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  • 28 février 2021

    Ainsi s'achève Février

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    Vendredi soir j'avais quitté mon bureau l'ordinateur en bandoulière et la tête pleine d'ambitions. Terminer cet article qu'il me faut rendre, avancer ce dossier, lire ce bouquin qui traine sur ma table de nuit depuis 6 mois, et finir de lire cet autre dossier. Deux jours. C'était plus qu'il n'en fallait pour engloutir cette masse de travail avant de recommencer la semaine sur les chapeaux de roues. 

    Deux jours que j'avais décidé de passer à la campagne, chez mes parents partis en vadrouille. M'isoler au milieu des champs, profiter de la maison, du chat, du chien, et d'un calme absolu pour travailler. 

    Au final, je n'ai rien, mais a.b.s.o.l.u.m.e.n.t rien foutu. L'ordinateur est resté dans sa sacoche, avec dossiers et bouquins. Le dossier urgent n'a pas avancé d'une virgule. Seul l'agenda a vu la lumière du jour, pour noter un rendez-vous. Et... c'est tout.

    Et je dois dire que ne rien faire est le meilleure chose que je pouvais faire. Me lever au petit jour et marcher dans l'herbe gelée par la froidure de la nuit. Courser le chien qui joue à cache-cache dans les herbes hautes, grattouiller le chat, me balader dans les champs et m'émerveiller devant les arbres en fleurs. Aller manger des grillades chez mon frère et ouvrir une bonne bouteille. Regarder rosir les nuages au soir tombant et voir peu à peu s'allumer les étoiles. Faire un feu dans la cheminée, regarder la télévision devant des flammes qui dansent dans un joyeux crépitement, et se blottir dans cette tiédeur moelleuse aux parfums boisés. 

    Savourer l'instant présent, pleinement. Et rien d'autre.

    Je réalise combien il est nécessaire, surtout lorsque tout presse, de faire un pas de côté sur le tumultes des jours et la frénésie des semaines qui nous pressent d'être toujours plus productifs, toujours plus efficaces. Toujours plus présents tout le temps et partout à la fois. Cette petite séance de "rien" m'a vraiment fait le plus grand bien. 

    C'est donc dans cette douceur lente et le spectacle d'un ciel rougeoyant que s'est achevé ce mois de février. L'air est frais et seul le chant du vent caressant le blés naissant perturbe la tranquillité vespérale de ce dimanche. Soudain le chien se dresse et se met en arrêt. Trois chevreuils détalent à toute vitesse à une centaine de mètres devant moi. Au loin la lune dessine dans le ciel son cercle blond. Il est temps de rentrer. 

    25 février 2021

    Il faut que tu respires - A propos de l'apnée du sommeil

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    Avant, mes matins étaient groumpf... Mais ça c'était avant.
     
    Voilà un peu plus de deux mois que je suis appareillé pour de l'apnée du sommeil qui me pourrissait les nuits. Pour ceux qui ignoreraient tout de cette pathologie, l'apnée du sommeil est un trouble du sommeil  qui se manifeste par des arrêts involontaires de la respiration, des apnées, pendant le sommeil.
     
    Ces pauses respiratoires se produisent plusieurs fois par nuit, à une fréquence variable. On considère qu’elles sont problématiques lorsqu’il y en a plus de cinq par heure. Dans les cas graves, elles surviennent jusqu’à plus de trente fois par heure. Elles peuvent durer plus de trente secondes. Autrement dit, toutes les deux minutes, la respiration s'arrête pendant plus de dix secondes et l'on ne respire plus. Toutes les heures. Toute la nuit. Toutes les nuits...

    Généralement, ces apnées sont dues à un relâchement de la langue et des muscles de la gorge. Comme ils ne sont plus assez toniques, ils bloquent le passage de l’air lors de la respiration. Ainsi l’air ne circule pas à cause de l’obstruction des voies respiratoires supérieures.

    Au niveau des conséquences, l'apnée du sommeil est évidemment désastreuse sur la qualité du sommeil puisque l'on se réveille régulièrement pour respirer, avec une délicieuse sensation d'étouffement et généralement trempé de sueur. Le sommeil se trouve donc complètement chamboulé. Et le matin au réveil (le vrai !) c'est la catastrophe. Pendant des mois je me suis réveillé complétement à plat et complètement KO, alors que j'avais fait une nuit de huit heures, souvent avec un mal de crâne de tous les diables. Comme l'apnée du sommeil est souvent jumelée à un fort ronflement, ce qui était précisément mon cas, j'avais aussi quasiment tous les matins une sensation d'irritation du fond de la gorge, précisément à cause de ronflements que l'on m'a déjà décrits en termes homériques. Sans compter une somnolence terrible pendant la journée et contre laquelle de devait lutter à grand renfort de caféine. 

    A cela s'ajoutent les effets pervers : comme le corps est épuisé, le cerveau lance des appels de sucre (de l'énergie !) pour combattre la fatigue. On mange donc davantage, avec une inévitable prise de poids. Sans compter que le dérèglement du sommeil engendre un dérèglement total des cycles hormonaux qui ont lieu la nuit. 

    Bref, un désastre.

    En fin d'année dernière, je décidais donc d'aller consulter un pneumologue afin de prendre les choses en main. Après avoir réalisé un examen du sommeil, le diagnostic était posé, sans surprise aucune. Me concernant ce n'est pas une apnée sévère, mais assez importante pour pouvoir être traitée médicalement par un appareil, un genre de pompe qui envoie de l'air par le nez et qui force le passage là où il est bloqué par la langue et la gorge. L'équipement est maintenu par un jeu de sangles élastiques, afin que l'ensemble soit étanche. Niveau visuel, c'est à mi-chemin entre le masque de Dark Vador et un Facehugger d'Alien... Au niveau de la glamouritude, on repassera.  

    Au bout de deux mois, au niveau des effets, c'est formidable. Je dors. Et je dors bien. En ce moment je me fais des nuits de huit heures d'une seule traite, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des années ! Le matin je suis reposé, même s'il m'arrive de faire des rêves assez chelous. Mais surtout je n'ai plus ce foutu mal de tête de l'apocalypse en me levant. Je n'ai plus non plus mal à la gorge. Je suis opérationnel dès mes œufs brouillés avalés et je ne passe plus la matinée complètement amorphe. Et ça, c'est un vrai changement. J'avais oublié que l'on pouvait être bien dès sept heures du matin et parfaitement d'attaque dès huit. Je revis ! Niveau poids, on verra comment cela évolue également. Épaulé par une nutritionniste, j'ai bon espoir de perdre ce qu'il y a en trop d'ici la fin de l'année.

    Purée, j'ai vraiment l'impression de devenir un vieux blogueur pour parler de ça aujourd'hui! 😅

    15 février 2021

    La photo du mois : Minimalisme

    12 commentairess

    Bonjour à tous, nous sommes le 15 février, jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Pour rappel, chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parce qu'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Ce mois-ci nous devions pencher sur Minimalisme, choisi par Eurydice.

    Avant de me lancer dans la recherche de la photo du mois, je me suis livré à quelques recherches pour savoir de quoi il en retournait exactement du minimalisme. Car, à sujet minimaliste, indications minimalistes, puisque nous n'en avions aucune...

    Selon Wikipédia

    "Le minimalisme (ou art minimal) est un courant de l'art contemporain, apparu au début des années 1960 aux États-Unis, en réaction au lyrisme pictural de l'expressionnisme abstrait et en opposition à la tendance figurative et ironique du pop art. Le minimalisme est l'héritier du modernisme, et plus particulièrement du Bauhaus. Il fait sienne la maxime d'un des grands représentants du Bauhaus, Ludwig Mies van der Rohe : « less is more », l'amélioration d'une œuvre se faisant selon les minimalistes par soustraction."

    A cette occasion je (re)découvre que Richard Serra, dont j'avais tant aimé les œuvres gigantesques au musée du Guggenheim de Bilbao, fait partie de ce courant. Halala, qu'est-ce que c'était chouette. Je crois d'ailleurs que j'avais passé un tiers de mon temps uniquement dans cette salle, et un autre tiers à admirer le bâtiment qui, en lui-même, est une œuvre d'art. Il me faudra vraiment y retourner, lorsque la situation sanitaire le permettra. C'est à dire, un jour ! (Et je prends une méchante claque en lisant la date de mon billet d'alors... il y a dix ans...).

    Bref, armé de ces informations et après avoir séché mes larmes, je me suis donc mis au travail, à la recherche d'un sujet un poil intéressant sans être trop exubérant, et d'un décors très sombre pour l'y mettre en valeur. Pas facile a première vue. Mais à bien examiner la situation, j'avais absolument tout sous le nez. Et voilà le résultat. 

    Est-ce que cette photo est assez "less is more" pour satisfaire au thème du mois ?

    Photo prise dans mon bureau, d'une belle amaryllis d'un joli rouge profond qui se déploie jour après jour.

    Hé oui, des plantes, toujours des plantes afin de m'apporter un peu de douceur et d'apaisement dans un monde qui cherche à courir toujours plus vite, sans pour autant savoir où il va. Alors que les plantes poussent toujours au même rythme, quoi que l'on y fasse et quel que pressé que l'on soit...

    La photo minimaliste du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Le souffleur de mots, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, Xoliv'.

    13 février 2021

    Rêves

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    Depuis quelques temps, je fais à nouveau des rêves étranges, angoissants et angoissés. Ils sont très clairement le reflet du stress croissant que j'encaisse au boulot, couplé à une violence dont on sous-estime la réalité.

    Comme à leur habitude, mes rêves sont précis, détaillés, en couleurs. Deux m'ont particulièrement marqués au point que je m'en souviens très bien, même plusieurs jours après.

    Le premier concerne ma grand-mère maternelle, décédée il y a plus de dix ans. Le rêve est bref, quelques secondes. La scène se déroule dans les escaliers, chez mes parents. Ma mère accompagne ma grand-mère et l'aide à monter ou descendre les escaliers. Ma grand-mère est très fatiguée, comme elle l'était sur ses dernières années. Je me trouve quelques marches plus haut qu'elle et suis donc en surplomb. 

    Dans un premier temps je ne vois que le sommet de sa tête et ses cheveux gris. Puis ma mère dit : "Elle a été opérée". Je comprends donc qu'elles rentrent de l'hôpital où ma grand-mère a été opérée, sans savoir de quelle opération il s'agit exactement. 

    Puis ma grand-mère tourne la tête vers moi. Son visage est triste et éteint. J'y lis de la douleur et de la détresse. Aussitôt je remarque une cicatrice sur le pourtour de son visage, comme si on le lui avait greffé. Chose étrange, le corps de ma grand-mère se limite à sa tête, posée sur un pied rond, peut-être chromé, comme ceux des télévisions des années 70. Soudain, alors que ma grand-mère essaye de monter une marche, son visage glisse et tombe sur les marches de marbre, découvrant une masse de chair rouge vif. Ma grand-mère tombe. Elle n'est plus qu'un gros pavet de viande hachée, hurlant sa souffrance en silence. 

    Réveil.

    Le second se déroule dans un lieu qui m'est inconnu mais qui pourrait ressembler à un château aux murs de pierre blonde. La scène se déroule à l'entrée d'une vaste pièce. Un grand placard est situé sur la gauche. Je ne suis pas seul dans la demeure : il y a des invités dont je ne connais ni l'identité ni l'allure, et des gens de maison qui me sont tout aussi inconnus. Mais manifestement j'ai mes habitudes dans les lieux. Mon attention se porte sur ce fameux placard, peint en bleu. Une personne qui travaille aux cuisine me montre que la porte droite s'ouvre avec un code. Cette porte, en métal, est en réalité celle d'un passage secret. Je suis émerveillé par cette découverte car il semble que je sois passé devant depuis toujours sans jamais m'être rendu compte de la supercherie. 

    Une fois ouverte, je manipule cette porte, l'ouvre et la ferme et me rend compte qu'il faut un petit tour de main pour réussir à la refermer exactement en raison d'un système de fixation un peu complexe. Puis, je franchis le pas et entre dans le fameux passage secret. 

    Une petite antichambre, elle aussi en pierre blanche, baignée par une douce lumière apaisante qui se diffuse sur la surface calcaire des murs. De là, j'entends ce qu'il se passe dans les pièces de vie, de l'autre côté. Des murmures, des bruits de conversation et de passage, sans être vu. Derrière-moi, une  porte à double battants, en bois blanc, dissimule un escalier en colimaçon, lui aussi en pierre claire, et qui descend. Je l'emprunte aussitôt et parviens à un palier inférieur, bloqué par une porte dont je comprends aussitôt la localisation dans la demeure. L'escalier poursuit encore sa course plus bas, vraisemblablement vers un sous-sol. Mais cette partie-là n'est pas éclairée et se trouve donc plongée dans l'obscurité. Un frisson me parcourt à la pensée de ce qu'il pourrait s'y cacher, et je remonte les marche quatre à quatre.

    Je me retrouve donc à nouveau dans l'antichambre, derrière la porte secrète. Dans mon dos, la porte à double battants. Je suis tout excité de ma découverte et épie encore une fois la vie qui se déroule juste de l'autre côté, sans que personne ne se doute de ma présence. Mais je sens que, derrière moi, quelque chose est en train de gravir les escaliers, depuis le sous-sol et son impénétrable obscurité. Je ne perçois aucun bruit, sinon la sensation de cette présence inquiétante qui s'approche. Ça y est, c'est derrière la porte de bois. Je vois à travers ses yeux. Dans un instant ça sera sur moi... 

    Réveil.

    Moi, angoissé ?