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    21 mai 2020

    Tonton 2 - Baby strikes back

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    Et voilà, la cigogne a encore frappé : je suis tonton pour la seconde fois depuis maintenant deux jour. Un fille pour respecter la parité. Je sais que depuis la naissance de mon neveu, qui remonte à huit ans déjà, cela fait un petit moment mon frangin et sa compagne essaient d'avoir leur second et que Mère Nature s'est montrée un peu garce à leur égard. Alors oui, c'est une très bonne nouvelle et je suis vraiment content pour eux.

    Fidèles à leur manière de faire, nous n'avons eu connaissance du prénom du gnome qu'une fois la cigogne rentrée chez elle. Pour ma part, je me suis refusé au moindre pronostic, respectant le secret. Ce qui ne m'a pas pour autant empêché d'émettre quelques hypothèses, rien de très affûté car si je connais bien mon frère, je connais beaucoup moins l'univers de ma belle sœur. Et encore une fois, l'imagination et la créativité parentale ont balayé mes maigres projections. Un prénom qui m'a surpris au premier abord, car il me rappelle celui d'un personnage de dessin animé de mon enfance ; un prénom rare dont l'existence est attestée de longue lune. On échappe donc, grâce leur en soit rendue, au effets douteux de la mode. Je n'avais que peu de doutes à ce propos  

    En rédigeant ce billet, je relis celui écrit il y a huit ans sur ce même sujet. Rétrospectivement, je me rends compte que je n'ai pas noué de relation particulièrement intense avec mon neveu. Je le vois assez peu en réalité et nous n'avons jamais l'occasion de faire quoi que ce soit ensemble. C'est un solitaire qui aime vivre à l'extérieur et à qui un râteau offre des heures de jeu... L'arrivée d'une petite sœur toute neuve risque de lui changer un peu la vie. Est-ce un regret de ma part ? Je ne saurais le dire. Mais je crois que j'espère secrètement avoir mon petit rôle à jouer le moment venu. 

    Surtout, je remarque que le malaise dont je faisais état huit ans plus tôt, s'est aujourd'hui apaisé. J'y vois une excellente nouvelle sur mon cheminement personnel. Être en paix avec soi-même est certainement la clé pour être en paix avec les autres.

    8 juillet 2012

    La vie qui s'éparpille

    25 commentairess
    En ce moment, et depuis quelque temps déjà, j'ai une drôle d'impression. Celle que les choses s'éparpillent autour de moi, que mon quotidien s'effrite, qu'il m'échappe peu à peu et qu'au bout du compte, je me retrouve étranger à pas mal de choses. 

    Tout fraîchement tonton, j'ai du mal à comprendre le rôle qui m'est dévolu par ce nouveau statut. M'exstasier béatement devant un poupon qui dort - comme y parvient admirablement ma mère, et de façon particulièrement insupportable, avec toute la niaiserie débile que l'on peut s'imaginer - ne fait pas partie de ma panoplie. Je n'ai pas trouvé le bouton dans ma petite tête. Ce gosse ne m'intéresse pas. C'est peut-être dur à lire, cela paraîtra certainement cruel ou totalement froid, mais c'est pourtant la vérité... Non pas que je n'aime pas les gamins, je m'entends plutôt très bien avec mon filleul qui est d'ailleurs ravi de me voir à chaque fois. Je suis également très content pour mon frangin et sa copine. Mais je me sens tellement extérieur à tout ça.

    Du coup, les repas dominicaux en famille deviennent encore plus insupportables qu'ils ont pu l'être parfois. J'y suis spectateur. Je n'ai pas grand chose à dire. Mon boulot leur passe un peu au dessus de la tête, ils ne comprennent pas trop ce que je fais et de toute façon je suis astreint au secret professionnel qui m'interdit d'être trop précis. Alors j'écoute, je regarde, je souris bêtement en regardant mon assiette, et j'attends que ça se passe.

    Les seuls avec qui je pouvais encore parler boulot et avoir des conversations passionnantes ont déménagé cette semaine, précisément pour raisons professionnelles. Je les adore ces deux là. On s'est connus il y a huit ou neuf ans. On ne s'est jamais quittés. Ils vont me manquer, même si l'on se voyait un peu moins ces derniers temps, nos vies respectives étant fort remplies, quoique de façon fort différente.

    Et puis il y a tous les autres, ceux qui mènent la barque de leur existence au gré des remous d'un long fleuve imprévisible, ceux qui sont loin, ceux que l'on voit une fois par an et que l'on a plaisir à retrouver, ceux que l'on ne voit plus, ceux que l'on veut ne plus revoir. 

    La vie qui s'éparpille...

    Si j'ai fait de grandes et brillantes études, pour l'instant je n'ai pas de "métier". Je ne gagne pas vraiment ma vie, je ne suis pas installé professionnellement. Les chemins que l'on me propose me semblent trop petits. J'ai envie de voir les choses en grand, d'une vie exaltante, d'aventure. Pouvoir me retourner dans quelques années et pouvoir me dire que, oui putain, j'ai eu une vie riche et bien remplie. Septembre sera à cet égard, un point de départ extraordinaire. Voilà d'ailleurs qui est drôle : un nouveau point de départ, encore un. Comme si ma vie n'était que cela : une suite de sprints, sans but réel ; l'escalade d'une montagne dont on ignore l'altitude et dont on n'a jamais vu le sommet.

    Je trouve la sensation assez bizarre de voir mes amis se fiancer, se marier, avoir des enfants, acheter leur home sweet-home, construire une vie un peu rangée. Et moi, pendant ce temps, je cours... je cours. Ni femme, ni enfant, ni boyfriend ne me retiennent.

    Je crois que je n'ai pas encore trouvé ma place. Je ne sais pas encore à quoi je sers.

    Après quoi est-ce que je cours ?
    Je ne sais pas trop. Peut-être que je cours après moi même.
    Et après cette vie qui s'éparpille autour de moi.

    20 mars 2012

    Tonton

    21 commentairess
    Ca y est, c'est officiel, toute la famille Tambour Major est en émois depuis quelques semaines : mes parents vont être grand parents, et moi, accessoirement, je vais être tonton. Depuis le temps qu'ils sont ensemble, le frangin et la belle sœur ont planté la petite graine qui devrait donner un chou ou une rose l'été prochain. Pour l'instant on ne connaît pas le pédigrée de l'alien. Mes parents sont en joie, évidemment, et ma mère euphorique.

    Pour ma part, je ne peux pas dire que je ne suis pas heureux pour eux, car c'est une jolie nouvelle. Je dis "jolie" et pas "bonne". Avoir des enfants, voir la famille s'agrandir, construire un avenir, oui, c'est une jolie nouvelle. Pourtant, apprendre que mon frère allait être papa et moi tonton ne m'a pas ipso facto transporté dans des élans de joie invraisemblables. En fait j'ai du mal à comprendre ce que cela peut représenter dans un couple, d'avoir des enfants.

    Et chaque fois que j'y pense, rejaillit en moi le même malaise nauséeux..
    Un bon gros décalage dans ma gueule.
    Suis-je un monstre ?