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  • 15 juillet 2018

    La photo du mois de Juillet : Le Vent

    6 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 juillet, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Pat qui nous a proposé : Le Vent.

    J'avais, pour répondre à ce thème, plusieurs idées de photos en tête, notamment une assez jolie photo d'orgue, étant un peu monomaniaque sur ce sujet, l'orgue étant qui plus est un instrument à vent, et pas des moindres ! 

    Cela étant, ayant déjà posté plusieurs photos d'orgue en illustration de la photo du mois, je me suis dit qu'il fallait peut-être faire preuve d'un peu plus d'originalité.

    Alors, en fouillant dans mes archives, et songeant à la rando en montagne de ce weekend, je me suis souvenu avoir pris celle-ci l'an dernier, lors d'une escapade dans les Pyrénées et qui, je crois, colle très bien au thème du jour.

    Même si en l'occurrence, du vent, il n'en faut point trop, l'idée était plutôt de rattacher le thème à la liberté : être libre comme l'air, libre comme le vent.

    J'aimerais beaucoup essayer de faire du parapente d'ailleurs et ressentir cette même liberté, voir par delà les montagnes et flotter comme une (très grosse) plume... 

    9 juillet 2018

    Poésie automatique et autres billevesées superfétatoires

    0 commentaire
    Je ne saurais dire pourquoi j'aime les générateurs aléatoires de contenu. En fouillant ce matin dans les archives de ce blog - ce que je fais de temps en temps histoire de me remémorer ce que je faisais à la même période les années passées, de me rappeler de jolis souvenirs ou de savourer le temps qui s'est écoulé depuis - je suis tombé sur ce billet et le lien l'accompagnant : un générateur aléatoire de poésie fonctionnant avec twitter.

    Et , Ô surprise, le lien fonctionne encore.

    Entrant les références de mon compte twitter puis choisissant la forme poétique souhaitée, je laissais la machine, dans le mystère insondable de ses circuits imprimés inexpressifs, faire sa besogne et générer le cadavre exquis demandé, sorte de créature de Frankenstein assemblée à partir de mes derniers gazouillis, vivant ainsi une existence qui n'est pas la leur.

    Et comme à chaque fois, l'exercice fait s'entrechoquer, de manière assez drôle et non-dénuée d'un certain à propos hasardeux mais bienvenu, des bribes de conversations tenues avec les uns et les autres et que je me suis plu à reconnaître, ici et là, mais totalement déformées par la perte de leur contexte initial. Si vous voulez vous amuser, cela se passe ici.
    Toutes circonstances…
    by Tambour Major

    Accroché à flanc de colline.
    N'est plus un paradis. La liberté…
    Bientôt le caniche de la voisine...
    De mordre dans du sucré... 🤤

    Merci ma petite morue des Carpates.
    Me file particulièrement le blues.
    Biodiversité et les z'insectes...
    Pour les esprits romantiques.

    C'est moi le chauffeur...
    Où sera le 14 juillet prochain...
    Le goût ? L'odeur ?
    Journée en perspective pour demain.
    De WTF intégral, quel bonheur !
    Dans un tout autre genre des choses aléatoires que j'aime, il y avait le petit jeu "Pochette académie" qui circulait autrefois sur les blogs et que j'avais vu chez Matoo. (Mein Gott... c'était il y a DIX ANS... Bordel de merde je n'aurais pas dû faire cette recherche !!!)

    Pour ceux qui n'auraient jamais joué, il s'agit de créer une pochette d'album en respectant quatre règles toutes simples. Il vous faudra un logiciel quelconque de dessin ou de retouche photo (Paint ou Picasa suffit largement) ainsi que quelques toutes petites minutes.

    Le premier article de la page est le nom de votre groupe ;

    Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album ;

    La troisième photo, quelle qu’elle soit, sera votre pochette d’album !

    4. Prenez la photo, ajoutez-y votre nom de groupe et le titre de l’album ; vous avez maintenant votre pochette d’album.

    Tadaaaaaaaaaam !


    Comme à chaque fois, je trouve très amusant de constater que, au final, on obtient ainsi une pochette d'album qui aurait réellement pu exister. Car, si l'on y prête un tout petit peu attention, les titres de certains albums sont absolument invraisemblables et ne veulent rigoureusement rien dire, pour me limiter au titre sans aborder le délicat sujet des paroles.

    Je vous invite à poster les fruits de vos poésies aléatoires ainsi que vos pochettes de future nouvelle star dans les commentaires, si le cœur vous en dit !
    Dix ans... bordel...

    7 juillet 2018

    Des amis, mes parents, Marylin Manson et moi

    0 commentaire
    Pfiou, ça fait un petit moment que je n'ai pas écrit ici. Dix sept jours exactement. Non pas que je n'aie rien à dire mais le temps et l'énergie manquent pour le faire. Le mois de juin a passé à toute allure et la première semaine de juillet est déjà derrière moi. Allons bon...

    Changement de dizaine oblige, j'ai fêté dignement mon anniversaire avec des copains, mobilisant pour l'occasion la maison familiale des parents à la campagne. Une bonne grosse poignée d'amis venus d'un peu tous mes cercles : les musiciens, les intimes, ceux du rugby et bien d'autres encore. Tout ce petit monde s'est agréablement mêlé tout au long d'une magnifique soirée organisée à la campagne, autour de grillades, d'une piscine et de quelques moustiques voraces. 

    Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas organisé une pareille soirée qui a dû réunir une petite quarantaine de convives, et je dois dire que cela m'a fait un bien immense de les avoir tous autour de moi et de recevoir autant d'amour. Être entouré, choyé, enveloppé de sourires et de bienveillance...

    Chose qui m'a faite rire : la proportion assez élevée de garçons sensibles parmi eux, c'est à dire environ les trois quarts. Je crois qu'il n'y avait jamais eu autant de pédés dans le village !! On aurait facilement organiser une Gay-Pride, hu hu hu...

    J'avais sur ce point une toute petite appréhension quant à la réaction de mes parents car ils ne connaissent quasiment aucun de mes amis dont une part importante sont des licornes, et je ne sais pas trop où ils en sont dans leur construction personnelle depuis que je leur ai fait mon coming-out voici quelques années seulement. J'ai eu la très bonne surprise (mais en était-ce vraiment une ?) de voir mes parents discuter avec un peu tout le monde et les entendre me dire ensuite, notamment à propos d'un couple d'amis qui vient tout juste de se pacser : "Ils étaient super sympas eux". Preuve qu'ils sont bien plus ouverts d'esprit que ce que j'imaginais jusqu'à il y a encore peu.  J'ai vraiment des parents formidables.

    Au rang des choses un peu moins formidables, j'ai mis fin à mon histoire avec ce charmant garçon que je fréquentais depuis deux mois et avec lequel j'avais toutes les peine du monde à communiquer. La décision fut en définitive assez simple à prendre. En fait, il s'y attendait un peu, m'a-t-il confessé. Je ne sais définitivement pas mentir avec mes sentiments... Néanmoins, il a compris mes raisons et nous restons en bons termes. A tel point qu'il était convié à ma soirée d'anniversaire et que nous continuons à nous voir car, en dépit de l'absence d'amorce de sentiments, nous nous apprécions mutuellement. Encore une fois, on récolte ce que l'on sème. Et la vie, pour lui comme pour moi, continue.

    Enfin, le mois de juin s'est terminé brillamment par une petite escale à Marmande où se déroulait, le weekend dernier, le festival Garorock. C'était bien la première fois que je mettais les pieds dans un tel festival, sortant ainsi largement de ma zone de confort. Hébergé aux premières loges chez un ami, j'ai passé quatre jours géniaux en bonne compagnie. Une brève pause comme un avant-goût de vacances qui tardent à venir.

    S'agissant du Festival, j'avoue que, plus d'une fois, j'ai eu l'impression de vivre un épisode de Rendez-vous en terre inconnue... Public hyper jeune (22 ans de moyenne d'âge), musique assez loin de mes standards, ambiance de colonie de vacances, déluge de corps dénudés, des choupis et des pandas par centaines... A ce niveau, ce fut un véritable supplice pour les yeux ! 

    Niveau musical, le bilan est assez mitigé. Le jeudi, le festival s'ouvrait avec Indochine, groupe que je me réjouissais d'entendre en live, même si je ne suis pas un aficionado de leur musique. Hé bien, je n'ai pas vibré du tout. Mais alors... rien ! Je n'ai pas été emporté par leur univers musical. D'un morceau à l'autre, la même ambiance, les mêmes enchaînements d'accords, la même tambouille, le tout noyé dans un océan de basse sur-gonflées jusqu'à l'obscène. En fait, la seule chanson qui est sortie du lot, c'est celle qu'un autre avait composée pour eux. Bon... J'en attendais peut-être trop d'un groupe qui a pourtant une bonne petite carrière derrière lui. Mais je suis un peu déçu.

    Je n'ai pas non plus vibré à la prestation de Eddy de Pretto, que j'ai trouvé tellement égal à lui même, en parfaite copie de ce que l'on a déjà entendu mille fois, ni à beaucoup d'autres, les rappeurs en particulier dont la prose m'afflige, et les DJ en général dont je trouve la musique d'une pauvreté terrifiante et d'un manque cruel d'inventivité. Je n'étais clairement pas le public cœur de cible. Rendez-vous en terre inconnue, disais-je. 

    Alors, non, je ne jette pas tout car j'ai tout de même beaucoup apprécié Django Django, dans une lignée pop anglaise acidulée élégante et efficace, et des musiciens qui prennent visiblement leur pied sur scène. Dans la même veine, j'ai aussi passé un très joli moment avec Charlotte Gainsbourg que je reverrai avec un immense plaisir. Là aussi, les musiciens sont excellents et l'on entend tout le boulot qu'il y a sur la qualité du son. Du travail d'orfèvre sacrément bien foutu !

    Enfin, le Golden What The Fuck Award est décerné au concert de Marilyn Manson. A vrai dire, voir le monstre sacré Marilyn Manson à Marmande, en soi, c'est déjà à la limite de l'irréel. Au moins autant que Britney Spears à Nevers ou Maria Carey à Tulles. Ensuite, il y a la musique. Et là...

    Comment décrire un concert de Marilyn Manson ? Vous avez déjà été happé par une moissonneuse batteuse...? Ben voilà. C'est à peu près ça. Un tsunami de décibels voraces qui vous plaque en arrière, vous attrape par les couilles, vous tient suspendu la tête en bas et vous arrache le scalp d'un coup de croc dès le premier accord de guitare. Longtemps, je me souviendrai de l'expression d'effroi de mon voisin de droite cherchant dans mon regard une once de compassion à son endroit, aussi terrifié que s'il venait de voir sa mère se faire couper en deux par une tronçonneuse.

    Alors, non, ce n'est pas non-plus ma tasse de thé mais je dois reconnaître que ce fut l'un des concerts les plus marquants de ces quatre jours. Quatre qui ne furent que trois car, en raison d'une alerte météorologique, les concerts du dimanche furent annulés. Qu'importe, l'essentiel était ailleurs, en compagnie de personnes que, pour la majorité, je rencontrais pour la première fois et que, pourtant, j'ai eu l'impression de connaître depuis toujours.

    Je ne cache pas que la reprise lundi fut très très dure. En réalité j'ai réalisé à quel point j'avais besoin de vacances et d'une véritable coupure d'avec le boulot qui a tendance à m'envahir énormément. Ce sera pour fin août. De véritables vacances, au repos le plus total.

    En attendant, et après Londres en avril, ce sera un petite escapade de trois jours à Lisbonne avec des copains et, avant ça, un weekend de randonnée à la montagne, histoire de prendre le grand air.

    C'est l'été.
    Profitons !

    20 juin 2018

    40 ans et (presque) toutes mes dents

    5 commentaires
    Cette semaine j'ai eu 40 ans. Rien que le fait de l'écrire me donne le vertige. Quarante ans. Et dire que je célébrais avant hier (ou était-ce la semaine d'avant ?) mes trente printemps... voilà que d'un coup d'un seul je me trouve affublé d'une décennie de plus.

    Le temps passe décidément très vite. 

    Et à bien y regarder, cette dernière décennie fut d'une richesse proprement inouïe, ce qui est encore plus vertigineux : j'ai soutenu une thèse de doctorat, j'ai vécu six mois en Argentine, j'ai vécu presque un an au Québec, j'ai traversé les Andes en bus, j'ai vu des baleines, je suis allé deux fois à Iguazu, j'ai randonné à cheval au clair de lune au Canada, je suis devenu papa-chat à temps partiel, j'ai travaillé dans plein d'endroits, j'ai beaucoup grandi professionnellement et créé ma propre boîte, j'ai publié dans articles dans des revues très sérieuses, j'ai rencontré plein de gens incroyables, j'ai vu des opéras magnifiques, j'ai vu des cromlech, j'ai renoué avec l'enseignement à la fac, je suis tombé plusieurs fois amoureux, j'ai fait mon coming-out à mes parents, j'ai assisté à des couchés de soleil fabuleux, j'ai dansé torse-nu sur un char à la Gay-Pride, j'ai des parents toujours aussi formidables qui prennent enfin soin d'eux... et j'en passe.

    Quarante années. 
    Deux fois vingt printemps.

    Sur le coup, je reconnais que ça pique un peu. On sent l'âge charnière, celui du passage d'une phase de vie à une autre. Peut-être le temps des moissons et d'être un peu plus adulte. A cet égard je crois que les jours à venir s'inscriront pleinement dans cette mouvance, à plus d'un titre.

    Professionnellement, je commence enfin à me sentir légitime dans ce que je fais. Cela peut paraître étrange mais j'ai longtemps été hanté par le syndrome de l'imposteur, celui qui fait qu'on ne se sent pas à sa place, que l'on n'est pas assez compétent, pas assez bon, pas assez ceci ou trop cela. Celui qui pousse à bout à force d'efforts vains pour dépasser une limite qui n'existe pas. Usant. Épuisant. Et puis, à force de pratiquer les autres, je me rends compte que je ne suis pas pire qu'eux, voire meilleurs dans certaines choses et qu'en tout état de cause, on me considère en égal. C'est un peu étrange. Il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte. Le moral ainsi que mon estime personnelle, chroniquement atrophiée, s'en portent nécessairement mieux. Je ne saurais m'en plaindre.

    Sur un tout autre tableau, depuis quelques temps on me faisait du pied pour prendre part à certaines responsabilités associatives que je n'avais pas envisagées il y a un an. Mais alors pas du tout...  Mettre un petit doigt dans l'engrenage et m'investir davantage dans le fonctionnement d'une association militante en laquelle je crois, apporter ma petite pierre à l'édifice, aider, témoigner, me sentir utile à une cause qui me tient à cœur, est une chose qui me titille depuis un moment. Toutefois, étant arrivé fraîchement dans la structure, je ne me sentais (là non-plus...) pas légitime. Pas autant que pourraient l'être d'autres qui sont là depuis bien plus longtemps que moi et qui ont une connaissance plus approfondie des choses, mais qui ne semblent pas tentés par l'expérience. 

    J'ai énormément hésité, réfléchi, pris la question sous tous les angles... Est-ce une bonne idée ? Serai-je à la hauteur ? Suis-je conscient de l'engagement que cela représente ? J'ai finalement accepté. Non pas par dépit mais par choix. Un choix que je veux assumer. Je n'avais vraiment pas envisagé que cela puisse se produire si vite. Et j'en suis très (très) honoré.
     
    Je viens d'avoir quarante ans, j'ai presque toutes mes dents (on m'a posé récemment ma première couronne...) et ma vie est enfin en train de s'épanouir. Progressivement. 

    C'est le bon moment de prendre un envol de plus, et m'affirmer davantage encore.

    15 juin 2018

    La Photo du Mois : Parfait (ou presque)

    10 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 juin (et dans trois jours c'est mon anniversaire, soit dit en passant), il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Nanouk qui nous propose de plancher sur : Parfait (ou presque).

    Note de l’auteur-e :

     À prendre littéralement ou avec une certaine ironie, à votre bon plaisir. 

    Alors, alors alors...

    Alors j'avoue avoir pas mal séché sur ce sujet qui ne m'a pas inspiré du tout. Entre la masse de boulot que je déblaie comme un forcené depuis un mois et tout un tas d'autres choses, je n'ai pas vraiment eu le temps de véritablement réfléchir à ce thème ni de songer à prendre une photo qui soit en parfaite adéquation avec le sujet proposé.

    Que faire ? Renoncer ? Hors de question. 

    J'étais sur le point de jeter l'éponge lorsque soudain... le chat ! (Vous l'aviez vu venir ?)

    Me penchant sur la donzelle nonchalamment alanguie sur un plaid moelleux, j'eus cette vision de quasi-perfection mathématique...



    Incroyable non ?
    Le Chat m'avait déjà permis de démontrer l'effet gyroscopique mais, là, j'avoue que j'en suis resté bouche bée...

    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Albane, Alexinparis, Amartia, Angélique, Betty, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Pat, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sandrin, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    10 juin 2018

    I fuckin' did it !

    14 commentaires

    https://www.instagram.com/p/Bj295MVFdsl/
    Quelle journée mes aïeux, quelle journée !

    Comment dire autrement que cette Pride 2018 fait partie de ces moments qui vous changent un Tambour Major ? Lorsque l'insurmontable est terrassé et que l'impossible est accompli.

    Car oui, je l'ai fait.

    Je. L'ai. Putain. De. Fait...!! 


    J'ai dansé torse-poil hier après-midi sur un char de la GayPride de Toulouse. J'en suis encore tout étourdi, mais tellement fier.

    Et crevé aussi, parce que, mine de rien, organiser une Pride c'est un sacré boulot niveau logistique. Mais là n'est pas le plus important.

    Oui, fier.

    Fier de l'avoir fait. 
    Fier d'avoir pu affronter le regard des autres.
    Fier d'avoir surmonté mes peurs.
    Fier d'avoir pu me dire "Je m'en fous".
    Fier d'avoir pu hurler avec tous les autres notre rage d'exister.
    Fier de ces centaines de rires avec les copains.
    Fier de ces milliers de sourires qui m'ont inondé le cœur.
    Fier de ce que nous avons fait tous ensemble.


    Fier...


    Fier !
    Fier. 
     
    Hier, j'ai grandi.
    Un peu.
    Naturellement je prélève 55% sur toute transaction...



    Crédit photos : @DonDiegoDeLaVerga  et @Wolkmann 

    7 juin 2018

    Les uns avec les autres

    1 commentaire
    Avec le mois de juin s'ouvre la période des Marches des Fiertés qui auront lieu un peu partout en France et dans le monde. Dans deux jours aura lieu celle de Toulouse et l'édition de cette année sera pour moi un peu particulière car, pour la première fois, je ne défilerai pas à pied parmi la foule, mais sur l'un des chars.

    C'est une remarque que je me suis faite tout à l'heure avec une petite pointe de vertige. Non pas qu'il s'agisse d'un accomplissement mais je confesse une pointe de fierté personnelle, en regard du chemin parcouru depuis ces dix dernières années. Depuis que je tiens ce blog et que ma vie arc-en-ciel a commencé...

    Le char en question sera celui des Tou'Win, l'équipe de rugby Gay-Friendly de Toulouse. Des hétéros qui jouent au rugby avec des homos. Une équipe de rugby loisir comme les autres qui s'entraine et se bat avec pugnacité et succès. Comme le dit son président, le respect, l'équipe le gagne sur le terrain, à la sueur du maillot et au nombre d'essais marqués à la fin du match. Et une fois balayés les préjugés, nous sommes une équipe comme n'importe quelle autre équipe, qu'importe nos individualités. 
     
    C'est peut-être une chose que l'on oublie parfois un peu vite lorsque l'on milite : avant de convaincre il faut d'abord apprivoiser. L'art de la conviction procède nécessairement d'une part de séduction.

    Au fond c'est, mutatis mutandis, comme cela que je comprends et que j'ai reçu l'exposition d'Olivier Ciappa "Les couples de la République", régulièrement vandalisée par des groupuscules extrémistes. Tout récemment encore elle était qualifiée d'homophobe car elle serait invisibilisante en ce qu'elle montre des personnes hétérosexuelles singeant l'homosexualité, gommant de ce fait les personnes homosexuelles du paysage.

    Cette critique tient, à mon sens, à l'ignorance de la différence entre signifiant et signifié, entre le signe et le symbole, qui n'est pas que rhétorique. Or c'est justement là, dans ce jeu de la transposition, que se trouve l'habileté de la démarche.

    Si la critique est ridicule, l'idée de l'exposition est en effet, au contraire, excellente : montrer des couples imaginaires composés de visages connus du grand public. Des personnalités ancrées dans le paysage médiatique et appréciées pour ce qu'elles sont, ce qu'elles véhiculent de positif. Des visages familiers qui font un peu partie de la famille. Apprivoiser, donc.

    Transposées dans un contexte LGBT l'image qui s'adresse en premier lieu à l'intelligence, interroge : Et si cette photo c'était vraiment eux, qu'est-ce que cela changerait ?

    Et au second plan cette deuxième flèche qui accentue encore la mise en perspective, laissant ouverte la porte des possibles : Et d'ailleurs toi qui regarde cette photo, qu'en sais-tu vraiment de leur orientation sexuelle ? Rien, évidemment...

    Contrairement à ce que l'on peut lire ici et là - notamment sur Twitter - venant de groupuscules d'excités de l'acronyme et du micro-repli sur soi, les revendications LGBT ont et auront toujours besoin des autres et des hétérosexuels en particulier, pour avancer. Parce que l'union fait la force, parce que les hétéros ne sont pas des homophobes oppresseurs privilégiés par nature. Parce que diviser n'a jamais permis de mieux régner et que l'exclusion, au motif d'un entre-soi que l'on prétend protecteur, est l'antithèse même de toutes les luttes LGBT menées avec opiniâtreté depuis des décennies.

    Au contraire. Montrer au commun des mortels qui en douterait encore que les personnes LGBT sont des personnes comme les autres. Les amener à comprendre que le danger relève du fantasme et que les craintes sont infondées. Les conduire vers la tolérance. 

    Cela s'appelle l'éducation.

    Alors marchons. 
    Les uns avec les autres.

    28 mai 2018

    Tambour Major Summer Tour

    3 commentaires
    Je n'ai rien vu passer. Rien. Absolument rien. Ce mois de mai est déjà fini alors que j'ai l'impression qu'il a commencé hier, ou la semaine d'avant. Pris dans le tourbillon du travail et empêtré dans d'autres problématiques, le temps a passé beaucoup trop vite.

    Il faut dire que depuis plusieurs semaines je n'arrête pas, n'ayant que trop rarement le temps de me poser, voire de me reposer, tout simplement. Si je n'ai pas fait les ponts, j'ai en revanche profité des jours fériés pour une balade en montagne ou aller voir des amis en Ariège, histoire de déconnecter un peu car, depuis mes dernières véritables vacances qui remontent à Noël dernier, cela commence à tirer un peu sur la ficelle. Heureusement le mois de juin qui arrive puis le mois de juillet seront l'occasion de petites escapades avant quinze jours de coupure d'une seule traite.

    Et autant dire qu'il me tarde, vraiment !

    La première escale se fera tout d'abord à Marmande pour le festival Garorock, en compagnie de quelques connaissances. Je n'ai encore jamais mis les pieds dans un festival de ce type et encore mois assisté à un tel festival dans son intégralité alors ce sera une grande première ! Dans le genre "Rendez-vous en terre inconnue" je trouve assez électrisant d'aller voir en live des monstres sacrés situés très très loin (euphémisme) de mon répertoire de prédilection (pour preuve, à l'instant où j'écris ces lignes, j'écoute les Sonates en Trio de J.-S. Bach !) comme Indochine ou encore Marilyn Manson (d'ailleurs qui peut se targuer de l'avoir vu en vrai, celui-là ?). En tout état de cause, cette escapade hors des sentiers habituellement battus par mes oreilles s'inscrira parfaitement dans la ligne de conduite que je me suis fixée pour cette année : profiter. Cerise confite sur le pudding au Nutella, connaissant ceux en compagnie de qui je vais être quatre jours durant, je sais d'ores et déjà que cela sera source d'excellents moments. What else ?

    Juillet me verra ensuite filer sous le soleil de Mexico Lisbonne où je réussis enfin à me rendre, alors que je traîne ce projet depuis l'an passé. J'ai vraiment hâte de ces quelques petits jours au Portugal d'autant que j'y vais avec deux amis joyeux et pétillants que j'apprécie beaucoup. Mon guide du routard dort depuis plusieurs mois sur ma table de nuit, il faudra bien que je l'ouvre un peu avant le départ histoire de planifier un tout petit peu mon séjour. A moins que je ne me laisse porter, tout simplement. Au fond, est-ce bien important ?

    Le mois d'août sera quant à lui l'occasion d'une grosse coupure de quinze jours consécutifs amplement mérités. D'abord du  11 au 18 pour une belle semaine à Paris où je ne suis pas revenu en vulgaire touriste depuis des lustres. C'était il y a 5 ans. Fichtre...! Ce sera l'occasion de revoir pas mal de monde que je n'ai pas vu depuis au moins autant de temps, voire d'avantage pour certains, et sûrement l'opportunité de rencontrer de nouvelles têtes croisées sur twitter. Ha, le petit monde des réseaux sociaux ! Là aussi ce sera rudement chouette.
    Et ensuite, après le tumulte de la foule, hé bien ce sera le calme des cimes au cours d'une petite semaine à la montagne, dans les Pyrénées que j'affectionne tant, pour m'adonner à des heures de randonnées débridées parmi les estives et les moutons.

    Ce joli programme me semble pour l'instant terriblement lointain et abstrait tellement j'ai à faire jusque là. Il faut dire que la semaine qui démarre et celle qui va suivre s'annoncent très intenses et je m'attends à ne pas toucher terre pendant les quinze jours prochains. Poser ces lignes m'aide à me projeter au loin de à regarder par dessus cet océan de travail qui me sépare d'un peu de repos.

    Allez, encore un gros mois à tenir avant de pouvoir lever progressivement le pied.

    15 mai 2018

    La photo du mois : Made in Japan

    9 commentaires
    Bonjour bonjour, nous sommes le 15mai, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Mirovinben qui nous proposait de plancher sur Made in Japan.

    Nous avions pour ce-faire les indications suivantes :

    Technologie, gastronomie, art de vivre, croyances, loisirs, littérature, multimédia... Quelque chose venant du Japon.
     Du Japon, j'en ai un peu partout d'éparpillé chez moi, enfin, je crois. J'en ai surtout un bout sur mon frigo (lui il est Coréen), qui me regarde à travers des plan-plantes lorsque je fais la cuisine.

    Saurez-vous le trouver ?

    La photo du mois au pays du Soleil Levant continue chez les autres blogs participants :

    30 avril 2018

    Doutes...

    12 commentaires
    Cela fait trois semaines que lui et moi nous fréquentons, depuis que nous avons fait connaissance chez des amis communs que je soupçonne d'avoir sciemment organisé le coup. Un Toulousain d'adoption, de mon  âge, qui a une situation professionnelle stable et qui a en plus le bon goût d'habiter à seulement quelques minutes de marche de chez moi.

    Nous nous voyons assez régulièrement. Presque tous les jours en fait. Nous faisons connaissance. Nous apprenons à nous connaître, lentement, car le garçon est un poil hérisson sur les bords, et j'ai l'impression qu'ils sont assez larges. Et le temps en sa compagnie passe toujours relativement vite, ce qui est, je crois, une bonne chose. Je le sens plein de bonne volonté, de bien faire. Ainsi, alors qu'il ne cuisine pas vraiment, la semaine dernière il m'avait préparé un très bon petit repas, et je me suis régalé. C'est vraiment un garçon gentil, doux et attentionné.

    Mais... car il y a un mais... depuis trois semaines, je trouve que nous n'avons pas grand chose à nous dire. Depuis trois semaines, nous n'avons jamais vraiment discuté de quoi que ce soit et niveau vivacité d'esprit, ce n'est pas très percutant non plus. Jamais il ne relance sur un sujet. Jamais il ne sort une bonne vanne ou un mot d'esprit un peu saillant - ou même à côté de la plaque. Je ne sais pas s'il s'agit de timidité ou d'autre chose ou s'il est vraiment comme cela mais j'avoue que cela est un peu gênant. Samedi soir, je l'ai embarqué au resto où je rejoignais des amis. Auprès d'eux, j'ai instantanément retrouvé ce tourbillon de folie joviale qui fait que l'on s'entend si bien tous ensemble et que j'ai plaisir à les retrouver : ça discute, ça bataille, de tout, sur tous les sujets, tout le temps, avec curiosité et passion. Et c'est là que je me suis rendu compte que lui en était dépourvu ou que, du moins, il n'en avais encore jamais fait preuve. Au Québec on dirait probablement qu'il est "beige", c'est à dire sans réel relief.

    Notre après-midi passé hier chez moi en est un autre exemple. Nous étions ensemble mais sans connexion et j'ai vraiment ramé pour lancer une conversation qui tienne plus que trente secondes. J'ai vraiment failli perdre pied. Il aurait probablement pu rester toute l'après-midi devant la télévision sans que nous ne parlions et je crois qu'il aurait pu trouver cela satisfaisant. Finalement ce sont les préparatifs de son voyage à la fin du mois qui ont permis de lancer la machine. C'est un peu son seul sujet de conversation du moment, en réalité. Nous n'avons jamais parlé d'art, de musique, de cinéma, de politique, d'architecture, de littérature... Mais peut-être ne vois-je pas tout ce dont nous avons pourtant pu discuter.

    Lorsque je parlais de hérisson, c'est vraiment l'image la plus parlante. Réservé ? Oui, certainement. Manque de confiance en lui, énormément, c'est également certain. Mais il est loin d'être idiot, ça aussi c'est certain. Sa vie, c'est son quotidien et je le sens plein de bonne volonté pour que nous fassions des choses ensemble, ce que je trouve très encourageant.

    Et ce qui est également certain c'est que, en dépit de tout, pour le moment je me sens plutôt bien avec lui...

    25 avril 2018

    Carmen incandescente, au Théâtre du Capitole

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    Voir et revoir Carmen, l'un des quelques opéras qu'il faut avoir vus au moins une fois dans sa vie, est l'assurance de passer trois belles heures en compagnie d'une œuvre magistrale dont le succès ne se dément pas depuis près de cent cinquante ans. 

    Spectacle visuel vivifiant où s'affrontent les thèmes éternels de l'amour, de la passion et de la liberté, la mise en scène de Jean-Louis Grinda pêche toutefois en ses premiers tableaux par un certain statisme qui sied peu à l'agitation de cette place de Séville où se côtoient cigarières et brigadiers, bandits et âmes en peine, sans oublier les mômes des rues qui arpentent les lieux en singeant l'allure de leurs aînés.

    Début décevant, donc, car l'agitation cède le pas à une série de tableaux manquant cruellement de vie et de fluidité, le tout s'enchaînant comme autant de saynètes juxtaposées où pas grand chose ne bouge. Dommage, tant le texte et la musique disent autre chose. De même la marche des petits soldats paraît bien plate pour une bande de gamins des rues, alignés sagement comme s'il s'agissait d'une kermesse de fin d'année.

    Puis, rapidement, arrive le premier air de Carmen, incarnée par Clémentine Margaine, magnifiquement servie par Charles Castronovo qui, dans le rôle Don José, lui donne la réplique. Et là encore, une pointe de déception : le texte n'est pas articulé jusqu'au bout, certaines syllabes sont avalées. Cela est fort dommage, car, au-delà de l'air de habanera connu de la planète entière, le texte en lui-même est une clé essentielle de l’œuvre : 

    "Si tu ne m'aime pas je t'aime, 
    et si je t'aime prends garde à toi...

    Oui, prends garde à toi, toi l'inconscient qui convoite l'insaisissable Carmencita. Tu es Icare, voici ton Soleil. Tiens-toi à l'ombre des arènes de Séville si tu ne veux pas périr. 

    Et puis, passé la première demi-heure, le plateau de réveille, le brasier Carmen prend feu en une tornade pyrotechnique consumant tout sur son passage, jusqu'à se consumer elle-même dans ses propres flammes.

    Fougue incroyable du plateau, orchestre brillant et d'une belle clarté, subtilité et intelligence des décors dont certains n'ont pas été sans m'évoquer directement le travail de Richard Serra (dont une série d’œuvres doit, absolument être vue au Guggenheim de Bilbao !), utilisation très intelligente de la vidéo qui donne aux derniers tableaux une profondeur d'action absolument géniale (l'entrée des picadores dans l'arène de Séville !), jeux de lumières fabuleux chez les contrebandiers, énergie incandescente dans la taverne de Lillas Pastias... Tout était réuni pour faire de ce Carmen une vraie réussite.

    "Toréador, en garde ! Toréador, Toréador !
    Et songe bien, oui, songe en combattant
    Qu'un œil noir te regarde,
    Et que l'amour t'attend,
    Toréador, L'amour t'attend !
    Et songe bien, oui, songe en combattant
    Qu'un œil noir te regarde,
    Et que l'amour t'attend,
    Toréador, L'amour t'attend !
    "

    Libéré des contraintes techniques, le jeu scénique prend alors toute sa dimension, le texte toute sa saveur et les personnages - Clémentine Margaine y est tout simplement magistrale - toute leur profondeur ambiguë.  

    Car dans cette fable aigre-douce, où se mêlent la liberté, la haine, l'amour et la mort, n'est pas le véritable toréador celui que l'on croit...

    19 avril 2018

    Sick and tired of the sun

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    En septembre dernier j'avais pris le pari de vivre cette année intensément. Hé bien je crois que le programme des prochains mois est à la hauteur. Faute d'avoir des vacances avant un petit bout de temps, je m'aménage des petits échappatoires ponctuels afin de rompre la routine et de m'évader un peu hors de mes dossiers. 

    Quelques jours ailleurs, un dépaysement flash-éclair qui donne un grand coup d'air frais sur un moral ma foi au beau fixe en ce moment. Prochaine destination : Londres où je n'ai pas mis les pieds depuis ma fois bien trop longtemps.

    J'étais alors en classe de seconde (hu hu hu... ça ne nous rajeunit pas cette histoire) et j'effectuais un séjour linguistique d'une quinzaine de jours dans la ville de Chelmsford, au Nord Est de Londres. Ce fut et reste à ce jour mon plus long séjour sur les terres de la perfide Albion. Nous avions alors passé une journée à Cambridge dont je conserve un souvenir merveilleux tellement j'avais aimé cette ville, ses universités et ses canaux. Rhâlala, il faudra que j'y revienne... et une autre à Londres dont je ne conserve pas grand chose si ce n'est de très très vagues souvenirs imprécis, et probablement quelques photos perdues au fond d'une boîte en carton qu'il me faudra chercher un jour.

    J'étais toutefois retourné en Angleterre, à Manchester et Liverpool, il y a, ourf... longtemps aussi ! Quelques jours dont je garde un joli souvenir. Il me faudra également retourner en terres écossaises, (où j'étais allé en classe de cinquième, Mama mia... que c'est loin) arpenter les Highlands et revoir les lacs (non, pas celui du Connemara : celui-là est en Irlande !). Que de choses à faire !

    Plus qu'un  retour, ce sera cette fois-ci une véritable découverte de le ville et j'avoue que j'ai hâte. D'autant que, après avoir consulté la météo locale, le temps ce weekend devrait y être doux et ensoleillé, ce qui me permettra de profiter de la ville et de flâner le nez au vent, guidé par le Méchant Chimiste, jadis blogueur et néanmoins ami de longue date, qui me fait les honneurs de m'accueillir en son antre.

    Et puis, profitons de pouvoir y aller tant que l'on n'a pas besoin d'un passeport ou d'un visa, cela pourrait ne pas durer...

    Pour une raison que j'ignore, à chaque fois que je songe à ce pays, c'est invariablement la chanson Jack Talking de Dave Stewart qui me vient à l'esprit :

     He said I'm coming to London
    I'm sick and tired of the sun

    He said I'm coming to London
    I'm gonna have some fun

    C'est elle qui inspire le titre de ce billet.

    Bon, d'accord, il y a aussi celle, impertinente à souhait, de Philippe Katerine, qui se fout royalement de la gueule de sa Gracieuse Majesté avec un panache jovialement gaulois... Mais ce ne serait pas du tout le genre de la maison de poster ce genre de vidéo ici.

    Hein ?



    Ah ben si...
    Bon allez, c'est pas tout, j'ai une valise à boucler et un avion à prendre...

    See you very soon ! *

    __
    * Veuillez croire, chers lecteurs adorés, a l'expression pressante et non moins émue de mes sincères et déférentes salutations ainsi qu'à la promesse véritable de mon prochain retour parmi vous.
    Oui je suis parfaitement bilingue...

    16 avril 2018

    Le Minotaure

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    C'est presque toujours la même chose, au début. Le même processus d'apprentissage, rejoué chaque fois comme si c’était la première. Les mêmes angoisses, les mêmes craintes. La même envie, aussi. Celle de plaire, notamment, et de trouver dans le regard de l'autre un espace de liberté.

    Un désir mêlé de peur. Celle d'être regardé vraiment, d'affronter ce regard étranger qui se pose et d'y faire face, tel un miroir. Crainte que ces yeux ne percent à travers l'insondable forteresse cathare, qu'un rai de lumière ne traverse la muraille puis ne nous désarme, alors que l'on est si bien à l'ombre, tapis au cœur du sombre labyrinthe à épier ce qu'il se passe au dehors sans rien laisser filtrer de ce qu'il se passe au dedans. 

    En effet les déconvenues de ces dernières deux années - un ex qui vivait une relation triangulaire malsaine dont je ne saurai jamais exactement la nature exacte, avec un "colocataire" tout aussi malsain, puis la frayeur subie l'automne dernier sur laquelle je ne reviendrai pas davantage - n'ont fait que la consolider de plusieurs mètres d'épaisseur supplémentaires. Celle-là qui, aujourd'hui, est parfaitement au point et me permet que personne ne m'approche de trop près ni trop longtemps sans que je ne l'y aie dûment autorisé.

    Halte-là, je suis le Minotaure. 
    Loin de moi, Thésée.
    Arrière, n'approche pas.
    Je ne veux point souffrir avant d'avoir vécu ce que tu aurais à m'offrir.
    Ignore-moi.
    Je te suis inaccessible. 


    Et puis...
     
    Parfois la muraille se fendille instantanément avant même d'avoir pu s'installer.
    Le risque change de nature et devient celui d'accepter l'autre dans son altérité, dans sa différence.

    S'apprivoiser.
    Tisser le fil d'Ariane.

    Courir le risque d'être heureux.
    Peut-être.
    Tout est à construire.
    Tout est à bâtir.

    Est-ce si dangereux pour que je me le refuse ?

    15 avril 2018

    La photo du mois : La tête dans les étoiles

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    Avril est de retour, la première des roses de ses lèvres mi-closes rit aux premiers beaux jours... Nous voici déjà le 15 avril, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Alice Wonderland qui nous propose de plancher sur La tête dans les étoiles.

    Bien qu'il m'ait tout de suite parlé, marcher le nez dans les étoiles étant l'un de mes passe-temps préférés, ce sujet m'a donné beaucoup de fil à retordre. Initialement je voulais faire une photo du ciel, de nuit, sauf que le ciel d'hiver et la météo pluvieuse de ces derniers temps n'y ont pas du tout été propices. Bon...

    La tête dans les étoiles, c'est aussi une expression de rêveur. Et la encore, je suis un grand rêveur devant l’éternel...

    Alors, pour ma photo du mois, je suis allé fouiller dans mes archives et suis tombé sur cette photo prise alors que j'habitais Montréal, lors du féerique Jardin des Lumières au jardin botanique. Une photo qui allie magie de la nuit et magie du rêve. 
    Oui, on peut dire que ce soir-là j'avais, au propre comme au figuré, la tête dans les étoiles.

    6 avril 2018

    Le destin d'une vie - Relisons Stefan Sweig

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    "Car l'enthousiasme est chez les jeunes gens comme une maladie infectieuse. Dans une classe, il se transmet de l'un à l'autre à l'instar de la rougeole ou de la scarlatine, et comme les néophytes, avec leur orgueil ostentatoire et enfant, cherchent à surpasser le plus rapidement possible les autres par leur savoir, chacun pousse autrui de l'avant. C'est pourquoi, en fait, la direction particulière que prend leur passion n'est plus ou moins qu'un effet de hasard : s'il se trouve dans une classe un collectionneur de timbres-poste, il y aura bientôt une douzaine de fous pour l'imiter, si trois d'entre eux sont épris des danseuses, tous les autres irons se camper jour après jour devant l'entrée des artistes de l'Opéra. Trois ans après la nôtre, il y eut une classe enragée de football ; une de celles qui nous avaient précédés s'enthousiasmait pour le socialisme de Tolstoï. Le fait que je me trouvais parmi des camarades fanatiques des beaux-arts a peut-être déterminé l'orientation de toute ma vie"


    Stefan Sweig, Le Monde d'hier, Souvenirs d'un Européen (1941)
    Ed. belfond, pp. 59-60.



    3 avril 2018

    Le nez dans les cailloux

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    Lorsque j'étais gamin et que j'allais à l'école primaire, un monsieur était venu nous parler de la préhistoire en classe. Je n'ai aucun souvenir particulier de ce qu'il avait pu nous raconter ce jour-là, s’il nous avait parlé de l'homme de Cro-Magnon et des grottes de Lascaux, de quelque fresque rupestre, de la chasse au mammouth ou de je ne sais quoi encore…

    Cependant, la seule chose dont je me souvienne véritablement, c'est qu'il nous avait apporté un certain nombre de cailloux d'apparence parfaitement anodine et qui, pourtant, racontaient toute une histoire à qui savait les interpréter : quelques silex taillés, trouvés je ne sais plus où, et surtout des cailloux plats et ronds, comme les galets que l'on trouve par milliers dans la vallée de la Garonne. Ceux-ci avaient la particularité d’être munis de deux encoches diamétralement opposées. Des cailloux destinés à lester les filets de pêche dans les cours d'eau qui sillonnent les alentours et dont se servaient les hommes préhistoriques qui vivaient là, avant nous. 

    Cette découverte m'avait littéralement fasciné. Et ce monsieur de nous expliquer qu’il avait trouvé ces fameux cailloux dans un champ, à quelques kilomètres de notre école. Habitant moi aussi à un jet de pierre de là, qui plus est au milieu des champs, apprendre que sous mes pieds pouvaient dormir des cailloux vieux de plusieurs milliers d'années façonnés par la main de l'homme à qui ils avaient pu servir, voilà qui ne relevait pas de l'ordinaire. En effet la vallée de la Garonne est connue pour être un lieu d'habitat ancien puisqu'on a retrouvé plusieurs traces ici et là de présence humaine préhistorique, parfois fort anciennes.

    De retour à la maison, il ne dût pas se passer plus de quelques jours avant que je ne me mette à la recherche de ces fameux cailloux à encoches, au grand dam de ma mère qui, plus d’une fois, tentât de me décourager de mes investigations paléoanthropologiques. Bien entendu je ne l’écoutais pas, persistant à parcourir prairies, champs et chemins les yeux rivés sur la pointe de mes chaussures, parcourant les hectares de terres paternelles, déterrant et retournant le moindre galet pour en vérifier la forme. Et par deux fois mes recherches furent couronnées d’un franc succès, faisant taire à jamais les railleries maternelles.

    La première découverte fut l’une de ces fameuses pierres munies d’encoches. Là encore je ne me souviens pas vraiment du contexte mais je suis à peu près certain de l’avoir ramené à bout de bras comme l’on tient une sainte relique, puis l’avoir montrée à ma mère qui dût, de par la force même de l’évidence, s’imposant tel Moïse au pied du mont Horeb remettant les Tables de la Loi au peuple d'Israël, admettre une bonne fois pour toute que j’avais raison.

    Galvanisé par cet inexpugnable coup d’éclat, mes recherches, il est vrai parfaitement empiriques, se poursuivirent au gré des saisons. La seconde découverte, qui demeure à ce jour la plus belle, devait survenir plus tard, peut-être un an ou deux après la première. 

    Au détour d'un chemin, je tombais nez à nez avec une pierre oblongue à la structure très inhabituelle. Deux encoches profondes opposées, mais également des sillons en arc sur l’un des côtés. Qu’était-ce exactement, je n’en savais alors rien et les livres à ma disposition dans ma bibliothèques étaient trop évasifs sur le sujet pour en percer le mystère. Alors, après les avoir probablement pas mal embêtés avec ça, mes parents appelèrent puis me conduisirent chez le fameux monsieur qui, lorsque j'étais gamin, était venu faire son intervention à l'école. Car il se trouvait que, par l'un de ces hasards extraordinaires que nul n'expliquera jamais si ce n'est par la force du Destin auquel certains veulent bien croire, cette personne était une de leurs connaissances lointaines... Par un beau dimanche après-midi je lui apportai donc fièrement mon caillou, afin qu'il l'identifie, espérant que ma trouvaille fut à la hauteur de la première. Sa réponse devait dépasser toutes mes attentes.

    Il s'agissait bel et bien d'une pierre taillée, et non pas comme l’avait suggéré mon sceptique de père, d’un coup heureux de la charrue. En l’occurrence, j’avais trouvé une hache primitive. Et de me montrer, dans sa collection personnelle, quelques exemples qu'il avait lui-même récoltés et dont il avait reconstitué le manche à l'aide d'une branche de noisetier fendue et d'un peu de corde nouée aux extrémités afin de maintenir le tout en place. Je crois que rarement de ma vie je n'ai été aussi fier que ce jour-là !

    Cette hache, de ce genre-ci, je la possède encore dans une armoire chez mes parents avec son manche de noisetier que j'ai à mon tour reconstitué en suivant le modèle de mon aîné. Elle n'a rien d'extraordinairement décoratif mais il faudra peut-être que je la fasse encadrer pour la mettre en valeur, dans une jolie boîte américaine sans doute.

    Depuis lors, je n’ai jamais cessé, lorsque je me promène à la campagne, d'avoir les yeux rivés au sol afin de voir si cette pierre que je vois là-bas derrière une motte de terre, ou celle-ci à moitié enfouie, ne serait pas pourvue d’encoches ou mieux encore serait taillée sur une de ses faces. Plonger ses yeux dans les pierres et les vieux cailloux, c’est un peu - à l'image des cromlech d'Espiau qui nous regardent du haut de leurs milliers d'années - grimper sur les épaules de nos ancêtres et plonger ses yeux dans l’infini du ciel. Un autre infini, moins abstrait. 

    Ce que l’on y voit atteste de ce qui n’est plus mais demeurera visible bien longtemps après nous, à qui sait ouvrir les yeux.

    27 mars 2018

    Bientôt hiberning

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    Dormir... Dormir dix heures d'affilée deux jours de suite, et ne rien faire entre les deux, sinon traînasser dans un plaid devant la télévision à regarder des séries. J'en rêve !

    Cela fait presque quatre semaines que je bosse sans vraiment m'arrêter, pas même le weekend.

    Des urgences de boulot à gérer jusqu'à vendredi, des copies à corriger, environ 250 en quinze jours... cela fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé d'en avoir autant. Des dimanches studieux qui se terminent tard le soir alors qu'il faut se lever tôt le lendemain matin, et encore plus tôt depuis le weekend dernier en raison du passage à l'heure d'été. Non, vraiment, ce changement d'heure est pour moi un désastre sanitaire chaque année. C'est simple, il me faut une semaine pour me mettre dans le rythme et réussir à me lever le matin dans des conditions à peu près normales.

    Bref, encore quelques jours et mon agenda devrait s'alléger un peu. Ha ben non en fait : la semaine prochaine s'annonce tout aussi chargée. Merde... Quoi qu'il en soit, le weekend qui arrive sera l'occasion d'une hibernation express.

    Et puis weekend de Pâques oblige, ce sera certainement l'occasion d'aller manger un bout d'omelette géante (le manging d'omeletting, une activité totalement disruptive dans la Start-Up Nation), histoire de reprendre des forces qui abandonnent mon petit corps fragile. Si seulement j'en ai assez pour me traîner jusque là...

    23 mars 2018

    J'ai rêvé de lui

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    La nuit dernière j'ai rêvé de lui. Cela ne m'était pas arrivé depuis... d'ailleurs je ne sais même pas si cela m'était arrivé auparavant. Oui, c'est peut-être la première fois, alors qu'il n'y avait à cela aucune raison particulière.

    Un rêve en noir et blanc, fait rare pour être noté, mes songes étant souvent très colorés et fourmillants de détails. Celui-ci au contraire était très dépouillé, très simple. Un plan rapproché coupé un peu haut.

    Un rêve très bref, presque subliminal. Quelques secondes à peine qui m'ont pourtant permis de reconnaître sans équivoque son visage et son regard, même si tout cela est maintenant loin derrière moi, derrière nous.

    Un rêve très doux durant lequel il eut à peine le temps de me prendre dans ses bras et de m'embrasser au bas de la joue. Un baiser tout en tendresse, plein d'affection.

    Rien de plus.

    J'ai presque envie de lui écrire un sms pour savoir s'il va bien, s'il n'y avait pas là-dedans une sorte d'appel prémonitoire... ce que je ne crois pas.

    Mais sait-on jamais ?


    ***
    Édit du 24 mars :
    Je lui ai envoyé un sms. 
    Il rentre de voyage, il va bien :)

    20 mars 2018

    A la mi-carême

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    I

    Le carnaval s’en va, les roses vont éclore ;
    Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon.
    Cependant du plaisir la frileuse saison
    Sous ses grelots légers rit et voltige encore,
    Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,
    Le Printemps inquiet paraît à l’horizon.

    II

    Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire ;
    Bien que le laboureur le craigne justement,
    L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,
    La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.
    Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ;
    C’est sa première larme et son premier sourire.

    III

    C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir
    L’anémone sauvage aux corolles tremblantes.
    Les femmes et les fleurs appellent le zéphyr ;
    Et du fond des boudoirs les belles indolentes,
    Balançant mollement leurs tailles nonchalantes,
    Sous les vieux marronniers commencent à venir.

    IV

    C’est alors que les bals, plus joyeux et plus rares,
    Prolongent plus longtemps leurs dernières fanfares ;
    À ce bruit qui nous quitte, on court avec ardeur ;
    La valseuse se livre avec plus de langueur :
    Les yeux sont plus hardis, les lèvres moins avares,
    La lassitude enivre, et l’amour vient au cœur.

    V

    S’il est vrai qu’ici-bas l’adieu de ce qu’on aime
    Soit un si doux chagrin qu’on en voudrait mourir,
    C’est dans le mois de mars, c’est à la mi-carême,
    Qu’au sortir d’un souper un enfant du plaisir
    Sur la valse et l’amour devrait faire un poème,
    Et saluer gaiement ses dieux prêts à partir.

    (...)

    Alfred de Musset, A la mi-carême

    15 mars 2018

    La Photo du mois : Ding-Dong

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    Ding-Dong ! Nous sommes déjà le 15 mars, il est midi et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par J'habite à Waterford qui nous propose de plancher sur "Ding-Dong" en nous donnant les indications suivantes :

    "La petite chose qui vous réveille, vous tire de votre rêverie,
    vous annonce qu'il est temps de passer à autre chose,
    au sens propre, ou figuré, au passé, ou au présent
    ".
    Pour une fois, ce thème fut très simple à traiter dans la mesure où, en effet, mes journées sont rythmées par les cloches de la basilique Saint Sernin située à quelques dizaines de mètres de mon bureau et dont la sonnerie retentit dans tout le vieux centre-ville. La Basilique, qui est aussi essentielle à Toulouse que ne l'est la Garonne et sans laquelle, à l'instar du nez de Cléopâtre, si elle avait été plus courte, la face de Toulouse en aurait été changée.

    Ma photo, sortie des archives, fut donc prise en septembre dernier :


    Je ne me lasserai jamais de la somptueuse basilique Saint Sernin et de ses cloches qui sonnent non seulement les heures, mais également tous les quarts d'heure, au son de l'Ave Maria de Lourdes, dont la composition serait attribuée au toulousain Pierre Kunc, frère d'Aimé Kunc.

    Le premier quart d'heure entonne les premières mesures de la célèbre mélodie, une grappe de cloches qui tintinnabulent gaiment. Le second y ajoute quelques notes supplémentaires et ainsi de suite, jusqu'à l'heure suivante où l'hymne glorieux reparaît dans sa totalité, suivie d'une série de battements lourds et bas, imprimant l'heure exacte tout le long de la rue du Taur jusqu'à la place du Capitole, et plus loin au Nord jusqu'à la place Arnaud Bernard d'où la flèche émerge au loin en vigile éternelle par dessus les toits.

    Et parfois, perdu dans mon travail, certaines des sonneries m'échappent, comme si le temps avait passé trop vite, ce qui me fait toujours penser à ce passage de Proust se souvenant, avec une douce nostalgie, de ses heures de lectures dans le jardin de Combray :
    " Et à chaque heure il me semblait que c’étaient quelques instants seulement auparavant que la précédente avait sonné ; la plus récente venait s’inscrire tout près de l’autre dans le ciel et je ne pouvais croire que soixante minutes eussent tenu dans ce petit arc bleu qui était compris entre leurs deux marques d’or. Quelquefois même cette heure prématurée sonnait deux coups de plus que la dernière ; il y en avait donc une que je n’avais pas entendue, quelque chose qui avait eu lieu n’avait pas eu lieu pour moi (...)."
    Qu'est-ce qui fait Ding-Dong chez les autres participants à la photo du mois de mars ?