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    23 mai 2016

    L'Effet boule de neige

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    Donner ma démission et me barrer définitivement de cet endroit qui, depuis des mois, était devenu un véritable enfer, fut et sera certainement la meilleure décision que j'ai prise cette année 2016.

    Depuis maintenant un mois que j'ai mis le pied à terre pour me donner le temps de reprendre un peu du poil de la bête, bien des choses ont changé. Des petites choses, qui sont autant de signes que j'ai enfin repris ma vie en main, recouvrant ainsi des moyens intellectuels affranchis par le poids d'une contrainte de travail insupportable qui rendait impossible toute appropriation pleine et entière du présent et avait aboli toute projection dans un futur fut-il relativement proche.

    Etant d'humeur plutôt casanière - j'adore mon appartement, les objets qui s'y trouvent, l'ambiance apaisante qui y règne et la douceur de la lumière qui le beigne dès les premiers rayons du soleil jusqu'au ultimes lueurs du soir - c'est naturellement par une reprise de possession de mon chez-moi que se sont accomplies les premières étapes. Un grand ménage intégral, une grande remise en ordre de cet intérieur laissé dans un état d'abandon relatif, l'accueil de nouvelles plantes puis la commande de deux immenses photographies qu'il me faut désormais faire encadrer et qui meubleront à merveille ce grand mur désespérément vide au dessus du piano. Un coup de tête, une opportunité, un ami qui exposait et dont j'ai tout de suite apprécié le travail... Elles attendent, enroulées dans leur tube de carton. Ce n'est plus qu'une question de jours. J'ai hâte !

    A présent c'est ma chambre qui va subir quelques transformations avec l'aménagement du vaste placard peu logeable où mon linge s'entasse de manière peu ergonomique. Une commode devrait également faire son apparition et, dans la foulée, une refonte complète des murs avec de nouvelles couleurs. Probablement quelque chose d'assez mat et masculin. Je verrais bien un mur en bleu pétrole et les autres en teinte gris très clair. Avec le parquet au sol cela devrait être du plus bel effet. 

    Reprendre ma vie en main, reprendre sérieusement le sport, aussi, et continuer ce travail commencé il y a quelques semaines de retrouver une silhouette digne de ce nom. Là encore, une discussion fortuite avec un ami sur Facebook, une occasion, et hop me voici inscrit à une salle de crossfit. J'en sors à chaque fois épuisé, j'ai l'impression que je vais faire un infarctus à chaque fin de séance tellement les exercices sont intenses, mais putain que ça fait du bien, physiquement et moralement. Se sentir vivre de l'intérieur, enfin.

    Tout n'est, paraît-il, n'est qu'une question de temps et d'opportunités. Je dois admettre que ces dernières semaines en sont pour moi une démonstration patente. M'être sorti du bourbier infernal dans lequel je baignais depuis plus d'un an et le lâcher prise qui s'en est suivi fut ont eu un effet on ne peut plus bénéfique.

    Car il y a aussi ce garçon qui m'a demandé mon numéro de téléphone voici quelques semaines. Après nous être croisés de nombreuses fois et depuis de longs mois sans avoir réellement osé nous parler ouvertement, il a franchis ce pas de briser la vitre du virtuel en m'offrant cette possibilité de discuter plus librement que par le cadre contraint d'une application pour grands garçons. C'était, il faut croire, le bon moment pour lui et moi. Nous nous sommes donc vus le temps d'un extraordinaire weekend où le temps a passé avec la douceur d'une plume portée par le vent. Nous nous sommes revus et nous allons nous revoir très bientôt. La douceur de ses baisers hantent encore mes joues, l'odeur de son parfum flotte encore dans l'appartement. Son absence ce matin fut cruelle. Notre entente, toute en complicité, est fabuleuse, sur tous les tableaux... Et je crois que je l'aime déjà beaucoup.

    Tout cela et mille autres petites choses qui font que mes journées sont bien remplies, que mon avenir fourmille de mille projets tous plus palpitants les uns que les autres et que je me sens terriblement bien. "Tu revis complètement" m'a dit au téléphone une amie avec qui, hier soir, nous sommes allés prendre un verre en ville. Oui, je revis complètement comme je n'avais pas vécu depuis longtemps. 

    Et cela fait un bien fou.

    9 février 2016

    A Pâques ou à la Trinité

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    J'ai besoin de repos, de calme.
    De dormir, intensément.
    Des heures, des jours, des nuits entières.
    Une bonne grosse coupure. Deux semaines seraient parfaites.

    Les dernières vacances ne sont pourtant pas si lointaines, et je suis néanmoins déjà épuisé.

    Hélas, pour l'immédiat prendre quelques jours de congé au-delà d'un simple weekend est inenvisageable et cela même s'il me reste encore deux semaines à prendre au titre de 2015. Je crois que je peux m'asseoir dessus.

    Depuis une semaine l'ambiance est pesante au boulot et cela ne va pas aller en s'arrangeant. La tempête arrive. Les premiers éclairs ont déjà strié le ciel. Au loin gronde le tonnerre. La foudre sera pour les jours prochains.

    J'aimerais partir, pas forcément très loin. En Turquie, en Sardaigne, en Grèce ou à Séville, je ne sais pas trop. L'Argentine me manque, aussi. Changer d'air et de décors, pour refaire le plein. Me vautrer dans une lascivité passive éhontée. Marcher dans des rues noyées de soleil, baignées par un vent tiède. Flâner. Ne plus voir certains visages. Entendre d'autres langues. Voir des gens rire et des arbres en fleurs sur un fond de ciel bleu. M'enivrer jusqu'à l'étourdissement de cet ailleurs qui serait l'espace de quelques jours un autre chez moi.

    A Pâques, peut-être ? Ou à la Trinité. En tout cas avant cet été, question d'équilibre mental.
    Sauf que l'ambiance ici n'est pas exactement propice à parler vacances...

    Ma vie presque ordinaire.

    9 avril 2012

    La petite voix, la carpe et le papillon

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    Depuis quelques mois, peut être quelques toutes petites années, il y dans ma tête une petite voix qui se fait de plus en plus insistante. "C'est d'abord rumeur légère, un petit vent rasant la terre. Puis  doucement se dresse, s'enfle, s'enfle en grandissant. Elle s'élance, tourbillonne, étend son vol, éclate et tonne" aurait pu dire Basilio.

    Je vous rassure, à l'instar d'une célèbre pucelle qui a fini sa vie de façon flamboyante, cette petite voix ne m'a pas encore convaincu de bouter les Anglais hors de France, ni de délivrer les huîtres du bassin d'Arcachon ou de prendre l'initiative d'un quelconque acte héroïque susceptible de bouleverser la face du monde aussi sûrement que l'eut fait le nez de Cléopâtre s'il avait été plus long. Non. Cette petite voix martèle une seule chose :
    Vis ! Vis, profite et sois heureux !
    Ce soir, j'ai regardé Là Haut à la télé. Je ne l'avais pas revu depuis je crois au moins deux ans. Hé bien, de petites causes produisant parfois de grands effets, figurez-vous que j'ai failli chialer. Oui, tout au long des premières minutes, celle où l'on nous raconte la vie du vieux grognon, j'ai senti un flot de larmes affluer et que je n'ai pu totalement réprimer.
    C'est con de pleurer devant un dessin animé... Et pourtant, je n'ai pu m'empêcher d'être triste en pensant à tous les projets que l'on forme pour une vie, à tous ces rêves qui font briller nos yeux, à toutes ces envies qui nous animent, et aux amers regrets de ne pas avoir eu la possibilité de les réaliser, ou tout simplement de ne pas avoir eu les couilles de se jeter à l'eau. Car au fond, emportés par le tourbillon de la vie et le confort du train train quotidien, on se dit que l'on peut remettre à demain, ou après demain, que ce n'est pas grave, et qu'au fond ce n'est que partie remise.

    Mais non putain ! Il ne faut pas remettre à demain. Certaines occasions ne se présentent qu'une fois. Il faut les saisir au vol, les agripper de toutes ses forces, en savourer chaque miette, et être heureux. Et je dois dire qu'en ce moment, il est des opportunités que je n'ai pas envie de laisser s'échapper. Ho que non...
    Et la petite voix se fait chaque jour plus lancinante...

    Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine

    Vienne la nuit sonne l'heure
    Les jours s'en vont je demeure

    G. Apollinaire, Alcools, "Le Pont Mirabeau"

    ***
    Bon, je vous dois quelques explications rapides sur le sens sibyllin du titre de ce billet... C'est en réalité très simple. Si si, vous allez voir.
    Le papillon renvoie à l'effet papillon suggéré au deuxième paragraphe : de petites causes produisent de grands effets. Quant à la carpe, c'est un peu plus tordu. Il ne s'agit pas de la carpe mais du verbe latin, carpe (carpe diem !) qui est sous-entendu lorsque j'évoque la nécessité de profiter des opportunités. 
    Voilà qui devrait être plus clair. Mais j'ai pas trouvé de titre moins nase que celui-là...

    7 février 2012

    Comme un vent frais sur la Garonne

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    Au début, je ne m'en étais pas rendu compte. Je n'avais pas perçu la réalité de tous les bouleversements qu'allait produire ma soudaine libération, après des années d'oppression. Se lever, y penser, s'y mettre, faire une pause café pour fuir un tout petit peu, aller au cinéma et se dire que peut-être l'on n'aurait pas du, culpabiliser pour un rien en songeant que l'on aurait peut être mieux à faire....
    On me l'avait pourtant dit : "Après ça, va commencer le premier jour du reste de ta vie". Cette jolie phrase m'était apparue comme une pure abstraction.

    Les choses se font progressivement tant je ne perçois pas encore toute l'étendue des possibilités qui sont désormais à ma portée. Je me sens un peu comme un prisonnier qui sortirait d'une longue peine d'enfermement et qui réapprend peu à peu la liberté. C'est étourdissant et extrêmement excitant. Cela peut vous sembler tellement banal. Car au fond je ne fais rien d'autre que reprendre une vie normale...

    Depuis maintenant quelques jours, je revis. Vraiment.
    Je fais des choses qui me plaisent, ma vie sociale connaît un second départ après une longue traversée du désert. Ce week-end, j'ai même rebranché la vieille Game Cube qu'un pote m'avait prêté, et joué à Zelda pendant des heures, chose que je n'avais pas faite depuis.... pfiou ! je ne saurais même pas le dire.

    Agir sans culpabiliser, sans cette pression sournoise qui teintait de grisaille tout ce qui aurait pu être des instants parfaits. Aller au cinéma, sortir dîner, flâner le nez au vent, le cœur et l'esprit légers.

    (Toulouse sous la neige, 7 février 2012)

    Un grand vent d'air frais souffle sur la Garonne.
    Le vent du changement, le vent du renouveau.

    Et cela fait un bien fou.

    6 janvier 2012

    Envies

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       Envies de loin
                                                                                                                                           De lumières irisées
                                                              De vent tiède sur mon visage
                                                                                                         
       De rivages lointains

                                                                                                                                    D'ailleurs
                                               De couleurs franches

    De sons moelleux
    D'odeurs épicées

              De découvertes
                                                     De rencontres
                                                                                                                                D'amitiés

                                      
      Envie de me perdre un peu                                           
    Pour mieux me trouver.