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  • 15 février 2019

    La photo du mois : Faire de sa ville sa prochaine destination de voyage

    8 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Février et c'est déjà l'heure de notre deuxième rendez-vous avec La photo du mois.

    Vous connaissez parfaitement le principe : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le thème choisi par Julia Toulon est ; Faire de sa ville sa prochaine destination de voyage.

    L'auteure nous donnait les indications suivantes : 
    Parcourez les rues de votre ville comme si c’était la première fois et attardez-vous sur des détails. Levez les yeux pour découvrir votre ville sous un nouvel angle ! Et partagez vos découvertes avec nous.
    De manière étonnante, ce sujet m'a donné beaucoup de fil à retordre afin de trouver un photo qui soit originale et qui vaille le coup.

    En effet, depuis longtemps déjà je publie sur le blog de nombreuses photo de Toulouse, ville que j'aime vraiment beaucoup, ou de billets à son sujet et, encore tout récemment, dans le cadre de cette série de billets de la photo du mois. C'est simple, je ne perds jamais une occasion de la photographier.

    Alors... hé bien... j'ai un tout petit peu triché. Si...

    En effet, la photo du mois c'est une photo et une seule. Mais cette photo peut, elle-même, être composée de plusieurs images.

    Alors, puisque le thème est aussi celui du tourisme, j'ai donc composé ma photo comme une carte postale caléidoscope en hommage à ma chère ville.

    Et hop, le tour est joué : Bon baisers de Toulouse !
    Saurez.vous reconnaître chacune des six vues qui composent cette photo ?

    11 février 2019

    CRUISING

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    CRUISING (La Chasse)
    Sorti en 1980.

    Réalisé par William Friedkin.

    Avec : Al Pacino...

    Genre : Policier moustachu à la grosse matraque turgescente.

    Durée : 1h40

    Synopsis : C'est la terreur chez les folles de New-York depuis qu'un vilain tueur en série martyrise les pédés tendance cuir-moustache.

    Pour faire cesser l'hystérie collective et remettre de la sérénité dans les jockstraps, la police envoie son meilleur agent, Steeve.

    Sa mission ? Franchir la porte noire des nuits sombres, infiltrer incognito les milieux Gay SM de la ville et démasquer le fieffé gredin qui sème la zizanie dans les bosquets.

    Vêtu de son plus beau marcel, tous muscles dehors et son hétérosexualité à toute épreuve en bandoulière, Steeve sait qu'il ne peut désormais compter que sur lui-même.

    It's time to lip-sync for your life, gurl !
     
    Extraits :
    - Hoooooooou la grosse matraque que voilàààà...
    Cuir, Cuir-moustache.. ♪♫
    - Slt, tu ch ?
    - Wesh chô ?
    ♫♪ Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
    Envole-moi au ciel Zoum !

    - Promenons-nous dans les bois...
    [Argh...]
    - Mais qui a tué Pamela Rose ?
    - Je propose de le piéger avec une tapette géante.
    Cover girl, put the bass in your walk
    Head to toe, let your whole body talk ♪♫
    - Petit petit petit...
    - Tu les aimes mes grosses menottes ?
    L'avis de la rédaction : Diffusé dimanche soir à la Cinémathèque de Toulouse dans le cadre d'un cycle "Extrême-Cinéma", CRUISING est le genre de film qui gratte par là où il passe et qui laisse durablement son empreinte dans les mémoires, au point qu'il me hante encore plus de douze heures après.

    Sorti en 1980, adapté du roman américain éponyme paru en 1970 de Gerald Walker et doté d'une rare brutalité, CRUISING est, me semble-t-il, un film absolument incontournable de la culture Queer.

    Brutalité tout d'abord dans sa manière de montrer les nuits Gay SM. Au soutien d'une caméra impudique à l'extrême, l'image ne recherche aucune forme d'esthétisation. Tout y et cru, nu, brut de décoffrage, sans pour autant se livrer à de la pornographie gratuite, du moins dans sa version cinéma. Il semblerait en effet que la version initiale comportait un certain nombre de scènes de sexe parfaitement explicites qui ont été expurgées du montage final. Quoi qu'il en soit, l'image est relativement salie et la lumière sinistre pour retranscrire la promiscuité oppressante jusqu'à l'obscène des corps qui se cherchent et des bouches qui se trouvent, tout autant que l'atmosphère dégoulinante de stupre, de sueur et de testostérone qui électrise les folles soirées fetish new-yorkaises.

    Brutalité ensuite dans les rapports humains qui, à de rares exceptions près, nient toute altérité. L'autre n'est qu'un objet destiné à assouvir une pulsion. Prière de laisser votre romantisme aux vestiaires. Peut-être est-ce un effet de loupe, mais la violence hallucinante des rapports de drague, tels que présentés dans les foires à viande du film, et à tous les sens du terme, m'a réellement choqué. A cet égard, l'emplacement des bars en question au voisinage immédiat des hangars à viande du port, est particulièrement savoureux.

    Si beaucoup en effet dénoncent aujourd'hui les comportements humiliants de certains gars sur les "réseaux sociaux de l'amûr", CRUISING montre, trente ans plus tôt, une relation à l'autre qui est déjà complètement déshumanisée dans les boîtes à cul de l'époque. Insultes, regards humiliants, attitudes ahurissantes de bêtise... Les temps et les moyens changent, les comportements restent.

    Violence ensuite car, bien que le terme ne soit jamais employé, l'homophobie latente transpire à chacune des cent minutes du film. Homophobie institutionnelle tout d'abord : trans agressés par des ripoux en mal de sexe gratos, homos massacrés par un tueur en série, tabassage en règle dans les locaux de la police qui ne s'émeut pas davantage de leur sort. D'ailleurs, et sans rien divulgâcher, la seule hâte des forces de l'ordre est de boucler (bâcler ?) l'enquête le plus vite possible quitte à la bidonner, et de passer à autre chose de plus "sérieux".

    Homophobie sociale également car, en gros, personne n'en a rien à foutre de la série de meurtres touchant la communauté gay new-yorkaise. A une exception près, les pédés eux-même n'abordent pas le sujet et continuent à se renifler le cul, comme si le sujet n'existait pas où comme si se faire buter par un fou-furieux relevait d'une forme de banalité. Violence délibérément tue, violence ignorée ou violence acceptée ? Fatalisme de personnes affairées à la jouissance de l'immédiat ? Je ne sais toujours pas. Probablement un peu de tout cela.

    Labyrinthique, enfin, le film l'est à maints égards. Plongée dans les lieux de drague nocturnes de New-York, l'intrigue s'étale et se perd souvent avec ses propres personnages, au gré d'une enquête balbutiante, oscillant entre vrais pistes et faux indices qui malmènent le spectateur jusqu'à la dernière minute, au prix d'une frustration terrible.

    En conclusion :  L'on peut comprendre les raisons pour lesquelles les associations LGBT étaient montées au créneau lors de la sortie de CRUISING au motif que le film - comme nos Prides aujourd'hui -  donnerait une mauvaise image des pédés.

    Pourtant, au-delà des images, CRUISING dépeint une réalité qui, si elle ne fait pas de cadeau à la communauté LGBT, n'en fait pas d'avantage, et peut-être moins encore, à la société Américaine des années 70.

    Puissant, labyrinthique, cruel, déshumanisant, frustrant, porté par le jeu d'acteur impressionnant de réalisme d'un Al Pacino en pleine force de l'âge (Le Parrain 2 est sorti six ans auparavant et Scarface sortira trois ans plus tard), CRUISING est incontestablement un film qui mérite d'être vu.
    Note finale : Grosse matraque à moustache en inox 18/10.


    10 février 2019

    Prénoms

    3 commentaires
    J'ai beaucoup aimé un billet de Tto qui s'interroge sur ces prénoms qui lui réussissent et ceux qui lui ont causé bien des tourments.

    L'existence d'un lien de causalité entre le prénom et la personne qui le porte serait assez extraordinaire, c'est pourquoi j'y vois surtout une simple corrélation dénuée de fondement rationnel, mais toujours est-il que j'avais moi aussi remarqué l’existence d’accointances naturelles avec certains prénoms, alors que d'autres ne me réussissent pas du tout.

    Ainsi j'ai toujours du mal avec les Sébastien qui m'ont souvent paru arrogants. Plusieurs exemples tirés tant de ma tendre enfance que de ma vie d’adulte confirment ce sentiment. De même, je me suis rarement bien entendu avec les Cédric. Et d'ailleurs, je n'aime pas tellement ce prénom. "Cédric"... Rien qu'en le prononçant, je trouve la succession des consonnes dures d-r-c- purement déprimante. À chaque fois que je le prononce, c'est à dire le plus rarement possible, j'ai l'impression d'avoir la glotte qui se coince…

    Pour une autre raison que je ne m'explique pas davantage, et tout comme l'ami Tto, le prénom David m'a rarement réussi. C'est un joli prénom portant, David, auquel je trouve un certain éclat tout autant qu'une noblesse probablement enracinée dans l'Histoire. Pourtant je ne crois pas avoir de David dans mes cercles d'amis. J'en ai banni le dernier que j'ai fréquenté voici plusieurs années et ne le laisserai certainement pas revenir. Pour d'identiques raisons strictement personnelles, dont la rigueur scientifique n'est étayée par absolument rien, les Fabrice sont également des personnes à l'égard desquelles je nourris un a priori plutôt défavorable...

    En revanche les Mathieu, les Laurent, les Thomas et les Guillaume m'ont toujours réussi. Au point qu’en observant de plus près mon réseau d’amis, je m’aperçois que j’en côtoie beaucoup. À une exception notable pour chacun d'eux, je crois également avoir une certaine affinité avec les Romain et les Christophe dont je compte quelques représentants au nombre de mes amis.

    S’ils sont moins présents autour de moi, les Jean et les Jean-quelque-chose me réussissent plutôt aussi. Jean-Baptiste, Jean-Pierre, j’en ai toute une collection dans mon sérail. Étonnamment, si je trouve le prénom Jean quelque peu vieillot, qu'il se trouve accolé à un autre prénom lui procure tout d'un coup une certaine douceur et prédispose les personnes qui le portent à une forme de sympathie naturelle.

    Étonnamment cette analyse est plus compliquée lorsque je la mène à l'égard des prénoms féminins.

    Allez savoir pourquoi...


    6 février 2019

    Nostalgie de la pluie

    2 commentaires
    Relire de vieux billets à la faveur d'une recherche sur le blog. Pouvoir y retrouver la trace d'événements vécus, ma mémoire de ces onze dernières années, a quelque chose de formidable.

    Au dehors, sous un ciel blanc et vide, les doigts verts des palmiers s'agitent mollement devant la brique rouge, sous les battements de la pluie. 

    Tout en écoutant le premier album de Dido qui leur est immédiatement contemporain, retomber sur deux billets relatifs à ces semaines noires passées au chevet d'un ami

    Ressentir à nouveau les lumières blafardes et bleutées des néons, l'odeur caractéristique des couloirs d'hôpital, la tiédeur étrange des câbles de l'électrocardiogramme et des perfusions, le bruissement des machines.

    Ligne après ligne, revivre exactement l'instant, chaque geste, chaque bouffée de cet air chargé d'un inextricable sentiment d'impuissance.

    Neuf années se sont sont écoulées depuis...

    Sortir son portable et relire ce message d'il y a dix jours. Voir son visage radieux et son sourire espiègle. Il se marie au mois de mai prochain.

    La pluie froide de février m'est propice à la nostalgie.

    3 février 2019

    Des chats-minous et moi

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    Dans quelques jours cela fera quatre mois que je cohabite avec un duo de chats-minous qui eux-même en auront sept. Hormis quelques bêtises et une quantité industrielle de ronrons, quel bilan tirer de ces premiers mois ?

    Le premier est que j'ai eu raison de reprendre des chats-minous. Les chats c'est cool, on ne le dira jamais assez.

    Le deuxième est que j'ai eu mille fois raison de prendre non pas un mais deux chats-minous. Pour rappel, les deux miens proviennent de la même fratrie. Ils se sont toujours côtoyés et ont toujours joué ensemble. Du coup ils ont continué à faire chez moi ce qu'il faisait déjà chez eux, c'est-à-dire faire inlassablement les pitres, leur petit jeu préféré étant de se courser mutuellement dans tout l'appartement, en heurtant bruyamment les murs et en faisant des glissades sur le parquet ou sur le tapis de l'entrée que je retrouve régulièrement ramassé en boule devant la porte d'entrée... 

    Étant relativement peu présent journée, le fait qu'il soit deux leur permet de ne jamais s'ennuyer. Et je crois que c'est très important pour un animal de veiller à son bien-être physique mais aussi à son bien-être mental (même si les chats sont la quintessence de la folie incarnés).

    Troisièmement, j'avais peur que la présence de deux chats n'engendre un surcoût extraordinaire en croquettes et en litière. En fait non. Alors, oui, un chat mange moins que deux chats. Mais je n'ai pas l'impression d'y laisser un budget colossal malgré le choix d'une bonne marque de croquettes. 

    Niveau litière, après quelques essais, je me suis finalement rabattu sur la traditionnelle Catsan qui est relativement facile d'entretien et d'emploi. J'ai entendu dire beaucoup de choses à ce sujet notamment que le nombre de caisse à litière devait être égal au nombre de chats plus un mais, pour ma part, j'emploie pour l'instant une seule caisse que je nettoie très régulièrement et que se partagent les deux bestioles. Et cela semble fonctionner très bien ainsi car je n'ai jamais eu d'incident technique majeur.

    Au niveau des bêtises, les premières victimes des quenottes acérées des chat-minous furent les plantes qui subirent toutes sans exception un poinçonnage en règle. J'ai donc été contraint de tout mettre en hauteur et de rendre tout ce qui est en hauteur (presque) inaccessible. Je dis "presque" car Pistache, la petite futée, excelle dans l'art de sauter à peu près n'importe où. Un jour je l'ai même retrouvée en train de se balader tout en haut des meubles de la cuisine. Elle avait tout simplement sauté sur le plan de travail - qui lui et pourtant interdit ! - puis, de là, sauté sur la hotte aspirante et escaladé le premier placard à portée de bond. Je la soupçonne de régulièrement fréquenter le haut des bibliothèques du salon et j'ai aujourd'hui même surpris Caramel en pleine ascension ratée de l'une de mes deux enceintes colonnes, entravé dans son périple par la loi implacable de la gravité...

    Au rang des désagréments il y eut le premier mois un gros problème de synchronisation entre nos rythmes de vie respectifs. Ainsi le moment où j'allais me coucher coïncidait exactement avec l'instant où les mistigris avaient soudain très très envie de jouer. Et moi, à deux heures du matin je ne joue pas, je dors... Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis levé entre minuit et trois heures pour les empoigner par le col et les gronder. D'ailleurs à cet égard le Monstre qui crache de l'eau a fait des merveilles. On m'avait en effet conseillé d'utiliser un pschit-pschit rempli d'eau et de leur en vaporiser un coup sur le museau à chaque bêtise. Et ça marche ! 

    Au rang des bêtises régulières, déchiqueter un rouleau de papier WC et en éparpiller les lambeaux un peu partout dans l'appartement se classe aussi en haut du palmarès. Je ne sais pas pourquoi les chats adorent jouer avec le rouleau de PQ. La dernière fois que c'est arrivé, je suis intervenu juste à temps afin d'éviter le drame lorsque j'ai vu Caramel sortir des toilettes un rouleau de papier toilette dans la gueule ! Le rouleaudepqcide fut évité de justesse.

    Parmi les dernières bêtises mais je ne sais pas si je peux vraiment le gronder, par deux fois caramel a eu la très bonne idée de venir pisser dans le lit en pleine nuit. Croyez-moi sur parole : dans ces moments-là on a très très envie de défenestrer le chat après l'avoir pendu avec ses propres tripes...

    Je ne suis pas certain de savoir la cause de ce comportement mais il est probable qu'il y ait une raison hormonale à cela et qu'il marque de la sorte son territoire. Raison pour laquelle j'ai pris rendez-vous avec un vétérinaire pour diminuer un tout petit peu la virilité de mon cher matou et, par la même occasion, faire stériliser Pistache. C'est couillon mais, probablement par un anthropomorphisme primaire, ça me fait un tout petit peu mal au cœur de leur faire subir cette opération et de porter atteinte à leur intégrité physique. Mais c'est une recommandation tant de la SPA que des vétérinaires pour le bien-être des animaux et de leur maître... Alors dans une semaine, Caramel sera plus que jamais un gros pacha(t) à ronrons.

    Car dès que je m'allonge dans le canapé, il y en a aussitôt un qui me saute dessus en ronronnant comme un camion pour venir chercher des câlins et des gratouilles à n'en plus finir. Et il ne se passe jamais très longtemps avant que le second n'arrive dans les mêmes dispositions. Et ça, c'est vraiment très cool.

    Au bout du compte je suis très content de mes chats-minous et je crois que mes chats-minous m'aiment beaucoup en retour. 

    What else ?

    2 février 2019

    A la Chandeleur

    2 commentaires
    Cette année encore je ne mangerai pas de crêpes à la Chandeleur. A peine réveillé par les pitreries des chats jouant sous la couverture, les crépitements de mon téléphone posé sur la table de nuit me signifiaient l'arrivée d'un message. La photo d'un saladier rempli de pâte claire, une petite pile de crêpes dorées dans une assiette colorée et mon neveu, sourire gourmand aux lèvres, brandissant une crêpe au sucre pliée en triangle. Nous sommes bien le 2 février.

    Il y a bien longtemps que je n'ai pas fait de crêpes. Depuis que l'on m'a offert un superbe gaufrier l'an dernier à Noël, c'est plutôt vers ce genre de douceur que mon cœur balance. Qu'elles soient sucrées ou salées, c'est bon les gaufres, et très facile à faire. La pâte à quatre-quarts donne par exemple d'excellents résultats. Et une seule de ces douceurs rassasie davantage l'homme affamé qu'une seule crêpe, qui prend plus de temps à réaliser. Mais la crêpe à ce côté festif, fragile et espiègle que n'a pas, malgré la multitude de ses alvéoles, la gaufre parallélépipède faussement aérienne. La gaufre apaise le corps, alors que la crêpe réjouit l'esprit.

    La dernière crêpe que j'ai mangée remonte à décembre 2018, sur le marché de Noël à Toulouse. Une énorme crêpe plutôt très épaisse et moelleuse, remplie de Nutella. Quoique n'ayant pas faim, j'en avais très envie. Je l'ai d'abord dévorée sur le noir de la crêpière après que, d'un geste sûr, l'artisan a étendu la louchée onctueuse en un cercle parfait, la pâte ainsi disposée exhalant aussitôt des arômes réconfortants aux accents de vanille. Quelques instants plus tard, j'en savourai chaque bouchée lentement, avec une gourmandise coupable pour en apprécier davantage la texture suave et la régressive saveur chocolatée. 

    Habituellement je préfère les crêpes très fines et très souples, dont la pâte est parfumée avec abondance de rhum, comme sait si bien les réaliser la grand-mère de mes cousins. Non pas de simples crêpes, mais de véritables chef-d'œuvre tout en rotondité qu'elle se plait parfois à garnir d'une crème chantilly extrêmement ferme mais légère et de raisins secs marinés dans un mélange de liqueurs dont elle a le secret. Il y a bien longtemps que je n'en ai pas mangé non plus, de ces crêpes-là.

    Avec le mois de février s'achève la saison de la galette des rois. Mais dans le frémissement des poêles beurrées, montent les vapeurs sucrées de nos souvenirs.