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  • 22 juin 2010

    Let the sun shine

    Cela fait un bon bout de temps que je n'avais pas connu un tel coup de "down". Je ne me souviens pas non plus en avoir vécu de si profond. En réalité, plus que du vide, un sentiment de dégoût, que rien de ce que je fais n'est assez bien, que les autres sont plus forts que moi, ma thèse qui piétine, un directeur absent, les mois qui défilent. La désagréable sensation de retomber dans les même écueils, les mêmes travers, un vide sentimental intersidéral, une propension à m'attacher à des mecs qui habitent l'autre bout de la Terre. Je n'ai pas encore analysé finement tout cela, j'y travaille. Ajoutez y une charge de fatigue cumulée ces quinze derniers jours liée à des insomnies chroniques provoquées par tout un tas de choses qui travaillent insidieusement dans ma petite tête, et le Tambour Major s'effondre. Du coup, le moral au niveau des chaussettes, la nausée de tout, envie de rien, de voir personne.  Le 18 c'était mon anniversaire. J'avais prévu d'inviter une poignée d'amis pour passer la soirée. La veille, en une fraction de seconde, j'annulais tout. Pas la force, pas le courage, pas envie. Envie de rien, sinon de rester seul et laisser la centrifugeuse de ma raison faire le ménage dans tout ce bordel, mon hydre à moi.

    Un jour un ami m'avait dit  : "il faut se perdre pour se trouver". Hé bien je me suis perdu. Gentiment. Mais sûrement.

    Vendredi soir je reçu un appel de D qui me proposait de passer prendre l'apéro chez lui avec quelques uns de ses amis. Il était tard, j'acceptai. Il est marrant D, plutôt beau gosse, très gamin dans son esprit, très sexuel, un peu paumé dans sa tête aussi, mais je l'aime bien, à petites doses. On a baisé ensemble quelques fois. Je sais que les soirées chez D sont de vastes traquenards dont on sort rarement indemne mais je m'en foutais, au point ou j'en étais, j'avais besoin de quelque chose d'excessif.  Il est 22h lorsque je débarque dans son appartement en chantier. Son pote G est là, deux autres doivent arriver d'ici quelques minutes. Nous buvons, discutons et nous enfumons l'esprit comme rarement cela ne m'était arrivé. Au bout d'une heure je plane complètement et cela me fait un bien fou. Je sens la pression retomber, mes crispations de dissiper dans l'ivresse. L'ambiance est conviviale, on est tous défoncés. Il est trois heures du matin et l'appart se vide peu à peu. Trop pété pour rentrer chez moi, D me propose de dormir sur place. Je me tourne et me retourne aux cotés de D qui ronfle tout ce qu'il peut. Alcool et bédo ne font pas bon ménage. Il est sept heures du matin lorsque je trouve un semblant de sommeil.

    Onze heures. On émerge, on fait du café (beaucoup), on avale une chocolatine, un joint, une douche et zou on file à la Gaypride. En dépit de la fatigue, je me sens bien. Les excès de la veille ont agi comme une purge bienfaitrice en moi. Un sourire s'invite sur mon visage. Nous traversons la ville à grandes enjambées sous le ciel menaçant. Je retrouve TarVal et Khey au pont neuf, fais une bise à Alex - président de Arc En Ciel Toulouse - qui semble débordé par des pépins de dernière minute (la pluie a mis la sono de 3 chars HS), avale un citrate de bétaïne pour soulager mon estomac chagrin, et hop le défilé s'élance dans la joie et la bonne humeur malgré la grisaille et la pluie qui nous accompagneront tout du long. C'était ma première participation à la GayPride de Toulouse et je suis plutôt content. Content de la bonne ambiance de cette marche, de la courtoisie des gens, de rencontrer des personnes que  je n'avais pour l'instant pas eu l'occasion de saluer de vive voix, de revoir  en pleine lumière des visages connus, content d'avoir passé un bon moment. Trois heures plus tard la place du Capitole est envahie d'une foule cosmopolite, toujours sous la pluie. Je retrouve pour quelques minutes Laurent venu me faire un petit coucou. Mais très vite notre groupe reprend le chemin de l'appart de D, qui fut notre quartier-général. J'y récupère mes affaires et file chez moi me changer : ce soir c'est sortie, je dois être beau.


    Rasé, douché, proprement habillé et subtilement parfumé, je rejoins la fine équipe. Deux autres personnes nous ont rejoint. Un dernier joint et nous prenons la direction le bar du coin tenu par un pote de D pour y prendre l'apéro. Nous arrivons au bar, un bar de quartier somme toute assez quelconque mais dont le patron est très "sensible" ce qui autorise quelques licences peu usuelles pour ce genre d'établissement, si j'en crois les dires délirants de D. L'ambiance annoncée n'est pas au rendez-vous et il s'en faut de beaucoup. On se fait chier mortellement. Quelques bières plus loin nous migrons vers un kebab proche  et dévorons un délicieux sandwich, gras à souhait. Voilà qui devrait éponger un peu.

    Il est presque minuit : nous nous rendons au Mojito un bar gayfriendly du quartier. L'endroit est joli mais presque désert. Il faut dire que ce soir le show est ailleurs : quelques grosses machines de la nuit Toulousaine ont mis le paquet pour rameuter un maximum de clients.  On prend un verre, puis deux. Je discute avec mon voisin de droite tandis que D, G, V disparaissent en même temps qu'une partie de la clientèle. Je ne sais pas ce qu'il se trame, et ne veux pas le savoir. Mais une chose est sûre : ces trois là sont partis pour choper ce soir. Ce sont des prédateurs nés. Pour une raison que j'ignore je ne fais pas partie de cette race là. Je suis incapable de rentrer dans un bar / boite gay et de ressortir quelques heures plus tard avec quelqu'un à mon bras. Aller au contact frontal sans autre motivation affichée que baiser m'insupporte. J'aimerai en être capable et envie ceux qui se livrent à cet exercice avec aisance. Cela me fait me sentir nul...  D'où certainement mon désintérêt pour les boites et cruising bars. A quoi bon se faire du mal inutilement ? De fait je ne sors pratiquement pas dans le milieu, ce monde que je ne comprends pas vraiment, dans lequel je n'ai pas mes repères et que je n'apprécie pas tellement. Ou peut être n'en ai-je vu que le plus sordide ?

    Quelques instants plus tard D, G et V sont de retour : "On va au Kléo". Le Kléo ? Non merci. Je n'aime pas cet endroit, sa musique vulgaire, sa clientèle jeunette. Décidément, je ne suis pas fait pour le "milieu", à moins que ce soit le "milieu" qui ne soit pas fait pour moi...

    On se lève, on se fait la bise, je rentre chez moi. Il est deux heures du matin, je suis crevé et la libido en bandoulière. Fait chier ! Machinalement je fais un rapide tour sur internet, lis mes mails, invite Revigo qui me paraît bien insomniaque à venir papoter sur MSN quelques minutes. Un peu plus tard c'est F vient me faire coucou. On discute depuis 4 mois environ sans nous être encore rencontrés. Il est tout gentil et seul chez lui, tout comme moi. Nos solitudes se rencontrent... Il propose de me tenir compagnie pour la nuit. J'accepte. Nous nous retrouvons à mi chemin de son appart et du mien, discutons abondamment sur le trajet, entrecoupant nos bavardages de pauses câlines à l'avant goût prometteur. Il fait déjà jour lorsque nous nous endormons, les sangs gorgés d'endorphines. Je m'endors comme un bébé, pour quelques heures seulement : nous sommes aujourd'hui dimanche et l'on arrose mon anniversaire ainsi que la fête des pères chez mes parents, je suis attendu. Un dernier câlin du matin et j'abandonne F à la station de métro la plus proche.

    M'engageant sur la rocade, j'écoute un sketch sur Rire&Chanson. Je ris.

    La vie est belle.

    10 commentaires:

    1. Je me dis que cette phrase est bien juste : "il faut se perdre pour se trouver".

      je suis moi aussi occupée à me perdre, j'essaye de remonter à la surface de cette masse qui m'étouffe pour y voir plus clair, mais rien n'y fait ...

      Quand j'aurai touché le fond, je donnerai un coup de pied, je verrai bien où je remonterai à la surface.

      En tout cas, tu auras eu un samedi câlin, c'est déjà ça :-), il faut regarder le bon côté des choses. Et puis, un p'tit bedot ça fait de mal à personne :-)

      Je t'ai envoyé les photos sur ton compte lié à ton blog.

      Bises

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    2. « une propension à m'attacher à des mecs qui habitent l'autre bout de la Terre »
      Je n'ai pourtant pas souvenance qu'il se soit passé quoi que ce soit entre nous :-P

      Sinon je m'y suis cru, avec vous tous ;-)

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    3. Il est super chouette cet article. Je suis bien content que tu ailles mieux. Et c'est pas bien grave si tu n'arrives pas à sortir pur baiser, ou si tu n'es pas fait pour le milieu, c'est pas forcément un mal.
      Chacun fait comme il veut pour se sortir de l'impasse, il n'y a pas de mauvaise méthode. La semaine prochaine tu montes à Paris faire la gay pride???

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    4. Il y avait donc un "F" ... Mon cher Tambour, ne pas être très "milieu" est tout sauf un handicap de mon point de vue.
      J'aime beaucoup tout ce que tu as écrit. C'est tout beau ;)

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    5. C'était de la bonne dis donc. lol. Tu la cultives ? lol

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    6. Tu as eu ce qu'on appelle le blues du thésard qui saisit tout padawan au deux tiers de son parcours... Et le fait que tu t'attaches à des mecs à l'autre bout de la terre me laisse un goût amer dans la bouche car ça m'arrive aussi. Une conséquence de notre travail qui est plutôt ouvert sur l'international.

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    7. Content que tu ailles mieux, et ta note est sublime!!!!

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    8. Un bon weeke en de folie, une bonne cuite, un bon pète des familles,c'est la même médecine que je prends qd le moral est rase-bitume, jusqu'a maintenant ça a toujours fonctionné !
      et puis, tu es a Toulouse, c'est un bien precieux ça,Toulouse !
      bises

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    9. J'aime bien le clin d'œil canadien. :)
      Pour le reste, on aura plein de trucs à se raconter vendredi... :D

      Buon viaggio !

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