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    7 octobre 2021

    7. Fan / Ventilateur #Blogtober2021

    1 commentaires

    Je trouve assez drôle que le nom anglais "fan" donne lieu à deux possibilités de traduction française aussi diamétralement opposées. Du fan au ventilateur, il y a tout un monde. Faut-il comprendre qu'un fan brasse beaucoup d'air ?

    Toujours est-il que les ventilateurs sont bel et bien remisés jusqu'à l'année prochaine tant la météo se rafraichit. Même si Toulouse baigne encore dans la douceur d'un traditionnel été indien, la petite laine est désormais de rigueur le soir comme le matin. Et dans le même temps,  les potishorts se font rares. 

    Mais mon petit doigt me dit qu'il seront à nouveau de sortie ce samedi, à l'occasion de la Pride de Toulouse. Malgré les doutes qui ont plané ces derniers temps, suite aux grincements de dents de la Préfecture qui invoquait des raisons de sécurité du fait des manifs anti-passe, la Mairie l'a annoncé officiellement : la Pride 2021 de Toulouse aura bien lieu, samedi 09 octobre ! Ouf ! 

    J'ai d'ailleurs éclaté de rire tout à l'heure, en voyant la story Instagram des Touwin Rugby Club, qui annonce des températures luxuriantes à proximité du char de l'équipe qui défilera dans les rues pour l'occasion. 

     


     Huhuhu 😁

    Je sais que leurs fans seront au rendez-vous 😊

    10 juin 2018

    I fuckin' did it !

    14 commentairess

    https://www.instagram.com/p/Bj295MVFdsl/
    Quelle journée mes aïeux, quelle journée !

    Comment dire autrement que cette Pride 2018 fait partie de ces moments qui vous changent un Tambour Major ? Lorsque l'insurmontable est terrassé et que l'impossible est accompli.

    Car oui, je l'ai fait.

    Je. L'ai. Putain. De. Fait...!! 


    J'ai dansé torse-poil hier après-midi sur un char de la GayPride de Toulouse. J'en suis encore tout étourdi, mais tellement fier.

    Et crevé aussi, parce que, mine de rien, organiser une Pride c'est un sacré boulot niveau logistique. Mais là n'est pas le plus important.

    Oui, fier.

    Fier de l'avoir fait. 
    Fier d'avoir pu affronter le regard des autres.
    Fier d'avoir surmonté mes peurs.
    Fier d'avoir pu me dire "Je m'en fous".
    Fier d'avoir pu hurler avec tous les autres notre rage d'exister.
    Fier de ces centaines de rires avec les copains.
    Fier de ces milliers de sourires qui m'ont inondé le cœur.
    Fier de ce que nous avons fait tous ensemble.


    Fier...


    Fier !
    Fier. 
     
    Hier, j'ai grandi.
    Un peu.
    Naturellement je prélève 55% sur toute transaction...



    Crédit photos : @DonDiegoDeLaVerga  et @Wolkmann 

    7 juin 2018

    Les uns avec les autres

    1 commentaires
    Avec le mois de juin s'ouvre la période des Marches des Fiertés qui auront lieu un peu partout en France et dans le monde. Dans deux jours aura lieu celle de Toulouse et l'édition de cette année sera pour moi un peu particulière car, pour la première fois, je ne défilerai pas à pied parmi la foule, mais sur l'un des chars.

    C'est une remarque que je me suis faite tout à l'heure avec une petite pointe de vertige. Non pas qu'il s'agisse d'un accomplissement mais je confesse une pointe de fierté personnelle, en regard du chemin parcouru depuis ces dix dernières années. Depuis que je tiens ce blog et que ma vie arc-en-ciel a commencé...

    Le char en question sera celui des Tou'Win, l'équipe de rugby Gay-Friendly de Toulouse. Des hétéros qui jouent au rugby avec des homos. Une équipe de rugby loisir comme les autres qui s'entraine et se bat avec pugnacité et succès. Comme le dit son président, le respect, l'équipe le gagne sur le terrain, à la sueur du maillot et au nombre d'essais marqués à la fin du match. Et une fois balayés les préjugés, nous sommes une équipe comme n'importe quelle autre équipe, qu'importe nos individualités. 
     
    C'est peut-être une chose que l'on oublie parfois un peu vite lorsque l'on milite : avant de convaincre il faut d'abord apprivoiser. L'art de la conviction procède nécessairement d'une part de séduction.

    Au fond c'est, mutatis mutandis, comme cela que je comprends et que j'ai reçu l'exposition d'Olivier Ciappa "Les couples de la République", régulièrement vandalisée par des groupuscules extrémistes. Tout récemment encore elle était qualifiée d'homophobe car elle serait invisibilisante en ce qu'elle montre des personnes hétérosexuelles singeant l'homosexualité, gommant de ce fait les personnes homosexuelles du paysage.

    Cette critique tient, à mon sens, à l'ignorance de la différence entre signifiant et signifié, entre le signe et le symbole, qui n'est pas que rhétorique. Or c'est justement là, dans ce jeu de la transposition, que se trouve l'habileté de la démarche.

    Si la critique est ridicule, l'idée de l'exposition est en effet, au contraire, excellente : montrer des couples imaginaires composés de visages connus du grand public. Des personnalités ancrées dans le paysage médiatique et appréciées pour ce qu'elles sont, ce qu'elles véhiculent de positif. Des visages familiers qui font un peu partie de la famille. Apprivoiser, donc.

    Transposées dans un contexte LGBT l'image qui s'adresse en premier lieu à l'intelligence, interroge : Et si cette photo c'était vraiment eux, qu'est-ce que cela changerait ?

    Et au second plan cette deuxième flèche qui accentue encore la mise en perspective, laissant ouverte la porte des possibles : Et d'ailleurs toi qui regarde cette photo, qu'en sais-tu vraiment de leur orientation sexuelle ? Rien, évidemment...

    Contrairement à ce que l'on peut lire ici et là - notamment sur Twitter - venant de groupuscules d'excités de l'acronyme et du micro-repli sur soi, les revendications LGBT ont et auront toujours besoin des autres et des hétérosexuels en particulier, pour avancer. Parce que l'union fait la force, parce que les hétéros ne sont pas des homophobes oppresseurs privilégiés par nature. Parce que diviser n'a jamais permis de mieux régner et que l'exclusion, au motif d'un entre-soi que l'on prétend protecteur, est l'antithèse même de toutes les luttes LGBT menées avec opiniâtreté depuis des décennies.

    Au contraire. Montrer au commun des mortels qui en douterait encore que les personnes LGBT sont des personnes comme les autres. Les amener à comprendre que le danger relève du fantasme et que les craintes sont infondées. Les conduire vers la tolérance. 

    Cela s'appelle l'éducation.

    Alors marchons. 
    Les uns avec les autres.

    11 août 2017

    Tom Of Finland - Le biopic

    6 commentairess
    Tom Of Finland
    Réalisé par Dome Karukoski.

    Avec : Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky...

    Genre : Biopic avec des dessins de gros zizis dedans.

    Durée : On ne t'a jamais dit que ce n'est pas la taille qui compte ?

    Synopsis : Dans la Finlande des années 1940, alors que RuPaul et Priscilla n'avaient pas encore été inventés, l'homophilie est encore plus répréhensible qu'être hipster ou que de porter des chaussettes avec des claquettes. Alors Touko se cache, comme tous ses semblables.

    En effet, Touko Laaksonen a deux passions dans la vie : sucer des bites et dessiner. Sur le front de guerre où il est mobilisé, il enfile l'uniforme d'officier, à défaut de pouvoir enfiler autre chose... même si le soir venu les buissons bruissent de murmures familiers.

    De retour au bercail la guerre finie, Touko est un simple dessinateur pour une agence publicitaire, propre sur lui et bien sous tous rapports. En apparence seulement car entre deux promenades nocturnes dans les parcs à observer les beautés de la faune locale, tout en évitant les policiers qui ont la matraque passablement facile, Touko danse la carioca dans des salons privés et dessine en secret des grosses brutes aux gourdins turgéscents. Mordu tout petit par un crayon radioactif, Touko est en effet doté d'un super pouvoir : celui de faire instantannément gonfler l'entrejambe de ses correligionnaires grâce à ses dessins de messieurs puissamment membrus.

    Touko Laaksonen ne le sait pas encore mais il sera... Illustrator Tom Of Finland ! 

    Extraits [attention, divulgâchages] :
    - Garde à vous !
    - Ho le gros canon que voilà...
    - Bonsoir, vous aimez les films de gladiateurs ?
    - Non, je chasse le faisan.
    - Was is das ?
    - Das ist eine grosse bite...
    ♪♫ Young man, there's no need to feel down
    I said young man, pick yourself off the ground
     ♪♫
    - Toc toc toc ?
    - Cours Forest, cours !
    - Vous aimez la chasse au faisan ?
    ♪♫ BoooOooorn in the U.S.A.♪♫ 

    L'avis de la rédaction : Avant de voir ce film je ne connaissais rien de la vie de Touko Laaksonen, alias Tom Of Finland, hormis les dessins très ronds de ses grosses brutes abondamment membrées à la sexualité décomplexée. Et je dois dire que, grâce à ce film, j'ai beaucoup  appris, tant sur la vie de Touko que sur ce que pouvait signifier être gay dans un pays où l'homosexualité était une grave infraction pénale.

    Plutôt contemplatif, servi par une photographie absolument magnifique, parfois cru sans jamais être gratuitement vulgaire, Tom Of Finland nous plonge dans la génèse du personnage de Tom et nous dévoile comment Touko, dessinateur publicitaire, deviendra le célebrissime Tom Of Finland au gré de ses déboires, de la découverte fortuite de sa notoriété hors de son pays, en même temps qu'il offre une formidable plongée dans l'histoire de la culture Gay, de ses codes et de ses angoisses des années sida. 

    Le biopic nous renvoie en effet à cette époque pas si lointainte où être gay pouvait signifier courir le risque de se faire casser la gueule à tout moment, où la seule manière de vivre sa sexualité était de se cacher de tout le monde, de vivre dans la peur quotidienne des arrestations musclées et des déscentes de police. Une époque où, loin des applications téléphoniques modernes, recontrer d'autres garçons était toute une aventure. Le film a au moins cette vertu pédagogique de montrer dans toute sa violence le quotidien des homosexuels d'alors. Un passé qui n'est qu'à un jet de pierre de notre présent. Ne l'oublions pas, à défaut de l'avoir vécu.

    Corrolairement, j'ai également beaucoup appris sur le sens de l'oeuvre de Tom, sur le pourquoi de ses personnages de bûcherons, de policiers à moto, de marins et motards habillés de cuir, et du mythique Kake dont on saluera les apparitions ponctuelles. 

    En effet, au-delà de l'obsénité apparente des dessins pornographiques à vocation notamment masturbatoire de Tom, se cache la souffrance et la frustration d'un homme et, avec lui, de milliers d'autres à qui la loi interdisait de vivre librement leur sexualité. Dessiner ses fantasmes les plus fous, à défaut de pouvoir seulement les effleurer du bout des mains, pour ne pas devenir complètement fou tant l'oppression sociale est pesante. Situation effroyable lorsque l'on y pense. Le film est à cet égard indispensable.

    Tom Of Finland pêche toutefois à de multiples égards. Ainsi l'on regrettera que la relation ambiguë de Touko avec sa soeur ne bénéficie pas de plus amples développements. C'était pourtant un axe très interessant et probablement fort instructif sur l'arrière plan socio-culturel de la Finlande de l'époque et, par extrapolation, de certainement beaucoup d'autres pays dont le nôtre. De même, la mort de son compagnon est étrangement expédiée en quelques secondes seulement. La question du dénouement de ses déboires financiers et de la gestion de sa notoriété aurait également pu recevoir quelques éléments explicatifs complémentaires... 

    Surtout, loin de retracer toute la vie de Touko, Tom Of Finland  s'arrête en 1978, limitant son propos à la seule génèse de celui qui sera, par la suite, mondialement connu sous le pseudonyme de Tom Of Finland. Soit... Nous ne saurons donc rien de ce qu'il est advenu ensuite tant de la communauté homosexuelle en Finlande dont les dessins de Tom ont chamboulé partout ailleurs les codes, ni de la réception mitigée de son oeuvre par ses pairs. Malgré les deux heures que dure le film, il y aurait pourtant eu encore beaucoup à dire. 

    En conclusion : Sans être un grand film et à défaut d'ètre complet, Tom Of Finland ouvre une fenêtre bienvenue sur un dessinateur complètement culte et incontournable de la culture Gay, et nous replonge avec effroi dans une période charnière qui - même si ce n'en est pas le sujet - a vu naître la Gay-Pride, manifestation dont on comprend toute l'importance qu'elle pouvait revêtir alors et dont on mesure d'autant mieux le sens à lui donner aujourd'hui. Et rien que pour cela, ce film mérite d'être vu par tous.

    Note de la rédaction : Jockstrap en zèbre mention bottes de cuir.

    13 juin 2015

    Sale pédé

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    Ils s'appellent Damien, Marion, David-Henri, Ali, Françoise ou Mohamed. Ils ont tous les âges, toutes les nationalités, toutes les religions. Ils habitent peut-être en face de chez toi, mais tu ne les vois pas. Ils n'attirent pas le regard.

    Et on leur fout la paix.

    J'ai fait mon coming-out à l'âge de 15 ans.

    Par contre, le grand mec du troisième qui vit en couple avec ce beau black et qui rit toujours fort dans les escaliers en téléphonant, ces deux-là, tu les as vus. Les deux pédés...

    J'étais le “pédé” du lycée. Étrange comme intronisation. Difficilement vivable.

    Ho ils sont gentils... Ils sont normaux. Ils s'habillent pas comme des tafiolles, eux. Pas comme le fils de Catherine. La pauvre. Ça doit être dur pour elle... Et son mari !

    J'ai d'abord découvert les regards, les rires étouffés.

    Et puis maintenant "ils" peuvent se marier... Manquait plus que ça ! Ho moi je m'en fous. Tant que c'est pas mon gamin....! Ha ça non alors ! Pas de ça chez moi.

    Rapidement, ils se sont mis à me jeter des pierres.

    Et puis leur carnaval là... leur truc... la Gay Pride ! Tu crois qu'on en a pas déjà assez avec la fête de la musique ? Nous avant on faisait des boums. Eux ils font ça dans la rue. Non mais franchement c'est sympathique hein. Moi aussi j'aime faire la fête de temps en temps. Mais franchement, ils croient quoi ? Que se trimbaler cul-nu en pleine rue ça va les faire accepter par les gens ? Et puis quoi encore ?

    Ils ont essayé de me coincer et tabasser à plusieurs reprises.

    Franck il y va lui, à la Gay Pride, avec des amis. Il paraît que c'est sympa tout ces gens qui dansent avec des ballons et des confettis derrière des chars. Même sa copine elle y va avec lui. Et tous les ans en plus. Moi je préfère rester chez moi...

    “Hey Damien, pourquoi t'aimes pas la chatte, sale pédé ?!”

    Il y a même des partis politiques qui défilent à la Gay Pride. Et des syndicats. De droite et de gauche, comme pour le premier Mai. Avec des banderoles et tout et tout. Ho, tu sais, ils feraient n'importe quoi pour aller gratter quelques voix aux prochaines élections ! Avec nos impôts ! Non mais moi j'y crois plus à la politique. La droite et la gauche, la gauche et la droite, le front national, c'est bonnet blanc et blanc bonnet...  Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, moi je vote plus. Elections, piège à cons !

    Ils ont essayé de me brûler le visage dans le bus.

    Et puis maintenant qu'on leur a donné le droit de se marier, qu'est-ce qu'ils veulent de plus, hein ? Non mais ça suffit avec leurs histoires.

    Ils s'appellent Damien, Pierre, David, Ali, Mohamed, Françoise ou Marion. Ils ont tous les âges, toutes les nationalités, toutes les religions. Ils habitent peut-être en face de chez toi, mais tu ne les vois peut-être pas, tant ils font tout pour ne pas se faire remarquer et ne pas attirer les regards sur eux... On sait jamais ce qu'il peut passer par la tête d'un homophobe. Qu'il veuille te fracasser la gueule à coups de poing, ou simplement te virer de ta boite parce que ta gueule de sale pédé ne lui revient pas...

    L’homophobie, c’est ça.

    Alors toi, qui ira peut-être défiler lors de l'une ou plusieurs Gay Prides qui ont lieu cette année en France et un peu partout dans le monde, n'oublie pas pourquoi tu pourras y être, dans la rue, sans craindre de te faire arrêter manu militari, comme d'autres jeunes gays et lesbiennes dans les années 50, comme d'autres gays et lesbiennes le sont et le seront encore, un peu partout dans le monde, pour la simple raison qu'ils ce qu'ils sont ce qu'ils sont.

    Car si aujourd'hui tu peux défiler derrière un char avec des amis à toi, souviens-toi que ce simple droit, bien fragile, ne s'est pas gagné sans heurts, et que des racines homophobes sont encore trop bien ancrées dans notre douce France. 

    Ouvre les yeux, regarde donc du côté de certaines communes qui ont viré FN ou dont les élus FN sont en force dans les conseils municipaux, Metz par exemple, et la coupure brute et nette des subventions aux associations LGBT... Regarde Fillon et Sarkozy en train de réécrire la Loi Taubira, regarde Les Veilleurs, regarde La Manif Pour Tous qui est désormais devenue un parti politique... Tu veux faire la fête avec eux ?

    Ces enfoirés m'ont volé une partie de mon adolescence.

    La Gay Pride n'est pas et de ne doit pas devenir qu'une question de folklore "bisounours" où tout le monde s'aime en chœur, parce qu'elle est et doit rester une démarche fondamentale pour exorciser cette haine qui détruit des vies en toute impunité et précipite des braves gens au fond  de l'abîme. Et qu'il est par conséquent inadmissible de laisser défiler tout et n'importe quoi à nos côtés au prétexte que l'on se doit d'accepter l'autre tel qu'il est, et quoi qu'il pense, fût-il d'extrême droite... 

    Y aura-t-il, comme le craignait l'an passé Virgile, un char FN à la Gay Pride 2015 ? A-t-on à ce point la mémoire courte pour oublier d'où nous venons, par où nous sommes passés, calomnies, propos infâmes, faut-il rappeler les efforts titanesques de pédagogie qu'il a fallu déployer pour arriver à vivre à peu près correctement sans nous faire tabasser impunément au premier coin de rue ?

    L’homophobie, c’est ça. 

    Les passages en italique sont extraits d'un billet de Damien, alias Poupée Barbu, un billet écrit en 2013 à la sueur de ses trippes et que tu iras lire en entier chez lui, car hélas encore d'actualité. Parce que les actes qu'il y dénonce et qu'il a endurés pendant son adolescence ne sont pas derrière nous. Et qu'aux Damien d'hier ont succédé des Damien d'aujourd'hui, preuves vivantes que beaucoup de travail reste encore à faire...

    Marchons pour eux.

    14 juin 2011

    Chronique de l'homophobie ordinaire

    19 commentairess
    Avant de vous raconter l'escapade flash éclair qui m'a conduit en terres Lyonnaises l'espace de 24 heures montre en main et dont Glimpse et l'Autre Fred se font déjà l'écho, je tenais à hurler de toutes mes tripes contre un événement qui a touché un proche ces jour derniers.

    Aucun exotisme particulier n'émaille les faits en question, ce qui les rend d'autant plus abjects. L'histoire d'un garçon formidable dont les parents puis les amis apprennent l'homosexualité. Rien d'exceptionnel me direz-vous. Sauf que la famille puis les amis de ce garçon et tout le voisinage ensuite vont aussitôt le rejeter en bloc, l'inonder d'insultes, le mettre plus bas que terre par réseaux sociaux interposés, lui faire craindre pour son intégrité physique, le contraignant à fuir, loin, laissant tout derrière lui. Je croyais l'hypothèse marginale. Elle ne l'est pas. J'en suis témoin.

    Entendre mon ami s'effondrer en pleurs au téléphone pour demander de l'aide fut une chose insoutenable. Lui, garçon pétillant à la gentillesse hors norme, ne méritait certainement pas cela. Ni lui ni personne. L'homophobie a ceci de révoltant qu'elle est tout aussi injustifiée qu'elle est injustifiable, indéfendable, et ses formes abominables tant elles nient l'humanité de celui qui en est victime, réduit à l'état de bête sauvage que l'on traque, que l'on maltraite par plaisir, réminiscence bestiale de nos instincts les plus bas que des millénaires d'évolution et de socialisation ont pourtant terré au plus profond de notre cerveau reptilien.

    Aujourd'hui cet ami va mieux. Il est en sécurité. Par l'un de ces hasards dont la vie a le secret, le destin a placé sur ma route quelques personnes bien avisées capables de fournir une aide précieuse de sorte que nous lui avons rapidement remis le pied à l'étrier pour lui permettre de rebondir le plus vite possible. Tout n'est pas encore résolu, il lui faudra sûrement passer quelques semaines difficiles mais je le sais plein de volonté et doté d'une sacrée énergie qui feront qu'il s'en sortira. Tous n'ont pas cette chance...

    Alors oui, samedi j'irai défiler à la Gaypride. Parce qu'il le faut. Parce qu'il n'est pas question de folklore, mais d'exorciser cette haine de la haine qui  détruit des vies en toute impunité et qui précipite de braves gens au fond de l'abîme. Mais aussi parce que face à l'urgence, on se rend compte de la faiblesse matérielle des moyens disponibles sur le territoire, que les foyers sont saturés et que les demandes ne cessent d'affluer. Des drames de la vie ordinaire...

    24 juin 2010

    Un dernier billet...

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    ...avant de partir pour Paris !

    Non non, je ne vous abandonne pas ! Vous seriez trop tristes et je ne voudrais surtout pas être responsable d'une vague de suicides collectifs pour cause de fermeture de ce blog (hein que vous seriez malheureux...? Hein ?  Non ? Même pas un tout petit peu ...?).

    Hé oui, ce sera le dernier billet de la semaine car demain matin je prends le premier TGV en partance de Toulouse, destination la Capitale pour un week-end de folie qui, par un hasard tout à fait fortuit, tombe le week-end de la Gaypride. Étonnant non ? Bon, d'accord, j'avoue, ce n'est pas exactement un hasard. Tout est au contraire méticuleusement étudié. Je suis un perfide calculateur. Un peu comme Hannibal Lecter, en pire....

    Mais que vais-je donc faire à Paris le week-end de la Gaypride ? Oui, je lis en vous comme dans un livre ouvert. Je sais tout. J'entends tout. Oui tout. Même toi là bas, qui vient de te gratter le coude.

    Donc, outre un intérêt purement touristique, ces quelques jours dans le Grand Nord seront l'occasion de revoir des connaissances du Forum et de passer du temps avec des amis que je n'ai hélas que peu d'occasions de voir. Ce sera également l'opportunité de faire la connaissance de blogueurs. Ainsi à mon arrivée vendredi je serai accueilli par Olivier,  le bloguetrotteur d'Evian de passage dans le coin lui aussi, avant de lui rendre visite cet été sur ses terres. Samedi midi Maxivirus m'a suggéré - depuis notre rencontre au XI°siècle - de me joindre à la petite sauterie des pédéblogueurs d'avant défilé (il reste de la place !! Viendez !! ) et Fabisounours me harcèle depuis cet après midi pour que je le rejoigne un peu plus tard à la soirée gang-bang qu'il organise au Dépot avec le fist-fucking-club de Hambourg... Tout un programme ! (Faut que je pense à remettre la main sur ma ceinture de chasteté moi...)

    Dimanche c'est vers d'autres horizons que me laisserai guider pour une pause musicale en compagnie d'un personnage étonnant que je remercie vivement Méchant Chimiste de m'avoir présenté lors d'un concert Fauré à Pamiers. Et lundi je m'octroie une petite prolongation qui me servira soit à dormir, soit à flâner dans un musée ou une expo. On m'en a d'ailleurs recommandé une, j'espère avoir le temps de m'y rendre.
    Comme vous pouvez en juger, c'est un week-end qui s'annonce chargé, assurément, dont je relaterai le relatable, dès que je serai remis de mes frasques orgiaques j'aurais un peu de temps.

    Ah oui, avant de partir, quelques nouvelles de mes monstroplantes. Ben figurez-vous que ça pousse, et  même plutôt bien :  des grosses racines sont apparues et les premières feuilles sont en train de s'épanouir.


    C'est tout mimi ! Et pas l'ombre d'une mâchoire en vue...
    A ce rythme là il va bientôt falloir leur trouver une maison un peu plus grande. Ils vont rapidement se trouver à l'étroit. Bon, on verra ça la semaine prochaine. En espérant qu'ils n'aient pas pris possession de l'appartement d'ici là.

    Bon week-end à tous et à très bientôt pour certains d'entre vous ! smileys Forum

    22 juin 2010

    Let the sun shine

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    Cela fait un bon bout de temps que je n'avais pas connu un tel coup de "down". Je ne me souviens pas non plus en avoir vécu de si profond. En réalité, plus que du vide, un sentiment de dégoût, que rien de ce que je fais n'est assez bien, que les autres sont plus forts que moi, ma thèse qui piétine, un directeur absent, les mois qui défilent. La désagréable sensation de retomber dans les même écueils, les mêmes travers, un vide sentimental intersidéral, une propension à m'attacher à des mecs qui habitent l'autre bout de la Terre. Je n'ai pas encore analysé finement tout cela, j'y travaille. Ajoutez y une charge de fatigue cumulée ces quinze derniers jours liée à des insomnies chroniques provoquées par tout un tas de choses qui travaillent insidieusement dans ma petite tête, et le Tambour Major s'effondre. Du coup, le moral au niveau des chaussettes, la nausée de tout, envie de rien, de voir personne.  Le 18 c'était mon anniversaire. J'avais prévu d'inviter une poignée d'amis pour passer la soirée. La veille, en une fraction de seconde, j'annulais tout. Pas la force, pas le courage, pas envie. Envie de rien, sinon de rester seul et laisser la centrifugeuse de ma raison faire le ménage dans tout ce bordel, mon hydre à moi.

    Un jour un ami m'avait dit  : "il faut se perdre pour se trouver". Hé bien je me suis perdu. Gentiment. Mais sûrement.

    Vendredi soir je reçu un appel de D qui me proposait de passer prendre l'apéro chez lui avec quelques uns de ses amis. Il était tard, j'acceptai. Il est marrant D, plutôt beau gosse, très gamin dans son esprit, très sexuel, un peu paumé dans sa tête aussi, mais je l'aime bien, à petites doses. On a baisé ensemble quelques fois. Je sais que les soirées chez D sont de vastes traquenards dont on sort rarement indemne mais je m'en foutais, au point ou j'en étais, j'avais besoin de quelque chose d'excessif.  Il est 22h lorsque je débarque dans son appartement en chantier. Son pote G est là, deux autres doivent arriver d'ici quelques minutes. Nous buvons, discutons et nous enfumons l'esprit comme rarement cela ne m'était arrivé. Au bout d'une heure je plane complètement et cela me fait un bien fou. Je sens la pression retomber, mes crispations de dissiper dans l'ivresse. L'ambiance est conviviale, on est tous défoncés. Il est trois heures du matin et l'appart se vide peu à peu. Trop pété pour rentrer chez moi, D me propose de dormir sur place. Je me tourne et me retourne aux cotés de D qui ronfle tout ce qu'il peut. Alcool et bédo ne font pas bon ménage. Il est sept heures du matin lorsque je trouve un semblant de sommeil.

    Onze heures. On émerge, on fait du café (beaucoup), on avale une chocolatine, un joint, une douche et zou on file à la Gaypride. En dépit de la fatigue, je me sens bien. Les excès de la veille ont agi comme une purge bienfaitrice en moi. Un sourire s'invite sur mon visage. Nous traversons la ville à grandes enjambées sous le ciel menaçant. Je retrouve TarVal et Khey au pont neuf, fais une bise à Alex - président de Arc En Ciel Toulouse - qui semble débordé par des pépins de dernière minute (la pluie a mis la sono de 3 chars HS), avale un citrate de bétaïne pour soulager mon estomac chagrin, et hop le défilé s'élance dans la joie et la bonne humeur malgré la grisaille et la pluie qui nous accompagneront tout du long. C'était ma première participation à la GayPride de Toulouse et je suis plutôt content. Content de la bonne ambiance de cette marche, de la courtoisie des gens, de rencontrer des personnes que  je n'avais pour l'instant pas eu l'occasion de saluer de vive voix, de revoir  en pleine lumière des visages connus, content d'avoir passé un bon moment. Trois heures plus tard la place du Capitole est envahie d'une foule cosmopolite, toujours sous la pluie. Je retrouve pour quelques minutes Laurent venu me faire un petit coucou. Mais très vite notre groupe reprend le chemin de l'appart de D, qui fut notre quartier-général. J'y récupère mes affaires et file chez moi me changer : ce soir c'est sortie, je dois être beau.


    Rasé, douché, proprement habillé et subtilement parfumé, je rejoins la fine équipe. Deux autres personnes nous ont rejoint. Un dernier joint et nous prenons la direction le bar du coin tenu par un pote de D pour y prendre l'apéro. Nous arrivons au bar, un bar de quartier somme toute assez quelconque mais dont le patron est très "sensible" ce qui autorise quelques licences peu usuelles pour ce genre d'établissement, si j'en crois les dires délirants de D. L'ambiance annoncée n'est pas au rendez-vous et il s'en faut de beaucoup. On se fait chier mortellement. Quelques bières plus loin nous migrons vers un kebab proche  et dévorons un délicieux sandwich, gras à souhait. Voilà qui devrait éponger un peu.

    Il est presque minuit : nous nous rendons au Mojito un bar gayfriendly du quartier. L'endroit est joli mais presque désert. Il faut dire que ce soir le show est ailleurs : quelques grosses machines de la nuit Toulousaine ont mis le paquet pour rameuter un maximum de clients.  On prend un verre, puis deux. Je discute avec mon voisin de droite tandis que D, G, V disparaissent en même temps qu'une partie de la clientèle. Je ne sais pas ce qu'il se trame, et ne veux pas le savoir. Mais une chose est sûre : ces trois là sont partis pour choper ce soir. Ce sont des prédateurs nés. Pour une raison que j'ignore je ne fais pas partie de cette race là. Je suis incapable de rentrer dans un bar / boite gay et de ressortir quelques heures plus tard avec quelqu'un à mon bras. Aller au contact frontal sans autre motivation affichée que baiser m'insupporte. J'aimerai en être capable et envie ceux qui se livrent à cet exercice avec aisance. Cela me fait me sentir nul...  D'où certainement mon désintérêt pour les boites et cruising bars. A quoi bon se faire du mal inutilement ? De fait je ne sors pratiquement pas dans le milieu, ce monde que je ne comprends pas vraiment, dans lequel je n'ai pas mes repères et que je n'apprécie pas tellement. Ou peut être n'en ai-je vu que le plus sordide ?

    Quelques instants plus tard D, G et V sont de retour : "On va au Kléo". Le Kléo ? Non merci. Je n'aime pas cet endroit, sa musique vulgaire, sa clientèle jeunette. Décidément, je ne suis pas fait pour le "milieu", à moins que ce soit le "milieu" qui ne soit pas fait pour moi...

    On se lève, on se fait la bise, je rentre chez moi. Il est deux heures du matin, je suis crevé et la libido en bandoulière. Fait chier ! Machinalement je fais un rapide tour sur internet, lis mes mails, invite Revigo qui me paraît bien insomniaque à venir papoter sur MSN quelques minutes. Un peu plus tard c'est F vient me faire coucou. On discute depuis 4 mois environ sans nous être encore rencontrés. Il est tout gentil et seul chez lui, tout comme moi. Nos solitudes se rencontrent... Il propose de me tenir compagnie pour la nuit. J'accepte. Nous nous retrouvons à mi chemin de son appart et du mien, discutons abondamment sur le trajet, entrecoupant nos bavardages de pauses câlines à l'avant goût prometteur. Il fait déjà jour lorsque nous nous endormons, les sangs gorgés d'endorphines. Je m'endors comme un bébé, pour quelques heures seulement : nous sommes aujourd'hui dimanche et l'on arrose mon anniversaire ainsi que la fête des pères chez mes parents, je suis attendu. Un dernier câlin du matin et j'abandonne F à la station de métro la plus proche.

    M'engageant sur la rocade, j'écoute un sketch sur Rire&Chanson. Je ris.

    La vie est belle.