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    2 septembre 2012

    Que l'aventure commence !

    23 commentairess
    Ca y est, j'y suis ! En Argentine... Voilà, c'est fait. Et ce ne fut pas sans mal. Houlàlà quelle histoire... 
    Déjà 13 heures de vol depuis Madrid, c'est long. Très long. Surtout les 5 dernières qui paraissent interminables mais qui font également jaillir l'excitation de l'arrivée qui se fait chaque minute plus proche. La sensation de longueur (et de démesure) est accentuée par les écrans de contrôle qui annoncent  régulièrement la distance parcourue, celle restant à parcourir et la durée approximative de vol avant d'arriver. On a beau voyager à plus de 850 Km/h, il faut quand même du temps pour avaler les quelques 10.000 Km qui me séparaient de ma destination.
    Mais le plus rude ne fut pas tellement ce long courrier. Non. Le plus dur fut d'attraper la correspondance à temps. Vous qui avez rêvé de vivre Pekin Express mais qui n'avez jamais étés sélectionnés, voici la marche à suivre...

    Reprenons depuis le début. Partant de Toulouse, j'avais une seule correspondance à Madrid et pour cela une heure vingt à ma disposition. L'aéroport de Madrid a beau être immense (un métro interne relie les deux parties de l'aéroport), une heure vingt est plus que suffisant pour sortir de l'avion, faire une pause pipi, prendre un petit café, traverser les kilomètres de couloir et trouver sa porte d'embarquement. Normal, c'est prévu pour. Voilà, ça c'est pour la théorie.

    En pratique, faire la même chose alors que le vol a une heure de retard, c'est nettement plus musclé car il ne vous reste plus que 20 petites minutes pour faire votre correspondance. Chaud devant ! Voilà le timing : sorti de l'avion à Madrid à 12h05, mon vol pour Buenos Aires décollait à 12H30, clôture de l'embarquement à 12h15. Naïvement je me dis que ça me laisse 25 minutes maxi pour arriver à la porte d'embarquement, que je vais certainement courir un peu, que la compagnie aérienne est au courant du retard, qu'il vont nous attendre quelques minutes et que, quand même, en courant un quart d'heure je devrais bien y arriver. Naïf, c'est bien le mot... Car immense est un faible mot pour décrire l'aéroport de Madrid.
    Je tiens à préciser que je n'ai certainement pas été le seul à vivre ce drame car presque tous les passagers du premier vol avaient une correspondance imminente pour l'autre bout du monde. L'horreur était collective.

    Me voilà donc en train de dévaler les escaliers quatre à quatre et de traverser le premier bâtiment de l'aéroport comme une flèche, suivant les panneaux qui m'indiquaient le secteur "U" où je devais de rendre. On pousse un peu, on crie en anglais "Please, sorry, excuse me..." pour se frayer un chemin entre les gens qui prennent tout le temps que je n'ai pas. On y croit on y croit, le bout du bâtiment est proche. Et c'est alors que survint le drame. Des panneaux, trois, qui indiquent des directions, dont celle du bâtiment U, ainsi que des temps. Et là, frayeur absolue : le panneau m'annonce qu'à partir de ce point il me faut 25 minutes pour arriver au bâtiment U !! 25 minutes ??? Mais il m'en reste 10 avant que l'avion ne décolle !! C'est un véritable cauchemar. Je n'y arriverai jamais. Ou alors j'arriverai juste à temps pour voir mon avion prendre son envol sur le tarmac. Nooon, putain, pas ça ! Surtout que le prochain vol ne part que dans 12 heures au plus tôt... Des visions d'horreur me traversent l'esprit. Une seule solution : courir, vite, très vite. Je DOIS monter dans cet avion.
    J'ai pris mes jambes à mon coup comme jamais dans ma vie, j'ai couru comme un malade, en transpirant à grosses gouttes, soufflant comme un bœuf, les yeux en alerte pour repérer ma porte d'embarquement, située comme par hasard tout au fond du fameux bâtiment U... A coup de "please" et de "sorry" je trace comme une fusée. Mais je n'ai pas le choix, il me faut continuer coûte que coûte jusqu'à la porte 65 de ce putain de bâtiment U de race de merde. Le sentiment de faire tout cela pour rien s'accroit lorsque je découvre le fameux métro dont j'ignorais l'existence. Par chance, une rame arrive exactement au même moment que moi sur le quai. Je monte et descends quelques minutes plus tard. Et la course folle reprend. Putain de bordel de merde mais pourquoi faut-il que ça m'arrive à moi ?? J'ai la gorge sèche, j'ai les jambes qui me font mal, je suis totalement épuisé (d'autant plus que je n'ai dormi que quatre heures la nuit précédente). Je souffre vraiment... 

    Soudain je vois un panneau qui m'indique la porte 65. C'est la mienne ! Miracle, je vois au loin qu'il y a encore 3 personnes de l'équipage à la porte. Tout en continuant de courir, je leur fais de grands signe de la main pour attirer leur attention. A travers les baies vitrées, je vois que l'avion est toujours là. Je m'approche essoufflé, je leur montre mon passeport et ma carte d'embarquement. Le gros monsieur grommèle quelque chose d’incompréhensible à son écran d'ordinateur, puis une hôtesse déchire le talon de mon billet et me le rend en me souhaitant un agréable voyage. Ouf... je me détend un peu. Il est à peine plus de 12h33. 

    L'avion est plein, je suis le dernier passager à monter. L'hôtesse me dit de choisir la place que je veux. Ca tombe bien, il y un siège libre à côté de deux garçons très graou tout à fait à mon goût. Mais dans un élan de pudeur je me dis que l'excessive virilité de mes effluves sudoripares pourrait être de nature à les incommoder. Finalement je m'assieds quelques sièges plus loin et passerai les treize heures suivantes à dormir ainsi qu'à discuter avec mes voisins voisines Argentins, tous soucieux de me prodiguer les meilleurs conseils.

    Beaucoup plus tard, on se pose à Buenos Aires. Tout va bien. Je passe les formalités d'immigration et douanières avec succès, découvre que ma valise est restée à Madrid (normal, j'ai failli y rester moi aussi). Peu importe, j'ai dans mon bagage à main de quoi me changer. J'appelle un taxi et pour la première fois, je respire le grand air de Buenos Aires. La nuit est claire et douce. Nous roulons toutes vitres ouvertes vers le centre ville où m'attend ma chambre d'hôtel. 
    Je souris. Je suis heureux.

    Que l'aventure commence !