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  • 15 août 2019

    La Photo du Mois : Mythes et mythologies

    7 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 août et c'est l'heure de notre septième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, nous devions traiter le thème Mythes et Mythologies proposé par Pink Turtle.

    Pour faire original, je suis allé chercher dans les mythes toulousains, et non le moindre car je vous invite sur les traces de Dame Clémence Isaure dont le nom est cher aux poètes toulousains.

    Clémence Isaure est un personnage médiéval semi-légendaire, à qui on attribue la fondation ou la restauration des Jeux Floraux de Toulouse au début du XVe Siècle. Selon le mythe, elle aurait fait un legs à la ville de Toulouse grâce auquel sont décernés chaque année des fleurs d’or et d’argent aux meilleurs poètes. L'Académie existe d'ailleurs toujours. 

    Afin de lui trouver une justification plus ou moins historique, on en a fait un membre de la famille toulousaine des Yzalguier. D'ailleurs, la rue des Yzalguier reçut en 1806 le nom de rue Clémence-Isaure. Une tour, jadis située au 7 de la rue Cujas. fut baptisée Tour Clémence Isaure. Elle fut démolie en 1817.

    La mythique fondatrice des Jeux est largement célébrée dans la ville, qui lui a consacré des poèmes, des sculptures, des tableaux, et où son nom est donné à toutes sortes de lieux et institutions. Au-delâ de l'enceinte de la Ville Rose, la statue de Clémence Isaure fait partie des statues des Reines de France, implantées autour du bassin du jardin du Luxembourg.

    Elle possède, depuis 1913, une fontaine à son effigie, place de la Concorde à Toulouse. Ce sera ma photo du mois.


    La fontaine dite "Clémence Isaure", de son véritable nom "La Poésie romane", est une très belle  fontaine de style Art Nouveau, de Léo Laporte-Blairsy, située place de la Concorde, dans le quartier des Chalets, à Toulouse. Elle a été inaugurée le 3 mai 1913 à l'occasion de l'anniversaire des premiers jeux floraux. 

    Comme tous les sculptures de bronze de Toulouse, elle fut démontée en 1942 afin d'échapper à la réquisition et à la fonte. Elle fut donc retrouvée intacte à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Selon la tradition, la fontaine est fleurie par les habitants du centre-ville et du quartier le 31 décembre de chaque année pour les premiers janvier de l'année qui suit.

    Les mythes et mythologies continuent sur les autres blogs participants :

    4 août 2019

    Une page de Stefan Zweig

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    Mais le matin arriva. Nous nous levâmes tard. Tu m'invitas encore à déjeuner avec toi. nous bûmes ensemble le thé, qu'un domestique invisible avait servi discrètement dans la salle à manger, et nous bavardâmes. De nouveau, tu me parlas avec toute la familiarité franche et cordiale qui t'était propre, et, de nouveau, sans me poser de question indiscrète, sans manifester de curiosité à l'égard de ma personne. Tu ne me demandas ni mon nom, ni mon domicile. Encore une fois, je n'étais pour toi que l'aventure, la femme anonyme, l'heure de passion qui se volatilise dans la fumée de l'oubli, sans laisser de trace. Tu me racontas que maintenant tu allais faire un long voyage de deux ou trois mois en Afrique du Nord. Je tremblais au milieu de mon bonheur, car déjà retentissait à mon oreille le martèlement de ces mots : « Fini ! fini et oubliée ! » Volontiers, je me serais jetée à tes genoux en criant : « Emmène-moi avec toi, pour qu'enfin tu me reconnaisses, enfin, enfin, après tant d'années.» Mais j'étais si timide et si lâche, si faible et si servile devant toi. Je ne pus que dire : « Quel dommage ! » Ton regard se posa sur moi en souriant et tu me demandas : « En éprouves-tu vraiment de la peine ? »
    Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue.
    Ed. Stock, coll. Le livre de poche, 1964, pp.148-149

    2 août 2019

    Vendredi 02 août

    1 commentaire
    Passé comme une nuée d'étourneaux au soleil couchant, le mois de juillet est déjà derrière nous. J'allais écrire qu'il était encore une fois trop vite passé, sans prendre le temps de m'arrêter quelques instants sur tout ce que j'ai pourtant eu le temps d'y faire. Beaucoup de choses en réalité, bien plus que ce qu'un trop rapide coup d’œil dans le rétroviseur de ma mémoire immédiate me suggérait.

    C'est, je crois, l'une de mes nombreuses difficultés, que de savoir apprécier à sa juste hauteur la quantité de travail que je produis. De là découle cette sorte de boulimie de labeur qui m'a régulièrement conduit à rester au bureau jusqu'à des heures indues.

    Prendre le temps - cette expression revient très souvent sous ma plume. Regarder clairement derrière soi et dénombrer les tâches réellement accomplies pour pouvoir se dire "Ok, tout ça, c'est fait". Et ne pas rester sur une vague impression d'inachevé, parce que l'on est parti en laissant un travail en plan.

    Juillet fut donc un joli mois, bien rempli, pendant lequel j'ai commencé à lever un petit peu le pied, mettant en œuvre une résolution que je vais essayer de m'astreindre à tenir toute l'année à venir : partir du bureau à 19h coûte que coûte afin de bénéficier d'un peu de temps pour moi durant la soirée, voir des amis, aller au sport, aller au cinéma ou à un concert... Parce que même si mon boulot est passionnant et envahissant, je ne vis pas pour lui et personne ne vivra à ma place.

    A cet égard je crois que l'année  2019 - 2020 sera culturellement assez riche. La série de concerts des Clés de Saint Pierre, qui m'avait procuré quelques très jolis moments cette année déjà, me tente énormément et je sais déjà que je vais y céder. La programmation de l'opéra du Capitole est délicieuse mais l'abonnement annuel est relativement cher. Il me faudra donc faire des choix, probablement douloureux. Dans un tout autre registre, Philippe Katerine, que j'avais eu le bonheur immense de découvrir sur scène lors de la sortie de son album Robots après tout, est annoncé en décembre au Bikini, le rendez-vous est pris... Éclectisme.

    Prendre le temps, prendre du temps pour soi, pour prendre soin de soi. Parce que, là encore, personne ne le fera à ma place. Ainsi, après avoir trop attendu, me voici porteur de lunettes. Cela fait des années que je suis conscient d'avoir un problème de fatigue oculaire dont j'ignorais la cause. Elle est à présent identifiée et traitée. Hop, des lunettes, rondes, que je porte aussi souvent que possible. Et je crois que je m'habitue plutôt bien à cette nouveauté.

    Les premiers jours ont été un poil compliqués. J'avais la sensation de regarder à travers un bocal, de mesurer un mètre dix, de vivre au raz du sol et  d'être complètement saoul. Ma perception des distances et des perspectives était profondément modifiée avec cette impression étrange de regarder en haute définition. Bref, mon environnement était une constante aberration géométrique...

    Au bout d'une semaine, cela commence à aller mieux. Bye bye Renée la taupe : je vois clair ! Enfin, à peu près... Du coup, esthétiquement, ça y est, j'ai le parfait look du Daddy, ce qui n'est pas tout à fait déplaisant, hu hu hu...

    Pour être véritablement parfait, il aura manqué à ce mois de juillet des randonnées en montagne. La faute en incombe à des weekends chargés ainsi qu'à une météo capricieuse. Fort heureusement, une est programmée dès demain avec des copains et le beau temps sera au rendez-vous. Et faute de gambader sur les sommets des Pyrénées, j'ai profité des chats-minous qui font de grosses roulades sur mes jolis balcons tout en fleurs.

    C'est simple le bonheur.

    19 juillet 2019

    Le merveilleux du quotidien

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    Le 16 juillet dernier avait lieu dans notre ciel une éclipse partielle de lune. Par la conjonction de plusieurs paramètres spécifiques, la grande horlogerie de l'Univers nous offrait un spectacle d'ombre chinoise géant, sur fond de ciel étoilé. 

    Trois fois rien. 

    La Lune, que nous avons tellement l'habitude de voir que nous oublions qu'elle est un objet tout de même assez massif au regard de notre frêle composition et qui tournicote au-dessus de nos têtes, se trouve privée d'une partie de la lumière qui l'éclaire habituellement car la Terre, notre planète, vient s'interposer et empêche les rayons du soleil d'atteindre la face boursouflée de notre satellite. 

    Trois fois rien. 

    Et pourtant, en levant les yeux au ciel cette nuit-là, comme j'aime le faire en toute saison, m'envahit à nouveau ce sentiment vertigineux que l’œuvre de forces incroyablement plus grandes que tout ce que nous connaissons sur Terre, était en train de se déployer sous mes yeux.

    Moi, ce petit être humain à la vie limitée. Elles, cette étoile, ces corps célestes animés de mouvements articulés dans un grand ballet silencieux. Et soudain je revoyais ces images vues cent fois montrant notre système solaire et ses planètes en rotation autour du soleil, étoile elle-même en fuite dans une course effrénée dans l'infini cosmique.

    C'est probablement extrêmement naïf mais, de la même manière que la confrontation au grandiose des montagnes, je réalisais de manière assez frontale et comme si c'était la première fois, que nous faisons réellement partie intégrante d'un grand tout qui nous dépasse complètement. 

    Et que ce grand tout donnait à se voir ce soir-là.

    Armé de mon appareil, photo, je prenais quelques clichés de l'instant, malgré le ciel voilé. Le résultat n'est pas trop mal.

    Le Soleil, la Lune, les étoiles, et l'infini du ciel... Parfois nous avons tellement l'habitude de voir certaines choses que leur extraordinaire nous devient familier, banal, quelconque. Au point d'en oublier l'extraordinaire de leur existence.
    Et vous, quand pour la dernière fois avez-vous repris soudain conscience du merveilleux de votre quotidien ?

    15 juillet 2019

    La photo du mois : Bâtisse(s) abandonnée(s)

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 juillet et c'est l'heure de notre septième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, le thème : Bâtisse(s) abandonnée(s) a été choisi par FerdyPainD'épice.

    Ma photo a été prise il y a quelques semaines au cœur des Pyrénées, à Bagnères de Luchon, ville d'eaux célèbre pour ses thermes romains dont la réputation commence en 25 av. J.-C., lorsque Tibère Claude fait creuser trois piscines. Les thermes de Luchon ne sont alors rien de moins que les premiers après ceux de Naples, dit la devise latine  « Balneum Lixonense post Neapolitense primum » qui est toujours celle de la ville.

    Luchon connut surtout son heure de gloire au XIX° siècle après que la Princesse Eugénie y passe plusieurs mois en villégiature. La ville s'étend, des vastes allées sont percées donnant accès au centre-ville constitué notamment par l'église elle aussi reconstruite au XIXe. L'hôtellerie se développe, les congés payés acquis au début du XXe siècle donneront un dynamisme sans précédent au tourisme. Les points d'entrée s'ornent d'hôtels et de stations services prêts à accueillir le pèlerin à bras ouverts.

    Aujourd'hui beaucoup de ces hôtels sont vides. La modification de la géographie des voies d'accès et le percement de nouvelles voies à profondément altéré l'économie de certaines rues aujourd'hui désertes, ainsi qu'en témoigne ma photo.
     
    A gauche, une ancienne station service, abandonnée. Sur la droite, de vieux garages attendent désespérément l'automobile qui ne viendra plus. Sic transit gloria mundi...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alexinparis, Amartia, Betty, Blogoth67, Brindille, Cara, Christophe, Cynthia, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Krn, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    22 juin 2019

    Grand Horoscope de l'Été

    1 commentaire
    Santé, amours, voyages, chance...

    Que réservent les Astres au grand néant de vos petites vies pour cet été 2019 ?

    En direct du Zodiaque, Tambour Major s'astique les boules, convoque le Grand Cosmos et vous révèle les tendances astrales de l'été.


    Et si avec ça vous ne passez pas de bonnes vacances, je n'y comprends plus rien...

    "Les Astres ne mentent jamais".



    Bélier

    21 mars - 19 avril

    Tendance travail : Comme de coutume, l'été ne vous est jamais propice à la concentration. Votre travail s'en ressent, vous marchez à reculons. Grosses bourdes à prévoir. Prenez des vacances, cela vaudra mieux pour tout le monde.

    Tendance vacances : Cet été sera propice aux activités sportives en tout genre : parapente ascensionnel, base-jump acrobatique, taxidermie récréative, tatouage sur chatons ou encore trampoline à ski, rien ne vous arrêtera. Destination astrale de prédilection : Melun, Tulle, Ciudad Juarez.

    Côté cœur : Grande forme disais-je à l'instant. Hé bien vous allez en profiter mes cochons. Avec Uranus qui est en conjonction avec le Grand Chibre depuis le mois de mai, les célibataires du premier décan vont s'en donner à cœur joie. Les natifs des deuxième et troisième décans ne seront pas en reste, la Lune qui passe sous la ceinture d'Orion y veille. Profitez-en : cela ne se reproduira pas avant 87 ans !

    Santé : Comment dire autrement que vous pétez littéralement la forme ? Vous débordez d'énergie.  Attention aux chutes paralysantes et aux ouvre-boîtes : un risque de paraplégie ou de fragilité osseuse est à prévoir

    Taureau

    20 Avril - 20 Mai

    Tendance travail : Si vous le cherchez, lui ne vous trouvera pas. Il y a du licenciement et du RSA dans l'air.

    Tendance vacances : Faire la crêpe sur la plage, c'est pas vraiment votre truc. Baroudeur invétéré, vous partez sac à dos pour un périple riche en découverte. Cet été, c’est rando en montagne ou en pleine campagne avant de faire escale en chambre d’hôte. Là, vous tissez des liens (non, il ne s'agit pas de bondage, mais cela ne tient qu'à vous) qui peuvent tourner à la romance si vous cherchez l’âme sœur. Les Astres vous recommandent particulièrement Périgueux, Zagreb et Le Havre.

    Côté cœur : Autour de vous l’ambiance est conviviale et musicale. Cela faisait longtemps que vous n’aviez pas dansé pieds nus, sous le soleil, en fredonnant. Et c'est bien normal depuis que vous avez pris dix piges pour avoir séquestré votre dernier plan cul dans une cave d'immeuble. Comment, la police ne vous a pas encore retrouvé ? Natifs des premier et deuxième décans, faites attention aux Scorpions d'ascendant Feu qui pourraient vous dévaster sauvagement le Zodiaque à coup de Grand Cosmos.

    Santé : Tout va bien de ce côté-là. Privilégiez les légumes de saison et irriguez votre colon en faisant des exercices d'étirement. Risques de morsures par des enfants en bas âge le 12 août.

    Gémeaux

    21 Mai - 21 Juin

    Tendance travail : Mercure et et Uranus sont asynchrones dans leur relation à Bételgeuse. Des réminiscences anamorphiques dans les maison XI et XII vous seront néfastes à proportion d'un ratio cosmique peu indulgent. Les natifs du deuxième décan, sensibles aux tempêtes solaires et aux champs électromagnétiques, verront une hausse des paralapses convergents qui désanobliront la transcendance figurative de Pluton

    Quoi vous n'y comprenez rien ? Quoi c'est pas clair ? Vous voulez vraiment contrarier le Grand Cosmos ? Faites un petit effort sacre bleu...

    Tendance vacances : La prophylaxie normative de Jupiter qui rôde à l'horizon de Véga en conjonction covalente triple, viendra au secours des premiers décans. Attention toutefois aux signes d'Eau, peu compatibles de fin juillet à la mi-septembre avec l'anatomorphie segmentaire de la liaison à bivalente à Pluton. La réalité disruptive frappera de plein fouet les natifs du troisième décan, en décalage d'efficience. Prolégomènes normatifs à prévoir !

    Comment-ça il est "incompréhensible" cet horoscope ?  Hé bien puisque c'est ça, elles seront TOUTES POURRIES vos vacances. Et votre été aussi. Voilà. Ça vous apprendra à contrarier les Astres... Namého.

    Côté cœur : T.O.U.T. P.O.U.R.R.I. je vous ai dit.

    Santé : Décès à prévoir dans les 80 prochaines années.

    Cancer

    22 Juin - 22 Juillet

    Tendance travail : Vous êtes las des tâches quotidiennes et du ronron des habitudes. Votre patron vous saoule et vos collaborateurs sont cons. L'ennui guette, la morosité vous envahit, et cela se ressent dans votre productivité. Supprimer YouPorn et Tube8 de vos sites favoris devrait déjà vous rendre plus disponible à ce que vous faites. De toute façon, vous êtes exaspéré et ne supporterez pas plus longtemps de rester en place. Il faut que ça bouge, même si pour ça vous devez prendre des chemins de traverse. Attention tout de même à ne pas viser trop haut, votre déception pourrait être grande. Et ce n'est pas Mars en maison IV qui me contredira !

    Tendance vacances : Hahahahaha... Vous êtes drôles avec vos vacances. Sans déconner, le seul endroit où cela sentira la marée cet été, c'est dans votre slip. Destination astrales de prédilection : Golfech, La Hague, Mururoa.

    Côté cœur : Là non plus, avec la Lune en opposition dans votre quadrilatère harmonique, cela ne va pas très fort. Le seul être vivant qui s'accrochera à vous cet été sera une tique ou un ver solitaire. Pas très affectueux, mais fidèle...

    Santé : Estimez-vous heureux, ça pourrait être bien pire (demandez aux Gémeaux). Risques de caries infectieuses et de cécité passagère tous décans confondus. Pensez à faire castrer votre chat.

    Lion

    23 Juillet - 22 Août

    Tendance travail : Vous êtes un bourreau de travail, il faut apprendre à vous arrêter. Non, ce n'est pas normal de bosser dans un atelier clandestin 17 heures par jour tous les jours depuis 6 ans.  Une éclipse partielle de Vénus en maison II le 13 juillet annonce un grand changement dont vous ne devriez pas tarder à ressentir les prémices. Un grand renouveau s'annonce. Ou pas : le marché astral du travail est saturé pour les natifs des trois décans. Prenez votre mal en patience, oubliez tout de suite vos velléités de départ, et mettez-vous à CandyCrush.

    Tendance vacances : À ce niveau, l'été 2019 sera exceptionnel pour les natifs ayant pour ascendant un signe d'air. En 2019, deux planètes seront plus que jamais à vos côtés, il s'agit de Jupiter, qui vous fournira protection et chance presque tout au long de l’année, et d'Uranus qui réveillera vos envies d’émancipation et vous poussera aux changements de cap. Si seulement vous aviez de l'argent pour partir, ce serait encore mieux... Destinations astrales de prédilection : les grands centres commerciaux de banlieue un samedi matin, urbex dans les caves de la cité voisine, explo-rando de nuit sur les traces de l'empoisonneur de chiens qui sévit dans la région...

    Côté cœur : Vous n'avez jamais rien attendu de ce côté-là et vous êtes résignés depuis belle lurette. Avec Uranus en stagnation sous l'horizon de la Crevette, puis en dissonance astrale avec les maisons V et VI, n'attendez rien de cet été 2019 qui se présente encore une fois comme intense un moment de solitude. Profitez-en pour achever votre maquette d'Abou-Simbel en clous de girofle, repasser vos chaussettes et relire le Code général des impôts, votre livré préféré. La constellation de la Mangouste occulte partiellement Mars dans le quadrilatère de Céline Dion, sera propice à de longs moments de blues. Les Astres font rejaillir le souvenir amer des amours passées. Frapper des bébés labradors avec pelle à tarte ne vous procurera aucune satisfaction.
     
    Santé : Inflammation du frifri en juillet. Eczéma purulent des testicules en août. Évitez les concerts de death metal et les coquelicots. Santé mentale stable (merci les normothymiques).

    Vierge

    23 Août - 22 Septembre

    Tendance travail : L'ossature astrale en déliquescence totale de votre ciel n'annonce rien de bon. Le déménagement soudain de votre service dans les sous-sol le mois dernier et le rachat de l'entreprise par une société chinoise auraient dû vous mettre la puce à l'oreille... Pourtant, au tout fond du Cosmos, une petite étoile brille très très fort pour vous. Ne perdez pas espoir, l'agonie sera douce.

    Tendance vacances : HAAAAAAAAAAAAAAAAA !!! Mais c'est quoi ce bordel Astral !!? Vous avez violé des orphelines avec des manches de pioche dans une vie antérieure pour avoir ce karma de merde ? Non mais sérieusement...? Y'a rien qui va là-dedans. Je n'ai rien vu d'aussi catastrophique depuis la Barmitsva de Régine, c'est dire. Alors... pas de panique. Enfermez-vous chez vous, tracez un pentagramme sur le sol avec du sang de nouveau-né et surtout vous ne bougez pas d'un orteil.

    Côté cœur : On vous a dit de ne pas bouger d'un orteil. Alors moi, si j'étais vous... (spoiler : et bien heureusement que non).

    Santé : Si vous êtes perspicace, vous avez cerné la situation dans sa globalité. Le solstice d'hiver 2027 devrait commencer à remettre de l'ordre à ce chaos invraisemblable. En attendant, ayez toujours un médecin à portée de main... Et sinon, vous avez déjà pensé aux sacrifices d'animaux ?

    Balance

    23 Septembre - 23 Octobre

    Tendance travail : La présence d'Orion aux alentours de Cassiopée depuis le début du mois de mai vous donne des ailes. Votre appétit de réussite est sans limite. Vous bouillonnez littéralement d'ambition. C'est bien simple, rien ne vous arrête. Voici l'occasion rêvée pour demander une augmentation. Attention, les Astres ne font pas tout : il va falloir sucer.

    Tendance vacances : L'élan de créativité dont Orion vous fait bénéficier déborde comme la mousson bienfaitrice sur tous les aspects de votre vie, vacances y compris. Préparez-vous à passer un été inoubliable. Le Grand Cosmos est avec vous et vous ouvre les portes du Monde ! Faire bronzette aux Bahamas ? Explorer le Machu-Pichu ? Arpenter la Muraille de Chine ? Vous aurez l'embarras du choix Attention le Grand Cosmos ne fait pas tout : il va falloir sucer.

    Côté cœur : Là non-plus. rien ne vous résiste. Natifs du premier décan, le grand amour est sur votre chemin, alors ouvrez grand les yeux. Natifs du deuxième décan, coup de foudre probable entre le 18 et le 31 août. Natifs du troisième décan, rencontre foudroyante possible lors des prochaines pleines lunes. Attention cependant, le Zodiaque ne fait pas tout : il va falloir sucer.

    Santé : Lèvres gercées et sensation de bouche sèche à prévoir. Évitez de courir sous les orages, mangez des flocons d'avoine et faites contrôler votre système nerveux central.


    Scorpion

    24 Octobre - 22 Novembre

    Tendance travail : Une éclipse partielle de Saturne dans l'horizon de la Grande Ourse en conjonction avec le Soleil en Maison III invite à la prudence. Mettez de côté vos désirs personnels et faites passer les priorité collectives avant vos petits désidératas de princesse mal dégrossie. Cela ne vous procurera aucun avancement de carrière mais cela calmera les envies suicidaires qui animent tout le services. N'avez-vous pas remarqué que votre café a un goût étrange depuis quelques jours ?

    Tendance vacances : Décidément ce n'est pas votre été. Saturne pas très rond dans votre ciel astral (oui, le Grand Cosmos aime rire parfois) et la présence menaçante de Mars aux abords de la constellation de la Petite Rascasse début juin en conjonction dissonante avec la Maison VII invite à la plus grande prudence. Évitez les sites classés Seveso, les zones inondables, les sites d'entreposage de déchets nucléaires ainsi que les sites à risques sismiques, même très faibles. Porter un objet éloignant le mauvais œil pourrait être un plus...  

    Côté cœur : Neptune en Maison IX, Uranus qui se profile en opposition... Une vengeance cosmique s'ourdit dans un horizon proche. Les Astres vont sévir ! Voilà ce qu'il en coût de se comporter comme un/e gros/se con/ne avec la planète entière. Autant être clair : vous allez morfler votre race... 

    Santé : Mauvaise... 

    Sagittaire

    23 Novembre - 21 Décembre

    Tendance travail : L'été se place dans la droite lignée de la tendance amorcée depuis quelques mois déjà : celle de la créativité et du changement. Jupiter en conjonction avec les constellations de la Loutre et du Panda Roux en Maison VII à partir du 17 juin ne font qu'exacerber cette grande courbe astrale qui traversera votre ciel pendant de longs mois encore. Vous qui rêviez d'un renouveau professionnel c'est le moment de foncer. Vous rêviez d'ouvrir un restaurant ou une maison d'hôtes ? c'est pile le moment ! Attention toutefois à modérer vos ardeurs créatrices : non, on ne met pas de béchamel dans la mousse au chocolat, non la crème anglaise ne passe pas super bien avec une choucroute garnie, de même que les anchois sont à proscrire dans un Martini Dry...

    Tendance vacances : La créativité est, encore une fois, le maître mot de cet été. Vous déborderez d'imagination pour passer des vacances inoubliables avec vos amis et votre famille : rave-party dans une maison de retraite, concert de rock au crématorium, paintball géant dans un musée national... Votre leadership et votre arrogance naturelle sauront vaincre tous les obstacles. 

    Côté cœur : Créativité là encore, les Astres vous conduiront sur les sentiers obscurs de l'inexploré (voire de l'inexporable) : gang-bangs animaliers et autres bukkakes gérontophiles seront au rendez-vous. Les ascendants d'un signe d'eau et de terre seront preuve d'un romantisme débridé qui fera mouche à tous les coups.

    Santé : Faites des bilans réguliers. Risque important de verrues plantaires.

    Capricorne

    22 Décembre - 19 Janvier

    Tendance travail : Ça fait un petit moment que ça ne va pas fort hein ? Habituez-vous, lutter est inutile.

    Tendance vacances : En un mot comme en cent, elles seront exécrables, si vous en avez.

    Côté cœur : Humpf... C'est vraiment pas brillant. Venus passe en Maison I signe du renouveau. Mars le guerrier entre en conjonction avec Bételgeuse et son trou noir super massif... Tout ce que vous aviez péniblement acquis ces derniers mois sera radié de la carte, à tout jamais. Rupture, divorce, déchirements, pleurs et envies suicidaires. Les Astres font le grand ménage. Tant d'efforts vains, tant de sacrifices inutiles, tant de nuits sans sommeil à vous accrocher à cet embryon d'espoir balayé d'un revers de comète par le Grand Cosmos. Tenez bon, le suicide n'est jamais une bonne option.

    Santé : Grand ménage disais-je. Hé bien c'est là-encore le cas. Votre métabolisme Astral a cumulé tant de merdes depuis 2017 qu'il se met au repos en vous claquant la porte au nez. Vous allez attraper un peu tout ce qui passe dans l'air, du simple rhume à la méningite foudroyante en passant par les oreillons, colique néphrétique et Ebola. Enfermez-vous dans votre chambre à double tour et n'en sortez sous aucun prétexte. Mangez des crêpes et des pizzas : au moins on pourra facilement vous les glisser sous la porte.

    Verseau

    20 Janvier - 18 Février

    Tendance travail : La routine vous va bien et vous allez bien à la routine. La médiocrité un art de vivre dans lequel vous excellez. Ne changez rien.

    Tendance vacances : Vous faites partie des rares personnes à vous ennuyer en vacances, précisément parce qu'elles rompent le petit train-train ronronnant de votre pâle existence. Comme tous les ans vous prendrez quinze jours en août pour aussitôt tourner en rond comme un lion dans une cage. Et si vous vous enfermiez dans le local photocopies, pour changer ?

    Côté cœur : Votre zodiaque est à son sommet, c'est à dire pas très haut. Profitez-en pour vous refaire une beauté. Ça ne sera pas du luxe.

    Santé : Furoncles pour les natifs du premier décan. Thrombose pulmonaire pour les autres.

    Poissons

    19 Février - 20 Mars

    Tendance travail : Vous vous éclatez au boulot. Votre patron vous adore et vous emmène partout avec lui y compris dans ses voyages d'affaires à l'étranger où il vous présente à des gens importants et haut placés. Même si vous travaillez beaucoup et que vous finissez souvent tard le soir, peu importe car la paye suit largement. Bravo, vous avez trouvé votre voie. Mais attention, le métier d'escort est éphémère...

    Tendance vacances : La vie est une succession de vacances. Quinze jours de boulot et trois semaines de repos à l'autre bout du monde. Que demander de plus ? Que Daddy remonte le plafond de l'Amex à 15.000€ ? Attendez, Mars arrive bientôt en Maison IV dans le trigone de la Turlutte. Tout va s'arranger. Mention spéciale pour les ascendants Balance.

      
    Côté cœur : Quelques frictions sont à prévoir au sein de votre couple. En effet, vous n’avez envie d’écouter que vous-même et de suivre vos coups de cœurs, quitte même à changer de couple si l’occasion se présente (et a fortiori si Daddy refuse de remonter le plafond de l'Amex à 15.000). Il faut dire que vous aurez l’art de séduire et que vous adorez qu’on vous cède : Mercure en conjonction avec le Soleil en Maison VII vous rend particulièrement salope. Célibataire ou en couple, la fin de l’été fêtera le rapprochement des cœurs et des corps. Bref, vous allez niquer !

    Santé : Hyperlaxie des sphincters entre le 13 juillet et le 4 août. Crise de paludisme pour les ascendant d'un signe de Terre. Ascendant Balance, évitez les yaourts natures et les éjaculations faciales.

    15 juin 2019

    La photo du mois : Le village

    11 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 juin et c'est l'heure de notre sixième rendez-vous avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois Le village, a été choisi par Marie-Paule qui nous donnait les indications suivantes : 
    "celui que chacun de nous aime particulièrement, le village natal, celui où l'on vit, celui des origines familiales, celui où l'on passe ses vacances..."
    Ma photo a été prise il y a une semaine, lors d'un trajet en direction de Castelnaudary, dans l'Aude, où je me rendais pour célébrer le mariage d'une amie. L'Aude, ce département magnifique fait de pierres, de vignes, de collines et de vent...

    Alors que ma voiture arpentait une route sinueuse longeant en surplomb la vaste plaine du Lauragais, également appelé la petite toscane française, se déployait sous mes yeux le spectacle extraordinaire d'un paysage d'une rare beauté. Quand soudain, au détour d'un virage, un groupe de toitures rouges enrubannées autour de la figure austère d'un clocher carré attirait mon attention. J'arrêtai ma course le long d'un champ pour profiter davantage de l'instant et je sortis mon appareil photo.
     
    Cliquez pour agrandir l'image
    Dans le murmure des champs de blés verdoyants bercés par une brise légère et sous un magnifique ciel tout d'azur, ce petit village dont j'ignore le nom, avait ce doux parfum de temps suspendu et d'éternité bienheureuse. Comme une réminiscence d'un âge d'or dont nous avons perdu les secrets.

    Et moi je fonds à tous les coups...

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alexinparis, Amartia, Angélique, Betty, Blogoth67, Brindille, Cara, Christophe, Cocazzz, Cynthia, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Krn, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Mamysoren, Marie-Paule, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Travelparenthesis, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    3 juin 2019

    - II - Eveil

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     (Précédemment : -I- Pluie)

    Le lendemain matin Paul se réveilla avec un mal de crâne extraordinaire digne de ses plus belles gueules de bois. Une migraine assez formidable alors qu’il n’avait pas bu la moindre goutte d’alcool une fois rentré chez lui. Un coup de batte de baseball sur la tête ne l’aurait pas moins fait souffrir. La vache, il était vraiment sonné. 

    D’abord assis sur le rebord du lit, les méninges au bord de l’explosion, il écarquilla péniblement les yeux. Une journée grisâtre se dessinait en pointillés sous un ciel visqueux à travers les interstices du volet roulant de sa chambre. « Putain de sale temps de merde ». Il pleuvait toujours… Paul se leva péniblement puis se rendit silencieusement à la cuisine, en trainant les pieds et en s’appuyant de temps à autre aux murs pour compenser un léger vertige. Cerise sur le gâteau, cette chanson entendue à la radio la veille au soir n’avait eu de cesse de tourner en boucle dans sa tête...

    « My name is Luka. I live on the second floor.
    I live upstairs from you. Yes, I bet you’ve seen me before… »

    De toute urgence il lui fallait du café en dose massive pour affronter les prochaines heures et mettre la machine grippée en route. Un café doux, pas trop brûlant. Un café réconfortant, comme une caresse. Un café de matin difficile. Et une bonne douche bien chaude ensuite.

    Ouvrant tout d’abord le placard au-dessus de l’évier de la cuisine, il prit un comprimé d’aspirine qu’il avala avec un grand verre d’eau fraîche, non sans l’avoir machinalement cassé en deux avec sa langue contre son palais. C’est un truc qu’il faisait étant gosse, sans raison particulière, et qui lui était resté. La stupidité de ce petit geste le fit sourire intérieurement. Il aimait ces vestiges d’enfance, ces petits riens qui, une fois devenus adultes, trahissent l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Sous sa barbe un peu folle, ses pommettes saillirent un tout petit peu tandis qu’un large sourire vint illuminer son visage d’ours mal réveillé.

    Paul observait au dehors le gris des toits qui se confondait avec celui du ciel. Une pluie féroce se projetait violemment sur les vitres avec la vigueur d’un animal qui chercherait à les briser pour rentrer, puis se laissait ruisseler mollement le long de la fenêtre comme une larme de rage sur une joue. « Quel temps de chiotte »…

    My name is Luka.

    Posée sur l’îlot central délimitant la cuisine et le salon, la cafetière émit une série de gargouillis caractéristiques annonçant que le breuvage couleur d’ébène était fin-prêt. Malgré les effets de mode, Paul n’avait jamais réussi à s’en séparer ni à succomber aux modèles à capsules jetables. Non pas qu’il était réfractaire au progrès mais il n’en voyait pas l’intérêt. La possibilité de choisir lui-même son café au brûleur du coin et de broyer sa mouture fraîche le contentaient pleinement. Il aimait vraiment l’odeur veloutée du café moulu qui tapisse les narines de ses fragrances capiteuses. Une odeur puissante, virile et fragile à la fois qui l’emportait loin, comme un voyage intérieur de quelques secondes qui pouvaient parfois lui paraître un champ d’éternité.

    Paul s’en servit un énorme mug, l’allongea d’un nuage de lait, porta la tasse à ses lèvres et, lentement, en but une grande gorgée. Instantanément le liquide chaud remplit son organisme de cette sensation unique de réconfort quasi-maternel. Mais aussitôt Paul fut pris d’un haut le cœur terrible. Il bondit vers l’évier. Du sucre. Il fallait du sucre. Paul en mit un, puis deux. Goûta, et en rajouta un troisième. Voilà qui était bien mieux. Et sans même s’en rendre compte, il noya un quatrième morceau de sucre au fond du mug, oubliant du même coup qu’il ne sucrait jamais son café.

    I live on the second floor.

    Non loin, posé sur la table basse du salon, son vieux téléphone portable se convulsait et crépitait de multiples notifications avec une frénésie quasi-hystérique, faisant vibrer le plateau de verre d’un tintement désagréable. Paul s’en saisit et alluma d’un même geste la télévision puis s’assit dans le canapé où le chat avait laissé une marque arrondie au creux de son oreiller favori. L’empreinte, nimbée de poils blancs, était d’ailleurs encore toute chaude. Cent quarante-huit messages, mails et autres notifications Facebook. Bordel, mais ils ont quoi les gens ce matin ? pensa-t-il.

    Trop assommé par sa migraine lancinante et fatigué à la seule idée de leur nombre, il ne prit pas le temps d’examiner plus en détail cette logorrhée d’informations – il en avait soupé des statuts à la con de ses potes – et préféra regarder la télévision. A en croire le logo rouge et bleu incrusté sur toute la largeur de l'écran, il s'agissait d'un flash spécial.

    I live upstairs from you.

    Ce qu’il vit et entendit lui glaça le sang. Il n’en croyait pas ses yeux. Et pourtant il savait que ce n’était pas un canular. Paul avait beau changer de chaîne, toutes diffusaient les mêmes images ahurissantes : aux portes de la ville, des kilomètres de voitures arrêtées en plein milieu de la route, et des gens par centaines les yeux rivés vers le ciel. Vaguement incrédule, il monta le son. Selon le journaliste qui commentait en voix off, la cause de cette agitation était apparue dans la nuit, le long de l’autoroute de l'Est que Paul parcourait la veille au soir.

    Yes, I bet you’ve seen me before

    Parmi quelques vaches détrempées par la pluie toujours battante, toute la cohorte de journalistes qui avait accourru toutes caméras dehors, était fermement tenue à l’écart par un solide cordon de sécurité. « Ils sont là ! » répondait terrifié un homme vêtu d’un survêtement bleu à qui l’on avait tendu un micro « ils sont là ! ».

    Sous un ciel d’hiver intensément gris, la vision était tout autant insolite qu’effroyable. D'une blancheur parfaite, la chose semblait s'être paisiblement posée sur le sol. Sa surface était apparemment dénuée de toute aspérité.  On avait beau lever les yeux au ciel, il était impossible d'en apercevoir le sommet qui semblait s'élever bien au dessus des nuages. Plantée au beau milieu d'un écrin de montagnes éternelles, ses proportions absolument titanesques la rendaient visible à des kilomètres à la ronde. Monstrueusement silencieux. Immobile.  

    C’était là.

    Personne à cet instant n’avait la moindre idée de ce que c’était. Et personne à cet instant précis n’aurait pu imaginer qu'il eut mieux valu ne jamais le savoir. Mais tout le monde se souviendrait à jamais de ce lundi d'octobre, comme l'on se souvient des jours maudits qui infléchissent irrémédiablement le cours de l'Histoire.

    My name is Luka.

    Et pendant ce temps, la petite voix dans la tête de Paul se faisait de plus en plus insistante…

    My name is Luka.