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    21 juillet 2010

    Quand Cupidon me dit "merde"

    22 commentairess
    Je vais finir par me croire irrémédiablement fâché avec Cupidon.

    L'autre soir je me suis retrouvé chez un mec rencontré sur le net. Pas le genre de gars vers lequel je serais allé spontanément ; un très beau garçon tout de même.  Grand, les traits doux, de mon âge, bien bâti. A vrai dire c'est lui qui a fait le premier pas. Un premier message, puis un second, une amorce originale qui nous a amené à papoter un peu. Nos solitudes se sont croisées et quelques heures plus tard voici que je me retrouve assis à ses côtés, installés dans son vaste canapé de cuir brun.
    Nous avions été très clairs dés le départ. Je le suis toujours sur mes attentes. L'un comme l'autre ne cherchions pas à tout prix le grand amour, lui en particulier sortant d'une relation houleuse dont il voulait se remettre, mais laissions la porte ouverte à une l'éventualité d'une romance.  Un plan cul en somme. Et plus si affinité. C'est ma philosophie du moment  depuis quelques temps déjà :  garder l'oeil ouvert et laisser l'amour venir à moi plutôt que m'épuiser à lui courir vainement après.  Cela vaut ce que cela vaut.

    La discussion s'est engagée spontanément, librement, sans que nous eûmes besoin de nous forcer, mis mutuellement et immédiatement en confiance. D'ailleurs les doutes s'étaient volatilisés dès les premières secondes où nous nous sommes vus, alors qu'il m'attendait à la sortie du métro. Visiblement le feeling était réciproque. Nous avons beaucoup bavardé, longuement, agréablement, de tout, sans trop de retenue. On s'est raconté nos vies, nos envies, nos amours perdues, nos désillusions, notre quotidien, certains souvenirs. On a même ri. Progressivement nous nous sommes rapprochés, lentement, laissant nos  mains puis nos corps s'exprimer de plus en plus librement, jusqu'à ce que les mots deviennent superflus. J'ai ressenti une jolie complicité, chacun comprenant les attentes de l'autre, avec beaucoup de douceur, guidés par le discours de nos regards. Je crois que l'un comme l'autre avons pris un pied fantastique (rassurez-vous, j'ai tout à fait conscience du caractère hautement prétentieux de cette dernière affirmation). Les sangs gorgés d'endorphines, nous remettant de nos émotions, nous avons à nouveau discuté, de choses et d'autres, toujours dans la même simplicité. Nous aurions certainement pu continuer ainsi jusqu'aux premières lueurs du jour s'il ne m'avait fallu me lever tôt le lendemain matin.

    Tandis qu'il récupérait le chat qui s'évadait dans les escaliers, j'ai hésité à l'embrasser une dernière fois. Je ne l'ai pas fait. Par peur de paraître lourd et ridicule. Mes sentiments m'effraient parfois... J'en avais pourtant bien envie.

    Arrivé chez moi, je lui envoie un texto le remerciant pour ce moment très agréable. Je lui dis à bientôt. Il me répond sur le même ton et dans les même termes. Cette nuit là je dormirai d'un profond sommeil.

    Hier je lui ai envoyé un nouveau texto pour prendre de ses nouvelles. Je pensais à lui, à cette soirée formidable, au plaisir que j'avais eu à le serrer contre moi.  Pas de réponse. Aujourd'hui je découvre qu'il a supprimé son profil sur le site où nous nous sommes rencontrés. Et toujours pas de réponse à mon message. L'évidence est là qui me brûle les yeux. J'ai compris et ne m'acharnerai pas.

    Je sais combien cette situation ridicule peut me faire paraître pathétique et entends d'ici les sarcasmes  - justifiés - jaillissant de toutes parts : "Ha bé oui, de toutes façons tu l'as dit toi même, vous vous êtes clairement dit que vous ne cherchiez rien de spécial, ni l'un ni l'autre, banane !". Certes, je ne nie pas.  Je suis un couillon. C'est exactement ce que nous nous sommes dit. Pourtant...

    Et pourtant, aussi con que cela puisse paraître, je me suis posé beaucoup de questions au sujet de ce  charmant garçon. Non non, quoique je sois un authentique coeur d'artichaut (barricadé derrière une épaisse  mais néanmoins fragile carapace) je ne suis pas déjà tombé amoureux. Non, il m'en faut un peu plus pour ça.  Un tout petit peu plus. Peut être pas tant que ça finalement. Mais  j'avoue que cette très belle rencontre avait rouvert en moi le champ des possibles, cette porte longtemps restée fermée, qui s'est à nouveau entrouverte, trainant dans son sillage un cortège de potentialités, comme autant de positions à examiner sur un échiquier  géant dont je serai le Roi. J'aurais bien aimé le connaître davantage et voir si cette rencontre d'un soir - aussi agréable fut-elle - pouvait déboucher sur quelque chose d'un peu plus abouti, ne serait-ce qu'une amitié. Car je suis persuadé que nous aurions beaucoup à échanger. Il faut croire que les Parques en avaient décidé autrement.

    Au final c'est un sentiment mitigé qui m'imprègne. D'un coté une forme d'espoir . Oui, des garçons bien, équilibrés dans leur tête, qui me plaisent et à qui je puisse plaire, ça existe. La preuve, j'en ai rencontré un.  C'est donc qu'il doit y en avoir d'autres. Mais d'un autre coté, c'est une sorte de découragement : tout est à reprendre à zéro...  Des comme lui je n'en ai pas croisé souvent. Ho ça non. Et sans même laisser une chance à quoi que ce soit, Cupidon m'adresse une formidable et retentissant "merde", net et sans appel.
    C'est parfois con la vie...

    12 juillet 2010

    Et la tendresse bordel ?

    21 commentairess
    L'autre jour je déjeunais avec une amie place des Carmes. Un très beau quartier, vivant, qui a gardé un esprit de village au coeur de la ville, son marché quotidien sous les arches de béton de la halle neuve, ses troquets, ses figures, son rythme, son souffle. Attablés à l'ombre apaisante d'une bonne maison nous parlions d'un peu tout, de notre vie respective, de nos envies, de nos amours passées, présentes et à venir. Des siennes, vacillantes et sur le point de connaître un heureux nouveau souffle. Des piètres miennes, voguant de Charybde en Scylla au gré de vents paresseux.

    Je lui confiais certains échecs, les erreurs de casting, je lui parlais de certaines personnes que j'ai cru aimer mais pour lesquelles j'ai du me rendre à l'évidence de l'illusoire de notre relation, de mes écueils récurrents, de mes angoisses existentielles. Car il est vrai que si ma vie sentimentale a réellement démarré à partir de l'instant  - tardif - où j'ai franchi le seuil du miroir, le bilan n'est pas flamboyant. Environ quatre mois, c'est le temps qu'a duré ma plus longue relation avec un garçon, en trois ans. Je lui faisais part du besoin régulier que je ressens de me retrouver seul et de mes doutes sur mon aptitude à vivre en couple. Je ne sais pas trop à quoi est du qu'une relation prenne, si les circonstances de la rencontre ont leur importance.  J'ai tendance à croire qu'un plan cul peut difficilement devenir l'amour d'une vie. Et encore... je n'en suis même pas sûr.  Je ne suis d'avantage enclin à admettre que l'amitié puisse se muer en autre chose. Quoique... Reste l'hypothèse par trop romantique du coup de foudre.

    Entre deux phrases, m'observant de son pénétrant regard malicieux elle me glissa : "Bientôt tu seras prêt". Je la regardais interloqué et dubitatif. Tandis que je la dévisageais, j'imagine qu'elle pouvait lire son mon visage un mélange de perplexité et de satisfaction. Oui, peut-être suis-je prêt à entreprendre quelque chose. Prêt dans ma tête, après avoir fait pas mal le point sur moi même, sur ce que je veux, ce que je suis prêt à faire ou à concéder. Bientôt tu seras prêt. Comment le saurai-je ? Et l'est on jamais ?

    Malgré mes doutes sur moi, l'envie est là, parfois. Celle de construire quelque chose, d'avoir l'impression d'avancer, de progresser. Il est assez facile de passer une nuit agréable en bonne compagnie. Le net est en cela un outil de braconnage très performant : il suffit de s'y aventurer pour partir à la chasse et ramener un beau mâle dans sa gibecière. Certaines personnes peuvent se passer de sexe. Moi pas.  Cependant je me rends compte qu'au delà du sexe, c'est désormais avant tout de la tendresse que je recherche.  J'en discutais récemment avec un autre blogueur. Les câlins, la chaleur humaine, la tendresse... La tendresse, cette denrée inestimable, encore plus indispensable qu'une partie de jambes en l'air. Parce que partager un moment de tendresse va au delà d'un simple plaisir égoïste. C'est un instant privilégié qui peut être sentimentalement tout aussi neutre que totalement engagé. Un instant de tendresse exprime tellement plus que des mots. Aucun gadget ne remplace l'amour, écrivais-je au même blogueur, mais rien non plus ne remplace la tendresse, que ce soit pour un gros câlins à pleins bras ou une simple caresse sur la joue...
    Découpant sa tranche de melon avec détachement, elle me regarda à nouveau : "De toute façon, toi ce qu'il te faut, c'est une histoire simple". J'esquissais un sourire. C'est vrai. Un garçon simple pour une histoire simple et une vie presque ordinaire. Mais certainement pas une vie quelconque.
    Et dévorer les jours à pleines dents, la main dans la main.


    Je souhaite dans ma maison :
    Une homme ayant sa raison,
    Un chat passant parmi les livres,
    Des amis en toute saison
    Sans lesquels je ne peux pas vivre.

    A peu près Apollinaire



    [ Ce billet est un peu décousu... J'aurais peut être du le laisser mûrir d'avantage avant de le publier. J'espère que vous m'en excuserez. ]