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    Affichage des articles dont le libellé est Buenos Aires. Afficher tous les articles

    2 mars 2013

    Hasta luego Buenos Aires !

    23 commentairess

    Voilà, l'appartement est rangé, les volets sont baissés, les valises sont faites, le passeport est prêt... Ciel que cet instant me semblait loin lorsque j'ai posé mes valises en Argentine il y a six mois !

    Six mois...

    Hé oui, six mois que je suis ici. Six mois que j'ai quitté les miens, ma ville, mes habitudes, mon chat, mon chez moi. Six mois de déracinement au cours desquels je me suis peu à peu reconstitué un quotidien dans cet étrange pays d'Argentine que j'ai fini par vraiment aimer, après l'avoir si souvent haït pour ses innombrables défauts, et en dépit de toutes les qualités qui sont les siennes.

    Buenos Aires, la chaotique Buenos Aires où j'ai vécu cinq mois, ses embouteillages inextricables, ses avenues aux accents qui se voudraient faussement parisiens, ses quartiers animés comme autant de villages et tout autant d'invitations au voyage, son ciel toujours bleu, sa chaleur infernale en été, ses garçons délicieusement bruns aux charmes que l'on se plaît à imaginer dionysiaques...

    Six mois...

    Six mois passés en un éclair et dont je ressors avec l'absolue conviction d'avoir grandi, humainement et professionnellement, sans trop encore savoir exactement dans quelle mesure, mais c'est un ressenti profond. Six mois durant lesquels j'ai beaucoup appris, que cela soit sur moi ou sur les autres. Ainsi je sais désormais que les gens sont partout les mêmes et que, ici comme ailleurs, je ne suis pas fait pour certaines choses. Ce qui m'insupportait en France m'a insupporté de la même manière en Argentine. Je me suis aussi rendu compte que l'on cherche parfois très loin ce que l'on a à portée de la main et qu'il suffit tout simplement d'ouvrir les yeux - d'être aware dirait un éminent philosophe de la pensée post-moderne,  pour le découvrir. Six mois qui m'ont également permis de voir où étaient mes amis, ceux et celles qui n'oublient pas malgré la distance. Réciproquement, sans pour autant leur en garder rancune, je n'oublierai pas le silence assourdissant de certaines personnes. 

    Six mois pendant lesquels la France n'aura pas eu le temps de me manquer alors que je sais déjà, en revanche, qu'à mon retour l'Argentine me manquera. Une douce mélancolie de tout ce que j'ai vécu ici avec certainement beaucoup d'insouciance, tous les jolis souvenirs, imperissables, qui désormais m'appartiennent, et la mélancolie ce que ceux que je laisse derrière moi, parfois non sans amertume.

    Argentine, pays de Borges et Cortazar,
    Et toi Buenos Aires dont Gardel a si bien chanté la mélancolie,
    Je ne te dis pas "adieu" mais "au revoir"
    Car nous savons l'un et l'autre qu'entre nous rien n'est fini.


    Hasta luego Buenos Aires !



    15 février 2013

    La Photo du Mois : "Bleu"

    35 commentairess
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 Février 2013, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois".

    Accessoirement ceci est mon 666ème billet ! (hu hu hu)

    Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Pour cette deuxième édition de l'année,Hibiscus  nous propose Bleu.

    Du bleu, en Argentine, il y en a partout, à commencer par le drapeau national qui est composé aux deux-tiers d'un bleu-ciel si caractéristique. Il ya aussi tout un tas de maisons colorées dans le très fameux quartier de La Boca, dont une qui aurait particulièrement bien cadré avec le thème et dont j'avais déjà publié la photo sur mon Tumblr. C'est d'ailleurs cette photo que j'avais tout d'abord choisie comme photo du mois.

    Mais en faisant du tri dans mes fichiers, je suis tombé sur une photo tout aussi récente, prise il y a trois semaines dans le jardin botanique de Buenos Aires et dont j'ai préféré l'originalité : une jolie libellule aux yeux bleus, posée sur un bouton de nénuphar.

    J'aime beaucoup les libellules, et cela depuis ma tendre enfance. Pensez-vous : un insecte qui ne pique pas, qui ne mord pas et qui en plus est joli ne peut qu'attirer la sympathie d'un bambin. Lorsque j'étais gamin, il y en avait de toutes les couleurs qui jouaient au bord du canal chez mes parents. A tel point qu'une promenade sans avoir vu de libellule était une promenade tronquée de l'une de ses attractions les plus merveilleuses : le bal gracieux des libellules parmi les folles avoines.

    Alors, où que je sois, voir une libellule virevolter me donne immédiatement le sourire car elle réveille en moi cette part d'enfance, jamais très lointaine, qui sait s'émerveiller pour un petit rien...

    La vie en bleu continue chez les autres participants à La Photo du Mois :
    100driiine, A bowl of oranges, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Anne Laure T, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Caprices de filles, Cara, Carnets d'images, Caro, Caro from London , Carole In Australia, Caterine, Cath la Cigale, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Chris et Nanou, Christeav, Cindy Chou, Coco, Cocosophie, Cook9addict, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr. CaSo, E, El Padawan, Eloclemence, Elodie, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Fesse fouille, Filamots, flechebleu, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, impolitique, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Juriste-in-the-city , Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Parigina, La voyageuse comtoise, LaGodiche, Lau* des montagnes, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Lo, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Mimipetitesouris, Mistinguett, Nadezda, Nataru, Nicky, Nie, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Photo Tuto, Pilisi, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Tuxana, Un jour une rencontre, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

    10 février 2013

    Nouvel An Chinois à Buenos Aires

    4 commentairess
    Ce week-end on fête un peu partout dans le monde le Nouvel An Chinois et le début de l'année du Serpent. Capitale cosmopolite s'il en est, Buenos Aires possède son quartier chinois, à Belgrano, qui accueille pour l'occasion des milliers de visiteurs.


    L'unique rue, qui constitue la partie "visible" du quartier, se transforme en un gigantesque fleuve humain à travers lequel il est parfois difficile de se frayer un passage. Les boutiques, bondées de chalands, ont fait le plein de colifichets et autres chat porte-bonheur. La tentation est omniprésente. Pour être franc, je n'ai pas pu résister...


    Entre deux étals de bouffe qui emplissent l'air d'odeurs toutes plus alléchantes les unes que les autres - je vous passe le détail des beignets de crevette, pains de viande frits à la sauce piquante ou encore ce rafraîchissant thé glacé hyper-sucré dont la moindre gorgée rendrait diabétique un troupeau éléphants, parmi bien d'autres hérésies diététiques - des stands proposent de faire découvrir la culture chinoise, en particulier la calligraphie. 


    Bien sûr, le clou du spectacle reste le grand Dragon qui, après être passé de maison en maison pour apporter fortune et prospérité, danse au milieu de la foule dans la liesse générale. Bon, j'avoue avoir été un poil déçu car je m'attendais à voir un énorme dragon vert et rouge comme on peut en voir ailleurs en Chine. Et surtout la chorégraphie ne semblait pas super au point car, visiblement l'animation de l'animal manquait parfois de synchronisation. Mais bon, le spectacle restait tout de même fort plaisant.


    Un peu en dehors du quartier, juste à l'entrée de celui-ci, se déroule une immense foire artisanale essentiellement dédiée à la bouffe. Là encore on se presse on se bouscule au milieu d'odeurs de friture et d'un joyeux chahut populaire bon-enfant. Sur une grande et belle scène se déroulent des démonstrations d'arts martiaux ainsi que de danses populaires. Le soir tombe, il fait très bon, les gens assis dans l'herbe partagent un maté, des couples s'embrassent, des enfants rient...

    Étrange et amusant choc des cultures, à quelques dizaines de mètres de là, sous une grande  gloriette, des danseurs de tango aux cheveux argentés essaient impassiblement d'exister malgré le flot de décibels aux accents si peu porteños ...


    Bonne Année du Serpent à tous !

    26 janvier 2013

    Réalité familière

    14 commentairess
    Presque cinq mois que je suis en Argentine. Cinq mois. Dans quelques semaines sonnera l'heure du grand retour. Enfin, ou déjà, je ne sais pas trop. Certaines choses me manquent un peu, j'y pense parfois avec une douce et heureuse nostalgie. Je me suis attaché à d'autres qui font désormais partie de mon quotidien et qui, je crois, me manqueront une fois rentré à Toulouse. 


    Il y a quelques heures, j'ai feuilleté mes photos, en commençant par celles prises lors de mon arrivée ici. Je me souviens exactement de l'excitation de ces premiers instants.

    En revoyant ces photos j'ai à nouveau ressenti très précisément l'émotion intacte de mes premiers pas dans Buenos Aires, cette grande ville dont je ne connaissais rien et pour laquelle chaque mètre parcouru révélait de nouveaux attraits : l'Avenue 9 de Julio et son obélisque, la Casa Rosada, cette rue dont je ne sais toujours pas le nom et dans laquelle j'avais craint de m'être égaré, ce quartier non-loin de Puerto Madero qui me semblait à l'époque au bout du monde et dans lequel j'avais peur de m'aventurer par crainte de ne plus savoir rentrer chez moi, alors qu'il est en réalité tout proche et que je le connais aujourd'hui comme le fond de ma poche. 


    Oui, c'est une sensation assez étrange que de revoir ces photos et de me dire que tout ce monde naguère inconnu m'est aujourd'hui parfaitement commun. Ma vie ici, qui s'est faite à son tour presque ordinaire...


    17 décembre 2012

    Prendre le bus à Buenos Aires

    11 commentairess
    Pour se déplacer dans et hors de la ville de Buenos Aires lorsque l'on n'a pas de véhicule à soi, il existe une méthode très - très - bon marché : le bus. En effet, il faut savoir que toutes les lignes de bus sont privées. Toutes. Seul le prix est - fortement - subventionné par l'État National, ce qui explique qu'un trajet coûte à peine plus de 1 pesos argentin (environ 16 centimes d'Euro). Une paille !

    Même s'il est possible de s'acquitter du prix du billet au coup par coup en étant bien certain d'avoir l'appoint, sous peine de se faire onctueusement rabrouer par le chauffeur, prendre le bus de façon confortable à Buenos Aires vous demandera de franchir une première étape : celle de l'acquisition de la carte SUBE. La SUBE est une sorte de porte monnaie électronique dédié à tous les transports en commun. Simple, commode et efficace, on peut l'acheter dans (presque) n'importe quelle agence postale et la recharger très facilement à peu près n'importe où en ville.

    Une fois le sésame en main, le véritable parcours du combattant commence. Et il commence par une étape fondamentale : trouver, parmi les quelques 180 lignes existantes, celle qui vous emmènera à bon port, dans des conditions plus ou moins rock'n roll.

    J'en entends dire au premier rang : "Oué, fastoche, on regarde sur le plan !".
    Oui oui oui... Mais QUEL plan ? Ici, aux arrêts de bus, il n'y a pas de plan... Parfois il n'y a pas d'abribus du tout, sinon un arbre ou un vague poteau. Alors ? Ben on se démerde ! On regarde comment font les autres et on cherche toutes les infos utiles sur les sites internet. Surtout évitez les sites des compagnies elles-mêmes qui sont à hurler. Personnellement j'utilise celui ci, qui est plutôt bien foutu et simple d'utilisation.
    Pour les adeptes des vieilles techniques de trappeur nettement plus "roots", sachez qu'il existe aussi des guides papier, aisément consultables avec une astrolabe et un BTS de géomètre (le recours à un exorciste est toutefois vivement conseillé).

    Une fois l'arrêt (ici on parle de parada) "théoriquement" identifié et localisé dans l'espace, reste à le trouver pour de bon, in situ. C'est très important car les chauffeurs bus sont particulièrement têtus : ils s'arrêtent uniquement devant la parada attribuée, ni 10 mètres avant, ni 10 mètre après. Et ils seront encore moins enclins à s'arrêter si vous les hélez d'un geste de la main au beau milieu de la rue. Vous risquez même d'y perdre un bras. Mieux vaut donc se tenir au bon endroit et au bon moment, carte SUBE à la main ou avec l'appoint de petite monnaie.

    Bien. Reste un point important : savoir reconnaître une parada. Normalement, une parada, cela ressemble devrait toujours peut ressembler à ceci :

    Figure 1 : une parada idéale.

    S'il en était toujours ainsi, prendre le bus serait une joie quotidienne, un véritable enchantement, une source intarissable de volupté collective. Sauf que en pratique, cela ne se passe pas systématiquement de cette façon.
    Ainsi, il est très fréquent, parmi la multitude de réverbères, piliers et poteaux de toutes sortes qui jalonnent massivement le trottoir de la moindre ruelle, de devoir chercher ceci :

    Figure 2 : la réalité pratique.

    Ou comment pourrir la vie des usagers en rendant les arrêts indétectables à moins de 5 mètres....
    A cette parada s'arrêtent les bus des lignes 108 et 10, mais aussi de la ligne 124, rajoutée manuellement sur la tôle peinte en rouge. Quand on a à chercher ce genre de totem là, je dois dire que tout va bien, c'est facile, il n'y a aucune difficulté, si ce n'est celle de passer 3 fois devant sans la voir. En outre vous noterez que ce panneau-ci est en très bon état. J'en ai vu qui ont du faire le Vietnam tellement ils étaient illisibles !
    Toutefois ce n'est pas le plus fréquent non plus car, dans le mode "furtivité avancée", voici ce que l'on trouve de façon très habituelle comme arrêt de bus :

    Figure 3 : Oukilé ?

    Vous avez vu ? Non ?

    Betty, s'il vous plaît, faites nous un agrandissement 100% avec interpolation spectrométrique et raisonnance des rayons Gamma...

    Figure 3bis : agrandissement 100% 
    avec interpolation spectrométrique et raisonnance des rayons Gamma.

    Merci Betty.
    Ça va mieux comme ça ? Vous voyez maintenant ? Vous voyez le 17 et le 3 délicatement peints à la main sur le poteau métallique de façon très visible? Ben voilà : ça, c'est un arrêt de bus pour les lignes 17 et 3. C'est extrêmement fréquent. Attention, ce poteau n'a pas été installé là pour faire office d'arrêt de bus : il ne s'agit ni plus ni moins que d'un simple poteau électrique...

    Parfois on a même le droit a de magnifiques combos. Démonstration : 

     Figure 4 : Cékoi kifovoir ?

    Là par exemple s'arrêtent les bus 59, 10, 13 et 1...
    Betty, s'il vous plait, voulez-vous bien nous faire à nouveau un agrandissement 130% avec interpolation spectrométrique et magnéto-raisonnance plasmique ?

     Figure 4bis : agrandissement 130% 
    avec interpolation spectrométrique et magnéto-raisonnance plasmique.

    Merci Betty...

    Voyez : 59 et 10 sur le panneau métallique, puis le 13 et le 1 sur le poteau électrique, toujours dans ce style furtif inimitable. Prendre le bus à Buenos Aires suppose davoir de très bon yeux et aimer les jeux de cache-cache...

    Mais prendre le bus à Buenos Aires, c'est parfois - aussi - être confronté à la quatrième dimension... Livrons nous à une petite expérience que vous pouvez réaliser simplement chez vous. 
    Revenons, si vous le voulez bien, à la toute premère photo de ce billet, celle de la parada - a priori - normale et approchons-nous du panneau d'indication des lignes.

    Betty, gros plan s'il vous plait.
    Merci Betty.

    Figure 5 : La vérité est ailleurs...

    Vous avez 5 minutes pour me lister toutes les lignes qui s'arrêtent ici...

    C'est bon ? Un indice : il y en a 2 et demi !
    Tout le monde aura trouvé, je suppose, le 38, bien visible tout en haut. Ceux qui ont une excellente vue et un sens aigu du jeu auront aussi vu que sous INFOBAE, on peut lire - presque totalement effacé - le 17, qui passe et s'arrête bel et bien par là. D'ailleurs le panneau vert écrit en orange le confirme, car ce sont les couleurs de la signalisation de la ligne 17.

    Mais ce n'est pas tout... il reste la demi-ligne : le 38 qui fait 60... 
    Le 38 qui fait 60, voyez-vous, c'est un bus de la ligne 38 qui ne fait pas tout à fait le trajet de la 38, ni celui tout à fait de la 60, mais qui en emprunte des morceaux, et qui porte le numéro 38. Donc, avant de grimper dans un 38 il faut obligatoirement s'assurer que c'est vraiment un 38, et non pas un 38-60 qui ne vous conduira pas où vous le voudrez.

    Parfois l'énigme est encore plus épaisse : la ligne existe, vous voyez d'ailleurs de temps en temps des bus passer, mais vous ne trouvez aucune parada sur le trajet. Aucune. C'est un peu comme le train pour Pau : il y passe, mais ne s'y arrête pas.  Aujourd'hui, malgré la dizaine de personnes à qui j'ai posé la question et qui m'ont toutes donné des indications différentes, j'ai tourné plus d'une heure sans jamais voir l'ombre du moindre petit 60...

    Alors si d'aventure vous trouvez une parada de la ligne 60, envoyez moi des photos !

    15 décembre 2012

    La photo du mois : "Détail"

    27 commentairess
    Bonjour bonjour, c'est l'heure de notre rendez-vous habituel avec La photo du mois. Et peut-être la dernière, étant donné que la fin du monde est proche...

    Pour cette utlime nouvelle édition, c'est Krn qui nous propose le sujet suivant : "Détail".

    Des événements récents à Buenos Aires m'ont donné l'occasion de faire cette photo. Elle n'a rien d'extraordinaire me direz-vous. Et pour cause, tout est dans le détail...
    Cette photo a été prise le 6 décembre dernier, en centre ville, vers 15 heures. Il pleuvait, beaucoup. Vraiment beaucoup. Un véritable déluge : ce jour-là, il est tombé entre 130 et 140 mm d'eau, alors qu'en décembre il tombe en moyenne 110 mm. En quelques heures seulement il a donc plu davantage qu'en un mois complet.

    Le bilan ne fait pas non plus dans le détail : des routes inondées, avec parfois jusqu'à 80 cm d'eau dans certains quartiers dont les rues se sont transformées en torrents, accès aux autoroutes coupés, circulation fortement perturbée, métro noyé, gare de trains fermées, coupures d'électricité dans toute la ville... Pendant plusieurs heures la ville a été plongée dans un chaos encore plus impénétrable qu'il ne l'est d'habitude. Trois personnes sont mortes noyées, vraisemblablement emportées par le courant.

    Les insupportables médias argentins ont fait leurs choux gras de ces événements météorologiques, à grand renfort d'images choc de voitures emportées par le courant, de torrents de boue, et des kilomètres d'embouteillages aux portes de la ville. Puis, dès le lendemain ils sont passés à autre chose, comme si rien ne s'était passsé.

    Un détail...

    Et pas une ligne dans les médias Européens qui ont certainement estimé que ce détail ne méritait guère leur attention.

    C'était le 6 décembre dernier, à Buenos Aires, l'une des plus grandes villes du monde. Juste après que, plus tôt dans la matinée, un container de produits chimiques a explosé dans la zone portuaire de Puerto Madero, un quartier très fréquenté à deux pas du centre ville, couvrant plusieurs quartiers d'un épais nuage de vapeurs toxiques. Un ordre d'évacuation de tout le sud de la ville avait même été donné. Un autre "détail"...


    Tout n'est que détail.

    Allez voir la contribution des autres membres du goupe de La photo du mois : 
    100driiine, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anita, Anne, Anne Laure T, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Caprices de filles, Cara, Carnets d'images, Caro, Carole In Australia, Caterine, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Christeav, Cindy Chou, Clara, Coco, Cocosophie, Cook9addict, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr. CaSo, Dreamteam, E, El Padawan, Eloclemence, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Filamots, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Isabelle et Gilles, Isaquarel, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, Josiane, Juriste-in-the-city , Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaFamilleD , LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les bijoux de Sandra, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, Lhise, Lisa doré, LisaDeParis, Lo, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, magda627, Maïder, Maïeva Voyage, Mamysoren, Marion, Marmotte, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Misscarone, Mistinguett, N, Nana, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Nikit@, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Pilisi, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sébastien, Sephiraph, Shandara, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Supalisa, Testinaute, Thalie, The Mouse, Titem, Un jour une rencontre, Une niçoise, Valentine, Vanilla, Violette, Virginie, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv', Zapo, Zaza.

    1 novembre 2012

    Deux mois en Argentine !

    7 commentairess
    Cela fait maintenant deux mois que je suis en Argentine, déjà. Fichtre, que le temps passe vite ! Je me revois encore à l'aéroport de Toulouse, faussement calme, partagé entre une trouille fabuleuse et une excitation incroyable, dans la file d'attente avant l'embarquement. Je ressens encore la brûlure de mon souffle dans mes poumons après cette course effrénée dans les couloirs de Madrid, et ces premières minutes alors que le taxi me conduisait de Ezeiza à Buenos Aires dans la douceur d'une très belle et douce nuit... C'était hier, c'était il y a deux mois, et ces instants resteront gravés à jamais dans ma mémoire.  

    Mais voyons le verre du côté plein, car ces deux mois ne sont qu'un tiers du chemin. Il me reste encore du temps pour voir, pour apprendre, pour découvrir encore et encore ce beau pays aux richesses infinies et surtout nettement plus complexe que les apparences le laissent supposer. Oui, l'Argentine est un pays qui se gagne pour en découvrir le coeur. Il faut gratter, un peu, beaucoup. Il faut hésiter, revenir sur ses pas, rebrousser chemin et parfois faire preuve d'une déconcertante audace pour que se dessinent des chemins dont on ignorait jusqu'alors l'existence. Ainsi sont les choses, il faut savoir se plier à elles pour mieux les laisser venir à soi et s'oublier un peu pour mieux s'ouvrir à elles.

    Ce soir en contemplant du haut de mon nid d'aigle, le sommet des immeubles qui jalonnent l'avenue 9 de Julio encore bouillonnante d'énergie, je me dis que j'ai de la chance d'être ici et qu'il m'en faut savourer chaque jour, chaque minute, chaque seconde.

    Et croyez-moi, c'est plutôt bien parti !


    22 octobre 2012

    La soirée ratée et ce garcon qui voulait m'embrasser

    26 commentairess
    Ce devait être une bonne soirée. Tous les ingrédients étaient là pour que cette première sortie au cœur des folles nuits porteñas soit inoubliable. Il n'en fut rien.

    Tout avait commencé quelques jours plus tôt avec la rencontre de ce charmant garçon chez qui j'étais allé prendre un café et faire connaissance. Oui, c'est réellement un joli garçon, de mon âge, très bien de sa personne, de silhouette ostensiblement athlétique. Je vous arrête tout de suite : il ne s'est rien passé entre nous, il ne m'attire pas plus que cela. Car aussi beau soit-il, aussi charmant qu'il puisse être, je ressens en lui cette étrange mais assourdissante dissonance que je ressens parfois à l'égard de certaines personnes et qui fait que le courant ne passe pas autant qu'il le pourrait. J'ai parfaitement conscience de l’irrationalité de mon propos mais mon instinct, auquel j'ai réappris à faire confiance, ne me trompe que rarement.  Et de toute façon nous étions d'accord sur la nature de stricte courtoisie de ma visite...

    Nous nous sommes revus quelques jours plus tard pour dîner, toujours chez lui. Il avait préparé à manger. Le repas typique du pédé qui prend soin de son corps dessiné à coup d'heures passées à la salle de sport : du poulet au four, une salade de crudités, du coca light. 
    On a discuté un peu plus que la première fois. On a parlé jeux vidéos, cinéma, on s'est tapé sur la gueule à coup de Street Fighter IV... Ce fut un moment assez sympa même si son petit short très court et sa chemise hyper cintrée suggéraient, sans trop d'équivoque, de toutes autres ambitions à propos desquelles les textos échangés alors que je cheminais sur le retour, donneront la confirmation. Et j'avoue que ça m'a un peu fait chier de savoir que nous n'étions pas exactement sur la même longueur d'ondes et qu'il espérait autre chose qu'une "simple" amitié sans jouer cartes sur table.

    Quoiqu'il en soit, ce second soir, avant que nous ne nous séparions, et tandis que j'observais son bras accoudé sur le dossier du canapé se rapprocher insensiblement de mon visage, mon nouvel ami m'a parlé d'une soirée Dorothy qui avait lieu le vendredi suivant en plein cœur de Buenos Aires. De ce que j'en ai compris, les soirées Dorothy sont des soirées plutôt ultra prisées, initialement conçues pour garçons sensibles mais désormais ouvertes à un plus large public. "Ce serait dommage que t'y ailles pas" m'a-t-il dit. En effet, même si en temps normal je ne suis ni un grand afficionado des soirées en boite en général ni des soirées dans le milieu en particulier, ce serait dommage de passer à côté de ce qui semblait être l'événement du mois à Buenos Aires, mon nouveau chez-moi. La chose était entendue, rendez vous vendredi soir sur le coup de une heure du matin à la découverte des nuits argentines.
    Vendredi, une heure trente du matin, j'attends mon comparse au pied de son immeuble avant que nous ne sautions dans un taxi, direction le Palacio Alsina, temple de la musique électronique à Buenos Aires. 

    Quoique nous soyons arrivés assez tôt il y a déjà beaucoup de monde qui se presse dans la rue et forme une interminable file d'attente. Une fois à l'intérieur, le lieu est vraiment superbe : au rez-de-chaussée se situe le dance-floor, surplombé par deux niveaux de balcons faisant tout le tour de l'immense volume. Sur le mur du fond et recouvrant tout le plafond, un écran géant diffuse alternativement extraits de clips et images psychédéliques. Deux DJ envoient les décibels, le show est grandiose et bien rodé, la clientèle est assez variée, ni trop jeune ni trop âgée, le tarif des boissons reste parfaitement abordable, l'ambiance globale plutôt sympa. La fête pouvait commencer.

    Mais alors pourquoi diantre ne me suis-je donc pas amusé ? Pourquoi au bout d'une heure avais-je déjà envie de rentrer chez moi ? Car non, je ne me suis pas amusé. Non je n'ai pas apprécié cette soirée. Et pourtant, merde quoi ! je suis dans un endroit où toute la ville se bouscule, dans une super métropole, à l'autre bout du monde, et je me fais chier alors que tout le monde autour de moi semble passer un bon moment. Tout ces gens qui dansent le sourire aux lèvres faisaient-ils semblant d'être heureux ? Qu'est-ce qui cloche en moi ? Pourquoi je n'y arrive pas, moi, à m'amuser ?

    Ayant perdu mon prince charmant de vue depuis un petit moment et ne l'ayant pas recroisé de la soirée, je ne suis malgré tout forcé à rester. Je me disais que, peut-être un déclic allait se produire, que j'allais croiser un regard invitant ou un visage amical, une invitation à un peu d'effervescence... J'ai repris un verre bien tassé pour m'embrumer un peu les sens et me délier l'esprit, fixant la foule en transe, dans l'attente d'un sursaut salvateur qui ne viendra jamais. La musique ne me fait pas vibrer. Je ne trouve pas que les gens soient particulièrement beaux. Pire, voir ces quelques mecs torse-nu, soigneusement épilés, sauvagement bodybuildés selon un schéma préformaté de beauté présumée et taillés comme des acteurs pornos, se tortiller langoureusement par petits groupes de trois ou quatre me donne littéralement la nausée. Je les envie tout autant qu'ils me répugnent.

    Il est presque cinq heures du matin, j'ai la rage au ventre lorsque je croise l'obélisque de l'Avenue 9 de Julio en rentrant chez moi. A ce moment là je me hais comme cela ne m'était pas arrivé depuis fort longtemps. Oui, je me suis haïs, vraiment. J'en aurais chialé...  

    Pourquoi ? 
    Pourquoi ? 
    Pourquoi ?

    Peut-être es-tu sorti avec les mauvaises personnes, m'a demandé quelqu'un sur twitter. Oui, il y a peut-être de cela. Peut-être tout simplement ne suis-je pas fait pour ce genre de sortie ? Et de toute évidence j'ai encore pas mal de choses à régler avec mon image qui manifestement peuvent encore me bloquer dans ma relation aux autres. Que l'on soit chez soi où à 12000 Km de là ne change rien à l'affaire, on ne se refait pas. 

    Pour l'anecdote, depuis cette soirée ratée, je n'ai aucune nouvelle, pas même un texto le lendemain, de ce charmant garçon qui voulait m'embrasser...

    15 octobre 2012

    La Photo du Mois : "Bienvenue Chez Moi"

    57 commentairess
    Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 octobre, et nous avons rendez-vous avec La photo du mois.
    Le principe est simple : chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance.

    Ce mois-ci c'est Gilsoub qui nous propose le thème suivant : Bienvenue chez moi

    Ce thème tombe vraiment à point-nommé pour moi. Mais alors vraiment !

    Ainsi que je le racontais dans un précédent billet, j'ai tout fraîchement déménagé de mon premier lieu de villégiature en Argentine pour gagner mes nouvelles pénates, en plein coeur de Buenos Aires. Voilà, ça y est, c'est fait ! Mon premier véritable chez-moi ici, en Argentine ! Mon premier chez-moi, loin de ma chère Ville Rose qui, pour l'instant, ne me maque guère. Mon désormais chez-moi pour les cinq mois à venir : un très joli petit appartement en plein centre ville, dans le (très) beau quartier de Recoleta (bah oui hein, j'ai un rang à tenir tout de même...). Un nid d'aigle, perché au sommet de l'un des plus hauts immeubles des environs, d'où les abondants bruits de la ville sont à peine perceptibles et qui offre une vue exceptionnelle sur les toits de Buenos Aires...
    Bienvenue chez moi ! 
    (En cliquant sur l'image vous obtiendrez une version agrandie, avec davantage de détails)

    D'ici on voit même le fameux Obélisque de la non moins célèbre Avenida 9 de Julio (on peut d'ailleurs l'apercevoir au tiers gauche de la ligne d'horizon sur photo) ). Et le dôme que vous distinguerez peut-être au tout dernier plan sur la droite, c'est le Congrès de  la Nation (j'avais mis des photos de ces deux monuments dans ce billet, sans les nommer).

    Voilà, à présent, c'est ici chez-moi  !

    Et chez les autres, c'est comment ?
    100driiine, A&G, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André(eric)Fernandes, Anita, Anne, Anne Laure T, AnneSoPhotos, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Berliniquais, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d'images, Caro, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Christeav, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr CaSo, Dreamteam, E, El Padawan, Emma, Escapade en Tunisie, Fanfan Raccoon, Filamots, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Isabelle et Gilles, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaFamilleD , LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Leviacarmina, Lhise, Lisa adore, Lo, Louiki, Lucile et Rod, Lyonelk, M, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marion, Marmotte, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, N, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Petite Marie, Pilisi, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, The Mouse, The Parisienne, Titem, Un jour une rencontre, Une niçoise, Vanilla, Vickie in the sky, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv'.

    7 septembre 2012

    Empanadas pas fadasses

    8 commentairess
    Bien manger à Buenos Aires, c'est assez simple, surtout lorsque l'on est un carnivore invétéré non repenti tel que moi. Oui, il est une Vérité aussi absolue que celle de l'existence de la gravitation universelle, la joie de gifler des orphelines avec un gaufrier, ou que celle du 4e lifting de Line Renaud en 1924 : la viande bovine est ici la meilleure qui se puisse concevoir dans la galaxie toute entière, voire au-delà. Testée, approuvé et définitivement adoptée !

    Quand on a mangé pour assez cher pendant 3 jours à Buenos Aires et que l'on compte un peu ses sous, on a vite envie de trouver les bons plans en embuscade un peu partout dans la ville et qui ne demandent qu'à être découverts, pour peu que l'on sache à peu près où aller... Et puis ce soir là je m'étais lancé un défi : manger pour moins de 50 pesos. Oui, manger, pas "bien" manger. Ayons des ambitions raisonnables et réalisables. Je m'apprêtais donc à me rendre dans une petite surface que l'on trouve environ tous les 200 mètres pour m'acheter quelque mauvais sandwich qui m'aurait rassasié le temps de jetter l'emballage vide à la poubelle...
    Alors que j'errais en rentrant chez moi le ventre vide, en quête de ma pitance, je suis passé par hasard devant une vitrine qui annonçait un peu pompeusement "El palacio de la pizza" (le palais de la pizza). En France, et certainement en Europe, un tel nom aurait tout pour me faire fuir tellement ça sent l'attrappe touristes à plein naseaux. Après un premier geste de recul, je me suis approché malgré tout. 

    L'endroit était à peu près vide en dépit des 23 heures sonnantes, le décors aussi vieillot que le patron moustachu derrière son comptoir, la propreté globale approximative, malencontreusement servie par un éclairage jaunasse du meilleur rendu... Voir un cafard galoper entre deux tasses sales, toutes antennes dehors, eut été à peine surprenant. En somme, une ambiance qui n'était pas sans me rappeler ces bars typiquement défraîchis en Espagne dont le look semble tout soigneusement travaillé afin de faire fuir le chaland non initié, et conserver la clientèle de petits papis qui viennent discuter football en buvant de la bière tout en tapant le carton sur un coin de table. Plutôt bon signe malgré les apparences...
    La carte affiche des tarifs assez bas et surtout propose toute une ribambelle d'empanadas et autres tortas que je n'avais pas encore eu le loisir de goûter. Allez, soyons fous, me voici en train de pousser la porte vitrée, de saluer la salle quasiment vide et de m'assoir sur une banquette. Au pire, pensais-je, sera-ce un excellent moyen de mettre mon estomac et ma flore intestinale à l'épreuve... 

    Un serveur affable m'apporte la carte. Les prix sont ridiculement bas. Je commande un peu au hasard sans trop savoir de quoi exactement sera composée mon assiette. Après quelques secondes d'hésitation, il est décidé que mon menu se composera d'un empanadas de carne, d'un empanadas de choclo et d'une part de torta pasqualina.  Ha, et un porón de Quilmes, pour pousser le tout. Voyons ce que l'on aura pour si peu.

    Quelques minutes plus tard me voici avec un copieux festin sous les yeux. L'empanadas de carne - composé de viande - est bon. Très bon. Tellement bon que je l'ai dévoré avant même d'avoir eu le temps de degaîner mon appareil photo... 
    L'empanadas de choclo, alors là les enfants, c'est une sacrée découverte. Il s'agit d'un empanadas au maïs doux, avec des grains de maïs dedans donc, mélangés à une sorte de béchamel très fluide, le tout enrobé dans un chausson de pâte feuilletée un peu grasse mais délicieuse. C'est tout simplement super bon !! Là, j'ai pris tout mon temps pour en savourer chaque bouchée... A essayer absolument. 


    Enfin la torta de pasqualina consiste en un gros un énorme une giganteque part de tourte aux épinard et aux oeufs durs. Sur le moment je n'en ai pas cru mes yeux. Non pas seulement du fait du volume (impressionnant) de l'engin, mais surtout par la présence inattendue de... légumes !! Hé oui, je n'avais pas vu la couleur de la chlorophile dans mon assiette depuis mon départ. Car ici, la patate est reine, sous toutes ses formes. Alors des épinards, wow ! quelle fête ! Là encore c'est bon, ça passe tout seul, mon corps me dit merci de penser à lui en le gratifiant de quelques fibres, depuis 3 jours que je l'assomais à coups de bife de lomo à en tomber à la renverse (hein que vous me plaignez ? ).

    Au final j'ai plutôt bien mangé. Certes ce n'est pas de la grande gastronomie, mais c'était bon, j'ai l'estomac calé pour la nuit (très important) et, cerise sur l'empanadas le gâteau, la note est ahurissante tellement elle est dérisoire : 44 pesos soit moins de 8 Euros ! Moi qui m'était fixé un maximum à 50 pesos, voilà qui est carrément dément. Je ne pensais pas pouvoir réaliser cet exploit à cet endroit de la ville.

    Comme je suis sympa je vous donne même l'adresse (oui, ça va hein, j'en entends là bas au fond qui se plaignent passke c'est loin) :

    Quant à moi, c'est sûr : j'y reviendrai. Non seulement pour les empanadas, mais aussi pour les pizzas que j'ai pu observer au loin : elles avaient l'air fameuses, il faut que je sache si le plumage se rapporte au ramage...

    4 septembre 2012

    Premières impressions

    12 commentairess
    Reposé de mes péripéties aéroportuaires, je prends peu à peu mes marques dans cette grande ville de Buenos Aires. Et je me sens d'autant mieux que j'ai récupéré ma valise ! (Ouiiiiiii !!) Lorsque je l'ai vue posée à côté du lit dans ma chambre, j'ai poussé un énorme "ouf" de soulagement, je ne vous raconte pas ! Je me voyais déjà obligé de tout racheter, de A à Z, ce qui n'était pas du tout prévu dans le budget ! Tout est bien qui finit bien : je peux enfin changer de teeshirt lorsque je rentre le soir après avoir pris ma douche, sans avoir à faire une lessive que l'on espèrera sèche pour le lendemain matin. Koh Lanta ce n'est pas pour moi.


    La ville est plutôt jolie, Certaines rues commences à m'être familières comme la Calle Florida dans laquelle je me retrouve régulièrement.  En tout cas je prends mon temps, je ne suis pas pressé, je me promène en ville, je visite et m'imprègne des lieux. La ville est chouette, dynamique, très grande, qui mêle vieux immeubles et réalisations modernes sans ménagement. A certains égards elle me faut penser à d'autres villes que j'ai pu visiter en amérique latine, comme Mexico, Rio ou Salvador, et je me sens plutôt bien.
    Bon, tout n'est pas encore au point. Par exemple, hier en voulant me rendre au cimetière de la Recoleta, le Père Lachaise local, je me suis retrouvé dans le quartier de San Telmo, qui se trouve à l'exact opposé. Voilà voilà...


    Je remarque une foultitude de petits détails qui font que ici ce n'est pas comme là bas. Par exemple, les feux rouges qui se trouvent de l'autre côté du carrefour, et non pas à l'endroit précis où les voitures doivent s'arrêter. Ou encore les bus, verts pour certains, rouges pour d'autres, qui passent en émettant des grincements pneumatiques semblables à des cris hirondelle (je vous assure qu'au début c'est un peu surprenant), sans compter les oiseaux aux cris encore tout exotiques pour moi.


    La télévision argentine est aussi un peu surprenante. Les chaines d'info aiment bien le sensationnel, de façon nettement plus ostentatoire et décomplexée qu'en France. Pour vous donner un exemple, l'autre jour un barman a repoussé trois mecs armés venus lui piquer la caisse. Tout a été filmé par les caméras de vidéosurveillance du bar. Hé bien, on a eu droit aux images en boucle toutes les heures, avec tous les ralentis et zooms possibles, des commentaires à n'en plus finir, l'interview du barman en question (avec un énorme synthé indiquant "Le Héros") et même ce matin l'interview de la mère du barman... Le journal de TF1 à côté c'est une annonce du Pèlerin Magazine !


    Une autre chose qui m'a bien amusé, ce sont les très bavardes émissions de cuisine, où l'animateur commente tout, tout, absolument tout, - ou encore cette autre animée par une bonne sœur qui fait des gâteaux ultra-kitsh mais qui me rappellent un peu ceux que faisait ma grand mère... Ha, il y a aussi les émissions sur le... tricot ! Si si si ! Je ne sais pas si c'est une activité à la mode en Argentine, mais maintenant je sais comment tricoter un magnifique poulpe en laine avec ses huit papates - que l'on peut fire de couleurs différentes pour un effet rigolo (intéressant hein ?). 

    Haaaaaa, j'allais oublier Jean Pierre, le coiffeur ! Mais lui, je vous en parlerai bientôt (z'avez vu un peu le teasing ?).