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    22 octobre 2012

    La soirée ratée et ce garcon qui voulait m'embrasser

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    Ce devait être une bonne soirée. Tous les ingrédients étaient là pour que cette première sortie au cœur des folles nuits porteñas soit inoubliable. Il n'en fut rien.

    Tout avait commencé quelques jours plus tôt avec la rencontre de ce charmant garçon chez qui j'étais allé prendre un café et faire connaissance. Oui, c'est réellement un joli garçon, de mon âge, très bien de sa personne, de silhouette ostensiblement athlétique. Je vous arrête tout de suite : il ne s'est rien passé entre nous, il ne m'attire pas plus que cela. Car aussi beau soit-il, aussi charmant qu'il puisse être, je ressens en lui cette étrange mais assourdissante dissonance que je ressens parfois à l'égard de certaines personnes et qui fait que le courant ne passe pas autant qu'il le pourrait. J'ai parfaitement conscience de l’irrationalité de mon propos mais mon instinct, auquel j'ai réappris à faire confiance, ne me trompe que rarement.  Et de toute façon nous étions d'accord sur la nature de stricte courtoisie de ma visite...

    Nous nous sommes revus quelques jours plus tard pour dîner, toujours chez lui. Il avait préparé à manger. Le repas typique du pédé qui prend soin de son corps dessiné à coup d'heures passées à la salle de sport : du poulet au four, une salade de crudités, du coca light. 
    On a discuté un peu plus que la première fois. On a parlé jeux vidéos, cinéma, on s'est tapé sur la gueule à coup de Street Fighter IV... Ce fut un moment assez sympa même si son petit short très court et sa chemise hyper cintrée suggéraient, sans trop d'équivoque, de toutes autres ambitions à propos desquelles les textos échangés alors que je cheminais sur le retour, donneront la confirmation. Et j'avoue que ça m'a un peu fait chier de savoir que nous n'étions pas exactement sur la même longueur d'ondes et qu'il espérait autre chose qu'une "simple" amitié sans jouer cartes sur table.

    Quoiqu'il en soit, ce second soir, avant que nous ne nous séparions, et tandis que j'observais son bras accoudé sur le dossier du canapé se rapprocher insensiblement de mon visage, mon nouvel ami m'a parlé d'une soirée Dorothy qui avait lieu le vendredi suivant en plein cœur de Buenos Aires. De ce que j'en ai compris, les soirées Dorothy sont des soirées plutôt ultra prisées, initialement conçues pour garçons sensibles mais désormais ouvertes à un plus large public. "Ce serait dommage que t'y ailles pas" m'a-t-il dit. En effet, même si en temps normal je ne suis ni un grand afficionado des soirées en boite en général ni des soirées dans le milieu en particulier, ce serait dommage de passer à côté de ce qui semblait être l'événement du mois à Buenos Aires, mon nouveau chez-moi. La chose était entendue, rendez vous vendredi soir sur le coup de une heure du matin à la découverte des nuits argentines.
    Vendredi, une heure trente du matin, j'attends mon comparse au pied de son immeuble avant que nous ne sautions dans un taxi, direction le Palacio Alsina, temple de la musique électronique à Buenos Aires. 

    Quoique nous soyons arrivés assez tôt il y a déjà beaucoup de monde qui se presse dans la rue et forme une interminable file d'attente. Une fois à l'intérieur, le lieu est vraiment superbe : au rez-de-chaussée se situe le dance-floor, surplombé par deux niveaux de balcons faisant tout le tour de l'immense volume. Sur le mur du fond et recouvrant tout le plafond, un écran géant diffuse alternativement extraits de clips et images psychédéliques. Deux DJ envoient les décibels, le show est grandiose et bien rodé, la clientèle est assez variée, ni trop jeune ni trop âgée, le tarif des boissons reste parfaitement abordable, l'ambiance globale plutôt sympa. La fête pouvait commencer.

    Mais alors pourquoi diantre ne me suis-je donc pas amusé ? Pourquoi au bout d'une heure avais-je déjà envie de rentrer chez moi ? Car non, je ne me suis pas amusé. Non je n'ai pas apprécié cette soirée. Et pourtant, merde quoi ! je suis dans un endroit où toute la ville se bouscule, dans une super métropole, à l'autre bout du monde, et je me fais chier alors que tout le monde autour de moi semble passer un bon moment. Tout ces gens qui dansent le sourire aux lèvres faisaient-ils semblant d'être heureux ? Qu'est-ce qui cloche en moi ? Pourquoi je n'y arrive pas, moi, à m'amuser ?

    Ayant perdu mon prince charmant de vue depuis un petit moment et ne l'ayant pas recroisé de la soirée, je ne suis malgré tout forcé à rester. Je me disais que, peut-être un déclic allait se produire, que j'allais croiser un regard invitant ou un visage amical, une invitation à un peu d'effervescence... J'ai repris un verre bien tassé pour m'embrumer un peu les sens et me délier l'esprit, fixant la foule en transe, dans l'attente d'un sursaut salvateur qui ne viendra jamais. La musique ne me fait pas vibrer. Je ne trouve pas que les gens soient particulièrement beaux. Pire, voir ces quelques mecs torse-nu, soigneusement épilés, sauvagement bodybuildés selon un schéma préformaté de beauté présumée et taillés comme des acteurs pornos, se tortiller langoureusement par petits groupes de trois ou quatre me donne littéralement la nausée. Je les envie tout autant qu'ils me répugnent.

    Il est presque cinq heures du matin, j'ai la rage au ventre lorsque je croise l'obélisque de l'Avenue 9 de Julio en rentrant chez moi. A ce moment là je me hais comme cela ne m'était pas arrivé depuis fort longtemps. Oui, je me suis haïs, vraiment. J'en aurais chialé...  

    Pourquoi ? 
    Pourquoi ? 
    Pourquoi ?

    Peut-être es-tu sorti avec les mauvaises personnes, m'a demandé quelqu'un sur twitter. Oui, il y a peut-être de cela. Peut-être tout simplement ne suis-je pas fait pour ce genre de sortie ? Et de toute évidence j'ai encore pas mal de choses à régler avec mon image qui manifestement peuvent encore me bloquer dans ma relation aux autres. Que l'on soit chez soi où à 12000 Km de là ne change rien à l'affaire, on ne se refait pas. 

    Pour l'anecdote, depuis cette soirée ratée, je n'ai aucune nouvelle, pas même un texto le lendemain, de ce charmant garçon qui voulait m'embrasser...

    13 avril 2010

    MangaLand

    7 commentairess
    Dimanche après midi je me suis laissé traîner aux confins de la 4° dimension : le salon de la culture japonaise, qui se tenait pendant deux jours à l'Innopole de Labège. 15h30 on décolle, un petit tour sur la rocade et quelques quinze minutes plus tard, arrivés à destination, on se gare. Devant l'entrée le ton est donné : Naruto et je ne sais quel personnage gothique crament une clope pendant qu'une créature rose bonbon fait des photos au téléobjectif. Tout va bien. Passage obligé par les caisses, 10 €uros l'entrée, et hop, munis du sésame magique nous entrons de plein pied dans ce temple de la culture japonaise.

    L'ambiance est bon-enfant, bruyante, le public assez jeune, dans lequel se côtoient les geeks de trente piges en plein syndrome de Peter Pan, et une foule d'ados manga-ô-philes jusqu'au bout des ongles.

    On se balade un peu dans ce vaste fourbi coloré, propulsés dans un autre univers ma foi plutôt agréable. Le premier hall est consacré aux jeux vidéos. Mes instincts de gamer se réveillent à la vison de rutilantes bornes d'arcades des années 90 : Puzzle Bobble, Street Fighters, et autres shoot them up qui ont fait notre bonheur avant que de puissantes consoles viennent s'installer à domicile... Séquence rétrogaming !! Bon, on n'a pas trop résisté et on a fini par s'asseoir pour quelques parties (gratuites , le pied !) de je ne sais plus quel jeu de baston plutôt sympa dont je ne me souvient plus le nom. Mwaaa ! Quel plaisir de retrouver des sensations oubliées ! Et tenir un vrai bon joystick en main n'a pas d'égal (non, il n'y a aucun sous entendu salace !). Un peu plus loin un stand karaoké se déchaîne sur le générique du dessin animé Denver le dinosaure... mais le ridicule est un concept tellement relatif ici !
    Nous pénétrons dans le hall principal. On se croirait dans le supermarché du manga ! A perte de vue, des stands de marchandises diverses et variées : des mètres carrés de posters et affiches, des kilomètres de mangas, des montagnes de sacs, bracelets et autres colifichets de plus ou moins belle qualité à l'effigie des héros venus du japon. Les fans en ont pour leur compte ! Et à voir les poches pleines qui circulent il faut croire que les affaires ont été bonnes. Stef, que j'accompagnais, tombe en pâmoison devant une réplique du Death Note dont il finira par acheter un exemplaire. Quant à moi je craque sur une  très mimi Koopa Troopa avant de me résigner : elle n'est définitivement pas raccord avec mon intérieur. Tant pis ! Un peu plus loin on nous propose de refaire notre garde robe : robes gothiques, jolis petits bustiers, bas résilles venus d'une autre galaxie, il n'y a que l'embarras du choix !


    Oué je sais que j'aurais eu l'air trop chou dans cet accoutrement mais il n'y avait pas ma taille. Et puis d'autres le portent tellement mieux que moi ! Il faut parfois savoir renoncer... smileys Forum

    Le seul absent, ou sous-représenté, de ce salon : le japon traditionnel. Car si les phénomènes jeux vidéos et manga sont représentatifs d'une culture japonaise, celle-ci n'est pas réductible à cela. J'aurais aimé un espace davantage consacré au Japon ancestral, un peu plus zen quoi. Car du coup l'intitulé du salon s'avère un peu pédant. Mais bon, qu'à cela ne tienne j'y ai passé un agréable moment et je pense bien y revenir lors de sa prochaine édition.

    Hier en rentrant chez moi, j'ai fait un détour par le Jardin Japonais de Compas Caffarelli. La lumière était douce et l'atmosphère très calme, apaisante. Je devrais y passer plus souvent.


    So zen...

    29 mars 2010

    Alice in Wonderland

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    Comme beaucoup de monde j'attendais avec impatience la sortie du dernier opus signé Tim Burton. D'une part parce que j'aime beaucoup le travail de ce réalisateur pour son univers sombre et torturé tout autant que loufoque et décalé ; d'autre part parce j'avais hâte de découvrir comment l'ami Burton allait s'approprier le monde fantasmagorique de Wonderland dans lequel il m'était tout à fait concevable qu'il se sentit chez lui. Pour tout dire j'attendais beaucoup de ce film qu'un matraquage publicitaire rondement mené laissait désirer depuis quelques longs mois.

    L'histoire de Alice, tout le monde la connaît dans ses grandes lignes, soit que l'on ait vu le dessin animé de Disney, ou bien la série animée diffusée à la télévision dans les années 80, ou encore - pour les plus valeureux - qu'on ait lu l'oeuvre de Lewis Carol.
    Pour résumer, Alice, c'est 50 kilos d'héroïne... Cette petite fille de la bonne société Londonienne voit des lapins qui courent partout, un chat qui vole, des oeufs qui marchent sur un mur (du moins dans la version originale : l'absence de Humpty-Dumpty dans la présente fait cruellement défaut ce me semble) et des chenilles qui fument le narghilé. Je sais, on en a enfermé pour moins que cela. Mais que voulez-vous, la protection de l'enfance n'est plus ce qu'elle était ! Pour en venir au film à proprement parler, rien de révolutionnaire dans l'assiette. Alice se trouve en prise avec l'inoxydable Reine de Coeur qui, au gré de sa mauvaise humeur, fait régner la terreur sur Wonderland. Le scénario est assez linéaire, sans surprise ni réelle originalité ou une quelconque prise de risque. Disons que c'est du Disney familial destiné à plaire au plus large public. Les chtites n'enfants comme les plus grands y trouveront mille raisons de s'émerveiller - les effets spéciaux numériques sont là pour vous garantir le spectacle, d'autant que l'utilisation sympathique de la 3D apporte une profondeur visuelle discrète mais tout à fait appréciable. Si je n'ai étonnamment pas été conquis outre mesure par le Jonny Deep grimé en chapelier fou, la Reine de Coeur m'a en revanche paru parfaite dans son rôle. La Reine Blanche vaut aussi son pesant de cacahuètes, dans un registre assez différent toutefois. Tout cela fait de Alice un très bon divertissement, parfois assez drôle d'ailleurs. J'ai au demeurant passé une bonne soirée derrière mes lunettes 3D. 
    Voilà voilà...

    Mwoui... voilà voilà... Car, vous le sentez bien, il y a un hic.
    Si j'allais voir Alice ce soir ce n'est pas tant pour l'histoire en elle même - dont le ressort a été usé jusqu'à la moelle, parfois brillamment, je pense en particulier au fabuleux Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro sorti en 2006 - mais pour l'univers Tim-Burtonien dont je parlais plus haut, celui que j'avais adoré dans Edouard aux mains d'argent, Sleepy Hollow, Big Fish ou encore L'Etrange Noël de Mister Jack, et que j'avais cru reconnaître dans le génial Coraline dont il n'était pourtant pas l'auteur. Alors, certes on retrouve ses marques, l'image est parsemé de références désormais classiques, presque des figures imposées, telles que les arbres aux inquiétantes branches noueuses, on reconnait le moulin à vent dégingandé qui a fait la renommé de Disney en 1937 avec son court métrage The old mill, la folie des personnages est bien présente, mais... mais pas beaucoup plus en réalité. Je n'ai pas retrouvé dans cet Alice ce qui jusqu'alors m'avait fait aimer le cinéma de Tim Burton. Pire... j'ai eu l'impression de voir une sorte de cousin éloigné de Harry Potter, ou du Monde de Narnia ! Où sont passées la noirceur ténébreuse, la puanteur infernale, les errances délirantes de personnages emportés dans les élans d'une irrémissible folie ? Où sont les peurs refoulées de notre enfance, celles qui nous prennent au tripes et nous glacent d'effroi et auxquelles il faudra pourtant faire face ? Wonderland m'est apparu assez gentillet et bien loin, dans ses cotés obscurs, des méandres dans lesquels Burton aurait pu, avec son génie habituel, lui construire un décorum cousu main.

    Peut-être également ai-je, à un tout autre niveau, été indisposé par la logorrhée d'images de synthèse qui composent à peu près l'essentiel du visuel, acteurs compris.  Etrangement je m'étais déjà fait la réflexion pour Avatar sans que cela me dérange au delà du raisonnable. Mais ce coup ci fut différent. La différence entre des décors réels et des décors en images de synthèse est... que cela finit par se voir !! J'en veux pour preuve un exemple tout simple : l'animation d'une feuille de fougère. En image de synthèses c'est beau, c'est tout lisse, sans aspérités ; il n'y a pas cet infime frémissement aléatoire, cette petite ondulation disgracieuse à peine perceptible mais bien présente qui différencie un univers virtuel mathématiquement idéalisé de l'univers réel imparfait. Mais plus encore que les décors dont je peux comprendre la nécessité de recourir au tout numérique, le tripatouillage morphologique des acteurs m'a laissé perplexe et assez peu séduit. Mais peut être suis-je vieux jeu...

    Au final, Alice in Wonderland à la sauce Tim Burton laisse un bilan mitigé. Si j'ai effectivement passé un agréable moment, je ne suis en revanche pas certain d'avoir aimé le film qui m'a déçu.
    Dommage.


    Voir aussi l'avis de Patrick Antoine, Alban.

    5 février 2010

    Brigitte Fontaine au Bikini

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    Hier soir, la conne de la rue Saint Louis en L'Île conviait son public Toulousain à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Prohibition".
    Inutile de présenter l'inoxydable Brigitte Fontaine. Au simple évoquer de son nom, les arbres dansent, les parapluies deviennent rayon de lune, les matous princes charmants.

    Embarqué par Ptitcréole et son loulou à la station de métro la plus proche nous filons vers le Bikini où un public très bariolé s'est donné rendez-vous : filles et garçons, seuls, en couple ou en groupe, d'un peu tous les milieux, d'un peu tous les âges... Un public déjà conquis : on ne vient pas à un concert de Brigitte Fontaine par hasard !

    Brigitte on la connait pour ses sorties psychédéliques sur les plateaux de télévision où chaque interview est une porte ouverte sur le foutage de gueule le plus absolu ; certains journalistes redoutent de l'affronter. Brigitte c'est un peu comme quand on est petit et qu'on joue à l'apprenti sorcier en mélangeant dans une bassine un peu de tous les produit ménagers trouvés sous l'évier : il se passe des choses, ça fume, ça mousse, on n'est pas sûr de comprendre vraiment ce qu'il se passe, mais il est une chose dont on reste ignorant jusqu'à la fin : le résultat ! Donc, voir Miss Fontaine sur scène sentait bon le flirt avec l'inconnu et renouer avec une certaine prise de risque.

    Première très bonne partie assurée par Nicolas Jules. Sous ses airs de dandy bohème aux accents rock, ne vous laissez pas tromper : ce garçon est un barjot lumineux ! Seul sur scène, debout avec sa guitare, doté d'une fort belle voix, fusent quelques saillies de folie à l'état brut et de jolis textes faussement élégants trahissant les failles d'une réelle sensibilité. La filiation revendiquée avec celle dont il ouvre la scène est à l'évidence légitime. Et le garçon a une sacrée gouaille !! Effronté, méprisant, cynique et ironique tant dans ses texte que lors de ses joutes avec le public, ses transitions sont autant de bonbons acidulés. Comme souvent il faut oser se laisser faire et se laisser porter par le personnage qui pique vraiment très fort les premières seconde. Une fois entré dans son jeu, trop tard : on en redemande. La chanson sur la mort : "la mort, sale odeur, c'est pour ça qu'on y met des fleurs" et son univers rose bonbon trash de petits lapins farceurs, bien évidemment morts eux aussi, reste un moment de choix. Un artiste à suivre...

    Un peu plus tard dans la soirée, quatre musiciens investissent la scène dans un halo bleuté : batterie, percu, guitare et basse. Dans une tapisserie sonore magmatique, une silhouette apparait, telle un mobile de Calder, la démarche faussement hésitante, la foule s'embrase. Tout de noir vêtue, le bras droit menotté, Brigitte Fontaine, visiblement très heureuse d'être face à son public, entame son premier titre : prohibition. Quelques problèmes techniques de balance feront que nous ne comprendrons pas grand chose des paroles pendant environ le premier quart d'heure tant les instrument couvraient la voix. Dommage.
    Je redoutais que le concert ne soit consacré qu'à ses derniers titres mais j'eus le plaisir de voir rapidement mes craintes se dissiper. La set list balayait à peu près tout le répertoire des albums précédents, parfois réorchestré pour les besoins de la scène, voire légèrement réécrits pour mieux coller à l'actualité. Ainsi le nougat devint hier soir loukoum... Ma foi ! Mais visiblement Brigitte n'a que peu d'égards (bel euphémisme !) pour la politique menée par notre gouvernement : reconduites massives aux frontières, lois liberticides, bienpensance et politiquement correct sont des sujets qui la taraudent et sur lesquels elle ne se prive pas de réagir, à sa façon, c'est à dire dans l'excès et la provocation, tantôt debout, tantôt affalée dans un vaste fauteuil en rotin, l'oeil vif et le sourire irradiant tandis qu'elle lance son désormais culte "je suis vieille, et je vous encule".
    Court intermède musical par son fidèle Areski Belkacem qui prit le temps de quelques chansons le devant de la scène, tandis que la star devait aller se repoudrer le nez (avec le guitariste) et se changer pour revenir vêtue d'une étrange robe rouge assortie à sa nouvelle paire de menottes en fourrure rose.
    Ptitcréole, ironique, se demandait dans la voiture si elle réussirait à débaucher Grace Jones avec qui elle partage un duo sur son dernier album. Point de Grace Jones hier soir. En revanche ce sont Mouss et Hakim qui vinrent lui donner la réplique. Clin d'oeil sympathique de ces deux artistes Toulousain à l'entrain communicatif.
    Un autre personnage qui était hier soir plein d'entrain : Yann Péchin à la guitare. Plusieurs fois nous avons cru qu'il était perdu et que plus jamais il ne redescendrait sur terre tellement il planait dans un univers parallèle lointain... Le voir s'exciter sur sa guitare (stade freudien dépassé !!) à quelques mètres de nous  avait quelque chose d'un peu inquiétant (sûrement les ravages d'un repoudrage de nez mal dosé ?). D'autant que le résultat sonore pouvait laisser perplexe : tout ça pour... heu... ça ? Ha.... Bref... Lui prenait en revanche un pied degré 12 sur l'échelle de richter. 

    Ce fut au final un très agréable concert qui m'a donné une image un peu différente de cette artiste emblématique dont l'opinion publique ne retient souvent qu'une caricature, sans oser écouter vraiment la musique ou lire les textes de ce qui ne passe pas à la radio. Car, contrairement à la chanson, Brigitte Fontaine sur scène ça n'est pas exactement "comme à la radio". Si elle se joue des médias, elle ne se joue pas de son public, mais joue avec lui, entre malice et tendresse, derrière le masque de l'excentricité.
    Salam Brigitte !

    3 janvier 2010

    L'étourdissante "Vie Parisienne" au TNT

    2 commentairess
    Finir l'année autour d'une opérette, fraîche et pétillante, mais quelle formidable idée ? Il est donc naturel qu'elle ait traversé mon esprit exceptionnellement brillant.

    Mercredi 30 nous avions donc rendez-vous au TNT pour assister à La Vie Parisienne de l'ami Jacques Offenbach qui, par un hasard cocasse, était diffusée quelque jours auparavant en fin de soirée à la télévision. Mais désireux de conserver intact le plaisir de la découverte, j'avais soigneusement boudé cette production pourtant alléchante.

    Le propos de cet opéra bouffe est assez simple : deux gredins, Gardefeu et Bobinet convoitent la même femme. Dans une gare où ils attendent, Gardefeu se fait passer pour un guide auprès du baron de Gondremarck et Madame à qui il promet de faire visiter tout Paris et de les introduire dans le grand monde. Ce n'est là que le début de leurs soucis (pour l'argument dans son intégralité allez voir par ici).

    Lors de la réservation des places, je n'avais pas lésiné sur le prix, allons y franco, de sorte que nous nous sommes retrouvé très proche de la scène et pile poil au centre. Malgré un instant de doute, j'aime bien me trouver un peu en hauteur de sorte à dominer l'espace scénique, il s'avéra rapidement que cet emplacement fut stratégiquement parfait. En effet, des travaux importants obligent l'opéra à tenir portes closes pour la saison en cours, cette saison doit par conséquent se tenir hors les murs. Les Dialogues des Carmélites avaient déjà, dans un autre lieu, un peu souffert d'un espace à l'acoustique mal appropriée aux voix d'opéra. La salle du TNT qui nous accueillait ce soir là ne s'est montré guère plus convaincante. Les contraintes du théâtre ne sont pas celles de l'opéra et le conduit d'une voix qui chante n'a pas les mêmes besoins que celui d'un acteur qui déclame. Notre position avantageuse nous a toutefois permis de suivre les 4 actes sans trop de mal, même si certains choeurs d'arrière scène demandaient à ce que l'on tende un peu plus l'oreille. Je ne pense pas que les spectateurs situés tout en haut de la salle aient pu profiter tout autant du spectacle, du moins pour les séquences chantées. L'orchestre, peu à son aise dans une fosse bien étroite, a certainement pâtit de ces mé-dispositions, avait à sa tête un jeune chef - Alfonso Caiani -  à la bouille sympathique dont la direction vive et franche - et physiquement engagée jusqu'à la dernière seconde - ne souffre presque aucune critique de mon point de vue. Malgré quelque décalages très vite rattrapés, et le manque évident de réverbération, la petite troupe a mené son affaire tambour major battant, préservant l'équilibre voix/orchestre si fragile jusque dans les passages pianissimo.

    Malgré cette inadéquation du lieu sur ce point - ce qui témoigne hélas des énormes lacunes de la Ville Rose dans ce domaine - la soirée fut toutefois magnifique.
    Si elle n'a pas les proportions de la scène d'opéra, celle du TNT fut astucieusement exploitée. Quoique l'action se déroule dans le dernier tiers du XIX° siècle, le parti fut pris d'un modernisation parcimonieuse mais efficace tant sur du discours que des décors.

    Hormis l'acte deuxième qui fait montre de plus de parcimonie, les décors sont abondants, très riches, colorés, multipliant les arrières-plans permettant une profondeur de scène impressionnante dont chaque recoin ou presque est utilisé. Point d'économie de moyens, place à l'artillerie lourde pour la fin de l'année ! Un décors par acte, fortement référencé dans le Paris contemporain, ne réutilisant chaque fois que peu d'éléments du précédent, à l'exception du fond de scène mais qui fut néanmoins astucieusement remaquillé au fil de la soirée, donnant l'illusion d'un renouveau permanent. Voitures sur scènes, cadres géants, table de douze mètres, escalator, la démesure des décors - souvent interactifs - se veut à l'image de la démesure de la vie parisienne rêvée par les touristes dont on se joue. Et cela fait un sacré bien.

    La mise en scène ne fait pas non-plus dans la demi mesure (pas plus que la musique d'ailleurs), ne cachant pas les ambitions des personnages : c'est bien de gaudriole et de parties de jambes en l'air qu'il s'agit. Point de chichitage : Bobinet (le très mignon Marc Callahan, surtout en petite tenue...) et son comparse Gardefeu ont le sang très chaud et la sève haute... les enjeux sont clairs, et le jeu sur scène ne laisse aucun doute à ce sujet, faisant litière de la bienséance puritaine qui pourrait enrober le froufrou des dames de la haute société et de la position à laquelle doivent se conformer les hommes du monde. Mis à part la trivialité du propos frisant parfois l'obscène - nous eûmes droit à de nombreux coups de rein sans équivoque ainsi qu'à une éjaculation de Veuve Cliquot - la bonne humeur était au rendez-vous et, quoique les acteurs ne furent pas "à fond" tout le temps (sauf à se repoudrer le nez entre deux actes) une belle énergie se dégageait de l'ensemble, les uns et les autres prenant un plaisir évident à jouer cette bouffonnerie trépidante. Dès le premier acte (à la gare) ça court dans tous les sens, ça crie, ça tressaute, ça manifeste à grands coups de banderoles remises au goût du jour, le poing levé. On s'y croirait ! Le détail a même été poussé jusqu'à introduire une hôtesse chargée de faire des annonces régulières d'arrivées et de retards de trains au micro, ponctuées par le jingle SNCF. On est là pour s'amuser, allons y à fond sans craindre la surenchère, tel semble avoir été le maître mot de la mise en scène que j'ai trouvée tout à fait réussie. J'attribue une mention toute particulière aux deux interludes placés au premier puis second tiers, et censés représenter la rue parisienne au petit matin. Rabaissée à une hauteur d'environ 3 mètres par le tomber du rideau et éclairée par des ampoules électriques clignotant par alternance, la scène se trouve réduite à la largeur d'un couloir. Des gens vont et viennent, éboueurs, princesses et autres diablotins de la nuit, le diable au corps, se livrent à des frasques totalement délirantes et purement jubilatoires. Clou du spectacle lorsque, une fois le rideau tombé, toute la troupe réunie sur scène - chef inclus - se lance dans un dernière chorégraphie au son de l'orchestre endiablé. Un vrai bonheur !

    Il n'en fallait pas moins pour donner à cette Vie Parisienne tout son panache. Car il en va de la musique de Offenbach comme d'un gros hamburger avec ses frites : d'allure massive, passablement décadent, c'est joli, ça sent bon, ça rassasie sur le moment, mais on a vite à nouveau faim.... Après tout, il n'y a pas de mal à se faire du bien de temps en temps et se faire du bien au moral.

    29 décembre 2009

    Le Faune de la nuit

    3 commentairess
    Lorsque la ville revêt son manteau d'obscurité, et que les bruits noctambules habitent les rues, il sort. Dans la nuit.

    Il marche à grandes enjambées alternées petits pas serrés, vivement marqués au sol d'un claquement sonore. Clac, cloc, clac, cloc....
    Les mains rivées au fond des poches, il traverse dédaigneux les places encombrées de foules braillardes. Ses doigts s'amusent à parcourir les sinuosités de chacune des clés de son trousseau et jouent à les reconnaitre l'une après l'autre.
    Son coeur palpitant se serre un peu lorsqu'il aperçoit au loin les néons bleus et rouges qui reflètent leur clignotement maladif sur la chaussée ruisselante. Baissant vaguement la tête, il passe le porche tandis qu'un oeil de verre le regarde froidement. Il sonne. Bzzzzz
    Derrière la porte le videur prend connaissance de l'identité du nouvel hôte à qui il ouvre aussitôt. C'est un habitué.

    Musique étouffée
    Clameur lointaine
    Ambiance festive
    Il avance
    Montée d'adrénaline 
    Lorsque le bruit le submerge.

    Il y a du monde ce soir.

    Des paires d'yeux se retournent, pesants, et le déshabillent, le dévisagent, le convoitent déjà. Ôtant ostensiblement sa veste, il a l'impression d'exister dans le désir des autres. Son visage arbore la figure altière des conquérants.
    Des regards qui se croisent, des sourires esquissés, des mains qui se posent  avec fausse pudeur sur les hanches pour se frayer un passage jusqu'au bar. Un demi donnera un semblant de contenance.
    Les yeux s'expriment, l'intensité des regards insistants n'ont aucun secret pour lui. Pierre, Mathieu, Paul ou Christophe, qu'importe son prénom. Anonyme, il est ici chez lui. Faune parmi les Aegipans.

    S'accoudant à une table il aborde ce beau petit blond qui a déjà enlevé son T-shirt. Quelques mots échangés. A travers l'ambre de son verre il repère les va et vient d'une pièce l'autre, d'un lieu  de perdition à l'autre. Les visages satisfaits de ceux qui viennent de tirer leur coup, ceux gorgés d'envie qui sont sur le point de se livrer à des jeux interdits, et ceux prêts à se donner en pâture pour quelques instants de jouissance.
    Verre après verre, l'ivresse le gagne, desinhibante, libératrice.

    On s'approche... Qui va là ? Quelques mots susurrés à l'oreille et l'on rit d'un grand sourire, les yeux malicieux, pétillants. A ce petit jeu de la séduction il est sans rival dans cette cour des fantasmes.
    On le prend par la main, ivre d'envie. Des lèvres inconnues se collent aux siennes. Une main court le long de son épaule. Un grand frisson lui fend le dos. Il bande. Une nouvelle gorgée de bière, pétillante, amère et fraîche, le fait redescendre quelques secondes, le temps d'acquiescer à l'invitation provoquée de celui qui depuis un moment déjà lui titille les tétons, une paume discrètement lovée dans la poche arrière de son jean. 

    Obscurité
                           Frôlements
                                                     Désir 
                                                                        Murmures
    Extase

    Un dernier verre avant de partir. On se perd de vue...

    Il est bientôt six heures du matin.
    Les lumières jaunes de la rue lui font froncer les yeux tandis qu'une fine pluie d'hiver lui pique doucement le visage. Le cliquetis d'un rapide coup de la main atteste que les clés sont toujours présentes dans sa poche droite. Le nez dans ses souliers il rentre chez lui, satisfait, son forfait accompli. Son torse exhale le foutre. Dans sa tête l'ivresse des sens et la chaleur d'un corps au sien abandonné.

    Incognito
    Sa silhouette s'évanouit
    Dans la nuit mourante.

    22 décembre 2009

    Avatar

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    Celui-là, j'ai hésité à aller le voir tant le matracage commercial dont on nous assome depuis des mois commençait à me taper sur le système. Etant un poil têtu de nature et n'aimant pas crier avec les loups, je m'étais laissé dire que je n'irais pas, ou pas tout de suite. Et puis finalement, je me suis laissé convaincre... Il n'y a que les imbéciles qui...

    Alors, par où commencer ? Pandora est une lointaine planète sur laquelle se trouve un minerais capable de résoudre la crise énergétique sur Terre. Les compagnies d'exploitation déjà sur place sont toutefois contrariées dans leur tâche non seulement par l'atmosphère irrespirable de cette foutue planète, mais surtout par la présence de créatures autochtones, les Na'vi. Ces derniers, qui vivent en parfaite harmonie avec leur environnement, voient d'un très mauvais oeil  l'arrivée  de bulldozers géants venus décaper la surface de leur planète, et ont eu qui plus est l'outrecuidance d'installer  jadis l'un de leurs plus anciens  lieux sacrés pile-poil sur le gisement le plus important du minerais tant convoité. Y'a des baffes qui se perdent, c'est moi qui vous le dit. Alors, afin de dégager ces empêcheurs de creuser en rond, des scientifiques ont imaginé le projet Avatar qui permet à des "pilotes" humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans l'atmosphère létale de Pandora. C'est à ce moment qu'intervient Jake Sully un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant - incarné par le très bô Sam Worthington - chargé d'incarner l'un de ces avatars pour étudier les Na'vi de plus près et les convaincre qu'une solution diplomatique leur sera plus profitable qu'un génocide. Et ce qui devait arriver arriva, le syndrome de Stockholm va frapper le pauvre Jacke de toutes ses forces...

    Le scénario de Avatar ne brille pas par son originalité. L'histoire a un goût de déjà vu et mêle des ingrédients épars puisés dans Star Wars pour certains, dans la mythologie Japonaise pour d'autres, tels l'arbre géant symbole de sagesse que l'on trouve déjà dans Totoro ; enfin un  gros soupçon de new-age et d'animisme  mijoté à la sauce écolo pour le cas où ça ne suffirait pas. Les personnages ne vont pas non plus renouveler le genre : des gentils que l'on a plaisir à aimer, des méchants que l'on  se complait à détester. Malgré tout, Avatar évite l'éccueil du cul-cul-la-praline et du sentimentalisme à la guimauve rapidement nauséeux. De même les dialogues sont bien taillés, sans longueur,  fadeur ni foutaises.

    Avatar ne se prive pas non plus de nous ouvrir les yeux  sur quelques questions aujourd'hui aussi brûlantes que la protection de l'environnement (au lendemain de l'échec de Copenhague... ) et les horreurs de la colonisation lorsque les intérêts financiers priment sur le respect qui devrait pourtant être élémentaire, de la vie, quelqu'en soit la forme. C'est étrange mais c'est la première fois que je ressens aussi violemment la sensation de déracinement et de perte de soi dans un film. D'autres avaient pourtant déjà abordé ce thème là, mais il prend ici un éclat et une puissance assez bouleversante dont je m'étonne d'avoir été aussi marqué. Le film évite par ailleurs le piège grossier des méditations métaphysiques insipides et lourdingues. On perçoit ainsi, dans l'oeil d'un Jack invalide, l'écartèlement cornélien entre son existence d'avatar, sous les traits duquel il incarne un chef de guerre agile et séduisant, et celle de sa condition humaine, l'ex marine  juché sur sa chaise de souffrance, réduit à pas grand chose... Les questions sont posées, mais laissées ouvertes.

    C'est déjà pas mal,  et tout cela aurait déjà fait de Avatar un film riche et intéressant. Un scénario classique mais solide, des personnages attachants, un joli panel d'acteurs (j'ai retrouvé avec grand plasir Sigourney Waver), un peu de profondeur...  Mais là n'est pas l'essentiel.

    Car la vraie richesse de Avatar est sans nul doute possible son univers visuel absolument hors du commun, d'une finesse, d'une richesse et d'un aboutissement inégalés à ce jour. Avatar nous invite à une véritable plongée en plein coeur d'un écosystème entièrement neuf, où vivent des créatures naturellement inconnues de nos contrées mais dont  l'existence ne nous paraît au fond pas si improbable que cela. Tout y est beau, coloré, intelligemment pensé... J'avoue avoir été bluffé par toutes les trouvaillles exo-biologiques en toutes sortes, témoins d'une imagination exceptionnelle, dont chaque centimètre caré de la toile est dotée.  Avec Avatar la preuve est désormais faite que le cinéma ne connait plus aucune limite graphique... J'avais peur que le numérique ne soit trop envahissant au détriment des acteurs réels mais James Cameron parvient à un équilibre saisissant au point qu'il réussit à nous faire oublier toute la supercherie des images de synthèse d'une beauté époustouflante. J'avoue toutefois que j'aurais nettement préféré voir le vrai Sam Worthington (rhââââ lovely...smileys Amoureux) se trimballer les fesses à l'air pendant 2h40... mais bon, on lui pardonnera.

    Elément rigoureusement fondamental dans les effets visuels et qui participe pleinement  du rendu spectaculaire : la 3D.  La version 2D  proposée confine à mon avis au contre-sens absolu. C'est  en effet la première fois qu'un film est directement pensé en 3D et que le rendu 3D fait partie intégrante du travail de l'image. Ici point de facilités, pas d'objets qui semblent foncer droit vers soi et qui s'éparpillent dans toutes les directions (la pub Haribo est là pour cela au tout début). Le travail porte ici sur le relief de l'image, la subtilité des textures, le réalisme en somme et apporte un véritable supplément de profondeur dans les perspectives. C'est là toute la magie du film : tromper nos sens au point de nous faire oublier que tout cela n'existe pas, comme des enfants qui croient mordicus que le loup est bel et bien dans le lit de mère-grand. Et encore le tour de force ne serait que purement technique si ne se dégageait pas de cette immense fresque écologique une poésie qui confine à l'envoûtement.

    Plus qu'un film, Avatar est résolument une expérience cinématographique assez extraordinaire que je ne peux que vous inviter à découvrir.

    14 décembre 2009

    Bienvenue à Zombieland

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    Attention, je vous préviens tout de suite, ce film est un OVNI a intercepter absolument !! Bienvenue à Zombieland, ça déchire sa race à coups de pioche ! Cela faisait bien longtemps que je m'étais pas autant éclaté devant un film de zombies  totalement déjanté.

    Dans un futur proche, le monde est infesté de zombies carnivores qui terrorisent les rares survivants. Tout d'abord voici Columbus, la gentille mauviette qui a failli se faire dévorer tout cru par sa voisine de chambre alors qu'il pouvait espérer y perdre son pucelage... ce sera notre Rantamplan. Voici ensuite, en guise de Lucky Lucke, Tallahassee la brute qui aime autant les zombies qu'un chien aime les chats. Armé d'un fusil d'assaut il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Notre duo, aussi harmonieux qu'un cheval estropié, ne va pas tarder à croiser le chemin de deux pestes aussi redoutables que belles, Wichita et Little Rock, qui vont leur mener la vie dure. Très dure.

    Dès les premières secondes du film, le ton est donné : l'humour loufoque va régner en maître pendant 1h20 presque sans discontinuer. Après une introduction vigoureuse qui plante efficacement le décors, et annonce clairement la couleur, vient un générique que j'ai trouvé particulièrement soigné et très réussi, qualités rares sur ce genre de produit qui habituellement ne consacre - à tort - que peu d'intérêt au packaging.  Puis le film s'ouvre sur la rencontre des deux premiers personnages, et le délire commence. Pari gagné !

    Je ne sais pas trop ce qui fait que le film tient debout car au fond le scénario est assez maigre. Mais ça marche. Le rythme est soutenu de bout en bout, les personnages sont et deviennent attachants tout ce qu'il faut, les effets spéciaux sont de bon aloi, du suspens, une touche d'amûûûr... et surtout des séquences hallucinantes de portnawak purement jouissif. Pour ceux qui ont déjà la reférence de Shaun Of The Dead  en mémoire, Zombieland, dans un style il est vrai différent, passe nettement la vitesse supérieure au point de que SOTD me paraît maintenant fadasse ! Surtout, j'ai trouvé le personnage de Tallahassee littéralement hallucinant. Un mélange improbable quelque part entre Terminator et un Bisounours... oui, ça a l'air inconciliable comme ça, mais pourtant... Je ne me souviens pas avoir vu un personnage aussi fou depuis bien longtemps. Rafraichissant !

    Nan, vraiment, si vous avez besoin de vous changer les idées, plutôt que de frapper le chat, allez donc voir un bon ptit film tonique qui décolle bien les neurones et décrispe les zygomatiques. Quel film ? Mais Zombieland bien sûr !

    8 décembre 2009

    Dialogues des Carmélites

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    Je me faisais une joie particulière d'aller assister à une représentation des Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc donnés ces dernières semaines par l'opéra de Toulouse à l'ombre de à la Halle aux Grains.

    Ma première rencontre avec ce compositeur remonte quelques années en arrière.  Je ne sais plus exactement s'il s'agissait lorsque je collaborais, en qualité de petites mains, à un programme de musique pour orgue et orchestre de chambre durant lequel fut interprété notamment le Concerto pour Orgue en Sol mineur ou lorsque le chœur, dont je faisais alors partie, avait pris le pari, sous l'impulsion d'un jeune chef de chœur à la carrière déjà prometteuse, de s'attaquer aux redoutables Sécheresses dont je m'amusais encore vendredi à égrenner les paroles sur Facebook conjointement avec Méchant Chimiste.

    Quoiqu'ayant alors entendu de loin en loin parler de ce compositeur, la première audition de l'une de ces œuvres fut l'occasion d'un véritable choc esthétique aussi brutal qu'irréversible, au moins aussi fort que le fut la découverte bouleversante de l'architecture de Gaudi lors d'un voyage scolaire à Barcelone à la fin de mes années collège.

    Je fus particulièrement envoûté par ses harmonies  tantôt transparentes comme un éclat de givre frappé par un trait de lumière hivernale, rayonnant en éclats d'une beauté indicible ; tantôt brutes,  granitiques, puissamment masculines, dotées d'une tension à la limite de l'explosion, toujours sur le seuil de la rupture.  Mais à chaque fois une douceur sensuelle, une chaleur étourdissante, une émotion  irrésistible qui poignardait chaque parcelle de mon être. Autant vous dire que je buvais littéralement ces accords dont j'espérais de chacun qu'il ne fut pas le dernier.

    Par la suite, je dévorais à peu près tout ce que ce compositeur avait pu écrire et tombais forcément nez à nez avec les Dialogues des Carmélites, oeuvre majeure dans le catalogue du maître.

    Lorsque je vis que les Dialogues figuraient au programme de la saison 2009-2010, mon sang ne fit qu'un tour et ma carte bleue également !

    Sur un texte d'une rare richesse de Georges Bernanos, les Dialogues nous replongent en 1794, pendant la Terreur, sur les pas des Carmélites de Compiègne qui furent guillotinées après avoir fait vœu de martyre, montant à l'échafaud en chantant le Salve Regina.

    J'attendais beaucoup de cette représentation qui me laisse en définitive un sentiment vaguement mitigé.

    Le décor unique d'une ingénieuse simplicité permet, par le truchement d'un jeu d'éclairages habile et d'un placement rigoureux des acteurs de suggérer les différents lieux et espaces où se déroule l'action, ou plutôt devrais-je dire les actions.

    Le découpage de l'opéra n'est en effet pas conventionnel : il s'agit d'une suite de tableaux s’enchaînant l'un l'autre parfois sans transition, comme une grande fresque dont on n'aurait exhumé les fragments les plus représentatifs et dont l'unité serait conférée par l'unité stylistique. Point de fioritures : la richesse harmonique et la beauté du texte se suffisent à eux même sans qu'il soit besoin d'artifices. Un austérité de rigueur pour un couvent me direz-vous !

    Servantes de Dieu, les Carmélites sont femmes avant tout, et c'est là l'une des grandes forces du texte de Bernanos, superbement mis en musique, que de nous livrer des Carmélites vacillantes lorsque plane l'ombre de la guillotine, et de la mort en général. La peur, dans toutes ses dimensions, est en effet un élément moteur de toute l'oeuvre.

    Confrontées à la peur de la mort, d'abord par celle de leur Prieure, Madame de Croissy, qui aura des paroles extrêmement dures avant de rendre son dernier souffle : " J'ai médité sur la mort chaque heure de ma vie, mais aujourd'hui cela ne me sert à rien ! ". Quel sublime aveu de faiblesse venant d'une femme à la foi inébranlable. Voilà qui laisse à réfléchir : si les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, peut être ne sont-ils réellement égaux que face à la mort...

    La mort, et la peur qu'elle suscite, nos pauvres nones y seront confrontées plus cruellement encore puisque menée jusqu'à l'échafaud et... couic !

    La dernière scène m'a un peu déçu... là où j'attendais un paroxysme émotionnel et une déferlante de larmes bouillonnantes, ben j'avoue que le rendez-vous fut manqué.

    Les premières notes remuèrent en moi quelques fragments de sentiments encore un peu vifs, dont l'effet lacrymogène s'estompait bien rapidement. Peu d'émotion, pas de magie, des acteurs trop dans la précision métronomique de leur déplacement pour que cela paraisse naturel... déçu !

    A titre d'exemple, ce que l'on peut faire de mieux, avec une économie de moyen exemplaire :


    Le sentiment mitigé de cette représentation n'est d'ailleurs que très partiellement imputable aux solistes. Nous avons eu droit à une Sylvie Brunet dans le rôle de Mme De Croissy au sommet de son art. On ne pouvait en revanche pas en dire autant de l'orchestre... décalé dès les premières minutes, on a pu voir un chef tenter frénétiquement de ramener le bétail à l'étable en bon ordre sans trop emboutir la musicalité de l'ensemble.  Cela n'aurait été qu'un moindre mal si la justesse de l'ensemble avait été irréprochable... si vous voyez ce que je veux dire.

    Bref un texte formidable, une musique sublime, une scénographie globalement réussie, mais un orchestre pas à la hauteur.

    Un ami m'a laissé entendre que dans une interview, le chef disait que Poulenc avait écrit l'oeuvre au piano puis l'avait transcrite pour orchestre en gonflant tout, avec des redoublements d'octaves, et que son rôle consistait à "dégraisser la musique"... le guillotinage des nonnes n'étant pour lui que "anecdotique"... Curieuse lecture de l'oeuvre qui ne convainc pas !

    J'aurai au moins la chance de pouvoir dire que j'ai vu une fois dans ma vie l'une des œuvres que j'apprécie le plus, tout en gardant l'espoir de la revoir dans une meilleure version !

    Méchant Chimiste y était aussi.

    9 novembre 2009

    The Box

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    Encore une fois je me suis docilement (mais j'étais consentant) laissé traîner au cinéma pour aller voir un film dont j'ignorais (presque) tout si ce n'est que son réalisateur n'était autre que celui à qui l'on doit le désormais culte Donnie Darko - que je n'ai toujours pas vu, mais dont le résumé ainsi que surtout une photo où l'on aperçoit un type en compagnie d'une sorte de lapin géant dans une salle de cinéma, avait interpelé ma curiosité. Les seuls éléments en ma possession concernant The Box m'avaient été donnés par Stéph dans le courant de l'après midi alors que nous synchronisions nos montres :
    1/ C'est l'histoire d'un couple qui reçoit une boite avec un gros bouton dessus. S'ils appuient, quelqu'un mourra et ils recevront en contrepartie la somme de 1 million de Dollars.
    2/ Le réalisateur teinte régulièrement son propos de surnaturel.

    Quoique cela fut un peu maigre pour se forger une opinion raisonnable, nous étions installés dans nos fauteuils (sans porte-gobelet... la loose) pour assister à la séance de 20h20 à l'UGC Wilson, seule salle du centre-ville à diffuser la dernière oeuvre de Richard Kelly.

    L'ignorance est souvent coupable ; elle peut néanmoins parfois s'avérer salutaire. En effet, à la sortie (attention, ellipse) j'ai appris que la bande annonce suggérait que le film aurait la trame d'un polar rythmé, bourré d'action, sur un fond de musique haletante. Si telle est l'idée que vous vous faites de The Box, permettez moi de vous détromper tout de suite, car il n'en est strictement rien ! Vous risquez, comme je le suppose une bonne partie de la salle hier soir, d'essuyer une déception mémorable.

    The Box est en effet l'histoire d'un couple américain au milieu des années 1970. Arthur Lewis, bosse sur des programmes spaciaux et conçoit des caméras d'observation satellite. La NASA effectue en effet des recherches sur la planète Mars qu'elle vient de cartographier. Son épouse, Norma Lewis, est prof dans un lycée où elle enseigne Sartres à ses élèves. La trentaine passée, bien sous tous rapports, ils habitent une très jolie maison devant laquelle tous les matins s'arrête le bus qui emmène leur fiston au collège. Une petite famille tranquille à qui tout semble réussir. Mais pas tant que cela en fait. Les soucis financiers s'accumulent et l'avenir qu'ils espéraient radieux se voit peu à peu recouvert d'épaisses volutes de nuages noirs.

    Un beau matin, alors que la maisonnée est encore profondément endormie, un colis est déposé devant leur porte. A l'intérieur, une énigmatique boite cubique en bois, munie en son sommet d'une cloche en verre fermée par une clé, protégeant un énorme bouton poussoir rouge. Une carte l’accompagne, leur annonçant la visite d’un certain Steward pour 17h. Le soir venu, alors que l'épouse est seule, un homme élégamment vêtu d'un complet noir mais dont le visage est défiguré par une horrible et profonde balafre, lui proposera un bien étrange marché : résoudre à tout jamais leurs problèmes financiers en appuyant sur le bouton. Sauf que prendre une telle décision implique deux conséquences  qui méritent réflexion : tout d'abord, quelqu'un qu'ils ne connaissent pas mourra, quelque part dans le monde ; d'autre part,  ils toucheront la somme de 1 million de Dollars. L'offre n'est valable que 24 heures et ne doit être révélée à quiconque, hormis son mari avec qui la décision doit être prise... d'ici là, il faudra faire un choix. Et attention à toute tentative de faux pas, les conséquences pourraient en être désastreuses. Voici comment la famille Lewis se trouve prise en tenaille dans un dilemme cornélien : refuser une somme d'argent qui changera le reste de leur existence mais accepter la misère à laquelle ils s'exposent, ou accepter cette chance unique en portant toute leur vie le fardeau de la culpabilité d'avoir tué un innocent.

    Je ne vous raconterai pas la suite du film, autant parce que je n'en ai pas envie que parce que c'est littéralement impossible !

    Sachez seulement qu'il ne s'agit pas d'un film d'action. On se croirait davantage dans un épisode de Twilight Zone, avec quelques accents de Tween Peaks, voire - peut être lointainement - de quelques uns des meilleurs épisodes de X-Files, et si j'osais la comparaison sans confiner au sacrilège, quelques éléments d'ambiances dignes d'un Kubric (je pense à 2001 et Eyes wide shut). Très vite il faut accepter de lâcher prise et renoncer à comprendre ce qu'il se passe au fur et à mesure des événements car les éléments dont nous avons besoin ne nous seront pas donnés dans l'ordre, voire pas du tout. Sans compter que le surnaturel – ce n’est pas une surprise – fait progressivement et subtilement son apparition, contribuant ainsi à fausser encore davantage des cartes déjà inégalement distribuée.

    The Box est un film étrange mais réellement envoûtant, au charme bien particulier.

    Esthétiquement, c'est plutôt une réussite. On est bel et bien au coeur des années 70 (1976 précisément), avec ses papiers peints psychédéliques et ses tenues vestimentaire encore extraordinairement modernes. Le traitement de l'image par un grain discret mais présent donne l'impression que le film été tourné à la même époque, ajoutant une imperceptible couche de crédibilité naturelle supplémentaire au rendu général. La situation temporelle du récit induit tout un tas de conséquences qui servent habilement le récit. Ainsi l'absence de téléphone portable prive les personnes de pouvoir communiquer à tout moment et rend certaines répliques troublantes. De même l'absence d'internet contraint les personnages à se rendre dans des lieux précis pour récolter des informations que l'on glanerait aujourd'hui en quelques clics sans avoir à sortir de chez soi. Il est vrai que l’action aurait parfaitement pu être transposée à nos jours, la conquête de mars se muant en la conquête d'une exoplanète quelconque, scénaristiquement cela ne posait aucun problème particulier, cela a déjà été fait. Néanmoins une telle décision aurait eu pour conséquence de se priver d’une atmosphère à la singularité exquise.

    Car ce qui fait la grande force de ce film c'est sans nul doute l'ambiance bien particulière qui y règne. Ainsi, dès les premières secondes un sentiment frustrant nous envahit que beaucoup de choses nous échappent ou nous sont données à comprendre. Dés lors on suppose, on devine, on essaie de recoller des morceaux dont on ne sait pas s'ils vont réellement ensemble. Mais est-on bien sûr de comprendre ce qu'il faut ? soit que les conclusions auxquelles nous sommes conduits soient fantasques, soit qu’elles soient terrifiantes. La concomitance de certains faits laisse entendre l’existence un lien de causalité ténu entre l'un et l'autre, mais est-ce vraiment la bonne explication ? Parfois oui, parfois non... d’autres fois encore on ne le sait pas, quoiqu'on puisse le supposer, sans qu'aucun démenti formel ne vienne étayer ou démolir nos hypothèses. Quelque chose de plus grand se trame en arrière plan. Mais quoi ? Qui est vraiment Steward ? Qui sont ses "employeurs" ? En quoi consistent exactement les "tests" qu'ils mènent par son entremise ? Comment fonctionne la boite ? Quelle est l'implication de la NASA qui lui prête des locaux ? Quel rapport avec Mars ? Y aurait-il un lien avec les mystérieux " maîtres de la foudre " ? Car il doit bien y avoir bien un rapport... non ?

    Lorsque sortant de l'obscurité les premiers visages ont émergé, si j'ai bien senti une certaine déception de la part de ceux venus pour le film d'action du dimanche soir, j'ai également pu lire sur le visage de quelques uns la satisfaction de s'être fait mener par le bout du nez et le plaisir de rentrer chez soi la tête pleine de questions auxquelles il n'y a sûrement pas de réponse.

    En définitive, The Box est à l’image d’un bon livre que, sitôt la dernière page terminée, l’on s’empresse de relire du début et dont on attend la lumière, tout en sachant secrètement avec délice que cette seconde lecture ne nous apportera guère plus de certitudes.

    D'ailleurs, juste entre nous... vous auriez fait quoi vous ? Appuyer ou ne pas appuyer ...?

    26 octobre 2009

    Tempête de Boulettes Géantes

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    L’affiche que j’avais aperçue en sortant de la projection de La Haut m’avait aussitôt donné envie d’aller voir Tempête de Boulettes Géantes. L’idée même d’une tempête de nourriture, que ce soit des harengs fumés, de la choucroute, ou en l’occurrence des boulettes de viande géantes, me faisait particulièrement tripper et je restais rêveur face à tout le potentiel délirant du concept… une tempête de boulettes géantes !!
    Doté d’un goût immodéré pour le « non-sens » le plus débridé, j’avais hâte de découvrir ce qui se présentait comme un ovni du film d’animation.

    Présenté par la firme Sony Entertainment, Tempête de Boulettes Géantes repose sur des ficelles classiques sans profondément renouveler le genre, si ce n’est l’idée originelle pour le moins pas banale.

    Sur une île, capitale mondiale de la sardine, Flint Lockwood, inventeur au talent injustement méconnu et passablement ado attardé, court après une renommée que le destin se refuse à lui offrir. Fermement décidé à mettre au point le chef d’œuvre de sa vie, il invente une machine capable de synthétiser de la nourriture à partir d’eau. Cela tombe à pic d’autant que les insulaires commencent à en avoir raz la barquette de bouffer des sardines à toutes les sauces. Désormais placée en orbite au dessus de la ville suite à une expérimentation qui ne s’est pas déroulée tout à fait comme prévu, il suffit à notre gentil génie incompris d’appuyer sur un bouton pour que tombe du ciel hot-dogs, donught savoureux, cheeseburgers et pancakes… à profusion ! La ville se transforme régulièrement en royaume de Hansel & Gretel et certaines scènes m’ont fait penser à une vieille pub Carte d’Or où une belle jeune femme ouvre son congélateur et se retrouve propulsée dans un monde des mille merveilles où tout n’est que plaisirs glacés. Oui, petit conseil : calez vous bien le bide avant d’aller voir le film, vous risquez sinon de saliver régulièrement ! Bref, grâce à cette machine, c’est le paradis sur terre.  Sauf que bien évidemment ce qui devait arriver finit par se produire : à trop vouloir en faire, patatras, la machine se dérègle… Et la situation commence à craindre franchement lorsqu'une tornade de spaghettis frappe la ville !

    Sur cette trame classique de l’invention géniale qui échappe à son créateur va se greffer une série d’éléments récurrents au genre.

    De l’amûûûr, avec la charmante stagiaire présentatrice météo que notre gentil héros va tenter de séduire. Une (brêve) lutte du bien contre le mal avec une scène de tentation par le Malin titillant la corde sensible de l’orgueil face à la raison. On ne nous épargne pas non plus les clichés habituels du génie incompris, ni la voix de la raison incarnée par la figure du père, un gentil mastodonte passablement renfrogné dont le regard se réduit à une épaisse frange de sourcils doublée d’une moustache tout aussi improbable ; personnage présent mais peut être un peu sous exploité et qui aurait sûrement gagné à acquérir un peu plus d’ampleur, nous y reviendrons.

    Les personnages secondaires ne sont pas en reste mais l'importance qui leur est dévolue reste très marginale. Qui plus est, caricaturés parfois jusqu'à l'extrême dans une recherche comique je suppose, ils finissent par devenir grotesques et agacent au lieu de séduire, desservant le but qui est normalement assigné aux faire-valoir.

    Quelques éléments de critique sociale sont doucement saupoudrés : satire de la société de consommation qui, à force d’en demander toujours plus, finit par faire n’importe quoi, fut-ce avec les meilleures intentions du monde. Les petites incuries des uns et des autres mises bout à bout qui finissent par produire des catastrophes irréversibles. Petite pique en direction des pays de l’hémisphère Nord qui produisent bien plus qu’ils ne peuvent consommer, le surplus de bouffe finissant tout simplement stocké dans un immense barrage dont l’ombre assombrit chaque jour d’avantage la ville. A aucun moment n’est évoquée la possibilité de nourrir la planète, l’utilisation de la machine restant très égoïste ; critique assumée ou absence de parti pris ?
     
    Mais tout cela n’est distribué qu’au compte gouttes, avec la crainte que l’on peut avoir lorsque l’on manie le piment de Cayenne pour la première fois : par peur de trop en mettre on finit par ne pas en mettre assez, laissant planer une certaine fadeur sur l’ensemble.

    Car c’est peu être le défaut majeur du film : quoique tous les ingrédients nécessaires à faire un bon film soient réunis, malgré un panel de personnages bien campés (peut être un peu trop d’ailleurs) et une avalanche de gags, la sauce ne prend pas vraiment et manque un peu de corps.

    Drôle, Tempête de Boulettes Géantes l’est assurément. J’ai ri assez souvent, l’humour est présent à différents degrés, ce qui en fait un film accessible à un très large public, y compris aux plus jeunes.  Outre les quelques running gags bien sentis qui ponctuent régulièrement le film, je vous conseille en particulier dans le dernier tiers, une désopilante attaque de nounours totalement hallucinatoire (je crois que les scénaristes sont toujours en cure de désintoxication…), qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler un cartoon  mettant en scène un Bugs Bunny pilote, en proie avec un Gremlin facécieux. C’est du lourd, du burlesque fortement déjanté confinant parfois aux psychédélique, qui regorge d’une bonne humeur des plus appréciables.
    Graphiquement, la réalisation est plutôt soignée, ce qui est la moindre des choses eu égard à ce que font les concurrents en ce domaine, le terrain est plutôt glissant. Bien que ce ne soit pas le plus extraordinaire qui m’ait été donnée de voir, ce n’est pas non plus, et de très loin, ce que j’ai vu de pire. Les partis-pris esthétiques sont assumés et justifiés par le ton de l’ensemble. L’ombre de Pixart, les maîtres absolus, plane et les comparaisons sont inévitables. Pour autant, le film réserve de belles surprises et certains renderings sont de premier choix. Je pense notamment à la scène du château en gelly où l’animation et le rendu dynamique sont vraiment excellents.

    En définitive ce qu’il manque vraiment à Tempête de Boulettes Géantes tient à peu de choses : des personnages un peu plus attachants et un soupçon de poésie en plus auraient pu hisser le film au rang des grandes réalisations. Car aligner les vieilles recettes de cuisine et les gags – même globalement très réussis – ne suffit pas pour faire un bon film drôle. Il y faut à mon goût un ingrédient magique : un peu de poésie, de supplément d’âme, de profondeur, un peu de rêve…

    C’est peut être l’apanage des grands : savoir nous donner à rire tout en éveillant en nous l’enfant qui sommeille. Quoique ayant bien ri, l’enfant qui dort en moi a écarquillé les yeux, sans les ouvrir complètement.

    8 octobre 2009

    District9

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    Des martiens rebaptisés "crevettes" en raison de leur ressemblance aux dites, tombés en rade au milieu de presque nulle part et entassés dans un vaste bidonville, fondus de  bouffe pour chat, et dotés d'armes ultra performantes inutilisables par les humains.
    Une organisation humanitaire supposée leur venir en aide et organiser leur déplacement vers un mouroir plus propre. A moins que...?

    Quelques jolies allusions à des films cultes : un fragment de La Mouche par ici, des rappels de Starship Troopers par là, une subtile pincée de Men In Black, beaucoup d'audace et d'ingéniosité, sur un arrière plan pseudo-réaliste bien ficelé qui nous renvoie cruellement face aux événements les moins glorieux de notre Histoire, voire de l'actualité la plus brulante. Une esthétique plutôt aboutie, du rythme, de l'action, du suspens et pas mal d'hémoglobine (tant humaine que E.T.). Des gentils (heu... si quand même, on peu en trouver, disons 2 & 1/2) et des méchants (alors là, plein !)...

    Mais aussi une salve de messages de fond qu'on nous balance en pleine poire sans concession : nous sommes le pire ennemi de ce que nous voulons protéger. Les parallèles sont faciles ; j'ai les miens et vous laisse vous forger les vôtres.

    Pourtant, aussi étrange que cela paraisse, au delà du thème central de l'exil forcé de ces créatures maltraitées, je n'ai pu m'empêcher de faire une lecture écologique de District9 : cette planète que nous tentons de sauver, dont nous essayons de réparer les boursoufflures chaque jour plus enflées, mais dont le destin reste scellé par des intérêts obscurs, contradictoires, égoïstes, lucratifs. Le salut ne viendra pas de l'humanité, bien trop cupide. C'est peut être idiot, peut être pas. Le réalisateur nous propose un regard noir sur l'humanitaire qui ne le serait qu'en surface ; il suffit de gratter un peu pour que surgisse noirceur, laideur et concupiscence. Tels sont les hommes... Tels sommes nous.

    J'aimerais bien savoir ce qu'il est passé par la tête de la crevette à la toute fin du film : "vengeance" ? "oublions vite" ? "planète de tarés" ?

    1h50.
    Une méchante claque.

    Voir aussi QueerAsF, Matoo

    26 août 2009

    Là-Haut

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    Séance cinéma lundi soir en compagnie de chérinou qui m'a entraîné voir le dernier né de chez Pixar : Là-Haut.

    Lorsque voici quelques mois les salles obscures diffusaient les premières images de cet animé, un vieillard qui transforme sa maison en montgolfière, et resté (à l'époque) sur ma faim par un Wall-E que je trouvais alors décevant (j'ai changé d'avis entre temps), j'avais estimé que Là-Haut ne mériterait pas que mon attention s'y attarde longuement ni que je ne gaspille quelques deniers pour le voir. Pourtant, l'avis unanime des critiques officielles et ceux plus proches de mes amis cinéphiles criant d'une seule voix au chef-d'oeuvre, je me laissais peu à peu convaincre : après tout, pourquoi pas ? Lundi soir donc, j'étais confortablement installé dans la salle n°2, mes lunettes 3D préalablement astiquées avec tout le soin qu'il se doit, chaussées sur le bout de mon nez. Un coup de langue qui s'allonge pour véfirier que tout fonctionne et hop nous voilà partis pour un tour.

    Encore une fois, la magie Pixar opère dès les première images. C'est du léché, très propre, les textures sont soignées, la dynamique des mouvements parfaitement fluide et cohérente, sans pour autant tomber dans une carricature du réel : nous sommes dans un film de genre "dessin-animé", les personnages sont stylisés sans recherche d'un quelconque effet réaliste, porte ouverte à tout un tas de loufoqueries propices à des salves de délire cartonnesques comme je les aime. Dès les premières secondes le tableau est dressé et les premiers traits d'humour sont lachés, fins comme il se doit, qui font mouche à tous les coups. Les deux protagonistes sont plantés dans leur décors : Carl, un vieux grincheux aigri de n'avoir pas accomplis ses rêves d'aventure, reclu dans sa mâsure où le temps s'est arrêté depuis le décès de sa femme, coincé entre deux immenses gratte-ciel en construction, et Russell le petit scout intrépide, toujours prêt à rendre service, collant comme un chewing-gum mou, prêt à tout pour obtenir la disctinction suprême de sa troupe.

    L'histoire aurait pu être d'une banalité affligeante et d'une incommensurable molesse parée de subtils relents de guimauve tiède si les sénaristes de Pixar n'étaient pas aussi déjantés... Car rapidement l'aventure de nos deux comparses dérive sévèrement, quoiqu'avec douceur, vers de magnifiques instants de comédie burlesque, agrémentés de nouveaux personnages hauts en couleurs. Ainsi notre duo tout en chocolat et déambulateur va d'abord faire la rencontre de l'improbable et drolissime "Kévin", qui pour certains aspects a pu me faire penser au Dodo surréaliste que l'on peut croiser dans certains cartoons mettant en vedette Daffy-Duck. Ensuite c'est Dough, un gentil toutou à son pépère, brave, un peu pataud et passablement bêbête, qui va les accompagner dans leur périple riche en rebondissements. Car jouer aux aventuriers n'est pas une mince affaire, surtout pour nos Indiana Jones amateurs ! Surtout que de vilains méchants ne sont pas très loin... Néanmoins, Là-Haut ne se réduit pas à la seule palette d'un humour bariolé, car le registre du bon sentiment est également abondament visité pour constituer des personnages qui frisent le manichéisme sans pour autant y tomber à pieds joints. Rhalalala, qu'ils sont forts chez Pixar !

    Allez, juste pour pinailler un peu, le détail qui tue et que j'avais cru remarquer dès la bande annonce du film : lorsque la maison a pris son envol et qu'elle vogue au dessus de la ville, la tranquilité de Carl est rompue par l'arrivée inopportune de Russell, pris au piège sur le perron. Certes. Mais, lorsque juste avant, on nous montre la maison prendre son envol quelques secondes après que des employés de la maison de retraite aient franchi le seuil de la porte, êtes vous bien certain d'avoir vu le petit scout là où il est sensé s'être cramponné pour ce décollage improbable ? Hummmmmm ?

    Enfin, encore une fois je ne trouve pas que les lunettes 3D soient d'un apport considérable, sauf pour les caisses du cinéma qui se goinfre au passage d'une coquette majoration du prix pour finalement pas grand chose, les films n'étant pas à l'heure actuelle majoritairement conçus pour exploiter la technologie de rendu tridimentionnel. Le conseil de Tambour Major si vous n'êtes pas encore allés voir ce film tout à fait ravissant : investissez plutôt vos 3 ou 4 Euros dans un gros pack de pop corn ou une orgie de glace... Vous y serez réellement gagnants. Vous l'aurez compris : Là-Haut c'est chouette, pour les petits comme pour les grands !
    (Oui c'est un peu lapidaire comme conclusion mais il est 12h45 et je meurs de faim ^^)

    12 août 2009

    G.I. Joe - Le réveil du cobra

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    Au commencement étaient des figurines en plastique pas forcément très jolies mais très en vogue chez les garçons commercialisées par la firme Hasbro, spécialiste en jouets pour enfants. Fi des soldats de plomb, voici des soldats bodybuildés en plastique, aux muscles saillants, doté d'armes de destruction de la mort et d'engins ravageurs propices à de multiples aventures écrites au gré de notre imagination sur la moquette de la chambre : les G.I. Joe sont là !

    Pour accélérer les ventes de ces figurines, on décida de produire une série animée qui mettrait en scène ces fiers combattants des temps modernes dans une lutte sans merci contre le très très vilain Cobra, leader des forces du mal, occupant ses journées à fomenter moult plans diaboliques pour diriger le monde et épancher sa soif de pouvoir. Heureusement les gentils
    G.I. Joe sont là ! Souvenons ensemble du VRAI générique qui a bercé notre enfance (pour les plus jeunes des moins vieux d'entre nous... snif...) :




    Je ferai l'impasse sur l'ignoble générique perpétré par Bernard Minet... le mauvais goût a tout de même ses limites !

    Quelques... 20 ans plus tard (aoutch, le coup de vieux !!), sur la base des seuls personnages Hasbro et une vision hyper manichéenne du monde, LE film
    G.I. Joe se répend sur les toiles blanches de nos salles obscures.

    Alors,
    G.I. Joe c'est l'histoire des gentils contre les méchants. Les gentils ont les cheveux blonds, et les méchants ont les cheveux noirs, au moins c'est facile de les reconnaitre. On notera un hérétique ninja méchant qui s'habille en blanc (qui fait écho à un non-moins hérétique ninja gentil qui s'habille tout en noir), couleur très peu commode lorsque l'on combat parce qu'on se salit très facilement : une giclée de sang et hop, c'est le drame. Oui mais dans le film, il ne se salit pas. Ben oué... il va pas faire une machine en plein combat non plus ? Des blonds contre des bruns, un ninja blanc contre un ninja noir ... Manichéisme poussé jusque dans ses derniers retranchements : ainsi la base des gentils est en plein désert du sahara (chaud et sec) alors que la base des méchants se trouve sous la banquise (froid et humide). Le film regorge de ce genre de détails.

    Donc, au début les méchants veulent s'emparer d'une arme très très dangereuse pour prendre le contrôle du monde. Et les gentils vont tout faire pour les en empêcher. Sauf que chez les méchant il y a une fille très très méchante - qui marche comme si elle défilait pour Dior - qui se trouve être l'ex petite amie d'un gentil ... Et l'amour va tout emporter sur son passage, faisant litière des clivages idéologiques... hooooo que c'est bôôôô l'amûûûûr !
    Et au final les méchants ils perdent et les gentils gagnent...
    Voilà en gros la trame du scenario dont l'originalité exubérante n'aura pas échappé à votre sagacité.

    Pour autant, G.I. Joe c'est aussi des dialogues d'une profondeur sidérante :
    - "Hooo mon dieeeu, j'ai perdu... C'est ma première défaite de ma vie... Et dire que mon père m'a appris à toujours gagner, bouhouhouhou.... (océan de larmes)
    - Oui mais le plus important n'est-il pas que tu sois encore en vie ?
    Les scénaristes n'ont par ailleurs reculé devant rien :
    - Hummmm.... d'après la longueur de son ombre et l'heure à laquelle la photo a été prise, sachant que l'image induit une perte de 17% et que le sujet mesure 1m86, j'en déduis que le clichet a été pris au Kizristirsministristan !

    Hé oué, les
    G.I. Joe c'est aussi la technologie la plus avancé au service du bien...

    Manichéen, qui n'évite aucun cliché, la démesure poussée à son paroxysme, il ne faut pas attendre de ce film ce qu'il ne promet pas ! Si vous vous interrogez sur la portée sémiologique du discours Kirkegardien dans la prose de Edmond Rostand vu par François Mauriac, passez votre chemin ! Si en revanche vous voulez passer un agréable moment de distraction - lecture possible voire recommandée au second degré - à grand renfort d'effets spéciaux où ça explose dans tous les coins 225 fois par minute, alors c'est ici que ça se passe !

    Pour ma part j'ai passé un bon moment, ce qui n'est déjà pas si mal au fond. Le scénario construit de toutes pièces pour les besoins de la cause n'a rien d'original, ce qui a déjà le mérite de ne pas trahir le matériau de base, laissant libre champ aux scénaristes pour laisser galoper leur imagination dans une surenchère débridée qui ne connait pas la crise.

    Seul point faible s'il en fallait trouver : les effets spéciaux pas toujours à la hauteur. Certaines textures et renderings semblent un peu bâclés : la texture du sable au début du film, celle des avions en général pour lesquels l'aspect métallique est un peu trop lissé, les avions eux même s'intégrant souvent maladroitement au reste des décours. Des critiques similaires peuvent être adressées dans les mêmes termes aux scènes sous-marines. Dommage de voir les ficelles du tour de magie, mais dans l'ensemble cela fait une assez bonne moyenne et le tout conserve une certaine tenue.

    La fin du film - qui fait étrangement penser à Star Wars - est également ultra-prévisible à tel point qu'il y a fort à parier que ce "Réveil du Cobra" appelle un opus 2 que l'on devine déjà en gestation dans les studios de production.