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    Affichage des articles dont le libellé est boulot. Afficher tous les articles

    14 mars 2022

    Recul

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    Depuis quelques semaines, j'ai l'impression que quelque chose s'est passé dans ma relation avec le boulot. Je parle bien d'une impression et non d'une certitude, faute de savoir si c'est une chose réellement acquise.

    De même, je fais ce constat sans comprendre ce qui, objectivement, m'a conduit à ce résultat. La fatigue ?  L'expérience ? La drogue lassitude ? Ou peut-être deux neurones se sont-ils soudain rebellés pour dire halte au stress inutile et permettre à mon cerveau malade de mieux le gérer ? Car c'est bien de cela dont il s'agit.

    Et cette chose qui commence à modifier ma relation au travail, je crois qu'on appelle ça : le recul.

    Le recul, c'est ce truc qui permet de ne pas prendre en pleine figure les reproches que d'autres font à ton client, et de ne pas rentrer le soir avec un boulet à canon logé dans les tripes. 

    Le recul, c'est pouvoir rire d'un dossier avec un collègue qui va pourtant te massacrer dans son prochain courrier, façon broyeur à poussins, avant d'avoir envie de disparaître à l'autre bout de la galaxie au moment où ton téléphone sonnera, dans pas longtemps, sitôt que ton client aura reçu et pris connaissance dudit courrier incendiaire à son endroit.

    Le recul c'est ne plus voir en tout propos une attaque ouverte, ou à peine masquée, qui serait vilement dirigée à l'encontre de ton travail - que tu fais avec le maximum de sérieux possible.

    Le recul c'est peut-être, tout simplement pouvoir, s'en foutre, malgré l'implication que l'on peut mettre dans son boulot, et ne pas être affecté outre mesure par le premier mot à peine ou très clairement équivoque.

    Voilà, je crois que c'est un peu tout ça, prendre du recul.
    Hé ben ça va probablement vous étonner :  ça fait vachement de bien !

    21 avril 2021

    Des jours comme aujourd'hui

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    Il y a des jours comme aujourd'hui qui me font me sentir totalement bête, nul, incapable de réfléchir. Un esprit vide et stérile usurpant la place d'autrui. Une baudruche. 

    Une illusion.

    Il y a des jours comme aujourd'hui où le stress me ronge les os et les sangs, jusqu'au malêtre. 

    Jusqu'à la nausée. 

    Ces jours comme aujourd'hui me montrent avec une certaine violence qu'il me faut vraiment travailler mon rapport au conflit, à l'estime de soi, et au lâcher prise.

    Sérieusement.

    Ces jours comme aujourd'hui, je me demande si je suis réellement fait pour ce que je fais dans la vie, et s'il ne faudrait pas changer, avant de crever d'un infarctus.

    Ou d'autre chose.

    Un jour comme aujourd'hui, j'ai regardé pour la première fois les noms des psychologues à portée de main. 

    Car des jours comme aujourd'hui, il y en a déjà eu beaucoup. Et je me demande si je serai longtemps capable de les supporter.

    Encore et encore.

    Et j'ai bien peur que la réponse soit non.
    Des jours comme aujourd'hui.

    28 février 2021

    Ainsi s'achève Février

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    Vendredi soir j'avais quitté mon bureau l'ordinateur en bandoulière et la tête pleine d'ambitions. Terminer cet article qu'il me faut rendre, avancer ce dossier, lire ce bouquin qui traine sur ma table de nuit depuis 6 mois, et finir de lire cet autre dossier. Deux jours. C'était plus qu'il n'en fallait pour engloutir cette masse de travail avant de recommencer la semaine sur les chapeaux de roues. 

    Deux jours que j'avais décidé de passer à la campagne, chez mes parents partis en vadrouille. M'isoler au milieu des champs, profiter de la maison, du chat, du chien, et d'un calme absolu pour travailler. 

    Au final, je n'ai rien, mais a.b.s.o.l.u.m.e.n.t rien foutu. L'ordinateur est resté dans sa sacoche, avec dossiers et bouquins. Le dossier urgent n'a pas avancé d'une virgule. Seul l'agenda a vu la lumière du jour, pour noter un rendez-vous. Et... c'est tout.

    Et je dois dire que ne rien faire est le meilleure chose que je pouvais faire. Me lever au petit jour et marcher dans l'herbe gelée par la froidure de la nuit. Courser le chien qui joue à cache-cache dans les herbes hautes, grattouiller le chat, me balader dans les champs et m'émerveiller devant les arbres en fleurs. Aller manger des grillades chez mon frère et ouvrir une bonne bouteille. Regarder rosir les nuages au soir tombant et voir peu à peu s'allumer les étoiles. Faire un feu dans la cheminée, regarder la télévision devant des flammes qui dansent dans un joyeux crépitement, et se blottir dans cette tiédeur moelleuse aux parfums boisés. 

    Savourer l'instant présent, pleinement. Et rien d'autre.

    Je réalise combien il est nécessaire, surtout lorsque tout presse, de faire un pas de côté sur le tumultes des jours et la frénésie des semaines qui nous pressent d'être toujours plus productifs, toujours plus efficaces. Toujours plus présents tout le temps et partout à la fois. Cette petite séance de "rien" m'a vraiment fait le plus grand bien. 

    C'est donc dans cette douceur lente et le spectacle d'un ciel rougeoyant que s'est achevé ce mois de février. L'air est frais et seul le chant du vent caressant le blés naissant perturbe la tranquillité vespérale de ce dimanche. Soudain le chien se dresse et se met en arrêt. Trois chevreuils détalent à toute vitesse à une centaine de mètres devant moi. Au loin la lune dessine dans le ciel son cercle blond. Il est temps de rentrer. 

    21 décembre 2020

    Les derniers mètres

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    Encore quelques jours, encore quelques heures à tenir avant de fermer temporairement les portes du bureau. Il est vraiment temps de faire une pause car je suis à bout de force, de patience, d'indulgence, de volonté. 

    Besoin d'une respiration, après des derniers mois éprouvants, des semaines de soixante dix heures, des weekends inexistants, une pression du boulot souvent détestable, des clients pénibles.

    Besoin de renouer avec des plaisir simples et d'en jouir pleinement. De lâcher prise et de jeter un gros oreiller moelleux sur les tracas du quotidien. Fermer les écoutilles et tout oublier. Le boulot, passionnant mais terriblement envahissant. La pandémie et les contraintes du confinement qui rythment nos journées. Les discours anxiogènes qui n'aident pas à garder le moral...

    Oui, j'ai vraiment hâte de ces fêtes de fin d'année, de leur douceur, du relâchement qu'elles appellent, des plaisirs qu'elles annoncent, du réconfort qui en résultera.

    Prendre le temps, et prendre le temps de ne rien faire, sans contrainte. Me prélasser au coin du feu une tasse de chocolat chaud à la main, faire des gaufres et laisser l'odeur du sucre qui cuit embaumer la maison. Dormir à ma guise sans l'oppression du réveil...

    Encore quelques heures. 
    Encore quelques jours.

    12 août 2020

    Les vacances sont toujours trop courtes

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    Oui, les vacances sont toujours bien trop courtes. A peine a-t-on le temps de commencer à respirer un peu qu'il faut déjà tout ranger dans les valises et s'en retourner sur le chemin de l'école. Rentré lundi après-midi, ma productivité de ces deux premiers jours est cataclysmiquement faible. Heureusement la période brille par un certain calme consécutive à une baisse calendaire d'activité.

    Les vacances sont souvent l'occasion de faire le vide, de se recentrer sur les choses essentielles et de mieux percevoir tout ce dont on voudrait se délester, comme autant de fardeaux inutiles que l'on s'épuise à porter alors qu'ils ne nous apportent rien. Un travail d'épure, vers davantage de simplicité ou d'efficacité. J'arrive à un âge où je n'ai plus envie de m'emmerder. Surtout, j'avais un immense besoin de prendre du recul sur tout, tant la moindre aspérité du quotidien se muait en un océan de contrariété, me touchant très personnellement et me mettant dans des état de stress absolument insoutenable. 

    La solution fut drastique : une coupure totale avec le monde professionnel par la désactivation du téléphone et des courriels pro, et une mise sur répondeur quasi permanente du téléphone personnel. Rien, absolument rien, je ne voulais rien savoir du monde extérieur. Je ne voulais rien laisser entrer dans ma petite bulle de bonheur personnel qui puisse altérer mon plaisir quotidien fait de volcans, de soleil et de randonnées en montagne. 

    Je garderai un joli souvenir de cet été 2020 passé au grand air. Quelques jours en Auvergne que je découvrais, une grosse semaine dans mes Pyrénées chéries, quelques amis. Si j'apprécie la solitude je m'interroge toutefois sur son bienfondé en vacances. Être avec d'autres personnes aide à sortir de son quotidien, à ne pas replonger dans ses petites habitudes un poil pépère. Ce n'est pas toujours facile d'être toujours sur le même rythme ni la même longueur d'ondes. Mais on ose d'avantage, on ri à plusieurs, on se change peut-être un peu plus les idées. 

    Après quinze jours de repos, je reviens relativement serein et apaisé. J'ai pu cerner un ou deux points qui m'empoisonnent réellement l'existence et dont je veux me débarrasser à tout prix. J'ai pu me conforter dans certains choix et projets tant personnels que professionnels - aspects qui sont trop étroitement imbriqués pour être parfaitement dissociables -  et que je sais désormais vouloir mener à bien. Maintenant j'espère bien pouvoir prolonger cet état aussi longtemps que possible et parvenir à cet état d'épure où ne reste que l'essentiel, ce qui compte, en limitant au maximum les sources de perturbation, quitte à faire quelques sacrifices.

    Oui, c'était bien les vacances.

    11 juillet 2020

    Epuisement

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    Total. L'épuisement est, total. Chaque nuit est trop courte, chaque matin est une corvée, chaque journée est trop longue.

    Je me rends compte que le confinement fut un faux moment de repos. En effet, la baisse d'activité a été compensée par un regain de stress lié à l'incertitude des semaines et des mois à venir. Et puis, une fois la vie revenue à la normale, tous les dossiers endormis se sont réveillés d'un coup d'un seul. Il faut désormais faire face sur tous les fronts à la fois.

    Hier, après une journée passée sur la route, je suis rentré chez moi à 17 heures avec la ferme résolution d'aller faire deux bonnes heures de sport afin de digérer la copieuse mais redoutable côte de veau aux cèpes du midi. Tu penses... Je me suis affalé sur le lit et n'en ai bougé trois heures plus tard que pour m'en aller m'affaler quelques mètres plus loin, sur mon canapé, totalement foudroyé par la fatigue. Et le haut le cœur qui m'a pris alors que j'étais en train de manger m'inquiète vraiment. Le coup de tonnerre annonciateur de la tempête. 

    Aujourd'hui je m'étais promis de faire une multitude de choses mais mon corps me hurle de le laisser en paix. Je me sens totalement vide de toute énergie, le corps pétri de tensions que je ne sais pas apaiser. 

    Encore quinze jours à tenir avant les vacances. Il est vraiment temps.

    28 février 2020

    Vendredi 28 février

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    Comme beaucoup d'autres, ce vendredi est arrivé sans crier gare. Lundi était à peine achevé que nous étions déjà mercredi soir. Et il aura suffi d'un rapide clignement des yeux pour que la semaine soit écoulée. Déjà.  

    Tant mieux, ou tant pis. J'aurais en effet une multitude de petites choses à faire, à terminer, à avancer. Mais la journée fut tellement dense, notamment la matinée passée à gérer et anticiper les urgences de lundi ainsi qu'une compression assez folle de mon agenda, que je me réjouis que s'annonce le weekend salvateur.

    Demain j'avais prévu d'aller faire une belle randonnée en montagne avec un ami, histoire de prendre l'air. Toutefois la météo peu clémente que l'on nous annonce ne donne guère envie de s'exposer aux éléments. Alors j'irai quand même à la montagne, prendre un bain de vapeur aux sources sulfurées d'une station où j'ai mes habitudes de vieux garçon. Cela me fera aussi le plus grand bien et relâcher la pression.

    Cette semaine j'ai croisé pour la première fois depuis que je lui ai claqué la porte au nez, ma connasse de boss. Cette femme détestable qui m'a fait tant de mal. A la faveur d'un déplacement professionnel, nous nous sommes trouvés dans le même couloir. En me voyant, elle a écarquillé les yeux, avec le sourire, quelque part entre curiosité, étonnement de me voir là, comme si nous étions en bons termes. Nos regards se sont croisés une fraction de seconde. Aussitôt une sorte de malaise m'a saisi, en même temps qu'une certaine colère attisée par toute la rancune et le mépris que cette méchante femme m'inspire.

    Elle m'a lancé un "bonjour". Passant à côté d'elle, j'ai adressé à la cantonade un "bonjour" terne et glacial sans même la regarder. Elle n'a pas cherché à m'approcher ni à me parler. J'ai en revanche discuté ostensiblement avec tous les connaissances croisées qui venaient spontanément à ma rencontre. Elle est partie une fois qu'elle eut terminé ce qu'elle était venu faire, en se gardant bien de m'adresser un regard. Je n'ai pas cherché à croiser à nouveau le sien.

    Mon mépris. Ma revanche.
    Froid.
    Implacable. 

    Cela m'a fait du bien.
    Beaucoup.

    Semaine dense, donc, entre semi-urgences, repas avec des amis, règlement de comptes, sport et ronrons des chats-minous toujours au sommet de leur forme. Je crois qu'il leur tarde que les beaux jours reviennent pour pouvoir se dorer la pilule sur le balcon.

    Le weekend commence ce soir et, avec lui, quarante-huit courtes heures de repos et de farniente. Mon agenda me prédit que la semaine prochaine sera éprouvante. Alors profitons vite.

    Ma vie presque ordinaire.

    29 janvier 2020

    Et bonne année quand même

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    Si à l'instar d'un certain nombre, vous me demandiez comment je vais en ce début d'année, je vous répondrais "Je vais". Non pas que cela aille mal, mais parce que cela ne va pas nécessairement "très bien" ni "bien". Je vais. Et ce n'est déjà pas si mal. 

    Je pensais pourtant que mes deux semaines de vacances à la Réunion m'aideraient à avoir une patate d'enfer à mon retour. Raté. Ou du moins, pas vraiment réussi. Est-ce que j'ai profité de mes vacances à la Réunion pour me reposer, déconnecter totalement, changer d'air ? Oui, indéniablement. Est-ce que j'ai aimé mes vacances à la Réunion ? Évitons d'être manichéens. Disons que je n'y ai pas trouvé ce que je pensais pouvoir venir y chercher. 

    Oui c'est beau. Oui c'est vert. Oui c'est dépaysant.  Oui il y a de jolies randonnées. Mais... J'ai commencé par essuyer les dernières salves d'une tempête tropicale qui sévissait sur l'île Maurice. De la pluie donc. Pas quelques gouttes. La mousson. Un rideau d'eau qui se fracasse sur les maisons, les arbres, les voitures. Les ruisseaux deviennent torrents. Les rivières s'invitent sur les routes. Les roches s'effondrent et barrent parfois le passage, ce qui est très embêtant lorsque, comme cela est assez fréquent dès que l'on dépasse une certaine altitude, il n'y a qu'une seule route. 

    Quand il pleut à la Réunion, il n'y a rien à faire. Il faut attendre que cela passe. Et cela peut durer des jours. En cumulé, un tiers de mon séjour s'est déroulé sous une pluie battante. Un autre bout sous une grisaille terne. Le reste, cinq jours, sous un beau soleil. C'est maigre.

    Une fois que la pluie a cessé, que la boue a un peu séché et que les cours d'eau sortis de leur lit ont cessé de rendre leurs abords dangereux, on peut s'aventurer sur les sentiers dans les cirques. En partant tôt le matin, vers six heures ou sept heures, pour ne pas suffoquer sous la canicule qui s'installe dès dix heures en cette période d'été.

    Alors, oui on voit de belles choses : des plantes dont l'envergure dépasse, de plusieurs mètres, le court périmètre du pot dans lequel elles sont confinées sous nos latitudes ; des reliefs abrupts déchirés par les mains de quelque géant ; des paysages étonnants ; parfois au loin, entre deux sommets, un coin d'océan perdu. 

    Mais jamais je n'ai été pris aux tripes par l'étourdissement du grandiose. Jamais je n'ai ressenti l'ivresse grisante de l'immensité pittoresque. Celle-là même que je ressens pourtant à chaque fois que je vais me balader sur le premier sentier de randonnée dans les Pyrénées, non-loin de Toulouse. Car à la Réunion, le regard ne porte pas plus loin qu'à une poignée de kilomètres. La vue est immédiatement coupée par le relief volcanique. À moins de regarder vers l'océan et son horizon désespérément vide lequel, pas plus ici que là-bas, ne suscite chez moi aucune émotion particulière.

    La randonnée sur le volcan du Piton de la Fournaise ne m'aura pas davantage laissé de souvenir impérissable. Oui, c'est "joli". On a l'impression d'être arrivé sur la lune. Mais c'est rapidement répétitif. L'accès en voiture par une piste cahoteuse, devient vite extrêmement pénible. Il faut rouler au pas afin de ne pas casser un essieu. On tangue violement des pieds à la tête plusieurs fois par mètre. Cette partie du trajet, à l'allée comme au retour, m'a paru interminable. Une fois garé, le sac  rempli de flotte arnaché sur le dos, les membres et le visage tartinés de crème solaire indice maximum ultra haute protection, une longue marche débute. Passé le folklore des premières minutes, le paysage est rapidement monotone : sous nos pieds, de la lave antique forme un relief constamment irrégulier et désagréable ; au loin, et ce sera ma destination, la masse uniformément noire du cône volcanique, semblable à un terril, qu'il faudra gravir pas après pas, gagner mètre après mètre, en cherchant sans cesse sa route. Et tout du long,il n'y a rien à voir, aucun panorama, aucun paysage. De l'abnégation, de l'endurance et le plaisir de l'effort doivent l'emporter.

    Alors, si, tout de même, au bout du compte l'on finit par arriver au bord du cratère qui nous confronte au gigantisme d'un volcan. Mais si ce n'est le besoin de recharger un peu les batteries, j'aurais pu faire le chemin du retour sitôt arrivé. J'ai un peu honte de l'écrire mais j'ai pris sur moi pour attendre et trouver un intérêt à être là... Je ne regrette pas de l'avoir fait car j'ai la satisfaction d'être allé au bout pour moi. Mais je n'en ai retiré aucun réel plaisir. Ce fut un joli challenge, dénué réel attrait. Je suis probablement beaucoup trop mal habituée avec mes Pyrénées qui m'offrent tout ce dont j'ai besoin et même davantage. 

    Un autre élément qui a peut-être contribué à ce médiocre résultat global, est d'avoir été logé chez de la famille qui habite en hauteur, à trois quart d'heure du littoral. Au calme le plus total, certes, dans un cirque très prisé et au cœur d'un site naturel exceptionnel, certes encore. Mais loin de tout. Chaque déplacement passait invariablement par l'interminable succession de virages d'une très pénible route de montagne. Probablement trop peu d'intimité rélle aussi, contraint par le carcan familial, et dans une zone de l'île sujette aux pluies. En contrepartie, j'ai vécu et mangé "comme là-bas" pendant quinze jours pour presque rien, et découvert plein de choses sur la vie locale inaccessibles au touriste lambda. Encore une fois, le bilan est sur ce point en demi-teinte. 

    Je suis parti sans savoir ce que j'allais trouver. Je sais désormais de quoi j'ai besoin et ce qu'il me faut aller chercher pour revenir les yeux pleins d'étoiles. Lorsque je repartirai. Car mon bonheur - simple - est en réalité à portée de main lorsqu'il s'agit de nature et de paysages. Mais l'envie de voyager est toujours là.

    Cela fait maintenant un peu plus de quinze jours que je suis rentré mais déjà je me sens bouffé par mon quotidien. Un contexte social et professionnel particulièrement anxiogènes ; un avenir professionnel loin d'être serein ; un stress quotidien de nouveau détestable ; un plaisir au boulot perfectible. L'année ne commence pas de la meilleure des manières. Loin de me contenter, j'essaie au moins de m'en satisfaire en m'efforçant de voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide.

    J'aurais parfois envie de tout plaquer, de tout arrêter, d'avoir un boulot qui ne serait que plaisir et qui n'exposerait pas au conflit permanent. Un boulot satisfaisant intellectuellement mais peut-être avant tout satisfaisant humainement. Gagner une somme importante à la loterie et ne plus en avoir rien à foutre de rien. Pouvoir être odieux avec les emmerdeurs, sans craindre quoi que ce soit. S'il ne résout pas tout, l'argent en abondance permet une certaine forme d'impunité. Une certaine forme d'insouciance, au-delà des strictes limites matérielles.

    Alors vous comprendrez pourquoi, lorsque l'on me demande comment cela va en ce moment, je réponds "je vais". Ce n'est pas bien terrible. Mais c'est déjà pas mal, tout de même. 

    Et tant qu'il est encore temps, puisque je ne l'ai pas encore fait ici : bonne année à tous et à chacun, quand même !

    17 novembre 2019

    Légitime ?

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    La question de savoir si je suis légitime en ce que je fais et celle de ma juste place, tant à titre personnel que professionnellement parlant, me travaille depuis un long moment. J'avais pu à cet égard discuter voici quelques temps déjà avec l'ami Tarvalanion qui se tourmentait alors pour les mêmes raisons. C'est lui qui d'ailleurs me parlait du "syndrome de l'imposteur" sur lequel il avait un peu travaillé et dont les contours me paraissent étrangement familiers.

    Selon Wikipédia, le syndrome de l'imposteur est une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Les personnes qui en souffrent tendent à rejeter plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs comme la chance, un travail acharné, le piston ou des circonstances particulières qui leur ont été favorables et qui expliquent, indépendamment de leurs mérites propres, leur succès.

    Ces phases de doute sont heureusement très souvent anéanties et renvoyées dans leurs pénates par une toute petite prise de recul. Regarder objectivement les faits, prendre le temps de faire le bilan de ce qui a été accompli et se rendre compte qu'en réalité et objectivement, tout n'a pas été si nul, voire carrément bien. Cela aide à reprendre une juste et saine mesure des choses. 

    Au niveau professionnel, j'ai mis du temps à assumer pleinement mon métier et à commencer à croire en moi. Je me rappelle que, les premières années, je me sentais totalement étranger à ma profession et n'en parlais jamais. Par la suite, mon expérience désastreuse avec ma connasse de boss m'a mis dans un tel état de doute que j'étais à deux doigts de vouloir me réorienter et quitter ce métier. Ce billet de novembre 2016 - trois ans déjà - en est le terrible témoin. Lui claquer la porte au nez à cette folle, n'y jamais revenir et prendre mon envol fut une décision très difficile mais ce fut une bonne décision.  

    Depuis, j'ai pris confiance en moi et retrouvé un sens à ce que je fais. Pour autant, est-ce que je me sens légitime ? Répondre par une affirmative inconditionnelle m'est difficile. Mes diplômes m'en donne le droit. Mais un morceau de papier ne fait pas tout. Je dirais qu'il ouvre une porte mais ne fait rien de plus. La légitimité vient, pour moi,  peut-être essentiellement du regard de ses pairs et de l'appréciation que l'on ressent portée sur nous.  

    Hormis cela, je sais que je bosse plutôt bien, que je bosse beaucoup, probablement trop, mais je n'ai plus peur d'afficher ce que je fais. Et les gens voient en moi un professionnel compétent. C'est déjà pas mal. Travailler beaucoup, c'est d'ailleurs une des conséquences de ce sentiment d'imposture. Outre que je suis un perfectionniste dans l'âme, travailler énormément est l'une des stratégie de compensation des imposteurs. Cela rassure, mais éloigne.

    Au niveau personnel c'est un peu la même chanson. Certains de mes engagements associatifs ne portent pas les fruits que j'espérais - peut-être d'ailleurs en  attendais-je trop ? - précisément car je ne me sens pas du tout légitime. Au contraire, je me sens totalement extérieur, spectateur, inutile. Probablement y a-t-il au départ un erreur de casting de ma part en ce que mes choix n'étaient pas très judicieux. Peut-être.

    C'est d'ailleurs ce sentiment étrange d'inutilité qui me donne envie de changer, et de ne pas prolonger certaines choses dans lesquelles je ne me reconnais pas ni ne me sens investi. Je sais d'ailleurs qu'en d'autres endroits ma présence sera utile car les petites mains manquent toujours. Me sentir utile. Le travail revêt pour moi une importance symbolique qui dépasse très largement de simples enjeux économiques.

    Cette forme de désamour, la peur du jugement, explique certainement aussi beaucoup d'autres choses au niveau personnel et qu'il m'est difficile d'affronter par l'écriture avant d'y avoir réfléchi un minimum. 

    Chercher sa place et la trouver dans ce vaste monde. Alors que pour moi, tout n'est qu'un épais brouillard mêlé de hasard et de chance cimenté par un investissement personnel démesuré pour consolider le château de sable, d'autres y voient clair depuis leur tendre enfance, comme sur les cases d'un jeu de dames dont les coups seraient prédictibles.

    J'envie beaucoup ceux qui avancent sans se poser de questions.

    2 août 2019

    Vendredi 02 août

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    Passé comme une nuée d'étourneaux au soleil couchant, le mois de juillet est déjà derrière nous. J'allais écrire qu'il était encore une fois trop vite passé, sans prendre le temps de m'arrêter quelques instants sur tout ce que j'ai pourtant eu le temps d'y faire. Beaucoup de choses en réalité, bien plus que ce qu'un trop rapide coup d’œil dans le rétroviseur de ma mémoire immédiate me suggérait.

    C'est, je crois, l'une de mes nombreuses difficultés, que de savoir apprécier à sa juste hauteur la quantité de travail que je produis. De là découle cette sorte de boulimie de labeur qui m'a régulièrement conduit à rester au bureau jusqu'à des heures indues.

    Prendre le temps - cette expression revient très souvent sous ma plume. Regarder clairement derrière soi et dénombrer les tâches réellement accomplies pour pouvoir se dire "Ok, tout ça, c'est fait". Et ne pas rester sur une vague impression d'inachevé, parce que l'on est parti en laissant un travail en plan.

    Juillet fut donc un joli mois, bien rempli, pendant lequel j'ai commencé à lever un petit peu le pied, mettant en œuvre une résolution que je vais essayer de m'astreindre à tenir toute l'année à venir : partir du bureau à 19h coûte que coûte afin de bénéficier d'un peu de temps pour moi durant la soirée, voir des amis, aller au sport, aller au cinéma ou à un concert... Parce que même si mon boulot est passionnant et envahissant, je ne vis pas pour lui et personne ne vivra à ma place.

    A cet égard je crois que l'année  2019 - 2020 sera culturellement assez riche. La série de concerts des Clés de Saint Pierre, qui m'avait procuré quelques très jolis moments cette année déjà, me tente énormément et je sais déjà que je vais y céder. La programmation de l'opéra du Capitole est délicieuse mais l'abonnement annuel est relativement cher. Il me faudra donc faire des choix, probablement douloureux. Dans un tout autre registre, Philippe Katerine, que j'avais eu le bonheur immense de découvrir sur scène lors de la sortie de son album Robots après tout, est annoncé en décembre au Bikini, le rendez-vous est pris... Éclectisme.

    Prendre le temps, prendre du temps pour soi, pour prendre soin de soi. Parce que, là encore, personne ne le fera à ma place. Ainsi, après avoir trop attendu, me voici porteur de lunettes. Cela fait des années que je suis conscient d'avoir un problème de fatigue oculaire dont j'ignorais la cause. Elle est à présent identifiée et traitée. Hop, des lunettes, rondes, que je porte aussi souvent que possible. Et je crois que je m'habitue plutôt bien à cette nouveauté.

    Les premiers jours ont été un poil compliqués. J'avais la sensation de regarder à travers un bocal, de mesurer un mètre dix, de vivre au raz du sol et  d'être complètement saoul. Ma perception des distances et des perspectives était profondément modifiée avec cette impression étrange de regarder en haute définition. Bref, mon environnement était une constante aberration géométrique...

    Au bout d'une semaine, cela commence à aller mieux. Bye bye Renée la taupe : je vois clair ! Enfin, à peu près... Du coup, esthétiquement, ça y est, j'ai le parfait look du Daddy, ce qui n'est pas tout à fait déplaisant, hu hu hu...

    Pour être véritablement parfait, il aura manqué à ce mois de juillet des randonnées en montagne. La faute en incombe à des weekends chargés ainsi qu'à une météo capricieuse. Fort heureusement, une est programmée dès demain avec des copains et le beau temps sera au rendez-vous. Et faute de gambader sur les sommets des Pyrénées, j'ai profité des chats-minous qui font de grosses roulades sur mes jolis balcons tout en fleurs.

    C'est simple le bonheur.

    9 avril 2019

    Manger ses émotions

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    En gros émotif que je suis, j'ai toujours mangé mes émotions. Quand la nourriture devient une source de réconfort sur laquelle on reporte ses angoisses et ses contrariétés. Chaque bouchée est un morceau de plaisir immédiat qui évacue instantanément un tout petit peu de l'océan de stress qui nous habite. Un carré de chocolat et les tracas s'estompent. Mangez toute la tablette et la vie redevient presque rose.

    Outre que le simple fait de manger est un plaisir simple de la vie, se venger sur la bouffe pour y trouver du réconfort est un grand classique des personnes stressées ou émotives. Et je ne crois pas faire une révélation fracassante en écrivant ceci. Se venger sur la nourriture n'est pas une pensée du type "je suis contrarié donc je vais me soulager en mangeant un truc". Non, c'est quelque chose qui vient du corps. Tout votre organisme vous hurle de lui donner quelque chose de précis : du gras, du mou, du sucre... Vous devez manger. Vous ne pouvez pas lutter. 

    Pour ma part, mon dévolu se porte sur à peu près tout... Du fromage s'il y en a. Une énorme morceau de gruyère, du vieux comté, de la bûche de chèvre, du roquefort...  N'importe lequel, surtout s'il est gras. Oui, le gras est une source importante de plaisir pour le cerveau dont c'est l'essentiel de la composition. Manger un camembert entier, morceau par morceau, ne me fait pas peur. Ayant appris à gérer ces fringales qui n'en sont pas, je sais d'expérience à peu près choisir les aliments qui me procureront une satisfaction immédiate sans totalement ruiner ma ligne : yaourts, viande froide, protéines en tous genres sont donc mes premières victimes.

    Une autre source importante de réconfort provient du sucre. Manger une part de gâteau, ou tout le gâteau comme ce fut le cas de ce dimanche, se goinfrer de pâtisseries (qui n'a jamais éprouvé cette volupté incroyable au confin du sensuel en mordant à pleines dents dans une part de gâteau au chocolat, par exemple ?) ou manger le pot de nutella directement à la cuillère sont des grands classiques du genre. Pour ma part, les envies de sucre apparaissent en particulier dans les moments d'intense fatigue. Dans ces cas-là, ce n'est même plus une envie mais un besoin. Presque une pulsion de survie. Il me faut du sucre. Cela vire à l'obsession. Il m'est impossible de me concentrer tant que je n'ai pas eu mon shot de sucre. Je limite la casse avec les fruits, pommes et bananes notamment, que je possède en permanence à portée de main.

    Ajoutez à la fatigue une once de stress, et le combo sucre + gras vous explosera à la tronche. Dans mon cas le chocolat - noir - est un partenaire de choix. Difficile de m'en tenir à quelques carrés, c'est toute la tablette qui y passe.

    Comme si cela ne suffisait pas, a ces besoins de sucre et de gras s'ajoute parfois un besoin d'alcool. C'est assez vicieux. Je crois qu'on a tous expérimenté cela : on rentre le soir complètement crevé, la journée a été pénible et on se sert un verre d'alcool pour se détendre. Parfois on commence à lâcher prise à partir du deuxième verre. Alors on s'en ressert un troisième pour être certain de bien se relaxer. Au quatrième, toute la pression s'en est allée.

    Parfois cela va beaucoup plus loin, comme je le relatais dans ce billet qui aura bientôt cinq ans :
    "Cela commence par ce petit verre de vin du vendredi soir, une fois en passant, qui t'aide à déconnecter. Une bonne bouteille, pas de la piquette à trois Euros. Tu bois par plaisir. Dans un premier temps. Par nécessité, ensuite. Quelques gorgées, quelques verres et tes idées se délient enfin. Ton cerveau s'apaise. Tu lâches prise. Cela te fait du bien. Non, tu n'as pas de problème avec l'alcool. C'est seulement une passade, dis-tu. Les semaines passent, les bouteilles vides s'entassent. Jusqu'à deux par weekend, à toi tout seul..."
    Relire ce paragraphe écrit à un moment où cela n'allait pas du tout m'a fait froid dans le dos. J'ai beaucoup appris de mon burn-out.

    Ces dernières semaines, harassé par un agenda beaucoup trop soutenu,  mon corps m'a énormément parlé. Heureusement je pratique une activité sportive assez régulière, ce qui me permet de limiter la casse sur la balance. J'ai toutefois fait attention, autant que possible, en limitant le gras et le sucre. L'alcool, en revanche, c'était beaucoup plus difficile. Antidépresseur puissant - sur le moment - quelques jolies bouteilles m'ont permis de tenir le coup, tout en sachant que ce n'est pas une solution viable. Je détecte désormais très vite que quelque chose ne va pas lorsque ma consommation d'alcool augmente et que le besoin s'en fait sentir plus d'une fois par semaine. Car là encore je ne parle pas de boire un verre ou deux entre amis. Mais de boire parce que votre corps vous le demande et de ne pas pouvoir résister à cet appel.


    Sur le moment je m'inquiète toujours un peu, notamment parce que je fais attention à mon poids. Je sais que lorsque je mange et bois - beaucoup - plus que de coutume, c'est parce que quelque chose ne va pas. Souvent mon corps me parle avant que mon cerveau ait verbalisé le problème. Je sais que c'est un précurseur et qu'il me faut être vigilent et analyser mon train de vie afin de détecter ce qui ne va pas et le résoudre. Aussi s'ai appris à déculpabiliser de tout cela. A ne pas trop m'inquiéter tout en étant lucide que quelque chose ne va pas dans mon quotidien car j'ai conscience que le problème est purement conjoncturel et que les choses rentreront dans l'ordre par elles-mêmes dès que la phase de stress se sera dissipée. Jusqu'à présent cela a toujours été le cas. 
     
    Ainsi, depuis dix jours, mon emploi du temps s'est sérieusement calmé. J'arrive à sortir du bureau avant vingt heures, pensez donc ! Je cours un peu moins partout et je suis moins sous pression. Automatiquement, ma consommation d'alcool et de bouffe ont substantiellement diminué, sans que je ne fasse rien. Le besoin corporel a disparu, c'est tout.

    Manger - et boire, ses émotions... Je me suis construit comme cela et je ne sais pas si je pourrai changer ou modifier ce comportement. Je sais qu'il existe, j'en connais la cause et les symptômes. Plusieurs amis m'ont conseillé la méditation ou le yoga, voire l'auto-hypnose.  Pour le moment je n'ai rien testé de tout cela. Mais je crois que ce serait une bonne idée d'essayer.

    Au moins pour voir.

    26 mars 2019

    É.p.u.i.s.é.

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    A bien y réfléchir, je crois que cela fait plusieurs semaines que, lorsque l'on me pose la question "Comment vas-tu ?" ma réponse est invariablement : "Épuisé". 

    É.p.u.i.s.é.

    Derrière cette litote galante se cache non pas petit coup de mou passager consécutif à une rude journée ni à une semaine compliquée, ce serait trop facile, mais bel et bien une bonne grosse fatigue de fond. Un véritable épuisement tant intellectuel que physique qui ne cesse de durer depuis plus de six mois.

    En discutant hier matin avec une connaissance qui, elle aussi, travaille très dur et pour à peu près les mêmes raisons que moi, j'ai fait un petit calcul du nombre de jours de repos - weekend compris - que je me suis réellement accordé depuis mon retour de vacances fin août dernier. J'enchaîne les semaines de soixante à soixante-dix heures, je bosse presque tous les weekends, je n'ai pas pris de congés à Noël ni en février faute de temps... Au final, je ne crois même pas arriver à l'équivalent de trois semaines de repos en sept mois. Il va vraiment falloir que je revoie mes engagements professionnels à la baisse l'année prochaine.

    Épuisé, donc. Je lutte chaque jour contre une fatigue grandissante et je crois que si je ne suis pas encore cloué au lit avec une fièvre de cheval, c'est uniquement à cause du stress que je m'inflige pour réussir à surmonter la montagne de boulot qui s'amoncèle devant moi. J'en ai eu la preuve voici un petit mois alors que je profitais d'un samedi et d'un dimanche consécutifs sans avoir besoin de travailler pour me reposer : dès le samedi après-midi, ma gorge s'est mis à me faire mal, mon nez à gratter, des courbatures sont apparues et, avec elles, tout un tas de divers symptômes grippaux. Je reprenais le chemin du bureau lundi matin la goutte au nez. Comme par enchantement, dès le lundi après-midi tout était rentré dans l'ordre...

    Depuis un mois, je me gave de probiotiques pour tenir le coup, je bouffe un peu n'importe quoi et  ma consommation d'alcool a très sensiblement augmenté ces dernières semaines. Je sais qu'il faut y voir des signaux alarmants et que mon corps me hurle de m'arrêter au plus vite. Tout ça n'est pas très brillant. Mais, paradoxalement, je redoute le moment où je vais vraiment m'arrêter pour prendre du repos car je m'attends à un sévère retour de bâton.

    Voilà voilà voilà... 
     
    Heureusement, certaines obligations professionnelles touchent à leur terme, ce qui va me libérer pas mal de temps dans la semaine pour pouvoir faire autre chose, et notamment me reposer le weekend, en ne rien faisant, ou en prenant soin de plantations sur mes balcons, entre deux pitreries des chats-minous qui, eux, se portent comme des charmes. Et avec le retour des beaux jours se profile le retour des randonnées en montagne qui m'ont tant manquées ces derniers mois.

    En revanche, mes véritables vacances ne sont pas pour tout de suite. A la fin du mois d'août prochain ou peut-être début septembre, il faut d'ailleurs que je m'en préoccupe. Mais d'ici-là je compte bien m'aménager des pauses bienfaitrices, un weekend à Paris avec mes parents et une semaine à Garorock comme l'année passée, histoire de retrouver des visages amis. Peut-être retourner à Lisbonne que j'avais tant aimée ?

    Allez, encore quelques jours à tenir.

    30 décembre 2018

    Vivement 2019

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    Nous y sommes. Dans quelques heures, 2018 égrainera ses dernières secondes et, avec les douze coups de minuit que scandera l'horloge demain soir, se tournera la première page encore blanche d'une année toute fraîche.

    Cette année a passé décidément très vite et je me souviens encore de l'ambiance de l'an passé à la même époque, lorsque je me préparais à fêter la Saint Sylvestre avec des amis au milieu des Alpes recouvertes de neige.

    Si je tire un rapide bilan de l'année écoulée, 2018 ne fut pas une année facile. Et pourtant, quelle année ! Riche de belles rencontres, riche de mille expériences nouvelles, de mille projets dont les prolongements se ramifient encore loin devant moi.

    Qu'il s'agisse ou non d'un tournant symbolique, en gardant en mémoire que l'on donne aux symboles d'autre valeur que celle que l'on entend leur accorder, l'année de mes quarante ans fut, je crois, un nouveau point de départ : celui où j'ai pris pleinement possession de ma vie. Celui où je me suis battu pour avancer, où j'ai grandi professionnellement, bien au-delà de ce que je pouvais imaginer l'an dernier à la même période. Une année de construction, durant laquelle je ne me suis pas ménagé, travaillant comme un forcené, me reposant peu, en m'oubliant peut-être au passage.

    Car j'ai beau me présenter comme une grosse feignasse doublée d'un procrastinateur émérite, je n'en suis pas moins un acharné du boulot, voire un bourreau de travail, avec ses vertus mais également tout ce que cela sous-tend de négatif, dont l'épuisement professionnel que je sens poindre de temps à autre. Je ne m'écoute pas assez, c'est certain.

    Travailler, travailler sans relâche. J'ai l'impression d'entendre mon grand-père ! Lui qui voyait le loisir, dont la lecture, comme une perte de temps... 

    Alors elle sera probablement là, ma résolution pour 2019 : prendre davantage de temps pour moi. Apprendre à tout arrêter, à prendre du recul et une grande inspiration d'air frais comme une grande virgule dans cette course folle dans laquelle je me bouscule à moi-même.

    Prendre le temps d'un peu de douceur, comme ce joli après-midi d'avant Noël, passé à la maison avec quelques copains, à préparer et décorer des biscuits, puis à manger des gaufres en buvant du chocolat chaud à la cannelle.

    Prendre le temps d'un peu d'évasion, comme le seront ces quelques jours de vacances (les premiers depuis août dernier) en janvier avec des amis où, pour la toute première fois, j'irai chez Mickey. Comme le seront aussi certainement ces quelques autres en mars et qu'il me faut organiser rapidement, car j'ai très envie d'aller aux Fallas de Valencia, histoire de voir de mes yeux cette fête unique en Espagne dont j'entends parler depuis mon adolescence.

    Prendre le temps de recevoir de l'amour de ceux qui m'entourent, famille, amis, proches, et de tous ceux qui sont toujours là, malgré la distance et le croisement sporadique de nos chemins respectifs. Eux-aussi, ils sont importants, ces amis sans lesquels je ne saurais vivre.

    Prendre le temps de penser à moi, de me reposer plus régulièrement, de me ménager, de prendre soin de moi et, n'en déplaise à Juliette, m'accorder quelques plaisirs superflus.

    Voici 2019 qui s'annonce, et j'ai hâte !



    Et vous ?

    7 décembre 2018

    Vendredi 7 décembre

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    Voilà trois semaines que je n'ai pas écrit ici, essentiellement faute de temps et d'envie, les deux étant étroitement liés. Je pars travailler tôt le matin et rentre tard le soir, généralement pas avant 21h30. Entre les deux, mes journées défilent au grand galop, entre urgences de toutes sortes, sollicitations multiples et rendez-vous divers. 

    C'est un fait que depuis plusieurs mois maintenant je travaille beaucoup. Trop aux dires de certains qui me disent de lever le pied. "Je ne te plaindrai pas en penchant la tête sur le côté" m'écrivait un ami il y a quelques semaines. "Ce boulot c'est toi qui te le cherche". Il a raison, si charge de travail il y a, c'est parce que je le veux bien. Mais c'est surtout que si je ne travaille pas assez, il ne reste rien pour manger à la fin du mois. Je ne vis hélas pas que d'amours et d'eau fraîche.

    Les fêtes de fin d'année approchent. Dans trois semaines, Noël sera déjà derrière nous. Là encore, j'ai tellement de travail d'ici là, que cette échéance me semble totalement abstraite. Je n'ai pas commencé mes achats, ni quoi que ce soit, alors que j'ai envie de faire des milliers de choses. La trêve sera de toute manière de très courte durée, étant donné que je travaille le 25 et le 26 décembre.

    Le repos sera pour un peu plus tard, car j'ai d'ores et déjà prévu une petite escapade dans la capitale le temps d'un weekend prolongé. Si les agendas de tout le monde coïncident, je devrais y retrouver des amis pour aller rendre visite à Mickey, chose qu'à l'instar de la visite de la Tour Eiffel l'été dernier (et qu'il me faudra racontrer) je n'ai encore jamais fait. 

    Il faut un début à tout, paraît-il.

    Avec le temps de l'Avent, celui des Nadalets et des repas de carillonneurs. Je suis invité prochainement à plusieurs d'entre eux dans la région. Bonne chaire et bons vins entre copains, voilà qui donnera de la saveur à ce tumultueux mois de décembre.

    Et au milieu de cette frénésie, chaque soir, deux petites choses mignonnes et turbulentes m'accueillent chaque soir sur le palier de la porte, toutes moustaches dehors et les oreilles pointées comme des antennes à bêtises. Une fois que chacun a mangé de son côté, même si Pistache essaie régulièrement de venir renifler dans mes assiettes, elles ne sont plus que vrombissements et ronrons une fois étendues sur mon ventre. 

    Du haut de ses cinq mois, Caramel devient un gros et lourd pépère tandis que la canaillitude de Pistache s'exacerbe. Ils n'ont pas fini de m'en faire voir ces deux là !

    Et malgré tout cela, une copine m'a affublé d'un "A chaque fois que je te croise, tu es resplendissant" l'autre jour. C'est que j'y mets beaucoup du mien : peu de sorties (par manque de temps et d'envie), alimentation saine et équilibrée, du sport pour éviter les escarres et garder la ligne... Depuis que j'ai perdu du poids ces derniers mois et que j'ai arrêté le suivi avec ma nutritionniste, la balance est demeurée parfaitement stable malgré quelques énormes écarts. Probablement parce que mes journées dignes d'un ministre me demandent beaucoup plus d'énergie que ce que je veux bien croire.

    Il me faudra bien prendre le temps de prendre soin de moi, un jour où l'autre.

    13 novembre 2018

    C'est quand qu'on se repose ?

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    Cela fait plus de 15 jours consécutifs que je bosse sans m'arrêter. Je voudrais, m'arrêter et profiter un peu, mais la masse de travail fait que je ne peux pas. J'ai passé le weekend dernier au bureau, et celui d'avant également. Je ne prédis pas un meilleur sort à celui qui vient.

    Aujourd'hui à midi j'étais déjà épuisé et je ne tiens le coup que grâce à du sucre sous forme de  chocolat : presque un paquet de Petits Écoliers engloutis cet après midi, et une tablette de chocolat noir à l'écorce d'orange qui aura duré à peine plus de dix minutes hier après midi. Heureusement que, pour ma ligne, j'ai repris un peu le sport.

    Mauvaise organisation ? Peut-être. Mais aussi un mauvais travail d'équipe avec un boulot qui, alors qu'il est connu de longue date dans son contenu et son ampleur, n'a pas été planifié ni réparti au sein de l'équipe depuis septembre. De fait, je suis conduit à bosser en continu pour me remettre à jour dans des domaines que je ne maitrise pas du tout, sans certitude que ce que je fais est nickel chrome. Chaque semaine je suis sur des œufs et je déteste cela. 

    Le tout devrait être bouclé en fin de semaine prochaine, mais à quel prix ? En tout cas il me tarde de venir à bout de cette masse de travail et de pouvoir un peu relâcher la pression. Avant les fêtes qui approchent, ce ne sera pas si mal, vu que je ne prendrai que quelques jours de vacances autour de Noël et que je bosse le 25 et le 26 décembre. 

    Quant au Nouvel An, j'écrivais il y a 10 jours que je n'avais pas envie de le célébrer d'une quelconque manière  et qu'en "ultime pied-de-nez, je crois que, si je le pouvais, je me débrouillerais pour travailler cette nuit-là..."

    C'est désormais chose faite : je me suis collé une astreinte de nuit le soir de la Saint Sylvestre. 
    Je suis peut-être un peu trop dur avec moi-même...

    7 novembre 2018

    Constantin Brancusi et la stratégie de l'évitement

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    "Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire." aurait dit / écrit / soupiré / murmuré / se serait exclamé Constantin Brancusi, sculpteur dont Google m'apprend que je connais certaines de ses œuvres, alors que j'ignorais, il y a encore quelques minutes, son nom. Je suis un Monsieur Jourdain en puissance...

    En cherchant un peu au pif sur internet une jolie citation sur l'art subtil de la procrastination, dans lequel je suis probablement troisième dan, je suis tombé sur cette citation qui représente très exactement mon état du moment : fatigué, avec une motivation globale proche de cette d'une pomme de terre bouillie face au moulin à légume, et une inertie monstrueuse qui me lignifie.

    Beaucoup de fatigue cumulée donc, beaucoup de travail aussi, et une stratégie d'évitement que j'observe insidieusement se mettre en place pour n'en faire pas une. La journée qui s'achève en est une assez bonne démonstration, tant je n'ai pas fait grand chose. Enfin, si, j'ai fait plein de petites choses, des choses insignifiantes ou peu productives et qui ne font pas beaucoup avancer l'immense train des tâches qui pendouillent et débordent le long des pages de mon agenda.

    Alors, si, soyons tout de même honnêtes : je me suis acheté un nouveau téléphone portable pour le boulot. Pas une machine de guerre, mais une bébête suffisamment puissante pour pouvoir y faire toute un tas de choses aussi simples que lire et écrire un courriel sans épuiser la batterie à la moindre pièce jointe téléchargée et lue. Ce n'est pas rien. Et je suis assez content de mon acquisition. Avoir un nouveau joujou est toujours quelque chose d'agréable. J'ai d'ailleurs passé une bonne partie de mon après-midi à le configurer pour me le rendre encore plus agréable.

    Ce qui est difficile, c'est de nous mettre en état de les faire. Certes... Me mettre en état de travailler me demande une énergie considérable que je ne sais plus où puiser pour le moment. Ainsi, alors que j'ai encore tout un tas de copies à corriger et que la journée touche bientôt à sa fin, je préfère venir ici, noircir mon écran d'un nouveau billet pour le blog.

    Vous avez dit évitement ?

    27 mars 2018

    Bientôt hiberning

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    Dormir... Dormir dix heures d'affilée deux jours de suite, et ne rien faire entre les deux, sinon traînasser dans un plaid devant la télévision à regarder des séries. J'en rêve !

    Cela fait presque quatre semaines que je bosse sans vraiment m'arrêter, pas même le weekend.

    Des urgences de boulot à gérer jusqu'à vendredi, des copies à corriger, environ 250 en quinze jours... cela fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé d'en avoir autant. Des dimanches studieux qui se terminent tard le soir alors qu'il faut se lever tôt le lendemain matin, et encore plus tôt depuis le weekend dernier en raison du passage à l'heure d'été. Non, vraiment, ce changement d'heure est pour moi un désastre sanitaire chaque année. C'est simple, il me faut une semaine pour me mettre dans le rythme et réussir à me lever le matin dans des conditions à peu près normales.

    Bref, encore quelques jours et mon agenda devrait s'alléger un peu. Ha ben non en fait : la semaine prochaine s'annonce tout aussi chargée. Merde... Quoi qu'il en soit, le weekend qui arrive sera l'occasion d'une hibernation express.

    Et puis weekend de Pâques oblige, ce sera certainement l'occasion d'aller manger un bout d'omelette géante (le manging d'omeletting, une activité totalement disruptive dans la Start-Up Nation), histoire de reprendre des forces qui abandonnent mon petit corps fragile. Si seulement j'en ai assez pour me traîner jusque là...

    9 mars 2018

    9 mars 2018

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    Le mois de février est passé à toute allure. Je n'ai rien vu... hormis du froid, de la grisaille, de la pluie à n'en plus finir et une parure de neige beaucoup trop éphémère pour satisfaire mes yeux d'enfant.

    Voici venu le temps de mars, du redoux et du printemps qu'il me tarde de revoir tellement je n'en puis plus de l'hiver et de son cortège lugubre d'arbres décharnés. Il me faut du soleil, de la lumière, la verdeur des jeunes pousses et l'odeur fraîche des bourgeons qui éclosent.

    Pouvoir à nouveau gambader dans les montagnes à la quête de je ne sais encore quel sommet, et revivre cet émerveillement perpétuel de l'immensité crénelée s'étendre à l'infini sous mes yeux me manque terriblement. Oui, vivement.

    En attendant je croule sous le boulot en ce moment. Des copies dans tous les sens, des urgences de la mort et des clients qui jouent à l'homme invisible, ce qui est super pratique pour faire avancer le schmilblick... C'est dingue.

    A propos de tout autre chose, ma balance décline progressivement. Chaque semaine l'aiguille rouge se fixe sur un nombre inférieur au précédent. Me faire suivre par un nutritionniste a probablement été l'une de mes très bonnes résolutions de ce début d'année. Je ne pensais pas que ce serait si "facile". Non pas que tout se passe d'un coup de baguette magique, il s'en fait de beaucoup, mais le fait est qu'avec de la rigueur et un minimum de motivation, les choses avancent proprement. Alimentation rééquilibrée, répartition stratégique des repas, encas le matin et l'après midi, du sport. Et les résultats sont là. Mes jeans grandissent, mes costumes se font plus confortables, le souffle revient... Peu à peu je me sens mieux et c'est très encourageant.

    Étant blessé au pied, ce qui m'empêche de courir et de m'entraîner au rugby, je me suis mis à la natation en compagnie d'un ami et de l'une de ses connaissances très bien faite de sa personne, ce qui ne gâche rien. Nous nous motivons mutuellement au rythme de deux à trois séances par semaines. La dernière fois que j'avais un tantinet pratiqué cette activité, c'était au Québec. Et je dois dire que c'est une activité fort agréable. Agréable pour le corps, car l'activité est douce, sans chocs, sans agressivité mais crevante malgré tout. Également agréable pour les yeux car l'on y croise nombre de fort jolis garçons très aimables de leur physique et que l'on peut observer en toute impunité... Si en effet le rugby peut avoir une certaine attractivité pour son homo-érotisme testostéroné, la natation ne se déshonore pas le moins du monde bénéficiant de cette sensualité si particulière des corps dénudés et luisants, propre au milieu aquatique. Ah ! La belle activité que la natation...

    Vendredi, la semaine s'achève théoriquement bientôt pour laisser place au weekend. Le mien sera studieux. Très. Trop pour un seul Tambour Major. Je me console en me disant que cela devrait aller mieux dans une quinzaine de jours.

    Ma vie presque ordinaire.  

    19 janvier 2018

    Noël est bien fini

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    Noël et son cortège de réjouissances sont désormais derrière nous, déjà... J'ai donc défait mon sapin et rangé les décorations dans un carton qui attendra onze mois pour ressortir du cellier où il attend sagement. Je n'aime pas défaire le sapin. Cela véhicule à chaque fois un flot de nostalgie, comme si, avec lui, c'était une part d'enfance et d'insouciance qui était remisée. Défaire le sapin et revenir aux réalités des grandes personnes, aux soucis qui émaillent notre quotidien, au jeu social dans lequel chacun tient son rôle.

    J'en ai déjà parlé par le passé mais j'aime vraiment mon appartement. J'ai enfin trouvé comment dégager toute une partie du salon d'une ombre coriace. Désormais la lumière y est belle de jour, le soir et de nuit. Surtout que, depuis cette semaine, un petit citronnier orne le salon, tenant compagnie aux autres plantes vertes. Ses petites fleurs parfument délicatement un petit périmètre autour de lui, c'est exquisément agréable.

    Parfois j'aurais envie d'en changer, de déménager, pour renouveler mon environnement, pour changer de quartier, pour avoir un balcon plus grand... Cela fait mine de rien près de dix ans que j'y habite. Et pourtant malgré toutes ses petites imperfections, je l'aime beaucoup. Il me ressemble. J'en ai fait, au fil des années, mon chez-moi où je me sens terriblement bien.

    Demain je dois me rendre dans un gros magasin de bricolage acheter de nouveaux radiateurs électriques pour mon appartement et changer mes vieux grille-pain complètement obsolètes. Cela représente beaucoup d'argent mais je traîne depuis plusieurs années. Il est temps de passer à l'action et de changer tout cela, pour me sentir bien chez moi. J'irai avec un copain que j'apprécie beaucoup, un peu trop peut-être, même si je sais que je n'en dois rien attendre. C'est lui qui s'est spontanément proposé de m'accompagner. Et comme il est plutôt bricoleur avisé, ses conseils seront les bienvenus.

    Noël est bel et bien fini. Les semaines passent et ne se ressemblent pas. Peu à peu je renoue avec un certain plaisir de travailler que j'avais totalement perdu. Ces jours-ci encore, alors que je me rendais au bureau, je repensais à cette angoisse vissée au ventre qui me nouait les tripes lorsque je cheminais en direction des locaux de ma connasse de boss. Une boule qui vous envahit, vous noue la gorge, s'immisce dans vos membres et vous épuise mentalement sans que vous n'ayez rien pu faire. Une armure trop lourde à porter pour parer les coups faciles et immérités que je recevais à longueur de temps.

    Aujourd'hui, quoique les raisons ont complètement disparu, il est encore des relents qui me tenaillent de temps à autre. Cela ne dure jamais très longtemps, mais le seul fait que ces réminiscences existent me montre à quel point j'étais mal et combien certaines blessures ne sont pas encore guéries presque six mois après.

    Professionnellement les choses se mettent en place progressivement. Je suis assez content. J'aime mon nouveau lieu de travail et apprécie les gens que j'y côtoie qui me traitent en égal. Cela aussi c'est un net progrès. Preuve que cela va plutôt bien, je me suis acheté ce matin un petit bouquet de tulipes rouges pour mettre sur mon bureau. Une petite coquetterie qui fait du bien. C'est toujours ça de pris.

    Être bien dans son travail, être bien chez soi... c'est déjà pas mal.
    Noël est fini, mais la vie continue. Et c'est très bien ainsi. 

    13 décembre 2017

    Une grosse baffe dans la gueule

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    Aujourd'hui j'ai pris une bonne baffe dans la gueule. Ca fait mal. Ca fait très mal. 

    Un gros coup de poing dans la gueule qui te fait retomber, là-bas, là-bas, làs-bas... tout en bas de la toute petite échelle de ton estime de soi. Paf !

    Un gros coup de poing dans la gueule... 

    Ca pique. Beaucoup. Même s'il n'y a rien de catastrophique. Mais il n'en demeure pas moins que ça n'est pas du tout agréable.

    Bon...

    On ramasse ses dents et on se remet en chemin. De toute manière c'est tout ce qu'il y a à faire pour le moment.

    Histoire de se redonner un semblant de confiance, un peu de méthode Coué :

    Il est dur d'échouer ;
    mais il est pire de n'avoir jamais tenté de réussir.

    Franklin Delano Roosevelt

    Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs.

    Marcel Proust

    La chute n’est pas un échec.
    L’échec c’est de rester là où on est tombé !

    Socrate

    Et du vin aussi.
    Un petit corbière bien charpenté et puissant en l'occurrence.
    Ca aide.