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    11 août 2021

    Je ne sais plus écrire

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    Je me rends compte que je ne sais plus écrire. Que les phrases ne viennent plus. Que les idées meurent dans mes doigts et s'évanouissent à la surface des touches.

    Je ne sais plus coucher sur les pixels ce que je ressens vraiment, cette foultitude de choses que j'aimerais pouvoir exprimer et que je mets un temps infini à analyser, comprendre, déconstruire. Tout ce qui, avant, me permettait de rédiger des billets denses et introspectifs. 

    Peut-être avais-je alors davantage de temps pour ce-faire ? Le temps de polir mes phrases, de choisir mes mots, de me lire et me relire en lissant les syllabes.... Ou est-ce la conséquence d'une déformation professionnelle qui m'oblige à écrire de manière droite et anguleuse ?

    Il me manque, ce temps d'avant, où je prenais le temps d'écrire.

    27 septembre 2020

    Ecrire... ou pas

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    Écrire n'est pas toujours une chose aisée. Pourtant, hier tout semblait en place. J'ai en effet en tête une petite nouvelle que je veux écrire depuis plusieurs années. Il me semblait mûr, je pensais pouvoir la mettre par écrit, au moins un premier jet. Et puis, une fois installé devant mon clavier, la page demeurait désespérément blanche. Rien du tout. Je n'ai même pas su comment tourner la première phrase. 

    Alors, par fainéantise, je me suis mis à fouiller dans mes brouillons, pour voir si je n'avais pas un billet déjà bien avancé et que j'aurais pu terminer tranquillement en profitant de l'après-midi. Et j'en ai trouvé un. Encore une nouvelle dont j'ai entrepris la rédaction voici un an. La trame en est déjà bien avancée. Elle a un début et un milieu. Il ne manque plus que la fin dont je connais le dénouement. Mais, en reprenant la lecture, je me suis rendu compte que ça n'allait pas du tout et qu'il me fallait réaliser de nombreuses corrections, notamment pour que l'histoire commence plus tard car le début tel qu'il est rédigé n'a pas grand intérêt. Là encore, j'ai eu beau tourner le problème dans tous les sens, je ne suis parvenu à rien.

    Refermons les tiroirs et laissons tout cela reposer encore quelques semaines. 

    16 septembre 2020

    Dialogue d'et quart, mais light

    6 commentairess

    « Bonjour Tambour, comment vas-tu ? 🌝

    — Bonjour toi ! Ça va bien, je te remercie. Et toi comment ça va ?

    — Non non non... pas de ça avec moi. Tu crois que je ne te vois pas éluder la question en y répondant par une pirouette ? Dis-moi vraiment comment tu vas et pas juste un « ça va bien ».

    — Ha... on en est là ?

    — Oui...! Je ne lâcherai pas le morceau.

    — Bon... alors... Par où commencer ?

    — Je te guide. Parle-moi du boulot. Tu as l'habitude de bosser beaucoup trop et de te tuer au travail. Je le sais, je te vois faire. Tu m'en as même parlé assez souvent. Tu devais prendre des résolutions... Tu en es où ?

    — Oui, c'est vrai, c'est vrai. Le boulot c'est aussi un refuge, bien que je sois un gros procrastinateur j'aime travailler. Me triturer les neurones, tout ça....

    — Stop, réponds à la question s'il te plait.

    — Alors oui, je devais prendre des résolutions comme je t'en ai déjà souvent parlé, et je crois que je m'y tiens. Ce n'est pas un changement radical, hein. C'est une transition en douceur qui commence par lâcher prise en faisant le ménage et en prenant de la distance avec les choses. Cet après-midi par exemple je me suis encore délesté d'un dossier casse-couilles. Cela ma couté un Chronopost à trente quatre Euros le délestage, mais franchement ma tranquillité vaut bien ça ! Tu vois, progressivement, je chemine. Je me prends beaucoup moins la tête depuis quelques semaines, même si je bosse toujours beaucoup. Lâcher prise, c'est vraiment le maître mot...

    — Et pas qu'au travail... 😏

    — Oui, bon, ça va hein... laisse-moi finir ! Bon...  Qu'est-ce que je disais déjà...? Oui, lâcher prise. Depuis quelques semaines, depuis la fin des vacances je me suis mis à la méditation. 

    — Non ? 

    — Hé si. Ça fait un bout de temps que des amis m'en parlaient, me disaient que cela me ferait probablement le plus grand bien et me conseillaient de m'y mettre. Et puis, bof, tu sais, on entend d'une oreille distraite, on se dit que pourquoi pas sans trop y croire, et finalement on n'essaie rien du tout. Hé bien figure-toi que j'ai téléchargé une application très connue sur mon téléphone pendant le confinement. C'était le moment idéal pour tester. 

    — Et ça t'a plu ?

    — Carrément !! Au premier essai j'ai dormi comme un bébé... incroyable. A chaque fois, le seul fait d'écouter la voix me plonge en quelques minutes dans un état de tranquillité vraiment dingue. Ça m'apaise profondément. Les premiers mois je n'étais pas du tout régulier. Je le faisais quand j'en avais le temps et l'envie, souvent le soir au moment de me coucher. Et depuis deux semaines, j'essaie de ritualiser un peu mon sommeil en faisant systématiquement une séance. Et je sens déjà que ça me fait du bien. Parallèlement j'ai mis en place un truc pour limiter l'usage du téléphone le soir. Passé vingt-trois heures, ça coupe. Plus de Twitter ni d'Instagram ni de tout le reste. J'essaie de travailler la qualité de mon sommeil de manière globale.

    — C'est super dis donc. Tu avais des problèmes se sommeil avant ça ?

    — J'en ai toujours. Je fais un peu d'apnée du sommeil. Il me faut vraiment prendre ça en charge car ça me joue de sacrés tours en termes de prise de poids. Je me trouve énorme en ce moment. Mais j'ai l'impression qu'avec la méditation du soir je dors un peu mieux et que je suis davantage reposé le matin. Il me faudra refaire un test du sommeil pour voir où j'en suis de tout cela.

    — Et ta vie perso, comment ça va ?

    — Ça va, ça va...

    — Tututututut...

    — Oui, oui, oui.... je vais développer. De ce côté-là rien de particulier à signaler.

    — T'es sûr ? 😎

    — Rhaaaaaaaa t'es chiant !

    — Voui... 😎

    — Bon, oui, depuis deux semaines je vois un garçon. Il termine son doctorat en mathématiques. Très sympa, un poil collant mais ce n'est pas gênant. 

     — Eeeeeeeeeeeeet ?

    — Attends attends attends, je te vois venir avec tes gros sabots... laisse-moi finir. Je ne sais pas trop où ça va, je ne me projette pas. Pour l'instant c'est la découverte. On parle beaucoup, hier soir on a mangé ensemble pour la fête nationale du Mexique, c'était cool. Et quand il vient passer la soirée à la maison, les chats-minous sont super jaloux quand il s'en va : ils sont en grosse demande de câlins. C'est très marrant.

    — Tu le vis comment, toi l'inoxydable cœur d’artichaut ?

    — Comme je te le disais, je le vis plutôt bien. Je sais qu'il est très en demande et je vois que je le suis moins. Parfois je m'interroge sur la place que je suis prêt à faire dans ma vie pour que quelqu'un puisse y trouver la sienne. Comme je te le disais au début, je bosse beaucoup parce que j'aime ça et aussi parce qu'une partie de mon boulot se confond avec ma vie personnelle. Tu vois, j'ai un gros projet que je voudrais finaliser d'ici deux ou trois ans. Un sacré truc qui va me demander beaucoup de temps, que je vais avoir plaisir à faire et tout. Et puis, pas plus tard que jeudi soir, alors que je discutais avec quelqu'un, pof ! Une autre idée très précise m'est apparue pour un autre projet, de même nature que le premier, mais qui me demandera un tout autre travail. Intellectuellement c'est hyper exaltant. Et puis parfois je lève le nez du guidon, je regarde autour de moi, je prends deux secondes de répit et je me pose cette question : Quelle place est-ce que je laisse à l'autre en ce moment même ? Réponse : aucune. Absolument aucune. Ma vie est pleine comme un œuf, je fais mille trucs, et le soir je suis crevé. Mais alors, me dis-je, quelle place suis-je prêt à laisser à l'autre ? 

    —  Et ?

    — Je n'en sais rien... Je n'en sais foutrement rien.

    — C'est dur comme constat...

    — C'est dur mais ouvrir les yeux fait du bien. Parfois je me dis que je suis profondément égoïste, ce qui est probablement vrai, et cela me rend triste. Je sais que j'ai beaucoup d'amour à donner mais pas n'importe comment et à n'importe qui.

    — Tu ne veux pas vivre en couple ? 

    — Si, si, c'est quelque chose qui me plairait. Mais ce n'est pas une fin en soi. J'ai croisé des gars qui ne supportaient pas d'être seuls, qui cherchaient absolument à se mettre en couple. Ce n'est pas mon cas.

    — Tu préfères être seul ? 

    — Oui et non. Disons que je maîtrise ma solitude. Depuis le temps que je l'ai apprivoisée, je sais la berner. Tu sais, j'ai été profondément seul une grande partie de mon adolescence. Cela ne veut pas dire que j'étais malheureux, pas du tout. Mais seul. Quelques amis, bien sûr, mais essentiellement seul. Au lycée j'étais le gros qui regarde un peu trop les beaux gosses, qui ne s'intéresse pas aux filles et qui est toujours parmi les premiers de la classe. Le mec qui n'est dans aucun clan. Celui qu'on n'invite pas aux soirées et dont on aime se moquer. J'ai subi les moqueries et une forme de harcèlement dont je garde une profonde rancune à l'égard de certaines personnes. Je rêve encore de leur casser la figure... Et donc pour en revenir à la solitude sentimentale, elle ne me dérange pas. J'ai toujours de quoi m'occuper, beaucoup d'amis avec qui sortir, boire, manger, aller au cinéma.

    — T'es célibataire depuis longtemps ?

    — Hou-là... ma dernière relation un minimum sérieuse remonte à il y bientôt trois ans. Je te l'avais raconté. Tu sais le mec qui habitait chez son « meilleur ami » avec un sens de l'accueil très approximatif ? 

    — Oui oui je me souviens parfaitement. Mais c'était il y a quatre ans très cher... 2016 ! 

    — Quatre ans ?? Ho putain...

    —  Hé oui... le temps passe ! Mais depuis... rien ? 

    — Ho, si quelques tentatives. Un garçon très sympa avec qui je suis toujours ami mais pour lequel je ne ressentais rien à ce niveau-là. Quelques jolis râteaux dont je ne t'avais pas vraiment parlé par manque de temps et manque d'envie. Et encore en février dernier un joli râteau que je t'avais raconté ici

    — C'est vrai que depuis quelques temps, tu me racontes moins, tu me parles moins qu'avant. Nos débuts étaient tellement flamboyants en comparaison...

    — Oui, c'est ma faute. Je suis souvent crevé le soir en rentrant chez moi et je n'ai pas la force de me mettre à écrire. Parfois je pense à un billet à te confier et puis je me dis que non, que je n'ai rien d'intéressant à te raconter, ou que ce que j'ai à te dire est un peu nul. Du coup je ne le fais pas et ça passe à la trappe. 

    — C'est dommage... Parfois j'ai l'impression que tu me délaisses.

    — Oui, je peux donner cette impression et je m'en veux. Mais tu sais que c'est faux. Tu sais, j'aimerais pouvoir renouer la même relation que celle que nous avions à nos débuts. Nos échanges endiablés, des billets postés tous les deux ou trois jours, des dizaines de commentaires... Mais les choses ont bien changé.

    — Hé oui, je sais bien. Mais... tu m'aimes encore, dis...?

    —  Bien sûr. Et ça tu le sais très bien.

    — A bientôt alors ?

    —  Oui. A bientôt ! »

    6 juin 2020

    XIII

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    Douze plus un, quinze moins deux
    On me compte parfois à la douzaine
    Nombre de colonies d'origine des États-Unis
    Autant de lunaisons dans une année
    Les triskaïdékaphobes me craignent
    Étonnamment nombre premier
    Numéro atomique de l'aluminium
    Nombre d'années de mariage nécessaires aux noces de muguet
    Selon la superstition je porte malheur
    Nombre initial d'étoiles et de bandes du drapeau des États-Unis
    L'arrondissement des Gobelins, à Paris
    Héros de bande dessinée, aussi

    Je suis treize.
    Et autant de bougies sur le gâteau d'anniversaire de ce blog.

    10 septembre 2019

    Lettre à toi

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    Ça fait un petit moment que l'on se regarde toi et moi, sans trop savoir quoi se dire. Longtemps tu as été un partenaire de choix, un confident, un exutoire formidable dans lequel j'ai su déverser mes joies, mes envies, mes interrogations et autres doutes existentiels. Tu étais et demeure présent lorsque cela allait bien mais aussi quand ça allait mal. Toujours disponible, à portée de clic.

    Depuis quelques temps notre dialogue s'est émoussé. Nous nous regardons, silencieusement. L'envie d'écrire est toujours là, à fleur de clavier. Mais les mots ne viennent plus pour le dire. Les maux d'antan ne sont plus ceux d'aujourd'hui.

    Beaucoup de choses en effet ont changé depuis que je t'ai créé voici douze ans. Beaucoup de choses se sont apaisées en moi et de démons intérieurs se sont tus, gommant dans leur chute ces aspérités du quotidien qui sont autant de prétextes à écrire. Ho, beaucoup reste encore à faire, je ne me leurre pas.

    Je confesse aussi une part de paresse dont la responsabilité m'incombe pleinement. Il est tellement plus confortable le soir de se vautrer dans son canapé et de gratouiller les chats-minous plutôt que de s'attabler à nouveau devant un écran et de réfléchir encore une fois, comme tout au long de la journée, aux mots que l'on va poser...

    Tu es ma créature. Je t'ai conçu à mon image. Du bout de mes doigts je t'ai insufflé mille petits fragments de ma vie. Je pourrais tout aussi bien te détruire, en un clic. Ou t'abandonner et te laisser dépérir avec indifférence, si je le voulais.

    Néanmoins je pense à toi souvent. Plusieurs billets sont en cours d'écriture, en latence parmi les brouillons, en attente d'un instant meilleur pour y revenir. Car malgré les apparences et l'absence régulière de nouveauté, je ne t'oublie pas.

    6 juin 2017

    J'ai 10 ans !

    12 commentairess
    Il y a dix ans de cela, jour pour jour, j’ouvrais un petit bout de pas grand chose sur la toile. Un premier billet comme une petite graine de laquelle allait germer ce qui est devenu ce blog.

    Nous sommes en 2007. Je fais mes premiers pas dans un univers nouveau pour moi. Celui d'une différence que je comprends enfin mais que je n'accepte pas tout à fait. J'ai besoin d'écrire, pour tout, pour rien, sans ligne directrice.

    Alors j'écris et cela me fait du bien. Rapidement arrivent les premiers commentaires réguliers de ceux qui deviendront au fil tu temps les premiers habitués. Et cela fait dix ans que ça dure.

    Mes premiers mots ont été écrits sur un blog SpaceLive - plateforme développée par Microsoft, définitivement fermée en 2011. Il était davantage destiné à donner des nouvelles aux amis, tout en semant ici et là des petits cailloux blancs qui donnent régulièrement à mes billets plusieurs degrés de lecture, à qui sait débusquer les indices. Si ma mémoire est bonne, SpaceLive - la protohistoire des réseaux sociaux ! - permettait de chatter avec ses amis et de créer un blog. C'était en fait un genre de sous-Facebook en moins bien ou en tout cas en très différent, très verrouillé et peu ergonomique.

    Mon premier billet publié le 06 juin 2007 à 09:36.

    Avec le temps, la fonction du blog a évolué et la manière d'écrire avec elle. M'assumant progressivement de plus en plus, en étant de mieux en mieux dans mes baskets, j'osais et abordais des sujets un peu plus intimes. Le premier véritable changement fut imputable au changement de plateforme. Space annonçant sa fermeture prochaine, et le bidule manquant cruellement de possibilités de personnalisation, je migrai vers l'actuelle plateforme Blogger à laquelle je suis resté fidèle depuis lors. Là je devins totalement anonyme, ayant connu une déconvenue qui m'a fait devenir un peu parano avec la divulgation de mon identité sur internet. Anonyme et libre...

    Ce changement de plateforme s'est accompagné d'un élargissement du public. Les commentaires sont enfin totalement ouverts, sans qu'il soit besoin d'avoir un compte. C'est l'époque de la pleine effervescence des blogs. Les blogueurs que je lis avec fidélité (Matoo, Tto, Joss, PascalR, Fred, Virgile, Tarval, Boucledor, Orphéus, Cédric Darval de Bayen, Chris, Ditom, Fabisounours, Loup, Olivier d'Evian, Gildan, Maxivirus, Poussin, Des Fraises et de la tendresse, Sailortoshyo, Glimpse et tant d'autres ! Beaucoup ont - hélas - cessé d'écrire...) publient avec régularité. Chaque billet s'accompagne alors d'une pluie de commentaires dans une ambiance bon enfant car tout le monde se commente mutuellement, se renvoie la balle au bond et on se fend régulièrement la poire.

    A cet égard le blog est aussi un instrument de socialisation merveilleux : je ferai, grâce au blog et à mes lectures, de nombreuses connaissances, beaucoup de rencontres, certaines très belles qui ont donné naissance à de très belles amitiés qui, pour certaines, perdurent encore à ce jour. La magie des blogs que l'instantanéité d'un twitter ne supplantera pas...

    L'autre changement résultera par la suite d'un changement de statut : d'éternel étudiant à mi-chemin entre une vie professionnelle envahissante et un orteil à l'université dont je tardais à me délivrer, j'entrais de plein pied dans les tourments de la vie active, ne me laissant que peu de temps pour les loisirs en général et le blog en particulier. Fini la glandouille et l'écriture comme échappatoire... C'est bien simple, le nombre de billets publiés fut quasiment divisé par deux ! Certains problèmes, et le besoin corrélatif d'en parler, disparurent. De nouveaux ne manquèrent évidemment pas de jaillir, tandis que d'autres demeurent intacts.

    Il y eut aussi des moments d'hésitations, des moments de doutes où la question de maintenir ce blog s'est posée... Mais l'envie et le besoin d'écrire ont toujours été les plus forts, même si écrire un blog personnel est souvent un exercice à sens unique : c'est avant tout écrire sur soi, pour soi, un peu pour les autres et leur partager des joies et des peines, mais avant tout pour extérioriser certaines choses dont on ne sais pas trop quoi faire et qui ont besoin de sortir.

    Une fois couché sur l'écran, les mots ne nous appartiennent plus totalement. Ils sont certes ce que nous y voyons, mais il deviennent surtout ce que les autres y mettent de signification. Ce qui veut dire que parfois des billets passent à côté, sont mal ou pas compris du tout. Cela fait partie du jeu. Alors, que des lecteurs se retrouvent dans mes écrits est toujours un bonheur. Et je suis toujours très (très !) heureux de lire des messages en ce sens de ceux et celles qui me lisent, comme cela arrive de temps en temps. 

    Bon, c'est très compliqué en fait à écrire un billet d'anniversaire. J'avais prévu d'écrire un long billet sous forme d'une rétrospective de ces dix années, année par année. Mais à bien y réfléchir je trouve cela fastidieux et terriblement chiant à rédiger. Et puis surtout je suis une grosse feignasse hu hu hu ^^ ! 

    En tout cas une chose est sûre : chaque billet publié, qu'il soit léger, grave ou totalement futile comme ce billet en est la démonstration, est le reflet d'un moment, d'un instant de ma vie. Des instantanés de ma petite vie presque ordinaire et que j'aime à relire de temps en temps, juste pour le plaisir de retrouver certains billets que j'aime bien, ou pour me souvenir de l'état dans lequel je me trouvais à telle époque et regarder le chemin parcouru.

    Dix ans de blog, dix années de ma vie en un peu moins de mille billets, comme autant de clichés photographiques rangés dans une belle boiboite virtuelle : une véritable clavardographie tambourmajoresque (et oui, aujourd'hui je m'autorise toutes les licences lexicales, y compris celle du néologisme).

    Bref nous y voilà : le champagne est prêt, la lumière est baissée et le gâteau arrive. Il ne me reste plus qu'à souffler mes dix bougies.

    Vous soufflez avec moi ?

    1...
    2...
    3 !


    Youpi : J'ai dix ans !

    25 février 2017

    J-100

    1 commentaires
    "Le véritable symbole n'est jamais prévu. Il se dégage tout seul, pour peu que le bizarre, l'irréel, n'entrent pas en ligne de compte." écrivait Jean Cocteau dans sa préface de Les mariés de la tour Eiffel.  Et c'est précisément par le hasard le plus total que je me suis rendu compte cet après midi que, dans 100 jours exactement, ce blog aura 10 ans. 

    10 ans révolus dans 100 jours. Tu parles d'un joli symbole ! 

    10 ans donc, un peu moins d'un millier de billets, tous reflets d'un instant de ma vie, autant de photos instantanées sur mon humeur et mon état d'esprit du moment. 

    10 ans dans 100 jours... Ce n'est certes pas grand chose à l'échelle de la vie d'un homme. Mais ce n'est malgré tout pas mal à l'échelle du petit blogueur que je suis, surtout à une époque où le temps presse de plus en plus, où la durée de vie d'une information est de quelques jours et la fraîcheur d'un gazouillis sur Twitter réduite à quelques secondes, voire quelques heures dans le meilleur des cas.

    100 jours. Un chiffre rond qui nous mènera à la date du 6 juin, jour où, en 2007, j'ai écrit mon tout premier billet. J'ignorais alors que ce petit bout de toile vivrait si longtemps. 

    Évidemment il me faudra écrire pour l'occasion un billet un peu spécial, pour marquer le coup et souffler virtuellement les bougies du gâteau. J'ai déjà commencé à réfléchir à la question, j'ai quelques idées. Il ne me reste plus qu'à m'atteler sérieusement à mon clavier.

    Cela tombe bien : j'ai encore 100 petits jours devant moi.

    6 janvier 2017

    Raisonner les réseaux

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    Depuis plusieurs mois je réfléchis à la question, mis sur la voie par plusieurs connaissances et certains amis qui suivent le même chemin. Aller vers plus de simplicité dans son rapport aux autres, moins d'artificialité, en réduisant l'utilisation des réseaux sociaux. 

    L'idée n'est pas de couper totalement cours à ces derniers mais d'en faire un usage raisonné et de revenir à des valeurs simples et sûres

    Cela commence par les applications de rencontres que j'ai purement et simplement éliminées de mon téléphone. J'ai bien encore mes profils sur tel et tel site mais vu que je ne me suis pas reconnecté depuis des mois et des mois, je ne sais même plus s'ils existent toujours. Et quoi qu'il en soit je m'en moque. Je connais mon travers de regarder toujours beaucoup plus loin que mon horizon immédiat. Privé de ces jumelles, je regarde donc autour de moi lorsque l'occasion se présente. Et il est vrai que les rues de Toulouse sont fort bien achalandées...

    Limiter l'usage de Twitter ensuite, dont je suis plutôt accro. Pour le coup il n'est pas question d'éradiquer l'oiseau bleu mais bien de lui donner une place raisonnable, notamment le soir où il m'est difficile de décrocher, étant souvent à l'affût d'une bonne vanne ou en pleine discussion avec tel ou tel twittos. Je sais surtout que je n'y étale pas ma vie par le menu, heure par heure, ni n'y égraine mes grognements de vieille mégère acariâtre à longueur de page, ce dont certains se sont fait une spécialité. Je twitte donc je suis ? Certainement pas...

    A cet égard, Twitter qui tend parfois à devenir un baisôdrome à ciel ouvert, m'agace de plus en plus. Les gens y exhibent le vide de leur vie à coup de photos - et maintenant de vidéos - aguicheuses. Les jeunes célibataires ou les grosses putes (ce sont parfois les mêmes) s'y reniflent outrancièrement le derrière au point que c'en est parfois gênant. Être beau rend populaire semble-t-il. La réalité démontre toutefois que cela ne rend pas pour autant intéressant.

    Grâce à Twitter pourtant, j'ai croisé de belles personnes que j'espère pouvoir rencontrer "en vrai" un jour ou l'autre. A l'instar des autres réseaux, Twitter est un bel outil mais qui ne fait pas tout. Je crois en la relation humaine, physique, en face à face, plus qu'à la vitrine virtuelle et souvent déformante qu'offre le web et derrière laquelle tout un chacun peut s'inventer une existence fantasmée.

    Le blog est (était ?) à cet égard un outil formidable sans être parfait et qui, inscrit dans la durée d'un texte long et signifiant, les commentaires aidant, permettait un véritable échange, loin de la simple "punch line" ou d'une répartie cinglante destinée à faire du ramdam. Je ne compte plus le nombre de personnes que j'ai pu rencontrer grâce aux blogs, souvent au terme d'une longue relation épistolaire, et dont certaines sont, depuis plusieurs années maintenant, de véritables amis.

    La question de Facebook ne se pose pas. J'y suis peu, ne m'y expose pas - la dernière photo y montrant ma frimousse doit remonter à plusieurs années - et poste essentiellement des âneries pour faire rire les copains, un peu toujours les mêmes d'ailleurs, que je vois régulièrement. Je pense à ma clique des mémères à chats de Toulouse, aux membres du Toulouse Carnet que j'ai toujours plaisir à revoir pour notre rendez-vous mensuel, à mes amis lyonnais dont j'ai revu certains pour nouvel An avec un immense plaisir, aux parisiens que je n'ai pas revu depuis des lustres, à ceux qui ont déménagé un peu partout et que je n'ai pas non plus revus depuis trop longtemps...

    Car au fond voilà ce qui m'importe vraiment : être avec mes amis, partager des moments avec eux, un peu de convivialité et de chaleur humaine, dans l'immédiateté et la spontanéité du quotidien... A trop s'éparpiller sur les réseaux sociaux à la recherche d'une notoriété virtuelle, je crois que l'on perd de vue cet essentiel que plusieurs milliers de followers ne pourront jamais remplacer. Sans compter le temps que l'on ne prend plus pour le leur consacrer.

    Couper les réseaux sociaux ? Certes non. Mais leur donner leur juste place pour que la vie réelle n'y perde pas au change.

    29 septembre 2016

    Genèse d'un billet

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    Depuis quelques semaines me trotte en tête l'envie de prolonger un billet de pure fiction que j'ai écrit en mars dernier. L'idée titille mon imagination en la mettant à rude épreuve.

    A l'origine, ce billet est né d'une matinée à regarder des vidéos sur Youtube d'explosions de bombes atomiques. Je voulais voir, revoir et revoir encore ce à quoi ressemblaient les premières secondes d'une explosion thermonucléaire, en saisir la beauté infernale, en percevoir à travers les images le fracas tonitruant et la puissance destructrice. Toucher du doigt les premières millisecondes de cet processus ahurissant provoqué par la collision de quelques particules microscopiques et qui pourtant dévaste tout sur des kilomètres à la ronde. 

    J'en ai donc visionné un certain nombre, tirées des archives militaires de l'ex-URSS ou encore de l'armée Américaine et m'en suis repus jusqu'à plus soif, sans être sûr d'avoir assimilé ce que j'avais vu. Jusqu'au moment où j'ai eu envie de le raconter et d'essayer de le décrire. Il lui fallait néanmoins un contexte, un prétexte.

    La morsure du soleil, puisque tel est son titre, a été écrit en un peu plus de  dix heures. Une journée entière, passée à poser mes phrases, poser mes mots, polir mes tournures, penser les rythmes et les sons, à intervertir cent fois l'ordre des paragraphes pour donner au texte une cohérence, une logique, une dynamique. 

    Une journée à penser les détails qui pourraient donner au récit un écrin propice à accrocher l'imaginaire, le mien en l'occurrence vu que je suis mon premier lecteur, et pour qu'à la relecture, une fois déconnecté du foisonnement créatif, je puisse me projeter instantanément et laisser se développer les éléments du décors dont l'évocation doit susciter une certaine existence, pour ne pas dire une vie. 

    Ecrire me prend du temps, souvent beaucoup. Je ne sais pas écrire "sur le pouce". Même ce simple billet qui ne dit rien de véritablement essentiel, m'a demandé du temps. C'est un plaisir et, à ce titre j'aime le faire durer, laisser les idées se déployer, faire des pauses, y revenir, faire autre chose en même temps, m'imprégner de musiques, d'ambiances de films ou de la couleur du ciel.

    Tout part souvent d'un petit détail autour duquel s'agglomèrent ensuite des idées, par magnétisme, comme l'on construit un décors d'intérieur auquel il faut que les éléments se répondent, se complètent et produisent un certain contraste, comme cette image d'usine que je viens de trouver par hasard sur Twitter.

    C'est souvent comme cela que tout commence. Un détail, une idée tout bête, une petite phrase entendue, un dessin, une image fugace, un son, un bout de phrase.  

    Une explosion thermonucléaire donc... voilà le point de départ auquel il fallait donner un écrin. Et puis le jeu de l'écriture a pris le relais et je me suis plu à raconter ce morceau d'histoire, à en donner des détails, à construire des bribes de scénario.

    Continuer ce récit, le prolonger, c'est un tout autre exercice. Il faut trouver un point d'accroche, un détail, un angle pour attaquer et auquel rattacher l'histoire. Il lui faut donner une légitimité, une crédibilité. Et surtout la placer dans une logique d'ensemble pour que les éléments ne se trahissent pas les uns les autres. Ce n'est pas aussi simple que je le pensais, d'autant que, par paresse et par facilité, le billet en question est vraisemblablement au beau milieu d'une action plus vaste. Car il est évident qu'il y a eu un "avant".  Il est également évident qu'il y aura, ou qu'il devrait y avoir un après. A quoi ressemble le train dont je n'ai construit qu'un seul wagon, c'est encore un mystère.

    A suivre...

    16 mai 2016

    La vie ennuyeuse d'un blogueur - En réponse à @Seb_stbg

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    Seb publiait il y a quelques jours sur son blog un billet qui m'a fortement interpellé et auquel j'ai pour l'essentiel répondu chez lui.

    Seb écrivait en substance qu'avec le temps, notre vie se posant sur des branches chaque jour plus solides et moins sujettes aux ondulations venant en perturber la quiétude au bénéfice d'une tranquillité accrue, l'envie de bloguer s'émoussait progressivement, la banalité de la vie n'apportant pas, selon Seb, des sujets dignes d'intérêt.

    Effectivement, non, ce n’est pas simple d’écrire un billet de blog un minimum construit et personnel digne d’être publié. Lorsque l’on commence à bloguer (10 ans bientôt en ce qui me concerne), c’est un peu comme en amour : on est tout feu tout flamme, on essaie, on teste, on s’en donne à cœur joie, on a plein de trucs à dire et on les dit, avec plus ou moins de maladresse, celle des débuts. Souvent l’ouverture d’un blog coïncide avec un moment de sa vie où l’on a besoin de dire des choses, de verbaliser certains maux, certaines souffrances, d’exorciser certaines peurs, de partager des expériences heureuses comme des premières amours, ou malheureuses. Cela est d’autant plus facile que le champ est libre, tout est à écrire, tout est à faire, les pages blanches ne demandant qu'à être abondamment noircies.

    Avec le temps, forcément, chacun évolue, à son rythme. La plume s'affirme et la fonction du blog évolue parallèlement. Certaines étapes de la vie sont à cet égard déterminantes : entrée dans la vie active, se caser avec quelqu’un et construire une petite vie tranquille… Surtout, l’écriture permet une certaine forme d’analyse qui profite aux expériences suivantes. Peu à peu, de par les vertus cathartiques de l’écriture, les maux s’apaisent au profit d’une autre forme de sérénité.  Le besoin d’écrire devient autre. Il faut alors se laisser guider pour ne pas perdre le fil des mots et prendre le temps de les laisser germer.  Une semblable rupture est nettement visible chez moi lorsqu'en 2012 mon activité a diminué de moitié assez brutalement, faute de temps et aussi parce qu’une étape importante de ma vie professionnelle venait d’être franchie. Certaines angoisses ont alors disparu, alors que d’autres perdurent encore.

    Ecrire, c’est d’abord un plaisir. Un bonheur de jouer avec les mots pour parler à maux couverts de soi, partager des expériences, ses joies, ses peines, ses interrogations, ses petits bonheurs... Il faut du temps pour écrire. Et de l’envie aussi. Et puis les réseaux sociaux, twitter en particulier, sont de redoutables ennemis du blog : là où une jolie idée pouvait donner lieu à 140 lignes lisibles en quelques minutes, la voilà réduite à 140 pauvres signes survolés en quelques secondes. 

    Notre vie ennuyeuse et banale serait donc indigne d'intérêt ? Qui peut se targuer d'avoir une vie réellement extraordinaire ? La mienne n'a rien de particulièrement original. Je bosse, j'ai des amis, je sors un peu, je vais un cinéma, je fais du sport, je mange, je grogne, je me brosse les dents le soir, comme des millions de personnes. Bloguer est donc aujourd’hui avant tout une question d’envie, de volonté et par dessus tout de plaisir. Et je me bats régulièrement pour que ce petit bout de moi sur la toile ne sombre pas sous la poussière. 

    La fraîcheur dont il est question dans le billet de Seb et dont j'ignore si mes écrits sont réellement imprégnés, vient non pas de mon quotidien mais probablement davantage de cela : d'une façon d'être et de regarder ce qui m'entoure avec un regard simple et neuf de cet enfant de bientôt trente-huit ans qui reste encore aujourd'hui émerveillé par une coccinelle en train de gambader sur une fleur, qui aime faire copain copain avec des chevaux rencontré au gré d'une promenade et qui, à l'occasion, peut être ému aux larmes par un beau coucher de soleil. Ces petits riens qui, mis bout à bout, forment le vaste puzzle d'une vie (presque) ordinaire, puisque tel a toujours été l'intitulé de ce blog, sans recherche effrénée d'une quelconque mise en scène.

    Toutefois, parce que chaque individualité est singulière, chacun racontera à sa façon et d'une manière différente, selon des mots qui lui seront propres, les petites aspérités de sa vie quotidienne et portera son regard là où le notre ne se serait peut-être jamais arrêté, à l'instar du photographe qui, à chaque coup d'obturateur, capture un instant, une lumière, une ambiance, des gestes, des attitudes, des perspectives selon des critères qui lui seront propres et qui feront de cette photo un cliché unique, même si le sujet lui-même a déjà  été photographié mille fois. Au fond qu'importe...? La vie est un éternel recommencement et quoique nous nous efforcions de soutenir le contraire, nous marchons dans les pas de ceux qui nous ont précédés. 

    6 janvier 2015

    Peut-on encore bloguer anonymement en 2015 ?

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    Lorsque j'ai commencé à prendre mon clavier en juin 2007 pour y raconter ma vie (presque ordinaire), la question de protéger mon identité ne se posait pas. Ou peu. S'agissant d'un blog ouvert à l'aide de mon compte MSN, essentiellement pour quelques amis, je ne me suis pas tout de suite posé la question de l'exposition de mes écrits et de mes photos - car à l'époque il y en avait quelques unes.

    Ce n'est qu'après m'être fait prendre les doigts dans la porte par un employeur que je me suis soudainement rendu compte du danger que pouvait représenter la publication d'écrits libres et personnels sur internet.

    Ce soir là, voyant qu'un ordinateur portant la signature IP du boulot était en train d'éplucher mon blog - je m'en souviens comme si c'était hier, je fus pris d'un accès de panique, mettais le blog en mode privé et supprimais dans la foulée toutes mes photos et tout ce qui, d'une façon ou d'une autre, pouvait m'identifier. A cela j'ajoutais une légère retouche des textes afin de définitivement dissimuler toute indication de lieux ou de personnes trop précise. 

    L'avantage des écrits est leur durabilité. Inscrits dans le temps, on peut donc les lire, les relire et les décrypter à l'envie. Mais l'avantage des écrits, dont la photo fait partie, est aussi leur principal défaut : ils restent... 

    Depuis lors, je me suis copieusement abstenu de toute imagerie personnelle, arborant pour seule identité une bannière multicolore, ma signature depuis des années, et deux lettres de l'alphabet sur fond orange. Certes je me suis permis des apparitions dans un calendrier à plusieurs reprises, mais toujours à visage couvert. 

    Et au fond cette situation était pendant longtemps parfaite. Le blog constituait un déversoir efficace, un exutoire parfait. Ecrire, pour raconter n'importe quoi - comme cette recette de Tarte fine aux foies de taupe meringuée, monument de nawakisme, dont on me reparle encore aujourd'hui ! - faire mon auto-analyse, exorciser mes démons, ou coucher quelques jolis moments afin de les relire plus tard... Nous y revoilà : écrire dans la durée, ce qui me convient parfaitement. 

    Voici deux ou trois ans, je lisais des blogs, plus d'une centaine, qui publiaient plusieurs fois par semaine. Une fenêtre sur des vies, des blessures ou des joies. Parfois trois fois rien. Juste un sourire esquissé. Les commentaires allaient bon train qui alimentaient la discussion et ouvraient la porte à davantage.

    La lecture des autres m'a fait découvrir des personnalités attachantes, drôles, parfois troubles. Car, avec ou sans photo, l’accumulation des billets dessinait, en filigrane, le portrait de son auteur. Et c'est justement cette part de mystère, nimbée de connivence, qui motivait les rencontres entre blogueurs. J'en ai pour ma part rencontré beaucoup. Certains sont devenus des amis que j'ai plaisir à revoir régulièrement. 

    Et puis les choses ont évolué. 

    L'explosion du phénomène Twitter en particulier a changé la donne. Fini le billet, place à 140 signes. Au lieu d'un billet réfléchi, construit aux phrases tournées, on lâche quelques tweets en pâture, sans effort syntaxique particulier, si ce n'est la recherche effrénée du bon mot. Et puis c'est tout. L'anecdote qui naguère pouvait donner lieu à une petite page et être lue tranquillement en quelques minutes, se trouve passée à la moulinette de l'instantané. Symptôme des temps. Il faut aller vite. Lire vite. Connaître vite. On passe, on zappe, tu plais, tu plais pas, next

    Dans ce contexte, l'image prend un sens accru. Qui n'a jamais followé quelqu'un pour l'unique motif qu'il/elle a l'air mignon/ne sur sa photo, indépendamment du contenu ? Réciproquement, qui ne s'est jamais étouffé en voyant le nombre de 'like' sous une une photo Instagram d'un joli garçon dévêtu alors que le cliché de votre thuya nain de micronésie pris lors de vos dernières vacances, ne récolte que de maigres éloges ?

    L'image, en ce qu'elle sollicite notre cerveau reptilien, participe de ce travail de l'instantané. Encore récemment, un twitteux me confiait ne jamais suivre des twittos sans photo, variante du "No pic no dial" de mise en d'autres lieux. Et j'avoue que cette remarque m'a beaucoup donné à réfléchir. D'autant que, dans la foulée, certains s'étonnaient de me voir apparaître le visage flouté lors d'une rencontre impromptue entre twittos à Lyon. Choix assumé, qui peut paraître débile. Je ne le trouve pas.

    Pour les raisons que j'ai évoquées plus haut, je ne tiens pas à m'afficher ouvertement, même si je me livre énormément dans ces pages. C'est le but, c'est un choix : que ma petite prose, désincarnée, soit lue par des yeux anonymes. Et je constate autour de moi que je ne suis pas un cas isolé.

    Twitter est surtout un outil de discussion, accessoire et simple prolongement du blog. Ce n'est pas sans conséquence. Le blog reste un vecteur privilégié d'expression, même si twitter est nettement plus facile. S'exhiber sans se montrer totalement, suggérer par couches successives, même si l'objectif premier n'est pas là. Je me considère donc comme un blogueur qui twitte.

    L'anonymat est aussi le gage de ma totale liberté. Et la liberté n'a pas de prix. Alors, pour longtemps encore, l'image passera par les mots.

    Il suffit d'ouvrir les yeux...

    1 août 2014

    Une rencontre au beau FiiiiiiX

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    Depuis huit ans que je blogue, je ne compte plus le nombre de personnes que j'ai pu rencontrer et dont j'ai fait la connaissance. Il s'agit essentiellement de blogueurs, parfois - en réalité assez rarement, des lecteurs. Certains sont devenus des amis plus ou moins proche, que ce soit la fine équipe des lyonnais, ou encore ceux de Bordeaux, l'immense ribambelle de blogueurs qui habitent Paris et ses environs immédiats et, bien entendu, les blogueurs toulousains que je voyais régulièrement, à diverses occasions.

    Tout en rédigeant ce billet, je relis, remontant le fil de mes archives, ceux plus anciens dans lesquels sont consignés le souvenir de ces rencontres. L'effet en est plutôt saisissant tant ces évocations font remonter instantannément un flot d'impressions et d'images : ce deux-mille feuilles de chez Hermé dégusté sur le parvis de Saint-Sulpice, cet apéro chez Fabisounours et son chéri, cette rencontre avec Tto, ce repas dans la citée de Carcassonne, mes escapades lyonnaises, cette belle lumière de fin d'après midi sur le vignoble de Vevey, et tant d'autres choses encore. 

    C'est d'ailleurs probablement la grande supériorité des blogs sur les autres médias sociaux auxquels on impute - à tort ou à raison, voyez mon  billet du 22 juillet dernier et les débats dans les commentaires - le déclin des premiers : conserver, en un tout cohérent, l'ensemble de ses écrits, contrairement à un tweet, noyé au mileu de milliers d'autres, tous aussi pressés. Le blog, lui, a le temps.

    Oui, j'ai rencontré pas mal de monde par le blog. Mercredi, c'était au tour de  FiiiiiiX et son chéri, en vacances à Montréal. C'est drôle de s'être rencontrés à Montréal, à 6000 Km de notre mère patrie. Cela me rappelle, contextuellement parlant, ces trois jours de janvier 2013 lorsque j'avais revu Poussin et son chéri à Buenos Aires. Mettre un peu d'extraordinaire dans son quotidien, ben c'est rudement chouette.

    Bravant le ciel menaçant qui nous a infligé quelques averses, dont nous sûmes faire fi avec cette arrogance naturelle dont seul les français sont capables, nous avons passé l'après midi à arpenter les sommets de la ville : la tour du stade, l'Oratoire Saint Joseph, puis le Mont Royal et son belvédère. Trois sommets, trois points de vues imprenables sur la ville.

    Encore une fois, ce fut une jolie rencontre, pleine de connivence, comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Car si FiiiiiiX ne blogue pas, il twitte, ce qui engendre un premier degré d'interaction. Il alimente également un compte Instagram, ce qui ouvre une fenêtre supplémentaire sur son quotidien. De fait, nous n'étions pas réellement étrangers l'un à l'autre.

    Un blogueur écrivait sur son blog que "le virtuel est le vestibule du réel". Je ne sais pas si cette affirmation est vraie. Je crois même qu'elle est assez fausse, du moins si je l'entends comme son auteur. Non, le virtuel n'est pas un monde parallèle coupé du monde réel. Le virtuel n'est pas non-plus une enclave résiduelle au sein de laquelle les échanges n'ont vocation qu'à être limités. Je crois, au contraire, que le virtuel est le prolongement - aujourd'hui naturel - du monde réel, comme une branche l'est à un arbre. Où s'arrête l'arbre, où commence la branche ? Ce nouvel épisode en est une démonstration supplémentaire.
         
    Oui, c'est vraiment chouette les blogs.

    22 juillet 2014

    Aller de l'avant - Un an après

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    Il y a quelques jours, Aerials33 et Tto discutaient, entre autres choses, de la mort des blogs. Je ne vais pas refaire le débat ni même essayer de le trancher, mais une phrase m'a interpellé de cet échange, selon laquelle le déclin des blogs serait consécutif à une certaine paresse des blogueurs eux-mêmes. 

    Et je dois dire que, me concernant, c'est assez vrai. Certes ce n'est pas l'unique raison, j'en conviens, mais tenir un blog et l'alimenter suppose un certain travail (oserais-je parler d'effort ?) qu'il est bien commode de régulièrement ranger aux oubliettes car, au fond, rien ne nous oblige à bloguer, sinon - dans mon cas - le plaisir.

    En faisant du ménage sur mon blog, je suis retombé sur ce brouillon inachevé. Il remonte à juillet 2013. C'était il y a un an.
    "Je n'aime pas les lendemains de week-end. Ce boisseau d'heures épineuses à l'ambiguité malsaine qui nous partagent entre joie et nostalgie. D'un coté la réminicence moelleuse des moments passés, l'or vibrant des souvenirs amoncelés et l'espoir rayonnant des fois prochaines entourés d'êtres qui nous sont chers. De l'autre, le vide nauséeux de cet après, où les rêves s'arrêtent pour laisser place au quotidien granuleux. 


    Le week-end, une parenthèse bienfaitrice qu'il est sain de renouveler le plus tôt possible. Au fond, je sais que cela ne tient souvent pas à grand chose. Une pointe de folie sauvage qu'il nous faut renoncer à apprivoiser. Ce sont nos folies qui nous font avancer..."
    Ca me fait drôle de relire cette ébauche. Et la première chose qui m'a frappé, c'est son ton passablement mélancolique, preuve manifeste que je n'allais pas très bien.

    Je me souviens de ce mois de juillet-là. Professionellement parlant, ce n'était pas vraiment glorieux. Après avoir fui un pervers narcissique qui me traitait comme une sous-merde, je croyais avoir trouvé asile chez quelqu'un de bien. Malheureusement pour moi, nos relations se sont très rapidement dégradées. Je l'ai quitté quelques mois mois plus tard sans regrets aucun. Je suis sorti de ces deux mauvaises expériences plutôt abîmé, au point de me plonger dans d'insondables remises en question. Aujourd'hui encore, je garde certains stigmates de cette époque de grande déprime et de mal-être.

    Et puis vint cet électrochoc. Que dis-je : cet impact météorotique qui est venu tout faire exploser dans ma vie...

    Un an après, hé bien... je ne sais pas trop par quel bout commencer !
    J'ai entrepris un virage interdimensionnel dans ma vie et pour l'instant, je ne regrette rien. Tout n'est pas simple, tout n'est pas rose chaque matin. Le moral oscille souvent entre une forme d'euphorie béate et et un profond découragement doublé d'une envie sanguine de tout foutre en l'air. Mais non...

    Et puis certains jours, d'excellentes nouvelles arrivent. Des efforts sont récompensés. Les pièces d'un immenses puzzle prennent leur place et s'ajustent. Lentement mais sûrement. De jolies fondations pour des lendemains meilleurs.

    Il me reste encore du chemin à parcourir et je sais que je n'ai pas encore fini d'en découdre avec l'administration, mais je veux y croire, jusqu'au bout.

    Ce sont nos folies qui nous font avancer. 

    10 juillet 2013

    Land of Confusion sur La Radio de l'été des blogueurs

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    N'en déplaise aux inconditionnels, réécouter aujourd'hui les tubes du pourtant légendaire Genesis relève du supplice tellement cette musique m'apparaît datée, et pas de la meilleure façon. Ha ! Les années 80 et leur style heureusement inimitable n'ont hélas pas produit que des sons inoubliables. Et cela est bien dommage.

    Il y a de cela quelques semaines, alors que je transpirais consciencieusement à la salle de sport, j'ai entendu une reprise de  Land of Confusion, un des gros tubes du groupe, sorti en 1986 sur l'album Invisible Touch.

    Pas une mièvre reprise gnangnan-proutprout à base de guitare molle mal accordée et de dégoulinantes vocalises  Non. Du gros, du lourd, du velu, avec des poils...

    Passée au karcher du groupe Disturbed, que les métalleux connaissent bien, cette chanson déploie enfin toute sa rage et devient ce qu'elle aurait toujours du être.

    Je vous laisse apprécier.
    N'ayez pas peur, ça ne fait pas mal.
    Ce sera ma contribution à la radio de l'été des blogueurs.


    Je suis curieux de savoir ce que François, Loup, Nekkonezumi, Mimireliton et Glimpse vont choisir, puisqu'il s'agit d'une chaîne, dont les règles sont ici.

    1 avril 2013

    Bon comme un cheesecake

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    Bordeaux, un week-end prolongé délicieux, superbement reçu chez des hôtes de premier choix. Des retrouvailles, de nouvelles rencontres, des rires, beaucoup d'amitié, un peu d'alcool, et toujours cette complicité partagée.

    Que j'aime ces moments... Ça fait du bien. Beaucoup. Énormément. Intensément. Je me sens vivant. Et pleinement heureux.

    C'est bon, tout simplement bon. 

    Bon comme une bonne part de ce très bon cheesecake savouré avec délices dans la douceur d'une matinée ennivrée de soleil et d'odeurs de café, autour d'une si jolie et amicale tablée.

    Et l'on en redemande encore et encore...

    25 février 2013

    La Revanche du doryphore-garou

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    Non content de m'avoir tagué vendredi dernier, cet insolent de FalconHill (mais qui est-il vraiment ? quels sont ses réseaux ?) me tague à nouveau pour - bis repetita - 11 nouvelles et palpitantes questions piochées chez Romain.

    Prêts pour une nouvelle indigestion ? Non ? C'est pas grave.
    Attention ça va saigner !

    Épisode IILa revanche du doryphore-garou 
    (Sur un scénario original de FalconHill)

    1. Pourquoi le ciel est-il bleu ?
    Si le ciel est si bleu en Argentine c'est pour que les Argentins aient au moins une raison de se réjouir en se levant le matin.

    2. Quel est le motif de rupture que tu as le plus souvent donné ?
    Des motifs de rupture je n'en ai jamais donné beaucoup, faute d'avoir eu une vie sentimentale suffisamment remplie pour avoir à le faire plus de fois qu'il n'y a de doigts sur une seule main. Disons que, pour les peu de fois où j'ai rompu, le motif se résume à "entre toi et moi c'est pas possible". Terriblement banal.

    3. Dans la vie idéale, quel serait ton métier ?
    Cette question c'est le drame de ma vie. Quel métier je voudrais faire ? Je n'en ai jamais rien su et je n'en sais toujours rien. Un "métier"... quel drôle d'idée ! Toutefois, pour répondre à la question, je verrais un métier qui implique une relation avec des gens, c'est à dire un métier qui ne s'exerce pas au fond d'un placard, un métier intellectuellement stimulant, qui fasse appel à une certaine créativité, un métier dans lequel on ne s'ennuie pas car il n'y aurait pas de routine, un métier qui soit valorisant, qui me laisse une grande marge d'autonomie dans l'organisation de mon travail et qui me permette de vivre confortablement. Celui que je tends à exercer en ce moment semble réunir pas mal de ces critères. On verra s'il est pour moi le métier idéal, à défaut d'avoir une vie idéale.

    4. Si tu avais le choix entre stopper les guerres dans le monde ou devenir très riche, de quelle couleur serait ta limousine ?
    J'aurais préféré que tu me proposes de jolies photos pour choisir mon chauffeur... Bon ben disons gris souris, avec un volant en ivoire (ou en argent ?) et des sièges en cuir pleine fleur couleur caramel.

    5. Aurais-tu aimé vivre dans les seventies?
    Dans quel siècle ? Même si j'aurais beaucoup aimé connaître le XIX° siècle, les années 1870 ne m'attirent pas trop, à cause de la guerre de 1874 toussa. Les années 1970, ben je suis né avant qu'elles n'agonisent, donc d'une certaine manière je les ai traversées sans véritablement les avoir connues. Et rétrospectivement je reste assez circonspect sur cette période-là. Donc tout est bien ainsi.

    6. Qu’est-ce qui t’intéresse dans la politique ?
    Lorsque j'étais ado je ne m'intéressais pas, mais alors pas du tout à la politique. Je me rappelle avoir déclaré une fois à table que jamais je ne m'y intéresserai. Et puis j'ai entrepris des études qui m'ont conduit, malgré moi, à m'intéresser au sujet. Lorsque l'on fait du droit son métier, il est impossible de passer à côté de la case politique. Et lorsque l'on met le doigt dans l'engrenage, c'est fini. Je ne me considère pas comme un fin connaisseur de la chose, loin de là. Je suis les débats, les idées, mais je suis incapable d'argumenter sur des sujets strictement politiques. J'adore écouter les autres en parler en revanche, surtout lorsque leurs propos sont teinté d'un soupçon de mauvaise foi.

    7. Pourquoi les otaries sont-elles insupportables ?
    Les otaries ont un sens de l'humour absolument déplorable. Pire que les plus mauvaises blagues de Jean Roucas. Je préfère encore mâchouiller du verre pilé en écoutant Afida Turner slamer de la poésie Vogon !

    8. Que penses-tu de Gérard Collomb, le Maire de Lyon ?
    Qu'il est maire d'un très jolie ville. (Tu la sens passer la réponse à la question 6 ?)

    9. Quel est ta musique/ton groupe/chanteur/chanteuse préférée?
    Très dur de répondre. J'ai en la matière des goûts plutôt éclectiques. Disons pour poser des bases que j'aime beaucoup la musique dite "classique" avec une grosse addiction à la grande école Française : Koechlin, Ravel, Schmitt, Franck, Debussy, les romantiques Allemands comme Reger ou Wagner, la musique un peu plus "contemporaine" comme celle de Messiaen ou d'un Schöenberg, sans oublier Bach (ach !) et Chopin (longtemps mon préféré).
    Sinon j'écoute aussi du Björk, du Gainsbourg (dont j'aime vraiment beaucoup la première période), un peu de variétoche vachement sympa que nous fait régulièrement découvrir l'ami Gildan sur son blog très riche, et je me délecte de l'émission Addictions sur France Inter (une véritable mine).
    Bon tout cela ne répond pas à la question. Donc, si je devais donner ma chanteuse préférée ce serait sans la moindre hésitation Tracey Thorn, anciennement Everything But The Girl, qui mène maintenant une carrière solo (toujours accompagnée aux instru par son Ben Watt de mari) et qui chaque année nous pond des albums aux petits oignons (j'avais fait un court billet sur Love And Its Opposite). Elle ne renouvelle pas forcément beaucoup son style d'album en album mais elle fait ça avec un tel talent qu'on ne lui en veut vraiment, mais vraiment pas.

    10. Peux-tu nous expliquer en détail la situation géopolitique au Nigéria ?
    Alors... tout d'abord il y a des gentils. Ensuite, il y a des un peu moins gentils. Et puis des méchants et des très méchants. Les très méchants veulent péter la gueule des un peu moins gentils avec l'aide des gentils. Sauf que les gentils sont copains avec des gros vilains qui n'aiment pas du tout les très méchants. Alors les très méchants ont commencé à casser la figure des un peu moins gentils, et des gentils aussi, parce que c'est pas toujours facile de les reconnaître entre eux. Les gentils ne se sont pas laissé faire et ont aussi tapé sur les très méchants en représailles, attisant le courroux des gros vilains qui ont pété la gueule à tout le monde parce que bon, hein, faut pas pousser non plus.
    En gros quoi...

    11. Crois-tu en Dieu ?
    Je crois en oui. Dieu, ou disons plutôt une transcendance, quelque soit le nom qu'on lui donne. Plus jeune j'étais nettement plus convaincu en engagé dans la foi chrétienne, ce qui n'a pas été sans créer un violent conflit identitaire lorsqu'il a fallu que j'assume mon homosexualité (je m'en étais déjà expliqué ici). Je reste toutefois attaché à ces valeurs que mes parents m'ont transmises, qui sont totalement miennes et que je ne saurais renier sans me renier moi-même.

    Et maintenant, à qui le tour ?

    Tiens, pour cette chaîne-ci, je refile la patate chaude à François, Anouchka, Méchant Chimiste, Charly, brol, Seb, l'Azimutée et Lui (dont je sais déjà tout le bonheur que cette nouvelle lui apportera), qui devront répondre aux 11 mêmes questions. Bien entendu, et pour parer à toutes représailles mesquines, ces éminents blogueurs n'ont certainement pas le droit de me re-retaguer...

    Et que ça saute !
    (boum)

    ***
    Aucun doryphore n'a été blessé ou mal-traité pendant la rédaction de ce billet.

    11 mars 2012

    Ca s'en va, et ça revient...

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    Ce qu'il y a de franchement agaçant avec l'écriture d'un blog, ce sont les hauts et les bas qui rythment l'inspiration de son auteur. Hé non, un blog ne s'écrit pas tout seul. D'ailleurs heureusement, c'est tout ce qui en fait l'intérêt.  

    Des pannes d'inspiration, j'en ai connues plusieurs. Enfin, lorsque je parle d'inspiration, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse vraiment de cela. Il doit falloir y ajouter un peu de motivation, un nuage d'envie et peut-être un soupçon de je-ne-sais-quoi qui fait monter la sauce. Toujours est-il que ne pas savoir quoi écrire sur ce blog, alors que par ailleurs j'écris beaucoup (encore hier après midi, à propos de tout autre chose), m'est insupportable, comme j'avais déjà pu m'en émouvoir

    Ce qui m'énerve encore plus, c'est d'avoir l'impression de faire ma drama-queen en hurlant au désespoir à vous en fendre le cœur que je suis en panne d'inspiration et provoquer des vagues de suicides collectifs (ben quoi, vous ne lisez pas les journaux ?) puis, trois jours après, au détour de l'installation d'une machine à laver dans ma salle de bain, avoir une super idée de billet et se dire qu'on a crié au loup trop vite. Car oui, l'autre jour, alors que je me débattais avec une machine à laver toute neuve, une petite ampoule à économie d'énergie que je croyais en panne, s'est allumée au dessus de ma tête : Bingo ! J'en tiens un !  Il ne me reste plus qu'à l'écrire. Rhôôô tiens, et si je parlais de ça aussi ? Ha bé oui en fait : j'ai de quoi m'amuser à écrire !

    En rédigeant ce court billet, j'ai fait quelques recherches de citations intéressantes sur l'inspiration. Je vous donne les trois qui ont retenu mon attention. Ce sera mon cadeau du week-end.

    « On ne peut pas attendre que l’inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. »  (Jack London)

    « L'inspiration, ce n'est peut-être que la joie d'écrire : elle ne la précède pas. » (Jules Renard)

    « Quand on veut être artiste, c’est dans la vie qu’on doit chercher son inspiration. » (Madonna)

    7 mars 2012

    Wait and see

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    Lorsque j'ai ouvert mon blog il y a un peu moins de cinq ans et écrit mon premier billet, je dois reconnaître que tout n'allait pas très bien dans ma vie. En apparence pourtant rien ne semblait démontrer un quelconque tourment. Et pourtant dans ma tête c'était un vaste bordel. Un bordel que j'ai soigné à coup de mots. Des mots contre les maux. Des maux d'homo. Un parmi tant d'autres, anonymes.

    D'éclat de rires en écrits plus intimes, dans la peau d'un Tambour Major qui n'est en réalité que l'une de mes facettes, j'ai découvert ce moi que je croyais être un autre et commencé à comprendre ce moi que j'avais coutume de haïr. Rien ne fut sans peine. Mais les fruits en sont immenses. Si je ne suis pas réductible à Tambour Major, Tambour Major n'est pas très éloigné de celui que je suis. Et aujourd'hui je vais plutôt très bien.

    Car depuis quelques semaines maintenant, je suis à nouveau un homme libre confronté à une vie sociale foisonnante qui me donne toute satisfaction. J'ai entrepris de nouvelles choses, me suis constitué de nouveaux cercles d'amis, je sors, fais la fête, et j'ai des projets plein la tête. La vraie vie quoi. Une vie avec de vrais gens que j'ai plaisir à retrouver pour certains, que j'aime à détester pour d'autres. Des gens que je suis heureux de connaître, et d'autres dont je sais qu'ils ne sont que de passage. Cela me change d'une forme de vie par procuration : celle de facebook, twitter et les blogs. Je trouve la vie "réelle" tellement plus exaltante ! Preuve en est la diminution exponentielle de ma fréquentation des blogs, dont certains me sont pourtant incontournables. Attention, je ne crache pas dans la soupe. Rien de cela.

    Car il y en aurait des choses à dire et des questionnements existentiels à partager ! Mais je n'ai pas envie de tout raconter ni de dévoiler mon quotidien présent, dont bien peu de mes amis savent le contenu. N'y voyez aucune mesquinerie ni roublardise. J'ai juste envie de garder ça pour moi, mon petit jardin secret, et de savourer cette joie de vivre librement. En outre, il est certaines questions pour lesquelles je me sens aujourd'hui assez fort et assez grand d'affronter tout seul, comme un homme. Et cela même s'il ne fait aucun doute que des blessures seront à la clé de certaines de mes décisions. Mais aujourd'hui je me sens capable de voler de mes propres ailes et de me prendre des gnons sans trop broncher ni avoir besoin de tout déballer.

    Du coup, le blog n'a plus la même fonction, celle d'un exutoire puissant qui me permettait d'ouvrir la soupape de sécurité et de relâcher la pression. Ma vie évolue et les outils qui l'entourent doivent évoluer avec elle. Aujourd'hui, je n'ai juste plus de temps à consacrer aux réseaux sociaux ni vraiment l'envie d'écrire. Le nombre de billets publiés ces derniers mois est à cet égard éloquent.

    Pour l'instant je ne sais pas à quoi me sert ce blog. Je sais seulement que, à défaut de savoir quoi y écrire, je ne veux pas le fermer. Pas encore. Je n'ai pas encore dit mon dernier mot.

    Alors attendons, et voyons.

    22 janvier 2012

    La première fois que (A lire chez Tto)

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    Tto me fait l'honneur d'un billet relatant notre rencontre en décembre dernier, dans une jolie adresse du XVII° arrondissement. Il exagère un poil la réalité en ce qui me concerne (voyez mon commentaire chez lui) mais je m'associe à ce qui y est dit pour le reste. 

    C'est ça aussi la magie des blogs. Pour faire écho au billet de Flavien, bloguer permet de découvrir des personnalités qui suscitent l'intérêt, des émotions. De billets en commentaires on se découvre quelques pixels crochus, une conversation s'amorce, prolongée par quelques vannes qui donnent du liant à la sauce. Parfois, lorsque l'occasion se présente, on rencontre celui (ou celle) qui est à l'autre bout du clavier, et cela fait de jolis moments. 

    J'avais pris le parti de ne pas raconter mon séjour parisien. Je m'en tiendrai à ma décision initiale.
    Tto relate cette très chouette soirée qui en appelle sûrement d'autres. Il le fait très bien. Et c'est à lire chez lui.

    13 novembre 2011

    Plaisirs simples

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    Aujourd'hui c'est dimanche et j'avais envie de souffler un peu, de m'aérer, de prendre un peu de temps pour moi. Car même lorsque l'horloge se fait menaçante, rien n'est plus urgent que de ralentir un peu le pas. Juste un peu. Alors après m'être levé, pas trop tôt ni très tard, je m'en suis allé transpirer un peu à la salle de sport. Faire le vide dans ma tête, pour penser plus sereinement et libérer mon corps de cette énergie dont il ne sait que faire.

    En ressortant tout frais un peu avant midi, je n'avais qu'une envie : me faire du bien. Aussi, avant de prendre le chemin du retour, je décidais de faire une courte halte au marché Victor Hugo, un lieu de vie unique, antre d'Épicure. J'aime cet endroit ,simple et sophistiqué à la fois, où se croisent la mémé du coin, bobos du quartier et touristes de tous horizons.

    J'ai d'abord craqué pour cette moitié d'un énorme pain à la mie ferme et moelleuse, parée d'une croûte épaisse aux parfums de noisettes torréfiées. Un peu plus loin la gentille vendeuse emballait trois beaux morceau de fromage faits à point. D'abord du Pecorino au poivrre, puis de la tomme de brebis, enfin le dernier quartier de Salers pourvu d'une croûte généreuse proportionnelle à son grand âge. J'ajoutais un morceau de beurre salé frais pour parfaire mon panier et imaginais déjà mon festin du midi.

    Sur le chemin du retour je repensais à ce billet de FalconHill dans lequel il vidait son sac et répondait à un autre billet dans lequel il avait un peu été pris à parti. Ce billet, et avant lui quelques autres, m'a interpellé sur ma façon de bloguer. En particulier FalconHill contestait l'étiquette de "blogueur de droite" en ce qu'elle est profondément réductrice et ne représente pas ce qu'est son blog. "Je blogue comme j’en ai envie, écrivait-il. J’ai envie de faire du "bucolique" et de poster une image de l’automne, je fais du bucolique et je poste une image de l’automne. J'ai envie d'exprimer ce que personnellement, j'ai sur le cœur, ben je l'écris et je le fais." Je souscris intégralement à ces propos.

    Moi même, je me revendique comme pédéblogueur, ainsi qu'en atteste le petit écusson figurant à la fin de la blogroll. Et pourtant, plus le temps passe et plus je me pose la question de son bienfondé. Car mon blog n'est pas que cela, et je crois qu'il s'en faut de beaucoup. C'est du moins mon sentiment. Il m'arrive de parler d'homosexualité, ou de faire quelques allusions plus ou moins directes, mais je n'ai pas l'impression que mon blog tourne uniquement autour de cela, du fait même que je ne crois pas que ma personne puisse se réduire à ma seule orientation sexuelle.

    De retour à la maison, après un petit café chez Stef et Pierre en plein dilemme existentiel à propos du plafonnier du salon, me voici attablé devant mes trois morceaux de fromage et ma motte de beurre fermier. Une bouteille d'un excellent Gewurztraminer 2005 Grand Cru d'Alsace, de chez Hartmann (je vous recommande, c'est mon fournisseur officiel) me tenait par ailleurs en excellente compagnie. Entre deux pitreries, le chat, par l'odeur alléché, vint renifler mes doigts toutes moustaches dehors mais les arômes un peu trop rustiques lui ont fait préférer retourner ronfler sur ce morceau de soleil alangui sur le tapis.

    C'est si simple la vie parfois...

    En prologue au même billet, FalconHill écrivait que "Bloguer est une activité magnifique, enrichissante. Source de plaisir, souvent. Source de rencontres sympathiques (...)".

    Écrire ici est pour moi un moment privilégié qui me procure  intrinsèquement une certaine joie. Quoique j'écrive. Oui, bloguer doit rester un plaisir.

    Un plaisir simple.
    Comme un bon morceau de fromage, avec du bon pain.