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  • 23 juin 2012

    Où il est question d'un plant de tomate sauvage...

    Dans l'un des bacs à fleurs de mon balcon, parmi la misère qui profite des beaux jours pour s'étaler en abondance, et le cep de vigne dont les sarments enlacent la treille dans une étreinte fusionnelle, a poussé un plant de tomate. Comme ça, spontanément, sans que je ne lui eusse rien demandé, par l'une de ces fantaisies cocasses dont Dame Nature a le secret.

    Est-il le fait d'un oiseau ? Ou d'une graine par moi jetée avec des miettes de pain à destination de quelques urbains passereaux ? Donnera-t-il de petites tomates cerises qui éclatent en bouche ou gros de fruits rouges à la chair ferme que l'on a plaisir à mordre agrémentés une pincée de sel et d'un filet d'huile d'olive ?

    C'est chouette les tomates. Elles annoncent l'été et les beaux jours, les barbe-queue sur la pelouse et le rosé frais à l'ombre des platanes. Jamais à bout de ressources, qu'elles soient crues en salades, avec un peu de basilic frais, ou concassées et revenues avec un peu d'ail et d'oignon pour accommoder des pâtes... Plus tard, lorsque sonne le glas de la belle saison, que la froideur d'octobre noircit les feuilles des marronniers et leur préserve un teint d'émeraude, elles deviennent confiture dans la bassine, merveille dans les pots, délices pour l'hiver...   

    Et dire qu'il y a quelques années de cela, lorsque j'étais gamin, je n'aimais pas les tomates. Pas tellement à cause de leur goût, mais plutôt à cause de ce qu'elles représentaient alors pour moi : la corvée de l'arrosage...
    Car, voyez-vous, lorsque l'on a entre dix et quinze ans et que papa et maman Tambour Major ont un (grand) jardin, l'un des moyens d'occuper le fiston pendant les longues journées de ses grandes vacances est de l'expédier arroser les tomates. Avec un arrosoir en plastique qui fuit, qui pèse des tonnes lorsqu'il est plein d'eau, qui cogne les chevilles, et qu'il faut remplir systématiquement après chaque pied dans la grande auge en ciment située à l'entrée du jardin.

    Papa et maman Tambour Major adorent les tomates. Vraiment. Du coup, ils en plantaient des kilomètres linéaires ; l'arrosage rituel durait une éternité et demi. J'étais le Sisyphe des lieux... Chaque jour ou presque, je savais que m'attendait le long calvaire de l'arrosage des tomates. Si  possible tôt le matin, juste après le petit déjeuner, lorsque l'on a plutôt envie de jouer à la console ou de disséquer des mouches. Ou pire encore, en fin d'après midi, juste pendant que les meilleurs dessins animés passaient à la télé... Oui, les tomates m'ont valu une enfance difficile.

    Mais voyez-vous je ne suis guère rancunier et la gourmandise l'emporte sur les affres estivaux de mon adolescence. Car, malgré toute la hargne je que pourrai légitimement lui vouer, j'ai laissé pousser le plant sauvage de mon balcon.

    Non pas tellement pour les quelques tomates qu'il produira peut-être, j'aurai certainement beaucoup plus vite fait d'aller remplir mon frigo en allant faire le plein sur le marché des boulevards. Mais finalement, la force de l'âge aidant, j'aime bien les plants de tomate, leur port, le graphisme de leur feuillage dentelé, et l'odeur incroyable qui se dégage à la cueillette. A peine le pédoncule brisé, se propage une odeur verte, un peu acide, puissante, de chlorophylle et de je ne sais quoi d'autre. Une odeur tout aussi entêtante qu'elle est fugace car, sitôt le fruit séparé de l'arbrisseau, n'est-elle déjà plus qu'un souvenir dont on peine à se remémorer l'exact parfum.

    Alors on revient le lendemain en espérant que le miracle se reproduise à nouveau.
    Et le prodige recommence...

    22 commentaires:

    1. Malgré mes origines (asiatiques), pour moi ce n'est pas "l'odeur de la papaye verte", mais bien l'odeur de la tomate verte, celle que tu décris si bien en fin de billet. C'est e-xa-c-te-ment ça : la respirer jusqu'à l'enivrement, puis paniquer à l'idée de l'avoir oubliée, revenir aussitôt la renifler pour se rassurer que non... Une confiture que j'adore mais que je fais peu... à défaut de trouver les tomates vertes, dont je fais aussi des beignets à l'occasion !
      Pour la confiture en tout genre, j'ai pondu un billet spécial ici : http://namelie-colibri.blogspot.fr/2012/06/lecume-de-la-bassine-special-confiture.html
      Merci pour ce billet plein de couleur et de saveur de l'été, celui qu'on attend toujours !!!

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      1. Et merci pour ton clin d’œil chez toi. Pour être honnête, j'ai essayé de décrire l'odeur des plants de tomates en ayant un bout de feuille sous le nez. Hé bien je dois dire avoir eu beaucoup de mal. Ma description est très imparfaite, il me manque beaucoup de vocabulaire pour décrire les odeurs...

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    2. Ton texte m'a ramené dans les allées du jardin de mes parents arrosant moi aussi en autre les pieds de tomates (qu'est ce qu'ils peuvent boire),au contraire de toi , j'aimais bien , ce que je détestais c'était de ramsser les haricots verts, quelle corvée surtout quand les rangs étaient hypers longs. La rançon pour manger des légumes sains et écologiques (pas besoin de parti).Merci pour ce rappel à la mémoire.

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      1. Ha, oui... les haricots verts ! Ca aussi, c'est un plaisir culinaire de l'été mais qui se double du calvaire préalable de les ramasser ! J'y ai très souvent échappé. En revanche je me souviens de longues soirées passées à les équeuter dans la cuisine, face à la télé. Par kilos entiers, et plusieurs fois par semaine. Fastidieux mais pas si repoussant que cela.

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      2. Il faut dire que les haricots verts avec du beurre, du persil et une bonne salade verte du jardin, j'en salive vivement le retour à la campagne.

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    3. La tomate, c'est vraiment le légume le plus facile à cultiver! A condition de mettre de l'engrais et d'arroser, bien sûr...
      les haricots verts seraient amusants aussi, pour peu que le balcon soit équipé de grilles. ça change des éternels mini-citronniers et autres bambous.

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      1. Fais gaffe Flavien, TM a aussi un citronnier sur son balcon ! :)
        ...
        Moi, ce n'était pas les plantes... ça pousse tout seul ds les tropiques... mais les animaux : Cochons, canards, poules ... que je devais nourrir et laver (Théodule, le cochon)!
        Ça me plaisait,jusqu'au jour où on en a fait du boudin !
        :)

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      2. @Flavien : de l'engrais, ou une bonne fourchée de fumier de cheval au fond du trou avant de replanter le pied :)
        Pour les haricots, je suppose que tu parles de variétés grimpantes, comme les mange-tout. Tiens, c'est une idée qu'il me faudra essayer l'an prochain ! :)

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      3. @Gildan : J'attends avec impatience ce jour où tu nous parleras de Théodule =)

        Alors comme ça tu viens des tropiques ? Voilà qui est intéressant. Mine de rien, le petit Gildan se dévoile :)

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      4. il faut lire tout mon blog cher ami...depuis le début !
        :)
        ...
        Oui ! Des mange-tout pour une bonne soupe au pistou! C'est de saison ! oui, je suis aussi de Marseille !!!
        :))

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    4. Mais, ils n'avaient pas de tuyau d'arrosage, tes parents ?
      Tu n'es quand même pas si vieux, ça existait déjà en 1712 ! :p
      Sinon, témoignage pour témoignage, moi, ce n'était pas l'arrosage, c'étaient les mauvaises herbes du chemin ; une tâche autrement plus agaçante...

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      1. Si... Mais pas de tuyau de 684 mètres de long ! Et puis les tomates ça s'arrose à l'arrosoir. C'est comme ça et ça ne se discute pas.
        - Hein maman ? ^^

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      2. bin oui, à l'arrosoir, il ne faut pas mouiller les feuilles! Ta Moman!:)

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    5. en plus en ville, avec la pollution,pas besoin de traiter, les tomates ne sont jamais malades, j'espère qu'on les verra grossir et murire (bon c'est fragile et y'a un prédateur!):)

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      1. Ne crois pas cela ! J'avais déjà eu un plant de tomate il y a 2 ou 3 ans. J'ai eu 3 pauvres tomates, et encore elles étaient attaquées par le mildiou... Rien ne vaut le bon air de la campagne ! :)

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    6. C'est chlorophylle ^^
      Moi aussi j'aime ce parfum du feuillage. Je dirais qu'il y a quelque chose de poivré ?

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      1. " @tilly75015

        Ce qu'il faut faire pour attirer l'attention de @desfraisesetc sur un billet de blog : des fôtes de françaoui.. #mauvaisefoi #desbises "

        =)

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      2. En réalité, c'est "frankaoui"... mais #JDCJDR

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      3. Chuuuteux : c'était pour préserver l'anonymat !! ^^

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    7. Pour nous gens du nord, ce n'est pas tant la provenance de la graine qui pose question mais bien plutot l'inensité du saleil qu'il aura fallu pour qu'elle profite, tant nous sommes privés de la douce chaleur de ses rayons ces derniers temps, mon ami...

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      1. Faut venir dans le Sud (début août ? ^^). Ici c'est le plein été depuis 15 jours (enfin !).

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    8. Sur le paier ce n'est pas possible mais je vais essayer malgré tout mais chutt je ne suis pas seul a décider ...

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