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  • 31 janvier 2020

    Dix petites choses que je n'ai pas faites depuis longtemps

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    1/ Manger une crêpe au Nutella. Je mange rarement du Nutella. Je mange rarement des crêpes. Le croisement des deux est la conjonction de deux raretés. Et c'est si bon !

    2/ Passer une soirée entière à lire. Sans que la télé, divertissement facile, ne soit allumée. Une soirée canapé avec un fond de radio, probablement emmitouflé dans un plaid, les chats-minous blottis contre moi. J'ai entrepris au commencement de mes vacances, la lecture d'un ouvrage fabuleux que m'avait conseillé un ami il y a quelques années. La part de l'autre, qui raconte en un récit croisé, la vie de Adolf Hitler telle que nous la connaissons et telle qu'elle aurait pu être s'il avait été reçu au Beaux Arts. Je recommande.

    3/ Aller rendre visite à la citée médiévale de Carcassonne. La vieille dame de pierres. J'aime me promener le long de ses remparts en imaginant les batailles auxquelles ils ont pu assister et dont les livres d'histoire ont oublié le nom.

    4/ Organiser un dîner à la maison. Cela fait un sacré bout de temps que je n'ai pas passé un après-midi entier aux fourneaux pour des convives. Bien que cela soit épuisant, expectative du plaisir forme toujours de jolis moments.

    5/ Aller marcher dans la neige. Toulouse est bien avare en flocons. Si je suis un grand amateur de la montagne, je ne suis pas un grand amateur des sports d'hivers. Le ski, la foule des pistes et l'attente aux remontées mécaniques, me barbent au plus haut point. Fidèle à mes amours premières et à mes besoins contemplatifs, c'est à pied, dans la solitude d'un sentier se déroulant sous mes pas qu'elle m'est la plus agréable. Cela est également valable avec des raquettes aux pieds. 

    6/ Rendre visite aux copains lyonnais. Et il y en a beaucoup, que je vois trop rarement à mon goût.

    7/ Cuisiner un coq au vin. Cela fait des années que je n'en ai pas préparé. C'était l'un des plats préférés de mon grand père. Mets de fête idéal pour les grands repas familiaux de la Toussaint et souvent de mise aux alentours de Noël, c'était un des plats que ma grand-mère cuisinait toute une journée sur son fourneau à bois. J'en garde des souvenirs formidables. Une idée qui va de pair avec la n°4...

    8/ Prendre un bain avec des huiles essentielles. Certes ce n'est pas écolo du tout. Mais... c'est tellement agréable.

    9/ Manger une coupelle de chantilly fraîche. C'est l'un de mes plaisir coupables les plus régressifs. J'adore la chantilly, faite maison, avec de la crème entière à 35% ou 40% et juste une pointe de sucre. Ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça. Et si, avant de la battre, vous ajoutez de la pâte de pistache à votre crème, l'orgasme culinaire est à portée de petite cuillère.

    10/ Frotter le museau d'un cheval. J'aime beaucoup les animaux en général (pas seulement cuits) et j'aime beaucoup les chevaux en particulier. Les chawals. Je crois que j'aime leur intelligence et leur sensibilité en même temps que leur folie chawalesque. C'est parfois un peu fifou un cheval. Et très malin. Lorsqu'en me promenant j'en croise un dans un pré, je m'approche toujours de la clôture pour voir s'il vient vers moi puis essayer de lui frotter le museau et de lui donner une poignée d'herbe fraîche à brouter. Tiens, j'avais déjà écrit sur ce sujet en 2010. Le dernier vu dans ce cas de figure l'été dernier, ne s'était, hélas, pas montré très coopératif... 

    Et vous, quel est ce petit plaisir que vous vous êtes refusé depuis longtemps ?

    29 janvier 2020

    Et bonne année quand même

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    Si à l'instar d'un certain nombre, vous me demandiez comment je vais en ce début d'année, je vous répondrais "Je vais". Non pas que cela aille mal, mais parce que cela ne va pas nécessairement "très bien" ni "bien". Je vais. Et ce n'est déjà pas si mal. 

    Je pensais pourtant que mes deux semaines de vacances à la Réunion m'aideraient à avoir une patate d'enfer à mon retour. Raté. Ou du moins, pas vraiment réussi. Est-ce que j'ai profité de mes vacances à la Réunion pour me reposer, déconnecter totalement, changer d'air ? Oui, indéniablement. Est-ce que j'ai aimé mes vacances à la Réunion ? Évitons d'être manichéens. Disons que je n'y ai pas trouvé ce que je pensais pouvoir venir y chercher. 

    Oui c'est beau. Oui c'est vert. Oui c'est dépaysant.  Oui il y a de jolies randonnées. Mais... J'ai commencé par essuyer les dernières salves d'une tempête tropicale qui sévissait sur l'île Maurice. De la pluie donc. Pas quelques gouttes. La mousson. Un rideau d'eau qui se fracasse sur les maisons, les arbres, les voitures. Les ruisseaux deviennent torrents. Les rivières s'invitent sur les routes. Les roches s'effondrent et barrent parfois le passage, ce qui est très embêtant lorsque, comme cela est assez fréquent dès que l'on dépasse une certaine altitude, il n'y a qu'une seule route. 

    Quand il pleut à la Réunion, il n'y a rien à faire. Il faut attendre que cela passe. Et cela peut durer des jours. En cumulé, un tiers de mon séjour s'est déroulé sous une pluie battante. Un autre bout sous une grisaille terne. Le reste, cinq jours, sous un beau soleil. C'est maigre.

    Une fois que la pluie a cessé, que la boue a un peu séché et que les cours d'eau sortis de leur lit ont cessé de rendre leurs abords dangereux, on peut s'aventurer sur les sentiers dans les cirques. En partant tôt le matin, vers six heures ou sept heures, pour ne pas suffoquer sous la canicule qui s'installe dès dix heures en cette période d'été.

    Alors, oui on voit de belles choses : des plantes dont l'envergure dépasse, de plusieurs mètres, le court périmètre du pot dans lequel elles sont confinées sous nos latitudes ; des reliefs abrupts déchirés par les mains de quelque géant ; des paysages étonnants ; parfois au loin, entre deux sommets, un coin d'océan perdu. 

    Mais jamais je n'ai été pris aux tripes par l'étourdissement du grandiose. Jamais je n'ai ressenti l'ivresse grisante de l'immensité pittoresque. Celle-là même que je ressens pourtant à chaque fois que je vais me balader sur le premier sentier de randonnée dans les Pyrénées, non-loin de Toulouse. Car à la Réunion, le regard ne porte pas plus loin qu'à une poignée de kilomètres. La vue est immédiatement coupée par le relief volcanique. À moins de regarder vers l'océan et son horizon désespérément vide lequel, pas plus ici que là-bas, ne suscite chez moi aucune émotion particulière.

    La randonnée sur le volcan du Piton de la Fournaise ne m'aura pas davantage laissé de souvenir impérissable. Oui, c'est "joli". On a l'impression d'être arrivé sur la lune. Mais c'est rapidement répétitif. L'accès en voiture par une piste cahoteuse, devient vite extrêmement pénible. Il faut rouler au pas afin de ne pas casser un essieu. On tangue violement des pieds à la tête plusieurs fois par mètre. Cette partie du trajet, à l'allée comme au retour, m'a paru interminable. Une fois garé, le sac  rempli de flotte arnaché sur le dos, les membres et le visage tartinés de crème solaire indice maximum ultra haute protection, une longue marche débute. Passé le folklore des premières minutes, le paysage est rapidement monotone : sous nos pieds, de la lave antique forme un relief constamment irrégulier et désagréable ; au loin, et ce sera ma destination, la masse uniformément noire du cône volcanique, semblable à un terril, qu'il faudra gravir pas après pas, gagner mètre après mètre, en cherchant sans cesse sa route. Et tout du long,il n'y a rien à voir, aucun panorama, aucun paysage. De l'abnégation, de l'endurance et le plaisir de l'effort doivent l'emporter.

    Alors, si, tout de même, au bout du compte l'on finit par arriver au bord du cratère qui nous confronte au gigantisme d'un volcan. Mais si ce n'est le besoin de recharger un peu les batteries, j'aurais pu faire le chemin du retour sitôt arrivé. J'ai un peu honte de l'écrire mais j'ai pris sur moi pour attendre et trouver un intérêt à être là... Je ne regrette pas de l'avoir fait car j'ai la satisfaction d'être allé au bout pour moi. Mais je n'en ai retiré aucun réel plaisir. Ce fut un joli challenge, dénué réel attrait. Je suis probablement beaucoup trop mal habituée avec mes Pyrénées qui m'offrent tout ce dont j'ai besoin et même davantage. 

    Un autre élément qui a peut-être contribué à ce médiocre résultat global, est d'avoir été logé chez de la famille qui habite en hauteur, à trois quart d'heure du littoral. Au calme le plus total, certes, dans un cirque très prisé et au cœur d'un site naturel exceptionnel, certes encore. Mais loin de tout. Chaque déplacement passait invariablement par l'interminable succession de virages d'une très pénible route de montagne. Probablement trop peu d'intimité rélle aussi, contraint par le carcan familial, et dans une zone de l'île sujette aux pluies. En contrepartie, j'ai vécu et mangé "comme là-bas" pendant quinze jours pour presque rien, et découvert plein de choses sur la vie locale inaccessibles au touriste lambda. Encore une fois, le bilan est sur ce point en demi-teinte. 

    Je suis parti sans savoir ce que j'allais trouver. Je sais désormais de quoi j'ai besoin et ce qu'il me faut aller chercher pour revenir les yeux pleins d'étoiles. Lorsque je repartirai. Car mon bonheur - simple - est en réalité à portée de main lorsqu'il s'agit de nature et de paysages. Mais l'envie de voyager est toujours là.

    Cela fait maintenant un peu plus de quinze jours que je suis rentré mais déjà je me sens bouffé par mon quotidien. Un contexte social et professionnel particulièrement anxiogènes ; un avenir professionnel loin d'être serein ; un stress quotidien de nouveau détestable ; un plaisir au boulot perfectible. L'année ne commence pas de la meilleure des manières. Loin de me contenter, j'essaie au moins de m'en satisfaire en m'efforçant de voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide.

    J'aurais parfois envie de tout plaquer, de tout arrêter, d'avoir un boulot qui ne serait que plaisir et qui n'exposerait pas au conflit permanent. Un boulot satisfaisant intellectuellement mais peut-être avant tout satisfaisant humainement. Gagner une somme importante à la loterie et ne plus en avoir rien à foutre de rien. Pouvoir être odieux avec les emmerdeur, sans craindre quoi que ce soit. S'il ne résout pas tout, l'argent en abondance permet une certaine forme d'impunité. Une certaine forme d'insouciance, au-delà des strictes limites matérielles.

    Alors vous comprendrez pourquoi, lorsque l'on me demande comment cela va en ce moment, je réponds "je vais". Ce n'est pas bien terrible. Mais c'est déjà pas mal, tout de même. 

    Et tant qu'il est encore temps, puisque je ne l'ai pas encore fait ici : bonne année à tous et à chacun, quand même !

    15 janvier 2020

    La photo du mois : Perspective

    11 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Janvier 2020. Bonne année à tous et à chacun ! C'est l'heure de notre habituel rendez-vous avec La photo du mois.

    Le principe demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, nous devions traiter le thème Perspective, proposé par Frédéric et qui nous donnait les indications suivantes :
    « Technique de représentation de l'espace et de ce qu'il contient en fonction de lignes de fuite (généralement convergentes). » Plus simplement, prenez deux lignes (voire davantage) qui partent vers une même direction. Elle peuvent aussi se rejoindre en un point (telle une route). Astuce : prendre une photo en positionnant son appareil photo au plus près du sol accentuera la perspective du sujet (que vous avez choisi de photographier).
    J'aurais aimé utiliser une photo prise lors de mes dernières vacances au soleil mais aucune ne correspond au thème. J'ai donc dû fouilller dans mes archives. 


    La photo que je présente a été prise en Ariège, à la fin de l'été dernier, au départ d'une très jolie randonnée vers les lacs de Fontargente. 

    Un endroit au bout du monde, d'un calme absolu et aux paysages grandioses, comme le sont les espaces pyrénéens. Cette randonnée m'a tellement plu que je l'ai faite deux weekends d'affilée.