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    28 novembre 2012

    Puerto Madryn (première partie)

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    Comme promis je vais vous raconter un peu mon expédition en Patagonie.

    Pour mémoire, voici la carte avec, à peu, près notre itinéraire :

    Les étapes : 1- Passage éclair à Mar de la Plata ; 2 - Puerto Madrin et Peninsula Valdez ; 
    3 - Esquel ; 4 Retour à Buenos Aires.

    Donc nous sommes partis le vendredi dans un énorme 4x4, pour 18 heures de trajet en roulant comme des malades (arrêts compris). 18 heures et pas moins de 2500 Km. Oui, 2500 Km en 18 heures, cela fait une moyenne de  presque 139 Km/heure... Je vous laisse relire le Code Abrégé de la Route à l'usage des non-initiés afin que vous comprenez bien ce que j'ai voulu dire par "rouler comme des malades"...

    La route traverse d'abord une partie de pampa, c'est à dire de l'herbe et des vaches à perte de vue. Au début c'est jolie mais très vite (au bout d'une heure), la monotonie s'installe car il n'y a rien à voir pendant des centaines de kilomètres...

    La pampa, c'est ça...

    Une fois passé Mar de la Plata où nous ne ferons qu'un arrêt express pour raisons logistiques, peu peu se dévoile un tout autre genre de paysage, nettement plus aride, assez caractéristique typique des paysages de patagonie. Là non plus il n'y a pas grand chose à voir, sinon la route qui s'étire sur des kilomètres et des kilomètres, et de la steppe à perte de vue.

    Fond musical : Horse with no name

    Les stations service ne sont pas nombreuses, alors dès qu'on en trouve une, et quel que soit le niveau d'essence dans le réservoir, on fait le plein. La prochaine est peut-être dans 500 Km, mieux-vaut être prudent.
    Le trajet est épuisant. 18 heures de route presque d'une traite, c'est horrible. J'ai mal à la tête et la clim a fond dans la voiture est en train de me jouer un mauvais tour.
    La route n'en finit pas, monotone. Les secousses du 4x4 qui avale le bitume irrégulierement irrégulier finissent par devenir assomantes. Peu à peu la nuit tombe. A bord tout le monde est épuisé.


    On arrive à Puerto Madryn un peu après 22 heures. On file au restaurant manger un bout, puis direction l'auberge où nous logerons pendant 3 nuits. Le confort est un peu spartiate, mais il y a tout ce qu'il faut et surtout c'est au calme. Une bonne nuit de sommeil ne sera pas superflue. Surtout que j'ai le nez qui commence à me gratouiller un peu, très mauvais signe sur l'échelle signalométrique tambourmajoresque. 

    Le lendemain - samedi - nous nous rendons sur la Peninsule Valdés qui est, comme son nom l'indique une péninsule, mais surtout un immense parc naturel de plusieurs kilomètres carrés, classé patrimoine mondial de l'UNESCO.
    Sur cette péninsule il n'y a rien, rien du tout, sauf de la végétation basse à perte de vue et des bestioles en tout genre. 

     Pour vos donner une idée des distances et des dimensions, les chiffres en vert indiquent la distance entre deux points matérialisés par une étoile. Remettez ensuite tout ceci en perspective avec la carte au début de ce billet... C'est grand l'Argentine !

    Carte de la Peninsula Valdes

    A Puerto Piramides, on peut observer au large les baleines qui viennent se reproduire. Lorsque nous y sommes allés, c'était plutôt la fin de la saison, car les petits sont déjà nés et tout le monde regagne le grand large. Des bateaux, permettent d'aller en mer, à quelques petits kilomètres des rives, à la recherche des baleines, si elles se montrent...  Vous pensez bien qu'à y être et malgré le prix du billet (environ 400 pesos), pareille excursion ne se refuse pas.

    Maman les p'tits bateaux...

    Avons-nous vu des baleines ?
    Ou autre chose ?

    La suite au prochain épisode.

    4 novembre 2012

    Un petit tour en Uruguay

    8 commentairess
    Quelques jours de congés improvisés ont été l'occasion de me rendre en Uruguay, juste de l'autre côté du Rio de la Plata, dans la très jolie ville de Colonia del Sacramento. Fondée en 1680 par les Portugais, ce qui en fait la ville la plus ancienne d'Uruguay, Colonia del Sacramento possède un quartier historique classé Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO depuis 1995. Joignant l'utile à l'agréable cette excursion hors d'Argentine était également un excellent moyen de renouveler mon visa pour trois mois supplémentaires...

    Avant l'embarquement les formalités douanières se passent dans la décontraction la plus totale. Je crois même que le portique de détection de métaux n'est pas branché alors que la seule boucle de ma ceinture aurait dû le faire clignoter vigoureusement. Idem pour les officiers affectés au scanner à bagages : on pourrait cacher un éléphant dans une valise qu'ils ne s'en rendraient même pas compte. Et mine de rien, ça fait du bien de ne plus être confronté à la paranoïa habituelle qui sévit dans ce genre d'endroit.

    La traversée se fait en bateau et dure à peine plus d'une heure, dans l'immense delta du Rio de la Plata, le plus large fleuve du monde qui, à cet endroit, mesure 80 Km ! Bientôt les rives de l'Uruguay se dessinent, le bateau accoste, ça y est, on est arrivés. Bienvenus en Uruguay !

    Le drapeau de l'Uruguay.

    La première chose qui frappe lorsque l'on arrive à Colonia del Sacramento, c'est le calme total qui règne ici. Exit le stress de Buenos Aires, exit le bruit des moteurs, le tintamarre des klaxons et les gens qui courent partout. Ici tout n'est que soleil, calme, couleurs et chants d'oiseaux. D'ailleurs à propos d'oiseaux, si l'on rencontre ici aussi des pigeons - sacrément robustes - et des moineaux, on rencontre surtout un autre genre de bestioles hautement plus exotique pour un petit européen : des perruches ! Il y en a partout. En ce moment c'est la période de nidification, et je peux vous dire que ça bavarde pas mal d'arbre en arbre ! On les entend plus qu'on ne les voit car leur plumage vert et jaune est un excellent camouflage, une fois perchées, parmi le feuillage.

    Les très bavardes perruches de Colonia del Sacramento.

    A quelques minutes de marche du port se trouve le quartier historique fortifié, auquel on accède par la vieille porte. En effet, Colonia del Sacramento fut un point stratégique du contrôle militaire et commercial de toute la zone que se disputèrent longuement les Portugais, les Espagnols et les Brésiliens. De ce passé ne reste qu'une partie du mur d'enceinte et quelques canons réduit au mutisme.  

    La porte d'entrée du quartier historique.

    Les rues pavées de vieilles pierres serpentent parmi les maisons anciennes. La lumière est très belle, les couleurs s'expriment. L'endroit est vraiment plein de charme, bordé par le fleuve. 

     Plaza del gobernador, où se trouvait jadis le palais du Gouverneur.

    En réalité on en fait assez vite le tour si l'on presse le pas. Mais je ne sais pourquoi j'aime passer et repasser dans ces ruelles, lentement, très lentement, comme pour mieux retenir le temps. 

    Rue des Soupirs et ses maisons datant de la fondation de la ville..

    Reconstruit au XIXe siècle, le grand phare blanc domine la ville. Moyennant quelques pesos on peut monter tout en haut. La vue y est spectaculaire et la sensation de calme décuplée. On y resterait des heures s'il fallait ne pas redescendre pour laisser la place aux suivants.

    Le phare.

    Dotée de vastes rues souvent pavées, bordées de hauts arbres, la partie plus récente de la ville ne manque pas non plus de charme. Un chemin très bien aménagé longe la route de la côte ouest sur laquelle se trouvent différentes petites plages. Une fois passées les heures les plus chaudes de la journées, jeunes et anciens se retrouvent sur un coin d'herbe pour partager le maté, boisson ici encore plus populaire qu'en Argentine.

    L'heure du maté.

    La fin de la journée offre un spectacle grandiose : celui d'un splendide couché de soleil. Les gens se massent le long du Rio, appareil photo à la main, on ne parle plus qu'à demie voix devant ce tableau incroyable. Peu à peu le ciel rougeoie, le fleuve se pare d'or, tandis qu'au loin se dessine, en ombres chinoises, la silhouette imposante des bâtiments de Puerto Madero, le quartier portuaire de Buneos Aires situé 80 Km plus loin sur l'autre rive.

    Au loin, Puerto Madero.

    C'était la première fois que je me rendais en Uruguay et je crois bien que ce ne sera pas la dernière tellement je suis tombé sous le charme de ce pays et de ses habitants. Car au-delà du côté carte postale de ce petit morceau de pays - qui n'est certainement pas représentatif - j'ai été ravi par la gentillesse des gens et leur facilité à entamer la conversation. Jamais auparavant je n'avais bavardé aussi spontanément avec autant de personnes et en aussi peu de temps, que ce soit avec cette dame en faisant la queue devant le distributeur automatique à la banque, ou avec ces deux vieux messieurs venus s'asseoir à côté de moi alors que je lisais tranquillement sur un banc et qui se sont mis à me raconter tout un tas d'histoire sur l'Uruguay, ou encore avec ce commerçant à qui j'achetais une simple bouteille d'eau. Vraiment, ce pays vient de s'ajouter à la liste - longue - de ceux que j'ai envie de connaître davantage. Ça tombe bien : Montevideo n'est pas loin non plus de Buenos Aires...