pour quelles raisons ?

    J'ai beaucoup aimé deux profs, deux femmes, en particulier. La première s'appelait Mademoiselle F., elle enseignait la physique et la chimie en sixième. Ce cours fut une révélation. Pour la première fois de ma vie j'avais en face de moi quelqu'un capable de répondre à mille questions, de susciter en moi une curiosité insatiable et de me donner encore plus envie d'apprendre : l'atome, les molécules, la matière... Tout l'univers s'offrait à moi et j'avais enfin les clés pour le comprendre. Je me souviens que chaque cours était l'occasion de l'inonder de questions auxquelles elle répondait avec un plaisir infini, me donnant même à lire des revues de sa bibliothèque personnelle. Je n'apprenais pas, je jouais, je m'amusais. C'était véritablement incroyable.

    Littéralement assoiffé de cette soif intarissable qui ne m'a jamais quitté, je me souviens avoir un jour trouvé chez mes grands parents, un vieux livre de physique-chime de terminale ayant appartenu à l'une de mes tantes. Il y était question de l'hydrogène, de fusion, de fission et de bombe atomique. Je ne comprenais pas grand chose à tout cela mais les schémas - très sommaires - ainsi que les illustrations en noir et blanc alimentaient et décuplaient mon imaginaire.

    C'est ainsi qu'un beau matin, après le cours, je vins trouver Mademoiselle F. et lui posais cette question, un peu inhabituelle dans la bouche d'un gamin de dix ou onze ans :
    "Madame, qu'est-ce que c'est la masse critique ?"...
    Je me rappelle également de cette prof de français que j'avais vraiment adoré, Madame F. J'ai toujours aimé les cours de français. Alors que j'étais en classe de sixième, Madame F. estimait que j'avais quelques prédispositions littéraires et m'encourageait dans mon travail, prenant régulièrement mes rédactions en guise de modèle qu'elle lisait en classe.

    Je ne sais plus exactement comment nous en sommes arrivé là mais, une fois passée les deux premiers trimestres, elle me laissait tous les quinze jours, dans son casier de la salle de des profs, un Stephen King à lire, pour mon plaisir personnel, en plus des lectures et des nombreux comptes rendus obligatoires à rendre pour ses cours. 

    Grâce à elle je découvris des classiques de la littérature d'horreur : Christine, Cimetierre, Ça et bien d'autres encore...

    12/ Quelle est cette petite chose que tu sais faire et qui n'a aucun intérêt, mais qui te fait sourire ?

    Je sais casser un œuf avec une seule main. Cela ne sert strictement à rien. Cela n'impressionne pas grand monde, sauf les gens qui ne savent pas casser correctement les œufs avec leurs deux mains.

    Aussi, je choisis toujours soigneusement mon public avant que de me livrer à ce petit tour d'habileté futile.

    13/ Raconte (avec le niveau de détails que tu veux) la prise de conscience de ton premier sentiment amoureux.

    Je serais bien en peine de le décrire tant je ne suis pas sûr du moment ni du contexte où il a eu lieu.

    En effet, longtemps enfermé dans mon placard, je me suis gardé d'éprouver le moindre sentiment pour un garçon,  alors même qu'un nombre incalculables d'indices aurait dû me faire renoncer. Mais les méandres de l'intellect et les liens vigoureux de certaines constructions sociales sont trop longs à défaire et trop coriaces pour céder du premier coup.

    Quoi qu'il en soit, je me souviens de cet épisode étrange, lorsque j'avais une vingtaine d'années. Il y avait alors, dans la paroisse que je fréquentais chez mes parents, un séminariste libanais, venu passer une année en France. C'est très étrange d'en parler ici car je crois ne jamais l'avoir fait, ni n'avoir, depuis lors, pris de temps de réanalyser les faits....

    Il s'appelait W. et venait de la ville de Jounieh. Lui et moi avons rapidement sympathisé, probablement car nous ne devions pas avoir une différence d'âge importante et parce que le Liban est un pays qui, culturellement et historiquement, m'a toujours fasciné. Toujours est-il que, lui et moi, avons noué ce qu'au départ je prenais pour de l'amitié. Et puis un beau jour je me suis rendu compte que c'était certainement plus que cela...

    Cela se passe en été. Un bel été comme Toulouse et sa région en produisent tous les ans. Encore étudiant, je passais mes vacances chez mes parents. W. et moi nous voyions alors régulièrement le soir, pour aller faire du vélo et discuter, de tout, de rien. D'abord occasionnellement puis, l'été venu, presque tous les jours. Pour moi c'était normal. J'en avais besoin et je passais en sa compagnie des moments merveilleux. Avec la force de l'expérience je prends toute la mesure de ma naïveté.

    Une certaine semaine s'est produit un événement imprévu et contrariant. Alors que j'allais toquer chez lui pour le retrouver, je trouvais porte close. Les volets étaient fermés. Personne ne vint m'ouvrir. W. n'était pas là. Je rentrais donc chez moi bredouille.

    Le lendemain se produisit exactement la même chose. Arrivant à vélo devant chez lui après souper, mes frappements à la porte demeurèrent vains. Je rentrais donc à nouveau chez mes parents, sans avoir vu mon ami, le cœur un peu serré par cette disparition dont je n'avais pas été prévenu.

    Je réitérais ma tentative le troisième jour, toujours à la même heure, avertissant préalablement mes parents de mon départ pour rejoindre W. comme à mon habitude. La réponse de ma mère aujourd'hui encore me hérisse le poil :
    "Encore ? On dirait que tu lui cours après !"
    Il me faudra des années pour admettre, malgré moi, qu'elle avait raison.

    14/ Que veut dire pour toi la couleur rose (quelle est sa symbolique, son sens métaphorique, dans ton univers personnel ?)

    Dans mon langage à moi, et par une construction sociale que tout un chacun comprendra, j'associe primairement le rose à la féminité.

    C'est aussi une couleur qui vibre énormément et que je trouve élégante associée à du noir. Elle souligne à merveille un détail sur un vêtement et donne de la fraîcheur à une tenue.

    Le rose est néanmoins une couleur que je porte assez peu. Non pas qu'elle ne me plaise pas, c'est qu'elle ne me convient pas vraiment au teint.

    15/ Même question pour la couleur jaune.

    Le jaune, c'est le soleil, la lumière. Mon premier appartement étudiant était entièrement tapissé en jaune et je crois que j'aimais cela.

    C'est une couleur tonique que je porte également très peu car elle s'associe assez mal à ma blondeur et à ma carnation claire.

    16/ Est-ce que tu pratiques des arts, et s'il y en a plusieurs, est-ce que tu en as un préféré ? Pourquoi ?

    Je pratique la musique, fidèle et envahissante compagne.

    La musique, ce moyen prodigieux de dire l'indicible, de hurler les tristesses et les fureurs les plus accablantes, d'exprimer les émotions les plus intimes, bien plus puissamment que les mots. 

    J'aurais aimé savoir dessiné et peindre. J'admire ceux qui ont un coup de crayon...
    Il paraît que je n'écris pas trop mal.

    17/ Quelle est ta plus grande fierté, celle qui te remplit de joie et remonte ton estime de toi même quand tu y songes ?

    Je n'ai pas à proprement parler de grande fierté, je ne crois pas être quelqu'un de fier, étant au contraire en permanence dans le doute et la remise en question.

    Néanmoins, la fierté que je m'accorde est celle de ce que je suis devenu, de ce que j'ai fait, de mon parcours personnel et professionnel.

    Car lorsque je me retourne et que je regarde tout ce que j'ai vécu, en Argentine, au Québec, à la Fac,  pendant mes études et ailleurs, je me dis que, oué, putain, ça je l'ai vraiment fait. Du haut de mes quarante petites années,  j'ai déjà eu une vie bien remplie et riche en expériences. Quelqu'un me le disait encore il y a quelques semaines, avec raison. Et je le remercie de m'avoir un peu ouvert les yeux.

    18/ Si tu avais le pouvoir (potion, sort, algorithme) de faire tomber une personne amoureuse de toi, le ferais-tu ? Pourquoi ?

    Non, je ne le ferai pas.

    Parce que l'amour est un oiseau bohème qui n'a jamais connu de loi. "L'amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser et c'est bien en vain qu'on l'appelle s'il lui convient de refuser" chante Carmen dans sa célèbre Habanera.

    Surtout, étant d'un naturel qui s'ennuie rapidement, comment ne pas s'ennuyer de quelqu'un dont on sait qu'il vous aime et vous aimera inconditionnellement, sans qu'il n'y ait jamais aucun défi de séduction à renouveler ?

    19/ Si je te parle de plaisir, quel est le premier truc auquel tu penses spontanément ? pourquoi ?

    La masturbation.

    Un plaisir simple et facile, que l'on peut partager en tout lieux, à toute heure, seul ou à plusieurs, sans aucune limitation...

    20/ (allez plus que 10 :D) As-tu une opinion au sujet des radis ?

    C'est très bon les radis. J'en consomme souvent d'ailleurs. C'est la première plante que j'ai faite pousser, avec mon grand père, lorsque j'étais tout gamin. Nous avions un immense jardin potager où mon grand-père passait la majeure partie de son temps libre. Dans ce terrain de jeu extraordinaire pour un bambin, poussaient des pieds de tomates odorants, des haricots à rame qui poussaient le long de tuteurs gigantesques - dont l'assemblage constituait, pour mon frère et moi, un tunnel fantastique à traverser - des plans de courgettes aux fleurs incroyables et mille autres merveilles sur lesquelles je n'avais de cesse de m'extasier.

    Je ne sais plus exactement comment cela s'était fait, mais il me semble, du fin fond de mes souvenirs, que j'avais dit à mon grand père que, moi aussi, je voulais un jardin pour y faire pousser des légumes et faire comme les grands. Ce dernier m'avait donc proposé de me prêter un petit carré de terre et d'y planter avec lui des radis.

    Je me souviens parfaitement en revanche de l'instant où, lui et moi, les avons semés, ces radis.

    Nous avions acheté la semence le matin même, à la coopérative. Il y avait tout un tas de variété et mon grand père, en homme de la terre avisé, choisit d'une main sûre le paquet idoine. Des radis rouges à bout blanc, communs. J'étais un peu déçu car j'avais repéré, sur le présentoir, de la semence de radis complètement rouges qui me paraissaient d'un exotisme ravissant. Mais du haut de mes six ans ou sept ans, je n'avais alors pas voix au chapitre.

    De retour à la maison, et venus au jardin dont un petit carré d'un mètre sur un mètre avait été préparé à dessein, mon grand père se saisit d'une vieille boit de conserve rouillée dans laquelle il jeta une poignée de sable avant d'y verser une partie du sachet de semence. Puis il me montra comment, d'un geste ample, je devait disséminer ce mélange sur mon lopin de terre. Nous arrosâmes ensuite avec toutes les précautions requises, munissant le lourd arrosoir de ferraille de sa pomme pour humecter délicatement la surface du sol.

    Ça y était : j'avais mon jardin... et bientôt mes premier radis.

    Et vous ?

    (La suite le lundi 27 août)


    10 août 2018

    Vive les vacances, vive l'insouciance...

    2 commentaires
    Ca y est.
    Enfin, le grand jour est arrivé. Il m'a semblé tellement abstrait ces derniers temps, que je finissais par croire qu'il ne viendrait jamais.

    Me voici enfin en vacances !  (ouiiiiiiii !)
    Rhâlâlâlâ... Je suis tellement épuisé, j'avais tellement de mal à travailler depuis mon retour de ces quatre petits jours au Portugal au début du mois. Certes ils m'avaient déjà fait un bien fou mais, cette fois, il était vraiment temps que j'arrête la machine pour un repos prolongé. Qui veut voyager loin ménage sa monture et, en l'ocurrence, la monture c'est moi.

    Pour me ressourcer et regonfler les batteries, dans un premier temps, direction Paris, où je ne suis pas allé en pur touriste depuis une demi-éternité au moins (fichtre, cinq ans !). Ca va être fabuleux de me réveiller en pleine capitale, de regarder par la fenêtre, de me dire "Youpi, je suis à Paris !" et de passer la matinée à ne rien foutre, affalé dans le canapé en regardant la télévision et juste profiter du moment, du décalage, du changement de cadre, pour déconnecter complètement.

    Car mon programme s'annonce très chargé : farniente intensif, rienfoutage, siesting, dormage et reposing, entrecoupé de glou et de rigoling avec des copains, de rencontring avec des gens sympas avec qui je discute sur twitter, et de retrouvailling avec d'autres que je n'ai pas revus depuis (beaucoup) trop longtemps.

    Une belle petite semaine en perspective qui s'annonce d'ores et déjà très riche.

    La seconde partie sera dans un cadre tout autre car je prendrai ensuite la route des Pyrénées. Là-bas j'ai rendez-vous avec un grand bol d'air pur (oui, on me glisse dans l'oreillette que Paris, niveau air pur, ce n'est pas tout à fait au point) et, si la météo le permet, vadrouiller à loisir en montagne, tel un petit écureuil évanescent (c'est une image) à l'assaut des monts et des cimes enherbées. Tambour-Heidi en somme. 

    Deux semaines qu'elles vont faire beaucoup du bien.
    Et cela commence maintenant.

     

    7 août 2018

    Obrigado Lisbonne

    4 commentaires
    C'était il y a trois semaines. Quatre petit jours à Lisbonne qui font du bien. Quatre petit jours dans une ville dont j'avais à peine effleuré les rives du Tage un matin de janvier alors que je rentrais d'un long voyage au Brésil. Autant dire que je n'avais rien vu. 

    Et puis cela faisait un petit moment que j'avais très envie d'aller visiter Lisbonne et m'imprégner un petit peu de cette ville et de ce pays dont je ne connais en réalité pas grand chose. 

    L'occasion a fait le larron.


    Avec deux amis, nous avions loué un appartement en plein cœur du quartier Alfama. Un joli appartement sous les toits, lumineux et cosi tout ce qu'il faut qui nous a permis de nous sentir aussitôt comme chez nous. 

    Depuis les fenêtres de la cuisine, notre regard portait sur les jardins cachés, leur calme intemporel et les odeurs succulentes qui s'en dégagent une fois la fraîcheur du soir tombée.


    Quatre petits jours qui m'ont donné un premier aperçu de la ville aux sept collines, ses points de vue, sa lumière, son architecture, son rythme, sa langue qui m'est imperméable et dont l'accent si doux a si bien contribué à m'arracher de mon quotidien. 

    J'en avais tellement besoin.

    Ho Lisbonne, que j'ai aimé me noyer jusqu'à l'ivresse dans ton ciel si bleu sur lequel se dessine si bien la pierre blanche de tes clochers. Ce bleu incroyable qui couronne tes toits et contraste si extraordinairement avec l'exubérante crinière incandescente de tes bougainvilliers.


    Ô combien j'ai adoré me promener dans tes rues pleines de nostalgie à Alfama, et me laisser envoûter par cette impression étrange qu'elles me replongeaient dans une sorte de passé pas si lointain et si plus proche à la foi. Celui de mes grands parents probablement. 

    Ce temps d'antan propice à une certaine forme d'insouciance.

    Ce temps où l'on entrait dans les maisons par la cuisine. Ce temps où l'on discutait sur le palier entre voisins en rentrant du marché, un sac de courses à la main avec le linge qui sèche à la fenêtre.
     

    Cette époque où l'on faisait cuire son riz avec un dés de bouillon de volaille dans une cocotte en aluminium cabossé.

    Comme ce riz simple et pourtant délicieux que j'ai pu savourer avec un poulet au curry formidable, à l'ombre d'un bouiboui familial trouvé par hasard au détour d'une rue, mère et fils en salle, et la grand-mère aux fourneaux. Les saveurs d'antan... madeleine de Proust !

    Quatre petits jours hors du temps, perdu entre ciel et mer, à l'ombre des ruelles et des musées, comme une préfiguration des vacances à venir et qui commencent bientôt.

    Oh oui, Lisbonne, je reviendrai te voir.
    Obrigado !

    1 août 2018

    L'amour, les livres, les rêves - Partie 1

    15 commentaires
    Voici une suite de trois billets écrits de longue haleine (depuis le mois de mai dernier !) en réponse à une série de trente questions très variées  que ᕳ Krysalia ᕲ ✂️ avait proposées sur twitter et qui m'avaient - une fois n'est pas coutume - émoustillé les sens.

    Il faut dire que j'aime ce genre de questionnaire un peu fourre-tout, sorte d'inventaire à la Prévert 2.0. Je trouve que celui-ci possède une touche de profondeur supplémentaire qui en fait un outil d'introspection ma foi fort intéressant.

    Trente questions, trente réponses. Certaines ont appelé, et pourraient encore appeler, d'amples développements. Certaines pourraient donner lieu,, et ont parfois déjà donné lieu, à des billets entiers auxquels je renvoie parfois purement et simplement.

    Si certaines questions sont légères, d'autres sont en revanche particulièrement intimes. Je me suis efforcé d'y répondre avec la plus grande sincérité, exercice qui n'est pas facile, certains événements ayant encore aujourd'hui conservé un parfum amer.

    Trente questions donc.
    Pour en faciliter la lecture et éviter un billet roboratif, j'ai délibérément saucissonné le questionnaire en trois parties, chacune d'elles comportant dix questions. Trois dizaines, qui seront publiées en trois fois, tout au long du mois d'août. Ce sera en quelque sorte mes devoirs de vacances.

    Sans plus tarder, voici donc la première salve.

    1/ Que penses-tu de ton prénom (sans le donner si tu ne veux pas) ? Si tu pouvais choisir tu prendrais quoi à la place ?

    Personne dans ma famille, parrain, oncle ou grand-oncle de degré divers, ne porte mon prénom, à quelque titre que ce soit. Tant et si bien que son attribution demeure quelque peu obscure. Pourquoi celui-ci et pas un autre ? Car j'ai failli m'appeler Vincent ou encore Sébastien, prénoms bien plus en vogue chez les enfants de ma génération.

    C'est pourtant un tout autre prénom que mes parents m'ont donné.

    Un temps je me suis questionné sur ce prénom, tombé en quasi désuétude peu d'années avant qu'il ne me soit attribué.

    Sans exotisme particulier, je lui ai longtemps cherché un sens. Avec la patine du temps, il finit par se fondre dans la masse. Il est moi. Je suis lui. Nous sommes, lui et moi, ensemble pour la vie.

    2/ On te donne un choix obligatoire entre : manger tous les jours des épinards (mais tu peux les assaisonner / agrémenter et les cuire de diverses manières), ou avoir des cheveux verts sur la tête pour toujours (que tu ne peux pas teindre ni raser). Qu'est-ce que tu choisis ?

    On dirait un sketch de Pierre Palmade cette question... Hé bien tout d'abord figurez-vous que j'aime bien les épinards, donc cela ne me dérange pas d'en manger régulièrement. Mais de là à en consommer tous les jours, il y a un pas que je n'ai encore jamais franchi.

    Cela étant, les épinards s'accommodent très facilement de multiples manières, que ce soit avec de la béchamel, fondus avec du fromage de chèvre, cuits à l'étouffée avec un peu de lait de coco et de curry rouge, crus en salade avec un filet de balsamique et d'huile de noix, comme base pour farcir des empanadas ou pour garnir une torta de pascualina... C'est sans fin.

    Quand aux cheveux verts, faut-il vraiment que je réponde à la question ?

    3/ Est-ce que tu as une ou des fleurs préférées ? Ou des plantes préférées ?

    De manière générale j'aime beaucoup les fleurs. Chacune a son caractère, son rythme, son élégance, ses arômes. Que ce soit la fleur si discrète du noisetier accessible aux seuls initiés, blottie contre son bourgeon, ou encore la floraison abondante des poiriers et des pommiers qui fait rosir les vergers...

    Mais puisque la question est celle de mes fleurs préférées, j'apprécie particulièrement les iris, fleurs sauvages sans réel parfum, dont Van Gogh a su si justement restituer l'élégance fragile.

    Et s'il en est une autre que je dois citer, c'est évidemment la fleur de magnolia dont l'odeur fraîche et acidulée me rappelle une farandole de souvenirs.

    4/ La maison de tes rêves : en ville, en campagne, au bord de l'océan ? Décris-là.

    Idéalement la maison de mes rêves se situe à la campagne, au milieu des champs, hors de vue, blottie au pied d'une coline ou au creux d'un vallon, avec quelques arbres tout autour et une immensité verte faite de près et de champs dont la forme et les couleurs variraient au cours des saisons.

    Une belle et grande maison à laquelle on accèderait par un chemin de terre qui serpenterait au milieu de la campagne et tout au long duquel s'installerait le silence des hommes, au fur et à mesure que jaillirait la rumeur du vent dans les herbes folles et le chant des oiseaux.

    Non loin de la vaste façade trônerait un arbre à la ramure majestueuse, s'érigeant en sentinelle bienveillante. Accueillant le passant à demeurer sous son ombre le temps d'une sieste ou d'un repas dont le maître des lieux aurait plaisir à régaler ses amis, il serait un point de repère. C'est là. C'est ici. Soyez les bienvenus.

    L'on pénètrerait dans la bâtisse, une bastide, par une vaste porte de bois qui s'ouvrirait sur un large couloir perforant le rez-de-chaussé de part en part, jusqu'à l'arrière de la maison, lui aussi gardé par une porte de bois lourd. Au dessus de la première, un jour orné d'un vitrail grossier éclabousserait ses couleurs sur des carreaux de ciment aux motifs incertains. L'impression première de pénombre laisserait rapidement la place à une sensation de lumière douce. A travers les volets de bois mis-clos protégeant de la torpeur estivale, filtrerait une lumière blanche et vive sous l'éclat de laquelle, étalé de tout son long, un chat apathique roupillerait avec un bonheur communicatif...

    5/ À propos des livres : lequel jetterais-tu symboliquement à la poubelle ? Lequel mettrais-tu sous ton oreiller, lequel emmènerais-tu au travail ?

    Jeter un livre à la poubelle... quel triste sort pour un livre. Quel geste cruel pour un livorphile. Il m'est pourtant arrivé d'en jeter : des livres de fac, devenus obsolètes. Leur contenu n'avait plus aucune valeur, même historique. Je me suis résigné.

    Sous mon oreiller je mettrais probablement Du côté de chez Swann ou l'un quelconque des volumes de La Recherche de Marcel Proust, auteur que je tiens pour l'un de mes préférés et dont l’œuvre procure une lecture inépuisable.

    Au travail, j'emporterais probablement avec moi un ouvrage de Jean-Jacques Rousseau. Du contrat social, certainement. Je me rends d'ailleurs compte en écrivant ces lignes que je n'en ai pas relu une page depuis ma classe de première, il y a plus de vingt ans... 

    6/ Quel était ton livre préféré avant de savoir lire ? Et juste après ?

    Avant de savoir lire, je ne me souviens pas exactement, c'est un souvenir très vague d'un livre à la couverture cartonnée que m'avait ramené mon père un dimanche en revenant de la messe. Rien de religieux. Une histoire de canards je crois bien.

    Ce livre avait une forme, celle d'un animal ou de quelque chose de ce genre-là, la découpe de la couverture suivant le dessin de la silhouette des personnages y figurant. Il y avait cette forme oblongue et toute en courbes mais également une odeur, je ne sais plus laquelle. Mais je me souviens que j'aimais l'odeur de ce livre.

    Après avoir appris à lire, je crois que l'un de mes livres préférés était un illustré avec de très jolis dessins, intitulé Le petit trappeur. Il raconte l'histoire d'un petit trappeur au Canada qui pose des pièges - des cages - pour capturer des animaux. Un beau jour il tombe dans l'un d'eux et ce sont des animaux de la forêt qui viennent le délivrer. Je me souviens très bien de ce livre et je le relis encore parfois, car je le possède encore...

    7/ Toujours les livres : lequel offrirais-tu ? Lequel laisserais-tu sur un banc pour qu'il soit trouvé, (pour partager sa valeur) ? Lequel brûlerais-tu ?

    Un de mes livres préférés, que j'ai toujours envie de partager en l'offrant ou pourquoi pas en l'abandonnant sur un banc, c'est Le Joueur d’échecs, de Stefan Zweig et qui se passe sur un bateau de croisière à bord duquel a embarqué le champion du monde en titre d’échecs. Tout l’équipage se presse autour du phénomène en pleine gloire. Après avoir longtemps refusé, ce dernier accepte, grand seigneur, de jouer une partie d'échecs seul contre tout l’équipage.

    La partie a donc lieu au jour et à l'heure convenus. Et très rapidement ce qui devait arriver arriva : le champion domine la partie de manière écrasante. L'équipage est à deux doigts d'abandonner lorsque quelqu'un à qui personne n'avait jusqu'alors prêté attention, s'approche de la table et, en quelques coups, sous le regard ébahi de la salle, inverse la situation, mettant le champion du monde en fort mauvais posture. Stupeur... Mais qui donc est cet homme capable de tenir tête au champion du mode lui-même ?  

    Quant au livre que je serais prêt à brûler, je ne vois vraiment pas. Jeter un livre, quel qu'il soit - ma bibliothèque compte un certain nombre de navet indignes de la pire des soupes - revêt une part de profanation. Il y a eu assez d'autodafés par le passé...

    8/ Cette personne de ton passé t'a tout appris, tu le ou la respectes profondément. Qui est-ce ?

    Un professeur d'histoire et géographie au collège. Monsieur F. Il ne m'a pas tout appris mais, exigeant avec ses élèves, il nous poussait sans relâche vers l'excellence et nous restituait au centuple. A ceux qui lui ont fait confiance, il a donné le goût de l'effort intellectuel et le plaisir de travailler.

    Souvent je pense à lui, trente ans plus tard. 

    9/ Au lycée, qu'est-ce que tu aimais si fort, dans ta matière préférée ?

    Étrangement je ne me souviens pas véritablement avoir eu une matière préférée au lycée. En réalité, j'ai détesté mes classes de première et de terminale que j'ai vécu comme un cauchemar. Non pas en raison des matières, mais bel et bien en raison des personnes exécrables qui me tenaient lieu de camarades de classe.

    J'ai toujours aimé le français, en littéraire semi-refoulé que j'étais. J'ai dévoré les cours de biologie et découvert avec passion les fascinantes "cascades hormonales" par lequel le corps humain maintient son perpétuel équilibre.

    Toutefois, dans le contexte d'animosité constante dans lequel baignait ma classe, je trouvais une sorte de refuge dans les passionants cours d'espagnol de Madame P. Réservés aux littéraires, mais connaissant ce professeur pour l'avoir déjà fréquenté avec plaisir au collège, j'avais réussi, par l'une de ces opportunités miraculeuses que vous livre parfois le Destin, à déserter ma classe d'écervelés pour rejoindre le groupe pacifique et bienveillant des terminales L chez qui j'avais quelques très bon amis. C'est cela, que j'aimais particulièrement.

    10/ Quel était ce ou cette prof que tu as tellement détesté, le plus de toute ta scolarité, et pour quelles raisons ?

    Sans hésiter, Monsieur D., le prof de maths de mes cauchemars...  J'avais dressé son portrait ici et je vous invite à le lire.

    Par la suite, j'en ai eu des profs terribles à la fac. Mais lui, conservera à tout jamais la palme du prof le plus infect de toute ma scolarité.

    Et vous ?

    (La suite le lundi 13 août)